Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Sergei Prokofiev, c'est bon pour le moral !



Quand je pars en vacances au bord de la mer, j'emmène toujours avec moi un lecteur mp3 dans lequel je glisse mes BO favorites. Je les écoute le soir en m'endormant, dans un semi sommeil. De cette manière, tout en faisant travailler le subconscient créatif de mon cerveau artistique, je m'octroie une petite pause "réconfort" après l'effort d'une rude journée à la plage à creuser des piscines et construire des châteaux de sable (d'ailleurs, pourquoi c'est toujours le papa qui se tape l'animation avec les enfants tandis que madame est avachie sur sa serviette en lisant Biba ou Voici ?).

Bref, en prévision de mes différentes humeurs, je prévois toujours dans ma clé USB un assortiment de BO, allant du registre le plus calme (Les choristes, Incassable, La leçon de piano) au plus nerveux (Matrix Reloaded, Mission Impossible 2, Starwars).

Et bien sachez que quoi qu'il arrive, j'emporte toujours une ou deux symphonies de Sergei Prokofiev. Une musique de Prokofiev, c'est comme une boite de chocolat, on se sait jamais sur quoi on va tomber... c'est vrai que ça part dans tous les sens et que l'on va de surprise en surprise. Moi ça me redonne la pêche en un rien de temps !

Quelques passages vitaminés, tout en finesse :

Extrait de la cinquième symphonie (Sergei Prokofiev) :


Extrait de la septième symphonie (Sergei Prokofiev) :




Sergei Prokofiev avec ses 2 fils (Sviatoslav et Oleg) :

Prokofiev et ses 2 fils

Et encore un château de sable...


Commentaires

1. Le jeudi 14 août 2008 à 16:12, par Alex

Que de poésie ce billet ;-)) Quelle rentrée tu nous fais là, Tanguy !! Finalement les vacances ont fait du bien , non ?!

2. Le vendredi 15 août 2008 à 12:06, par Damien D

MDR

Perso je fais souvent exprès de mettre des musiques que je n'avais pas envie d'écouter, de préférence classiques. Du coup je me sens obligé de les écouter... Et je fais sans cesse des découvertes du coup.

Cela dit, faut vraiment que j'écoute davantage Prokoviev je connais mal!!!


3. Le lundi 18 août 2008 à 01:07, par Tanguy

Moi je connais bien.
On se tapait la main dans le dos, jadis.

4. Le lundi 18 août 2008 à 11:59, par Anne-Yvonne

mon cher petit frère,
si tu ne faisais pas des chateaux de sable et des piscines avec les enfants, tu t'ennuirais à la plage !!! Non ?

5. Le lundi 18 août 2008 à 16:36, par louar52

jeu set et match lol...salut, j'ai eu le droit à calo pendant à peu près 500 kms...vers chamonix,avec des pauses sur france info quand même ! lol (j'aime bien calo) serieusement en genéral j'emmene pas de musique pendant les vacances, pour me purger l'esprit peut etre...de plus j'ai connu un moment de grosses pressions recemment (commande pour groupe metal symph) qui m'a fait baisser les bras, la peur de ne pas y arriver...grosseu paniqueu ! j'ai recontacté le groupe peu aprés et nous continuons notre aventure finalement, mais à mon rythme. donc pour moi lecteur mp3 gavé au metal symphonique ! style " Last Quest " du groupe kerion ainsi que du manowar,epica,fairyland,angra
nightwish bref c pas du prokofiev mais je les écoute et décortique à mon niveau biensur comme si j'écoutais du classique. moi c'était pas les ptits patés mais plutot du style :" papa tu m'portes chuis fatigué...12 ans" en pleine ballade sur le nid d'aigle ! (depart de course vers le mt blanc) l'année prochaine je vais à la mer !! na !
amicalement fred

6. Le mardi 19 août 2008 à 01:09, par Tanguy

Yo Fred, j'espère qu'on pourra écouter ça très bientôt ;-)

Pour répondre à AY, je m'ennuierai effectivement. Et puis, je m'amuse comme un petit fou avec ma pelle et mon seau, donc je ne me plains pas. En fait, y aurait pas les gosses, ce serait encore mieux (je plaisante biensûr).

7. Le mardi 19 août 2008 à 23:53, par louar52

ils ont gardé les 3 premières que tu avais écouté.la 4eme ce construit tranquillement..."samouraï" japonisant au depart avec taiko puis montée en regime, les voix guerrieres qui débarquent puis les guitares...(te l'enverrai; j'attends aussi le retour des 3 premières,pour voir ce que cela donne avec leurs arrangements) j'aime bien ce mélange! j'ai eu cette idée en faisant "k2" mis en ligne hier. Un ptit hommage à ceux qui ont tenté ce sommet mythique de l'hymalaya et n'en sont jamais revenus...paix à leurs âmes...je suis sur quelles y sont elles, sur le k2...
amicalement
fred

8. Le dimanche 24 août 2008 à 23:24, par Sam

Bah... il parait que Prokofiev s'est aussi mis à composer pour pas criser, tandis qu'il faisait des châteaux de sables et que Madâme lisait Bibaskaya! ;o)

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Pourquoi ne par lire aussi :


Les compositeurs de musique de film qui m'ont influencé


Alan Silvestri

Alan Silvestri (Back To The Future, Forrest Gump, Van Hesling)
Fraicheur, légèreté, thèmes offensifs, mélodies romantiques : il y a chez Alan Silvestri tout ce que je préfère, et tout ce que j'aime faire, dans la musique de film. Quand j'écoute ses oeuvres, j'ai toujours ce sentiment de "comprendre" ses orientations artistiques, ses choix d'orchestration. Evidement, cette familiarité ne fait pas de moi un paire (et encore moins son égal), d'autant plus qu'à chaque nouvelle BO, il y a toujours une idée originale qui me surprend. Disons qu'il crée un univers musical et des ambiances spécifiques qui correspondent à 100 % à mon tempérament, mon sentiment sur la musique pour l'image. On a tous un maître à qui on aimerait ressembler. Moi, c'est cet homme là...



Danny Elfman

Danny Elfman (L'étrange Noël de Mr Jack, Batman, Charlie et la Chocolaterie)
L'homme qui crée les ambiances singulières des films de Tim Burton, les génériques TV déjantés (The Simpsons, Desperate Houswives). Sa collaboration avec son orchestrateur Steve Bartek donne un résultat unique. Quel jeune compositeur n'a jamais essayé d'imiter une ambiance cinéma à la manière de Edouard aux mains d'argent ? mélange de fantastique et de féérique. Ce qui m'influence le plus chez Danny Elfman, ce sont les transitions d'accords qu'on ne peut pas toujours deviner. Ce sont aussi toutes ces rythmiques jouées par des cordes ou des bois mélangés à des percussions (accoustiques et synthétiques) comme ce qu'on entend dans l'intro du Main Title de Spiderman. L'écriture n'est pas celle d'un John Williams, mais ses leitmotifs rythmiques et ses orchestrations de second et troisième plan me fascinent (l'utilisation des harpes, aussi). Ecoutez bien les accompagnements situés juste en dessous de chacun de ses grands thèmes mémorables !



Sergei Prokofiev

Sergei Prokofiev (Roméo et Juliette, Pierre et le loup, Ivan le terrible)
J'ai découvert l'Oeuvre de Prokofiev tardivement dans mon cursus. Je ne connais pas de musique classique plus narrative, hormis certains grands classiques "composés pour" (Le Carnaval des Animaux de Camille Saint Saëns / Les Planètes de Holst). Prokofiev, c'est là aussi un style unique. Pour l'instant les oeuvres des grands génies tels que Mozart ou Stravinsky me plaisent beaucoup, sans véritablement me toucher en plein coeur. A l'inverse, beaucoup de musiques de Prokofiev (pas toutes) me boulversent. Un peu comme pour la musique d'Alan Silvestri, il y a comme des atomes crochus que je ne peux pas bien définir. Un style qui flatte mes oreilles et qui m'inspire, tout simplement. Mon ami Bernhard Elsner, qui est beaucoup plus calé que moi en musique classique me soutient que Sergei Prokofiev a largement influencé un bon nombre de compositeurs hollywoodiens, et plus précisément .... Danny Elfman.

Drôle d'impression... pas toujours facile de créer "à la demande" une oeuvre musicale.


Pas trop la pêche en ce moment...

Depuis quelques temps, je découvre les joies du casting de compositeurs. Un casting de compositeurs, c'est tout simplement une sélection, par une boite de production, de quelques jeunes artistes qui devront chacun de leur côté proposer une maquette pour accéder au poste de compositeur du film. Celui qui réussit la maquette la plus adaptée au film se voit confier la composition de la bande originale du long métrage. Les autres sont gentiment remerciés. C'est une chance d'être pressenti pour un long métrage, j'en suis conscient.

Tout comme les entretiens d'embauche, c'est une étape décisive pour le candidat. Il est important de cerner dès le départ les attentes du réalisateur de manière à ne pas composer dans une mauvaise direction. La maquette doit être peaufinée au mieux pour mettre toutes ses chances de son côté. Mais c'est une pression supplémentaire du fait qu'une maquette bien travaillée (sur le plan du réalisme) implique d'y passer beaucoup de temps ce qui empiète sur le timing consacré à la composition elle même. A ce stade du casting, on ne peut pas se permettre de dire à un réalisateur qu'on ne connait pas : "le son est pourri mais voyez comme l'écriture est belle, ça rendra comme ça ou comme ci avec un orchestre". Bref, la pression de la commande, le syndrome de la feuille blanche, le manque de sommeil, les délais, la compétition... tous ces facteurs peuvent engendrer une forme de stress.

Stress et anxiété


Personnellement, tant que je reste dans le domaine du court métrage ou du film documentaire TV, je ne rencontre pas de problèmes particuliers. Par contre, dans le cas d'un casting pour un long métrage (en prévision d'une sortie nationale et d'une BO enregistrée par un orchestre symphonique), les choses se compliquent un peu. Devant le piano ou le séquenceur, l'euphorie d'avoir été pré-sélectionné laisse subitement la place à une forme de trac qui se caractérise physiquement par une boule dans le ventre et une respiration coupée, suivi d'un manque de confiance et d'une concentration affaiblie. C'est un phénomène d'anxiété, bien connu par tous ceux qui ont passé des examens, que l'on peut atténuer rapidement par des techniques de relaxation.

Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un événement ponctuel et relativement court, comme les 10 mn qui précèdent un oral de maths ou un rendez-vous galant. Dans le cas d'une composition d'une œuvre musicale, il m'arrive de devoir supporter ces symptômes quelques jours voir même quelques semaines (ça a été le cas pour moi, dernièrement) et ça devient vite handicapant. Si par chance, le réalisateur apprécie la maquette, alors les symptômes disparaissent comme par enchantement et laissent la place à une motivation et une détermination incroyable.

Mais dans le cas contraire, une période de courte déprime et d'irritabilité viennent s'ajouter, risquant d'altérer les relations avec mon entourage proche. Ensuite, le moral remonte et je suis à nouveau prêt à combattre pour un prochain casting...

Tout ça pour dire que les déceptions font partie du métier. C'est important d'en parler car beaucoup de jeunes compositeurs baissent les bras après quelques échecs. Je pense souvent à Bruno Coulais dont la notoriété s'est vraiment confirmée à l'âge de 42 ans (avec Microcosmos). Je serais curieux de savoir si avant ça, il n'a pas eu un jour l'envie de renoncer.


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