Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Un projet nécessitant une musique à la manière de Retour vers le futur.



C'était en novembre 2006 il me semble.
Le réalisateur Stéphane Berla m'a contacté pour mettre en musique une animation flash.

L'équipe de production souhaitait réaliser un film interactif en images de synthèse (sur la sensibilisation des jeunes au problème des retraites), à la manière de "Retour vers le futur" que tout le monde connait ;-)

Donc, côté musique, le pastiche était aussi de la partie !

Le Hic, c'est que le thème de Back To The Future est tout simplement "unique" (en plus d'être génial).
Voici un extrait du fameux thème (pour les ignares) :


(Notez au passage la harpe tout à la fin qui utilise les 9 notes décrites dans mon billet précédent).

Pour mon imitation, je me suis dit que si je reprenais le motif du début, genre Sol3-Do2-Fa#3, ce serait trop proche de l'original. Mais si je m'orientais vers un thème avec d'autres notes, ce serait trop difficile de faire un clin d'œil. Alors je me suis basé uniquement sur les 2 premières notes et non pas les 3 pour définir un point de départ. Ensuite, j'ai essayé d'imiter la structure, la dynamique et l'orchestration originelle pour avoir une musique complètement pastichée (j'avoue que l'accompagnement aux trombones est allègrement plagié) :



A noter que la section de trompettes qui joue la mélodie provient de Synful. J'adoooore ce son de trompettes.

Commentaires

1. Le dimanche 6 avril 2008 à 15:41, par frisson reynald

C'est excellent tout cela Tanguy .

2. Le jeudi 17 avril 2008 à 15:24, par frisson

Je comprend pas comment vous arrivez a faire de la musique comme ca ! Aussi bien toi que Guillaume . Moi je suis trop loin ;j'ai besoin de progrésser et encore progresser . Je suis toujours sur le cul quand j'écoute ce que tu fais . Et le pire c'est quand tu me dis que tu as pas beaucoup de matos, pas beaucoup de temps. et que tu galére quelques fois pour démarrer le morceau. Tu ments .Lol .. té un génie toi aussi ! arff Puré je suis Dégouté ! ;)

3. Le lundi 21 avril 2008 à 20:14, par Tanguy

Mais oui mais oui, je te mens, c'est sûr ;-)
En fait, je claque des doigts, et la musique s'installe dans ma tête déjà orchestrée. Il n'y a plus qu'à l'enregistrer ! ho ho ho..

Nan franchement, c'est souvent galère avant de pouvoir sortir un truc qui en vaut la peine. En tous cas, moi je jette beaucoup de choses... pas vous ?

4. Le mardi 22 avril 2008 à 07:57, par Frisson reynald

Moi je jette des milliers de musiques de moins de 1 minute ! Mais sur que t'es un génie ! en tout cas je suis scié par ton talent

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Pourquoi ne par lire aussi :


Astuce pour créer une ambiance Back To The Future (Retour vers le futur) de Alan Silvestri.


Je développe ici le tip que j'ai placé sur ma page myspace.

Prenez n'importe quel note, par exemple un sol2. Puis montez la gamme en respectant les intervalles suivants :
1/2 ton, 1 ton, 1/2 ton, 1 ton etc... jusqu'à tomber sur la même note à l'octave (ici sol3). Cela donne une gamme de 9 notes.

Vous avez remarqué comment Alan Silvestri use et abuse de ces 9 notes dans la musique de Back To The Future II ? :

Gamme Silvestri


Gamme Silvestri


A) Marty découvre le Futur (2015) :
  1. Faisons jouer cette gamme au ralenti par une harpe :


  2. Puis en accéléré :


  3. Encore plus vite (et plus doux aussi) :


  4. Maintenant, jouons la sur 2 octaves :


  5. Ensuite, faisons un mouvement de va et vient (up and down)


  6. Faisons jouer ce up and down 2 fois de suite dans le registre pianissimo :


  7. Ajoutons un crescendo de cors :


  8. Un peu de windshimes pour renforcer le côté fantastique :




B) Nom de Zeus :
  1. Faisons jouer les 5 premières notes de la gamme par des instruments aigus
  2. Puis jouons les 5 dernières notes de la gamme, mais en descendant, avec des instruments graves
  3. En superposant 1 et 2 on obtient un "escalier" très reconnaissable dans la BO




C) Le run qui déchire :
  1. On prolonge cet escalier des graves jusqu'aux aigus
  2. Le tout joué très très vite et très lié
  3. On rajoute un glissando de Harpe (toujours la même gamme) dans les aigus




Dans le prochain billet, je vous ferai écouter une musique que j'ai faite dans le style de Retour vers le futur ;-)
Pour le réalisateur Stéphane Berla.

Ouverture de l'annuaire spécialisé dans les métiers de la musique (musiciens, interprètes, compositeurs, techniciens, agents artistiques...)


Vous êtes orchestrateur ? chanteur ? ingénieur du son ? joueur de flûte à bec ? compositeur de RnB ? professeur de musique ? etc...

Pour vous faire connaître ou chercher des informations sur les métiers liés à la musique, j'ai le plaisir de vous annoncer la mise en place d'un annuaire !!! (qui apparaît sur ce blog dans la colonne de droite, en haut).

Je pense que ce sera intéressant de centraliser toutes les informations relatives à la création musicale pour que chacun puisse s'y retrouver, qu'il s'agisse d'une passion ou bien tout simplement pour des raisons professionnelles. Par exemple, vous recherchez un violoncelliste et un studio d'enregistrement dans les environs de Poitiers ? l'annuaire pourrait bien vous faire gagner du temps ;-)

Bien entendu, l'annuaire s'ouvre à tout ce qui touche la musique en général (pas seulement la musique de film). Sa souplesse vous permettra de suggérer des sous-rubriques correspondant le mieux à votre style et à votre personnalité. Par exemple dans la rubrique "compositeur de musique de film", si votre spécialité est la musique électro-orchestrale, une rubrique "électro-orchestrale" pourra être ajoutée. De cette manière, nous pourrons trouver directement et précisément ce qui nous intéresse.

Vous pouvez soumettre votre site dès à présent ici ainsi que d'autres liens que vous souhaitez faire partager... N'hésitez pas à en parler autour de vous, et à me contacter si vous avez des questions.

Les autres raisons de soumettre votre site dans notre annuaire :
  • Le référencement de votre site dans notre annuaire est gratuit, un lien retour est souhaitable mais pas obligatoire.
  • Si vous souhaitez améliorer le positionnement de votre site dans Google, vous devez impérativement avoir de bons liens vers votre site (backlinks)... Sur notre annuaire c'est très simple, il suffit de vous inscrire. En indiquant vos flux RSS, vous gagnerez également 10 liens de plus !
  • Si vous respectez bien les règles d'inscription, votre site sera référencé en quelques jours à peine. La validation de votre site est très rapide.
  • En plus des liens, vous aurez, grâce à la notoriété de notre annuaire, des visiteurs.

Faire monter la tension : long crescendo orchestral suivi d'un relâchement brutal


Il n'est pas rare dans les films d'action ou d'horreur que le réalisateur laisse la tension s'installer progressivement, sur plusieurs minutes. Le spectateur prend conscience que quelque chose va arriver (mais il ne sait pas quand exactement). Puis arrive brusquement le moment crucial, un fait marquant, une scène forte sur le plan émotionnel etc...).

Dans ces scènes précises, la musique suit généralement l'intrigue. Pas toujours, certes, car il arrive qu'elle soit en décalage avec les images, mais souvent, la bande musicale qui accompagne ce long instant de tension prend l'allure d'un crescendo.

  • Crescendo dans l'intensité sonore (p -> ff)
  • Crescendo dans l'harmonie (augmentation progressive du nombre de voix)
  • Crescendo dans l'orchestration (augmentation progressive des instruments intervenants)
  • Crescendo dans le tempo (la musique peut s'accélérer)

Suivi parfois d'un relâchement brutal :
  • Retour rapide à un faible volume sonore
  • Retour rapide à une harmonie simple
  • Retour rapide à une orchestration plus sobre
  • Tempo ralenti
Un type de relâchement qui me plaît particulièrement, c'est quand la coupure n'est pas nette et que l'on a l'impression que la masse orchestrale dégringole brutalement, ce qui donne un effet de "déchirement" :

Ci-dessous, 2 exemples sonores de crescendo avec effet de déchirement. Le premier est un court crescendo en pose de son, avec une petit déchirement aux percus. Le second (plus palpitant) est un long crescendo musical interrompu par un déchirement cuivré. Il correspond à la scène d'ouverture de X-MEN devant le camp de concentration (la douleur de Magneto enfant, que l'on arrache aux bras de ses parents est ici très bien illustrée).

Sixième Sens (James Newton Howard)


X-MEN (Michaël K-MEN)


Musique d'un diaporama photo pour EDF


Un petit bonjour en passant ;-)

Le projet pour la pub Eurostar est tombé à l'eau :((

Par ailleurs, je commence à bosser sur la musique d'un diaporama photo, créé par Manuel Mendo (Photographe), commandé par EDF. Là, je suis en recherche d'idées. Le diaporama va durer 1 minute, ce qui ne me laisse pas beaucoup de liberté pour développer une thématique. Parcontre, pour une fois, les images seront posées sur la musique et non le contraire...

Bon, j'y retrourne.

Le réalisateur : interlocuteur privilégié dans la création d'une musique de film.


Le réalisateur (le réal ou le réa dans notre jargon), c'est la personne qui, avec le superviseur musical, est la mieux placée pour décrire ses attentes vis à vis de la musique à composer pour le film.

Une phrase que j'ai souvent entendue : "ce film, c'est son bébé".

Certes, ce n'est pas le bébé brailleur qui rempli allègrement ses 8 couches par jour, mais plutôt le bébé tendresse qui fait notre fierté, que l'on souhaite protéger et voir grandir.

Pour un réalisateur, un film est toujours une grande aventure, une œuvre originale dans laquelle il s'est humainement impliqué. Sa grande ferveur artistique est souvent malmenée par les réalités techniques comme les moyens budgétaires, les délais impartis, la météo, ou encore certains problèmes de communication avec la boite de production. Mais cela ne l'empêche pas de créer... Finalement cette vision ressemble beaucoup à celle des compositeurs : pas mal de points communs nous rapprochent.

En ce qui me concerne, la plupart de mes collaborations avec les réalisateurs se sont bien passées. Bien sûr, il y a (et il y aura) toujours des mauvais caractères ou des orgueilleux (que ce soit du côté des réalisateurs ou des compositeurs), mais dans l'ensemble, ce sont des gens sympathiques qui ont l'habitude de travailler avec d'autres personnes et qui sont parfaitement conscientes des valeurs relationnelles et psychologiques.

En début de projet, j'essaie d'adopter une attitude sereine et de me dire que je ne travaille pas pour le réalisateur, mais "avec" le réalisateur. Cela commence souvent par une rencontre physique au cours de laquelle on parle du film, du rôle de la musique, de certaines références musicales à prendre en compte, des goûts musicaux de chacun... A ce stade, il est rarement question de rémunération ou de devis d'orchestre et d'enregistrement qui me paraissent pourtant incontournables si l'on veut obtenir de la qualité. Mais le "comment" n'est pas la première préoccupation du réalisateur qui privilégie avant tout l'aspect artistique.

C'est délicat pour nous d'essayer de répondre à ses aspirations si l'on sait pertinemment qu'il n'y aura pas les moyens financiers pour réaliser une belle musique. Il le sait bien pourtant, puisque lui même est confronté aux mêmes problèmes pour mener à bien son projet. Mais ce film, c'est son bébé.... pour les sous, voyez avec la production...
On entre alors dans une relation triangulaire : réalisateur-compositeur-producteur qui peut très bien se passer (ou pas).

Au fur et à mesure que le projet avance, une relation de confiance s'instaure avec le réalisateur. Transcrire musicalement ce qui est dit verbalement est parfois difficile. Il m'est arrivé de devoir décoder le vocabulaire "subjectif" du réalisateur, comme "j'aimerais quelques chose de plus granuleux et moins gris à cet endroit" ou encore "ça manque de couille" (véridique). Ce n'est pas tellement le sens des mots qui est difficile à traduire musicalement, mais le degré d'application. Par exemple, pour rendre un morceau plus couillu (pour rester dans le dernier exemple), il existe 36 manières de procéder. Souhaite-t-il une musique un peu plus ou beaucoup plus orchestrée ? Est-ce que je lui propose quelque chose de plus viril, ou alors de plus rapide, de plus consistant, de plus cuivré, de plus agressif, de plus dynamique, de plus mémorable sur le plan thématique, de plus osé sur le plan harmonique etc... et surtout jusqu'à quelle intensité ? La discussion est donc primordiale pour être bien sûr de ne pas se lancer dans une mauvaise direction. Car la moindre orchestration approfondie, le moindre changement de thème peut demander des heures de travail.

J'aime bien travailler avec un réalisateur qui a quelques notions d'orchestration. Il est plus facile pour moi de répondre à ses attentes lorsqu'il me demande d'enlever la partie de trombones qui le gêne, ou de mettre en valeur les cordes à tel endroit. Le pire, c'est lorsque le réalisateur ne sait pas vraiment ce qu'il veut. Ordinairement, cela se traduit par la phrase standard "surprenez moi" qui veut tout dire et rien dire à la fois... beaucoup d'heures de travail à tâtonner, le temps de tomber sur le thème, l'harmonie, l'orchestration qui sera susceptible de plaire... au petit bonheur la chance. Certains compositeurs y arrivent très bien. C'est peut-être ça le talent. Mais moi, je sais que j'ai besoin d'être guidé. C'est à partir de l'idée directrice que je vais pouvoir me lancer, personnaliser, orchestrer à ma manière et surprendre parfois. Voilà, c'est ça : je crois qu'il est difficile de surprendre quelqu'un qui s'attend à être surpris. Au contraire, lorsqu'un réalisateur souhaite quelque chose de précis, c'est l'occasion rêvée d'apporter une petite touche personnelle, un élément de surprise...


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