Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Travailler sur les boucles de percussions pour les intégrer au mix orchestral



Suite à la question posée par Simon, qui aimerait bien avoir 2 ou 3 petits trucs à propos des percussions, j'écris quelques lignes sur la méthode que j'utilise le plus souvent : le découpage et l'assemblage de boucles rythmiques (je garde l'utilisation des timbales, caisse-claire, cymbales et sounds FX pour le billet qui va suivre).

Avant tout, sachez que je ne suis pas un spécialiste dans le domaine de l'électro-orchestral. Dans l'idéal, il faudrait poser la question directement à John Powell, expert en la matière. Je lui en toucherai 2 mots quand je le verrai... (ha ha ha).

Bon, alors, moi je possède 2 ou 3 plugins intéressants pour construire des boucles rythmiques : Stormdrum, Stylus RMX et parfois Xphraze. Le Stormdrum propose des boucles très convaincantes orientées musique de film d'action (à la Mediaventure). RMX est plutôt orienté batterie que percussion, avec du très gros son qui groove bien. Le Xphraze offre des pads rythmiques avec des sonorités synthétiques, très utiles pour créer un tapis sonore sous mixé. Tous les 3 proposent des boucles dont le tempo s'adapte au métronome du séquenceur, ce qui est très pratique.

L'utilisation des boucles préfabriquées par le constructeur peut amener les compositeurs à céder devant la facilité et finalement créer des musiques qui se ressemblent (un clonage stylistique comme on peut le constater chez les utilisateurs de Garageband). Heureusement avec Stylus RMX et Xphraze on peut programmer soit même les boucles de percussions (ou tout du moins les modifier allègrement) ce qui apporte un caractère personnalisé et original.

Pour aller encore plus loin dans la personnalisation, n'hésitez pas à enregistrer en audio vos boucles préfabriquées, puis de les découper, les recoller à d'autres endroits, les mixer avec d'autres boucles etc... en faisant votre "petite cuisine", vous verrez que vous pourrez créer de nouvelles boucles, bien à vous et surtout adaptées à votre passage musical. Le découpage se fait de manière très ergonomique dans un séquenceur car les rythmiques sont saccadées et répétitives :


loop


loop


loop


Exemple sonore :
(aucun rapport avec les images ci-dessus)

1- Matériau de base (boucles préfabriquées) :
  • Boucle issue de Stormdrum :


  • Boucle issue de Stylus RMX :



2- Après le découpage et l'assemblage :
  • Nouvelle boucle :


  • Dans le mix orchestral :



Voilà, donc là, vous constaterez que j'ai ajouté à la boucle rythmique quelques percussions orchestrales de façon à obtenir quelque chose d'encore plus consistant. D'ailleurs, j'ai un peu l'impression qu'à l'heure actuelle dans les blockbusters, c'est à celui qui fera le plus de bruit ! la musique n'échappe pas à ce phénomène très tendance...

Dans le billet suivant, je reprendrai le même extrait sonore (un peu plus long, même) pour vous faire écouter comment je place chronologiquement mes percussions. Généralement, c'est au milieu de la phase de création, au moment où j'ai déjà un peu de contenu orchestral.

Commentaires

1. Le mercredi 23 avril 2008 à 01:34, par Damien D

C'est curieux. La version Stordrum que je connais n'a pas de boucles et me semble plus orientée Batterie et percussions ethniques (avec même du piano préparé il me semble).

Comme toi, il m'arrive souvent de cumuler deux boucles de batteries pour obtenir quelque chose d'original. Il m'est même arrivé (dans Gémeaux) de mettre une batterie sur la canal D, et une autre sur le canal G :-))). Evidemment faut pas se "looper" (oh le jeu de mot)...

Si je peux me permettre, Fruity Loops est aussi intéressant pour faire des percus. D'abord les FL Packs permettent d'avoir des boucles intéressantes dans des styles différents: ces boucles sont sous forme de fichier natif FL Studio donc modifiable dans tous ses détails et reséquençable très facilement: en fait il s'agit de patterns avec les sons associés.

LE plugin FPC utilisé dans FL Studio permet de plus d'obtenir des séquences MIDI de percussions. J'ai récupéré il y a quelques années des quantités de patterns sous forme de fichier MIDI qui me permettent d'alimenter le plugin FPC. LE plugin FPC est pratique car il permet de tester les séquences à toute vitesse. Ensuite je séquence le pattern, et utilise une banque de son afin d'obtenir une belle séquence audio.

Cette technique est plus longue mais elle évite d'avoir à tout programmer: on part d'un "bon" pattern pour faire sa propre sauce. Et surtout, on utilise ses propres sons.

Autre technique que j'utilis. J'ai récupéré au fil des années des tas de MIDI de chansons, de musiques de film, etc... avec batterie. Par exemple, quand je fais un morceau Funk, je pioche dans tous les morceaux funk MIDI que j'aime bien. A partir de ces chansons, je recréé mes propres patterns, en piochant dans ces morceaux. Puis réassemble, repersonnalise, et pilote ainsi ma banque de son comme dit auparavant. C'est valable aussi lorsqu'il s'agit de faire des percus musique de film (mais dans ce cas, je n'utilise pas cette technique)

Evidemment il y a aussi la programmation ex nihilo. C'est l'étape ultime. Le séquencing MIDI précédemment utilisé permet d'apprendre comment fonctionnent les patterns afin d'arriver à cette étape ultime.

C'est vraiment tout un art... Ce n'est pas pour rien qu'en rap il existe des beats makers...

2. Le mercredi 23 avril 2008 à 01:38, par Damien D

Autre chose aussi. REbirth est devenu gratuit il y a quelques années. Il comprend une émulation des célèbres boîtes à rythme 808 et 909. Rebirth est pilotable en Rewire et évite un séquencing fastidieux (c'est un vrai sampler que tu peux déclencher en temps réel)

Evidemment la teinte est plus techno... Mais si vous faites un morceau électro orchestral dans le style de Don Davis, ça peut être utile!

3. Le mercredi 23 avril 2008 à 12:09, par guillaume roussel

C'est tellement dur de se passer de Stylus!! c'est limite énervant.. Maintenant j'essaye de créer mes boucles,..mais c'est..dur..et ça prend du temps..et puis faut avoir le talent Eric Persing...Moi c'est plus Jean-claude Persing...
très bon exemple en tout cas Tanguy!

4. Le mercredi 23 avril 2008 à 14:29, par Damien D.

Le mieux c'est de ne pas avoir Stylus...

C'est mon cas LOOL donc forcément...

Cela dit, vu que vous n'en dites que du bien...

5. Le mercredi 23 avril 2008 à 23:24, par Frisson reynald

Je suis comme toi Guillaume .. sans stylus je suis à poile . en plus il est trop fort ce Stailluse , il ne crée pas uniquement des boucles.Sur l'un de mes morceaux je m'en sert comme générateur de son en les trafiquant un max . Avec les Kit de batterie qui renferme des sons bien interessant pour la zic de film je trouve ! Des effets ! quoi !

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Pourquoi ne par lire aussi :


Ma méthode concernant l'ajout de percussions orchestrales dans une musique de film d'action.


Bon, dans le titre j'ai écris "ma méthode" mais à mon avis, ça n'a rien d'exceptionnel. Je pense que beaucoup de compositeurs travaillent de la même manière. Je décris ici le type de percussion que j'utilise et à quel moment de la phase de création je les place dans le mix.

En fait, comme l'orchestration des autres pupitres, les percussions (cymbale, timbales etc...) sont insérées au fur et à mesure que les idées me viennent. Ce qui est sûr, c'est que je n'ai jamais commencé par poser une ligne de percussion me servant d'élément de base pour composer le reste. Ordinairement, je place les premières percussions quand j'ai déjà une première forme mélodique, grossièrement orchestrée.

Je commence souvent par les timbales, car elles produisent des notes (je peux tester rapidement si ça passe ou pas avec les autres instruments). De temps en temps, il m'arrive de faire des doublures :
  • Doublures entre percussions :
    - Timbales + caisse claire
    - Timbales + grosse caisse

  • Doublures avec d'autres familles d'instruments :
    - Timbales + pizzicati de contrebasse
    - Xylo + piccolo + Violons aigus
    - Staccatos de cordes + caisse-claire
    - Glockenspiel + flûte et/ou pizzicati de violons

Ci-dessous, un exemple chronologique d'insertion de percussions orchestrales (+ les percus électro du billet précédent).
Il s'agit toujours d'un extrait de VENDOME (en fait, je n'ai pas composé de musique hollywoodienne depuis). C'est promis, après ce billet, je ne ne vous harcèle plus avec notre super héros national à collants moulants.

gargouille vendome
Attention gargouille méchante !
(personnage créé par D. tomaszewski)


Fighting a gargoyle :

  1. Tapis orchestral de base :


  2. Timbales + caisse-claire + sounds FX (snap, boum )


  3. Percus électro (cf billet précédent)


  4. Cymbales + hi-hat + gong


  5. Orchestration finale (ajout de cuivres et de chœurs et encore qq FX)



Note : Vendome possède son propre myspace. Actuellement, c'est une musique de David Arnold (Casino Royal) qui habille musicalement la page. Une musique parfaitement bien réalisée en terme d'électro orchestral.

Musique hollywoodienne pour le film "Vendome Paris" de David Tomaszewski


Voici un teaser bien pêchu dont j'ai fait la BO dernièrement :



Ce film d'action s'appelle "Vendome, Paris" et a été réalisé par David Tomaszewski. Il présente les exploits d'un nouveau super héros (mélange de Batman et de Spiderman). Sa particularité est qu'il est 100 % Français !

Voir le film :


Un scnénario original et des scènes de combats bien ficelées !



Quelques mots sur la musique :

David souhaitait une BO qui fasse "gros film américain" avec des touches assez kitches par endroits pour rappeler l'univers des Comics. Les petites ponctuations fanfaresques sont donc volontaires ;-)
Dans ce teaser qui est composé à 90 % de scènes d'action, un Vendome's Theme n'était pas nécessaire. Le résultat donne une musique hollywoodienne offensive tout en relief à caractère purement illustratif (les ambiance orchestrales occultent la mélodie quasi inexistante).
Dans le cas de Vendome, le travail de synchro à l'image fut fastidieux et omniprésent.


Petit secret de fabrication : j'utilise très souvent les staccatos de cordes
provenant du VST plug-in Edirol Orchestral :

Edirol Orchestral
Certaines sonorités de Edirol Orchestral sont un peu cheap (trop synthé)
mais j'aime beaucoup les stacs de cordes qui permettent de faire des phrasés ultra rapides !



Un exemple d'utilisation des staccatos de cordes (Edirol Orchestral) et d'utilisation des trompettes de Synful. Ces 2 instruments virtuels ont un son correct en solo, mais surtout, ils sonnent très bien dans le mix :



On notera que les phrasés joués très rapidement avec le kit "cordes staccato" présentent paradoxalement un caractère "legato" (une particularité dûe à l'interprétation via un séquenceur).

Musique de pub pour la télévision libanaise.


Il s'agit d'une musique d'une publicité pour une boisson gazeuse (BISON) que j'ai faite il y a quelques mois. Une publicité produite par Zoé Productions, réalisée par Julien Seri, et qui est diffusée au Moyen Orient.

Au départ, le client souhaitait une musique tribale composée uniquement de percussions urbaines, à la STOMP. L'idée me plaisait beaucoup !
Je me suis donc tourné vers mes banques de sons à la recherche d'éléments sonores à l'aspect métallique et plastique afin de créer des rythmiques originales (que je comptais mélanger à des extraits de boucles pré-existantes, pour l'aspect live).

Alors que j'achevais mes premières maquettes, l'orientation artistique changea brusquement pour passer à de la techno ! Je n'avais rien contre, si ce n'est que la techno n'est pas du tout mon point fort. Mais ayant été choisi pour faire la musique, je ne pouvais pas faire machine arrière.

Après réflexion et concertation (avec la boite de production libanaise et Api Corp), j'ai proposé une musique électro essentiellement composée de basses saturées et de rythmes techno plus ou moins sophistiqués, tout en essayant de conserver un aspect urbain et cinématographique (l'histoire du film est une course "duel" de rollers entre un gentil et un méchant). L'idée ayant été approuvée par la production, il me restait à synchroniser la musique sur les images, en plaçant des ponctuations adéquates relatives au mouvement de la caméra et au sens de l'histoire :


C'est ainsi que j'ai été amené à créer une musique dans un style très différent que ce que je propose habituellement.


PS : sur cette vidéo, la musique est en mono.

Pour l'écouter en stéréo :


Concours de musique de film 2008 proposé par East-West sur le forum Soundsonline


J'avais promis un post sur les percussions électro mélangées à de la musique orchestrale, mais il faut que je réinstalle d'abord certains softs...

En attendant, je vous fais part du nouveau concours lancé par Doug Rogers, l'administrateur du forum de Soundsonline :

Cliquer ici pour accéder au règlement

Bon, en gros, on vous propose une vidéo, d'un style très contemporain, à mettre en musique avec des banques de sons de la marque East-West (forcément). Le compositeur considéré comme créateur de la meilleure BO recevra un prix assez conséquent : des banques de sons de la marque East-West (c'est logique).

Je ne parle pas très bien l'anglois, mais j'ai cru comprendre que le concours était ouvert jusqu'au 30 juin 2008.

Avis aux amateurs...

Bidouillage et système D pour placer des textures de choeurs dans une musique orchestrale.




Les banques de sons coûtent assez cher, et c'est vrai que le budget du compositeur de home-studio ne permet pas toujours de disposer du dernier module de chœurs (en ce moment, c'est Symphonic Choirs de East-West qui est très en vogue).

Il m'est arrivé d'aller piocher quelques mesures dans diverses bandes originales. J'isolais quelques passages que je recollais dans un nouveau morceau orchestral. Cela me permettait de construire une nouvelle musique avec une texture "orchestre + chœurs" qui apportait un aspect grandiose et solennel que l'on n'obtient pas facilement sans les chœurs. Je me permets de décortiquer un exemple, sachant que la musique finale (Apocalypse) n'a pas été commercialisée.

Phase 1 : extraction de chœurs à partir de 2 bandes originales :


Phase 2 : découpage, assemblage pour créer une autre mélodie (résultat haché) :
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param name="movie" value="http://tanguyfollio.free.fr/mp3/dewplayer.swf?mp3=http://tanguyfollio.free.fr/mp3/choeurs3.mp3">


Phase 3 : habillage avec l'orchestre (pour plus de résonance et masquer les défauts) :


Phase 4 : rajout des boucles de percus (pour plus de fluidité) :


Vous voyez que dans cet exemple précis, on est très loin de l'écriture pour chœur. Seule la partie orchestrale demande des compétences en écriture et en orchestration. Le reste, c'est juste du Légo, de la petite cuisine qui permet de produire une musique dans un style apocalyptique, avec les moyens du bord. Un vrai cache-misère...

Pour un long métrage avec un budget adapté, j'aurai disposé d'une banque de sons professionnelle, voir même d'une chorale toute entière. L'argent est donc un facteur déterminant qui entre en ligne de compte dans la qualité d'une musique de film.

Ecouter Apocalypse :
(durée : 1 mn)




Note : pour des raisons juridiques évidentes, cette technique n'est pas recommandée si votre musique entre dans le cadre d'une rémunération ou d'une diffusion publique générant des droits. Où alors, il faut veiller à ce que les fragments subtilisés ce ne soient pas reconnaissables par un tiers, donc prudence... (l'exemple ci-dessus, c'est juste pour le fun).