Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio
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Etudier à la loupe l'orchestration d'un extrait musical issu d'une bande originale



Nous parlions, l'autre jour avec Louar52, de l'écoute attentive des grands maîtres du classique et de la musique de film, dans le but de nous familiariser avec l'orchestration et l'instrumentation.

Je pense que malgré les écoutes globales des symphonies ou des œuvres de John Williams, beaucoup de choses nous échappent. Je crois qu'il ne faut pas hésiter à faire des arrêts sur images pour décortiquer certains passages écrits par nos compositeurs préférés (si l'on ne souhaite pas passer par la lecture du score, souvent introuvable en ce qui concerne la musique de film, du reste).

Quand j'ai un peu de temps, j'écoute une BO dans mon ordinateur, avec un logiciel enregistreur (bouton "record" armé). Chez moi, c'est Cool Edit Pro ou Wavelab. Audacity fait très bien l'affaire aussi.

J'enregistre un passage qui me plaît :


X-MEN 2 (John Ottman)

X-men2 dans Cool Edit Pro

Ecouter l'extrait :



Et je me pose la question : qu'est-ce que j'entends ?
  • Crescendo initial :
  • Note jouée par des instruments graves. Contrebasses et timbales en trémolo, avec probablement du tuba pour donner un son plus rond (peut-être aussi du basson ?). Puis, intervention des autres cuivres et cordes medium au milieu du crescendo. Trombones et trompettes medium, peut-être des cors. Le Gong ne me permet pas de savoir s'il y a des bois.

  • Partie centrale :
  • Rythmique saccadée faite par des snaps de cordes (sûrement samplés) et des sons de cymbales (pour l'aspect métallique et tranchant). Dessous, on perçoit effet orchestral très efficace : on dirait un tapis de cordes frottées et des trompettes en sourdine. Puis une petite harpe mystérieuse introduit une pose d'accord clairement interprétée par des bois (clarinettes, haubois et flûtes) et des cordes dans le registre medium-aigu ainsi que quelques cors pour soutenir l'accord.

  • Avant dernier crescendo :
  • Dans la continuité de la partie centrale, ce deuxième crescendo est très bien amené. Le chevauchement est très important en orchestration. Les trompettes, par exemple, se greffent sur les notes de violons tandis qu'un effet synthétique (à moins que ce soit encore un tapis de cordes frottées) apporte un côté dissonant au crescendo, qui finit par se déchirer avec les tambours sans timbre (comme des toms). Le crescendo final peut commencer :

  • Crescendo final :
  • Des violoncelles aigus et alti viennent doubler la rytmique (snaps samplés) tandis que les cors (voir quelques trombones), pas trop gras mais bien ronds se posent en accord dissonant bougrement efficace. Cordes discrètes mais pas de timbales ou cymbales en crescendo à cet endroit. Les cuivres medium prédominants décrivent à eux seul une certaine tension. Quelque chose de bien costaud va arriver à cet endroit du film.... Un ponctuation percutante (hit de timbales, enclume, tambour... tout ce qui fait du bruit) vient clôturer cet extrait. X-Men2 n'est pas une comédie à l'eau de rose ;-)

Je constate aussi que les effets orchestraux les plus persuasifs ne sont pas forcément construits en superposant un maximum d'instruments. Une petite note de harpe bien placée avec une note de cor suffit parfois à créer un suspense qui vous tient en haleine. On trouve beaucoup d'effets de ce genre dans des films comme Star wars, Jurassik Park ou Indiana Jones, entre les tutti orchestraux des scène épiques et d'action.

Commentaires

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1. Le mardi 27 mai 2008 à 23:34, par Guillaume Roussel

Très intéressant, comme toujours!!
On pourrais passer des heures à analyser la musique...Mais c'est très dommage qu'il y ait peu de partition de musiques de film. Je me suis toujours demandé pourquoi d'ailleurs. Plus tard avec Melodyne 2015, on aura l'analyse harmonique et orchestral d'un passage en appuyant sur "detect"....

2. Le mercredi 28 mai 2008 à 11:11, par Damien D.

Bon moi j'ai du mal avec la retranscription littérale. J'ai vraiment besoin de VOIR un score pour comprendre. Alors au boulot Tanguy :-))))


>"Mais c'est très dommage qu'il y ait peu de partition de musiques de film. Je me suis toujours demandé pourquoi d'ailleurs"

Je pense que tout simplement ces partitions sont introuvables parce qu'elles sont juridiquement la propriété des studios, que le potentiel commercial de ces partitions est extrêmement faible. Philippe Rombi m'a dit un jour qu'il ne voulait pas me passer les partitions par peur de dévoiler ses trucs. Je crois que les raisons sont très diverses en fait.

Il y a cependant des compositeurs qui passent leur partition sans aucun pb: Yared, Beltrami (sur son site), et Young qui donne des photocopies à ses fans!!! Un certain Guillaume Roussel (qui c'est ce mec? Il est connu? :-)) )

En réalité, beaucoup de partitions d'orchestre de BOFS sont trouvables... sous le manteau. Les compositeurs sont parfois responsables de cette circulation mais également les chefs d'orchestre, les musiciens...

3. Le mercredi 28 mai 2008 à 12:44, par Bernhard Elsner

>"Mais c'est très dommage qu'il y ait peu de partition de musiques de film."
Je crois qu'en dehors des questions juridiques évoqués par Damien, il y a aussi le fait que beaucoup de musiques d'aujourd'hui sont produites à moitié sur ordi, et qu'il est difficile et inutile pour le compositeur de transcrire tous les effets utilisés.

>"snaps de cordes (sûrement samplés)"
Peut-être mais pour moi ce rythme est plutôt un col legno des cordes doublé par des staccati des trompettes (avec sourdines). Et comme tu dis c'est samplé : en effet ce sont au moins quatre trompettes qui jouent ces "staccati-cluster" et en même temps (à 08'') d'autres trompettes en sourdines jouent un autre petit cluster tenu. Mais quel orchestre dispose d'autant de trompettes ??

Avec l'ordi on peut faire beaucoup d'instrumentations dont les "anciens" ne pourrait que rêver. Par exemple Richard Strauss, dans sa "Symphonie alpestre", rêvait que les vents pourraient tenir des notes à l'infini, comme un orgue. Donc pour tenir les très longues notes de cluster du début de la symphonie, il conseille l'utilisation de l'aérophone que le flûtiste Bernhard Samuel avait inventé 1912...
Wikipédia :
"The use of Samuel's Aerophone is prescribed in the orchestration notes along with the instrumentation. This device, invented by Belgian flautist Bernhard Samuel in 1912, is a bellows operated by a foot pedal with an air hose attached to the mouthpiece of woodwind instruments and aids the player to sustain long notes without interruption."

Aujourd'hui avec l'ordinateur et la fonction loop ça ne poserait aucun problème !

"Etudier à la loupe l'orchestration"
Savez-vous où habite Tanguy ? Belle référence au lieu d'étude de notre petit maestro, que je salue au passage ;-)

4. Le mercredi 28 mai 2008 à 13:19, par Tanguy

J'habite à côté d'une commune qui s'appelle La Loupe (28)

A propos des partitions proposées par les compositeurs, on en trouve des intéressantes (en interactif) sur le site du compositeur Erwann Kermorvant (en lien sur le blog de Guillaume).

5. Le mercredi 28 mai 2008 à 13:21, par Tanguy

J'ai écrit snap ? je pensais au col legno dans ma tête...

6. Le mercredi 28 mai 2008 à 13:57, par Damien D.

T'inquiètes j'ai compris col legno en ce qui me concerne :-)


"il y a aussi le fait que beaucoup de musiques d'aujourd'hui sont produites à moitié sur ordi, et qu'il est difficile et inutile pour le compositeur de transcrire tous les effets utilisés"

Pas les grandes musiques de film dont parle sans doute Guillaume Roussel (puisqu'ici on parle de X-men 2): elles sont enregistrés par un orchestre donc elles sont forcément écrites.

"Et comme tu dis c'est samplé : en effet ce sont au moins quatre trompettes qui jouent ces "staccati-cluster" et en même temps (à 08'') d'autres trompettes en sourdines jouent un autre petit cluster tenu. Mais quel orchestre dispose d'autant de trompettes ??"

Ce n'est pas forcément du sampling. C'est sans aucun doute du re-re. C'est devenu très très courant en BOF.

7. Le mercredi 28 mai 2008 à 16:01, par louar52

étant nul en solfège, pour moi les partitions ne s'imposent pas... je sais bien que l'oreille ne fait pas tout et que l'étude de l'orchestration est un passage obligé si l'on veut progresser. Quand j'écoute une bof au casque (c'est fou la différence entre un casque de moyenne et haute qualite, avec le premier on perd la moitié des instrus !) j'imagine que je suis devant l'orchestre et j'essai de capter les différents instruments, toutes les variations, les constructions de crescendo etc... j'en loupe (tiens elle est bonne celle la... lol)c'est certain mais bon...je voulais remercier tanguy pour la peine qu'il se donne, ses analyses, ses astuces qu'ils nous fait partager : aujourd'hui j'en louperai un peu moins c clair ! pour un ptit amateur comme moi tout cela est précieux. tiens, je vais reécouter "le jour d'après" j'aime bien Harald KLOSER en autre.

bien amicalement

8. Le jeudi 20 novembre 2008 à 13:37, par compositeur44

Ouais,bof
je n'aime pas les musiques de Louar52.Pour moi tu ne seras jamais compositeur!
tu dépends de matos ultra perfect
mais réelement sait tu faire de la musique? De la vraie?
Connais tu le piano?Le solfége?
les notes?
Tu n'es pas bon. Excuses moi si je suis direct et je ne pense que tu resteras un amateur..
cordial

jacques

9. Le jeudi 15 janvier 2009 à 19:32, par voiture

vive le maroc :)

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Pourquoi ne pas lire aussi :


Récapitulatif des billets consacrés à la composition de musique de film


Un petit récapitulatif qui permet de regrouper mes articles par thèmes.

J'y dresse une liste des billets qui me paraissent les plus intéressants et qui correspondent le plus souvent aux questions posées par mail.

Orchestration et écriture
Conseils et astuces
Analyses d'extraits de BO
Informatique musicale
Matériel et  logiciels pour
faire de la musique de film

- Etudier les partitions classiques
- Qu'est-ce qu'un trille ?
- Glissando de harpe
- Finale : éditeur de partitions
- Couleur modale : 7 modes
- Exemple de leitmotiv
- Choeurs et système D
- Style Back to the Future
- Le rôle de l'orchestrateur
- Intégrer les percussions
- Effets stridents
- Exemples de répétitions
- Analyse d'un extrait musical
- Accord de septième diminuée
- Marches harmoniques
- Score preparator
- La flûte traversière
- Résonnance et plans sonores
- Faire monter la tension
- Accélérations et ralentissements
- Effet merveilleux
- Notes maintenues (pédales etc)
- Doublures cors et cordes
- Le rôle de l'arrangeur
- Construire un accompagnement
- Instruments transpositeurs
- Crescendo-decrescendo
- Exemples de transition
- Début de la gamme mineure
- Accords tous les 6 demi-tons
- Changer de tonalité
- Attaque avec cloches tubulaires
- Doubler les cordes
- Séquenceur et banques de sons
- Exemple de traitement audio
- Le mastering
- Melodyne Studio (Celemony)
- Séquenceurs et éditeurs de partitions
- Les marqueurs dans Cubase
- Guitar Rig 3  de Native Instruments
- PC sur mesure pour créer de la musique
- Utiliser des boucles de percussions
- Absynth Twilights de Native Instruments
- Cubase 4 de Steinberg
- Mise à jour gratuite de Cubase 4
- Omnisphere de Spectrasonics
- Symphobia de PojectSam
- Browser pour les musiciens
- Personnaliser un crescendo
- Legato : réalisme
- Cubase 5 de Steinberg
- Limiter l'effet machine des staccatos
- Fréquences des instruments
- EastWest Symphonic Orchestra gratuit


Devenir compositeur
de musique de film
Etudier, démarcher
Les coulisses du métier
Le statut du compositeur
Droits d'auteur, Impôts
Sécurité sociale, Intermittence
TVA, BNC, SIRET etc...
Se former, étudier
- Faire son CD démo
- Protéger ses oeuvres 
- La musique source
- Le Temp-Track
- Les traumatismes auditifs
- Contacter les producteurs
- Coup de déprime
- Le pote musicos
- Un annuaire pour les musiciens
- Orchestres spécialisés
- L'audiodescription
- Témoignage de JJ Annaud
- Le Sound Design
- Limites des banques de sons
- Avoir le trac en public
- Le film institutionnel
- 7 interviews de compositeurs
Emettre des factures
- La TVA à 5,5 %
- Intermittence du spectacle
- Déclaration et Impôts
- Fiscalité : Bénéfice Moyen
- Formulaire 2042 C
- Suivi des diffusions TV


Le temp-track : un exemple sur le film "Vendome" de David Tomaszewski


Le temp-track est une musique temporaire (provenant souvent d'un autre film ou d'un classique) choisie par le réalisateur.

Avant que la musique originale ne soit composée, le temp-track est placé sur les premières images ce qui permet de montrer au compositeur le style de musique souhaité sur telle scène (un type d'orchestration, ou bien un sentiment particulier, une dynamique précise etc...). Le temp-track peut donc être un bon moyen pour le compositeur de cibler les attentes du réalisateur.

Cette vidéo me paraît intéressante pour comparer une même scène d'action avec 2 musiques différentes (une première fois avec le temp-track, puis avec ma musique).




On peut constater que j'ai cherché à conserver le même style d'orchestration que le temp-track. Cependant, pour la scène de la montée de la façade de la cathédrale, j'ai opté pour une consonance plus aérienne et moins saccadée que la musique temporaire.

Le piège du temp-track survient lorsque le réalisateur commence à s'y attacher fortement. Dans ce cas, il est difficile pour le compositeur de proposer une autre direction artistique, ce qui le prive un peu de liberté.

Un autre problème subsiste lorsque le temp-track est issu d'une bande originale à très gros budget (90 musiciens et une équipe complète de techniciens professionnels du son) et qu'il vous faut recréer la même ambiance avec un petit orchestre, ou pire, avec un ordinateur et une banque de sons.
Pour Vendome, David Tomaszewski a été très compréhensible à ce sujet. Il était clair dès le début qu'une banque de sons ne pouvait pas remplacer l'émotion et la dynamique d'un orchestre, d'autant plus que David avait placé la barre très haut avec des temp-tracks provenant de bandes originales d'Alan Silvestri, Danny Elfman et David Arnold... rien que ça !

Pour voir le film en entier et en savoir plus sur la construction de la musique, cliquez ici.

La musique de film : une passion... un travail.


Voilà, Ces derniers temps, j'ai beaucoup discuté avec d'autres compositeurs qui souhaitent faire carrière dans la musique pour l'image. Les influences de chacun sont diverses, de Hans Zimmer à Maurice Ravel en passant par Philippe Glass, mais les questions abordées, elles, sont toujours récurentes :

Quel matériel utiliser ? quelle méthode pour écrire ? comment étudier l'orchestration ? comment se faire connaître ? quel salaire demander ? quel est le statut du compositeur ? etc..

Comme, au vu des projets musicaux qui se préparent à l'horizon, l'année 2008 sera probablement placée sous le signe du travail, j'ai décidé de créer mon propre blog autour du thème de la composition de musique de film, pour partager avec vous mes expériences (bonnes ou mauvaises), mes goûts et mes envies.

Tanguy

Exemple de plans sonores et phénomène de résonnance dans une orchestration. Extait d'une bande originale de Jerry Goldsmith


Dans ce petit extrait, on distingue très nettement 3 plans d'orchestration :

Hollow Man (Jerry Goldsmith) :


Nous avons d'une part une mélodie stridente jouée par des instruments aigus (violons, flûtes) et d'autre part des ponctuations agressives en saccades jouées par des cuivres et des percussions (trombones, grosse caisse, timbales).

Le volume sonore de ces 2 parties sont à peu près identiques. On ne peut pas vraiment dire lequel est en avant et lequel est en arrière plan. Je crois que c'est notre humeur du moment qui fait qu'on va plutôt remarquer tel ou tel plan sonore en premier. Et puis, ça peut changer en cours d'écoute.

Par contre :
Entre ces 2 plans extrêmes (du point de vue des couleurs orchestrales), s'est glissé un troisième plan sonore, plus discret mais au combien utile : un petit leitmotiv récurrent joué par des cordes dans les médiums-aigus, à la manière d'un écho. Ce tapis rythmique a son importance car, d'une part il va apporter du "mouvement", et d'autre part il va lier l'ensemble pour le rendre moins sec (un peu comme le lait qu'on ajoute à la farine et les œufs pour faire des crêpes). Cet aspect technique très souvent utilisé en orchestration s'appelle la résonance...


Hollow Man Goldsmith Jerry Goldsmith
Hollow Man Jerry Goldsmith
 
(1929-2004)

Le Renard et l'Enfant : la bande originale que j'écoute en ce moment.


Je suis allé voir le film en décembre avec l'une de mes filles et je dois dire que j'ai trouvé les images et la musique vraiment très belles ! J'étais d'autant plus excité que je savais qu'une partie de la BO était écrite par David Reyes (une vieille connaissance du forum de www.traxzone.com, hein dreyes ?).

Il y a 2 jours, des amis m'ont offert le double CD (BO + l'histoire racontée). Depuis, je savoure les morceaux 1 à 1 à tête reposée, et je ne suis pas déçu.

Le Renard et L'Enfant


Je découvre le travail d'Alice Lewis et de Evgueni Galperine qui me plaît tout autant. Vraiment, cet album nous offre un beau voyage, avec une BO légère et rafraichissante. A écouter dans le calme, au coin du feu ou sur sa terrasse quand viendront les beaux jours...

Jeux musical : reconnaître rapidement un thème


Quand on connaît bien une musique, il suffit parfois de moins d'une seconde pour la reconnaître...

Ci-dessous, 10 thèmes de musique (du cinéma et de la TV de ma génération), dont je n'ai conservé qu'une demi-seconde (c'est court, mais amplement suffisant pour certains).

Extrait 1 :



Extrait 2 :



Extrait 3 :



Extrait 4 :



Extrait 5 :



Extrait 6 :



Extrait 7 :



Extrait 8 :



Extrait 9 :



Extrait 10 :



Qui aura reconnu les 10 extraits ?

Tanguy, le film. Bande originale de Pascal Andreacchio


Un film fort sympathique qui passera prochainement sur le petit écran.

Tanguy Le Film


Eric Berger, vu dernièrement à la télévision dans le film "Quatre garçons pleins d'avenir" (franchement drôle), incarne ici le personnage de Tanguy, un grand dadet de 28 ans qui n'arrive pas à quitter le cocon familial.

Heureusement, tous les Tanguy ne sont pas comme ça ;-)

Côté musique, c'est Pascal Andreacchio qui signe la bande originale du film. Une musique discrète, qui penche vers des sonorités et thématiques asiatiques, la Chine et le Japon faisant partie intégrante de la vie étudiante (et sexuelle) du personnage.

Pascal Andreacchio avait déjà collaboré avec Étienne Chatiliez sur d'autres projets (comme "Le Bonheur est dans le pré").

Tanguy, Dimanche 30 novembre 2008 à 20h50 sur TF1

Deux forums pour en savoir plus sur l'orchestration (en Anglais): NorthernsSounds et The Orchestration Forum


Ce ne sont pas vraiment des nouveautés, mais je voulais les répertorier ici :

Le premier forum est celui de NorthernsSounds, sur lequel on parle de banques de sons, de l'écriture, de l'harmonie et de l'orchestration. On y trouve le fameux "Principles of Orchestration by Rimsky Korsakov" (interactif, avec des exemples sonores)

Le second s'appelle The Orchestration Forum, où l'on peut poser toute sorte de questions, ou bien y répondre, à propos de l'orchestration (d'ailleurs, j'y ai trouvé quelques vieilles connaissances, n'est-ce pas Damien D ?)

C'est en Anglais (ça peut être bien pour se familiariser avec l'Anglais spécifique au domaine de la musique orchestrale).

The Italian Job, prochainement sur le petit écran. Bande originale électro orchestrale : du John Powell pur et dur !


Diffusion prochaine du film The Italian Job (Braquage à l'italienne) le mardi 2 septembre 2008 sur TF1.

C'est en regardant le DVD il y a 3 ans, que j'ai vraiment découvert le style de John Powell des films d'action et d'espionnage. La bande originale m'avait littéralement scotchée (tout comme celle de la saga des "Jason Bourne", plus tard). Une bonne maîtrise de l'orchestre, certes, mais aussi une aisance à manipuler les parties électro qui me rend vert de jalousie ! Il y a là une recherche de sons incroyable qui donne un résultat très riche en couleurs musicales.


The Italian job

La mémorable course poursuite en Austin mini !


C'est aussi ça l'orchestration : apporter des éléments extérieurs (non symphoniques) permettant de fabriquer de nouvelles palettes sonores. Et franchement, les musiques de John Powell ne sonnent pas juste comme un tapis orchestral qu'on aurait placé sur des loops de percussion électro-acoustiques ou des riffs de guitares saturées : tous les éléments rythmiques et harmoniques sont méticuleusement imbriqués pour donner un son unique (et ô combien entrainant, je suis sûr qu'on pourrait danser dessus si ça passait dans les boites de nuit. Idée à retenir si j'ouvre un nightclub un jour).

John Powell scoring

John Powell d'excellente humeur


Je ne sais pas s'il existe en France des compositeurs "connus" particulièrement doués pour l'électro-orchestral. Je pense à Eric Serra pour son très bon travail sur "Le cinquième élément" mais je n'ai pas souvenir d'autres BO mémorables dans ce style (je ne suis pas non plus hyper calé en béophilie).

Dans mon entourage, je connais au moins deux compositeurs très prometteurs pour qui le style électro-orchestral est parfaitement maîtrisé : Guillaume Roussel (The Final Shiver) et Laurent Couson (Roméos et Juliettes). Je vous invite à découvrir leurs œuvres mélangeant un vrai orchestre symphonique à des sonorités synthétiques diverses.

L'audiodescription pour les malvoyants et non-voyants : traduire oralement ce qui se passe visuellement à l'écran.


C'est un sujet qui m'interpelle car je donne actuellement des cours d'éveil musical à un enfant de 6 ans qui souffre d'une sévère déficience visuelle.
Or, j'ai lu dernièrement un article qui m'a fait découvrir l'existence de l'audiodescription : un procédé qui consiste à décrire en voix off ce que l'on voit dans un film (via un système de sortie audio par casque, pour ne pas gêner les autres spectateurs)

Audio Description


- Pour les malentendants, il existe les sous-titres qui décrivent l'ambiance sonore (porte qui grince, musique menaçante, bruit de fond, et les dialogues évidement).
- En ce qui concerne l'audiodescription pour les malvoyants et non-voyants, c'est la voix d'un narrateur (voix enregistrée et mixée) qui interprète de manière concise ce qui ne s'entend pas (expressions du visage, décors, gestes, pancartes, description physique des personnages etc).

Au-delà de ces caractères visuels explicites, l'audiodescription essaie même de faire passer l'humeur et l'émotion que doit ressentir le spectateur, ce qui n'est pas une mince affaire.

En ce sens, je trouve que la musique de film participe à sa manière à une forme d'audiodescription. Même si le rôle d'une bande originale n'est pas forcément d'illustrer pas à pas les images qui se déroulent à l'écran (comme le mickey mousing), la musique permet en outre de "baigner" le spectateur dans une ambiance qui est en corrélation avec le propos du film. Prenons le temps de fermer les yeux devant un film pour constater à quel point la musique est source d'informations.


Marco Beltrami :

Dans cet extrait, un gong introduit d'emblée quelque chose de brutal voir même agressif. Puis, après un court silence, le sursaut laisse la place à une musique plus calme composée d'une voix féminine plaintive et d'un tapis orchestral sombre, pesant et menaçant. Le ton du film est donné : "femme - violence - gravité" (Scream : Sidney's Lament).


Hans Zimmer :

Dans cet extrait, on distingue nettement une alternance de 2 séquences musicales. D'abord, on entend une musique dynamique et rythmée, appuyée par des staccatos de cordes et de percussions, comme si le compositeur voulait produire un effet de panique. Cette séquence est interrompue plusieurs fois par un tapis instrumental essentiellement composé de percussions exotiques (Gamelan ?) qui place le spectateur en attente avant la reprise du thème "panique". Cette alternance de séquences musicales reflète bien le mouvement du film à cet instant : 2 scènes qui se passent en parallèle. L'une montrant l'héroïne poursuivie par un soldat birman, essayant de rejoindre un bateau. L'autre scène montrant des marins en alerte attendant l'héroïne pour pouvoir lever l'ancre. La note grave qui termine cette séquence musicale marque la fin de la poursuite : la femme a réussi à atteindre le bateau, elle est sauvée de justesse. (Beyond Rangoon : Village Under Siege).

C'est aussi pour cette raison que j'utilise souvent le terme "musique descriptive" quand je parle de musique de film.


Les sites de l´annuaire :
  • Nicolas Blies Compositeur


    Nicolas Blies Compositeur« Apporter une nouvelle dimension à l’expérience visuelle, en respectant l’idée du réalisateur et en respectant l’idée même du projet, tel est mon objectif en tant que compositeur de musique à l’image »
    PRESENTATION
    Nicolas Blies est l’auteur de nombreuses bandes originales pour courts et longs métrages, documentaires et films institutionnels. En s’appuyant aussi bien sur les instruments acoustiques que sur les nouvelles technologies, son travail mêle ingénieusement développement musical et sound design. Le style du compositeur se veut résolument hétéroclite et au service de l’image. Tags

    REFERENCES
    France 3, ERE Production, KDRAGE, FISHEYE, GBC Prod, ...
    Nombreux travaux dans la création de bandes originales pour courts métrages et longs métrages.
    Travaux sur des documentaires TV (format 52mn), des documentaires institutionnels(multiples projections quotidiennes).

    SERVICES/TARIFS
    Nicolas Blies réalise ses oeuvres dans son propre studio "Babel Records", ce qui lui permet de proposer de nombreux services de création de musique originale.
    - Création d'ambiances musicales et de sound design
    - Composition pour des groupes, artistes ou évènements culturels
    - Illustration sonore de logo, de sites web, d'animations
    - Enregistrement mobile
    - Production musicale
    - Création d'orchestrations numériques des plus grands compositeurs classiques
    - Création de jingles et spots radio/web
    - Consulting/expertise de la bande originale d'un projet en réalisation
    - Formation et enseignement

    STUDIO
    Le studio est équipé de matériels professionnels permettant de réaliser l’ensemble des prestations citées. Le studio repose sur un système ProTools sur Mac OS. Le studio possède des micros AKG C414 et des préamplificateurs S.S.L. Si l’ambition du projet le demande, il fera appel à des techniciens du son et à des studio partenaires de plus grande envergure afin de produire la bande originale commanditée.
    Banque de sons : Natives Instruments, Spectrasonics, VSL, Project SAM, East West, Toontrack, Ethno World, Pianoteq

    TARIFS
    Concernant les tarifs, cela dépend du type de projet. Les données prises en compte sont la durée du film à illustrer, l'exploitation envisagée, les moyens à mettre en oeuvre (enregistrement d'instrumentistes, orchestration numérique, ...) et le degré d'originalité et de complexité de l'oeuvre souhaitée (simple élément musical d'illustration, musique sur mesure, sound design élaboré). Afin d'établir au mieux la valeur de la prestation, n'hésitez pas à définir vos besoins à partir du formulaire dans l’onglet Contact de mon site. Nous pourrions alors étudier plus précisément vos besoins et établir un devis adapté.

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