Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Fan film espagnol de "Back To The Future"... On y retrouve, bien sûr, le score original d'Alan Silvestri.



J'ai trouvé ce fan film rigolo (Back To The Future) sur Youtube. Doc Brown et Marty McFly s'apprêtent à voyager dans le temps à bord de la Delorean... mais c'est sans compter sur la présence d'un policier.



Je trouve qu'ils ont su retranscrire le ton de la trilogie (humour, effets spéciaux, costumes et accessoires) ! Et puis c'est l'occasion d'apprendre quelques mots d'espagnole tout en écoutant de la (très) bonne musique ;-)

Sinon, pour les fans du film, je suis tombé sur cette page écrite par un spécialiste de la trilogie qui compare les éléments originaux de la VO aux éléments adaptés de la VF (sens des phrases, dialogues, affichages etc). C'est très instructif : ici

Et moi qui croyais tout savoir sur ce film...

Commentaires

1. Le lundi 2 juin 2008 à 20:57, par annie

coucou mon cher cousin! c'est un vrai bonheur ce blog.ça me permet d'avoir des nouvelles ;celui de Rozenn est très bien aussi mais impossible de lui laisser de com.BIZ

2. Le mardi 3 juin 2008 à 08:42, par Tanguy

Anniiiiiiie !
Trop cool de te voir ici ;-)
Bises

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Pourquoi ne par lire aussi :


John Williams au générique du Journal de 20h00. Maquillage du célèbre thème "Les dents de la mer"


Un générique qui fait peur



peut-être une simple coïncidence ?

Le temp-track : un exemple sur le film "Vendome" de David Tomaszewski


Le temp-track est une musique temporaire (provenant souvent d'un autre film ou d'un classique) choisie par le réalisateur.

Avant que la musique originale ne soit composée, le temp-track est placé sur les premières images ce qui permet de montrer au compositeur le style de musique souhaité sur telle scène (un type d'orchestration, ou bien un sentiment particulier, une dynamique précise etc...). Le temp-track peut donc être un bon moyen pour le compositeur de cibler les attentes du réalisateur.

Cette vidéo me paraît intéressante pour comparer une même scène d'action avec 2 musiques différentes (une première fois avec le temp-track, puis avec ma musique).




On peut constater que j'ai cherché à conserver le même style d'orchestration que le temp-track. Cependant, pour la scène de la montée de la façade de la cathédrale, j'ai opté pour une consonance plus aérienne et moins saccadée que la musique temporaire.

Le piège du temp-track survient lorsque le réalisateur commence à s'y attacher fortement. Dans ce cas, il est difficile pour le compositeur de proposer une autre direction artistique, ce qui le prive un peu de liberté.

Un autre problème subsiste lorsque le temp-track est issu d'une bande originale à très gros budget (90 musiciens et une équipe complète de techniciens professionnels du son) et qu'il vous faut recréer la même ambiance avec un petit orchestre, ou pire, avec un ordinateur et une banque de sons.
Pour Vendome, David Tomaszewski a été très compréhensible à ce sujet. Il était clair dès le début qu'une banque de sons ne pouvait pas remplacer l'émotion et la dynamique d'un orchestre, d'autant plus que David avait placé la barre très haut avec des temp-tracks provenant de bandes originales d'Alan Silvestri, Danny Elfman et David Arnold... rien que ça !

Pour voir le film en entier et en savoir plus sur la construction de la musique, cliquez ici.

Astuce pour créer une ambiance Back To The Future (Retour vers le futur) de Alan Silvestri.


Je développe ici le tip que j'ai placé sur ma page myspace.

Prenez n'importe quel note, par exemple un sol2. Puis montez la gamme en respectant les intervalles suivants :
1/2 ton, 1 ton, 1/2 ton, 1 ton etc... jusqu'à tomber sur la même note à l'octave (ici sol3). Cela donne une gamme de 9 notes.

Vous avez remarqué comment Alan Silvestri use et abuse de ces 9 notes dans la musique de Back To The Future II ? :

Gamme Silvestri


Gamme Silvestri


A) Marty découvre le Futur (2015) :
  1. Faisons jouer cette gamme au ralenti par une harpe :


  2. Puis en accéléré :


  3. Encore plus vite (et plus doux aussi) :


  4. Maintenant, jouons la sur 2 octaves :


  5. Ensuite, faisons un mouvement de va et vient (up and down)


  6. Faisons jouer ce up and down 2 fois de suite dans le registre pianissimo :


  7. Ajoutons un crescendo de cors :


  8. Un peu de windshimes pour renforcer le côté fantastique :




B) Nom de Zeus :
  1. Faisons jouer les 5 premières notes de la gamme par des instruments aigus
  2. Puis jouons les 5 dernières notes de la gamme, mais en descendant, avec des instruments graves
  3. En superposant 1 et 2 on obtient un "escalier" très reconnaissable dans la BO




C) Le run qui déchire :
  1. On prolonge cet escalier des graves jusqu'aux aigus
  2. Le tout joué très très vite et très lié
  3. On rajoute un glissando de Harpe (toujours la même gamme) dans les aigus




Dans le prochain billet, je vous ferai écouter une musique que j'ai faite dans le style de Retour vers le futur ;-)
Pour le réalisateur Stéphane Berla.

Les compositeurs de musique de film qui m'ont influencé


Alan Silvestri

Alan Silvestri (Back To The Future, Forrest Gump, Van Hesling)
Fraicheur, légèreté, thèmes offensifs, mélodies romantiques : il y a chez Alan Silvestri tout ce que je préfère, et tout ce que j'aime faire, dans la musique de film. Quand j'écoute ses oeuvres, j'ai toujours ce sentiment de "comprendre" ses orientations artistiques, ses choix d'orchestration. Evidement, cette familiarité ne fait pas de moi un paire (et encore moins son égal), d'autant plus qu'à chaque nouvelle BO, il y a toujours une idée originale qui me surprend. Disons qu'il crée un univers musical et des ambiances spécifiques qui correspondent à 100 % à mon tempérament, mon sentiment sur la musique pour l'image. On a tous un maître à qui on aimerait ressembler. Moi, c'est cet homme là...



Danny Elfman

Danny Elfman (L'étrange Noël de Mr Jack, Batman, Charlie et la Chocolaterie)
L'homme qui crée les ambiances singulières des films de Tim Burton, les génériques TV déjantés (The Simpsons, Desperate Houswives). Sa collaboration avec son orchestrateur Steve Bartek donne un résultat unique. Quel jeune compositeur n'a jamais essayé d'imiter une ambiance cinéma à la manière de Edouard aux mains d'argent ? mélange de fantastique et de féérique. Ce qui m'influence le plus chez Danny Elfman, ce sont les transitions d'accords qu'on ne peut pas toujours deviner. Ce sont aussi toutes ces rythmiques jouées par des cordes ou des bois mélangés à des percussions (accoustiques et synthétiques) comme ce qu'on entend dans l'intro du Main Title de Spiderman. L'écriture n'est pas celle d'un John Williams, mais ses leitmotifs rythmiques et ses orchestrations de second et troisième plan me fascinent (l'utilisation des harpes, aussi). Ecoutez bien les accompagnements situés juste en dessous de chacun de ses grands thèmes mémorables !



Sergei Prokofiev

Sergei Prokofiev (Roméo et Juliette, Pierre et le loup, Ivan le terrible)
J'ai découvert l'Oeuvre de Prokofiev tardivement dans mon cursus. Je ne connais pas de musique classique plus narrative, hormis certains grands classiques "composés pour" (Le Carnaval des Animaux de Camille Saint Saëns / Les Planètes de Holst). Prokofiev, c'est là aussi un style unique. Pour l'instant les oeuvres des grands génies tels que Mozart ou Stravinsky me plaisent beaucoup, sans véritablement me toucher en plein coeur. A l'inverse, beaucoup de musiques de Prokofiev (pas toutes) me boulversent. Un peu comme pour la musique d'Alan Silvestri, il y a comme des atomes crochus que je ne peux pas bien définir. Un style qui flatte mes oreilles et qui m'inspire, tout simplement. Mon ami Bernhard Elsner, qui est beaucoup plus calé que moi en musique classique me soutient que Sergei Prokofiev a largement influencé un bon nombre de compositeurs hollywoodiens, et plus précisément .... Danny Elfman.

Musique hollywoodienne pour le film "Vendome Paris" de David Tomaszewski


Voici un teaser bien pêchu dont j'ai fait la BO dernièrement :



Ce film d'action s'appelle "Vendome, Paris" et a été réalisé par David Tomaszewski. Il présente les exploits d'un nouveau super héros (mélange de Batman et de Spiderman). Sa particularité est qu'il est 100 % Français !

Voir le film :


Un scnénario original et des scènes de combats bien ficelées !



Quelques mots sur la musique :

David souhaitait une BO qui fasse "gros film américain" avec des touches assez kitches par endroits pour rappeler l'univers des Comics. Les petites ponctuations fanfaresques sont donc volontaires ;-)
Dans ce teaser qui est composé à 90 % de scènes d'action, un Vendome's Theme n'était pas nécessaire. Le résultat donne une musique hollywoodienne offensive tout en relief à caractère purement illustratif (les ambiance orchestrales occultent la mélodie quasi inexistante).
Dans le cas de Vendome, le travail de synchro à l'image fut fastidieux et omniprésent.


Petit secret de fabrication : j'utilise très souvent les staccatos de cordes
provenant du VST plug-in Edirol Orchestral :

Edirol Orchestral
Certaines sonorités de Edirol Orchestral sont un peu cheap (trop synthé)
mais j'aime beaucoup les stacs de cordes qui permettent de faire des phrasés ultra rapides !



Un exemple d'utilisation des staccatos de cordes (Edirol Orchestral) et d'utilisation des trompettes de Synful. Ces 2 instruments virtuels ont un son correct en solo, mais surtout, ils sonnent très bien dans le mix :



On notera que les phrasés joués très rapidement avec le kit "cordes staccato" présentent paradoxalement un caractère "legato" (une particularité dûe à l'interprétation via un séquenceur).

Effets stridents dans la musique de film d'action et d'horreur. Des orchestrations à faire peur...


J'écoutais hier la bande originale de "The Mummy Returns" d'Alan Silvestri. C'est un bel exemple de musique d'aventure, interprétée par un très gros orchestre (90 musiciens je crois).

Je me suis arrêté quelques minutes sur cet extrait (musique stridente qui fait grincer les dents) particulièrement efficace pour suggérer le danger (genre "c'est le moment de déguerpir") :

The Mummy Returns



Pour produire cet effet strident, on retrouve bien entendu une orchestration basée sur l'utilisation d'instruments ayant des tessitures très aigües comme les violons et les piccolos.

Mais il y a aussi ce son cristallin qui résonne (que l'on entend souvent dans les musiques de film d'horreur). C'est peut-être un son synthétique, mais je me demande s'il ne s'agit pas tout simplement d'un harmonica de verre (glasshamonica). Peut-être qu'un internaute spécialiste en harmonica de verre pourrait éclaircir ce point...

Silvestri scoring The Mummy Returns
Alan Silvestri scoring The Mummy Returns
(Photo prise par Alexandre Tylski)


La réponse à ma question se trouve dans les commentaires ci-dessous :

Drôle d'impression... pas toujours facile de créer "à la demande" une oeuvre musicale.


Pas trop la pêche en ce moment...

Depuis quelques temps, je découvre les joies du casting de compositeurs. Un casting de compositeurs, c'est tout simplement une sélection, par une boite de production, de quelques jeunes artistes qui devront chacun de leur côté proposer une maquette pour accéder au poste de compositeur du film. Celui qui réussit la maquette la plus adaptée au film se voit confier la composition de la bande originale du long métrage. Les autres sont gentiment remerciés. C'est une chance d'être pressenti pour un long métrage, j'en suis conscient.

Tout comme les entretiens d'embauche, c'est une étape décisive pour le candidat. Il est important de cerner dès le départ les attentes du réalisateur de manière à ne pas composer dans une mauvaise direction. La maquette doit être peaufinée au mieux pour mettre toutes ses chances de son côté. Mais c'est une pression supplémentaire du fait qu'une maquette bien travaillée (sur le plan du réalisme) implique d'y passer beaucoup de temps ce qui empiète sur le timing consacré à la composition elle même. A ce stade du casting, on ne peut pas se permettre de dire à un réalisateur qu'on ne connait pas : "le son est pourri mais voyez comme l'écriture est belle, ça rendra comme ça ou comme ci avec un orchestre". Bref, la pression de la commande, le syndrome de la feuille blanche, le manque de sommeil, les délais, la compétition... tous ces facteurs peuvent engendrer une forme de stress.

Stress et anxiété


Personnellement, tant que je reste dans le domaine du court métrage ou du film documentaire TV, je ne rencontre pas de problèmes particuliers. Par contre, dans le cas d'un casting pour un long métrage (en prévision d'une sortie nationale et d'une BO enregistrée par un orchestre symphonique), les choses se compliquent un peu. Devant le piano ou le séquenceur, l'euphorie d'avoir été pré-sélectionné laisse subitement la place à une forme de trac qui se caractérise physiquement par une boule dans le ventre et une respiration coupée, suivi d'un manque de confiance et d'une concentration affaiblie. C'est un phénomène d'anxiété, bien connu par tous ceux qui ont passé des examens, que l'on peut atténuer rapidement par des techniques de relaxation.

Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un événement ponctuel et relativement court, comme les 10 mn qui précèdent un oral de maths ou un rendez-vous galant. Dans le cas d'une composition d'une œuvre musicale, il m'arrive de devoir supporter ces symptômes quelques jours voir même quelques semaines (ça a été le cas pour moi, dernièrement) et ça devient vite handicapant. Si par chance, le réalisateur apprécie la maquette, alors les symptômes disparaissent comme par enchantement et laissent la place à une motivation et une détermination incroyable.

Mais dans le cas contraire, une période de courte déprime et d'irritabilité viennent s'ajouter, risquant d'altérer les relations avec mon entourage proche. Ensuite, le moral remonte et je suis à nouveau prêt à combattre pour un prochain casting...

Tout ça pour dire que les déceptions font partie du métier. C'est important d'en parler car beaucoup de jeunes compositeurs baissent les bras après quelques échecs. Je pense souvent à Bruno Coulais dont la notoriété s'est vraiment confirmée à l'âge de 42 ans (avec Microcosmos). Je serais curieux de savoir si avant ça, il n'a pas eu un jour l'envie de renoncer.

Enchainement simple de deux accords pour apporter un effet optimiste (à la Disney) à vos compositions.


Là, on est dans le b-a-ba de l'écriture harmonique. C'est une astuce qui est souvent utilisée, mais je la mets par écrit avec quelques extraits sonores (un exemple vaut souvent mieux qu'une longue explication...)

Cet enchainement de deux accords qui permet d'amener une touche de merveilleux ou d'aventure est tout simple à mettre en pratique. Il suffit de jouer un accord majeur (ex : Do majeur) puis d'enchainer sur l'accord majeur situé un ton au dessus (Ré majeur), tout en maintenant la note fondamentale du premier accord (note do grave) :



La fondamentale du premier accord peut être aussi maintenue dans les aigus (accord renversé) :



Quelques exemples de cette courte progression harmonique dans la musique de film :

- Dans les deux extraits ci-dessous, les instruments graves (Contrebasses et tuba) maintiennent la fondamentale tandis que les trombones enchainent les 2 accords (par exemple accord de DO vers accord de RE). Les trompettes, quand à elles jouent le thème principal (dont les notes appartiennent aux accords en question). Ici l'orchestration triomphante nous plonge dans une ambiance de film d'aventure :

Jurassic Park (John Williams) :


Back To The Future (Alan Silvestri) :



- Les 2 extraits ci-dessous sont orchestrés de manière plus légère et sautillante. Sans qu'il s'agisse pour autant d'un film de conte de fée, la connotation y est très optimiste :

Le Renard et L'Enfant (David Reyes) :


Jumanji (James Horner) :



- Et ce dernier extrait, dans un registre plus doux et moins sautillant, mais toujours optimiste. Cette fois-ci la note fondamentale du premier accord n'est pas maintenue (elle suit la cadence) :

Lune (Tanguy Follio) :


Un projet nécessitant une musique à la manière de Retour vers le futur.


C'était en novembre 2006 il me semble.
Le réalisateur Stéphane Berla m'a contacté pour mettre en musique une animation flash.

L'équipe de production souhaitait réaliser un film interactif en images de synthèse (sur la sensibilisation des jeunes au problème des retraites), à la manière de "Retour vers le futur" que tout le monde connait ;-)

Donc, côté musique, le pastiche était aussi de la partie !

Le Hic, c'est que le thème de Back To The Future est tout simplement "unique" (en plus d'être génial).
Voici un extrait du fameux thème (pour les ignares) :


(Notez au passage la harpe tout à la fin qui utilise les 9 notes décrites dans mon billet précédent).

Pour mon imitation, je me suis dit que si je reprenais le motif du début, genre Sol3-Do2-Fa#3, ce serait trop proche de l'original. Mais si je m'orientais vers un thème avec d'autres notes, ce serait trop difficile de faire un clin d'œil. Alors je me suis basé uniquement sur les 2 premières notes et non pas les 3 pour définir un point de départ. Ensuite, j'ai essayé d'imiter la structure, la dynamique et l'orchestration originelle pour avoir une musique complètement pastichée (j'avoue que l'accompagnement aux trombones est allègrement plagié) :



A noter que la section de trompettes qui joue la mélodie provient de Synful. J'adoooore ce son de trompettes.

L'orchestrateur, un métier lié à la musique de film


En parcourant le net, je constate que beaucoup de gens sont capables de dire pourquoi, dans le milieu du cinéma, des compositeurs font appel à un orchestrateur (voir plusieurs).
  1. Par manque de temps
  2. Par manque de connaissance de l’orchestre (notamment pour les générations qui grandissent avec l'informatique musicale).
Mais concrètement, que fait un orchestrateur ?

Apparemment, le travail que doit fournir un orchestrateur varie du simple au double selon les situations. Je peux donc vous citer quelques exemples concrets, mais rien de général :

Il y a des cas où :
  • L'orchestrateur répartit entre les instruments, les notes de la mélodie et des accords à partir d’une partition condensée (quelques portées) fournie par le compositeur. Cette partition réduite qui regroupe par exemple tous les bois sur une même portée (sans que l’on sache encore ce que va jouer la clarinette et ce que va jouer le hautbois) est généralement griffonnée d‘annotations et indications artistiques et techniques. Sur cette partition, la rythmique, la mélodie et l’accompagnement harmonique sont déjà en place car l’orchestrateur n’a pas à créer ou modifier l’enchaînement de notes ou des accords. Il lui incombe d’éclater cette partition condensée en une partition pour orchestre au grand complet (full score) selon les désirs du compositeurs. La marge de liberté dont dispose l'orchestrateur dépend donc du compositeur. Certains compositeurs supervisent le travail au maximum en indiquant des directions artistiques très précises à l'orchestrateur. Dans ce cas, ce dernier finalise en travaillant sur l'aspect récurrent et mécanique : doublures à recopier, nuances à dupliquer sur chaque portée, notation approfondie (coups d'archets, legato, accents etc...). Dans une interview, Cyrille Aufort précise qu'à la place d’une partition condensée, le compositeur peut également fournir un fichier midi (et une maquette audio comme repère).

  • L'orchestrateur vérifie que la partition est exécutable par les interprètes, quelle ne pose pas de problèmes du point de vue du doigté et du souffle, que les tessitures sont respectées, que certaines nuances sont possibles avec tel instrument. Ex : Il n'est peut-être pas souhaitable de faire jouer un trompettiste 3 minutes non-stop dans les aigus.

  • L'orchestrateur suggère les doublures nécessaires pour nous situer au mieux dans le contexte souhaité par le compositeur. Ex : Un glockenspiel peut doubler à l’octave une mélodie jouée par les flûtes. Cela renforcera l'effet de gaité. Par ailleurs, on peut faire jouer simultanément la mélodie par des trompettes, des clarinettes et des flûtes, ce qui apportera un côté fanfare. Autre idée, en doublant à l’unisson un thème de cors par des trompettes, on peut créer une ambiance solennelle (pour un film patriote).

  • L'orchestrateur suggère au compositeur l’instrument (ou le groupe d’instruments) le mieux adapté à la situation. Ex : pour donner plus d’expression, un thème émouvant sera plutôt interprété aux violoncelles dans les aigus plutôt qu’aux violons ou alti dans les graves (il y aura plus de vibration, plus d’émotion).

  • L'orchestrateur veille à l’équilibre des masses orchestrales. Ex : à tel endroit, il pourra suggérer de diviser le pupitre des trompettes en 2 pour ne pas masquer les bois. Ailleurs il proposera de doubler une phrase de seconds violons par des alti pour apporter de la consistance et éviter un déséquilibre (un déséquilibre que l’on n’entend pas avec les samplers)

Quelques orchestrateurs célèbres dans la musique de film :
  • Steve Bartek (Spiderman, Charlie et la Chocolaterie...)
  • Conrad Pope (Jurassic Park, Sleepers...)
  • Geoffrey Alexanders (Anna And The King, Arthur et les Minimoys...)
  • James B Campbell (The Abyss, Back To The Future...)
  • Hervé Jamet (La Traductrice, Le Renard et L'Enfant ...)
  • Cyrille Aufort (L'odyssée de l'espèce, Ah ! si j'étais riche...)
  • Alexander Courage (The Poseidon Adventure, Hook...)
  • David Slonaker (The Mummy Returns, Charlie et la Chocolaterie... )
  • Nicholas Dodd (Independance Day, Casino Royal...)
  • Nic Raine (Wallace and Gromit, Until Death...)
  • William Ross (Contact, Die Hard 2 ...)
  • Lawrence Ashmore (Harry Potter and the Goblet of Fire, Much Ado About Nothing...)

Conrad Pope

Conrad Pope : orchestrateur


Beaucoup d'orchestrateurs peuvent composer de la musique sans problèmes !


N’hésitez pas à mentionner d’autres noms (via un commentaire). Notamment s’il s’agit d’orchestrateurs français qui font du très bon travail.

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