Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Star Pop Orchestra, un orchestre spécialisé dans la musique symphonique populaire (musique de film, comédies musicales, arrangements pop-rock)




J'ai découvert sur Myspace cet orchestre symphonique composé de 50 à 90 musiciens dont le répertoire va de la musique de film à la variété en passant par la comédie musicale et la musique de jeux vidéo.

Star pop orchestra interprétation et enregistrement de musique de film


Cet orchestre, mis en place par Nicolas Chatenet, Mathias Charton et Christophe Eliot, a pour vocation l'interprétation d'œuvres symphoniques dites "populaires" (essentiellement de la musique de film) sous forme de concerts (John Williams, Leonard Bernstein, Alan Menken etc..).

Depuis sa création, il a également assuré l'enregistrement de quelques bandes originales pour de jeunes (mais talentueux) compositeurs. Je vous invite à visiter son espace musical pour vous rendre compte du très bon niveau d'interprétation.

Il n'existe pas beaucoup, en France, d'orchestres symphoniques spécialisés dans l'enregistrement de musique de film. Soulignons l'existence de SymphOnifilm (sous la direction de Steve Journey) qui permet d'obtenir de la bonne musique symphonique à des prix compétitifs. Dans la catégorie gros calibre, l'orchestre Colonne (sous la direction de Laurent Petigirard) souhaite également élargir le créneau "musique pour le cinéma".

Tant mieux pour nous ;-)

Ouverture de l'annuaire spécialisé dans les métiers de la musique (musiciens, interprètes, compositeurs, techniciens, agents artistiques...)


Vous êtes orchestrateur ? chanteur ? ingénieur du son ? joueur de flûte à bec ? compositeur de RnB ? professeur de musique ? etc...

Pour vous faire connaître ou chercher des informations sur les métiers liés à la musique, j'ai le plaisir de vous annoncer la mise en place d'un annuaire !!! (qui apparaît sur ce blog dans la colonne de droite, en haut).

Je pense que ce sera intéressant de centraliser toutes les informations relatives à la création musicale pour que chacun puisse s'y retrouver, qu'il s'agisse d'une passion ou bien tout simplement pour des raisons professionnelles. Par exemple, vous recherchez un violoncelliste et un studio d'enregistrement dans les environs de Poitiers ? l'annuaire pourrait bien vous faire gagner du temps ;-)

Bien entendu, l'annuaire s'ouvre à tout ce qui touche la musique en général (pas seulement la musique de film). Sa souplesse vous permettra de suggérer des sous-rubriques correspondant le mieux à votre style et à votre personnalité. Par exemple dans la rubrique "compositeur de musique de film", si votre spécialité est la musique électro-orchestrale, une rubrique "électro-orchestrale" pourra être ajoutée. De cette manière, nous pourrons trouver directement et précisément ce qui nous intéresse.

Vous pouvez soumettre votre site dès à présent ici ainsi que d'autres liens que vous souhaitez faire partager... N'hésitez pas à en parler autour de vous, et à me contacter si vous avez des questions.

Les autres raisons de soumettre votre site dans notre annuaire :
  • Le référencement de votre site dans notre annuaire est gratuit, un lien retour est souhaitable mais pas obligatoire.
  • Si vous souhaitez améliorer le positionnement de votre site dans Google, vous devez impérativement avoir de bons liens vers votre site (backlinks)... Sur notre annuaire c'est très simple, il suffit de vous inscrire. En indiquant vos flux RSS, vous gagnerez également 10 liens de plus !
  • Si vous respectez bien les règles d'inscription, votre site sera référencé en quelques jours à peine. La validation de votre site est très rapide.
  • En plus des liens, vous aurez, grâce à la notoriété de notre annuaire, des visiteurs.

Comment se porte la musique de film sur Myspace ?


Quelques chiffres en parcourant Myspace
Bon. je constate que Fatal Bazooka devance de loin John Powell...
Mais ça c'est la faute aux jeunes. Ils devraient faire leurs devoirs plutôt que d'aller tout le temps sur Myspace !

Non mais plus sérieusement, la musique de film compte quand même beaucoup d'adeptes et c'est très bien ;-) Et puis, contrairement aux artistes issus du milieu du disque ou de la scène, le succès du compositeur de musique de film ne dépend pas d'un public, mais d'une certaine notoriété chez les professionnels du cinéma (producteurs, réalisateurs, superviseurs). C'est donc normal que les pages Myspace des compositeurs pour le cinéma soient moins visitées que celles de leurs collègues du show-bizz. (heureusement qu'il y a les béophiles).

Tiens, au fait : Ouais je sais, c'est la classe.....
D'après mes calculs, dans 89 ans je serai au même rang qu'Alicia Keys (si entre temps, sa page n'est plus visitée). C'est jouable.

Famille ou amis, le musicien est parfois sollicité ! (mariages, anniversaires, galas de danse...).


Quiconque qui touche bien en informatique (par métier ou par passion) a certainement été sollicité par son entourage pour réparer un ordinateur qui ne "marche pas".

Il y a des métiers comme ça (mécaniciens, coiffeurs, policiers, électriciens, menuisiers etc...) très utiles pour rendre des petits services en dehors du temps de travail.

Pour nous c'est un peu différent. On fait appel à nos compétences de compositeur, d'arrangeur ou d'accompagnateur, essentiellement pour les grandes occasions (mariages, fêtes de famille, départs en retraite), à titre gracieux bien sûr (et c'est bien normal). Je ne m'en plains pas, au contraire, car c'est important d'être reconnu par ses proches comme quelqu'un d'expert dans un domaine particulier.

Tout le monde côtoie (ou est) au moins l'un de ces personnages remarquables :
  • L'oncle rigolo
  • Le copain bricoleur
  • Le frère animateur
  • Le cousin guitariste
  • Le beau frère informaticien
  • La sœur dessinatrice
  • La tante cuisinière
  • Le pote musicos
  • Les amis sportifs
  • Le neveu surdoué en sciences
  • Le copain armoire à glace
  • Le patriarche cultivé
  • etc. etc...

Je ne sais pas pour vous, mais moi je suis la personne ressource à qui l'on confie les tâches relatives à la musique, comme :
  • Composer un thème d'ouverture pour un mariage
  • Ré-écrire la version instrumentale d'une chanson (sur laquelle on placera d'autres paroles)
  • Accompagner un chanteur (dans une église, une salle des fêtes, un concours IUFM...)
  • Transcrire une chanson dans une autre tonalité pour que tonton Pierre puisse chanter
  • Trouver les accords d'une chanson
  • Faire un montage audio (dans Cool Edit pro) pour un spectacle de danse
  • Composer des jingles pour des sketches
  • S'improviser ingénieur du son (cablage, mixage)
(Bon, en réalité nous sommes nombreux dans la famille à jouer d'un instrument, donc je ne suis pas le seul à être sollicité).

J'insiste bien sur le fait que c'est toujours un réel plaisir de rendre service, tout en précisant quand même qu'une musique d'un minium de qualité ne se fait pas en claquant des doigts.

Pour l'anecdote, l'une de mes tantes me demanda un jour si je pouvais chanter comme soliste à la cérémonie de mariage de sa fille, son argument étant : "tu sais faire de la musique, donc tu sais chanter de toute évidence". Pas vraiment tatie, pas vraiment... (je craignais un peu pour les vitraux). Il m'a fallu quelques minutes pour lui faire comprendre qu'un musicien pouvait très bien avoir une voix de casserole, et pas forcément très juste (comme c'est mon cas).

Une semaine de vacances bien méritée !


Rien de plus ressourçant qu'une semaine de vacances dans ma Bretagne natale...

Je reviendrai sur le blog autour du 20 avril, avec un article consacré à l'insertion de boucles rythmiques (Stormdrum, Stylus RMX) dans une musique orchestrale (pour faire plaisir à Simon ;-) En attendant, bonnes vacances pour certains et bon rétablissement à ceux qui ont la grippe (soigne toi bien Alex..).

Saint-Malo, me voiciiiiiiiii ! (par ici les bonnes crêpes)

bigoudène


Allez, une petite douceur pour me préparer psychologiquement :
  • An Dro de l'ille à l'Oued, de G Ricordel (interprété par Tudansti)


  • Bolero, de M Ravel (interprété à la cornemuse par Carlos Nunez)


On notera chez Tudansti la particularité de l'instrumentation (utilisation de l'oud et du djembe).

Illustration Mam'Goudig par Jean-Paul David

Drôle d'impression... pas toujours facile de créer "à la demande" une oeuvre musicale.


Pas trop la pêche en ce moment...

Depuis quelques temps, je découvre les joies du casting de compositeurs. Un casting de compositeurs, c'est tout simplement une sélection, par une boite de production, de quelques jeunes artistes qui devront chacun de leur côté proposer une maquette pour accéder au poste de compositeur du film. Celui qui réussit la maquette la plus adaptée au film se voit confier la composition de la bande originale du long métrage. Les autres sont gentiment remerciés. C'est une chance d'être pressenti pour un long métrage, j'en suis conscient.

Tout comme les entretiens d'embauche, c'est une étape décisive pour le candidat. Il est important de cerner dès le départ les attentes du réalisateur de manière à ne pas composer dans une mauvaise direction. La maquette doit être peaufinée au mieux pour mettre toutes ses chances de son côté. Mais c'est une pression supplémentaire du fait qu'une maquette bien travaillée (sur le plan du réalisme) implique d'y passer beaucoup de temps ce qui empiète sur le timing consacré à la composition elle même. A ce stade du casting, on ne peut pas se permettre de dire à un réalisateur qu'on ne connait pas : "le son est pourri mais voyez comme l'écriture est belle, ça rendra comme ça ou comme ci avec un orchestre". Bref, la pression de la commande, le syndrome de la feuille blanche, le manque de sommeil, les délais, la compétition... tous ces facteurs peuvent engendrer une forme de stress.

Stress et anxiété


Personnellement, tant que je reste dans le domaine du court métrage ou du film documentaire TV, je ne rencontre pas de problèmes particuliers. Par contre, dans le cas d'un casting pour un long métrage (en prévision d'une sortie nationale et d'une BO enregistrée par un orchestre symphonique), les choses se compliquent un peu. Devant le piano ou le séquenceur, l'euphorie d'avoir été pré-sélectionné laisse subitement la place à une forme de trac qui se caractérise physiquement par une boule dans le ventre et une respiration coupée, suivi d'un manque de confiance et d'une concentration affaiblie. C'est un phénomène d'anxiété, bien connu par tous ceux qui ont passé des examens, que l'on peut atténuer rapidement par des techniques de relaxation.

Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un événement ponctuel et relativement court, comme les 10 mn qui précèdent un oral de maths ou un rendez-vous galant. Dans le cas d'une composition d'une œuvre musicale, il m'arrive de devoir supporter ces symptômes quelques jours voir même quelques semaines (ça a été le cas pour moi, dernièrement) et ça devient vite handicapant. Si par chance, le réalisateur apprécie la maquette, alors les symptômes disparaissent comme par enchantement et laissent la place à une motivation et une détermination incroyable.

Mais dans le cas contraire, une période de courte déprime et d'irritabilité viennent s'ajouter, risquant d'altérer les relations avec mon entourage proche. Ensuite, le moral remonte et je suis à nouveau prêt à combattre pour un prochain casting...

Tout ça pour dire que les déceptions font partie du métier. C'est important d'en parler car beaucoup de jeunes compositeurs baissent les bras après quelques échecs. Je pense souvent à Bruno Coulais dont la notoriété s'est vraiment confirmée à l'âge de 42 ans (avec Microcosmos). Je serais curieux de savoir si avant ça, il n'a pas eu un jour l'envie de renoncer.

Trouver du travail : démarcher les boites de production, les agences artistiques, les réalisateurs. Quand l'art devient commerce...


"Bonjour, je suis un jeune compositeur passionné par la musique de film. J'aimerais en faire mon métier mais je ne sais pas par où commencer (trouver des contacts, comment me vendre etc.) Peut-être pourriez-vous me donner quelques solutions ?
Votre blog est super ! Amicalement,
Alain Sylvestre, de Hill Valley"

Salut Alain,

"Comment vivre de son art..." Aaah, c'est un des plus grands mystères de l'univers, après les femmes...

Pour commencer, je dirais qu'avant de prospecter sérieusement, ce serait bien d'avoir déjà fait quelques musiques pour des courts-métrages ou petits films institutionnels. Sur Internet, beaucoup de jeunes réalisateurs recherchent des compositeurs pour habiller leurs films. C'est l'occasion de se faire la main et de commencer à créer son propre book. C'est sûr qu'il ne faut pas espérer gagner beaucoup d'argent en échange....

Ensuite, lorsque vous avez des choses intéressantes à montrer, c'est le moment de contacter des réalisateurs professionnels. Pffff... se vendre.... pas facile, ça....

J'imagine qu'il faut se montrer partout où c'est possible pour rencontrer les gens du métier. D'une part dans les festivals du cinéma ou de la musique (le festival d'Auxerre par exemple, consacré à la musique de film). D'autre part, en participant à des concours, des master-class, des sessions comme Emergence.

Il est sûrement bon également de pointer le bout de votre nez dans les écoles de cinéma pour signaler votre existence et proposer vos services. Le contact, toujours le contact....

Quelque chose que je n'ai jamais faite mais qui peut être bénéfique, c'est de se retrouver (ne me demandez pas comment) dans des soirées mondaines parisiennes, au cours desquelles vous allez discuter autour d'un verre avec des réalisateurs ou des producteurs. Pour ces derniers, la rencontre physique est beaucoup plus parlante que les piles de CD démo qui s'entassent dans leur bureau...

Mais bon, encore faut-il avoir le sens du contact et de la tchatche ce qui n'est pas donné à tout le monde. On entend souvent des artistes regretter ne pas être bons commerçants...
Pour les plus timides, il reste la solution Internet et les envois postaux :

Comme je le soulignais dans le billet définir l'ordre des musiques dans un cd démo, c'est important de cibler les boites de production. Ne perdez pas votre temps à contacter les grosse boites. Il vaut mieux commencer petit et se fidéliser. Pour intéresser un professionnel, il faut lui faire comprendre que votre musique correspond à ce qu'il cherche pour son prochain film. En surfant sur des sites comme Unifrance il vous sera possible de vous tenir au courant des films qui se préparent dans l'année.

Il est difficile de contacter directement un réalisateur. La plupart du temps, ils sont représentés par des agence artistiques comme JFPM, Adéquat ou AAC, avec qui il est plus facile de se mettre en relation.

L'envoie de CD démos devient fastidieux et cher à la longue. En complément, il n'est pas inutile de créer votre propre site web, qui vous servira de carte de visite dans vos mails. Les boites de production commencent à avoir le réflexe internet, ça démarre doucement. Attention, n'envoyez surtout pas vos mp3 par mails ! (une URl, c'est moins lourd).

Et l'agent artistique qui représente le compositeur ?

Ce n'est pas facile d'intégrer une agence artistique déjà en place, si vous n'avez pas composé pour un long métrage. J'ai eu la chance d'être présent sur Internet au moment où Api Corp a décidé de créer son département musique : il s'agissait d'un démarrage [Je rappelle que l'agence Api Corp était déjà bien implantée et reconnue dans le département des directeurs de la photographie].

Pour finir, dans l'idéal, c'est bien de trouver son "ami" réalisateur (surtout si son talent est très prometteur) avec qui on va grandir. La création d'un tandem réalisateur-compositeur apporte une inertie incroyable pour booster une carrière : François Ozon et Philippe Rombi, Alain Chabat et Philippe Chany, Luc Besson et Eric Serra... sans oublier : Alan et Bob ;-)

Quoi qu'il en soit, le chemin est très long. Beaucoup de compositeurs (jeunes et même moins jeunes) ont un autre métier en parallèle, pour vivre. Il n' y a pas à être montré du doigt parce qu'on n'arrive pas à s'en sortir uniquement avec la musique. Il faut du talent et du travail, certes, mais la chance y est aussi pour beaucoup.

Attention aux traumatismes auditifs. Soyons prudents avec le casque ou les enceintes...


Cela fait déjà plusieurs personnes que je rencontre qui connaissent des cas d'hyperacousie ou d'acouphène...

Les prévention des traumatismes auditifs ne sont pas à prendre à la légère dans notre métier où l'on est longtemps exposé aux décibels, que ce soit devant nos monitors ou avec le casque sur les oreilles.


J'ai consulté le site de l'APTA (Association de Prévention des Traumatismes Auditifs). Ils expliquent bien que les lésions auditives apparaissent d'un part en fonction de l'intensité du bruit, et d'autre part en fonction de la durée d'exposition. Ce qui signifie qu'il est important de travailler en mettant la musique pas trop fort, certes, mais également pas trop longtemps.

Prudence, donc...

Consulter le site de l'APTA (Association de Prévention des Traumatismes Auditifs)
Consulter le site de Pierre Voyard (qui traite le sujet en tant que compositeur-musicien).

C'est édifiant !

Le temp-track : un exemple sur le film "Vendome" de David Tomaszewski


Le temp-track est une musique temporaire (provenant souvent d'un autre film ou d'un classique) choisie par le réalisateur.

Avant que la musique originale ne soit composée, le temp-track est placé sur les premières images ce qui permet de montrer au compositeur le style de musique souhaité sur telle scène (un type d'orchestration, ou bien un sentiment particulier, une dynamique précise etc...). Le temp-track peut donc être un bon moyen pour le compositeur de cibler les attentes du réalisateur.

Cette vidéo me paraît intéressante pour comparer une même scène d'action avec 2 musiques différentes (une première fois avec le temp-track, puis avec ma musique).




On peut constater que j'ai cherché à conserver le même style d'orchestration que le temp-track. Cependant, pour la scène de la montée de la façade de la cathédrale, j'ai opté pour une consonance plus aérienne et moins saccadée que la musique temporaire.

Le piège du temp-track survient lorsque le réalisateur commence à s'y attacher fortement. Dans ce cas, il est difficile pour le compositeur de proposer une autre direction artistique, ce qui le prive un peu de liberté.

Un autre problème subsiste lorsque le temp-track est issu d'une bande originale à très gros budget (90 musiciens et une équipe complète de techniciens professionnels du son) et qu'il vous faut recréer la même ambiance avec un petit orchestre, ou pire, avec un ordinateur et une banque de sons.
Pour Vendome, David Tomaszewski a été très compréhensible à ce sujet. Il était clair dès le début qu'une banque de sons ne pouvait pas remplacer l'émotion et la dynamique d'un orchestre, d'autant plus que David avait placé la barre très haut avec des temp-tracks provenant de bandes originales d'Alan Silvestri, Danny Elfman et David Arnold... rien que ça !

Pour voir le film en entier et en savoir plus sur la construction de la musique, cliquez ici.

La musique source : une musique que l'on trouve fréquemment dans les films.


La musique source, c'est la musique qui est "à l'intérieur" du film. Elle est intégrée dans une scène où les personnages l'entendent réellement.

Par exemple :
  • La musique d'une boite de nuit dans laquelle se passe la scène
  • La musique d'un concert auquel assiste le personnage
  • La chanson d'une radio dans une voiture
  • La musique d'une fanfare qui passe dans la rue
  • Un chanson chantée sur scène
  • etc

Le choix d'une musique source dépend du désir du réalisateur (et la disponibilité du compositeur...). Cela peut être :
  • Une chanson pré-existante ("Je suis un garçon" de Mylène Farmer dans le film Pédale Douce lorsque Patrick Timsit chante dans sa voiture)

  • Une musique pré-existante ("Aria" de Bach dans le film Le Silence Des Agneaux avant le meurtre des 2 policiers)

  • Une chanson originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("Wonka's Welcome Song" de Danny Elfman dans le film Charlie et la Chocolaterie lorsque les jeunes gagnants arrivent à l'usine)

  • Une musique originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("20th Century Kiosque" de Philippe Rombi dans le film Oui mais quand la séance de cinéma se termine)


Il y a même certains cas où la BO se transforme progressivement en musique source :

Dans la première scène du film The Holiday (musique de Hans Zimmer), on entend une musique d'ouverture (comme dans beaucoup de films). Progressivement, on va s'apercevoir que c'est un des personnages qui est entrain de jouer de la musique (ce personnage est d'ailleurs un compositeur de musique de film).

A voir également : Je hais la musique (réalisation et musique de David Reyes) où l'on peut découvrir un très bon exemple de morphing "BO vers musique source" dans les dernières scènes.

Comment protéger ses oeuvres musicales quand on n'est pas encore inscrit à la SACEM ?


Ceci est valable si l'on n'est pas encore inscrit à la SACEM ou bien si l'on veut protéger ses œuvres provisoirement.
  • www.copyright-france.fr : Dépôt en ligne d'une musique pour 9 € (ou bien 2 musiques pour 13 €). Paraît assez fiable.

  • SNAC : dépôt par la poste de 4 musiques pour 34 €. Grande fiabilité

  • Envoi à soit même en recommandé d'une enveloppe (contenant vos mp3 ou partitions), le cachet de la poste prouvant l'antériorité de vos œuvres face à un tiers mal intentionné. Ne pas ouvrir l'enveloppe ! Fiabilité approximative

  • Dépôt chez un Notaire (prix inconnu, probablement pas donné). Grande fiabilité.

D'après ce que j'ai pu lire sur le forum de compositeurs.org, le dépôt en ligne des mp3 sur le site www.copyright-france.fr semble idéal pour protéger vos musiques (bon rapport qualité-prix). Envoi de mp3 ou de fichiers provenant de votre éditeur de partitions.

Je viens de découvrir sur le site de la SACEM qu'il était possible (pour un adhérent) de déposer des œuvres provisoires :
"Le dépôt provisoire d'une œuvre partielle (Réf. 706) : ce formulaire permet de protéger une œuvre qui n'est pas encore totalement terminée (paroles ou musique restant à écrire). Il n'est cependant pas suffisant pour permettre à la Sacem d'assurer le versement des droits. Lorsque l'œuvre est achevée, un bulletin de déclaration définitif doit remplacer ce dépôt provisoire."

Définir l'ordre des musiques sur un CD démo. Un choix subtil et judicieux pour démarcher les boites de production.


Juste une petite précision à propos du billet sur le mastering.

C'est également au cours du mastering que l'on choisit l'ordre des pistes que l'on ma mettre sur un CD.
Cela paraît anodin, mais il y a des choix judicieux à faire. Certes, la création d'un album concerne essentiellement le domaine de la chanson. Mais pour un jeune compositeur qui souhaite faire découvrir son travail, il est important de bien choisir l'ordre de ses morceaux de musique avant d'envoyer un CD à une boite de production ou à un réalisateur.

L'idée que se fait un professionnel sur la qualité de votre musique prend moins d'une minute. Donc, je conseille de ne pas mettre en première piste, une oeuvre qui possède une intro à n'en plus finir (la musique doit interpeler dès les 5 premières secondes). Idem pour le son : ne placez pas en début de CD, une musique qui sonne cheap par endroits (même si vous êtes particulièrement fiers de l'écriture).

Très important : cibler le contenu de votre Cd pour répondre aux attentes du destinataire :

Un souvenir d'un commentaire du réalisateur Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien) à propos des CD démo qu'il reçoit régulièrement : "Les musiques sont souvent belles, mais on a toujours l'impression que le compositeur cherche à nous montrer l'étendue de ses possibilités (voyez comme je sais faire du jazz, de la musique ethnique, du symphonique, et même de la techno !). Et bien moi, en tant que réalisateur, je souhaiterais recevoir un Cd qui contienne la musique de mon prochain film !"

Donc, à nous de nous renseigner sur l'actualité du cinéma (les films en projet, en préparation, en tournage) et de cibler nos envois. En d'autres termes, ce n'est peut-être pas la peine d'envoyer des musiques épiques à un réalisateur qui souhaite réaliser prochainement une comédie dramatique...

Une dernière chose sur le choix des boites de production : ne rêvons pas, aucun producteur ne prendra le risque de miser un budget colossal sur un compositeur qui n'a pas fait ses preuves (c'est comme les anonces ANPE : Expérience exigée !). Bref, ça ne sert à rien pour un jeune compositeur (à part s'il aime jouer au loto) d'envoyer un CD aux très grosses boites en espérant que....
Au départ, il vaut mieux cibler les petites et moyennes boites de production, puis se fidéliser et grandir ensemble.

Lire également le billet : trouver du travail dans la musique de film.

Se former, étudier, apprendre à composer de la musique de film


"Bonjour, je suis actuellement en terminale dans un lycée à Lorient et j'aurais voulu savoir quelles sont les études à suivre pour devenir compositeur de musique de film. Une formation au conservatoire est-elle indispensable ? Peut-on apprendre tout seul ? Dois-je aller vivre à Paris pour augmenter mes chances ?
Pierre Debout, de Carnac (56)"

Hello Pierre, voilà un sujet intéressant !

Hier encore, je lisais sur un forum une discussion houleuse à propos du cursus des compositeurs. Le débat opposait les musiciens ayant suivi une formation classique et les autodidactes.
Je fais partie de cette deuxième catégorie mais je ne rentrerai en aucun cas dans le jeu des détracteurs du conservatoire.

Je l’ai toujours dit, que vous soyez autodidactes ou médaillé d’un prix d’écriture, vous avez « appris » la musique. Si ce n’est pas un professeur qui vous l’a enseignée, alors, c’est un livre, une partition, un tutorial sur Internet, un CD, vos propres oreilles…

Moi, franchement, j’aurai bien aimé suivre quelques cours d’écriture ou d’orchestration quand j’étais plus jeune. Etant à 90 % autodidacte, c’est l’expérience qui m’a formé, sur le tas, en faisant des essais, en jetant ce qui était mauvais et en perfectionnant ce qui était bon. Mais cela a pris des années. Je pense sincèrement qu’un professeur agréé m’aurait fait gagner du temps en me guidant vers l’essentiel, en me faisant éviter certains pièges.

Car, comme pour le dessin, la musique requiert un minimum de technique, et obéit qu’on le veuille ou non à un certaines règles harmoniques. C’est comme ça, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs, peut-être est-ce dû à la physiologie de l’oreille et du cerveau humain…

En fait, une fois les bases musicales acquises, libre à l’artiste de cultiver son talent et développer sa personnalité musicale, soit par ses propres moyens, soit par un cursus scolaire approfondi. Je reçois régulièrement des mails comme celui de Pierre avec la question : faut-il nécessairement faire des études pour devenir compositeur de musique de film ?

Que répondre ? faut-il citer des exemples concrets d’autodidactes qui ont réussi ? Ordinairement je pèse le pour et le contre.

L'auto-apprentissage :

Vous développez votre curiosité, vous avez peut-être un peu plus de liberté, vous choisissez librement vos orientations artistiques, vous n’êtes pas influencés par vos paires (mais par vos idoles, oui !). L’apprentissage est long, passionnant et gratuit. Si vous n’êtes pas un bon commerçant, il vaut mieux espérer avoir un job en parallèle pour la prochaine décennie.

L’école :

Si vous êtes un élève doué et discipliné, vous apprendrez directement les bases. Vous obtiendrez un diplôme et de bonnes références, qui vous ouvriront des portes. Peut-être pas directement celles du show-biz ou du cinéma, mais vous trouverez probablement une activité professionnelle qui soit en rapport avec la musique (professeur de musique, interprète dans un orchestre etc.). Ce métier vous permettra de gagner votre vie tout en continuant vos recherches de contrats dans la musique de film.

En outre, conservatoires, universités et écoles professionnelles (comme l'Itemm, l'Aimra, l'Ircam, la Schola Cantorum) sont des lieux de rencontre. Qui sait, certains de vos camarades ou professeurs deviendront des orchestrateurs, des monteurs professionnels, ou des interprètes de qualité : tous ces contacts vous seront potentiellement utiles un jour ou l’autre.

La musique de film : une passion... un travail.


Voilà, Ces derniers temps, j'ai beaucoup discuté avec d'autres compositeurs qui souhaitent faire carrière dans la musique pour l'image. Les influences de chacun sont diverses, de Hans Zimmer à Maurice Ravel en passant par Philippe Glass, mais les questions abordées, elles, sont toujours récurentes :

Quel matériel utiliser ? quelle méthode pour écrire ? comment étudier l'orchestration ? comment se faire connaître ? quel salaire demander ? quel est le statut du compositeur ? etc..

Comme, au vu des projets musicaux qui se préparent à l'horizon, l'année 2008 sera probablement placée sous le signe du travail, j'ai décidé de créer mon propre blog autour du thème de la composition de musique de film, pour partager avec vous mes expériences (bonnes ou mauvaises), mes goûts et mes envies.

Tanguy