Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

Processus de composition orchestrale assistée par ordinateur, étape par étape, par Guillaume Baron (compositeur)




Aujourd'hui, je laisse la parole à mon collègue Guillaume Baron ;-)
Tanguy
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Explications détaillées sur la construction de l'intro de "Back To Olathe"

Qui n'a jamais rêvé que John Williams nous explique comment il a composé le Main Title de Star Wars ? Qui n'a jamais rêvé que Hans Zimmer décrive étape par étape le processus de création de la BO d'Inception ?

Pour ma part, j'en rêve à chaque fois que j'écoute une BO. Que ce soit du Danny Elfman, du James Newton, du Howard Shore, du James Horner, la composition est toujours maîtrisée dans son ensemble, chaque instrument trouve sa place, complète l'oeuvre, il n'y a ni manque, ni surplus. J'ai souvent l'impression que l'ajout ou la suppression d'un seul instrument nuirait à l'équilibre de l'ensemble.

Alors comment font-ils pour que le morceau fini soit si cohérent ? Est-ce qu'ils pensent tout avant même de poser la première note sur la partition ? Ca me paraît peu probable. Par quoi ils commencent ? Est-ce qu'ils posent d'abord les accords puis la mélodie ou l'inverse ? Est-ce que l'inspiration brut les guide ou est-ce qu'ils suivent les pistes de leurs enseignements ?

Et bien voilà, en toute humilité car à des années lumières du niveau de ces grands compositeurs, j'ai voulu partager/décrire étape par étape comment je m'y suis pris pour composer cette introduction dans un esprit épique/aventure. Le but étant simplement de répondre à la curiosité que certains comme moi peuvent avoir. Celle de savoir comment "les autres" font ?

Mais avant de commencer, voici le rendu final :

Back To Olathe - Intro (Guillaume Baron) :


Pour plus de clarté, voici l'imprime écran (Imp Ecr) du morceau dans cubase :

Séquence midi Cubase
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


J'ai commencé ce morceau en sachant ceci :
Je voulais n'utiliser QUE des instruments d'orchestre.
  • Il fallait que le thème soit joué par les cuivres pour donner le côté épique qui était souhaité.
  • Il fallait que l'introduction complète fasse dans les 35 – 50s.
  • L'ambiance devait être inquiétante au début et mener vers une ouverture positive.

Une fois ces points posés, j'avais trois possibilités :
  • Trouver une mélodie puis construire des accords à partir de celle-ci.
  • Trouver les accords puis en sortir une mélodie.
  • D'abord définir une ambiance puis en sortir une mélodie.
La troisième solution est venue en fait naturellement.

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1ère étape - La base : (cf. piste 1)

J'ai pris la section des cordes au complet (contrebasse, violoncelle, violon alto et violon) et j'ai simplement plaqué fondamentale Do et quinte Sol sur les différents octaves correspondants à leurs registres.

2ème étape - Le thème : (cf. piste 4)

Comme voulu, j'ai chargé mes vst de cuivres (cor d'harmonie et trombone) pour trouver une mélodie qui soit simple mais efficace.
Do Fa Do Sib... voilà un départ simple mais qui réussi à tous les coups.

3ème étape - Définir le début et la fin du morceau :

Une fois ces quelques notes, autant définir tout de suite les limites de la suite mélodique pour ne pas se retrouver avec une intro de 2 min. J'ai donc défini trois parties : annonce, fermeture, puis grande ouverture. On peut discerner ces trois parties graphiquement sur l'imp. Ec en piste 4.

Une fois cette ligne mélodique adoptée, j'ai changé également les accords de la piste 1 à la fin de l'intro. De Do – Sol (pour Do - Mib – Sol, pour Do mineur) à Do – Fa (pour Fa – La – Do, Fa majeur, 4ème degré, degré qui donne cette ouverture).

4ème étape - Les contrechants : (pistes 7 et 8)

Alors pour cette partie je fonctionne souvent à l'instinct. L'idée est d'étoffer petit à petit cette mélodie en piste 4. Pour se faire et pour respecter mes conditions, (ambiance inquiétante au début du morceau) j'ai pris des cordes (contrebasse et violoncelle), doublées par des bois (contrebasson et basson). J'ai créé deux pistes de contrechants avec ces mêmes instruments pour les différencier.

Aparté :
Petite parenthèse sur ma méthode pour trouver un contrechant. Je suis à la base guitariste jazz et jazz manouche en particulier. Autant dire que j'adore improviser et que j'ai beaucoup plus confiance en mes facultés d'improvisateur qu'en mes compétences à appliquer les règles d'harmonies complexes d'écriture sans faire d'erreurs. Je suis (du verbe suivre) ce que j'ai appris lorsque j'ai étudié la musique pour Big Band (Duke Ellingtion, Count Basie...) pendant mes années de fac de musicologie, à savoir que le plus important, ce n'est pas de faire (comme on nous l'apprend souvent) sonner des accords successifs avec fondamentale/tierce/quinte et autre, mais plutôt de construire une seconde ligne mélodique, qui suit la première sans jamais passer devant celle-ci, tout en essayant de faire le moins de doublons possibles, de toujours se débrouiller pour que les autres notes ne soient pas dans le thème principal.
Chacun sa méthode. Il n'y a pas une méthode mais bien des méthodes. A chacun de la trouver en fonction de ses connaissances. Le principal est d'avoir confiance en celle-ci.

5ème étape – L'automation :
(Modifier le volume, le pitch, la vélocité etc. à tel moment)

Sachant que la base était bonne et me plaisait, j'ai tout de suite optimisé le jeux en jouant avec les automations.

Variation du volume sur les pistes 1 et 4 :
Automation dans Cubase
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)



Variation du volume sur les pistes 7 et 8 :
Automation dans Cubase
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)



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Résumé étapes 1 à 5 : (donc piste 1, 4, 7 et 8)



J'ai donc maintenant ma base : une ambiance (piste 1), une ligne mélodique et harmonique (piste 4) et un ou deux petits contrechants (pistes 7 et 8).

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Pour continuer, je me demande toujours ce qui manque le plus. Dans le cas présent, il manque cruellement de rythme.

6ème étape – donner du rythme : (pistes 12, 13, 14, 15)

Pour en donner rien de tel que quelques cordes en pizz et une harpe.
Alors petites explications :
  • Piste 12 : Harpe Mezzo avec un pan à gauche de 30%, modification de l'attaque pour la rendre plus douce.
  • Piste 13 : Harpe Symph avec un pan à droite de 30 %, modification de l'attaque et léger décalage temporel.
  • Piste 14 : Contrebasse et violoncelle en pizz à gauche de 30%.
  • Piste 15 : Contrebasse et violoncelle en pizz à droite de 30%, avec un léger décalage temporelle et une modification de l'attaque.

7ème étape – toujours à la recherche de rythme : (piste 2)

Rien de tel aussi que des alti et violons (plus une flûte discrète) pour créer un petit rythme lancinant et aérien derrière ces instruments lourds et graves. Ils joueront par répétition quinte – fondamentale puis tierce mineure – fondamentale puis seconde majeure – fondamentale avant de revenir sur fondamentale – quinte afin de suivre la progression du morceau.

Résumé étapes 6 et 7 : (donc pistes 2,12,13,14,15)



Résumé étapes 1 à 7 : (donc pistes 1,2,4,7,8,12,13,14,15)



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Qu'est ce qui manque le plus maintenant ?
Que ce soit plus fourni, il y a beaucoup de place pour d'autres harmonies, ça semble vide.

8ème étape - recherche de nouvelles lignes mélodiques (ou harmoniques) : (pistes 5, 6, 9, 11)

- Première chose, ajouter encore un peu plus de coffre à la mélodie. Pour ça j'ai doublé la piste 4 avec la piste 6 qui contient plusieurs sonorités de cors. J'ai mis un pan gauche 25% à la piste 4 et droite 25% piste 6.

- Ensuite j'ai créé la piste 5, qui reprend les mêmes instruments que la piste 4, afin de créer un contrechant à la fin de l'introduction. Ce qui donne ça : (pistes 4 et 5)



- J'ai ensuite doublé la piste 4 avec des cuivres + les alti et violons. (Piste 9)

Voilà qui nous fait gagner pas mal de puissance pour la fin. Mais on continue.

- La piste 11 est à mon sens une des plus importante pour l'harmonie du morceau. C'est elle qui va lui donner ce petit quelques chose en plus grâce à la tierce majeure dès son entrée. Tierce majeure qui n'est en fait qu'une note de passage pour atteindre le demi-ton suivant, la quarte, mais qui donne un grain particulier, d'autant plus qu'on ne sait pas encore si on est en majeure ou en mineure à ce moment du morceau. On ne le saura que lorsque le thème arrivera sur la tierce mineure, plus tard.
La piste 11 est composée de cordes (contrebasse, violoncelle et alto) et de cuivres (trombone et cor d'harmonie).

Je vous propose d'écouter les deux versions, la première sans la piste 11, la seconde avec (l'entrée se fait à la seconde 16) :

Sans :


Avec :


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Le morceau contient maintenant la plupart des ingrédients, mais maintenant il est temps d'ajouter toutes ces "petites" choses qui n'ont pas l'air importantes comme ça, mais qui donnent de la valeur ajoutée.

9ème étape – De nombreux agréments : (pistes 3, 10, 16, 17, 18, 19, 20)

- On commence par la piste 3, qui ne contient rien de plus qu'un sample bouclé de cordes jouant des trills majeures. On ne peut pas vraiment distinguer la piste dans le morceau, mais sans elle par contre...

- Vient ensuite les bois (piste 16), qui ont un rôle très important également. Ils font fondamentale – quinte durant toute la première et deuxième partie. Puis se déchaînent en triolets durant la troisième partie.

- La cloche (piste 19), très en retrait, permet de donner un style au morceau. Attention toutefois à la laisser bien bien en retrait.

- La piste 20 ensuite, composée de différentes cymbales donne l'élan nécessaire pour donner une réelle impulsion à la fin de l'intro.

- La piste 18, wind chimes, est un effet bien connu pour donner un côté féérique à la composition. Je ne sais pas trop comment décrire cet instrument alors j'envoie un lien wikipedia : Qu'est-ce que le wind chimes ?

- Pour finir, la flûte (piste 17) et les cors, trombones et violons (piste 10) qui donnent un dernier petit sursaut à la fin en jouant fondamentale – quinte de l'accord de 4ème degré FaM.

Résumé de l'étape 9 : (donc pistes 3, 10, 16, 17, 18, 19, 20)



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Quelques conseils :

- Panoramiques :
Je n'ai pas ou peu parlé des panoramiques mais il convient d'y toucher un mot. Pour ma part j'en fais une utilisation quasi systématique sur chaque piste. Il est très important de spatialiser toutes ces tranches d'instruments, de répartir les tessitures.

- Stereo Enhancer :
Pour augmenter cette impression d'espace il peut être utile d'utile un effet tel que M/S pour Mono/Stereo ou le Stereo Enhancer de Cubase sur la tranche master.

- Reverb :
Il faut particulièrement faire attention à avoir une homogénéité concernant la reverb de chaque instrument. En effet chaque banque de son a sa réverb (ou simulateur d'espace) intégrée. Il faut donc être vigilant et parfois la meilleure solution est de n'utiliser que les banques en mode "close", c'est à dire sans effets ajoutés, afin de pouvoir utiliser un seul type de réverb sur chaque tranche instrument. Il en résultera une meilleure homogénéité et un meilleur rendu.

Pour ceux qui veulent aller plus loin avec les paramètres de la reverb :
Article sur les paramètres de la réverb (Audiofanzine)

Et ceux qui veulent tout savoir sur la réverb à convolution :
Article sur la réverb à convolution (Audiofanzine)

- Automation :
Le travail sur l'automation est tout aussi essentiel. De nombreux "apprentis" compositeurs pensent que les vst doivent marcher de suite, sans jouer avec l'automation. Or on ne peut atteindre un très bon réalisme sans toucher à celle-ci.

Voilà j'espère avoir éclairé certains ou certaines d'entre vous avec cet article relativement long. J'ai essayé d'être complet et clair dans mes explications. N'hésitez pas à partager l'article, à donner votre avis ou à poser des questions.

Et merci à Tanguy pour ce blog fantastique.

Guillaume Baron
www.guillaumebaron.com

Fugue pour quatuor à cordes, composée par François Sohm


Dans ce billet, je vous montre une vidéo envoyée par mon collègue François Sohm. Il s'agit d'une fugue composée pour quatuor à cordes, et produite à l'aide de la banque Solo Strings de la Vienna Symphonic Library (Horizon). Elle mériterait d'être interprétée par un vrai quatuor !

On entend bien l'arrivée de chaque instrument (le sujet, la réponse etc...), et les images apportent une petite touche pédagogique qui n'est pas pour me déplaire :)

Pour rappel, la constitution du quatuor à cordes (string quartet), en tant qu'ensemble instrumental :
  • Violon 1
  • Violon 2
  • Alto
  • Violoncelle


Merci à toi François !



Composition musicale et montage vidéo : François Sohm


Oeuvre pour guitare : concours de composition Maurice Ohana


Voici un avis de concours de composition pour guitare lancé par l'Association des Amis de Maurice Ohana, et communiqué par le Centre de documentation de la musique contemporaine (CDMC)

Ce concours (édition 2012) est ouvert à tout le monde (il est international, sans limite d'âge).

Le candidat doit composer une oeuvre pour guitare seule, sous forme de partition sur papier.

Un concours assez original puisque le compositeur devra fournir trois versions de l'oeuvre (suivant une difficulté croissance) qui seront interprétées par des guitaristes de niveaux différents :
  • Niveau facile (durée : 3 minutes)
  • Niveau intermédiaire (4 minutes)
  • Niveau difficile (5 à 6 minutes)
Votre partition pourra faire référence à une oeuvre de Maurice Ohana (on suppose donc que ce n'est pas obligatoire) et devra être envoyée en 3 exemplaires par lettre recommandée avant le 15 septembre 2011 (cachet de la poste faisant foi), à cette adresse:

Concours de composition Maurice Ohana
Conservatoire Maurice Ohana
Rue Jean Baptiste Marcet
BP 112 77 385 Combs-la-Ville Cedex

Pour tout renseignement : bruno.giner(arobase)mairie-combs-la-ville.fr


Ci-dessous, un extrait de "Si le jour paraît" composé par Maurice Ohana.
Interprète : Gaëlle Solal



Visiter le site sur Maurice Ohana



Couleur orchestrale sombre et grave : le crescendo avec des percussions



Les premières images de "Pirate des caraïbes 3" sont très dures, car elles dévoilent une série d’exécutions (dont un jeune garçon).

Il y a dans ce tableau très sombre, un crescendo de percussions (caisse-claire, grosse caisse etc...) qui a attiré mon attention. Il introduit le film avant de revenir de manière récurrente pendant la scène d'exécutions, y compris pendant la chanson "Hoist The Colours" entonnée par le petit garçon quelques secondes avant de mourir...
Liées aux images, ces percussions sont redoutables. Elles annoncent une sombre fatalité et maintiennent la tension jusqu'au dernier plan...


Ci-dessous, on peut écouter "Hoist The Colours" dans lequel
on entend très bien ce fameux crescendo de percussions :







Pour recréer avec l'ordinateur ce crescendo, j'ai utilisé des percussions de la banque de sons True Strike 1 ainsi qu'un son de type "big boomer" du synthé virtuel Omnisphere.

1) Les caisses claires :

J'ai d'abord posé un sample de crescendo suivi par 3 flas (un fla est un coup de caisse claire avec les 2 baguettes en léger décalage). Comme je trouvais le son de crescendo pas assez consistant, je l'ai bêtement doublé par un roulement de tambours :


séquence midi crescendo caisse claire





2) Ajout de la grosse caisse :

Un court crescendo de grosse caisse, suivi de 2 kicks qui permettent d'appuyer les flas 1 et 3 de la caisse claire :

séquence midi crescendo caisse claire





3) Ajout de la timbale :

Idem que la grosse caisse :

séquence midi crescendo caisse claire





4) Ajout de 2 gros boums :

Très cinéma, ce "big boomer" trouvé dans Omnisphere (ce type de sons existe dans d'autres banques). Cela va appuyer complètement les 2 kicks et donner une couleur supplémentaire. Les Big Boomers sont très répandus dans les musiques de films, par exemple en doublure de grosses caisses, toms ou tambours, ou bien seuls... c'est vraiment efficace :

séquence midi crescendo caisse claire





Site pour les musiciens : partitions, instruments, accessoires


Hello les amis, ça fait un bail !

Bon, pour une reprise en douceur, je voudrais vous parler d'un site de partitions et d'accessoires qui existe déjà depuis plusieurs années : Free-Scores

Free-scores.com regroupe :
  • Le téléchargement gratuit de partitions (tous styles et tous instruments)
  • L'achat de partitions des grands maîtres (tous styles et tous instruments)
  • L'achat d'instruments de musique
  • L'achat d'accessoires (sourdine, archet, cordes de guitares etc...)
  • L'achat de logiciels et de matériel (prise de son etc..).

A propos des partoches :

- La zone gratuite est plutôt bien fournie. Je n'ai pas eu le temps de tout parcourir, mais pour quelqu'un qui joue d'un instrument en particulier (violon, piano, trombone etc...) il y a de quoi se faire plaisir. Une très large palette d’instruments y est représentée. Ah, et il y a aussi des scores pour orchestres complets !

- La zone payante est très riche. Pour nous les béophiles, il est possible de se procurer des musiques de Alan Silvestri, John Williams, Hans Zimmer, John Powell etc...
On trouve dans la rubrique Film et TV, de nombreuses partitions pour piano, certes, mais également des partitions pour orchestre (en cliquant au départ sur le lien " grandes formations").

Certaines partitions sont proposées en pré-écoute (en streaming), d'autres sont accompagnées de CD ou DVD. Pratique.

Bonne recherche ;-)

Générique de la série Esprits Criminels


Je voudrais m'attarder quelques instants sur la construction de la musique du générique de Esprits criminels (à priori composée par Steffan Fantini), série policière américaine basée sur le profilage (qui passe actuellement le mercredi soir sur TF1).


Criminal Minds




1) Sous les boucles électro et les FX se profilent 2 thèmes musicaux importants (ci-dessous, en tonalité Sib mineur) :

Esprits Criminels thème principal


1) Thème de 4 notes (portée du bas) :


C'est le thème principal du générique. Il est joué 4 fois de suite en suivant une progression orchestrale. Un son de clavier (du piano et du synthé) pour les deux premiers passages, puis des instruments à attaque douce et notes longues (pad de cordes et peut-être de cors) pour le 3è et le 4è passage (ce dernier étant doublé à l'octave). La thématique est lente, régulière et récurrente. Pas très angoissante, mais assez noire (il s'agit tout de même de scènes de meurtres). Les notes me font un peu penser à celles de Batman.


2) Notes aigües en triolet (portée du haut) :


Le voici, l'effet anxiogène, grâce au leitmotiv redondant, rapide, aigu, presque strident. Typique des films angoissants (L'exorciste, Halloween, Child's play...). Là aussi, le compositeur suit une progression instrumentale. ça commence par du piano, puis c'est doublé par des cordes vers le milieu, là où l'orchestration du morceau se développe. Ce leitmotiv est sans doute comparable à une orchestration de second plan. J'aime beaucoup l'effet.


3) Puis, la ligne de basse (et l'harmonie qui en découle). Elle me paraît intéressante sans être pour autant révolutionnaire. Cela dit, le passage sur le Réb (avant de revenir en Sib mineur) m'a agréablement surpris à la première écoute.

4) Ensuite, l'habillage électro : une grosse partie finalement pour le compositeur du 21è siècle... ça va renforcer le rythme, la couleur, la consistance... le compositeur a su utiliser les ingrédients actuels : une superposition de couches électro travaillées, et de nombreux FX qui viennent ponctuer les changements de plans. C'est très efficace même si c'est dans l'air du temps. Quand je dois faire une musique de ce genre, c'est la phase qui me prend le plus de temps. Bien sûr, ce n'est pas le cas de tous les compositeurs.

5) Enfin, l'accord final, un peu précipité à cause du minuscule timing laissé à Steffan Fantini. On sent qu'il est temps de conclure rapidement sur la photo de famille, avec un accord stable et puissant (mais sans excès héroïque). Cela donne un générique assez court et facile à se remémorer, comme la plupart des séries policières et médicales. D'ailleurs, ça me donne une idée. Prochainement je ferai un blind test musical sur les séries TV, pour démasquer ceux qui passent plus de temps devant "Les Experts" que devant leur séquenceur (ou leur papier à musique)... :)

Exercice rythmique. Ressentir la pulsation.


Dites, ça ne vous est jamais arrivé d'entendre l'intro d'une chanson (ou d'un instrumental) au cours de laquelle vous pronostiquez la pulsation et... manque de bol, quand la rythmique complète démarre, vous vous apercevez que vous êtes un peu à côté de la plaque (je ne suis pas le seul à qui ça arrive, j'espère...)

Un exemple frappant est le début de la chanson "These boots are made for walking" de La grande Sophie.

En effet, ça commence par une guitare électrique qui répète un motif de 3 noires.
Au premier abord, ça ressemble à du 3/4, la note la plus grave marquant le permier temps de chaque mesure :

Intro These boots are made for walking


Plaçons maintenant cette même mélodie dans une portée avec une signature 2/4 (bin oui, c'est pas interdit) :

Intro These boots are made for walking


Ensuite, écoutons 2 fois l'extrait mp3 ci-dessous.
Une première fois en se référant à la portée en 3/4; et la deuxième fois en se référant à la portée en 2/4.

La grande Sophie :


Pas de doute, la chanson est bien écrite en 2/4. On le devine d'abord lorsque la voix se fait entendre. Puis arrive la guitare acoustique qui vient confirmer le rythme binaire.

En fait, si j'imagine le motif de guitare électrique joué en valse (en appuyant une note sur 3), il me parait assez fluide, lié, gentil (André Rieu). Tandis que joué en binaire (en appuyant une note sur 2), on ressent un petit côté accidenté (syncopé) qui correspond plus au style pop-rock (La grande Sophie). Pour la petite histoire, il serait intéressant de demander au groupe la manière dont ils ont construit cette chanson. Chronologiquement, on pourrait très bien envisager que l'intro en forme de rythme ternaire a été rajoutée à la fin. Peut-être, peut-être pas...


Pour en revenir au "ressenti", je vous ai concocté un exercice de pulsation que je trouve amusant. Il s'agit de 4 rythmes différents, synchronisés sur un seul et unique battement stable et régulier. En utilisant votre doigt, vous devez d'une part suivre le son de métronome sans décrocher, et d'autre part, essayer de ressentir chacun des rythmes en arrière plan. Vous verrez que selon le rythme, vous aurez tendance à battre la mesure de manière différente (appuyée, swinguée, légère, en balancement etc...). Et pourtant, il a toujours la même fréquence. Pour bien ressentir les rythmiques (surtout la 2 et la 4), aidez-vous de votre corps.

Synchronisez votre doigt sur le son du métronome :


Je pense que les personnes qui aiment la danse, feront cet exercice les doigts dans le nez :))

Fichiers MIDI des grands classiques de la musique de John Williams


Il est beaucoup question de John Williams en ce moment sur ce blog. Cela vient du fait qu'en faisant des recherches pour un billet, je tombe généralement sur des pages qui traitent du même sujet et sur lesquelles, je découvre des choses à partager.

Ainsi, en cherchant des infos sur les fils de John Williams, hier (cf billet Mark et Joseph Williams), je suis tombé sur une page intéressante qui propose plus de 300 fichiers .mid de musiques du maestro.

Il y a pas mal de fichiers en doubles ou en triples (provenant de transcripteurs différents) plus ou moins bien réussis, mais l'offre est tout de même gigantesque !
(The planet Krypton, Hagrid the professor, Midway March, Anakin Theme, Duel of the fates, Jurassic Parc Gates, Scherzo for motorcycle, The raiders march, E.T. End credit... etc... etc...)

Accéder à la bibliothèque de midi files spéciale John Williams
(cliquer ensuite sur la rubrique Fichiers MIDI).

Ensuite, vous pourrez importer le .mid dans votre séquenceur favori et le faire jouer par de meilleurs samples (attention, il ne suffit pas d'assigner une banque de sons professionnelle devant chaque partie pour que ça sonne comme en vrai, mais ce sera quand même meilleurs que les petits instruments midi de la carte son).

C'est aussi l'occasion d'étudier l'orchestration à la loupe.

Doubler les cordes pour donner plus de profondeur


Il y a 2 ans environ, j'ai écrit un billet sur les doublures. Hélas, j'ai dû mettre l'article off-line car j'ai supprimé de mon serveur par inadvertance quelques extraits sonores (extraits non sauvgardés sur mon PC, prévoyant que je suis).

Aujourd'hui, je reviens avec un exemple sur les doublures (à partir d'une mélodie de violons). L'article n'est pas aussi complet que l'ancien, mais il est intéressant pour les musiciens qui manipulent les samples orchestraux et qui n'osent pas doubler.

Partons de ce joli thème (composé jadis par un vieil ami), joué par les seconds violons, et par mon ordinateur :

E.T Main Theme (John Williams) :


La mélodie est belle, mais elle manque d'expressivité et de profondeur. Afin de lui donner plus de présence et une plus belle couleur, John a eu la brillante idée de la doubler plusieurs fois :
  • Une doublure à l'unisson par une clarinette
  • Une doublure à l'octave supérieure par les premiers violons
  • Une doublure à l'octave inférieure par les violoncelles et une clarinette
Ce qui donne :

E.T Main Theme (encore John Williams) :



Note : la mélodie est probablement doublée par les altos aussi.

Dans le séquenceur, c'est très simple, il suffit de copier-coller la séquence midi des violons II vers les autres instruments. On décale quelques notes de quelques millimètres, on change quelques expressions, nuances, la panoramique... et ça ne prend que quelques minutes.

Evidemment, il n'est pas question de tomber dans l'excès et de tout doubler systématiquement. Mais disons que certaines doublures bien placées apporteront à vos thèmes de l'expressivité et de la consistance... et bien sûr de nouvelles couleurs !

Comment trouver une tonalité ?


Bien qu'il soit un bon parolier, cet artiste connaît-il sur le bout des doigts chaque terme grammatical de la langue française ?

Dans la phrase ci-dessus, la proposition "Bien qu'il soit un bon parolier" est une subordonnée circonstancielle concessive (ha ha, ça vous épate..).

Ok, c'est super, mais quelle sera la réaction du parolier si je viens lui dire :
- j'adore ce que vous faites, surtout quand vous utilisez des propositions subordonnées circonstancielles concessives dans vos chansons ! c'est vachement bien vu !

Ne va-t-il pas rire doucement, et rétorquer qu'il n'a pas franchement idée de ce que c'est, mais qu'en revanche les mots et les phrases se posent naturellement sur le papier, au gré de l'inspiration ?
Faut voir.

Au risque de passer pour un méchant rebelle (à la Mister Bark), je ne me pose pas vraiment de questions quand je fais de la musique. Je place mes notes : si j'aime je garde, si je n'aime pas, je jette.
Du vocabulaire, il en faut c'est indéniable, ne serait-ce que pour enseigner la musique (un accord, une portée, une levée), mais dans les manuels on trouve tellement de mots savants pour expliquer des choses simples que je me demande si ce n'est pas exagéré.

Ci-dessous, un petit exercice pour ceux qui le souhaitent (il m'est venu en écrivant le post sur Vladimir Cosma).
Le premier accord est un do majeur. Qui peut me dire dans quelle tonalité est la musique ? Pour moi la réponse est évidente, mais je ne saurai pas vraiment dire pourquoi. Je le sais comme on sait que le rouge est rouge, et que le froid est froid :



N'hésitez pas à donner vos explications dans les commentaires. Comment êtes vous parvenu à connaître la tonalité de cet extrait ?

Créer un son des années 20


De temps en temps, pour reproduire une couleur musicale qui rappelle de vieux morceaux j'aime bien doubler de la clarinette par un son de trompette bouchée (sourdine, mais pas trop de fréquences aiguës). ça donne quelque chose dans le style "canard qui tousse" mais c'est assez nostalgique je trouve.

Avec une rythmique charleston en arrière plan, ça rappelle le bon vieux temps des années folles... quand mon grand-père n'était encore qu'un gamin.

Dans l'extrait suivant, 4 passages successifs :
  1. Piano (Halion One)
  2. Piano + clarinette (Synful)
  3. Piano + clarinette + trompette sourdine (je ne sais plus d'où vient ce sample)
  4. Exemple dans un mix (dansons la capucine)



Apprendre charleston

Une astuce pour changer de tonalité sans prendre de risque


Un petit truc tout bête que j'utilise régulièrement pour changer de tonalité, c'est de conserver une note du dernier accord de la tonalité 1, et faire en sorte qu'on retrouve cette note dans le premier accord de la tonalité 2.

Par exemple, je termine une phrase sur un accord de SOL majeur (notes sol-si-), je peux embrayer sur un accord de SIB majeur (notes sib--fa) pour démarrer une autre phrase musicale. C'est la note ré qui est en commun.

D'ailleurs, je me suis livré à un petit exercice : je joue du piano dans une tonalité de LA mineur et j'arrive sur un accord de Sol majeur (qui est très commun dans la tonalité de LA mineur). J'ai donc les doigts qui enfoncent les notes sol-si-ré...

Et là je me dis comme ça : "tiens, aujourd'hui je suis de bonne humeur, je tenterais bien un changement de tonalité (soyons fou !)". Je vais appliquer ma méthode de transition qui consiste à conserver une note.

Donc, en partant de l'accord de SOL majeur (notes sol-si-ré) :
  • Je décide de conserver la note sol (flèche bleue)
    je peux jouer un accord de MIB majeur (notes mib-sol-sib)

    Enchainement d'accords : LAm MIm SOL (bis) ---> MIb SOLm (bis)



  • Je décide de conserver la note si (flèche rouge)
    je peux jouer un accord de SI mineur (notes si-ré-fa#)

    Enchainement d'accords : LAm MIm SOL (bis) ---> SIm DO# (bis)



  • Je décide de conserver la note ré (flèche verte)
    je peux jouer un accord de SIB majeur (notes sib--fa)

    Enchainement d'accords : LAm MIm SOL (bis) ---> SIb REm (bis)



Transition d'accords


L'astuce, c'est que l'oreille humaine va entendre dans le changement de tonalité, une note commune : une empreinte auditive qui va permettre une transition tout en douceur.
Il existe bien sûr d'autres manières de changer de tonalité (je montrerai quelques exemples dans un autre billet).

Ajouter une attaque sur un son grave. Par exemple avec des timbales, des cloches tubulaires, un son de piano etc...


Un petit effet très basique et certainement très utilisé, est d'ajouter une note de percussion sur un son qui a une attaque ample et molle. Je pense par exemple à une note dans les graves, comme ci-dessous. Contrebasses + Tuba + accord dissonant de trombones :




Si j'ajoute une timbale, je vais obtenir une accroche plus franche qui va permettre à la pose de sons de mieux se distinguer.
Contrebasses + Tuba + accord dissonant de trombones + timbales :




En rajoutant un son de cloches tubulaires, je vais obtenir une attaque plus limpide, et puis ça va apporter un petit côté à la fois mystérieux et solennel (très cinématographique).
Contrebasses + tuba + accord dissonant de trombones + timbales + cloches tubulaires :




Cloches Tubulaires
Cloches tubulaires


Une attaque avec une note de piano a également un bel effet.

Bien sûr, créer une attaque franche n'a rien d'obligatoire. C'est selon ce que vous souhaitez apporter comme sentiment, en fonction des images ou de vos goûts personnels. J'entends souvent cette cloche tubulaire quand je regarde la TV, j'avoue que c'est un son qui me plait bien :)

Enchainement d'accords par intervalles de 6 demi-tons


Pour donner un petit effet cinéma, genre gros film d'aventure à la Stargate, j'aime bien enchainer des accords majeurs par translation de 3 tons (= 6 demi-tons).

Attention, ici je parle précisément d'un "déplacement" entre 2 accords, ce qui n'a rien à voir avec l'accord de triton (l'accord satanique) qui contient au moins 2 notes ayant 6 demi-tons d'intervalle.

En fait, c'est simple, si je pars d'un accord de FA MAJEUR (notes fa-la-do) et que je le déplace vers le haut ou vers le bas de 6 demi-tons, je tombe sur un accord de SI MAJEUR (notes si-ré#-fa#). Et s'il me vient l'envie de continuer ma progression (nouvelle translation de 6 demi-tons, dans la même direction), je retombe sur un FA MAJEUR (logique, puisque la gamme comporte 12 demi-tons). Ce qui donne une sorte de mouvement sans fin : FA Maj / SI Maj / FA Maj / SI Maj / FA Maj etc...

Bien entendu, cet enchainement est valable à partir de n'importe quel accord majeur :
FA - SI - FA - SI - FA - Si ...
DO - FA# - DO - FA# - DO ...
MI - SIb - MI - SIb - MI - SIb ...
MIb - LA - MIb - LA - MIb - LA ...
Etc...

L'exemple sonore suivant montre un enchainement d'accords DO maj - FA# maj :
(1er passage : accords à l'état fondamental / 2è passage avec qq accords reversés)



Certes, ce n'est pas encore Stargate...


Observons maintenant ce même enchainement, de manière orchestrée : DO - FA# - DO - FA# ... puis Mib - LA - Mib - LA... en y ajoutant une mélodie jouée par un hautbois, cela donne le début du générique du dessin animé "L'histoire sans fin" qui passe actuellement sur Gullli (je cherche le nom du compositeur).


L'histoire sans fin

Donc là, on ressent pas mal le côté Aventure / Mystérieux, avec des paysages grandioses et un chien barbu qui vole etc... (prenez le temps de regarder Gulli cette nuit à 2h30 ou demain matin à 8h15, vous verrez.)


On peut aussi enchainer ces accords en faisant des arpèges :


Flach MacQueen

Le côté grandiose est là, plus fanfaresque que dans "L'histoire sans fin" mais aussi plus optimiste. On retrouve ce type d'enchainement dans le début du film d'animation "Cars" (BO de Randy Newman). Merci à Alex pour l'info ;-)


Note : Les exemples sonores ci-dessus sont réalisés par mes soins, à l'aide de Cubase 5, Edirol Orchestra et East West Symphonic Orchestra (je le mentionne pour les internautes qui me demandent souvent quels logiciels de musique j'utilise).

Les premières notes de la gamme mineure : quelques exemples extraits de bandes originales


En musique orchestrale, il n'est pas rare qu'un instrument fasse naturellement une montée en escalier, en suivant la gamme mineure (tout du moins les 4 ou 5 premières notes de cette gamme). J'ai toujours pensé que cette montée reflétait une solution de facilité chez les jeunes compositeurs (moi aussi, je le fais souvent).

Et puis finalement, j'ai entendu cette montée chez Craig Armstrong, chez Howard Shore, et même chez John Williams... La différence étant peut-être dans la richesse de l'arrangement (choix de l'harmonie, de l'instrumentation, des plans d'orchestration)


Plunkett et MacLeane (Craig Armstrong) :


Dans cet extrait, la montée en mineur est faite par les cors français (ré mi fa sol si la...), sur un tapis orchestral martial (temps acentués avec les cordes et les timbales) et une rythmique électro.

Petit exercice : 3 accompagnements différents :

Dans l'extrait suivant, je vais partir sur les 4 premières notes d'une gamme mineure. Pour se faire, j'utilise un loop de guitare Funky (qui est, je trouve, plus approprié à la période estivale que nous vivons en ce moment, ambiance camping, boite de night etc...).
Ensuite j'effectue trois passages avec le même type d'orchestration (Basse + batterie RMX + accords plaqués de cordes et de cors), mais avec trois harmonisations différentes :


  • 1er passage : harmonisation plutôt classique, discrète, douce...
  • 2ème passage : plus osé, avec un mouvement en quintes parralèlles
  • 3ème passage : plus pimenté, avec une petite modulation (on va changer de tonalité un court instant, alors que la montée des 4 notes ne change pas). On retrouve cet exemple dans Matrix Reloaded.

Et maintenant quelques exemples issus de bandes originales de films :

La liste de Schindler (John Williams) :


Une marche tout en crescendo, avec un petit effet oppressant. Le compositeur va même utiliser 6 notes d'affilée (bravo à toi John).


Trace (Tanguy Follio) :


Tapis de cordes avec piano doux rythmé. L'escalier en mineur (par les violoncelles) fait d'abord un mouvement de va et vient, puis monte vers un changement de tonalité.


The Score (Howard Shore) :


Tout en mouvement de quintes consécutives (omniprésentes dans la BO)


Matrix Reloaded (Rob Dougan) :


Evidement, on ne peut passer outre la musique de Rob Dougan quand on évoque une montée en gamme mineure... Un thème (Clubbed to Death et Furious Angels) mainte fois entendu, repris dans le film Matrix, utilisé dans moultes reportages sur M6 ou encore dans la plupart des spectacles de danse ... on peut aussi l'écouter tous les matins pour se donner la patate !)