Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Avec quel logiciel écrire une partition ?


Le séquenceur et les banques de sons d'orchestre symphonique, pour composer et produire de la musique de film chez soi (en home studio)




"Cher Tanguy, bravo pour votre musique qui me touche beaucoup. Je suis moi même un jeune compositeur et j'aimerais me lancer dans la musique pour l'image. Pourriez vous me dire quel matériel utiliser pour composer de la musique de film afin de démarcher des boites de production ? Merci pour votre réponse
Harry Cossec, de Brunoy (91) "

Cher Harry, Merci pour votre mail ! Je suppose que le mot "composer" signifie "produire" (qu'à la fin, il y ait une musique qui s'écoute, comme un cd audio ou un mp3) et que "musique de film" sous entend "musique orchestrale symphonique"

Ce qui est sûr, c'est que bon nombre de producteurs et réalisateurs ne sont pas forcément des mélomanes avertis ou des experts en musique. Pour eux, un bon son est souvent mieux accueilli qu'une belle écriture orchestrale (c'est triste mais c'est ainsi). C'est pourquoi, avant de prospecter, il faudra "produire" des maquettes correctes. Pour se faire, il y a 2 possibilités :

L'écriture classique (feuille de papier ou logiciel de notation) s'adresse aux musiciens qui aiment écrire directement les notes sur une partition. Pour composer les thèmes et les arrangements, ils utilisent (ou pas) un instrument de musique (piano, guitare, violon etc...). Puis ils harmonisent et orchestrent directement dans la partition. Cette dernière étant destinée à être jouée par un orchestre (souvent composé de bénévoles ou d'amis musiciens car le jeune compositeur qui cherche à démarcher les producteurs n'a pas le budget nécessaire pour payer un orchestre professionnel).
Ensuite vient la phase de l'enregistrement de l'orchestre pour avoir un résultat sonore sur support audio (la qualité de la prise de son dépendra aussi du budget initial).

Exemple de logiciels de notation (éditeurs de partition) : Finale, Sibelius, Encore


La musique assistée par ordinateur vous fera économiser un orchestre, mais requiert l'achat d'un minimum de matériel et logiciels informatiques.
Concernant le matériel (hardware), il faut d'abord un ordinateur qui dispose d'une grande mémoire vive (RAM) et d'un gros disque dur (pour stocker les banques de sons). Ensuite, une carte son capable de lire simultanément plusieurs pistes audio. Une carte son compatible soundblaster moyen de gamme est suffisante (je dispose actuellement d'une carte son "audigy" de chez Creative). Eventuellement : un clavier MIDI (piano numérique, clavier de commande, synthé) qui permet de rentrer les notes dans l'ordinateur en jouant la mélodie, mais ce n'est pas indispensable. Parcontre, si votre home studio se compose uniquement d'un ordinateur, il est important d'avoir de bonnes écoutes pour le mixage (des enceintes qui restituent un son brut et non une chaine hi-fi qui arrondi et embelli le son).

Du côté des logiciels (software), il faut utiliser un séquenceur. Il permet d'entrer la partition, piste par piste, à l'aide de petits rectangles (qui remplacent les notes de musique du solfège que l'on observe sur une partition classique). Les séquenceurs les plus connus sont Cubase, Logic Audio, Cakewalk, Digital Performer, Pro Tools. En plus, vous pouvez y importer une vidéo (très pratique pour composer à l'image).

Ensuite, viennent les fameuses banques de sons d'orchestre symphonique ! Elles viennent se greffer sous forme de plug-in VSTi (instruments virtuels que l'on charge dans le séquenceur) et apportent une quantité d'instruments réalistes (violons, trompettes, timbales etc...). Il s'agit de samples : cela signifie que le son a été enregistré à partir d'un vrai instrument. Si vous jouez un ré avec un sample de violon, c'est comme si un vrai violon jouait un ré. Parcontre, lorsque l'on enchaine les notes, le résultat sonne moins bien que si c'était un enchainement joué par un instrument, car, dans un séquenceur, il est difficile de retranscire le jeu d'un instrumentiste (qui est très subtil et riche en émotion). Nous échangerons, dans un prochain billet, quelques astuces pour apporter de la chaleur et de l'authenticité à une musique faite sur ordinateur.

Les banques de sons d'orchestre symphonique les plus en vogue actuellement (début 2008)
  • EastWest Quantum Leap Symphonic Orchestra
  • EastWest Quantum Leap Symphonic Choirs (pour les choeurs)
  • Vienna Symphonic Library (VSL)
  • MOTU Symphonic Instrument
  • Garritan Personnal Orchestra (GPO)
  • Project Sam
  • Banques de "soundfonts" disponibles gratuitement sur la toile
Les banques de sons de EastWest ainsi que la VSL (actuelle) et celle de MOTU s'intègrent directement dans le séquenceur avec leur propre lecteur d'échantillon (sampler).
En outre, les banques de sons Sam Project et GPO, ainsi que les soundfonts, nécessitent un sampler virtuel (Gigastudio, Halion Kontakt etc.) pour être lues.
Tout ce petit monde s'intègre très facilement dans le séquenceur sous forme de plug-in VSTI (Virtual Studio Technologic Instrument). Ce sont des instruments virtuels quoi...

Cubase et Halion

Halion 3 : un sampler virtuel
chargé en tant que VSTI dans le séquenceur Cubase SX

(Chez moi, il lit la Vienna Symphonic Library convertie au format Halion)


Un petit mot sur le synthétiseur Synful qui modélise les sons d'instruments symphoniques (à partir de petits samples) et qui permet de programmer dans le séquenceur des phrasés réalistes. Une technologie à suivre de très près, pour la légèreté des samples et le réalisme du jeu de l'instrumentiste).

Biensûr, la MAO n'empêche pas de faire intervenir de vrais instruments dans une oeuvre. Car l'ordinateur fait également office d'enregistreur multipiste numérique (il faut pour cela un séquenceur MIDI et Audio).

Le MIDI permet de faire jouer les instruments virtuels (banques de sons...)
L'audio permet d'intégrer des éléments extérieurs (Voix, Instruments réels, en utilsant un micro).

Enfin, le mixage et le mastering (traitement audio qui permet d'optimiser votre musique) se font dans le séquenceur. Au final, il vous permet d'exporter votre musique sous forme d'un fichier audio (wav, aif, mp3 etc...). Voilà donc de quoi faire une belle maquette !

Sur ce lien, un billet consacré à la recherche de producteurs et de réalisateurs

Pourquoi ne par lire aussi :


Trucs et astuces sur l'éditeur de partition Finale. Un blog en français créé par un professionnel de la gravure musicale.


Finale est un logiciel professionnel qui permet d'éditer des partitions dignes de ce nom (conducteurs, partitions pour piano, parties séparées pour chaque instrument). Comme il s'agit d'un logiciel performant, il offre des fonctions très pointues pas toujours faciles à manipuler, surtout pour des compositeurs qui ne l'utilisent pas tous les jours.

Je vous invite à visiter d'une part le forum dédié à Finale où pas mal de gens répondent rapidement à vos questions.

Et d'autre part, le blog a jp's view qui consacre une rubrique spéciale à Finale 2008 sous forme de tips (trucs et astuces). L'auteur de ce Blog (Jean-Paul Gilles) est un professionnel de l'édition et de la gravure musicale (mise en page de la musique).

Deux en un : séquenceur et éditeur de partitions


J'écris un petit billet sur ce sujet, suite à la question judicieuse posée par Damien A : "Existe-t-il un logiciel assez puissant qui fasse les 2 à la fois, c'est à dire écrire des partitions dans les moindres détails comme Finale tout en ayant des banques de sons très proches de la réalité (comme en sont pourvus les séquenceurs) ?"

A priori, on s'en approche, même si ce n'est pas encore très concluant.

Du côté des séquenceurs :
La plupart des séquenceurs professionnels comme Cubase ou Logic offrent la possibilité de convertir la séquence MIDI en partition directement dans le logiciel. La conversion prend en compte "automatiquement" la hauteur et la durée des notes, la mesure (4/4 3/4 etc...), et le tempo, ainsi que le nom de chaque instrument qui correspond au nom de chaque piste midi. Peut-être aussi l'armature (tonalité sol majeur etc...) mais je ne suis pas sûr...

A priori, les fonctions automatiques de conversion s'arrêtent là. Ce qui signifie qu'il faut ensuite écrire "manuellement" à la souris toutes les notations telles que les articulations (notes piquées, notes longues, accents...), les lignes avancées (liaisons, crescendo, glissando ....) les expressions (pianissimo, forte, Allegro...), les techniques d'instruments (pizzicato, arco, mute ...) les triolets, les appogiatures etc...
Sans oublier qu'il faut passer du temps à nettoyer la séquence midi (quantification, répartition de chaque instrument sur des pistes midi différentes ... voir le billet sur le score preparator).

Pour ceux qui préfèrent travailler avec des notes plutôt qu'avec des petits rectangles, il est possible de rentrer directement les notes en pas à pas dans la fenêtre "partition" du séquenceur.

Malgré tous les progrès apportés à la fonction "score editor" par les constructeurs de séquenceurs, l'outil de mise en page des partitions me paraît assez laborieux et pas toujours performant ni ergonomique. Cela dit, je ne veux pas prendre mon cas pour une généralité car certains compositeurs adoptent ce système et s'en sortent très bien.

Du côté de l'éditeur de partition Finale (malheureusement je ne connais pas les autres éditeurs) :
Les nouvelles moutures (à partir de la version 2006) permettent de faire jouer les notes par une banque de sons plutôt réaliste : GPO (Garritan Personal Orchestra) un peu fade à mon goût mais 20 fois plus réaliste que les sons MIDI habituels de la carte son !
Un lecteur d'échantillons qui s'appelle KONTAKT (par Native Instruments) est intégré au logiciel. Il suffit d'indiquer à Finale que l'on souhaite faire jouer les notes par ce lecteur et le tour est joué. Je ne connais pas bien toutes les possibilités mais je crois qu'il est possible, par exemple, d'indiquer un trémolo ou un pizzicato sur une note et qu'alors un sample de trémolo ou de pizzicato se déclenche (à vérifier cependant). Le chargement de Kontakt et des samples est assez gourmand en ressources, mais c'est tout de même plus agréable de composer avec des sons réalistes. Cela dit, ça reste essentiellement un outil dédié à la composition et l'écriture de partitions mais pas à la production.

Tout dépend de votre objectif :
Pour créer un "produit fini" qui s'écoute dans un lecteur de salon, il n'y a pas de mystères : Finale ne proposant pas de fonctionnalités comme la console de mixage, les insertions d'effets, le multipiste audio (une seule piste audio pour le moment, donc pas de superposition possible de boucles de rythmes, voix, instruments extérieurs), il vaut mieux passer par un séquenceur MIDI-Audio. etc...

Pour composer une œuvre en vue d'une interprétation par une formation instrumentale, le choix de l'éditeur de partitions combiné à une banque d'échantillons comme GPO me parait être la meilleure solution.

La musique de film : une passion... un travail.


Voilà, Ces derniers temps, j'ai beaucoup discuté avec d'autres compositeurs qui souhaitent faire carrière dans la musique pour l'image. Les influences de chacun sont diverses, de Hans Zimmer à Maurice Ravel en passant par Philippe Glass, mais les questions abordées, elles, sont toujours récurentes :

Quel matériel utiliser ? quelle méthode pour écrire ? comment étudier l'orchestration ? comment se faire connaître ? quel salaire demander ? quel est le statut du compositeur ? etc..

Comme, au vu des projets musicaux qui se préparent à l'horizon, l'année 2008 sera probablement placée sous le signe du travail, j'ai décidé de créer mon propre blog autour du thème de la composition de musique de film, pour partager avec vous mes expériences (bonnes ou mauvaises), mes goûts et mes envies.

Tanguy

Leonard Bernstein dirigeant avec passion la deuxième symphonie de Gustav Mahler : Résurrection


Une petite vidéo recommandée par le maestro Bernhard Elsner, pour se rendre compte à quel point un chef d'orchestre peut vivre pleinement la musique qu'il dirige. Dans cet extrait (le final de "Résurrection" de Mahler), l'implication de Leonard Bernstein est fascinante :




Note de Bernhard :

le texte chanté est "Sterben werd' ich um zu leben" (vais-je mourir pour vivre)... On dirait que Bernstein le vit vraiment.
Il y a 10 cors dans l'orchestre ! A un moment donné on les voit pointer leurs instruments vers le haut, comme demandé dans la partition.

Préparateur de partitions (score preparator), un métier lié à la musique de film.


Le préparateur de partitions (score preparator), quand il existe, intervient avant l'orchestrateur. Il facilite grandement la tâche du compositeur en travaillant à partir d'une session (Cubase, Digital performer etc.) permettant à l'orchestrateur de disposer d'une partition "propre" pour travailler. Le préparateur de partitions collabore donc essentiellement avec des compositeurs qui utilisent l'informatique musicale.

Lorsqu'un compositeur soumet une belle maquette à un réalisateur, le séquenceur, lui, présente une partition MIDI d'une clarté plus ou moins douteuse :
  • les notes ne sont pas forcément quantifiées
  • Il y a des keyswitch qui trainent
  • Les durées des notes ne respectent pas forcément la grille de division rythmique
  • Une même section de cuivres (par exemple) peut-être utilisée sur une seule piste midi
  • Le compositeur peut utiliser plusieurs pistes midi pour un seul phrasé etc...
Avez-vous déjà eu l'occasion d'exporter votre séquence MIDI dans un éditeur de partition ?
On rencontre parfois bien des surprises.

Prenons le cas d'une séquence MIDI (avec violons 1 et violons 2 dans la même piste)

séquence midi sur Cubase

En exportant ces notes dans une éditeur de partition, cela donnera probablement ceci :

notes dans un éditeur de partition

Débrouilles toi avec ça, coco....


Le compositeur va donc confier sa session (Cubase, Logic etc...) avec la maquette audio en guise de repère, au préparateur de partitions. Ce dernier effectuera un nettoyage complet et carré de la séquence midi (quantifications, éclatement des parties, suppression des keyswitch etc...) et fera le transfert dans l'éditeur de partition. Selon les cas, il pourra apporter un premier travail de notation orchestrale comme la mise en place de certains signes, des nuances, des trilles et trémolos etc... un gain de temps considérable qui permettra au compositeur de se consacrer à sa musique.


notes dans Finale

Après le passage du préparateur de partitions, on y voit déjà plus clair...


Note : tout comme l'orchestrateur, le préparateur de partitions intervient sur le conducteur (pas les parties séparées dont la gestion est confiée au copiste).


Les Sites de l'Annuaire

  • RoMaEs, arrangements, remixage, compositions diverses, musique électronique.
    Fou de musique, depuis la découverte de Depeche Mode en 1989, je mixe d'abord avec mon lecteur cassette (le pauvre ne s'en est pas remis) puis investis dans mon premier séquenceur Yamaha sur lequel je me familiarise avec le programmation. Plusieurs séquenceurs plus tard, l'informatique arrive dans ma vie, et c'est sur Sonar que je fais mes classes. Je fais alors une formation au Studio Alkymia à Blagnac, sur le mixage, la prise en main du logiciel supreme : Logic, la prise de son (petit clin d'oeil aux Wallace & Groov'it) et le fonctionnement d'un studio d'enregistrement, avec les bus, les envois, les retours et tout le tintouin (avis aux connaisseurs). Depuis j'ai réalisé pas mal de remix (dont le remix vainqueur du concours organisé par Michal de la Star Académie 3 (en écoute sur mon site) et un qui a été signé chez Pure Substance pour Marrocco "Hirollers". J'ai réalisé la musique d'une bande annonce pour une BD (Moksha) en écoute (et visible) sur mon site et mon Myspace. Ensuite l'avenir nous dira le reste ......
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    Catégorie > Arrangeur > Remixeur

    (http://romaes.free.fr)

  • Seroan auteur compositeur interprète
    Je m’appelle Seroan, je suis auteur-compositeur-interprète. Avant de devenir interprète de mes propres chansons, j’ai toujours voulu écrire et composer pour les autres. J’ai donc aujourd’hui mon propre répertoire mais également une bonne centaine d’œuvres dans mes tiroirs. J’ai constitué un groupe pop rock avec lequel j’ai tourné quelques temps et je suis à présent parolier pour une équipe de compositeurs- arrangeurs- producteurs dont on devrait entendre parler rapidement. Mes chansons dénoncent avec dérision notre condition humaine en mettant le doigt sur des petits détails de la vie. Mon message : « voir les choses sous un autre angle pour que l’aventure soit encore possible ». Du pop rock mélodique au service de l’humain…
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    Catégorie > Chanteur > Auteur

    (http://www.myspace.com/seroan71)

  • Tanguy Follio, compositeur de musique pour le cinéma
    Je compose de la musique de film, du piano intime au tutti orchestral en passant par l'électro et l'habillage musical. Bien qu'entièrement ouvert à tout style de musique (classique, rock, celtique, techno, lounge etc), je me spécialise dans le registre électro-orchestral, mêlant des orchestrations symphoniques à des rythmiques et nappes électroniques (percussions, guitares, synthés, sounds fx). En général, je produis mes musiques à l'aide de banques de sons d'orchestres symphoniques et divers samplers. En fonction du budget, des besoins et des délais, je peux écrire pour une formation orchestrale réelle (composition arrangement et orchestrations) et fournir les partitions (conducteur et parties séparées).
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    Catégorie > Compositeur > Musique de film et cinéma > Musique électro-orchestrale

    (http://tanguyfollio.free.fr)

  • REMY DEROCHE - RD RECORDS (electro house)
    Originaire de Champagne Ardennes, Rémy Deroche a découvert sa passion pour la musique électronique en 1993, d’abord fan de Trance Goa et d’ambiente, il enregistre toutes les émissions de TranceMax et du Starsystem sur Fun Radio, puis il y découvre les Daft Punk qui feront fureur un peu plus tard dans les salles du TapToo à Epernay dans les années 90, ensuite c’est l’arrivée des sons belges et de l’époque Bonzaî ! Il suivra toujours l’évolution contemporaine du monde de la nuit. Rémy quitte le cocoon parental à 17 ans et découvre les joies du travail et des moments moins drôles. Malgré cela il sera soutenu par sa détermination à aller danser autant que possible avec son frère qui lui est passionné d’informatique, il lui installera d’ailleurs son premier logiciel, puis voyant que des premiers sons concordaient, il s’est forgé cette passion sans vraiment en parler, cela a continué 10 ans jusqu’au jour où il décide de partager ses créations sur le net. Durant l’été 2007 il compose un Hymne pour la génération « Tecktonik », et y glisse sa propre voix, les téléchargements vont bon train et c’est le début d’une folle aventure à la conquête de la DanceFloor. CONTACT: remyital@hotmail.fr
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    Catégorie > Compositeur > Identité sonore

    (http://www.wat.tv/deroche)

  • Vincent Michel, Compositeur
    Né en 1959 d’une mère diagnostiquée « schizophrène et paranoïaque » par les psys, et d’un père diagnostiqué « dernier encyclopédiste » par Wikipédia, autant dire que je naissais sur orbite. Mais je n’étais pas seul en ce monde orbital : les éclats multicolores de la neige, le chuchotements des mélèzes et des mouches dans leurs hautes branches, les écureuils, chevreuils, buses et mulots m’étaient d’une grande et précieuse compagnie. Le vent, le soleil, la pluie et toutes les herbes. C’est d’eux que je tiens l’essentiel de mon savoir. Et aussi d’un harmonium vétuste oublié dans une grange, le compagnon de mes premières compositions. À dix ans, je rencontrai un être vivant dont j’avais souvent déjà entendu parler : mon semblable, l’être humain. Me furent alors révélées une à une toutes ces choses que je ne connaissais que par mes lectures : la jalousie, le vol, la violence, la manipulation, le pouvoir ou l'indifférence. Je finis naturellement par m’en rendre coupable. L’art devint alors mon refuge. Et de tous les arts, la musique me parut le plus approprié. Je décidai, consciemment aussi bien qu’inconsciemment, d’en devenir un serviteur zélé, compétent, dévoué à l’extrême. Je devins donc luthier et le restai plus de vingt ans. Ah, mais je n’avais pas encore découvert l’esclavage. Il était temps de combler cette lacune. Mes maîtres ne furent ni la musique, ni les instruments, ni les musiciens, ni les orchestres pour qui je garde toute mon affection et mon respect. Ces maîtres n’avaient pas de visage mais des mains avides toujours insatisfaites. Appelons simplement cela « l’obligation de résultat ». En 2002, après avoir publié deux romans, je décidai de mettre le feu aux boosters et de retourner en orbite afin de me consacrer, sans maîtres, à la création. J’ai tout vendu et tout abandonné. Plus rien ne m’appartient. 2000 kilomètres parcourus à pieds ont parachevé mon sens du dénuement et de la légèreté de cœur. Je croyais que j’allais écrire de nouveaux romans. Un troisième vit le jour, mais cela s’arrêta là. Je n’avais jamais cessé de composer et c’est ce que je poursuivis sans relâche. D’abord très classique, avec des sonates, des concerto, des fugues et pièces diverses de musique de chambre. Puis plus jazz-rock, avec d’injouables partitions de Rhodes ou de basse Spoiler... Puis, après un bref passage dans le gothique atmosphérique (merci Xavier), me voici campé dans un électro symphonique très expressif qui me convient parfaitement. Jusqu’à nouvel ordre. Je travaille l’inouï, je le sculpte avec une joie parfois proche de l’extase, je lui donne cet air simple de l’eau qui coule, toujours, sans sophistication apparente, mais dont les mystères peuvent être ressentis ou traqués. Je veux partager ce plaisir-là.
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    Catégorie > Compositeur > Musique classique > Musique classique et contemporaine

    (http://vincentmichel.eu)