Retraite vers le futur : voyage interactif dans votre future retraite !
Par Tanguy, lundi 4 janvier 2010 à 17:43 - Mes travaux, mes projets - Tags
Le site en flash Retraite vers le futur mis en place par la Caisse Nationale de l'Assurance Vieillesse (CNAV) propose de découvrir de manière "différente" le fonctionnement du système des retraites.
Cela commence par une présentation par Pierre Hatet (voix du doc dans BTTF) déguisé en... doc. S'en suit alternativement des quizz sur vos connaissances dans le domaine de la caisse de retraite, ainsi qu'un jeu de voiture (2D). La réalisation est signée Paraschool.

J'y ai fait la musique du thème principal ainsi que la BO du jeu de voiture. La musique de présentation (au début) est très inspirée "Retour Vers le Futur" comme on peut s'en douter :)) Ceux qui me connaissent l'ont certainement déjà entendue sur ma page Soundcloud
Par contre, la musique de fond que l'on entend pendant les Quizz a été composée par une autre personne (dont j'ignore le nom).
La conception date de 2008. Je n'en parle que maintenant car j'ignorais que le site était en ligne. Je suis tombé dessus par hasard...
CNAV, Caisse de retraite, Système des retraites, Musique dans le style de Retour vers le Futur, Music like Alan Silvestri, Jeu de voiture, Explication ludique des retraites, Quizz en ligne, Jeu en ligne dans le style de Back To The Future, Jeu flash gratuit
Pourquoi ne pas lire aussi :
Notion3 Logiciel de composition orchestrale et d'édition de partitions. Par Dominique Lucas.
Par Tanguy - Tags
Aujourd'hui, je laisse la parole à mon collègue Dominique Lucas
Tanguy
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Introduction Notion3 :
Vous qui êtes amoureux de musique symphonique, de MAO…
Vous qui avez des envies de composition, de faire jouer à votre ordi le plus belles envolées lyriques, mais qui ne maitrisez pas forcément le cœur du protocole MIDI…
Vous qui souhaitez faire rapidement une maquette avec des moyens pas trop couteux…
Notion3 est fait pour vous.
Il s’agit d’un logiciel hybride entre l’éditeur de partition, le séquenceur et le mixeur, qui peut tourner sur une plateforme Mac, PC ou iPad.
Notion3 vous permet de définir un ensemble d’instruments (a priori d’orchestre classique, mais pas que) qui composeront votre orchestre. Chaque instrument aura sa propre portée, pourra avoir sa propre clé, sa transposition (pour les instruments transpositeurs).

Dans chaque portée, vous pouvez entrer vos notes, comme dans un éditeur de partition tel que Finale, c’est-à-dire, avec les informations de changement de tempo, les articulations, les cresc. Et dim., des « hairpins », des notations (pour de paroles ou pour indiquer ce que vous voulez).

La plupart des indications ne sont pas que figuratives. En effet, Notion3 va ensuite pouvoir « jouer » votre partition en tenant compte des notes entrées et de toutes les indications que vous avez apportées.
Voici un exemple de ce que l’on peut faire, rien qu’en installant le logiciel, et en entrant la partition. Cet exemple est fait sans toucher à aucun paramètre, c’est du brut de fonderie :
Pas égalisé, une réverbération et une panoramique par défaut, et c’est déjà une maquette !
NB : svp, ne critiquez pas ce bout de truc, ce n’est qu’un exemple, pas une œuvre.
Mais Notion3 va beaucoup plus loin. Le logiciel donne une fonction de mixer, certes simplifiée, qui suffit largement à manipuler les paramètres basiques comme le volume de chaque instrument, la panoramique. De plus, le mixer permet de gérer 4 groupes et l’insertion de 4 effets (VST) par piste/groupe ou master:

Notion3 peut aussi piloter votre séquenceur favori via « rewire », et donc devenir le maitre-tempo de votre installation MAO.
Des sonorités de rêve ?
Notion3 est vendu avec une bibliothèque d’échantillons suffisante pour démarrer. Ce sont des sons captés depuis l’orchestre symphonique de Londres. La société Notion vend des compléments pour des articulations et des couleurs sonores complémentaires (par défaut, pas d’ensemble de cors, mais un unique soliste). Les sons d’origines sont bien équilibrés (cf. l’exemple cité plus haut) et permettent réellement de pratiquement tout faire.
La banque de son par défaut, bien que conséquente, n’est pas en soi suffisante : il manque des instruments (percussions manquantes, sections des vents manquantes, articulations de pizz pas complètes…) aussi, l’utilisateur s’orientera rapidement vers l’achat des compléments. Cette bibliothèque est propriétaire à Notion3, et ne peut pas être utilisée sans Notion3 (pas de possibilité de la mettre en œuvre via un lecteur d’échantillons externe tel Kontakt ou autre Play).
Un monde ouvert ?
Pour ceux qui auraient déjà investi dans des banques de sons de-la-mort-qui-tue, Notion propose plusieurs ouverture afin de les utiliser, au travers de VSTi et de l’utilisation de MIDI.
Au niveau des VSTi, Notion reconnait tout seul ceux que vous avez déjà installés sur votre système. Vous avez la possibilité de définir les sonorités joués lorsque telle ou telle articulation est écrite dans la partition au travers d’un fichier de règles au format XML. Comme Notion connait bien les banques de son les plus répandues, il nous fournit les règles pour les VSTi suivant :
- EWSO platinum et gold version Play
- VSL
- Garritan Personal Orchestra
- IK multimedia Miroslav Philharmonik
Les fichiers de règles font que vous pourrez utiliser les instruments de ces banques de la même manière que ceux interne à Notion (sélection de l’instrument VSL, par exemple, et juste saisie des informations de notes et articulations dans la portée)
Si votre VSTi n’est pas dans la liste ci-dessus, pas de problème, mais il vous en coutera l’écriture des règles associées. J’ai personnellement essayé d’adapter les règles pour Miroslav Philharmonique (ajout de glissés pour les cordes) et c’est franchement beaucoup trop de temps passé à ne pas faire de musique à mon goût.
Si votre banque de sons n’est pas un VSTi, pas de problème. Notion peut associer une portée à un port MIDI de votre choix (physique ou logique). Je n’ai pas testé cette partie, aussi je ne peux me prononcer sur la facilité de son emploi.
Le conseil du jour : J’ai personnellement opté pour l’ajout et l’utilisation de la bibliothèque IK Miroslav philharmonik. Non pas qu’elle soit « de-la-mort-qui-tue », elle est ancienne et est enregistrée avec une réverbération impossible à retirer. Seulement après écoute, j’ai trouvé que les sons de bois sont plus convainquant que ceux de Notion. Non, pas convainquant. Complémentaire. La flûte de Notion est belle, pure, sans vibrato. Celle de IK est chaude et avec un vib qui fait tirer des larmes, même seule.
Le bon compromis est le mélange entre les sons LSO de Notion et une autre couleur, un ajout. J’aime avoir deux portées pour les alti, car les deux sons se mélangent, peuvent se séparer, il est plus simple de faire un divisi qui « parle » vraiment…
Et le côté « humain » de l’exécution ?
Au-delà de la manipulation possible note par note, Notion propose plusieurs outils pour aider à humaniser votre œuvre, le « tempo staff » avec enregistrement de « performance », le « velocity overdub » et les fonctions d’aléa.
Tempo staff et enregistrement de performance :
Vous devenez le chef d’orchestre !
Très souvent, lors de l’écoute d’une œuvre, l’on se laisse entrainer (ou bercer, selon la rapidité du tempo) par la cadence, on tape du pied, de la tête, on entre en osmose avec les battements. Notion permet de faire l’inverse.
Par défaut, Notion applique un tempo (90 à la noire) que l’on peut paramétrer, et garde ce tempo jusqu’à ce qu’une autre marque de tempo apparaisse – oui, oui, on peut aussi faire des retenues, des points d’orgue...

Si vous voulez maitriser le tempo, ses changements graduels (ou brutaux), vous pouvez le faire en définissant un « tempo staff » Vous pouvez décider de la valeur des battements :

Dans cet exemple, la première mesure aura 4 battements, correspondant à la signature rythmique, la seconde se verra associé à un battement moins conventionnel (2-1-1-2), puis encore plus étrange (3-1/2-1)… En général, pour battre la mesure, on se contentera de la signature.
Vous pouvez définir les valeurs de notes de chaque mesure à votre convenance, et en mode « performance », vous pourrez battre la mesure sur le clavier de votre ordi (ou votre clavier midi).
Cette performance est enregistrée, et peut être restituée à l’écoute, en export wave ou midi…
Le « velocity overdub »
Vous devenez instrumentiste !
Exactement de la même manière que pour « piloter » le tempo, vous pouvez demander à Notion de réenregistrer la vélocité d’une des portées. Attentions, toutefois, ce mode peut rendre la partition incohérente avec le rendu (marqué fortissimo, et joué pianissimo…)
Vous devrez utiliser un clavier midi, sensible à la vélocité, pour réaliser cet overdub.
Les fonctions d’aléa
Bien, Notion permet de faire varier le tempo, accélérer ou ralentir, jouer plus ou moins fort… Mais pour autant, tel que vous avez pu l’entendre dans l’exemple plus haut, le rendu reste froid, trop mécanique.
Notion nous propose deux axes d’humanisation aléatoires.
Le premier permet de modifier aléatoirement la vélocité d’un ensemble de notes (une ou plusieurs portées) dans la limite d’une fourchette. Ceci est très pratique pour amoindrir l’effet mitraillette sur des séries de staccatos.
Le second permet de modifier légèrement le moment ou une note est jouée, ce qui rend un effet particulièrement bluffant lors d’un tutti et peut aussi amoindrir l’arme de guerre mitraillette.
Conclusion : Alors, c’est l’outil parfait ?
Loin s’en faut. Notion est un des maillons de ma chaine MAO, mais pas le seul. En introduction, je disais qu’il s’adresse à ceux qui ne bidouillent pas le MIDI, et pour cause. Notion ne donne pas d’interface à l’utilisateur pour bidouiller facilement. Impossible de dessiner la courbe d’un CC quelconque. Pas de « piano-roll » pour les adeptes du style. Pas d’édition des événements midi simple.
De la même manière, Notion n’est pas pour entrer une partition en enregistrement « live », même si une fonction enregistrement existe.
Ce qui est effectivement enregistré, ce sont les notes, et pas les contrôles midi. Adieu la pédale du pianiste qui pourtant fait partie intégrante de l’exécution d’un morceau. Il faudra la rajouter ensuite à la main dans la partition.
Voici le lien vers le distributeur : Notion Music
Dominique
P.S. Je ne suis pas rémunéré par Notion, mon enthousiasme est celui d’un utilisateur lambda :)
Impôts : la déclaration des droits d'auteur dans le cadre des bénéfices non commerciaux (BNC) et le régime de la déclaration contrôlée
Par Tanguy - Tags
Le début du printemps est propice aux questions sur la déclaration de revenus issus de notre activité musicale.
Je fais un récapitulatif dans ce billet, mais ça ne concerne que les compositeurs qui sont dans le même cas que moi, c'est à dire : imposition des droits d'auteur selon le régime de la déclaration contrôlée des bénéfices non commerciaux (BNC).
(Démarche à suivre pour obtenir ce statut)
La déclaration contrôlée des BNC, c'est un formulaire (2035) qui nous est envoyé par le centre des impôts et qu'il nous faut remplir avec soin. Ce formulaire consiste à indiquer les recettes de l'année issues des droits d'auteur (tout ce qui n'est pas considéré comme "salaire" : les musiques que vous avez facturées, les droits SACEM etc...) puis de déduire les dépenses (une part du loyer, une part d'électricité, la CSG déductible, l'achat de matériel etc...). Evidemment, chaque dépense doit être justifiée et conservée (factures, tickets de caisse etc.).
[Personnellement, j'ai un classeur avec des pochettes plastiques dans lesquelles je place chronologiquement tous mes justificatifs de recettes et de dépenses. J'utilise en parallèle un logiciel de comptabilité libérale qui remplit directement le formulaire 2035].
La somme finale (appelée résultat fiscal) correspond donc au bénéfice de l'année précédente. Parfois, si l'année n'a pas été productive, il arrive que les dépenses soient plus grandes que les recettes ce qui donne un résultat fiscal négatif : un déficit.
Voilà donc à quoi sert ce formulaire 2035 : à établir la différence recettes-dépenses pour calculer un résultat fiscal imposable.
Le formulaire 2035 se compose en réalité de plusieurs feuillets (2035 K 2035 A 2035 B... ) avec une notice d'utilisation assez claire (enfin...tout est relatif).
Question : une fois le bénéfice calculé, doit-on reporter la somme sur notre feuille d'impôt "classique" que monsieur tout le monde reçoit un peu plus tard (aux mois d'avril-mai, c'est ça ?), le fameux 2042 !
Il faut effectivement reporter la somme des BNC, mais pas sur la 2042 que tout le monde reçoit : il faut remplir un formulaire "complémentaire" (donc à part) le 2042 C (cadre D) qu'il est possible de télécharger sur le site impots.gouv.fr (le formulaire de 2010 est en ligne). Après quoi il suffira de cocher la case dans le formulaire 2042 qui s'intitule : "si vous déposez une déclaration 2042 complémentaire"
Consulter un article complet sur la rémunération des compositeurs (prévoyez tout de même une boite d'aspirine).
Comment déclarer ses revenus aux impôts quand on est compositeur ?| Les bénéfices non commerciaux BNC sont d'abord calculés sur le formulaire 2035 puis reportés sur le formulaire 2042 C| Quelle comptabilité choisir si je suis compositeur ? En savoir plus sur la déclaration des revenus issus d'une activité musicales| Les impôts et le métier de compositeur| Je suis compositeur et je déclare mes droits d'auteur en bénéfices non commerciaux en suivant le régime de la déclaration contrôlée| Où puis-je me procurer les formulaires 2035 et 2042C ?
Musique orchestrale assistée par ordinateur : faire sonner son morceau de musique, produit par des banques de sons symphoniques !
Par Tanguy - Tags
Note : dans ce billet, j'ai essayé de reproduire à l'oreille (sans partitions) des extraits de Indiana Jones, de Gladiator et Nightmare Before Chsistmas, avec uniquement la banque de sons East West Symphonic Orchestra Gold (exceptée la voix dans Gladiator qui provient de Omnisphere). Dans mes compos personnelles citées comme exemples, j'utilise des instruments issus de plusieurs banques de sons telles que East West, Synful, Symphobia...
Avez-vous remarqué que les démos des sites comme Eastwest ou VSL sonnent bien dans l'ensemble. Et pourtant, lorsque l'on achète la banque de sons en question et que l'on commence à produire nos morceaux, le résultat obtenu n'est pas aussi réaliste qu'on le voudrait...
"Hé hé.. répondront certains sur un ton ironique, ce n'est pas parce que vous avez la même raquette que Rafael Nadal que vous gagnerez à Roland-Garros... "
Certes... posséder une banque de sons de qualité est une condition nécessaire mais pas suffisante (petit clin d'oeil aux profs de maths qui parcourent ce blog...). Car on s'en doute, une aptitude primordiale est de savoir écrire la musique convenablement et connaître un minimum les bases de l'harmonie et de l'orchestration. Je dis bien "un minimum" car on a bien le droit de s'épanouir dans une écriture musicale personnelle, même si elle est maladroite parfois. Et puis... j'aime penser qu'une personne dotée d'une sensibilité musicale, d'une bonne oreille et d'une certaine habilité avec la technologie, est capable de créer de belles choses avec un ordinateur et une banque de sons correcte.
Du coup, en ce qui me concerne, et bien que je ne sois pas le Nadal de la MAO, j'aimerais tout de même vous présenter quelques petits trucs qui me permettent de composer sereinement des musiques orchestrales dans un séquenceur comme Logic, Cubase, Reaper...
Tout d'abord, un constat que d'autres musiciens confirmeront peut-être : plus l'orchestre est gros, plus j'arrive à donner du réalisme. Le tutti orchestral permet de masquer les imperfections liées à la machine. Je mise sur l'inertie du groupe, le côté grandiose et spectaculaire, à plus forte raison s'il est mélangé à de grosses boucles de percussions. En revanche, avec l'ordinateur, il m'est très difficile de faire sonner un quatuor, ou une partie solo, dont l'émotion et la sensibilité émanent de la qualité de jeu de l'interprète.
Autre constat : la recherche du thème. Je ne peux hélas pas rendre authentique tout ce que je veux :(( Je peux être satisfait de mon thème parce que la mélodie me plaît beacoup, et pourtant, rien n'y fait avec les samples. Je dois parfois rebrousser chemin et repartir vers une autre direction. C'est frustrant mais ça arrive. Il y a des fois où je change des notes dans une mélodie parce que ça passe mieux avec les samples dans un sens que dans l'autre. Je deviens en quelque sorte esclave de la technique, au détriment de la liberté artistique. J'ai envie de dire : à peine plus que le compositeur qui écrit pour un orchestre non professionnel, qui évite de placer des traits compliqués, ou des notes trop hautes (pour certains vents).
Enfin bref, la MAO orchestrale, quand j' y pense, c'est quand même un sacré
1) Mélanger les couleurs sonores :
C'est une très grande richesse que nous offre l'orchestre symphonique : mélanger des instruments pour fabriquer de nouveaux sons. Les combinaisons d'instruments sont incroyables, il faut s'en servir par moments ! J'ai tout sous la main pour essayer les différents coktails. Par exemple, à l'unisson : [violon + flûte] [cor + alto] [clarinette + cor] [trompette + violon] [trompette + trombone] [basson + violoncelle] [hautbois+ flûte] [violon + cor] [cor + harpe] [clarinette + basson + alto] [flûte + xylophone] [contrebasse + glockenspiel] etc...
Dans l'extrait de La valse des mariés ci dessous, le début du thème est joué par les violons, puis au bout de quelques mesures, il est doublé par une flûte. La couleur change :
Valse des mariés (Tanguy Follio) :
Un truc tout bête, quand je cherche à produire une sonorité, je vais naturellement utiliser des adjectifs qualificatifs (voire même des onomatopées). Par exemple :
- Mon thème est un peu trop "rugeux" (violoncelles), j'aimerais y ajouter un son assez "rond" pour l'adoucir (avec des cors).
- Sur la première mesure, il faudrait ajouter un son qui fasse "klang" mais pas trop "spongzz".
- Ce passage n'est pas assez "appuyé" (violoncelles), je le doublerais bien avec un son plus "grave" (avec des contrebasses).
- Le leitmotiv est "léger" comme tout (flûte), mais il manque encore un petit quelque chose de "pétillant" (avec du glockenspiel).
- Ma ligne de basse est "pêchue" (cordes graves), mais il faudrait la rendre un peu plus "présente" (avec une basse synthétique, pourquoi pas...)
- J'aime ces ponctuations "cuivrées" (cors + trombones), tiens si j'osais, je les ferais encore plus "claquantes" ou "métalliques" (avec une enclume et une cymbale).
- C'est un tapis très "doux" (cordes) auquel il manque quelque chose de "céleste" ou "aérien" (avec des choeurs pp).
Et ainsi de suite....
Il faut être curieux de tous ces mélanges. Et puis techniquement, c'est assez rapide de dupliquer une piste MIDI et de lui assigner un autre instrument.
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur les doublures
Ainsi que ce billet sur les doublures cordes-cors
Autre chose, en combinant (toujours à l'unisson) des berceaux symphoniques à des sonorités synthétiques (Omnisphere, Reaktor etc.) on se situe dans le bionique orchestral : mélange sonore mi-classique, mi-électro. Les scores de films américains (pas seulement) foisonnent de ces nouvelles sonorités. C'est ainsi que l'on trouve dans certaines BO des couleurs vraiment originales.
2) Reproduire le jeu de l'instrumentiste :
Ah ça ! c'est mission difficile pour ne pas dire Mission Impossible... car malgré la qualité de l'échantillonage, à l'heure actuelle l'ordi ne peut pas égaler l'être humain dans le jeu de l'interprète. En consolation, on peut toujours tenter de s'en approcher en essayant de limiter les dégâts :
Articule !!!
Quand je décide de faire jouer mon instrument virtuel, dans un premier temps je chantonne la mélodie "à la manière de l'instrumentiste" en utilisant ma bouche et ma langue (comme fait souvent le chef d'orchestre, devant ses interprètes). Tenez par exemple, chantonnez The Raider's March en ne prononçant que des bua bua bua.... Puis chantonnez le même air en prononçant des pam padam pam, pam padam...
De la même manière, quand je vais poser mes notes, je vais m'efforcer de suivre la même démarche. Si je me contente de juxtaposer mes notes avec un seul et unique son long de trompettes, je vais obtenir les bua bua bua. Au contraire, si je m'efforce de reproduire un phrasé en combinant des articulations basiques (souvent fournies par la banque de sons) telles que des staccatos, des notes tenues, des marcatos, des crescendos ou decescendo (en jusxtaposition mais aussi en superposition !), j'obtiendrai un son un peu plus net, plus compréhensible.
Dans l'extrait de The Raider's March ci-dessous, Les notes de trompettes sont jouées d'abord avec un unique son long, puis avec combinaison d'articulations :
Début de The Raider's March (John Williams) :
Un peu d'humanité dans les mouvements amples de cordes
- D'abord je charge un kit d'ensemble de cordes (un pad) couvrant les tessitures des violons jusqu'à la contrebasse, avec une attaque plutôt franche. En effet, si j'utilise un son avec une attaque douce et lente, dans mon enchainement il y aura comme un effet d'aspiration au début de chaque note... c'est très typique des musiques faites sur ordinateur. Au contraire, avec un son long à attaque assez rapide, je personnaliserai la longueur des attaques (en faisant varier le volume ou l'expression avec ma souris à l'endroit voulu).
- Ensuite, sur une même piste midi j'entre la musique en "pas à pas" ou en live (du violon à la contrebasse). Je teste plusieurs valeurs de vélocité. J'essaie de lier les notes (legato) en les faisant se chevaucher légèrement. Evidement, en cas de notes de même hauteur, le chevauchement n'est pas possible... Parallèlement, je décale certaines notes de quelques millimètres pour casser la rigidité. Si je suis patient, je modifie le tempo par endroits pour simuler une sorte de rubato (un vrai casse tête). A ce stade, j'obtiens un premier jet qui sonne comme ça :
Gladiator (Hans Zimmer). Premier essai.
Kit de cordes, notes liées, tentative de rubato, mais pas d'attaques ni relâchements :
- Arrive alors le laborieux travail sur les nuances. Laborieux mais incontournable si l'on veut donner de l'émotion. Dans la partie "contrôleur " de ma piste midi, je fais varier l'expression ou le volume, un peu comme si j'étais à la place du chef d'orchestre. De la sorte, je peux affiner les attaques, crescendos, diminuendos, accents... pour un résultat qui paraîtra un peu plus humain :)
C'est ainsi que ma piste midi prend des allures de montagnes russes :

Variation du contrôleur Expression
- 2 petites choses que j'ai rajoutées dans l'exemple de Gladiator (mais que je ne fais pas systématiquement) : j'ai doublé la ligne mélodique par un violon solo, pour apporter du grain et du vibrato. Ensuite, pour offrir un peu plus de force dans les passages qui montent en intensité, je double les violons avec des cors très doux, très discrets.
- Enfin, pour rappeler le côté humain, rien de tel qu'une voix ou des choeurs...
Gladiator (Hans Zimmer). Deuxième essai.
Avec les nuances, qq cors en doublure et une voix légèrement plaintive.
- Pour ce genre de musique, lente avec des poses d'accords, un bon pad de cordes qui repecte bien l'homogénéité et la spatialisation, devrait suffire . Certes, je pourrais m'embêter à répartir chaque instruments sur différentes pistes midi (un programme de violons sur la piste 1, un programme d'altos sur la piste 2 etc...), comme dans la réalité.
L'avantage serait de pouvoir affiner les attaques et nuances de chaque instrument, et de régler la panoramique et le mixage comme je le souhaite. Pourtant je ne serais pas sûr d'y gagner en réalisme, car à trop vouloir isoler les parties je risquerais d'altérer l'effet d'ensemble (l'homogénéité). Je serais heureux d'avoir l'avis d'autres musiciens à ce sujet.
Les staccatos des cordes : attention à la mitraillette !
Avant de juxtaposer la même note plusieurs fois de suite, je vais d'abord regarder si je peux contourner le problème : Par exemple, plutôt que de jouer do do do... je vais tenter do do# do... ça peut être mieux ou moins bien (à tester).
Si je décide de réellement juxtaposer la même note (do do do...), je chargerai un programme de staccatos up et down (qui alterne automatiquement les coups d'archets tirés et poussés). Les banques de sons proposent de plus en plus ces kits très pratiques.
Le début (approximatif) de This Is Haloween ci-dessous n'est peut-être pas le meilleurs exemple pour illustrer mes propos, car les tempo est assez lent. Mais je suis fan de Danny Elfman, alors c'est comme ça.
Quelques accords de This is Halloween (Danny Elfman) :
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur l'effet mitraillette des staccatos
3) Créer des effets de transition
Dans un même morceau, on peut avoir 2 parties très contrastées. C'est un choix de marquer ce contraste. Mais la plupart du temps, j'essaie d'amener avec douceur un segment musical vers un autre segment.
Comme bon nombre de musiciens, j'utilise des moyens très classiques qui sont par exemple : le glissando de harpe, le crescendo de timbales, de cymbale, de grosse caisse. Mais aussi une cymbale reverse, un wind-chimes, un cluster samplé (de cordes, de cuivres etc...).
Je considère également le changement de ton comme un effet de transition. J'aime bien, ça pimente la musique en cassant la monotonie.
Dan l'exemple ci-dessous, j'utilise pas mal d' instruments qui permettent de faire les jonctions (timbales, wind-chimes, harpe... mais aussi des staccatos de flûte !)
EDF-DTG (Tanguy Follio) :
Pour plus d'infos, cf le billet sur les transitions par ajout d'instruments
Et aussi ce billet qui illustre une transition par changement de tonalité
4) Dynamiser :
- Du point de vue musical :
Du relief, du choix, du varié !
Sur un thème je m'efforce de ne pas utiliser toujours le même instrument pour la mélodie. Par exemple, j'aime bien commencer une phrase musicale par des violons, et la terminer par des cors (tandis que les violons font l'accompagnement).
Varier les plaisirs, c'est aussi jouer avec les nuances, les répétitions (cf billet sur les répétitions), les contrastes (calme, tempête), ou au contraire les progressions douces, les modulations (changements temporaires de tonalité), les pédales (cf billet sur les notes maintenues), etc...
Du mouvement !
Si j'ai besoin de suggérer du mouvement, je le fais soit en utilisant des rythmes (percus acoustiques ou boucles samplées style RMX, Stormdrum...) soit au travers les orchestrations de second ou troisième plan. C'est moins facile à programmer, mais je sais qu'un petit leitmotiv nerveux joué aux cordes (agrémenté de piccolo) peut être vraiment efficace.
Dans l'exemple ci-dessous, je me suis amusé à faire jouer des cordes à toute allure, sous le thème principal des cors. ça m'a pris beaucoup de temps, mais ça ajoute un côté Harry Potter qui n'est pas pour me déplaire (ce jingle orchestral est édité et déposé à la SACEM).
Entertainment Logo (Tanguy Follio) :
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur les plans sonores
Ainsi que ce billet sur comment donner du mouvement à mon accompagnement
- Du point de vue du traitement du son (avec des VST plug-ins) :
De la réverbe, d'accord mais pas trop, sinon les notes se noient et la dynamique en prend un coup.
Egalisation : De temps en temps, il me prend l'envie d'accentuer ou diminuer des fréquences sur tel ou tel instrument. C'est vraiment du cas par cas. Je le fais la plupart du temps sur les violons. J'ai toujours adoré le son des violons dans les Bandes Originales de Alan Silvestri. Elles ont parfois un aspect scintillant, mais pas agressif. J'essaie depuis des années d'obtenir ce genre de son en utilisant un égaliseur graphique, mais sans grand succès...
Un peu de compression : je le fais quand c'est vraiment nécessaire pour obtenir une amplitude sonore homogène et pallier certains contrastes trop brutaux (surtout sur les instruments graves comme les contrebasses et les timbales).
Élargissement du champ stéréo : parfois le résultat est bon. Parfois non. Je ne peux pas expliquer pourquoi (de toute façon, le billet est déjà assez long comme ça).
Mastering : En passant le mix final dans un compresseur multibande (avec modération), j'obtiens une musique plus "enhanced" (fréquences boostées, onde wave gonflée, niveau sonore imposant). Surtout pour des musique d'action ou d'aventure. S'il s'agit d'un morceau électro-orchestral, je ne passe que la partie orchestrale dans le multibande (la partie électro ayant déjà eu un bon traitement de dynamique audio par son constructeur).
Voilà voilà... C'est un article comme je n'en fais plus souvent, mais qui me tenait à coeur. Je dois dire que j'ai passé un bon paquet d'heures à le réaliser, celui-là...
En tous cas, la liste n'est pas exhaustive. Faire sonner sa musique avec un simple home studio n'est pas facile. Je compte sur vous pour partager votre expérience dans ce domaine et me permettre de compléter ce billet :)
MAO| Musique assistée par ordinateur| Donner de l'émotion à ma musique| Faire sonner ma musique virtuelle| Rendre les samples authentiques| Donner de la vie à la musique faire sur ordinateur| Informatique musicale| Reproduire de la musique de film| Trucs et astuces séquenceur| Orchestrer avec la banque East West Symphonic Orchestra
Six Secrets !
Par Tanguy - Tags
Bien, je glisse ce petit billet hors-sujet pour faire plaisir à ma sœur, qui souhaite que je dévoile 6 de mes secrets les plus enfouis (Je suis sûr que c'est pour cafter aux parents), alors allons-y vite fait bien fait :
- J'ai eu une période d'environ 1 an où je prenais uniquement des douches froides le matin (en 98 ou 99). Je pensais que c'était bon pour la circulation. Je n'ai jamais été autant malade que cette année là (ORL).
- J'écoute du Trevor Rabin en cachette.
- A 10 ans, j'ai crevé un pneu de la Renault 18 en jouant avec un outil (une perceuse qui faisait office de pistolet laser). J'ai aidé mon père à changer la roue, sans lui avouer que c'était moi le coupable.
- A 11 ans, sur la RN 176, j'ai bifurqué à gauche en vélo, alors qu'un poids lourd s'apprêtait à me dépasser. Je tiens à remercier le conducteur pour ses réflexes qui ont permis d'éviter le pire (et pour son savon monumental que je ne suis pas près d'oublier chaque fois que je fais du vélo).
- Je dois "réfléchir" pour lire l'heure avec des aiguilles. Je suis né avec une montre à quartz.
- Mes amours secrets ? non mais oh ! et si ma femme tombait sur ce blog ? bon allez, j'ai mis une photo ici
QY700 Yamaha, séquenceur musical sorti en 1996
Par Tanguy - Tags
Le QY700 est un séquenceur "machine" qui possède 32 pistes MIDI et une banque de sons au format XG développée par Yamaha (dont on retrouve la signature dans les sons actuels appartenant à la banque "Halion One"). Il possède entre autre 2 prises MIDI OUT et 2 prises MIDI IN.


A l'époque où je l'ai acheté (en 1998, autour de 6000 F soit dans les 950 €), il me permettait d'avoir presque tout sous la main : une workstation dotée d'un séquenceur puissant et des sons MIDI intéressants pour produire des maquettes. Plus tard, relié à un clavier maître, un expander Roland M-OC1 Orchestra et un sampler S2000 AKAI, j'obtenais un réalisme un peu plus soigné (bien qu'encore loin des banques de sons actuelles).

Aujourd'hui, si les sons paraissent bien dépassés (surtout en terme d'orchestral et d'instruments acoustiques), la partie séquenceur du QY700 peut faire le bonheur des compositeurs se méfiant des ordinateurs (pas de temps de chargement, de plantages, de mises à jour, de pilotes, de ventilo ...) ou encore aux amoureux des machines avec les potentiomètres à portée de main ou des touches adaptées à la forme des doigts...
Le QY700 se branche, on le met sous tension et il n'y a plus qu'à enregistrer les notes. Cela peut être intéressant pour ceux qui souhaitent poser rapidement une mélodie ou un thème :)
Sans aller jusqu'à la finesse de l'édition MIDI que l'on obtient avec un Cubase ou un Logic, le séquenceur de Yamaha permet d'enregistrer, d'éditer, de quantifier, de copier coller, de placer des marqueurs etc... et ce de manière très intuitive.
En effet, durant les quelques années d'utilisation, j'ai toujours trouvé le QY700 ergonomique et bien pensé (la touche JOB en particulier, pleine de riches idées). Pour plus de détails, consultez 7 avis d'internautes sur le site Audiofanzine cliquer ici
Ci dessous, 2 maquettes réalisées exclusivement avec cet appareil (sonorités + séquence du QY700), sans expander ni sampler. Cela fait plus de 10 ans (1998), et ça se voit tant sur la qualité des sons que sur la qualité de la composition (je débutais en écriture orchestrale, mais j'avoue que j'y prenais un malin plaisir).
Intro concert :
Orchestral :
Une machine à créer de la musique qui m'a énormément servi : certaines touches ont perdu leur aspect flambant neuf, c'est sûr, mais l'appareil est extrêmement robuste (il faut y aller à coup de marteau pour abîmer la bête !)
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