Un exemple de doublure dans les mediums. Cors et cordes : une combinaison orchestrale que j'aime utiliser.
Par Tanguy, lundi 1 décembre 2008 à 08:31 - Orchestration, écriture - Tags
Je trouve que les cors français se marient bien avec les violoncelles. Pour moi, cette combinaison (en mezzo forte ou en forte) donne une sonorité à la fois douce et puissante (loin de l'aspect cuivré et brillant).
Le grain des cordes que l'on mélange au son rond des cors français apporte un côté moelleux, surtout s'il s'agit d'une mélodie continue (liée).
En outre, cela apporte une consistance et un effet panoramique (violoncelles à droite, cors français un peu à gauche) : je trouve que le son rempli l'espace, ce qui donne encore plus de profondeur.
Par exemple :
Atlantis (James Newton Howard)
Le contrechant joué par les Cors français + violoncelles arrive au bout de quelques mesures.
Le diable et elle (Tanguy Follio)
La mélodie est d'abord jouée par les violoncelles. Puis viennent se greffer les cors français.
Cors + Violoncelles jouent ensuite l'accompagnement, tandis que la flûte traversière reprend la mélodie.
Mon collègue Bernhard Elsner rappelle au passage que ces instruments (cors français et violoncelles) se mélangent aussi très bien avec les altos et les bassons, à l'unisson ou à l'octave.
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Technique d'orchestration, Trucs et astuces sur l'orchestration, Créer des sonorités nouvelles avec les instruments de l'orchestre symphonique, Créer de nouvelles couleurs orchestrales, Comment enrichir mon orchestration ?, Faire des doublures d'instruments pour créer de nouvelles couleurs instrumentales, Orchestration et instrumentation avec l'ordinateur, Informatique musicale et orchestration, Voici quelques conseils en orchestration musicale, Comment apprendre à orchestrer une musique ?
Pourquoi ne pas lire aussi :
Humeur Piano : lieu de découverte et de partage sur le piano !
Par Tanguy - Tags
Je viens de découvrir Humeur Piano, un blog mis en place par Fnor (Cédric), passionné de musique en général et de piano en particulier.
Dans un esprit de générosité, on y apprend un tas de choses très intéressantes sur l'apprentissage du piano (le prof de piano, les méthodes, le suivi des progrès...), mais aussi sur la technique (de nombreux "trucs" à découvrir), sur le solfège (partitions, lectures, gammes, intervalles...), et l'instrument en lui même (choisir un piano, entretien, etc...).
C'est un site qui s'adresse à tout le monde : les amateurs y trouveront leur bonheur, tandis que les plus expérimentés pourront s'ils le désirent, y déposer leurs propres articles.
Trucs, astuces, conseils... Fnor y propose également des petits défis et exercices, ainsi que des découvertes trouvées sur le net, ce qui crée un espace de partage musical à la fois convivial et dynamique, tout ce que j'aime :))
Visiter le blog Humeur Piano
Apprendre à composer de la musique orchestrale
Par Tanguy - Tags
C'est en lisant dernièrement un Bulletin Officiel (BO) de l'Education Nationale que m'est venu l'idée d'écrire un billet à la manière des "professionnels de l'enseignement" (je ne parle pas des profs, mais de ceux qui dans leurs bureaux expliquent aux profs comment "expliquer" ) :
ça donne :
Sans pour autant se substituer à la démarche institutionnelle collective (ou individuelle) menée par les espaces scolaires spécialisés dans la musique, il n'est pas défendu de suivre le concept empirique lié à la formation expérientielle et la notion d'apprentissage auto-dirigé. Pour se faire, l'apprenant devra privilégier, seul, les champs prioritaires de pratiques pédagogiques telles que l'ensemble des actions visant à offrir l'appui et les ressources nécessaires à la construction de son savoir et de son savoir faire musical :
- Apprentissage et mémorisation par la discrimination visuelle et l'analyse objective de documents philharmoniques estimés et répandus.
- Apprentissage par l'observation auditive sélective de supports compacts numériques d'œuvres pré-enregistrées appartenant au recueil orchestral traditionnel ou filmique.
- Concrétisations et démarches incitatives de matérialisation de coloris sonores par l'appropriation des outils informatiques de création et de production.
- Favoriser le dialogue et la transmission par l'exploration des technologies d'information et de communication (TIC)
Précisons que pour chaque auteur en devenir, d'œuvres musicales, de part son éducabilité, son penchant naturel vers l'auto-évaluation par ses pairs et sa faculté de remédiation, la faisabilité d'une telle praxis n'interfère en aucun cas la cohérence des démarches d'apprentissages socio-constructives des institutions éducatives suscitées, la compatibilité de ces actions inférant une meilleure maîtrise créative.
Allez, je vous donne quand même une version plus "simpliste" :
Astuce : petits exercices à faire chez soi pour progresser en harmonie et orchestration, en complément de ce que vous savez déjà faire (que vous soyez autodidacte ou que vous ayez suivi une formation au conservatoire) :
- Observez attentivement des partitions de grands compositeurs (Mahler, Ravel, Beethoven...)
- Ecoutez avec concentration des passages marquants de CD de musique classique ou de musique de film.
- Testez vos propres orchestrations (doublures, choix judicieux de tel instrument...). Dans un séquenceur et avec une banque de sons correcte, il est très facile d'expérimenter.
- Faites écouter votre travail, faites vous connaître en créant votre page perso. Demandez l'avis d'autres compositeurs, découvrez leurs idées, échangez vos astuces sur des forums de discussion...
Exemples de musiques pour films institutionnels
Par Tanguy - Tags
Voici 3 exemples de musiques pour films corporate appartenant à 3 secteurs d'activité différents : la technologie (Neusoft), La route (Colas) et l'horlogerie de luxe (Audemars-Piguet).
1) NEUSOFT :
- Réalisation : Ludovic De Vita
- Production : Neusoft
- Musique : Alexandre Mabeix (style électro).
Quelques mots clé : humanité, ouverture, innovation, technologie, dynamique
qu'Alexandre a su traduire musicalement par :
- Un leitmotiv récurrent, accompagné d'effets de sound design (technologie, innovation)
- Une rythmique moderne (dynamique)
- Quelques notes de piano et cordes (humanité)
- Des changements de tonalité et une progression harmonique (innovation, ouverture)
2) COLAS :
- Réalisation : Nicolas Lebrun
- Production : Movida Films
- Directeur Photo : Benjamin Louet
- Musique : Tanguy Follio (style orchestral avec un peu d'électro).
En fait, ce film assez long (plus de 7 mn), comporte 2 grands axes :
- Une première partie "usagers de la route" : humanité, confort, sécurité, voyage, acheminement
- Une deuxième partie "les hommes et les femmes qui font avancer l'entreprise" : esprit d'équipe, travail, fierté, ouverture
- Une base musicale solide et stable posée par une thématique simple (sécurité)
- Du piano, des cordes assez légères et des cuivres doux (confort, humanité)
- Du mouvement, par les croches et doubles croches en arrière plan (locomotion, acheminement)
- Un petit passage musical à consonance ethnique (voyage)
- Partie 2 : reprise du thème initial, mais plus "métronomisé", plus uniforme, plus carré (travail, équipe)
- Final : progression harmonique et orchestrale avec des chœurs en bouquet final (fierté, ouverture)
3) AUDEMARS-PIGUET :
- Réalisation : Julius Berg
- Production : Point Prod
- Images de synthèse : Wizz
- Musique : Bernhard Elsner (style orchestral cinématographique).
Ce film institutionnel raconte d'abord une histoire, avec des personnages, des décors, une intrigue. On est loin d'une simple juxtaposition d'images énumérant les valeurs et les compétences d'une entreprise. Ici les compétences se manifestent par l'expérience et la longévité ("il y a bien longtemps dans une contrée lointaine...") ainsi que par l'accent mis sur le côté artisanal, inédit (chaque pièce faite à la main est unique) et précis (secteur de la haute horlogerie).
La musique, composée par Bernhard, présente une grande souplesse, plus que dans les deux exemples précédents (plutôt récurrents avec des thèmes répétitifs à 8 ou 16 mesures). Ici, la BO épouse la fiction. Pour la musique, Bernhard a choisi une instrumentation classique : un ensemble de cordes (interprété par l'orchestre symphOnifilm) et une flûte traversière, ce qui renforce parfaitement le côté cinématographique, l'arrivée d'un objet mystérieux... l'histoire d'une montre de luxe.
- Instruments classiques pour un film "d'époque" (longévité, expérience)
- Des cordes moelleuses et une belle mélodie (luxe)
- Un flûte traversière, sobre, discrète mais efficace (l'être humain, l'artisan)
- une consonance énigmatique dans le thème et l'arrangement (mystère)
- Pizzicati ordonnés, légers et précis (travail de précision)
L'audiodescription pour les malvoyants et non-voyants : traduire oralement ce qui se passe visuellement à l'écran.
Par Tanguy - Tags
C'est un sujet qui m'interpelle car je donne actuellement des cours d'éveil musical à un enfant de 6 ans qui souffre d'une sévère déficience visuelle.
Or, j'ai lu dernièrement un article qui m'a fait découvrir l'existence de l'audiodescription : un procédé qui consiste à décrire en voix off ce que l'on voit dans un film (via un système de sortie audio par casque, pour ne pas gêner les autres spectateurs)

- Pour les malentendants, il existe les sous-titres qui décrivent l'ambiance sonore (porte qui grince, musique menaçante, bruit de fond, et les dialogues évidement).
- En ce qui concerne l'audiodescription pour les malvoyants et non-voyants, c'est la voix d'un narrateur (voix enregistrée et mixée) qui interprète de manière concise ce qui ne s'entend pas (expressions du visage, décors, gestes, pancartes, description physique des personnages etc).
Au-delà de ces caractères visuels explicites, l'audiodescription essaie même de faire passer l'humeur et l'émotion que doit ressentir le spectateur, ce qui n'est pas une mince affaire.
En ce sens, je trouve que la musique de film participe à sa manière à une forme d'audiodescription. Même si le rôle d'une bande originale n'est pas forcément d'illustrer pas à pas les images qui se déroulent à l'écran (comme le mickey mousing), la musique permet en outre de "baigner" le spectateur dans une ambiance qui est en corrélation avec le propos du film. Prenons le temps de fermer les yeux devant un film pour constater à quel point la musique est source d'informations.
Marco Beltrami :
Dans cet extrait, un gong introduit d'emblée quelque chose de brutal voir même agressif. Puis, après un court silence, le sursaut laisse la place à une musique plus calme composée d'une voix féminine plaintive et d'un tapis orchestral sombre, pesant et menaçant. Le ton du film est donné : "femme - violence - gravité" (Scream : Sidney's Lament).
Hans Zimmer :
Dans cet extrait, on distingue nettement une alternance de 2 séquences musicales. D'abord, on entend une musique dynamique et rythmée, appuyée par des staccatos de cordes et de percussions, comme si le compositeur voulait produire un effet de panique. Cette séquence est interrompue plusieurs fois par un tapis instrumental essentiellement composé de percussions exotiques (Gamelan ?) qui place le spectateur en attente avant la reprise du thème "panique". Cette alternance de séquences musicales reflète bien le mouvement du film à cet instant : 2 scènes qui se passent en parallèle. L'une montrant l'héroïne poursuivie par un soldat birman, essayant de rejoindre un bateau. L'autre scène montrant des marins en alerte attendant l'héroïne pour pouvoir lever l'ancre. La note grave qui termine cette séquence musicale marque la fin de la poursuite : la femme a réussi à atteindre le bateau, elle est sauvée de justesse. (Beyond Rangoon : Village Under Siege).
C'est aussi pour cette raison que j'utilise souvent le terme "musique descriptive" quand je parle de musique de film.
Qu'est-ce que l'audiodescription ?| Définition de l'audio description| La musique de film et l'audiodescription| La musique de film agit comme le principe d'audiodescription| Films et téléfilms pour les mal-voyants et non-voyants| Le cinéma pour les personnes aveugles| Aider les malvoyants et non-voyants à mieux comprendre un film ou une pièce de théâtre| Le rôle de la musique descriptive| Écouter un extrait de Scream de Marco Beltrami| Ecouter un extrait de Beyond Rangoon composé par Hans Zimmer
Escroquerie au chèque impayé
Par Tanguy - Tags
Une alerte signalée par Jérémy, un collègue compositeur qui a failli être victime d'une arnaque au chèque sans provision (sauvé de justesse par son banquier).
Lorsque nous recevons un chèque d'un client et que nous l'encaissons, nous pouvons constater rapidement que la somme a bien été "créditée" sur notre compte (Yes !). Et pourtant, rien n'est joué car il faut encore attendre quelques jours (parfois 10-13 jours) pour que la banque certifie la validité du chèque. En effet, si la banque s'aperçoit que le chèque est sans provision, elle vous retire ce crédit...
Le chèque impayé est donc un chèque rejeté par votre banque, bien que la somme ait été créditée quelques jours auparavant...
C'est pourquoi il vaut mieux attendre un quinzaine de jours avant de dépenser l'argent tout neuf envoyé par votre client (en contrepartie de votre chef d'oeuvre fabriqué à la sueur de votre front).
Il y a actuellement une société de production outre-Manche qui commande des musiques aux talentueux compositeurs français. Au moment de payer, ce client vous envoie un chèque dont le montant est largement supérieur à ce qui était prévu (jusqu'à 10 fois le cachet initialement décidé). Chouette, c'est toujours agréable d'avoir des sous sur son compte, alors autant encaisser ce chèque généreux et attendre de voir ce qui se passe.
2 jours plus tard, tandis que cette belle somme apparaît noir sur blanc sur votre compte créditeur, le client vous rappelle en s'excusant d'avoir un comptable distrait (pour ne pas dire bigleux), puis vous demande si vous auriez l’amabilité de lui rembourser la différence... si possible rapidement et par virement via Internet.
On se doute de la fin de l'histoire, le chèque est sans provision, il reviendra impayé dans une semaine et votre crédit disparaîtra. Hélas, si vous avez remboursé la différence entre temps, c'est pour votre pomme...
2 visualisations graphiques d'oeuvres de Beethoven
Par Tanguy - Tags
Imaginez que, lors d'une composition pour orchestre, vous soyez entrain d'écrire un passage avec des cordes. L'ensemble des cordes est composé de 5 instruments (violons 1, violons 2, Altos, violoncelles et contrebasses). Je me souviens m'être posé quelques questions à ce propos :
- Dois-je obligatoirement entendre 5 notes différentes tout le temps ? (ou 4 si les contrebasses se contentent de doubler les violoncelles)
- Puis-je faire jouer ponctuellement la même note par 2 instruments différents ? (doublon)
- Est-il possible de croiser des parties, par ex : faire jouer des notes hautes par les violoncelles et des notes basses par les violons ? (si cela est possible techniquement).
Le film ci-dessous, qui fait penser à une séquence MIDI, représente un quatuor écrit par Beethoven (Opus 133). Les notes de chaque instrument y sont représentées en temps réel (synchronisées à la bande son, jouée par de vrais instruments) :
- Rouge : Violon 1
- Orange : Violon 2
- Vert : Alto
- Bleu : Violoncelle
Pour une vision encore plus générale d'un morceau, voici le premier mouvement de la 5ème symphonie de Beethoven. Avec autant de parties instrumentales, cela devient confus par moments, mais c'est tout de même intéressant à voir :

On peut se poser la question de savoir si les notes affichées sont rigoureusement les notes que l'on entend. Ce que l'on trouve sur Internet n'étant pas toujours fiable...
A priori, ces vidéos me semblent sérieuses. L'auteur du montage (Stephen Malinowski) a utilisé (créé ?) un logiciel qui transcrit un fichier MIDI en une représentation graphique telle qu'on la voit ci-dessus. Le fichier MIDI ayant lui même été créé soigneusement note par note à partir d'une partition papier, le résultat devrait être conforme à l'oeuvre originale, normalement...
Le logiciel qui fabrique ces séquences s'appelle : MUSANIM (Music Animation Machine MIDI Player) et est un freeware.
Aller sur le site de musanim
Cubase: raccourci clavier pour transposer les notes MIDI
Par Tanguy - Tags
Séquenceur = Cubase
Astuce = Transposer par octaves successives
Envoyée par Olivier Robillard (compositeur)
Astuce : dans le piano roll de Cubase, un fois quelques notes sélectionnées, appuyer sur Shift+flèche du haut ou du bas pour déplacer celles-ci d'une octave (ou plusieurs, donc une octave par appui).
Et n'oubliez pas ! Une manip sur votre séquenceur qui vous paraît évidente ou complètement basique peut faire le bonheur d'un autre compositeur.
Cubase, Live, Reaper, Ardour, Logic, Sonar, Digital Performer, Samplitude Pro, Pro Tools etc...
J'ai rêvé que je participais à la Nouvelle Star..... version musique de film.
Par Tanguy - Tags
C'est dingue !
Je n'en crois pas mes yeux ! Je suis là au Pavillon Baltard, en direct, en prime, parmi d'autres candidats !
Chacun de nous a eu la semaine entière pour composer une musique orchestrale sur un thème choisi par le public. Je suis tombé sur le thème de "La traversée du désert en poney". Ce n'est pas très intéressant mais je suis quand même mieux lotis que le candidat n°9 à qui l'on a confié le sujet tant redouté par la profession : "la sauterelle moldave pendant la saison des amours".
Lorsque Vincent Perrot m'annonce au public, je ne sens plus mes jambes. Je ne peux plus reculer, je pense aux 1350 téléspectateurs (votants potentiels) haussant le son de leur home-cinéma : je ne dois pas les décevoir !
J'avance sur la scène, tout tremblant, tenant mon conducteur dans la main droite et quelques grigris dans la main gauche pour me porter chance (un porte clé de Lilo et Stitch ainsi qu'une mèche de cheveux roux que j'avais arrachée à mon idole au cours d'un voyage aux States).
Le London Symphony Orchestra (LSO) en personne s'est déplacé au grand complet pour interpréter dignement mon œuvre décisive. Je suis d'abord surpris de constater que la plupart des violonistes féminines n'ont pas l'allure de mannequins comme on en trouve dans l'orchestre Philharmonique, présenté par Nikos sur la chaine concurrente... Cela dit, lorsque les premières notes se font entendre, le son frais et pétillant du LSO me fait bien vite oublier les demoiselles susnommées.
Les premières mesures se passent relativement bien. Je me risque à lancer un regard confiant au public, puis aux quatre membres du jury.
Philippe Rombi semble penser à autre chose. Il faut dire qu'il a dû traiter le thème de "la traversée du désert en poney" mainte et mainte fois avant d'arriver en haut du sommet. La version personnelle que j'ai écrite pour l'occasion ne semble pas l'enthousiasmer plus que ça...
Eric Serra bat la mesure avec le pied tout en mâchouillant son stylo. Je devine en lui, le musicien caméléon qui touche à tous les instruments, pourvu qu'il y ait du groove. Je le soupçonne même d'écouter simultanément autre chose dans son i-pod.
Emilie Simon est radieuse. Elle griffonne quelques appréciations sur un bout de papier, mais j'ignore si c'est plutôt bon ou mauvais signe.
Seul Edouard Dubois reste impassible et incrédule devant l'interprétation. Il a pour habitude de fixer la baguette de direction pendant les 4 minutes consacrées à chaque candidat.
A l'issue de la prestation, le résultat est mitigé : 2 rouges (Philippe Rombi et Emilie Simon), un Bleu (Edouard dubois) et rien du côté d'Eric Serra qui continue de battre la mesure avec son pied....
Chacun y va de son petit commentaire : "trop old-school", "pas assez de présence sur scène", "mauvais choix d'orchestration", "taille de la baguette non réglementaire" etc... On assiste même à un conflit au sein du jury. Comme mes autres collègues, je me fiche un peu des commentaires, sachant que mon avenir dépend uniquement du vote du public. Ce seront donc les candidats les plus moches qui partiront en premier (j'ai bien fait de mettre de l'auto-bronzant).
Avant la décision ultime, on nous ressert la fabuleuse success story de Danny Sander, un gentil gars éliminé aux premières épreuves qui aurait décidé de raconter sa mésaventure dans un blog, produisant par la même occasion un véritable buzz sur Internet. Ensuite, des producteurs peu scrupuleux auraient profité de sa fulgurante popularité pour lui confier la BO du prochain film de Tarantino, suscitant la polémique entre vrais fans et spectateurs moqueurs...
Enfin arrive le moment fatidique. Le thème de Mission (Ennio Morricone) retentit tandis que Vincent Perrot se déplace lentement (une fois n'est pas coutume) vers les candidats liquéfiés, tout en décachetant une enveloppe blanche écrue. Tadaaaaaamm !!!
Alors, en fait, après j'ai dû me réveiller brusquement pour calmer l'une de mes filles qui pleurait dans son sommeil. Lorsque je me suis recouché, je n'ai pas réussi à reprendre le fil de ma belle histoire à Baltard... Je me suis mis à rêver que j'étais seul sur une île déserte ou je ne sais quoi, avec une dizaine de jolies blondes aux yeux bleus... les palmiers, la musique hawaïenne, le sable chaud... enfin rien de bien palpitant...
Etudier à la loupe l'orchestration d'un extrait musical issu d'une bande originale
Par Tanguy - Tags
Nous parlions, l'autre jour avec Louar52, de l'écoute attentive des grands maîtres du classique et de la musique de film, dans le but de nous familiariser avec l'orchestration et l'instrumentation.
Je pense que malgré les écoutes globales des symphonies ou des œuvres de John Williams, beaucoup de choses nous échappent. Je crois qu'il ne faut pas hésiter à faire des arrêts sur images pour décortiquer certains passages écrits par nos compositeurs préférés (si l'on ne souhaite pas passer par la lecture du score, souvent introuvable en ce qui concerne la musique de film, du reste).
Quand j'ai un peu de temps, j'écoute une BO dans mon ordinateur, avec un logiciel enregistreur (bouton "record" armé). Chez moi, c'est Cool Edit Pro ou Wavelab. Audacity fait très bien l'affaire aussi.
J'enregistre un passage qui me plaît :
Et je me pose la question : qu'est-ce que j'entends ?
- Crescendo initial : Note jouée par des instruments graves. Contrebasses et timbales en trémolo, avec probablement du tuba pour donner un son plus rond (peut-être aussi du basson ?). Puis, intervention des autres cuivres et cordes medium au milieu du crescendo. Trombones et trompettes medium, peut-être des cors. Le Gong ne me permet pas de savoir s'il y a des bois.
- Partie centrale : Rythmique saccadée faite par des snaps de cordes (sûrement samplés) et des sons de cymbales (pour l'aspect métallique et tranchant). Dessous, on perçoit effet orchestral très efficace : on dirait un tapis de cordes frottées et des trompettes en sourdine. Puis une petite harpe mystérieuse introduit une pose d'accord clairement interprétée par des bois (clarinettes, haubois et flûtes) et des cordes dans le registre medium-aigu ainsi que quelques cors pour soutenir l'accord.
- Avant dernier crescendo : Dans la continuité de la partie centrale, ce deuxième crescendo est très bien amené. Le chevauchement est très important en orchestration. Les trompettes, par exemple, se greffent sur les notes de violons tandis qu'un effet synthétique (à moins que ce soit encore un tapis de cordes frottées) apporte un côté dissonant au crescendo, qui finit par se déchirer avec les tambours sans timbre (comme des toms). Le crescendo final peut commencer :
- Crescendo final : Des violoncelles aigus et alti viennent doubler la rytmique (snaps samplés) tandis que les cors (voir quelques trombones), pas trop gras mais bien ronds se posent en accord dissonant bougrement efficace. Cordes discrètes mais pas de timbales ou cymbales en crescendo à cet endroit. Les cuivres medium prédominants décrivent à eux seul une certaine tension. Quelque chose de bien costaud va arriver à cet endroit du film.... Un ponctuation percutante (hit de timbales, enclume, tambour... tout ce qui fait du bruit) vient clôturer cet extrait. X-Men2 n'est pas une comédie à l'eau de rose ;-)
Je constate aussi que les effets orchestraux les plus persuasifs ne sont pas forcément construits en superposant un maximum d'instruments. Une petite note de harpe bien placée avec une note de cor suffit parfois à créer un suspense qui vous tient en haleine. On trouve beaucoup d'effets de ce genre dans des films comme Star wars, Jurassik Park ou Indiana Jones, entre les tutti orchestraux des scène épiques et d'action.
Etudier l'orchestration à partir d'un extrait d'une bande originale de film| Décortiquer un passage musical pour analyser l'orchestration| Etudier l'orchestration à partir de l'écoute concentrée des musiques des grands maîtres| Etude d'un extrait de la bande originale de Xmen2 de John Ottman| L'orchestration et l'instrumentation peuvent s'apprendre en analysant de la musique classique| Le chevauchement des instruments est important dans l'orchestration| Des orchestrations pour créer des ambiances de suspense qui tiennent en haleine| Les orchestrations parfaites de John Williams crée des ambiances et des atmosphères très efficaces| Il y a dans Star Wars ou Indiana Jones des effets orchestraux qui tiennent l'auditeur en haleine| J'utilise Cool Edit Pro pour enregistrer de la musique
Quelques exemples de répétition dans la musique de film.
Par Tanguy - Tags
Je crois que c'est mon paternel qui m'a dit un jour :"Fiston, dans une musique les gens retiennent surtout l'intro, la fin et les répétitions"
La répétition d'une phrase mélodique ou d'un rythme se fait de manière naturelle et spontanée dans le domaine de la chanson, mais je pense qu'elle est aussi largement employée dans la musique de film, de manière plus subtile (plus cachée, je dirais).
Il arrive que les compositeurs dupliquent un petit passage de sorte qu'on puisse l'entendre 2 fois de suite. ça ne fait pas de mal à la structure du morceau et ça permet à l'auditeur de s'imprégner du thème. En parcourant diverses BO, je m'aperçois que peu de passages sont réellement "clonés". A chaque fois, la répétition présente une petite variation, ce qui apporte un peu plus de richesse à l'ensemble. Voici quelques astuces à appliquer sur la partie répétée, afin d'éviter la redondance :
- Ajouter des notes accidentelles :
The Grinch (James Horner)
- Modifier légèrement la mélodie :
L'été de Kikujiro (Joe Hisaishi) - Reprendre la mélodie par un autre instrument :
Dinosaur (James Newton Howard)
- Enrichir l'orchestration (doublures) :
Interview With The Vampire (Elliot Goldenthal)
- Varier la hauteur (changement d'octave) :
Thème de Solenn (Tanguy Follio)
- Passer de mode majeur à mode mineur :
Signs (James Newton Howard)
- Changer de nuance :
La rue des cascades (Yann Tiersen)
- Varier l'harmonie (ce sont les accords qui changent) :
The Nightmare Before Christmas (Danny Elfman)
- Varier le rythme :
Victor Hugo (Tanguy Follio)
- Changer la tonalité :
The Polar Express (Alan Silvestri)
Alan Silvestri, champion du monde de la répétition par changement de tonalité
par intervalle de 3 demis-tons vers le bas ou vers le haut ;-)
Analyse des reprises dans la musique de film| Etude de différents cas de répétition musicale que l'on trouve fréquemment dans la musique de film| Voici quelques exemples de répétitions sélectionnées à partir de bandes originales| Alan Silvestri utilise beaucoup le principe de répétition de ses leitmotivs en procédant par des changements de tonalité| La musique sera plus riche si vous appliquez un changement même discret à la partie qui est répétée| En musique il est possible de faire es reprises ou des répétitions de leitmotivs tout en évitant la redondance| Faire varier la mélodie ou l'harmonie pour éviter la redondance| Faire varier les nuances ou l'orchestration pour que la musique ne paraisse pas trop répétitive| Dans une musique les gens retiennent essentiellement l'intro la fin et les répétitions| Certaines répétitions rythmiques ou mélodiques peuvent être nécessaires pour donner une structure à la musique
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