Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

Démonstration de virtuosité à la caisse claire et aux tambours


Spectacle avec des tambours : un drum show particulièrement percutant !


Battery Battle : une vidéo trouvée sur Youtube :



Le côté spectaculaire commence vers la quatrième minute. Les drummers sont tous parfaitement en rythme : précision et synchronisation optimale, à faire rougir les petits lapins Duracell...

Pourquoi ne pas lire aussi :


Ma méthode concernant l'ajout de percussions orchestrales dans une musique de film d'action.


Bon, dans le titre j'ai écris "ma méthode" mais à mon avis, ça n'a rien d'exceptionnel. Je pense que beaucoup de compositeurs travaillent de la même manière. Je décris ici le type de percussion que j'utilise et à quel moment de la phase de création je les place dans le mix.

En fait, comme l'orchestration des autres pupitres, les percussions (cymbale, timbales etc...) sont insérées au fur et à mesure que les idées me viennent. Ce qui est sûr, c'est que je n'ai jamais commencé par poser une ligne de percussion me servant d'élément de base pour composer le reste. Ordinairement, je place les premières percussions quand j'ai déjà une première forme mélodique, grossièrement orchestrée.

Je commence souvent par les timbales, car elles produisent des notes (je peux tester rapidement si ça passe ou pas avec les autres instruments). De temps en temps, il m'arrive de faire des doublures :
  • Doublures entre percussions :
    - Timbales + caisse claire
    - Timbales + grosse caisse

  • Doublures avec d'autres familles d'instruments :
    - Timbales + pizzicati de contrebasse
    - Xylo + piccolo + Violons aigus
    - Staccatos de cordes + caisse-claire
    - Glockenspiel + flûte et/ou pizzicati de violons

Ci-dessous, un exemple chronologique d'insertion de percussions orchestrales (+ les percus électro du billet précédent).
Il s'agit toujours d'un extrait de VENDOME (en fait, je n'ai pas composé de musique hollywoodienne depuis). C'est promis, après ce billet, je ne ne vous harcèle plus avec notre super héros national à collants moulants.

gargouille vendome
Attention gargouille méchante !
(personnage créé par D. tomaszewski)


Fighting a gargoyle :

  1. Tapis orchestral de base :


  2. Timbales + caisse-claire + sounds FX (snap, boum )


  3. Percus électro (cf billet précédent)


  4. Cymbales + hi-hat + gong


  5. Orchestration finale (ajout de cuivres et de chœurs et encore qq FX)



Note : Vendome possède son propre myspace. Actuellement, c'est une musique de David Arnold (Casino Royal) qui habille musicalement la page. Une musique parfaitement bien réalisée en terme d'électro orchestral.

Retraite vers le futur : voyage interactif dans votre future retraite !


Le site en flash Retraite vers le futur mis en place par la Caisse Nationale de l'Assurance Vieillesse (CNAV) propose de découvrir de manière ludique le fonctionnement du système des retraites.

Cela commence par une présentation par Pierre Hatet (voix du doc dans BTTF) déguisé en... doc. S'en suit alternativement des quizz sur vos connaissances dans le domaine de la caisse de retraite, ainsi qu'un jeu de voiture (2D). La réalisation est signée Paraschool, le directeur artistique est Stéphane Berla.

Retraite vers le futur


J'y ai fait la musique du thème principal ainsi que la BO du jeu de voiture. La partition est très inspirée "Retour Vers le Futur" comme on peut s'en douter :)) Ceux qui me connaissent l'ont certainement déjà entendue sur mon Myspace.
Par contre, la musique de fond que l'on entend pendant les Quizz a été composée par une autre personne (dont j'ignore le nom).

La conception date de 2008. Je n'en parle que maintenant car j'ignorais que le site était en ligne. Je suis tombé dessus par hasard...

Fréquences des instruments. Vers une meilleure égalisation pour un mix symphonique...


Il y a 3 ans, je posais la question par mail à plusieurs ingénieurs du son, pour savoir s'il existait une procédure spécifique dans l'égalisation les instruments de l'orchestre symphonique (des fréquences à éviter, d'autres à renforcer). Car il est vrai que le web offre des réponses essentiellement axées sur le mix de formations pop-rock, mais pas beaucoup d'infos sur le mixage d'instruments classiques.

Parmi les quelques réponses, pour la plupart évasives, il y en eut une particulièrement claire : "jamais d'égalisation sur les instruments de l'orchestre symphonique". Peut-être que l'ingénieur du son avait travaillé essentiellement sur l'enregistrement live de musique classique. Mais en session de musique de film, je ne sais pas ce qu'il en est (n'ayant pas encore eu la joie de faire enregistrer mes musiques par un vrai orchestre, je ne préfère pas m'avancer).

Malgré tout, pour ceux qui utilisent les samples, je pense qu'il est intéressant d'égaliser correctement certains instruments pour éclaircir ou alléger le mix.
Ci-dessous : un lien, conseillé par Alex, qui pointe vers un tableau récapitulatif des "fréquences fondamentales" et des "fréquences harmoniques" pour chaque instrument de l'orchestre symphonique. Classement par famille d'instruments (bois, cordes, cuivres, percussion) + voix humaines.



Pour paraphraser le mémo intéressant écrit par Ziggy's sonorisation (ici) :
  • Les fréquences fondamentales d'un instrument peuvent être accentuées pour lui donner de la profondeur et de la chaleur. A l'inverse, en diminuant ces fréquences, l'instrument aura un son plus fin.

  • Les fréquences harmoniques confèrent une certaine couleur à l'instrument, et donc une certaine présence dans le mix. On doit normalement faire ressortir la couleur ou la clarté d'un instrument dans le mixage en accentuant ses fréquence harmoniques.

  • Pour chaque instrument, on peut atténuer (voir supprimer) les fréquences graves inutiles, c.a.d celles qui sont situées sous les fréquences fondamentales : de cette manière, on libère des fréquences du spectre sonore, laissant de la place aux instruments les plus graves comme la contrebasse ou la grosse caisse, ou les timbales... ou la voix de ma femme au réveil (ho ho ho).

Un equalizer (avec courbe) comme celui qui est intégré dans Cubase me permet de travailler rapidement. Il existe aussi des égaliseurs sous forme de plug-ins.

Egaliseur Cubase

Egalisation dans Cubase 5 :
Je sélectionne une fréquence, puis je l'accentue ou je l'atténue.


Un exemple de leitmotiv qui m'a servi d'élément de base pour composer une musique d'action.


Leitmotiv (nom masculin)
Motif musical repris plusieurs fois dans une même œuvre. Propos qui revient sans cesse.

Il faut souvent un point de départ pour construire une musique : un matériau musical à partir duquel on va développer une thématique. Cela peut être une mélodie, une rythmique, un enchainement d'accords...

Dans le cas d'une musique d'action que j'ai faite il y a quelques mois, je me suis basé sur le leitmotiv ci-dessous, unique point de départ :

Leitmotiv piano



Joué comme ça, ce n'était pas franchement impressionnant...


Alors j'ai fait jouer ce leitmotiv en trémolo par des violoncelles, afin d'apporter une base mystérieuse et "mouvante" : pour créer une atmosphère un peu stressante (vitesse, panique). En même temps, j'ai essayé de créer un effet de va et vient en jouant sur les nuances (p-f-p) comme pour imiter des bourrasques de tempête.

Par moments, j'ai voulu doubler ces mêmes notes en staccato par des cuivres (essentiellement des cors français), pour appuyer le côté "action".
fleche fleche
Joué par des violoncelles en trémolo :
Joué par des cors en staccato :
Notes de cors
Notes de violoncelles
Mystérieux et fluide Martial et haché


Ensuite, j'ai placé des boucles de rythmes (Stormdrums, 150 bpm) et j'ai commencé à chercher diverses mélodies jouées par des instruments aigus (violons flûtes, xylophone, caisse-claire etc...).

Ecouter un extrait :


Bon, à l'écoute, on s'aperçoit que le leitmotiv de base joué par les violoncelles n'apparait plus comme l'élément principal. Pourtant il revient de manière récurrente et apporte ce petit côté anxiogène que j'aime bien...

Voilà, juste pour dire qu'avec les mêmes notes, on peut créer des effets en jouant sur les nuances, l'orchestration (violoncelles, cors etc... ) et la notation (trémolos, piqués etc...). Souvent, quand je cherche des notes au piano, j'essaie de penser à la couleur orchestrale que je vais créer (de manière à apporter le sentiment désiré par le réalisateur).

Les staccatos : comment atténuer l'effet machine ?


Quiconque fait de la musique assistée par ordinateur connait le problème de la note répétée x fois en doubles croches. Cela donne un joli son de machine à écrire, très robotisé mais pas du tout authentique.

Les joueurs d'instruments à vent utilisent le "coup de langue" pour juxtaposer très rapidement les notes (avec la langue, ils font ta ka ta, au lieu de ta ta ta). Quand aux violonistes, ils alternent les coups d'archets (haut bas haut bas...).
On constate que ce qui permet d'aligner les notes, c'est le changement dans l'attaque de chaque son.

L'idée, avec l'ordinateur, c'est d'essayer de faire la même chose (sans pour autant s'attendre à un miracle) :

- Concernant les cordes, beaucoup de banques de sons proposent 2 samples de staccatos : un son de stac 1 qui joue probablement un coup d'archet vers le haut, et un son de stac 2 qui joue probablement un coup d'archet vers le bas. Il suffit de faire jouer le stac 1 une note sur 2, puis le stac 2 les autres notes. Pour cela, j'utilise 2 pistes midi différentes (on peut aussi le faire sur une seule piste si la banque de son fournit un programme qui alterne directement les stacs 1 et 2).

Avant :


Après :



- Concernant les instruments à vent, c'est la même chose (alternance de stacs 1 et stacs 2). Mais les banques de sons ne fournissent pas toujours un deuxième jeu de stacs. Dans ce cas, j'essaie de déquantifier certaines notes en les décalant de qq dixièmes de secondes, et j'essaie de faire varier les vélocités. Le but étant de ne pas avoir x fois une note identique. C'est ce que j'ai essayé de faire dans l'exemple ci-dessous, ne disposant que d'un stac 1 de trompettes et de cors :

Avant :


Après :


OK, c'est pas flagrant, la différence est plus que minime...

Pour limiter l'effet mitraillette, je vais mixer tout ça avec un motif de percus. Personnellement, je trouve qu'avec l'aide d'un clavier maître, il est plus facile de rendre authentique un phrasé de doubles croches aux percus, qu'avec des violons ou des trompettes (probablement qu'un percussionniste penserait le contraire, mais bon...)

Motif percussions (caisse-claire, xylophone, timbales...) :


Et puis, pour diminuer encore l'aspect monocorde, je double certaines parties de manière graduelle. Par exemple, je double les violons à l'octave mais seulement à partir du milieu du phrasé. Tout en prenant soin à chaque fois de déquantifier quelques notes.

Cordes + cuivres + percus :


C'est déjà un peu mieux, bien qu'encore loin du réalisme d'un vrai orchestre. Cela dit, le phrasé que j'ai utilisé pour illustrer ce billet n'est pas des plus simples non plus (rapide et beaucoup de notes en enfilade).


Cet autre extrait, que j'ai composé avec la même méthode, sera peut-être plus parlant :


(C'est un petit extrait qui provient d'un billet que j'ai écris dernièrement sur les transitions)

Travailler sur les boucles de percussions pour les intégrer au mix orchestral


Suite à la question posée par Simon, qui aimerait bien avoir 2 ou 3 petits trucs à propos des percussions, j'écris quelques lignes sur la méthode que j'utilise le plus souvent : le découpage et l'assemblage de boucles rythmiques (je garde l'utilisation des timbales, caisse-claire, cymbales et sounds FX pour le billet qui va suivre).

Avant tout, sachez que je ne suis pas un spécialiste dans le domaine de l'électro-orchestral. Dans l'idéal, il faudrait poser la question directement à John Powell, expert en la matière. Je lui en toucherai 2 mots quand je le verrai... (ha ha ha).

Bon, alors, moi je possède 2 ou 3 plugins intéressants pour construire des boucles rythmiques : Stormdrum, Stylus RMX et parfois Xphraze. Le Stormdrum propose des boucles très convaincantes orientées musique de film d'action (à la Mediaventure). RMX est plutôt orienté batterie que percussion, avec du très gros son qui groove bien. Le Xphraze offre des pads rythmiques avec des sonorités synthétiques, très utiles pour créer un tapis sonore sous mixé. Tous les 3 proposent des boucles dont le tempo s'adapte au métronome du séquenceur, ce qui est très pratique.

L'utilisation des boucles préfabriquées par le constructeur peut amener les compositeurs à céder devant la facilité et finalement créer des musiques qui se ressemblent (un clonage stylistique comme on peut le constater chez les utilisateurs de Garageband). Heureusement avec Stylus RMX et Xphraze on peut programmer soit même les boucles de percussions (ou tout du moins les modifier allègrement) ce qui apporte un caractère personnalisé et original.

Pour aller encore plus loin dans la personnalisation, n'hésitez pas à enregistrer en audio vos boucles préfabriquées, puis de les découper, les recoller à d'autres endroits, les mixer avec d'autres boucles etc... en faisant votre "petite cuisine", vous verrez que vous pourrez créer de nouvelles boucles, bien à vous et surtout adaptées à votre passage musical. Le découpage se fait de manière très ergonomique dans un séquenceur car les rythmiques sont saccadées et répétitives :


loop


loop


loop


Exemple sonore :
(aucun rapport avec les images ci-dessus)

1- Matériau de base (boucles préfabriquées) :
  • Boucle issue de Stormdrum :


  • Boucle issue de Stylus RMX :



2- Après le découpage et l'assemblage :
  • Nouvelle boucle :


  • Dans le mix orchestral :



Voilà, donc là, vous constaterez que j'ai ajouté à la boucle rythmique quelques percussions orchestrales de façon à obtenir quelque chose d'encore plus consistant. D'ailleurs, j'ai un peu l'impression qu'à l'heure actuelle dans les blockbusters, c'est à celui qui fera le plus de bruit ! la musique n'échappe pas à ce phénomène très tendance...

Dans le billet suivant, je reprendrai le même extrait sonore (un peu plus long, même) pour vous faire écouter comment je place chronologiquement mes percussions. Généralement, c'est au milieu de la phase de création, au moment où j'ai déjà un peu de contenu orchestral.

Impôts : la déclaration des droits d'auteur dans le cadre des bénéfices non commerciaux (BNC) et le régime de la déclaration contrôlée


Le début du printemps est propice aux questions sur la déclaration de revenus issus de notre activité musicale.

Je fais un récapitulatif dans ce billet, mais ça ne concerne que les compositeurs qui sont dans le même cas que moi, c'est à dire : imposition des droits d'auteur selon le régime de la déclaration contrôlée des bénéfices non commerciaux (BNC).
(Démarche à suivre pour obtenir ce statut)

La déclaration contrôlée des BNC, c'est un formulaire (2035) qui nous est envoyé par le centre des impôts et qu'il nous faut remplir avec soin. Ce formulaire consiste à indiquer les recettes de l'année issues des droits d'auteur (tout ce qui n'est pas considéré comme "salaire" : les musiques que vous avez facturées, les droits SACEM etc...) puis de déduire les dépenses (une part du loyer, une part d'électricité, la CSG déductible, l'achat de matériel etc...). Evidemment, chaque dépense doit être justifiée et conservée (factures, tickets de caisse etc.).

[Personnellement, j'ai un classeur avec des pochettes plastiques dans lesquelles je place chronologiquement tous mes justificatifs de recettes et de dépenses. J'utilise en parallèle un logiciel de comptabilité libérale qui remplit directement le formulaire 2035].

La somme finale (appelée résultat fiscal) correspond donc au bénéfice de l'année précédente. Parfois, si l'année n'a pas été productive, il arrive que les dépenses soient plus grandes que les recettes ce qui donne un résultat fiscal négatif : un déficit.

Voilà donc à quoi sert ce formulaire 2035 : à établir la différence recettes-dépenses pour calculer un résultat fiscal imposable.
Le formulaire 2035 se compose en réalité de plusieurs feuillets (2035 K 2035 A 2035 B... ) avec une notice d'utilisation assez claire (enfin...tout est relatif).

Question : une fois le bénéfice calculé, doit-on reporter la somme sur notre feuille d'impôt "classique" que monsieur tout le monde reçoit un peu plus tard (aux mois d'avril-mai, c'est ça ?), le fameux 2042 !

Il faut effectivement reporter la somme des BNC, mais pas sur la 2042 que tout le monde reçoit : il faut remplir un formulaire "complémentaire" (donc à part) le 2042 C qu'il est possible de télécharger sur le site impots.gouv.fr (le formulaire de 2008 est enfin en ligne !). Après quoi il suffit de cocher la case dans le formulaire 2042 qui s'intitule : "si vous déposez une déclaration 2042 complémentaire"

Notes : les formulaires fiscaux sont très changeants d'une année à l'autre. Ce qui est valable en 2008 ne le sera peut-être pas en 2009...

Dans le formulaire 2042 on déclare :

formulaire 2042

Case AJ ou BJ : tous les salaires, comme ceux issus de la musique
en tant que prestataire technique (+ d'infos)
et/ou salaires issus d'une autre activité (boulot alimentaire en parallèle)

Case AP ou BP : Le chômage (provenant d'un ancien travail, ou de l'intermittence)


Dans le formulaire 2042 C on déclare les BNC :

formulaire 2042C

Les adhérents d'une association agréée (AGA), inscrivent la somme dans la case QC.



Un mot pour les compositeurs qui ont opté pour le Régime spécial BNC (ou micro BNC) : pas de formulaire 2035 à remplir. Il suffit juste d'indiquer vos revenus brutes issus des droits d'auteur dans la case HQ du formulaire 2042 C. Vous disposerez automatiquement d'un abattement (je ne connais pas le pourcentage de cette année).

Consulter un article complet sur la rémunération des compositeurs.

Le Sacre du Printemps (Stravinsky) interprété avec les samples de la Vienna Symphonic Library.


Programmé et mixé par Jay Bacal, à partir de la VSL (Vienna Symphonic Library), le célèbre ballet composé par Igor Stravinsky sonne particulièrement bien pour du virtuel.

On peut écouter les 2 tableaux (et si l'on veut, chaque scène séparément) en cliquant ici

Un travail de longue haleine (6 mois) en ayant pris comme repère des enregistrements dirigés par Leonard Bernstein et Seiji Ozawa.
  • Entrée de toutes les notes
  • Calage du tempo (accélérations, rubato etc..)
  • Articulations expressions de chaque instrument (1 par 1)
  • Affinement du tempo
  • Doublure des cordes par des cordes solo (pour plus de réalisme)
  • Traitement audio (compression, égalisation, réverbe)
  • Mixage

Je salue le mérite de Jay Bacal pour ce travail de fourmi, car rendre des phrasés le plus réalisme possible n'est pas chose facile, surtout sur une telle durée. D'autant plus que Le Sacre du Printemps a été écrit pour un orchestre XXL, avec une instrumentation imposante :

1 piccolo, 3 flûtes, 1 flûte alto, 4 hautbois, 1 cor anglais, 1 petite clarinette en ré et en mib, 3 clarinettes en sib et en la, 1 clarinette basse sib, 4 bassons, 1 contrebasson, 8 cors, 1 petite trompette en ré, 4 trompettes en ut, 3 trombones, 2 tubas, 5 timbales (deux musiciens), grosse caisse, tam-tam, triangle, tambour de basque, guiro, 2 cymbales antiques, violons 1, violons 2, altos, violoncelles, contrebasses (nombreux divisi chez les cordes).

Etudier à la loupe l'orchestration d'un extrait musical issu d'une bande originale


Nous parlions, l'autre jour avec Louar52, de l'écoute attentive des grands maîtres du classique et de la musique de film, dans le but de nous familiariser avec l'orchestration et l'instrumentation.

Je pense que malgré les écoutes globales des symphonies ou des œuvres de John Williams, beaucoup de choses nous échappent. Je crois qu'il ne faut pas hésiter à faire des arrêts sur images pour décortiquer certains passages écrits par nos compositeurs préférés (si l'on ne souhaite pas passer par la lecture du score, souvent introuvable en ce qui concerne la musique de film, du reste).

Quand j'ai un peu de temps, j'écoute une BO dans mon ordinateur, avec un logiciel enregistreur (bouton "record" armé). Chez moi, c'est Cool Edit Pro ou Wavelab. Audacity fait très bien l'affaire aussi.

J'enregistre un passage qui me plaît :


X-MEN 2 (John Ottman)

X-men2 dans Cool Edit Pro

Ecouter l'extrait :



Et je me pose la question : qu'est-ce que j'entends ?
  • Crescendo initial :
  • Note jouée par des instruments graves. Contrebasses et timbales en trémolo, avec probablement du tuba pour donner un son plus rond (peut-être aussi du basson ?). Puis, intervention des autres cuivres et cordes medium au milieu du crescendo. Trombones et trompettes medium, peut-être des cors. Le Gong ne me permet pas de savoir s'il y a des bois.

  • Partie centrale :
  • Rythmique saccadée faite par des snaps de cordes (sûrement samplés) et des sons de cymbales (pour l'aspect métallique et tranchant). Dessous, on perçoit effet orchestral très efficace : on dirait un tapis de cordes frottées et des trompettes en sourdine. Puis une petite harpe mystérieuse introduit une pose d'accord clairement interprétée par des bois (clarinettes, haubois et flûtes) et des cordes dans le registre medium-aigu ainsi que quelques cors pour soutenir l'accord.

  • Avant dernier crescendo :
  • Dans la continuité de la partie centrale, ce deuxième crescendo est très bien amené. Le chevauchement est très important en orchestration. Les trompettes, par exemple, se greffent sur les notes de violons tandis qu'un effet synthétique (à moins que ce soit encore un tapis de cordes frottées) apporte un côté dissonant au crescendo, qui finit par se déchirer avec les tambours sans timbre (comme des toms). Le crescendo final peut commencer :

  • Crescendo final :
  • Des violoncelles aigus et alti viennent doubler la rytmique (snaps samplés) tandis que les cors (voir quelques trombones), pas trop gras mais bien ronds se posent en accord dissonant bougrement efficace. Cordes discrètes mais pas de timbales ou cymbales en crescendo à cet endroit. Les cuivres medium prédominants décrivent à eux seul une certaine tension. Quelque chose de bien costaud va arriver à cet endroit du film.... Un ponctuation percutante (hit de timbales, enclume, tambour... tout ce qui fait du bruit) vient clôturer cet extrait. X-Men2 n'est pas une comédie à l'eau de rose ;-)

Je constate aussi que les effets orchestraux les plus persuasifs ne sont pas forcément construits en superposant un maximum d'instruments. Une petite note de harpe bien placée avec une note de cor suffit parfois à créer un suspense qui vous tient en haleine. On trouve beaucoup d'effets de ce genre dans des films comme Star wars, Jurassik Park ou Indiana Jones, entre les tutti orchestraux des scène épiques et d'action.

Exemple de plans sonores et phénomène de résonnance dans une orchestration. Extait d'une bande originale de Jerry Goldsmith


Dans ce petit extrait, on distingue très nettement 3 plans d'orchestration :

Hollow Man (Jerry Goldsmith) :


Nous avons d'une part une mélodie stridente jouée par des instruments aigus (violons, flûtes) et d'autre part des ponctuations agressives en saccades jouées par des cuivres et des percussions (trombones, grosse caisse, timbales).

Le volume sonore de ces 2 parties sont à peu près identiques. On ne peut pas vraiment dire lequel est en avant et lequel est en arrière plan. Je crois que c'est notre humeur du moment qui fait qu'on va plutôt remarquer tel ou tel plan sonore en premier. Et puis, ça peut changer en cours d'écoute.

Par contre :
Entre ces 2 plans extrêmes (du point de vue des couleurs orchestrales), s'est glissé un troisième plan sonore, plus discret mais au combien utile : un petit leitmotiv récurrent joué par des cordes dans les médiums-aigus, à la manière d'un écho. Ce tapis rythmique a son importance car, d'une part il va apporter du "mouvement", et d'autre part il va lier l'ensemble pour le rendre moins sec (un peu comme le lait qu'on ajoute à la farine et les œufs pour faire des crêpes). Cet aspect technique très souvent utilisé en orchestration s'appelle la résonance...


Hollow Man Goldsmith Jerry Goldsmith
Hollow Man Jerry Goldsmith
 
(1929-2004)

Les sites de l´annuaire :
  • Pierre-Yves Plat, instrumentiste classique contemporain


    Pierre-Yves Plat, instrumentiste classique contemporain  Pierre-Yves Plat a commencé le piano classique a l’âge de cinq ans avec Marie-Claude Legrand. Sa personnalité et son sens inné du rythme le portent spontanément vers le ragtime, le boogie et le stride puis vers l’improvisation, qu’il découvre auprès d’artistes comme Edouard Ferlet (Prix du meilleur pianiste de Jazz à Berkeley en 1992) ou Fabrice Eulry, « le Chopin du boogie ». C’est a l’instigation de ce dernier qu’il enregistre un premier disque de ragtime en 1996 et commence a se produire sur scène. Il a joué depuis dans de nombreuses salles a Paris et en province et participé régulièrement a des festivals de blues, de ragtime et de boogie-woogie (Petit Journal Saint-Michel et Montparnasse, Lattitude Jazz Club, etc.), ainsi qu’a l’animation musicale de l’hôtel palace George V. Encouragé par le grand succès de ses libres ré-interprétations de Bach et Chopin, Pierre-Yves Plat poursuit un cycle de compositions a partir d’œuvres de Haendel, Mozart, Beethoven, Listz, etc. Ses variations, réunies dans l’album 'Pourquoi Pas', s’appuient sur une étonnante virtuosité et répondent a son tempérament profond qui allie, non sans malice, le goût de structures classiques et le plaisir d’échappées rythmiques vers d’autres styles musicaux. Pierre-Yves Plat poursuit une carrière en solo en proposant notamment un spectacle musical ('Vous avez dit Classique ?'). De Chopin à Ray Charles, l’artiste s’amuse beaucoup sur scène ; tantôt il jette un œil goguenard à son public, tantôt il se crispe sur un accord, sur une note et conserve sa position pendant quelques secondes, comme en recherche d’équilibre. Entre deux accords, il réajuste son tabouret, s’essuie le front, bref, donne une grande liberté à son jeu qui, du coup, semble facile... Le jeune virtuose réussit même le tour de force de faire chanter l’assistance, de manière complètement inattendue. Pierre-Yves Plat réussit une traversée musicale entre humour et fantaisie, classique et jazz : un véritable show !
    Thèmes abordés : Enregistrement de l'album-CD 'Récréations' (Piano solo), Enregistrement de l'album-CD 'Pourquoi Pas' (Piano solo), Nombreux concerts de piano solo, Ludvig Van Beethoven, Frédéric Chopin, Johannes Brahms, Johann Sebastian Bach.
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  • Surghjenti musique corse actuelle


    Surghjenti musique corse actuelleSurghjenti Source n. f. (de sourdre) Eau jaillissant du sol, lieu d’où elle jaillit. | Fig. Principe, cause, origine. En Corse, le chant est immanent à l’Histoire. Comme un jaillissement inspiré à la source d’une tradition vocale séculaire, SURGHJENTI incarne la reconnaissance d’une forte empreinte culturelle. Alors que le Riacquistu (le « renouveau ») des années soixante-dix, mouvement populaire identitaire, célèbre l’avènement d’un bouleversement culturel dans l’île, le point de départ des créations de SURGHJENTI se situe dans les profondeurs du passé… La base vocale traditionnelle dans la polyphonie corse est constituée de trois voix : a siconda (la voix principale), u bassu (la basse) et a terza (la tierce). Dirigé vers une structure plus moderne et plus complexe, SURGHJENTI enrichit cette forme initiale de canons, de voix de quarte, etc. Le groupe est composé de quatre chanteurs aux voix très différentes mais participant à une véritable cohésion vocale, ample et claire. A ces voix se joignent, selon les spectacles, des instruments contemporains tels qu’un piano, un accordéon, une basse, des percussions ou des guitares. A la plénitude de son art, SURGHJENTI se produit aujourd’hui en concert sur scène ou en acoustique dans les églises, partout dans le monde : du Canada au Mexique, de la Suisse au Japon… Initialement traditionaliste, SURGHJENTI est avant tout un groupe de création, bien évidemment inspiré par la « tarra materna » de sa Corse natale, mais également par des thèmes à plus large portée, qu’ils soient populaires ou d’actualité. Son répertoire prodigue en fait une passerelle entre présent et passé : avec ses influences pop-folk , SURGHJENTI traverse les époques et met en relief les textes de nombreux poètes de l’île. Le spectacle de SURGHJENTI intitulé ORMA (« L’Empreinte »), est principalement un spectacle de créations, exhalant beaucoup d’émotion et de vie. Le groupe est particulièrement attaché à cette représentation, car elle illustre son souci de préserver une culture vivante. La recherche vocale y est poussée, les timbres de voix y sont maîtrisés pour l’acquisition d’une harmonie parfaite. La poésie des textes, œuvres de talentueux auteurs corses, s’inspire de thèmes universels, tels que l’amour, la paix, etc. Un répertoire pop-world
    Thèmes abordés : Bande originale du dernier film de José Giovanni 'Mon père' avec Bruno Cremer, Album DA PETRA E DA VENTU (1996), Album LA SOURCE (1998), Album RAMENTI (2000), Album ORMA (2003), Notoriété internationnale, Concerts en Amérique latine, Canada, Europe, Asie..., Polyphonie corse, Pop-folk.
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