Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Envoyer un cd à une boite de prod


Définir l'ordre des musiques sur un CD démo. Un choix subtil et judicieux pour démarcher les boites de production.




Juste une petite précision à propos du billet sur le mastering.

C'est également au cours du mastering que l'on choisit l'ordre des pistes que l'on ma mettre sur un CD.
Cela paraît anodin, mais il y a des choix judicieux à faire. Certes, la création d'un album concerne essentiellement le domaine de la chanson. Mais pour un jeune compositeur qui souhaite faire découvrir son travail, il est important de bien choisir l'ordre de ses morceaux de musique avant d'envoyer un CD à une boite de production ou à un réalisateur.

L'idée que se fait un professionnel sur la qualité de votre musique prend moins d'une minute. Donc, je conseille de ne pas mettre en première piste, une oeuvre qui possède une intro à n'en plus finir (la musique doit interpeler dès les 5 premières secondes). Idem pour le son : ne placez pas en début de CD, une musique qui sonne cheap par endroits (même si vous êtes particulièrement fiers de l'écriture).

Très important : cibler le contenu de votre Cd pour répondre aux attentes du destinataire :

Un souvenir d'un commentaire du réalisateur Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien) à propos des CD démo qu'il reçoit régulièrement : "Les musiques sont souvent belles, mais on a toujours l'impression que le compositeur cherche à nous montrer l'étendue de ses possibilités (voyez comme je sais faire du jazz, de la musique ethnique, du symphonique, et même de la techno !). Et bien moi, en tant que réalisateur, je souhaiterais recevoir un Cd qui contienne la musique de mon prochain film !"

Donc, à nous de nous renseigner sur l'actualité du cinéma (les films en projet, en préparation, en tournage) et de cibler nos envois. En d'autres termes, ce n'est peut-être pas la peine d'envoyer des musiques épiques à un réalisateur qui souhaite réaliser prochainement une comédie dramatique...

Une dernière chose sur le choix des boites de production : ne rêvons pas, aucun producteur ne prendra le risque de miser un budget colossal sur un compositeur qui n'a pas fait ses preuves (c'est comme les anonces ANPE : Expérience exigée !). Bref, ça ne sert à rien pour un jeune compositeur (à part s'il aime jouer au loto) d'envoyer un CD aux très grosses boites en espérant que....
Au départ, il vaut mieux cibler les petites et moyennes boites de production, puis se fidéliser et grandir ensemble.

Lire également le billet : trouver du travail dans la musique de film.

Pourquoi ne par lire aussi :


Le principe de la TVA


Quelques explications, fournies par Bernhard Elsner, pour bien comprendre ce qu'est la TVA :

En fin de compte la TVA est payée seulement par le consommateur final dans la chaîne commerciale.

Prenons un exemple avec des nombres simples et arrondis, soit des TVA de 20 (au lieu de 19,6) et de 5 (au lieu de 5,5) :
A vend à B pour 100 € HT et B vend à C (consommateur final) pour 200 € HT.

  1. A est un fabriquant de bois, B un menuisier, et C un particulier.

    • A reçoit de B : 100 € + 20 € (TVA de 20 %)
    • B reçoit de C : 200 € + 40 € (TVA de 20 %)

    Le Trésor Public reçoit de A : 20 € et reçoit de B : 40 €
    mais en même temps restitue à B : 20 € (la TVA déboursée par B en achetant chez A).

    Au final, le Trésor Public garde 40 €, c'est-à-dire la TVA payée par C, le consommateur final.


  2. A est un magasin de banques de sons, B est compositeur, C est une boite de prod.
    La TVA facturée par A est de 20%, la TVA facturée par B est de 5%.

    • A reçoit de B : 100 € + 20 € (TVA)
    • B reçoit de C : 200 € + 10 € (TVA)

    Le Trésor Public reçoit de A : 20 € et reçoit de B : 10 €
    mais en même temps restitue à B : 20 € (la TVA déboursée par B en achetant chez A).

    Au final, le Trésor Public garde 10 €, c'est-à-dire la TVA payée par C, le consommateur final.

    Dans ce cas précis (le notre !), le compositeur B devient créditeur de 10 € de TVA chez le Trésor Public. Il peut les réclamer par virement ou, plus souvent, il garde ce crédit pour la prochaine période de calcul.

Un compositeur peut-il être intermittent du spectacle ?


OUI, mais uniquement en tant que prestataire technique (musicien, programmeur, mixeur etc...) et non comme compositeur au sens propre.

Ce n'est pas difficile, avec l'informatique musicale et les home-studios de plus en plus sophistiqués, il est tout à fait possible pour un compositeur de séparer son travail en 2 catégories :
  1. Le travail d'auteur (la composition au sens propre), immatériel qui entre dans le cadre de la propriété intellectuelle et pour lequel le compositeur reçoit des droits d'auteur : la note d'auteur (facture + Agessa) et/ou les droits SACEM.

  2. Le travail technique, comme la prise de son d'un instrument extérieur, l'interprétation instrumentale, Le mastering des maquettes, la programmation des synthétiseurs, la mise en partition pour la société d'édition ... pour lequel le compositeur peut demander à être payé en salaire (nombres d'heures travaillées quantifiables). C'est cela qui va permettre au compositeur de prétendre à des indemnisations chômage. Bien entendu, sur sa fiche de paie, il n'est pas mentionné comme compositeur mais, par exemple, comme musicien (ou autre activité énumérée dans la liste non exhaustive ci-dessus)
Côté Assédic, on vous demande de cumuler, en 10 mois, 507 heures de travail payées par vos employeurs sous forme de "cachets" en tant que salarié (par des cachets forfaitaires de 8h ou 12 h)
Voir détails sur le calcul des heures.


Bref, pour un même projet, légalement il faudrait penser à différencier la part intellectuelle et la part technique : 80/20 ou 50/50 ou 30/70 .... et d'être payé en conséquence : soit 2 types de rémunération faisant l'objet de 2 contrats bien distincts.

Pour l'employeur (une boite de prod par ex) cela ne change rien :
En salaire, les charges sont plus lourdes pour le compositeur. En outre il pourra bénéficier plus facilement du chômage.
En droits d'auteur (facture), les charges sont moins lourdes pour le compositeur. Mais pas d'indemnisations ASSEDIC en contrepartie.

Pour plus de précisions sur le dispositif d'indemnisation des intermittents : consulter le site de l'ASSEDIC

Merci à Thierry Dolz, Bruno Bertoli, Laurent Juillet et Damien Deshayes pour leurs témoignages qui m'ont permis d'y voir plus clair...

Consulter un article complet sur la rémunération des compositeurs.

Qui a composé la musique de la pub...


C'est en allant sur le site de Evgueni Galperine que j'ai découvert qu'il avait composé la musique de la pub pour la Laguna (l'homme qui sabote la voiture de sa femme). Idem pour Erwann Kermorvant avec la Peugeot 308, ou Jean-Philippe Goude pour le thème musical de Herta.

Sur Internet, il existe des sites très intéressants qui référencent toutes les musiques utilisées dans les publicités. Ce sont de vraies mines d'or, et je souligne la richesse incroyable de leurs contenus !

Je citerais par exemple musiquedepub.tv ou encore le forum musiquedepub.com qui propose en bonus une liste de compositeurs qui ont fait des musiques de pub, comme Pierre Adenot, Jean-Michel Bernard, Evgueni Galperine, et même quelques vieilles connaissances (Guillaume Roussel et Laurent Koleda). Sont notés les compositeurs qui possèdent un site ou un MySpace.
Voir la liste (Merci à shadow's lisa)

Si quelqu'un a d'autres infos sur des compositeurs de musique de pub, je suis preneur ;-)

TVA : vous êtes compositeur et avez opté pour le régime réel normal (ou mini réel) avec déclaration trimestrielle de la TVA à 5,5 %.


Ce choix s'effectue lorsque vous remplissez l'encadré "Options fiscales" du formulaire P0i (quand vous décidez de vous enregistrer en tant que compositeur travailleur indépendant, au centre des impôts).

Petite parenthèse : si vous pensez que la composition musicale ne vous rapportera pas plus de 37400 € par an, vous n'êtes pas obligé d'appliquer de TVA. Il suffira d'écrire une somme HT sur vos factures et de mentionner: « TVA non applicable article 293B du CGI » Donc là : pas de TVA gagnée, pas de TVA à reverser (forcément).
Pour cette option, il faut cocher la case "franchise en base TVA" (et non régime réel normal ou mini-réel) au moment de votre inscription sur le formulaire P0i

Mais revenons à l'option déclaration trimestrielle de la TVA à 5,5 % (régime réel normal ou mini-réel) :
Cette option qui consiste à reverser votre TVA chaque trimestre peut être intéressante, car vous pourrez déduire la TVA de vos achats (investissements pour la musique) :

Cette déclaration se présente sous forme d'un papier que l'on reçoit tous les 3 mois et qui comporte 2 parties (je schématise un peu) :
  • Une première partie qui correspond à la TVA de 5,5 % que vous avez appliquée sur l'ensemble de vos factures (des 3 derniers mois) et que vous devez redonner à l'Etat.

  • Une seconde partie qui correspond à la TVA de 19,6 % de l'ensemble de vos achats (des 3 derniers mois) qui vous permettent de faire votre métier (voir qq exemples plus bas).

Comme il s'agit d'une soustraction, la TVA que vous reversez au Trésor Public est plus petite que celle que vous avez perçue sur votre facture. Il arrive même que les déductions de TVA de vos achats soient plus élevées que vos TVA de factures, ce qui vous met en position de crédit positif (en d'autres termes, le Trésor Public vous doit de l'argent, sous forme d'avoir sur votre prochaine déclaration trimestrielle de la TVA).

Voici quelques exemples d'achats dont vous pourrez déduire la TVA sur votre déclaration trimestrielle :
  • Matériel informatique (ordinateur, graveur, disque dur externe etc.)
  • Matériel de musique (instrument de musique, banque de sons etc.)
  • Consommable (cartouches d'encre pour imprimer vos partitions, papier A4 etc.)
  • CD et DVD vierges
  • Matériel de bureautique (crayons, bloc-notes, trombones etc.)
  • Mobilier de bureau (chaise confortable, lampe halogène etc.)
  • Forfait Mobile
  • Forfait Internet
  • Déplacement pour RDV dans une boite de prod
  • Repas d'affaire avec un réalisateur
  • Frais de courrier postal
  • Places de concert de musique classique
  • Achat de CD de musique de film (Les réalisateurs donnent souvent des références)
  • Achat d'un DVD du dernier concert de Morricone
  • etc...

NB : Les factures SNCF et RATP ont des TVA à 5,5 %


En résumer :
  1. Franchise en base TVA :
    Pas de TVA perçue, pas de TVA reversée au Trésor Public

  2. TVA au régime réel normal ou mini réel :
    Une TVA gagnée, "en partie" reversée au Trésor Public : c'est un gain pour vous (même si un chèque plus petit reste un chèque quand même...).

Aussi, lorsqu'un client me demande mon tarif pour un devis, je donne toujours un chiffre rond Hors Taxe en précisant que la TVA est à 5,5 %. C'est ce chiffre qui correspond le mieux à la valeur de ma rémunération (et que je vais effectivement recevoir, moins les cotisations sociales...)

Et l'argent que l'on touche de la SACEM ?
Quand on reçoit les feuillets de répartitions, la SACEM indique clairement à combien s'élève la TVA qu'il faudra déclarer au Trésor Public. En outre, les feuillets de répartition sont accompagnés d'une "facture" à signer et à renvoyer à la SACEM.

Devenir compositeur professionnel à son compte. Emettre des factures.


ATTENTION : ce billet s'adresse aux compositeurs qui ne sont pas déjà inscrits à l'URSSAF pour une activité professionnelle autre que la composition (webmaster, copiste, bruiteur, vendeur en sonorisation etc...)

Pour établir une facture en bonne et due forme, il faut être enregistré au centre des impôts et être assujetti à l'AGESSA (pour les cotisations sociales). Essayons de détailler tout ça avec des mots simples :

1) Inscription au Centre des Impôts pour avoir un N° SIRET :

Pas mal de gens vous diront qu'il faut s'inscrire à l'URSSAF. NON ! pour les compositeurs, l'inscription se fait au centre des impôts. Si on vous regarde de travers, là-bas, dites que votre situation est proche de celle des photographes (c'est plus parlant pour eux).

Remplir un formulaire P0i (se prononce P zéro i) que l'on peut télécharger en pdf ici et envoyez le à votre centre des impôts.

Après quelques jours, vous aurez le statut de travailleur indépendant (profession libérale dans le domaine artistique), avec un n° SIRET qu'il faudra placer dans vos factures.


La case n°9 (options fiscales) du formulaire P0i est assez compliquée pour les néophytes* :

En tant que compositeur en début de carrière, j'ai opté pour l'option suivante :
  • Les bénéfices non commerciaux (BNC) avec déclaration contrôlée
  • TVA au régime réel normal, et dépôt de déclaration trimestrielle
Quand je me suis inscrit, j'aurai pu opter pour le régime spécial BNC (pas de TVA à déclarer, pas de comptabilité précise), mais j'ai préféré me mettre directement dans la catégorie des BNC avec déclaration contrôlée. C'est un choix personnel qui m'a permis de me familiariser avec la tenue d'une comptabilité et le principe de la TVA. Je consacrerai un prochain billet à la TVA et les BNC avec déclaration contrôlée (même si le mieux est de vous renseigner au centre des impôts pour être sûr de faire le bon choix concernant l'option fiscale qui correspond le mieux à votre situation).


2) Assujettissement à l'AGESSA (à qui l'on reverse les charges sociales) :

Sur une fiche de paie, vous avez votre salaire brut, à partir duquel on vous décompte les cotisations sociales comme la CSG, la CRDS, l'assurance vieillesse maladie veuvage etc....ça s'appelle le précompte. A la fin, il vous reste le salaire net (snif)

Et bien sur une facture, c'est pareil ! On établit la somme brute TTC à facturer et l'on déduit un précompte pour obtenir une somme nette. Ce fameux précompte sera envoyé à l'AGESSA directement par la personne ou l'organisme qui vous rémunère (un producteur, un réalisateur, une boite de communication etc... bref votre client). Ce qui signifie que cette personne envoie en retour 2 chèques bien distincts à 2 endroits différents: 1 chèque pour vous (la somme nette) et 1 chèque pour l'AGESSA (le précompte des cotisations sociales + 1 % du montant total brut HT).

En tant que compositeur travailleur indépendant, vous n'aurez donc aucune démarche administrative à effectuer pour être assujetti à l'AGESSA. Mais il est bon de connaître le fonctionnement de l'AGESSA pour pouvoir l'expliquer à votre client. En savoir plus sur le site de l'AGESSA

Alors : comment calculer ce fameux précompte ?
Les cotisations sociales sont des pourcentages de votre somme brute HT (Hors Taxe), que l'on déduit de la somme brute TTC (Toute Taxe Comprise). En ce moment (2008) les pourcentages sont les suivants :
  • Assurance maladie maternité et veuvage : 0,85 % de la somme brute HT
  • CSG : 7,5 % de 97 % de la somme brute HT
  • CRDS : 0,5 % de 97 % de la somme brute HT

Un exemple concret de ce qu'il faut envoyer à votre client :

NB : la TVA pour les compositeurs est à 5,5 % (et non pas à 19,6 %).
NB2 : La somme que votre client devra payer à l'AGESSA correspond au précompte de votre facture + 1 % de la somme brute HT (appelée contribution du diffuseur).

Intéressant : l'AGESSA ne fait pas que collecter vos cotisations. Elle peut aussi assurer votre couverture sociale sous certaines conditions (revenus musicaux de l'année précédente supérieurs à 7500 € et des poussières). Dans ce cas, vous passez de l'assujettissement à l'affiliation. Se renseigner sur le le site de l'AGESSA pour voir si une affiliation est envisageable.


*La rémunération, la fiscalité et la couverture sociale des compositeurs est un vaste sujet. Il existe, par exemple, d'autres manières pour un compositeur d'être payé. Je vous conseille de lire cet article complet qui énumère toutes les possibilités de rémunération.