Exemple de plans sonores et phénomène de résonnance dans une orchestration. Extait d'une bande originale de Jerry Goldsmith
Par Tanguy, lundi 30 juin 2008 à 21:32 - Orchestration, écriture - Tags
Dans ce petit extrait, on distingue très nettement 3 plans d'orchestration :
Hollow Man (Jerry Goldsmith) :
Nous avons d'une part une mélodie stridente jouée par des instruments aigus (violons, flûtes) et d'autre part des ponctuations agressives en saccades jouées par des cuivres et des percussions (trombones, grosse caisse, timbales).
Le volume sonore de ces 2 parties sont à peu près identiques. On ne peut pas vraiment dire lequel est en avant et lequel est en arrière plan. Je crois que c'est notre humeur du moment qui fait qu'on va plutôt remarquer tel ou tel plan sonore en premier. Et puis, ça peut changer en cours d'écoute.
Par contre :
Entre ces 2 plans extrêmes (du point de vue des couleurs orchestrales), s'est glissé un troisième plan sonore, plus discret mais au combien utile : un petit leitmotiv récurrent joué par des cordes dans les médiums-aigus, à la manière d'un écho. Ce tapis rythmique a son importance car, d'une part il va apporter du "mouvement", et d'autre part il va lier l'ensemble pour le rendre moins sec (un peu comme le lait qu'on ajoute à la farine et les œufs pour faire des crêpes). Cet aspect technique très souvent utilisé en orchestration s'appelle la résonance...
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| Hollow Man | Jerry Goldsmith (1929-2004) |
Exemple de plans sonores dans une orchestration de Jerry Goldsmith, La résonance en orchestration permet de lier l'ensemble, La résonance dans une orchestration permet d'apporter du mouvement à l'ensemble, Etudions l'orchestration à partir de cet extrait d'Hollow Man de Jerry Goldsmith, Dans cet extrait d'Hollow Man on distingue trois plans sonores, Dans cet extrait d'une BO de Goldsmith on distingue trois plans d'orchestration, Un exemple sonore de technique de résonance dans l'orchestration, Un conseil d'orchestrateur est de construire une résonance à l'aide de différents instruments symphoniques, Dans cet extrait Jerry Goldsmith établit clairement trois plan sonores, Conseils et astuces pour apprendre et étudier l'orchestration
Pourquoi ne pas lire aussi :
Générique de la série Esprits Criminels
Par Tanguy - Tags
Je voudrais m'attarder quelques instants sur la construction de la musique du générique de Esprits criminels (à priori composée par Steffan Fantini), série policière américaine basée sur le profilage (qui passe actuellement le mercredi soir sur TF1).
Criminal Minds
1) Sous les boucles électro et les FX se profilent 2 thèmes musicaux importants (ci-dessous, en tonalité Sib mineur) :

1) Thème de 4 notes (portée du bas) :
C'est le thème principal du générique. Il est joué 4 fois de suite en suivant une progression orchestrale. Un son de clavier (du piano et du synthé) pour les deux premiers passages, puis des instruments à attaque douce et notes longues (pad de cordes et peut-être de cors) pour le 3è et le 4è passage (ce dernier étant doublé à l'octave). La thématique est lente, régulière et récurrente. Pas très angoissante, mais assez noire (il s'agit tout de même de scènes de meurtres). Les notes me font un peu penser à celles de Batman.
2) Notes aigües en triolet (portée du haut) :
Le voici, l'effet anxiogène, grâce au leitmotiv redondant, rapide, aigu, presque strident. Typique des films angoissants (L'exorciste, Halloween, Child's play...). Là aussi, le compositeur suit une progression instrumentale. ça commence par du piano, puis c'est doublé par des cordes vers le milieu, là où l'orchestration du morceau se développe. Ce leitmotiv est sans doute comparable à une orchestration de second plan. J'aime beaucoup l'effet.
3) Puis, la ligne de basse (et l'harmonie qui en découle). Elle me paraît intéressante sans être pour autant révolutionnaire. Cela dit, le passage sur le Réb (avant de revenir en Sib mineur) m'a agréablement surpris à la première écoute.
4) Ensuite, l'habillage électro : une grosse partie finalement pour le compositeur du 21è siècle... ça va renforcer le rythme, la couleur, la consistance... le compositeur a su utiliser les ingrédients actuels : une superposition de couches électro travaillées, et de nombreux FX qui viennent ponctuer les changements de plans. C'est très efficace même si c'est dans l'air du temps. Quand je dois faire une musique de ce genre, c'est la phase qui me prend le plus de temps. Bien sûr, ce n'est pas le cas de tous les compositeurs.
5) Enfin, l'accord final, un peu précipité à cause du minuscule timing laissé à Steffan Fantini. On sent qu'il est temps de conclure rapidement sur la photo de famille, avec un accord stable et puissant (mais sans excès héroïque). Cela donne un générique assez court et facile à se remémorer, comme la plupart des séries policières et médicales. D'ailleurs, ça me donne une idée. Prochainement je ferai un blind test musical sur les séries TV, pour démasquer ceux qui passent plus de temps devant "Les Experts" que devant leur séquenceur (ou leur papier à musique)... :)
La flûte traversière, un instrument très souvent utilisé dans la musique de film.
Par Tanguy - Tags
"La flûte traversière, ce bout de tuyau où l'on souffle par le côté"
Un instrument à vent, donc, qui donne un son pur et délicat. La flûte est très souvent utilisée dans les orchestres classiques, mais aussi dans le domaine du jazz.
Dans la musique de film, on lui confie différents rôles comme par exemple, jouer la mélodie, doubler des parties de cordes, jouer un contrechant, faire des ornementations, participer aux orchestrations de second plan (pour la résonance), interpréter des leitmotivs rythmiques etc...
Voici deux extraits musicaux illustrant des exemples différents d'interprétation :
- Le premier qui est le thème principal du film La peau douce (Georges Delerue) est interprété par une flûte solo dans un registre medium. Un très beau film, porté par un thème musical bouleversant.
- Le second qui est tiré de la bande originale du film Alien (Jerry Goldsmith) met en évidence l'utilisation d'un leitmotiv particulièrement angoissant (sur les images tout du moins).
Insolite :
Parmi les différentes techniques (flattertzungue, over-blowing, slap etc...) il en existe une qui consiste à chanter ou imiter une boite à rythme (beatboxing) tout en jouant.
Beatboxing flute (par Greg Patillo)
Visitez également la page du compositeur flûtiste Joce Mienniel
En cliquant ici
Ecouter des extraits sonores avec de la flûte traversière| Ecouter des musiques avec de la flûte traversière| Etude de différents aspects de la flûte traversière| La flûte traversière et le beatboxing| Ecouter le thème du film La peau douce composé par Georges Delerue| Ecouter un extrait de Alien composé par Jerry Goldsmith| Joce Mienniel est un flûtiste qui compose de la musique de film| La flûte traversière double les violons| Il existe différentes techniques de jeu de la flûte traversière| Le beatboxing est une technique du flûtiste qui consiste à imiter une boite à rythme avec la bouche tout en jouant de la flûte.
La bande originale du film Back To The Future, composée par ALan Silvestri est éditée chez Intrada !
Par Tanguy - Tags
Nom de Zeus !
La musique du premier opus de la trilogie BACK TO THE FUTURE de Alan Silvestri est enfin disponible en double CD. Certes, un CD existe déjà depuis des années, mais il comporte seulement quelques minutes de la bande originale, les chansons utilisées dans le film étant la principale attraction.
Cette nouvelle édition est vraiment parfaite pour les béophiles (les amateurs de musique de film). Il faut dire que ça fait plus de 20 ans qu'on la réclamait :
Le premier CD comporte la bande originale qu'on entend dans de film. Je n'irai pas trop loin dans les détails de ma vie personnelle, mais lorsque cette musique retentit, je ne peux m'empêcher de revenir 25 ans en arrière et faire semblant de conduire une Delorean à 88 miles/h. Car non contente d'offrir à nos oreilles de la bonne musique orchestrale sur-vitaminée, la BO ajoute un petit effet de synesthésie très agréable (mangerais bien une p'tite madeleine, moi).
Le second CD est très intéressant parce qu'il nous offre des musiques inédites composées au départ pour le premier montage. Le fameux thème de BTTF est toujours présent et les orchestrations sont sensiblement les mêmes, avec semble-il un côté moins burlesque et plus dramatique (je ne l'ai pas perçu dans les extraits). Du très bon travail quoiqu'il en soit.
Le fait de découvrir des morceaux qui n'ont pas été utilisés (et qui ont souvent dû être refaits) permet de rappeler combien la quantité de travail pour un compositeur de musique de film, et son équipe, peut être importante.
Écouter quelques extraits des 2 CD
Au moment où j'écris ces lignes, Intrada est déjà en rupture de stock, mais de nouveaux pressages devraient avoir lieu, permettant à chaque fan d'avoir son CD Retour vers le futur !
D'ailleurs, rien qu'à la maison, il y a déjà 6 acheteurs potentiels (en comptant mes 2 chats, Danny et Alan).
Ci dessous, quelques billets du blog qui se réfèrent à Retour vers le futur :
Back To The Future Special Collection| Retour vers le futur spéciale collection| Bande originale intégrale de BTTF| Musique du film Retour vers le futur| Edition de musique de film| Ecouter la musique de Back To The Future| Musique de Alan Silvestri| BO de retour vers le futur édition Intrada| Alan Silvestri Intrada| Image Delorean| Double CD Retour vers le futur 1
Quelques exemples de transition entre deux segments musicaux
Par Tanguy - Tags
Il existe certainement de nombreuses manières de raccorder 2 segments musicaux (permettant souvent d'éviter une simple juxtaposition). Je suppose que chaque compositeur a ses petits secrets de fabrication.
Ci-dessous, à partir de 2 portions orchestrales, je me suis amusé à appliquer différentes sortes de transition. Vous verrez qu'il s'agit pour la plupart de raccords de type "chevauchement par un ou plusieurs instruments", mais pas seulement...
Voici les 2 portions :
(désolé pour l'aspect rudimentaire de cette maquette, je n'ai pas eu le temps de l'orchestrer bien comme il faut...)
Segment n°1
Segment n°2
Juxtaposition (sans transition)
Transition par chevauchement par divers instruments :
Cymbale (crescendo)
Harpe (glissando)
Timbales (notes) + harpe (glissando)
Rip de cors + Harpe (glissando aigu)
Un petit effet qui me paraît sympa est de faire arriver un petit crescendo de cymbales juste avant la jonction des 2 parties, tout en diminuant l'intensité orchestrale à cet endroit, pour repartir ensuite sur la deuxième partie (dans l'exemple ci-dessous, j'ai enlevé la première note du deuxième segment).
Ecouter :
Dans l'exemple suivant, j'ai juste démarré le segment n°2 une mesure plus tôt. Rien de bien compliqué, mais parfois ça peut dynamiser l'ensemble (à tester sur les images).
Ecouter :
Avoir le trac en public.
Par Tanguy - Tags
Interpréter une œuvre musicale en live, jouer du piano devant une assemblée... je le fais parfois, avec un plaisir gâché par la peur.
Rarement j'ai joué un morceau sans fautes. L'appréhension du direct m'a toujours déstabilisé. Le jugement immédiat des personnes en face de moi m'empêche systématiquement d'obtenir les mêmes performances qu'à l'entrainement. C'est peut-être pour ça que j'ai choisi de me tourner vers la musique de film, une alternative à l'angoisse de la scène...
Il y a 10-15 ans, je lisais une citation (dans Keyboard Magazine) d'un compositeur de musique de film très connu qui disait quelque chose comme ça :"Merci à l'arrivée de l'informatique musicale qui me permet enfin de présenter des maquettes raisonnables au réalisateur, moi qui interprète si mal mes thèmes au piano quand j'ai quelqu'un derrière mon épaule..."
Et c'est vrai que lorsque les gens arrivent dans une salle de cinéma et découvrent la BO, les musiques sont déjà dans la boite : composées, enregistrées, mixées... la pression est moindre, le gros du travail étant derrière. (Il reste juste la question de savoir si les amateurs de bandes originales vont apprécier la partition ou pas).
Quoiqu'il en soit, j'admire certains de mes collègues capables à la fois de composer des chefs d'œuvre dans leur coin, et d'être au piano sur scène comme des poissons dans l'eau. Mais bon, à défaut d'être doué pour la musique vivante, le show ou l'impro.... j'apprécie de composer tranquillement sur des images, à l'abri des regards, puis de faire écouter une œuvre enregistrée en espérant surprendre mon auditoire.
J'ai par ailleurs repéré quelques avantages liés à la composition de musique de film :
- Déjà, je participe au processus de création d'un film, en tant que "spécialiste" au sein d'une équipe
- Je peux faire autant de canards que je veux, je corrigerai les erreurs à la souris ensuite
- Je peux interrompre un morceau quand je le souhaite, pour y apporter des améliorations
- Je peux diriger un orchestre symphonique sans avoir passé le diplôme de chef d'orchestre (qui est super balaise)
- Je peux manger ou me gratter le nez tout en jouant de la musique (pas classe, mais plus facile à faire que sur scène).
- Je peux être opérationnel même avec le bras dans le plâtre.
- Je suis moins embêté par les paparazzi ou les fans que mes collègues du disque.
Tandis que pour nous, c'est simple : une fois validée par le réalisateur, le producteur, la femme du producteur, le directeur de la chaine, la nièce du superviseur musical et le voisin de palier du caméraman, on peut considérer une musique comme acquise !
Enfin, pour en revenir à notre sujet (le trac, la timidité, l'angoisse...face à l'assistance) voici une petite anecdote issue de mon service militaire :
Je garderai toujours en souvenir la soirée de dissolution du 71 RG de Oissel (en 1997), au cours de laquelle j'ai dû avancer seul sur la grande Place d'Armes et jouer au clairon la sonnerie aux morts devant 3000 personnes (dont Mr Fabius). Le capitaine de la musique me refila un super tuyau pour gérer mon stress : "Follio, quand tu seras face à la foule, tu n'auras qu'à les imaginer tous à poil"... ce que je fis.
C'est donc en supposant les Généraux et quelques personnalités politiques dans leur plus simple appareil que je fus amené à jouer les notes les plus solennelles du registre militaire. Un remède de fortune que je garde sous le coude chaque fois que je suis amené à me présenter en public. Qui sait à quoi je penserai lorsque je recevrai mon Oscar, bafouillant, sourire au coin des lèvres...
Avatar, le film et la musique
Par Tanguy - Tags
En décembre 2009, Damien Deshayes a fait une critique de la musique du film de James Cameron: voir la critique qui correspond parfaitement à ce que j'ai ressenti pendant la séance.
Je vais toujours voir les gros succès avec 2 mois de retard. C'est bien, à Chartres on était une dizaine dans la salle (de 450 places). Ayant raté mes tests de relief à l'armée, je craignais d'être gêné par la 3D. Et effectivement, c'était assez fatiguant pour le yeux, surtout pendant les scènes d'action où ça bouge de partout.
Concernant la bande son, ma première impression a été de me dire que ce film déchirait ! (les tympans). Pour moi, les salles de ciné poussent le volume beaucoup trop fort, et c'est d'autant plus pénible que les gros films hollywoodiens regorgent de bruitages très ... bruyants.
Gêné par la 3D et par les décibels, je passe donc pour un vieux râleur... mais rassurez vous, j'ai adoré le film (à part le passage "Robocop-Rambo-Transformers" vers la fin).
Quelques détails m'ont fait penser à Aliens Le Retour : Sigourney Weaver, le voyage cryogénique, l'aspect des vaisseaux, les robots pilotés par des humains, des méchantes bêtes et pour finir quelques citations musicales issues de la BO de Aliens (Les cors de "Futile Escape").
La musique originale du film m'a paru très longue, dans le sens "beaucoup de travail effectué". D'ailleurs, c'était hallucinant de constater au générique de fin, le nombre de personnes qui ont participé à la BO (superviseurs, compositeurs additionnels, programmeurs synthés etc).
Côté thématique, comme l'a très bien expliqué Damien, on a un peu l'impression que le compositeur a pris ses meilleurs ingrédients de BO antérieures pour les resservir dans un shaker. La couleur musicale m'a rappelé celle de Dinosaur (composée par James Newton Howard) dans ses harmonies et ses orchestrations, avec de belles textures, des percussions tribales, des voix d'arborigènes, du piccolo planant...
Avec Avatar, je suis vraiment tombé sous le charme des musiques douces et aériennes offrant des sons de clochettes mêlés à des cordes féériques. Les textures pittoresques chez James Horner (comme chez JNH) m'ont toujours fait rêver. Ces sonorités issues de synthés et mélangées à des violons et des flûtes me transportent littéralement.
Tout comme les morceaux ethniques avec des voix lointaines et les rythmes tranquilles ! ça aussi j'adore.
En ce qui concerne la musique d'action et la musique solennelle, c'est très efficace, mais quelle impression de déja vu ! Il y a bien sûr le sempiternel motif de 4 notes (si do do# do) qui doit être un jeu pour le compositeur, un pari ou quelque chose du genre. Mais il y a surtout les inévitables cors cuivrés posés sur les boucles de Stormdrum entendus mille fois chez Remote Control et ré-utilisés dans les émissions de télé-réalité de M6. Un peu de Titanic aussi, avec quelques motifs très bateau.
Bref, je vieillis sans doutes... Je préfère mon petit confort avec des images et des sons apaisants (très nombreux dans le film) et suis de plus en plus gêné par le montage dynamique et les FX agressifs.
Quoiqu'il en soit, je suis conquis par ce film : une merveille technologique au service d'un beau scénario. Une très belle histoire avec de méchants humains et de gentils extraterrestres.
Et pour finir, une découverte intéressante sur les requêtes tapées dans Google :
- "Comment fabriquer un arc" (67 millions de requêtes)
- "Comment fabriquer un robot" (52 millions de requêtes)
- "Comment fabriquer un avatar" (410 millions de requêtes)
- "Michael Jackson n'est pas mort" (pas très loin du milliard de requêtes)
On vit en pleine science fiction...
Le séquenceur et les banques de sons d'orchestre symphonique, pour composer et produire de la musique de film chez soi (en home studio)
Par Tanguy - Tags
Billet remis à jour le 20 mars 2010 :
"Cher Tanguy, bravo pour votre musique qui me touche beaucoup. Je suis moi même un jeune compositeur et j'aimerais me lancer dans la musique pour l'image. Pourriez vous me dire quel matériel utiliser pour composer de la musique de film afin de démarcher des boites de production ? Merci pour votre réponse
Harry Cossec, de Brunoy (91) "
Cher Harry, Merci pour votre mail ! Je suppose que le mot "composer" signifie "produire" (qu'à la fin, il y ait une musique qui s'écoute, comme un cd audio ou un mp3) et que "musique de film" sous entend "musique orchestrale symphonique"
Ce qui est sûr, c'est que bon nombre de producteurs et réalisateurs ne sont pas forcément des mélomanes avertis ou des experts en musique. Pour eux, un bon son est souvent mieux accueilli qu'une belle écriture orchestrale (c'est triste mais c'est ainsi). C'est pourquoi, avant de prospecter, il faudra "produire" des maquettes correctes. Pour se faire, il y a 2 possibilités :
L'écriture classique (feuille de papier ou logiciel de notation) s'adresse aux musiciens qui aiment écrire directement les notes sur une partition. Pour composer les thèmes et les arrangements, ils utilisent (ou pas) un instrument de musique (piano, guitare, violon etc...). Puis ils harmonisent et orchestrent directement dans la partition. Cette dernière étant destinée à être jouée par un orchestre (souvent composé de bénévoles ou d'amis musiciens car le jeune compositeur qui cherche à démarcher les producteurs n'a pas le budget nécessaire pour payer un orchestre professionnel).
Ensuite vient la phase de l'enregistrement de l'orchestre pour avoir un résultat sonore sur support audio (la qualité de la prise de son dépendra aussi du budget initial).
Exemple de logiciels de notation (éditeurs de partition) : Finale, Sibelius, Encore
La musique assistée par ordinateur vous fera économiser un orchestre, mais requiert l'achat d'un minimum de matériel et logiciels informatiques.
Concernant le matériel (hardware), il faut d'abord un ordinateur qui dispose d'une grande mémoire vive (RAM) et d'un gros disque dur (pour stocker les banques de sons). Ensuite, une carte son capable de lire simultanément plusieurs pistes audio. Une carte son compatible soundblaster moyen de gamme est suffisante (je dispose actuellement d'une carte son "audigy" de chez Creative). Eventuellement : un clavier MIDI (piano numérique, clavier de commande, synthé) qui permet de rentrer les notes dans l'ordinateur en jouant la mélodie, mais ce n'est pas indispensable. Parcontre, si votre home studio se compose uniquement d'un ordinateur, il est important d'avoir de bonnes écoutes pour le mixage (des enceintes qui restituent un son brut et non une chaine hi-fi qui arrondi et embelli le son).
Du côté des logiciels (software), il faut utiliser un séquenceur MIDI et Audio, que l'on appelle actuellement un DAW pour Digital Audio Workstation (Station de travail Audio numérique). Il permet d'entrer la partition, piste par piste, à l'aide de petits rectangles (qui remplacent les notes de musique du solfège que l'on observe sur une partition classique). Il permet aussi d'enregistrer et de mixer des instruments acoustiques à partir d'un micro ou d'un fil relié à la carte son. En plus, vous pouvez y importer une vidéo (très pratique pour composer à l'image).
Les DAW les plus en vogue aujourd'hui sont Cubase de Steinberg, Live de Ableton, Reaper de Cockos, Ardour de Ardour, Logic Pro de Apple, Sonar de Cakewalk, Digital Performer de MOTU, Samplitude Pro de Magix, Pro Tools de Digidesign etc...
Ensuite, viennent les fameuses banques de sons d'orchestre symphonique ! Elles viennent se greffer sous forme de plug-in VSTi (instruments virtuels que l'on charge dans le séquenceur) et apportent une quantité d'instruments réalistes (violons, trompettes, timbales etc...). Il s'agit de samples : cela signifie que le son a été enregistré à partir d'un vrai instrument. Si vous jouez un ré avec un sample de violon, c'est comme si un vrai violon jouait un ré. Parcontre, lorsque l'on enchaine les notes, le résultat sonne moins bien que si c'était un enchainement joué par un instrument, car, dans un séquenceur, il est difficile de retranscire le jeu d'un instrumentiste (qui est très subtil et riche en émotion). Nous échangerons, dans un prochain billet, quelques astuces pour apporter de la chaleur et de l'authenticité à une musique faite sur ordinateur.
Les banques de sons d'orchestre symphonique utilisées actuellement (2010)
- Vienna Symphonic Library (VSL) : du très costaud !
- EastWest Quantum Leap Symphonic Orchestra Play Edition
- EastWest Quantum Leap Goliath
- EastWest Quantum Leap Symphonic Choirs (pour les choeurs)
- Symphobia de Project Sam
- MOTU Symphonic Instrument
- Garritan Personnal Orchestra (GPO)
- Sam Brass de Project Sam
- Banques de "soundfonts" disponibles gratuitement sur la toile
En outre, les banques de sons Sam Project et GPO, ainsi que les soundfonts, nécessitent un sampler virtuel (Gigastudio, Halion Kontakt etc.) pour être lues.
Tout ce petit monde s'intègre très facilement dans le séquenceur sous forme de plug-in VSTI (Virtual Studio Technologic Instrument). Ce sont des instruments virtuels quoi...
Un petit mot sur le synthétiseur Synful qui modélise les sons d'instruments symphoniques (à partir de petits samples) et qui permet de programmer dans le séquenceur des phrasés réalistes. Une technologie à suivre de très près, pour la légèreté des samples et le réalisme du jeu de l'instrumentiste).
Biensûr, la MAO n'empêche pas de faire intervenir de vrais instruments dans une oeuvre. Car l'ordinateur fait également office d'enregistreur multipiste numérique (il faut pour cela un séquenceur MIDI et Audio).
Le MIDI permet de faire jouer les instruments virtuels (banques de sons...) ou des synthés externes
L'audio permet de capter les sons des éléments extérieurs (Voix, Instruments réels, en utilsant un micro), ou d'en importer des pré-existants, puis de les éditer (effets audio, montage, mixage...),
Enfin, le mixage et le mastering (traitement audio qui permet d'optimiser votre musique) se font dans le séquenceur. Au final, il vous permet d'exporter votre musique sous forme d'un fichier audio (wav, aif, mp3 etc...). Voilà donc de quoi faire une belle maquette !
Sur ce lien, un billet consacré à la recherche de producteurs et de réalisateurs
Utilisation de soundfonts pour composer de la musique de film| Quels sont les meilleurs éditeurs de partitions ?| Avec quel logiciel écrire une partition ?| Logiciel ou soft qui modélise des instruments symphoniques| Banques de sons d'orchestre symphonique pour faire de la musique de film| Avoir un orchestre symphonique ou philharmonique dans son ordinateur| Quels sont les meilleurs samples orchestraux ?| Un bon séquenceur pour créer de la musique de film| Quel logiciel utiliser pour faire de la musique de film ?| Matériel nécessaire pour composer de la musique de film
Un "Cri de Wilhelm" visuel ?
Par Tanguy - Tags
Si vous ne savez pas ce qu'est le cri de Wilhelm, mon collègue Damien a écrit un article très intéressant sur le sujet : Qu'est-ce que le cri de Wilhelm ?
Pour résumer rapidement, le cri de Wilhelm est un bruitage reconnaissable (un homme qui crie...) qui est utilisé volontairement, et de manière récurrente, dans le cinéma hollywoodien (une sorte de clin d'oeil de la profession, une espèce de challenge...).
Bernhard, mon précieux dénicheur d'idées, m'a fait parvenir un article similaire sur le sujet, à la différence qu'il ne s'agit pas d'un bruitage, mais d'un accessoire : un journal où l'on retrouve une mise en page identique (photos, cadres, titres...) au gré des films et des séries TV (même la pub s'y met).
Voir l'article sur le journal récurrent
C'est sympatoche comme tout...
Voilà voilà...
C'est tout.
Reaper, un séquenceur pro (audio et MIDI), à un prix dérisoire
Par Tanguy - Tags
Une très bonne nouvelle pour ceux qui n'ont pas beaucoup d'argent à mettre dans une station de travail audio numérique de qualité professionnelle (de type Cubase, Sonar, Live, Logic, Protools, Digital Performer...). J'ai découvert le logiciel Reaper de Cockos, il y a quelques semaines. Aujourd'hui, après y avoir parcouru les grandes lignes, je ne peux m'empêcher de vous faire part de mon enthousiasme grandissant :
Actuellement (2010) le logiciel vous coûtera 60 $ si vos revenus musicaux
annuels ne dépassent pas 20 000 $ (sinon ça coûte 225 $).
Le logiciel complet est utilisable gratuitement pendant 30 jours.
annuels ne dépassent pas 20 000 $ (sinon ça coûte 225 $).
Le logiciel complet est utilisable gratuitement pendant 30 jours.
(En comparaison, Cubase 5 se vend plutôt autour de 550 $)
Une économie qui pourra servir à acheter une bonne banque de sons, par ex.
Une économie qui pourra servir à acheter une bonne banque de sons, par ex.

Plus je le découvre et plus je me rends compte qu'il fait la même chose que les séquenceurs de renommée. Enregistrement et mixage audio, édition MIDI, pistes illimitées, import de fichiers vidéo, Effets audio, effets midi, table de mixage, routing, enveloppes de panoramique, de volume, de tempo. Stabilité et performance !
Il existe déjà pas mal d'avis d'internautes sur le web que je vous laisse consulter (ça vaut le détour) :
la particularité de Reaper est qu'il suffit de créer une piste (appelée track) laquelle, selon ce qu'on y met à l'intérieur, prend la fonction de piste audio, de piste VST-instrument, de piste MIDI, de piste d'effet etc... Ensuite, il est facile de relier plusieurs pistes entre elles comme on veut (l'acheminement = le routing).
Voici un exemple :
J'insère 5 pistes dans mon séquenceur. Elles sont vides, je vais juste leur donner un nom et une couleur pour faire joli :

Puis, pour une piste voulue, je vais aller choisir un plug-in tel que : instrument virtuel (Kontakt, Stylus RMX, Eastwest Symphonic Orchestra...), ou bien un effet audio (comme une réverbe, un compresseur, un égaliseur...) en cliquant sur le bouton fx :

Revenons à la répartition de mes 5 pistes ci-dessus :
- La piste 1 devient une piste d'effet(s) dans laquelle je charge une réverbe.
- La piste 2 devient une piste Instrument dans laquelle je charge un VST instrument (piano) monotimbral. Je pourrai éditer des notes dans cette piste pour faire jouer le piano.
- La piste 3 devient une piste Instrument dans laquelle je charge un VST instrument (Symphonic Orchestra East-West) multitimbral. Je ne vais pas nécessairement éditer de notes dans cette piste. Par contre, je vais m'en servir comme expander (un rack instrumental symphonique), auquel je pourrai relier un tas de pistes MIDI.

Choix d'un plug-in pour la piste 3
- La piste 4 sera une piste MIDI, que je relierai à mon rack (piste 3). Je lui assignerai un son de violons (en sélectionnant le canal midi adéquat).
- La piste 5 sera une piste MIDI, que je relierai à mon rack (piste 3). Je lui assignerai un son de trompettes (en sélectionnant le canal midi adéquat).
Ensuite, je relie les pistes entre elles selon mes envies grâce au bouton io (imput/outpout) disponible sur chaque piste :

Par exemple, je relie mon piano (piste 2) ou mon expander (piste 3) à la réverbe (piste 1). Je choisis d'ailleurs la dose de réverbe à appliquer. Plus tard, rien ne m'empêchera de créer une piste 6 en plaçant des éléments audio (boucles de batterie, enregistrement d'instruments externes, une voix...) et de la relier (je devrais dire "l'envoyer" : "send") à la piste réverbe.
Je relie mes pistes MIDI de violons et de trompettes (pistes 4 et 5) à mon expander (piste 3) en sélectionnant les canaux midi appropriés. Ci-dessous, j'envoie ma piste MIDI de violons (piste 4) vers mon expander virtuel EastWest Gold (piste 3).

(Attention, le "track channels" sur l'image ci-dessus n'a rien à voir avec l'assignation des canaux MIDI. Il faudra cliquer sur le crète-mètre de la piste pour choisir un canal MIDI).
Autre chose, on ne peut pas relier de pistes MIDI à un effet audio (comme la réverbe), car elles ne comportent pas de sons (seulement des informations MIDI, telles que les notes, les courbes de volume, de vélocité etc). Dans ma configuration, les pistes midi sont reliées à un instrument VSTi (piste 3) qui lui peut être envoyé à un effet audio.
Enfin, il existe dans Reaper un affichage du routing (acheminement) qui permet d'avoir une vue générale de tous les branchements. Cette fenêtre est éditable (on peut décider d'activer ou désactiver une connexion). C'est très pratique, surtout quand on a 40 pistes :

l'image ci-dessus m'indique que mon piano est relié à de la réverbe.
Ma piste violons pourra jouer des sons issus de ma banque Eastwest Gold.
Je n'ai pas encore relié ma piste trompettes à ma banque Eastwest, mais ça ne va pas tarder :)
Le HDSP9632, c'est simplement ma carte son "matérielle".
Ma piste violons pourra jouer des sons issus de ma banque Eastwest Gold.
Je n'ai pas encore relié ma piste trompettes à ma banque Eastwest, mais ça ne va pas tarder :)
Le HDSP9632, c'est simplement ma carte son "matérielle".
Quant à l'édition des notes midi, c'est très correct. Un peu déstabilisant au départ pour celui qui a l'habitude de travailler sur un autre séquenceur (les raccourcis claviers et les fonctions des boutons de la souris sont différents), mais il est possible de tout personnaliser... en ce qui me concerne, j'ai juste changé quelques raccourcis clavier (grâce au menu show action list), mais pour le reste je me suis habitué.

Personnellement, j'ai acheté la licence à 60 $. J'ai réalisé mes dernières musiques avec Reaper et je compte continuer avec ce logiciel.
Pour télécharger Reaper (4 Mo seulement !) ou consulter les forums (Américains, Allemand, Français, Espagnol...), visiter le site de Cockos
Devenir compositeur professionnel à son compte. Emettre des factures.
Par Tanguy - Tags
ATTENTION : ce billet s'adresse aux compositeurs qui ne sont pas déjà inscrits à l'URSSAF pour une activité professionnelle autre que la composition (webmaster, copiste, bruiteur, vendeur en sonorisation etc...)
Pour établir une facture en bonne et due forme, il faut être enregistré au centre des impôts et être assujetti à l'AGESSA (pour les cotisations sociales). Essayons de détailler tout ça avec des mots simples :
1) Inscription au Centre des Impôts pour avoir un N° SIRET :
Pas mal de gens vous diront qu'il faut s'inscrire à l'URSSAF. NON ! pour les compositeurs, l'inscription se fait au centre des impôts. Si on vous regarde de travers, là-bas, dites que votre situation est proche de celle des photographes (c'est plus parlant pour eux).
Remplir un formulaire P0i (se prononce P zéro i) que l'on peut télécharger en pdf ici et envoyez le à votre centre des impôts.
Après quelques jours, vous aurez le statut de travailleur indépendant (profession libérale dans le domaine artistique), avec un n° SIRET qu'il faudra placer dans vos factures.
La case n°9 (options fiscales) du formulaire P0i est assez compliquée pour les néophytes : (voir un billet explicatif )
En tant que compositeur en début de carrière, j'ai opté pour l'option suivante :
- Les bénéfices non commerciaux (BNC) avec déclaration contrôlée
- TVA au régime réel normal, et dépôt de déclaration trimestrielle
2) Assujettissement à l'AGESSA (à qui l'on reverse les charges sociales) :
Sur une fiche de paie, vous avez votre salaire brut, à partir duquel on vous décompte les cotisations sociales comme la CSG, la CRDS, l'assurance vieillesse maladie veuvage etc....ça s'appelle le précompte. A la fin, il vous reste le salaire net (snif)
Et bien sur une facture, c'est pareil ! On établit la somme brute TTC à facturer et l'on déduit un précompte pour obtenir une somme nette. Ce fameux précompte sera envoyé à l'AGESSA directement par la personne ou l'organisme qui vous rémunère (un producteur, un réalisateur, une boite de communication etc... bref votre client).
Télécharger un modèle de facture (compositeur)
Attention, ce n'est plus 97 % mais 98,25 % !
Billet édité le 22/01/12 :
Depuis la création de ce billet (en 2008), il y a du changement du côté de l'AGESSA (déclaration en ligne, dispense de précompte etc...). Ce que j'ai écrit jusqu'à présent n'est plus vraiment à jour. Je supprime donc le paragraphe consacré à l'AGESSA et vous invite à consulter le site officiel qui explique très bien les différentes procédures (allez également jeter un oeil dans les FAQ).
Site de l'AGESSA
Comment faire une facture en tant que compositeur ?| Comment devenir compositeur professionnel indépendant ?| Je suis compositeur et j'aimerais faire des factures| Où s'inscrire pour devenir compositeur professionnel ?| Je suis compositeur et je souhaiterais facturer mes clients| Faut-il s'inscrire à l'AGESSA pour devenir compositeur professionnel ?| Je suis un compositeur et j'aimerais travailler à mon compte| Le statut du compositeur
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