Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Extrait du film Vendome Paris de David Tomaszewski


Le temp-track : un exemple sur le film "Vendome" de David Tomaszewski




Le temp-track est une musique temporaire (provenant souvent d'un autre film ou d'un classique) choisie par le réalisateur.

Avant que la musique originale ne soit composée, le temp-track est placé sur les premières images ce qui permet de montrer au compositeur le style de musique souhaité sur telle scène (un type d'orchestration, ou bien un sentiment particulier, une dynamique précise etc...). Le temp-track peut donc être un bon moyen pour le compositeur de cibler les attentes du réalisateur.

Cette vidéo me paraît intéressante pour comparer une même scène d'action avec 2 musiques différentes (une première fois avec le temp-track, puis avec ma musique).




On peut constater que j'ai cherché à conserver le même style d'orchestration que le temp-track. Cependant, pour la scène de la montée de la façade de la cathédrale, j'ai opté pour une consonance plus aérienne et moins saccadée que la musique temporaire.

Le piège du temp-track survient lorsque le réalisateur commence à s'y attacher fortement. Dans ce cas, il est difficile pour le compositeur de proposer une autre direction artistique, ce qui le prive un peu de liberté.

Un autre problème subsiste lorsque le temp-track est issu d'une bande originale à très gros budget (90 musiciens et une équipe complète de techniciens professionnels du son) et qu'il vous faut recréer la même ambiance avec un petit orchestre, ou pire, avec un ordinateur et une banque de sons.
Pour Vendome, David Tomaszewski a été très compréhensible à ce sujet. Il était clair dès le début qu'une banque de sons ne pouvait pas remplacer l'émotion et la dynamique d'un orchestre, d'autant plus que David avait placé la barre très haut avec des temp-tracks provenant de bandes originales d'Alan Silvestri, Danny Elfman et David Arnold... rien que ça !

Pour voir le film en entier et en savoir plus sur la construction de la musique, cliquez ici.

Pourquoi ne par lire aussi :


Musique hollywoodienne pour le film "Vendome Paris" de David Tomaszewski


Voici un teaser bien pêchu dont j'ai fait la BO dernièrement :



Ce film d'action s'appelle "Vendome, Paris" et a été réalisé par David Tomaszewski. Il présente les exploits d'un nouveau super héros (mélange de Batman et de Spiderman). Sa particularité est qu'il est 100 % Français !

Voir le film :


Un scnénario original et des scènes de combats bien ficelées !



Quelques mots sur la musique :

David souhaitait une BO qui fasse "gros film américain" avec des touches assez kitches par endroits pour rappeler l'univers des Comics. Les petites ponctuations fanfaresques sont donc volontaires ;-)
Dans ce teaser qui est composé à 90 % de scènes d'action, un Vendome's Theme n'était pas nécessaire. Le résultat donne une musique hollywoodienne offensive tout en relief à caractère purement illustratif (les ambiance orchestrales occultent la mélodie quasi inexistante).
Dans le cas de Vendome, le travail de synchro à l'image fut fastidieux et omniprésent.


Petit secret de fabrication : j'utilise très souvent les staccatos de cordes
provenant du VST plug-in Edirol Orchestral :

Edirol Orchestral
Certaines sonorités de Edirol Orchestral sont un peu cheap (trop synthé)
mais j'aime beaucoup les stacs de cordes qui permettent de faire des phrasés ultra rapides !



Un exemple d'utilisation des staccatos de cordes (Edirol Orchestral) et d'utilisation des trompettes de Synful. Ces 2 instruments virtuels ont un son correct en solo, mais surtout, ils sonnent très bien dans le mix :



On notera que les phrasés joués très rapidement avec le kit "cordes staccato" présentent paradoxalement un caractère "legato" (une particularité dûe à l'interprétation via un séquenceur).

Ma méthode concernant l'ajout de percussions orchestrales dans une musique de film d'action.


Bon, dans le titre j'ai écris "ma méthode" mais à mon avis, ça n'a rien d'exceptionnel. Je pense que beaucoup de compositeurs travaillent de la même manière. Je décris ici le type de percussion que j'utilise et à quel moment de la phase de création je les place dans le mix.

En fait, comme l'orchestration des autres pupitres, les percussions (cymbale, timbales etc...) sont insérées au fur et à mesure que les idées me viennent. Ce qui est sûr, c'est que je n'ai jamais commencé par poser une ligne de percussion me servant d'élément de base pour composer le reste. Ordinairement, je place les premières percussions quand j'ai déjà une première forme mélodique, grossièrement orchestrée.

Je commence souvent par les timbales, car elles produisent des notes (je peux tester rapidement si ça passe ou pas avec les autres instruments). De temps en temps, il m'arrive de faire des doublures :
  • Doublures entre percussions :
    - Timbales + caisse claire
    - Timbales + grosse caisse

  • Doublures avec d'autres familles d'instruments :
    - Timbales + pizzicati de contrebasse
    - Xylo + piccolo + Violons aigus
    - Staccatos de cordes + caisse-claire
    - Glockenspiel + flûte et/ou pizzicati de violons

Ci-dessous, un exemple chronologique d'insertion de percussions orchestrales (+ les percus électro du billet précédent).
Il s'agit toujours d'un extrait de VENDOME (en fait, je n'ai pas composé de musique hollywoodienne depuis). C'est promis, après ce billet, je ne ne vous harcèle plus avec notre super héros national à collants moulants.

gargouille vendome
Attention gargouille méchante !
(personnage créé par D. tomaszewski)


Fighting a gargoyle :

  1. Tapis orchestral de base :


  2. Timbales + caisse-claire + sounds FX (snap, boum )


  3. Percus électro (cf billet précédent)


  4. Cymbales + hi-hat + gong


  5. Orchestration finale (ajout de cuivres et de chœurs et encore qq FX)



Note : Vendome possède son propre myspace. Actuellement, c'est une musique de David Arnold (Casino Royal) qui habille musicalement la page. Une musique parfaitement bien réalisée en terme d'électro orchestral.

Nos confrères du metal : des guitares nerveuses mêlées à des orchestrations symphoniques




On pourrait croire qu'il n'y a pas vraiment de points communs entre la musique de film orchestrale et la scène metal, et pourtant nous avons des affinités, notamment avec le metal symphonique qui puise ses inspirations du côté des compositeurs classiques et des musiques de film actuelles (Elfman, Zimmer etc...).

Dans le metal, que j'écoute volontiers même si c'est assez rare, j'aime tout ce côté "rentre dedans" qui peu paraitre peu subtil au premier abord et qui finalement demande des qualités que tous les musiciens ne possèdent pas forcément :

- De la précision et de la coordination rythmique digne d'une horloge suisse (tout en live)
- Des thématiques efficaces (dans les changements d'accords et leitmotivs)
- De la recherche d'originalité concernant les structures des morceaux
- Une interprétation musclée parfois virtuose
- Du gros son qui, s'il est bien mixé, nous fait vibrer

Et parfois (selon les catégories de metal) :

- Des orchestration symphoniques qui n'ont rien à envier à certaines BO
- Des instrumentations celtiques ou médiévales ramenant à la mythologie
- Des arrangements pour chœurs
- Des ambiances et des voix lyriques qui nous rappellent celles des films d'heroic fantasy

Je me souviens d'une remarque amicale d'un collègue d'Api Corp à propos de la musique de VENDOME : "C'est clair que Tanguy Follio fait dans du lourd" (enfin, je crois que c'était flatteur parce qu'il parlait de l'orchestration).

C'est vrai qu'il faut parfois cogner du point sur la table avec des orchestrations toniques (cuivres saturés, rythmiques imposantes, cordes percutantes) pour donner du caractère et de la personnalité à la musique (pas tout le temps bien sûr... j'aime bien aussi écrire des musiques plus intimes avec du piano ou de l'accordéon).

La personnalité, le grain et le sens de la narration : voilà ce qui me plait dans les groupes comme Nightwish ou Therion qui font bouger d'énormes masses musicales sans tomber dans la bouillie sonore et tout en respectant les règles harmoniques !

Un mot sur Myspace où les affinités se créent en fonction des styles musicaux. A savoir que la majorité de mes "amis myspaciens" qui laissent des commentaires sont des compositeurs de musique de film (qui se ressemble s'assemble). Je n'ai pas beaucoup de visites de jazzmen ou de rappeurs, encore moins de chanteurs de variété. Mais il y a une rubrique qui montre régulièrement le bout de son nez, je vous le donne en mille : nos confrères du metal !

Alors, une fois n'est pas coutume, un peu de pub pour les remercier de leurs commentaires ou mails amicaux :

the_cnk adagio
catharsysk oniromancy



Voyageur malgré lui (The Accidental Tourist) de John Williams : la BO que j'écoute en ce moment.


J'ai découvert son existence dernièrement et je dois dire que je regrette de ne pas avoir écouté cette BO plus tôt...

Le film "Voyageur malgré lui " est sorti en 1988 avec une musique de comédie dramatique signée John Williams. C'était après "Empire du soleil" et avant "Né un 4 juillet".


John Williams The AccidentalTtourist The Accidental Tourist soundtrack John Williams
John Williams
Compositeur de musique de film
The Accidental Tourist 
(Voyageur malgré lui)


Le compositeur établit un thème principal qui repose sur 4 notes. Et a partir de ces quatre simples notes, il va broder des mélodies que je trouve particulièrement belles, comme ce passage au piano, soutenu par un leitmotiv de cordes : un ton assez léger (mais pas trop), orné de passages un peu plus mystérieux. Franchement j'aime.



Pour la petite histoire : j'ai découvert cette musique en tant que Temp Track (musique temporaire) sur un long métrage français en post-production, et pour lequel j'ai eu la chance de proposer quelques maquettes (un autre compositeur ayant finalement été retenu).

"Home Sweet Home" de Didier Le Pêcheur (sortie prévue en novembre 2008). Avec Judith Godrèche.

Enchainement simple de deux accords pour apporter un effet optimiste (à la Disney) à vos compositions.


Là, on est dans le b-a-ba de l'écriture harmonique. C'est une astuce qui est souvent utilisée, mais je la mets par écrit avec quelques extraits sonores (un exemple vaut souvent mieux qu'une longue explication...)

Cet enchainement de deux accords qui permet d'amener une touche de merveilleux ou d'aventure est tout simple à mettre en pratique. Il suffit de jouer un accord majeur (ex : Do majeur) puis d'enchainer sur l'accord majeur situé un ton au dessus (Ré majeur), tout en maintenant la note fondamentale du premier accord (note do grave) :



La fondamentale du premier accord peut être aussi maintenue dans les aigus (accord renversé) :



Quelques exemples de cette courte progression harmonique dans la musique de film :

- Dans les deux extraits ci-dessous, les instruments graves (Contrebasses et tuba) maintiennent la fondamentale tandis que les trombones enchainent les 2 accords (par exemple accord de DO vers accord de RE). Les trompettes, quand à elles jouent le thème principal (dont les notes appartiennent aux accords en question). Ici l'orchestration triomphante nous plonge dans une ambiance de film d'aventure :

Jurassic Park (John Williams) :


Back To The Future (Alan Silvestri) :



- Les 2 extraits ci-dessous sont orchestrés de manière plus légère et sautillante. Sans qu'il s'agisse pour autant d'un film de conte de fée, la connotation y est très optimiste :

Le Renard et L'Enfant (David Reyes) :


Jumanji (James Horner) :



- Et ce dernier extrait, dans un registre plus doux et moins sautillant, mais toujours optimiste. Cette fois-ci la note fondamentale du premier accord n'est pas maintenue (elle suit la cadence) :

Lune (Tanguy Follio) :



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