Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

Extrait sonore de musique classique


Sergei Prokofiev, c'est bon pour le moral !


Quand je pars en vacances au bord de la mer, j'emmène toujours avec moi un lecteur mp3 dans lequel je glisse mes BO favorites. Je les écoute le soir en m'endormant, dans un semi sommeil. De cette manière, tout en faisant travailler le subconscient créatif de mon cerveau artistique, je m'octroie une petite pause "réconfort" après l'effort d'une rude journée à la plage à creuser des piscines et construire des châteaux de sable (d'ailleurs, pourquoi c'est toujours le papa qui se tape l'animation avec les enfants tandis que madame est avachie sur sa serviette en lisant Biba ou Voici ?).

Bref, en prévision de mes différentes humeurs, je prévois toujours dans ma clé USB un assortiment de BO, allant du registre le plus calme (Les choristes, Incassable, La leçon de piano) au plus nerveux (Matrix Reloaded, Mission Impossible 2, Starwars).

Et bien sachez que quoi qu'il arrive, j'emporte toujours une ou deux symphonies de Sergei Prokofiev. Une musique de Prokofiev, c'est comme une boite de chocolat, on se sait jamais sur quoi on va tomber... c'est vrai que ça part dans tous les sens et que l'on va de surprise en surprise. Moi ça me redonne la pêche en un rien de temps !

Quelques passages vitaminés, tout en finesse :

Extrait de la cinquième symphonie (Sergei Prokofiev) :


Extrait de la septième symphonie (Sergei Prokofiev) :




Sergei Prokofiev avec ses 2 fils (Sviatoslav et Oleg) :

Prokofiev et ses 2 fils

Et encore un château de sable...


Pourquoi ne pas lire aussi :


Le sound design et l'identité sonore ont une place importante dans la musique pour l'image.


J'ai constaté dans notre annuaire de musiciens une rubrique qui était en pleine expansion : la rubrique "Identité sonore" (qui regroupe le sound design, l'illustration sonore et musicale).

Différent de l'écriture de grandes partitions symphoniques, le travail des compositeurs sound designers se caractérise beaucoup plus par la manipulation des sons (musique originale, sons acoustiques, sons électroniques, effets...), ce qui demande des qualités à la fois artistiques (être musicien) et techniques (travail du son à partir de machines, beatmaking). Comme l'a signalé Guillaume dans son blog à propos de Evolve et Synergy, je cite :"si on travaille pour l'image, on ne peut pas échapper à l'électro (la musique symphonique commence à se faire rare...)"

Aujourd'hui, je voudrais m'attarder sur le travail que font "The Waxstoners", 2 jeunes et talentueux musiciens. Dans leur studio Kapriel Records (label) ils travaillent ensemble sur la musique et le sound design (habillage sonore, identité sonore, communication sonore etc.) pour des groupes tels que Adidas ou Linux.

La vidéo ci-dessous, me paraît intéressante car elle montre les coulisses de la création d'un habillage sonore et musical, à partir des images de base et d'un fil conducteur : mots clés, direction artistique donnée par l'agence de communication (Gfilm) au cours d'un débriefing :

Exemple d'identité sonore pour Adidas :
Créée par The Waxstoners



The Waxstoners :
- Visiter leur site
- Visiter leur page myspace

Label Kapriel Records :
- Visiter le site


A découvrir également, le travail de Maria de Castro (compositeur sound designer)

Exemple de plans sonores et phénomène de résonnance dans une orchestration. Extait d'une bande originale de Jerry Goldsmith


Dans ce petit extrait, on distingue très nettement 3 plans d'orchestration :

Hollow Man (Jerry Goldsmith) :


Nous avons d'une part une mélodie stridente jouée par des instruments aigus (violons, flûtes) et d'autre part des ponctuations agressives en saccades jouées par des cuivres et des percussions (trombones, grosse caisse, timbales).

Le volume sonore de ces 2 parties sont à peu près identiques. On ne peut pas vraiment dire lequel est en avant et lequel est en arrière plan. Je crois que c'est notre humeur du moment qui fait qu'on va plutôt remarquer tel ou tel plan sonore en premier. Et puis, ça peut changer en cours d'écoute.

Par contre :
Entre ces 2 plans extrêmes (du point de vue des couleurs orchestrales), s'est glissé un troisième plan sonore, plus discret mais au combien utile : un petit leitmotiv récurrent joué par des cordes dans les médiums-aigus, à la manière d'un écho. Ce tapis rythmique a son importance car, d'une part il va apporter du "mouvement", et d'autre part il va lier l'ensemble pour le rendre moins sec (un peu comme le lait qu'on ajoute à la farine et les œufs pour faire des crêpes). Cet aspect technique très souvent utilisé en orchestration s'appelle la résonance...


Hollow Man Goldsmith Jerry Goldsmith
Hollow Man Jerry Goldsmith
 
(1929-2004)

Les musiciens de l'orchestre : que ferions nous sans eux !


Une phrase philosophique que je répète souvent (à propos de l'orchestre classique) :

"Sans les musiciens, il n'y aurait pas de musique. IL n'y aurait même pas de banques de sons"

C'est profond, n'est-ce pas ?
N'empêche, la composition ne fait pas tout. L'interprétation des musiciens a un rôle crucial quant à la qualité d'une musique (la justesse, le rythme, la qualité du son, et l'émotion bien sûr).

Le relationnel et la psychologie !
Je ne crois pas prendre de risques en disant qu'une bonne séance d'enregistrement passe d'abord par une bonne communication, que vous ayez à faire à 2 musiciens ou un orchestre complet. L'important, c'est de transmettre aux instrumentistes l'idée que vous vous faites de l'interprétation de votre musique. Pas besoin non plus d'être un orateur né, mais je pense qu'il faut avoir un discours précis tout en utilisant des mots simples. Avec le sourire, c'est encore mieux ;-)

Le premier Violon :
Comme le chef d'orchestre, il connaît à la fois les musiciens, et votre musique. Ce la fait de lui un bon médiateur et une valeur sûre quant au bon déroulement de la séance d'enregistrement.

Dans cet extrait audio que j'ai trouvé sur Youtube, on entend Bernard Herrmann expliquer aux musiciens ce qu'il attend de la musique à tel ou tel endroit :



Aujourd'hui, dimanche 15 juin 2008 :
Bonne fête à tous les papas musiciens !


La musique de film et les couleurs modales : créer des atmosphères musicales avec les 7 modes de l'échelle diatonique.


Aaaaaah, je ne veux pas écrire un énième article sur la théorie des modes diatoniques, (Ionien, dorien etc...), mais juste vous faire écouter quelques exemples sonores de ces modes, que j'ai piochés dans des bandes originales. Bien que j'ai écrit "couleurs modales" dans mon titre, le laisse de côté les gammes chinoises, arabisantes, andalouses etc... que je garde pour un prochain post ;-)

L'article sur Wikipédia explique très bien la théorie des modes musicaux (je vous invite à le consulter). Pour l'heure, je vous ai concocté une petite sélection musicale :

Je me limite volontairement aux touches blanches du clavier et je prends la gamme de do majeur comme point de repère (sachant que les 7 modes diatoniques se transposent dans toutes les tonalités).

1) MODE DE DO
Jouons la gamme de do majeur "do ré mi fa sol la si do" : c'est le mode ionien.

Superman (John Williams) :


Nous sommes là dans une gamme majeure classique avec une atmosphère musicale typique que l'on trouve dans toute musique en tonalité majeure (richesse, optimisme, ouverture etc...)


2) MODE DE RE
Maintenant, on va jouer les notes de la même gamme, mais en commençant par le ré :
"ré mi fa sol la si do ré" : c'est le mode dorien.

La Toison douce (Tanguy Follio) :


L'atmosphère musicale qui en découle a une connotation médiévale, celtique.


3) MODE DE MI
Toujours en décalant la note de départ vers la droite, donc en commençant la gamme par le mi :
"mi fa sol la si do ré mi" : c'est le mode phrygien.

Gladiator (Hans Zimmer) :


Ce mode permet de créer une couleur hispanique (bien que ce ne soit pas le seul mode). D'ailleurs, dans Gladiator, on le surnomme "l'Espagnol !" .


4) MODE DE FA
En commençant la gamme par le fa :
"fa sol la si do ré mi fa" : c'est le mode lydien.

Jumanji (James Horner) :


Il en ressort un petit côté "Disney" avec une pointe de merveilleux et une touche de mystère.


5) MODE DE SOL
En commençant la gamme par le sol :
"sol la si do ré mi fa sol" : c'est le mode mixolydien.

The Full Monty (David Lindup) :


Ce mode présente une couleur musicale d'un aspect un peu plus rock.


6) MODE DE LA
En commençant la gamme par le la :
"la si do ré mi fa sol la" : c'est le mode éolien.

36 quai des orfèvres (Erwann Kermorvant) :


C'est la gamme mineure classique, à l'aspect plus sombre et plus mélancolique que la gamme majeure (encore que...)


7) MODE DE SI
En commençant la gamme par le si :
"si do ré mi fa sol la si" : c'est le mode locrien.

Gamme :


C'est une gamme assez étrange pour laquelle je n'ai pas encore trouvé d'exemple dans la musique de film. Si quelqu'un a un extrait à proposer....

J'ai retranscrit succinctement (à l'oreille) les extraits de Gladiator, Jumanji et 36 quai des orfèvres, (et j'ai détuné The full Monty) pour les proposer dans la même tonalité que mes autres exemples. Pardon aux compositeurs pour avoir quelque peu dénaturé leurs œuvres. 36 quai des orfèvres, par exemple, sonne bien mieux dans sa tonalité d'origine (mi mineur) que dans mon extrait (la mineur).

Bien entendu, pour ne pas tomber dans le cliché, ce n'est pas la peine de foncer tête baissée et de composer une musique bretonnante de 10 minutes en utilisant uniquement le mode dorien. Il faut penser à varier les plaisirs et revenir de temps en temps à des atmosphères musicales plus classiques (via les gammes majeures et mineures).

La vérité sort de la bouche des enfants...


L'autre jour, à l'école, pendant l'inter-cours, j'ai mis ma zique de Vendome, super héros en fond sonore, sur le PC.

2 élèves de 6 ans passent par là :

Elève 1 : "On dirait la musique de Star Wars !"
Moi, sourire béat : "Ah oui ?"
Elève 2 : "Ouais, c'est nul"

Ces gentils bambins ont le chic pour vous torpiller en moins de 2... (bande de p'tits c...)

Travailler sur les boucles de percussions pour les intégrer au mix orchestral


Suite à la question posée par Simon, qui aimerait bien avoir 2 ou 3 petits trucs à propos des percussions, j'écris quelques lignes sur la méthode que j'utilise le plus souvent : le découpage et l'assemblage de boucles rythmiques (je garde l'utilisation des timbales, caisse-claire, cymbales et sounds FX pour le billet qui va suivre).

Avant tout, sachez que je ne suis pas un spécialiste dans le domaine de l'électro-orchestral. Dans l'idéal, il faudrait poser la question directement à John Powell, expert en la matière. Je lui en toucherai 2 mots quand je le verrai... (ha ha ha).

Bon, alors, moi je possède 2 ou 3 plugins intéressants pour construire des boucles rythmiques : Stormdrum, Stylus RMX et parfois Xphraze. Le Stormdrum propose des boucles très convaincantes orientées musique de film d'action (à la Mediaventure). RMX est plutôt orienté batterie que percussion, avec du très gros son qui groove bien. Le Xphraze offre des pads rythmiques avec des sonorités synthétiques, très utiles pour créer un tapis sonore sous mixé. Tous les 3 proposent des boucles dont le tempo s'adapte au métronome du séquenceur, ce qui est très pratique.

L'utilisation des boucles préfabriquées par le constructeur peut amener les compositeurs à céder devant la facilité et finalement créer des musiques qui se ressemblent (un clonage stylistique comme on peut le constater chez les utilisateurs de Garageband). Heureusement avec Stylus RMX et Xphraze on peut programmer soit même les boucles de percussions (ou tout du moins les modifier allègrement) ce qui apporte un caractère personnalisé et original.

Pour aller encore plus loin dans la personnalisation, n'hésitez pas à enregistrer en audio vos boucles préfabriquées, puis de les découper, les recoller à d'autres endroits, les mixer avec d'autres boucles etc... en faisant votre "petite cuisine", vous verrez que vous pourrez créer de nouvelles boucles, bien à vous et surtout adaptées à votre passage musical. Le découpage se fait de manière très ergonomique dans un séquenceur car les rythmiques sont saccadées et répétitives :


loop


loop


loop


Exemple sonore :
(aucun rapport avec les images ci-dessus)

1- Matériau de base (boucles préfabriquées) :
  • Boucle issue de Stormdrum :


  • Boucle issue de Stylus RMX :



2- Après le découpage et l'assemblage :
  • Nouvelle boucle :


  • Dans le mix orchestral :



Voilà, donc là, vous constaterez que j'ai ajouté à la boucle rythmique quelques percussions orchestrales de façon à obtenir quelque chose d'encore plus consistant. D'ailleurs, j'ai un peu l'impression qu'à l'heure actuelle dans les blockbusters, c'est à celui qui fera le plus de bruit ! la musique n'échappe pas à ce phénomène très tendance...

Dans le billet suivant, je reprendrai le même extrait sonore (un peu plus long, même) pour vous faire écouter comment je place chronologiquement mes percussions. Généralement, c'est au milieu de la phase de création, au moment où j'ai déjà un peu de contenu orchestral.

Les marches harmoniques. Quelques exemples trouvés dans des bandes originales.


Attention à la marche (harmonique) ! Qu'est-ce qu'on se marre dans ce blog

Définition trouvée dans Wikipédia : Une marche harmonique est une succession de mouvements harmoniques se répétant symétriquement sur d'autres notes.

L'idée c'est ça : on crée un motif (quelques notes ou un mouvement d'accords) puis on reproduit ce motif en le commençant à partir d'une autre note. On peut reproduire ce motif 2, 3, 4, 5, ... 10 fois en conservant un décalage régulier (c'est mieux). Par exemple, en reproduisant le motif tous les 2 tons vers le bas.

Voici une marche harmonique montante que j'ai trouvée sur les cours d'harmonie en ligne de Michel Baron :



Moi, la marche harmonique qui m'a le plus frappée dans ma jeunesse, c'est celle-ci :
(Voir exemple Noisetracker sur ce billet)

Tonalité LA mineur :
LAm-Rém
Sol-Do
Fa-Sib
Mi


On la retrouve (en partie) dans des chansons comme "It's my life" (Talk Talk) ou encore "I'm a Barbie girl" (Aqua).
Dans la chanson "Pomme C" de Calogero, cette marche harmonique apparaît entièrement, avec juste une ou deux modifications (une septième mineure par-ci, une résolution par là) :

Ci-dessous, j'introduis "Pomme C" au piano par une marche harmonique de base (tonalité DO mineur) :



Notez bien qu'une fois que l'on tient une marche harmonique, il est très agréable de broder par dessus (variations, contrechants etc..)


Toujours cette même marche harmonique, mais encore plus altérée que Pomme C : un extrait de la bande originale "Escaflowne" composée par Yôko KANNO (tonalité MI mineur) :




Pour finir, un petit assortiment de marches harmoniques issues de diverses musiques et chansons pour le cinéma :


  1. Le Renard* (Lalo Schifrin)
  2. Les demoiselles de Rochefort (Michel Legrand / interprétation : le violon dingue)
  3. Primal Fear (Frederico de Brito & Ferrer Trindade)
  4. Saving Private Ryan (John Williams)
  5. A Beautiful Mind (James Horner)

Je trouve les marches harmoniques de James Horner particulièrement touchantes. Ce compositeur souvent montré du doigt pour sa tendance à s'auto-plagier, a le don de m'émouvoir. J'admire beaucoup ses trouvailles.

*On remarquera l'utilisation subtile en arrière plan d'un cor beau dans Le Renard.... (ha ha ha)
En outre, cette mélodie très sensuelle a longtemps habillé une publicité pour une marque de collants.

Musique du générique OSS 117, parodie de film d'espionnage.


J'adore ce style ! Le générique d'OSS 117 (Ludovic Bource et Kamel Ech Cheikh) tourne en boucle dans ma platine depuis 2 jours. Un style à la Lalo Schifrin des années 70, qui nous plonge immédiatement dans l'ambiance de Bullit, The Avengers, Mission impossible, James Bond, CI5 etc...

Au programme : section de cuivres (trombones, trompettes et sax) avec guitare seventies. Manque plus que la flûte traversière !
Je ne résiste pas à la tentation de placer un court extrait :



Allez, pour les plus nostalgiques, je place aussi un petit extrait du générique de The Professionnals (CI5) composé par Laurie Johnson. Indétrônable, ce Main Title avec les cuivres bien gras, la wha wha et les charleys...



Et tant que j'y suis, pour rester un peu dans le style, voici un extrait d'une musique que j'ai composée il y a pas mal de de temps dans un esprit beaucoup plus lounge : ambiance casino avec un côté action à la James Bond (aucun rapport avec Casino Royal cependant ....). Je l'ai appelé Target :



Enfin voilà, en regardant le film OSS-117 je me suis dit que ce genre de musique me faisait bien kiffer. Un jour j'aimerais vraiment faire la musique d'un film d'espionnage !

Dans le genre magnifique, il y a aussi la BO des Indestructibles de Michaël Giacchino ! z'avez entendu le générique de fin ? c'est tout simplement "incredible" !!!

Absynth Twilights de Native Instruments, banque de sons de pads et de soundscapes. Lisible par Kore et Absynth 4.


Il s'agit d'une banque de sons pratique et pas trop chère (59 $) qui vous aidera à créer des ambiances de type spatiale, psychédélique, angoissante, zen, nappes etc... ce qu'on appelle Soundscapes et Pads (cf par exemple l'univers "Ambiant music" que l'on retrouve chez Brian Eno)

Bref, un instrument virtuel qui peut être utile pour les compositeurs de musique de film, illustrateurs musicaux, sound-designers, mais aussi pour les compositeurs de musique électronique ou électro-orchestrale, ou tout simplement pour celui qui souhaite obtenir une atmosphère précise dans une œuvre musicale ou sonore.

Rappelons que la banque de sons Absynth Twilights (issue de la lignée "Kore Soundpack") nécessite la présence d'un "lecteur" logiciel, tel que :

Absynth 4


Kore Player gratuit


Kore 2 de Native Instruments


Absynth Twilights possède 200 sonorités originales déclinées sur plus de 1600 variations. A noter que ces sonorités ont été créées à l'origine pour la série "Absynth Sounds" de Biolab's (Camel Audio).


J'apprends en surfant :
  • Le mot Soundscape est un mot valise (2 mots fusionnés en un) provenant de Sound et Landscape (paysage sonore).

Etudier à la loupe l'orchestration d'un extrait musical issu d'une bande originale


Nous parlions, l'autre jour avec Louar52, de l'écoute attentive des grands maîtres du classique et de la musique de film, dans le but de nous familiariser avec l'orchestration et l'instrumentation.

Je pense que malgré les écoutes globales des symphonies ou des œuvres de John Williams, beaucoup de choses nous échappent. Je crois qu'il ne faut pas hésiter à faire des arrêts sur images pour décortiquer certains passages écrits par nos compositeurs préférés (si l'on ne souhaite pas passer par la lecture du score, souvent introuvable en ce qui concerne la musique de film, du reste).

Quand j'ai un peu de temps, j'écoute une BO dans mon ordinateur, avec un logiciel enregistreur (bouton "record" armé). Chez moi, c'est Cool Edit Pro ou Wavelab. Audacity fait très bien l'affaire aussi.

J'enregistre un passage qui me plaît :


X-MEN 2 (John Ottman)

X-men2 dans Cool Edit Pro

Ecouter l'extrait :



Et je me pose la question : qu'est-ce que j'entends ?
  • Crescendo initial :
  • Note jouée par des instruments graves. Contrebasses et timbales en trémolo, avec probablement du tuba pour donner un son plus rond (peut-être aussi du basson ?). Puis, intervention des autres cuivres et cordes medium au milieu du crescendo. Trombones et trompettes medium, peut-être des cors. Le Gong ne me permet pas de savoir s'il y a des bois.

  • Partie centrale :
  • Rythmique saccadée faite par des snaps de cordes (sûrement samplés) et des sons de cymbales (pour l'aspect métallique et tranchant). Dessous, on perçoit effet orchestral très efficace : on dirait un tapis de cordes frottées et des trompettes en sourdine. Puis une petite harpe mystérieuse introduit une pose d'accord clairement interprétée par des bois (clarinettes, haubois et flûtes) et des cordes dans le registre medium-aigu ainsi que quelques cors pour soutenir l'accord.

  • Avant dernier crescendo :
  • Dans la continuité de la partie centrale, ce deuxième crescendo est très bien amené. Le chevauchement est très important en orchestration. Les trompettes, par exemple, se greffent sur les notes de violons tandis qu'un effet synthétique (à moins que ce soit encore un tapis de cordes frottées) apporte un côté dissonant au crescendo, qui finit par se déchirer avec les tambours sans timbre (comme des toms). Le crescendo final peut commencer :

  • Crescendo final :
  • Des violoncelles aigus et alti viennent doubler la rytmique (snaps samplés) tandis que les cors (voir quelques trombones), pas trop gras mais bien ronds se posent en accord dissonant bougrement efficace. Cordes discrètes mais pas de timbales ou cymbales en crescendo à cet endroit. Les cuivres medium prédominants décrivent à eux seul une certaine tension. Quelque chose de bien costaud va arriver à cet endroit du film.... Un ponctuation percutante (hit de timbales, enclume, tambour... tout ce qui fait du bruit) vient clôturer cet extrait. X-Men2 n'est pas une comédie à l'eau de rose ;-)

Je constate aussi que les effets orchestraux les plus persuasifs ne sont pas forcément construits en superposant un maximum d'instruments. Une petite note de harpe bien placée avec une note de cor suffit parfois à créer un suspense qui vous tient en haleine. On trouve beaucoup d'effets de ce genre dans des films comme Star wars, Jurassik Park ou Indiana Jones, entre les tutti orchestraux des scène épiques et d'action.

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