Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

Extraits de musiques de films présentant des changements de tempo


Quelques exemples de changements de tempo dans la musique de film


J'ai noté quelques exemples frappants où la musique s'accélère ou ralentit. Le changement du tempo dans la musique de film permet, comme pour les crescendos, de renforcer le côté émotionnel. Je pense notamment à certaines scènes d'action qui nécessitent un développement, amenant peu à peu le spectateur à un moment crucial.


Par exemple, dans l'extrait ci-dessus, ALien 4 Resurrection (John Frizzell), l'accélération progressive de la musique correspond à la prise en chasse des humains par les aliens menaçants. Plus les aliens se rapprochent, plus la menace est grande, plus les humains paniquent et plus la musique s'accélère !


Dans cet extrait (embuscade) que j'ai composé pour un documentaire animalier, la musique s'accélère légèrement pour appuyer le côté "poursuite" (un tigre de Sibérie prend en chasse un autre animal), puis elle ralentit quelques secondes avant le moment fatidique pour décrire une sorte de fatalité, une tragédie : les derniers mètres qui précèdent l'inévitable capture.

Voici quelques extraits de bandes originales, dans le style purement hollywoodien, qui présentent des changements de tempo assez caractéristiques. Ces changements sont amenés de diverses manières :

  • Ralentissement progressif :

    Volte-Face (John Powell)


  • Accélération par paliers (avec changement de tonalité) :

    Titanic puis Braveheart (James Horner) :



  • Placement d'un silence entre 2 fragments de tempos différents :

    Matrix Reloaded (Don Davis) :


  • Pose de son entre 2 fragments de tempos différents :

    Planet Of The Apes (Danny Elfman) :


  • Changement de tempo lié à un changement de mesure (ex : ternaire vers binaire) :

    Hook (John Williams) :


  • Etc... etc...

On s'en doute, la manière dont le compositeur va appliquer son changement de tempo dépendra essentiellement de ce qui se passe à l'écran. Il devra notamment tenir compte des contraintes de synchronisation.

Pourquoi ne pas lire aussi :


Faire monter la tension : long crescendo orchestral suivi d'un relâchement brutal


Il n'est pas rare dans les films d'action ou d'horreur que le réalisateur laisse la tension s'installer progressivement, sur plusieurs minutes. Le spectateur prend conscience que quelque chose va arriver (mais il ne sait pas quand exactement). Puis arrive brusquement le moment crucial, un fait marquant, une scène forte sur le plan émotionnel etc...).

Dans ces scènes précises, la musique suit généralement l'intrigue. Pas toujours, certes, car il arrive qu'elle soit en décalage avec les images, mais souvent, la bande musicale qui accompagne ce long instant de tension prend l'allure d'un crescendo.

  • Crescendo dans l'intensité sonore (p -> ff)
  • Crescendo dans l'harmonie (augmentation progressive du nombre de voix)
  • Crescendo dans l'orchestration (augmentation progressive des instruments intervenants)
  • Crescendo dans le tempo (la musique peut s'accélérer)

Suivi parfois d'un relâchement brutal :
  • Retour rapide à un faible volume sonore
  • Retour rapide à une harmonie simple
  • Retour rapide à une orchestration plus sobre
  • Tempo ralenti
Un type de relâchement qui me plaît particulièrement, c'est quand la coupure n'est pas nette et que l'on a l'impression que la masse orchestrale dégringole brutalement, ce qui donne un effet de "déchirement" :

Ci-dessous, 2 exemples sonores de crescendo avec effet de déchirement. Le premier est un court crescendo en pose de son, avec une petit déchirement aux percus. Le second (plus palpitant) est un long crescendo musical interrompu par un déchirement cuivré. Il correspond à la scène d'ouverture de X-MEN devant le camp de concentration (la douleur de Magneto enfant, que l'on arrache aux bras de ses parents est ici très bien illustrée).

Sixième Sens (James Newton Howard)


X-MEN (Michaël K-MEN)


L'enregistrement d'une musique de film, décrit tel qu'il est perçu par le réalisateur Jean-Jacques Annaud


J'ai découvert des articles sympas sur le blog de Jean-Jacques Annaud (avec extraits audio et vidéos à la clé). Il y a tout un passage intéressant à propos de l'enregistrement de la musique de son long métrage "Sa Majesté Minor" tel qu'il est vécu par le réalisateur lui-même.

Le compositeur du film est Javier Navarette (Le Labyrinthe de Pan).

Au cours d'une séance d'enregistrement, Jean-Jacques Annaud livre naturellement ses impressions sur la musique, l'orchestre, les solistes etc... il confie également son ressenti à l'égard du compositeur qu'il qualifie de "créateur" ou de "patron" pendant l'enregistrement.

Lire l'article : Pourquoi j'assiste à toutes les séances d'enregistrement


A lire également, cet autre article particulièrement instructif où Jean-Jacques Annaud donne son point de vue sur les maquettes des compositeurs en général. Je recopie ici la dernière phrase que je trouve très juste :

" Un conseil : exiger une maquette, toujours, même pourrie. Elle indique au moins la mélodie, ou son absence, le tempo, il y en a forcément un, une direction d'intention et de style. Il faut se dire une chose : ce sera sûrement mieux avec l'orchestre. Et si c'est pas mieux, on garde la maquette, comme je l'ai fait plus d'une fois ! "

Lire l'article Le temps des maquettes

SX4, la toute dernière version du séquenceur professionnel Cubase


Je viens de découvrir l'existence de Cubase SX4 (je travaille sur SX3). Il est encore plus beau !

Je ne sais pas encore s'il y a de grands changements, mais j'ai découvert Retif Web, un site qui explique les nouvelles fonctionnalités de Cubase SX4

En outre le site propose des conseils à l'utilisation de l'outil "partitions" de Cubase. (ça c'est pour Damien A ;-)

Bientôt, j'essaierai moi aussi de faire des tutoriels vidéos, pas seulement sur la technique informatique musicale, mais aussi sur des petits trucs d'orchestration, d'arrangement... en restant toujours dans le domaine de la composition de musique de film.

Comment définir une bonne orchestration ?


On connait tous la différence entre un bon et un mauvais chasseur...
Mais qu'en est-il de l'orchestration ?

J'ai trouvé un article très intéressant sur le sujet, de Alan Belkin, à propos de l'orchestration en général.
Je recopie ici un extrait de cet article qui énumère les points forts d'une bonne orchestration et les erreurs à na pas faire :

Une orchestration déficiente :

Alan Belkin rappelle d'abord qu'une orchestration jouable peut difficilement être franchement mauvaise.
On parlera plutôt d'un orchestration déficiente en essayant d’identifier les erreurs qui en sont, le plus souvent, la cause :

  • Faiblesse des effets, résultant d’un recours insuffisant aux ressources disponibles pour produire le caractère désiré (par exemple, un effet percussif reposant sur quelques bois et aucune percussion), ou résultant de gestes contradictoires (par exemple, l’ajout d’instruments pendant un diminuendo).

  • Fatigue auditive résultant de l’usage exagéré des registres extrêmes ou de couleurs très caractérisées, ou résultant d’un manque de fondu dans les blocs harmoniques.

  • Texture « grise » souvent causée par un abus de doublures à l’unisson.

  • Lourdeur généralisée (plutôt que localisée, à titre d’effet), engendrée par un abus de doublures ou par une surcharge du registre grave.

  • Sonorité généralement trop sèche, par absence d’arrière-plans résonant. (Une sonorité sèche peut convenir, à titre d’effet, mais rarement comme norme).

  • Confusion entre divers éléments musicaux, due à une faible différentiation des plans sonores.

  • Confusion formelle, causée par des changements de timbre à des moments arbitraires, ou par des changements n’offrant pas le degré de contraste requis.

  • Imprécision du caractère.


Une orchestration de qualité :

Une bonne orchestration doit :
  • Renforcer la forme : Les changements orchestraux doivent se faire aux endroits appropriés et présenter un degré de contraste approprié.

  • Offrir des couleurs suffisamment fraîches et variées pour soutenir l’intérêt.

  • Renforcer le phrasé.

  • Clarifier les différents éléments musicaux. Chaque élément doit être audible.

  • Assurer une contribution personnalisée de chaque élément, permettant ce que Richard Strauss (en référant à la polyphonie de Wagner dans la préface de sa version révisée du traité de Berlioz) appelle « l’implication spirituelle des exécutants ».

  • Prévoir des parties aussi faciles à jouer que possible, en privilégiant toujours la façon la plus simple d’obtenir l’effet désiré.

  • Créer une sonorité riche (habituellement, en multipliant les plans sonores).

  • Présenter un caractère précis.

  • Utiliser efficacement la masse orchestrale.

Auteur : Alan Belkin
Source : http://www.musique.umontreal.ca:16080/personnel/Belkin/bk.o.fr/index.html

Nos confrères du metal : des guitares nerveuses mêlées à des orchestrations symphoniques




On pourrait croire qu'il n'y a pas vraiment de points communs entre la musique de film orchestrale et la scène metal, et pourtant nous avons des affinités, notamment avec le metal symphonique qui puise ses inspirations du côté des compositeurs classiques et des musiques de film actuelles (Elfman, Zimmer etc...).

Dans le metal, que j'écoute volontiers même si c'est assez rare, j'aime tout ce côté "rentre dedans" qui peu paraitre peu subtil au premier abord et qui finalement demande des qualités que tous les musiciens ne possèdent pas forcément :

- De la précision et de la coordination rythmique digne d'une horloge suisse (tout en live)
- Des thématiques efficaces (dans les changements d'accords et leitmotivs)
- De la recherche d'originalité concernant les structures des morceaux
- Une interprétation musclée parfois virtuose
- Du gros son qui, s'il est bien mixé, nous fait vibrer

Et parfois (selon les catégories de metal) :

- Des orchestration symphoniques qui n'ont rien à envier à certaines BO
- Des instrumentations celtiques ou médiévales ramenant à la mythologie
- Des arrangements pour chœurs
- Des ambiances et des voix lyriques qui nous rappellent celles des films d'heroic fantasy

Je me souviens d'une remarque amicale d'un collègue d'Api Corp à propos de la musique de VENDOME : "C'est clair que Tanguy Follio fait dans du lourd" (enfin, je crois que c'était flatteur parce qu'il parlait de l'orchestration).

C'est vrai qu'il faut parfois cogner du point sur la table avec des orchestrations toniques (cuivres saturés, rythmiques imposantes, cordes percutantes) pour donner du caractère et de la personnalité à la musique (pas tout le temps bien sûr... j'aime bien aussi écrire des musiques plus intimes avec du piano ou de l'accordéon).

La personnalité, le grain et le sens de la narration : voilà ce qui me plait dans les groupes comme Nightwish ou Therion qui font bouger d'énormes masses musicales sans tomber dans la bouillie sonore et tout en respectant les règles harmoniques !

Un mot sur Myspace où les affinités se créent en fonction des styles musicaux. A savoir que la majorité de mes "amis myspaciens" qui laissent des commentaires sont des compositeurs de musique de film (qui se ressemble s'assemble). Je n'ai pas beaucoup de visites de jazzmen ou de rappeurs, encore moins de chanteurs de variété. Mais il y a une rubrique qui montre régulièrement le bout de son nez, je vous le donne en mille : nos confrères du metal !

Alors, une fois n'est pas coutume, un peu de pub pour les remercier de leurs commentaires ou mails amicaux :

the_cnk adagio
catharsysk oniromancy



Enchainement simple de deux accords pour apporter un effet optimiste (à la Disney) à vos compositions.


Là, on est dans le b-a-ba de l'écriture harmonique. C'est une astuce qui est souvent utilisée, mais je la mets par écrit avec quelques extraits sonores (un exemple vaut souvent mieux qu'une longue explication...)

Cet enchainement de deux accords qui permet d'amener une touche de merveilleux ou d'aventure est tout simple à mettre en pratique. Il suffit de jouer un accord majeur (ex : Do majeur) puis d'enchainer sur l'accord majeur situé un ton au dessus (Ré majeur), tout en maintenant la note fondamentale du premier accord (note do grave) :



La fondamentale du premier accord peut être aussi maintenue dans les aigus (accord renversé) :



Quelques exemples de cette courte progression harmonique dans la musique de film :

- Dans les deux extraits ci-dessous, les instruments graves (Contrebasses et tuba) maintiennent la fondamentale tandis que les trombones enchainent les 2 accords (par exemple accord de DO vers accord de RE). Les trompettes, quand à elles jouent le thème principal (dont les notes appartiennent aux accords en question). Ici l'orchestration triomphante nous plonge dans une ambiance de film d'aventure :

Jurassic Park (John Williams) :


Back To The Future (Alan Silvestri) :



- Les 2 extraits ci-dessous sont orchestrés de manière plus légère et sautillante. Sans qu'il s'agisse pour autant d'un film de conte de fée, la connotation y est très optimiste :

Le Renard et L'Enfant (David Reyes) :


Jumanji (James Horner) :



- Et ce dernier extrait, dans un registre plus doux et moins sautillant, mais toujours optimiste. Cette fois-ci la note fondamentale du premier accord n'est pas maintenue (elle suit la cadence) :

Lune (Tanguy Follio) :


A la manière de John Williams : Request for Harmony, composé par Mathieu Fraysse.


J'ouvre une catégorie "A la manière de" pour ceux qui souhaitent faire écouter une de leurs musiques, écrite dans le style de leur compositeur préféré (Danny Elfman, Eric Serra, Jerry Goldsmith, Ennio Morricone, Hans Zimmer etc...)

Aujourd'hui, je voudrais vous faire découvrir une œuvre de Matthieu Fraysse qui s'intitule Request for Harmony et qui sera interprétée le 28 juin 2008 dans la basilique de Lalouvesc, en Ardèche. Pour cette grande occasion, 2 harmonies seront réunies, rassemblant plus de 100 musiciens (amateurs et professionnels).

Request for Harmony (extraits) :
(Compositeur : Matthieu Fraysse)


Request for Harmony - Live Concert
envoyé par matzik


A noter que la musique Request for Harmony a été écrite dans le style de Star Wars et de Superman (John Williams donc) et que les bénéfices du concert du 28 juin iront directement à la recherche contre le cancer.

Musique protégée !
Ne pas copier ni utiliser sans autorisation


Pour en savoir plus, visitez le site de Matthieu Fraysse

Trouver du travail : démarcher les boites de production, les agences artistiques, les réalisateurs. Quand l'art devient commerce...


"Bonjour, je suis un jeune compositeur passionné par la musique de film. J'aimerais en faire mon métier mais je ne sais pas par où commencer (trouver des contacts, comment me vendre etc.) Peut-être pourriez-vous me donner quelques solutions ?
Votre blog est super ! Amicalement,
Alain Sylvestre, de Hill Valley"

Salut Alain,

"Comment vivre de son art..." Aaah, c'est un des plus grands mystères de l'univers, après les femmes...

Pour commencer, je dirais qu'avant de prospecter sérieusement, ce serait bien d'avoir déjà fait quelques musiques pour des courts-métrages ou petits films institutionnels. Sur Internet, beaucoup de jeunes réalisateurs recherchent des compositeurs pour habiller leurs films. C'est l'occasion de se faire la main et de commencer à créer son propre book. C'est sûr qu'il ne faut pas espérer gagner beaucoup d'argent en échange....

Ensuite, lorsque vous avez des choses intéressantes à montrer, c'est le moment de contacter des réalisateurs professionnels. Pffff... se vendre.... pas facile, ça....

J'imagine qu'il faut se montrer partout où c'est possible pour rencontrer les gens du métier. D'une part dans les festivals du cinéma ou de la musique (le festival d'Auxerre par exemple, consacré à la musique de film). D'autre part, en participant à des concours, des master-class, des sessions comme Emergence.

Il est sûrement bon également de pointer le bout de votre nez dans les écoles de cinéma pour signaler votre existence et proposer vos services. Le contact, toujours le contact....

Quelque chose que je n'ai jamais faite mais qui peut être bénéfique, c'est de se retrouver (ne me demandez pas comment) dans des soirées mondaines parisiennes, au cours desquelles vous allez discuter autour d'un verre avec des réalisateurs ou des producteurs. Pour ces derniers, la rencontre physique est beaucoup plus parlante que les piles de CD démo qui s'entassent dans leur bureau...

Mais bon, encore faut-il avoir le sens du contact et de la tchatche ce qui n'est pas donné à tout le monde. On entend souvent des artistes regretter ne pas être bons commerçants...
Pour les plus timides, il reste la solution Internet et les envois postaux :

Comme je le soulignais dans le billet définir l'ordre des musiques dans un cd démo, c'est important de cibler les boites de production. Ne perdez pas votre temps à contacter les grosse boites. Il vaut mieux commencer petit et se fidéliser. Pour intéresser un professionnel, il faut lui faire comprendre que votre musique correspond à ce qu'il cherche pour son prochain film. En surfant sur des sites comme Unifrance il vous sera possible de vous tenir au courant des films qui se préparent dans l'année.

Il est difficile de contacter directement un réalisateur. La plupart du temps, ils sont représentés par des agence artistiques comme JFPM, Adéquat ou AAC, avec qui il est plus facile de se mettre en relation.

L'envoie de CD démos devient fastidieux et cher à la longue. En complément, il n'est pas inutile de créer votre propre site web, qui vous servira de carte de visite dans vos mails. Les boites de production commencent à avoir le réflexe internet, ça démarre doucement. Attention, n'envoyez surtout pas vos mp3 par mails ! (une URl, c'est moins lourd).

Et l'agent artistique qui représente le compositeur ?

Ce n'est pas facile d'intégrer une agence artistique déjà en place, si vous n'avez pas composé pour un long métrage. J'ai eu la chance d'être présent sur Internet au moment où Api Corp a décidé de créer son département musique : il s'agissait d'un démarrage [Je rappelle que l'agence Api Corp était déjà bien implantée et reconnue dans le département des directeurs de la photographie].

Pour finir, dans l'idéal, c'est bien de trouver son "ami" réalisateur (surtout si son talent est très prometteur) avec qui on va grandir. La création d'un tandem réalisateur-compositeur apporte une inertie incroyable pour booster une carrière : François Ozon et Philippe Rombi, Alain Chabat et Philippe Chany, Luc Besson et Eric Serra... sans oublier : Alan et Bob ;-)

Quoi qu'il en soit, le chemin est très long. Beaucoup de compositeurs (jeunes et même moins jeunes) ont un autre métier en parallèle, pour vivre. Il n' y a pas à être montré du doigt parce qu'on n'arrive pas à s'en sortir uniquement avec la musique. Il faut du talent et du travail, certes, mais la chance y est aussi pour beaucoup.

Définir l'ordre des musiques sur un CD démo. Un choix subtil et judicieux pour démarcher les boites de production.


Juste une petite précision à propos du billet sur le mastering.

C'est également au cours du mastering que l'on choisit l'ordre des pistes que l'on ma mettre sur un CD.
Cela paraît anodin, mais il y a des choix judicieux à faire. Certes, la création d'un album concerne essentiellement le domaine de la chanson. Mais pour un jeune compositeur qui souhaite faire découvrir son travail, il est important de bien choisir l'ordre de ses morceaux de musique avant d'envoyer un CD à une boite de production ou à un réalisateur.

L'idée que se fait un professionnel sur la qualité de votre musique prend moins d'une minute. Donc, je conseille de ne pas mettre en première piste, une oeuvre qui possède une intro à n'en plus finir (la musique doit interpeler dès les 5 premières secondes). Idem pour le son : ne placez pas en début de CD, une musique qui sonne cheap par endroits (même si vous êtes particulièrement fiers de l'écriture).

Très important : cibler le contenu de votre Cd pour répondre aux attentes du destinataire :

Un souvenir d'un commentaire du réalisateur Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien) à propos des CD démo qu'il reçoit régulièrement : "Les musiques sont souvent belles, mais on a toujours l'impression que le compositeur cherche à nous montrer l'étendue de ses possibilités (voyez comme je sais faire du jazz, de la musique ethnique, du symphonique, et même de la techno !). Et bien moi, en tant que réalisateur, je souhaiterais recevoir un Cd qui contienne la musique de mon prochain film !"

Donc, à nous de nous renseigner sur l'actualité du cinéma (les films en projet, en préparation, en tournage) et de cibler nos envois. En d'autres termes, ce n'est peut-être pas la peine d'envoyer des musiques épiques à un réalisateur qui souhaite réaliser prochainement une comédie dramatique...

Une dernière chose sur le choix des boites de production : ne rêvons pas, aucun producteur ne prendra le risque de miser un budget colossal sur un compositeur qui n'a pas fait ses preuves (c'est comme les anonces ANPE : Expérience exigée !). Bref, ça ne sert à rien pour un jeune compositeur (à part s'il aime jouer au loto) d'envoyer un CD aux très grosses boites en espérant que....
Au départ, il vaut mieux cibler les petites et moyennes boites de production, puis se fidéliser et grandir ensemble.

Lire également le billet : trouver du travail dans la musique de film.

La musique source : une musique que l'on trouve fréquemment dans les films.


La musique source, c'est la musique qui est "à l'intérieur" du film. Elle est intégrée dans une scène où les personnages l'entendent réellement.

Par exemple :
  • La musique d'une boite de nuit dans laquelle se passe la scène
  • La musique d'un concert auquel assiste le personnage
  • La chanson d'une radio dans une voiture
  • La musique d'une fanfare qui passe dans la rue
  • Un chanson chantée sur scène
  • etc

Le choix d'une musique source dépend du désir du réalisateur (et la disponibilité du compositeur...). Cela peut être :
  • Une chanson pré-existante ("Je suis un garçon" de Mylène Farmer dans le film Pédale Douce lorsque Patrick Timsit chante dans sa voiture)

  • Une musique pré-existante ("Aria" de Bach dans le film Le Silence Des Agneaux avant le meurtre des 2 policiers)

  • Une chanson originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("Wonka's Welcome Song" de Danny Elfman dans le film Charlie et la Chocolaterie lorsque les jeunes gagnants arrivent à l'usine)

  • Une musique originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("20th Century Kiosque" de Philippe Rombi dans le film Oui mais quand la séance de cinéma se termine)


Il y a même certains cas où la BO se transforme progressivement en musique source :

Dans la première scène du film The Holiday (musique de Hans Zimmer), on entend une musique d'ouverture (comme dans beaucoup de films). Progressivement, on va s'apercevoir que c'est un des personnages qui est entrain de jouer de la musique (ce personnage est d'ailleurs un compositeur de musique de film).

A voir également : Je hais la musique (réalisation et musique de David Reyes) où l'on peut découvrir un très bon exemple de morphing "BO vers musique source" dans les dernières scènes.

Les Sites de l'Annuaire