Le réalisateur : interlocuteur privilégié dans la création d'une musique de film.
Par Tanguy, mardi 29 avril 2008 à 08:23 - Les professions liées à la musique de film - Tags
Le réalisateur (le réal ou le réa dans notre jargon), c'est la personne qui, avec le superviseur musical, est la mieux placée pour décrire ses attentes vis à vis de la musique à composer pour le film.
Une phrase que j'ai souvent entendue : "ce film, c'est son bébé".
Certes, ce n'est pas le bébé brailleur qui rempli allègrement ses 8 couches par jour, mais plutôt le bébé tendresse qui fait notre fierté, que l'on souhaite protéger et voir grandir.
Pour un réalisateur, un film est toujours une grande aventure, une œuvre originale dans laquelle il s'est humainement impliqué. Sa grande ferveur artistique est souvent malmenée par les réalités techniques comme les moyens budgétaires, les délais impartis, la météo, ou encore certains problèmes de communication avec la boite de production. Mais cela ne l'empêche pas de créer... Finalement cette vision ressemble beaucoup à celle des compositeurs : pas mal de points communs nous rapprochent.
En ce qui me concerne, la plupart de mes collaborations avec les réalisateurs se sont bien passées. Bien sûr, il y a (et il y aura) toujours des mauvais caractères ou des orgueilleux (que ce soit du côté des réalisateurs ou des compositeurs), mais dans l'ensemble, ce sont des gens sympathiques qui ont l'habitude de travailler avec d'autres personnes et qui sont parfaitement conscientes des valeurs relationnelles et psychologiques.
En début de projet, j'essaie d'adopter une attitude sereine et de me dire que je ne travaille pas pour le réalisateur, mais "avec" le réalisateur. Cela commence souvent par une rencontre physique au cours de laquelle on parle du film, du rôle de la musique, de certaines références musicales à prendre en compte, des goûts musicaux de chacun... A ce stade, il est rarement question de rémunération ou de devis d'orchestre et d'enregistrement qui me paraissent pourtant incontournables si l'on veut obtenir de la qualité. Mais le "comment" n'est pas la première préoccupation du réalisateur qui privilégie avant tout l'aspect artistique.
C'est délicat pour nous d'essayer de répondre à ses aspirations si l'on sait pertinemment qu'il n'y aura pas les moyens financiers pour réaliser une belle musique. Il le sait bien pourtant, puisque lui même est confronté aux mêmes problèmes pour mener à bien son projet. Mais ce film, c'est son bébé.... pour les sous, voyez avec la production...
On entre alors dans une relation triangulaire : réalisateur-compositeur-producteur qui peut très bien se passer (ou pas).
Au fur et à mesure que le projet avance, une relation de confiance s'instaure avec le réalisateur. Transcrire musicalement ce qui est dit verbalement est parfois difficile. Il m'est arrivé de devoir décoder le vocabulaire "subjectif" du réalisateur, comme "j'aimerais quelques chose de plus granuleux et moins gris à cet endroit" ou encore "ça manque de couille" (véridique). Ce n'est pas tellement le sens des mots qui est difficile à traduire musicalement, mais le degré d'application. Par exemple, pour rendre un morceau plus couillu (pour rester dans le dernier exemple), il existe 36 manières de procéder. Souhaite-t-il une musique un peu plus ou beaucoup plus orchestrée ? Est-ce que je lui propose quelque chose de plus viril, ou alors de plus rapide, de plus consistant, de plus cuivré, de plus agressif, de plus dynamique, de plus mémorable sur le plan thématique, de plus osé sur le plan harmonique etc... et surtout jusqu'à quelle intensité ? La discussion est donc primordiale pour être bien sûr de ne pas se lancer dans une mauvaise direction. Car la moindre orchestration approfondie, le moindre changement de thème peut demander des heures de travail.
J'aime bien travailler avec un réalisateur qui a quelques notions d'orchestration. Il est plus facile pour moi de répondre à ses attentes lorsqu'il me demande d'enlever la partie de trombones qui le gêne, ou de mettre en valeur les cordes à tel endroit. Le pire, c'est lorsque le réalisateur ne sait pas vraiment ce qu'il veut. Ordinairement, cela se traduit par la phrase standard "surprenez moi" qui veut tout dire et rien dire à la fois... beaucoup d'heures de travail à tâtonner, le temps de tomber sur le thème, l'harmonie, l'orchestration qui sera susceptible de plaire... au petit bonheur la chance. Certains compositeurs y arrivent très bien. C'est peut-être ça le talent. Mais moi, je sais que j'ai besoin d'être guidé. C'est à partir de l'idée directrice que je vais pouvoir me lancer, personnaliser, orchestrer à ma manière et surprendre parfois. Voilà, c'est ça : je crois qu'il est difficile de surprendre quelqu'un qui s'attend à être surpris. Au contraire, lorsqu'un réalisateur souhaite quelque chose de précis, c'est l'occasion rêvée d'apporter une petite touche personnelle, un élément de surprise...
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Pourquoi ne pas lire aussi :
Bidouillage et système D pour placer des textures de choeurs dans une musique orchestrale.
Par Tanguy - Tags
Les banques de sons coûtent assez cher, et c'est vrai que le budget du compositeur de home-studio ne permet pas toujours de disposer du dernier module de chœurs (en ce moment, c'est Symphonic Choirs de East-West qui est très en vogue).
Il m'est arrivé d'aller piocher quelques mesures dans diverses bandes originales. J'isolais quelques passages que je recollais dans un nouveau morceau orchestral. Cela me permettait de construire une nouvelle musique avec une texture "orchestre + chœurs" qui apportait un aspect grandiose et solennel que l'on n'obtient pas facilement sans les chœurs. Je me permets de décortiquer un exemple, sachant que la musique finale (Apocalypse) n'a pas été commercialisée.
Phase 1 : extraction de chœurs à partir de 2 bandes originales :
Phase 2 : découpage, assemblage pour créer une autre mélodie (résultat haché) :
Phase 3 : habillage avec l'orchestre (pour plus de résonance et masquer les défauts) :
Phase 4 : rajout des boucles de percus (pour plus de fluidité) :
Vous voyez que dans cet exemple précis, on est très loin de l'écriture pour chœur. Seule la partie orchestrale demande des compétences en écriture et en orchestration. Le reste, c'est juste du Légo, de la petite cuisine qui permet de produire une musique dans un style apocalyptique, avec les moyens du bord. Un vrai cache-misère...
Pour un long métrage avec un budget adapté, j'aurai disposé d'une banque de sons professionnelle, voir même d'une chorale toute entière. L'argent est donc un facteur déterminant qui entre en ligne de compte dans la qualité d'une musique de film.
Ecouter Apocalypse :
(durée : 1 mn)
Note : pour des raisons juridiques évidentes, cette technique n'est pas recommandée si votre musique entre dans le cadre d'une rémunération ou d'une diffusion publique générant des droits. Où alors, il faut veiller à ce que les fragments subtilisés ce ne soient pas reconnaissables par un tiers, donc prudence... (l'exemple ci-dessus, c'est juste pour le fun).
Astuce pour créer une musique de film avec des chœurs| Utilisation des chœurs dans une musique sans possibilité de s'offrir une chorale| Insérer une texture de chœurs pour simuler un orchestre avec une chorale| Système D pour disposer d'une chorale dans son home studio| Créer une ambiance apocalyptique avec des banques de sons d'orchestre et des samples de chœurs| Orchestre plus chœurs mode d'emploi| Voici quelques astuces pour insérer des chœurs dans une musique orchestrale
Les musiciens de l'orchestre : que ferions nous sans eux !
Par Tanguy - Tags
Une phrase philosophique que je répète souvent (à propos de l'orchestre classique) :
"Sans les musiciens, il n'y aurait pas de musique. IL n'y aurait même pas de banques de sons"
C'est profond, n'est-ce pas ?
N'empêche, la composition ne fait pas tout. L'interprétation des musiciens a un rôle crucial quant à la qualité d'une musique (la justesse, le rythme, la qualité du son, et l'émotion bien sûr).
Le relationnel et la psychologie !
Je ne crois pas prendre de risques en disant qu'une bonne séance d'enregistrement passe d'abord par une bonne communication, que vous ayez à faire à 2 musiciens ou un orchestre complet. L'important, c'est de transmettre aux instrumentistes l'idée que vous vous faites de l'interprétation de votre musique. Pas besoin non plus d'être un orateur né, mais je pense qu'il faut avoir un discours précis tout en utilisant des mots simples. Avec le sourire, c'est encore mieux ;-)
Le premier Violon :
Comme le chef d'orchestre, il connaît à la fois les musiciens, et votre musique. Ce la fait de lui un bon médiateur et une valeur sûre quant au bon déroulement de la séance d'enregistrement.
Dans cet extrait audio que j'ai trouvé sur Youtube, on entend Bernard Herrmann expliquer aux musiciens ce qu'il attend de la musique à tel ou tel endroit :
Aujourd'hui, dimanche 15 juin 2008 :
Bonne fête à tous les papas musiciens !
Bonne fête à tous les papas musiciens !
Les musiciens de l'orchestre symphonique| La relation compositeur interprètes au cours d'une séance d'enregistrement| Le rôle du premier violon lors d'une session d'enregistrement de musique de film| La psychologie et le relationnel avec les différents métiers liés à la création d'une musique de film| Le compositeur doit établir une relation de confiance avec les musiciens de l'orchestre| Ecouter diverses prises de sons lors de recording sessions de Bernard Herrmann| Ecouter Bernard Herrmann donner des consignes à ses musiciens| Les instrumentistes sont recrutés pour participer à des sessions d'enregistrement de musiques de films| La qualité d'une musique de film dépend beaucoup de l'interprétation des musiciens| Les musiciens donnent de l'émotion la musique
Initiation à l'alphabet braille
Par Tanguy - Tags
Si j'ai le temps (mais pas tant que ça en fait, compte tenu des musiques à faire prochainement), je placerai quelques billets d'initiation au braille musical. C'est un code qui permet d'indiquer les notes de manière totalement linéaire (nom de la note, sa durée, la hauteur dans la portée, la nuance, l'articulation etc....).
Le braille musical peut-être intéressant pour les professeurs de musique qui ont un élève non-voyant.
Maiiiiiiis, il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs... avant de se lancer dans la transcription du solfège en braille, il faut déjà connaître l'alphabet braille classique. C'est pas compliqué en soit. Il y a juste 2 choses principales à savoir pour apprendre les bases du braille (visuellement, j'entends). Ne partez pas, il y a un petit jeu à la fin !
1) Un caractère braille est constitué de 1 à 6 points, répartis sur 2 colonnes :

Si je noircis (ou mets en relief) les points 2, 3, 4 et 5 alors j'obtiens un t, comme tanguy...

Si je noircis (ou mets en relief) les points 1, 3 et 4 alors j'obtiens un m, comme magnifique...

Les différentes combinaisons offrent la possibilité d'écrire 63 caractères (2 à la puissance 6 = 64, moins le caractère vide), ce qui couvre largement l'alphabet et la ponctuation. A noter que dans le réel, les points ne sont pas noircis mais embossés (en relief) puisqu'ils sont destinés à un usage tactile.
2) L'alphabet braille suit une construction logique :
(on peut retrouver les lettres de manière logique sans forcément les connaître toutes par coeur)

- Il est important de bien connaître la première série de 10 lettres (de A à J).
- Pour les 10 lettres suivantes (de K à T), on reprend la première ligne mais on ajoute le point 3 à chaque fois.
- Pour les lettres suivantes (de U à Z), on reprend la première ligne mais on ajoute les points 3 et 6 à chaque fois.
- Seul le W fait exception. Je n'en connais pas la raison, mais ça ne m'étonnerait pas que ce soit encore un coup des anglais. Well, well, well... (je plaisante, bien sûr)
Et maintenant, un petit défi :
En vous aidant de l'alphabet codé, essayez de décrypter les 3 noms ci-dessous (respectivement : un compositeur de musique de film, un logiciel de musique, un instrument de musique).

Le premier qui trouve indique la réponse dans un commentaire ;-)
Comment protéger ses oeuvres musicales quand on n'est pas encore inscrit à la SACEM ?
Par Tanguy - Tags
Ceci est valable si l'on n'est pas encore inscrit à la SACEM ou bien si l'on veut protéger ses œuvres provisoirement.
- www.copyrightfrance.com : Dépôt en ligne d'une musique pour 12 € (ou bien 2 musiques pour 18 €). Paraît assez fiable.
- SNAC : dépôt par la poste de 4 musiques pour 34 €. Grande fiabilité
- Envoi à soit même en recommandé d'une enveloppe (contenant vos mp3 ou partitions), le cachet de la poste prouvant l'antériorité de vos œuvres face à un tiers mal intentionné. Ne pas ouvrir l'enveloppe ! Fiabilité approximative
- Dépôt chez un Notaire (prix inconnu, probablement pas donné). Grande fiabilité.
D'après ce que j'ai pu lire sur le forum de compositeurs.org, le dépôt en ligne des mp3 sur le site www.copyrightfrance.com semble idéal pour protéger vos musiques (bon rapport qualité-prix). Envoi de mp3 ou de fichiers provenant de votre éditeur de partitions.
Je viens de découvrir sur le site de la SACEM qu'il était possible (pour un adhérent) de déposer des œuvres provisoires :
"Le dépôt provisoire d'une œuvre partielle (Réf. 706) : ce formulaire permet de protéger une œuvre qui n'est pas encore totalement terminée (paroles ou musique restant à écrire). Il n'est cependant pas suffisant pour permettre à la Sacem d'assurer le versement des droits. Lorsque l'œuvre est achevée, un bulletin de déclaration définitif doit remplacer ce dépôt provisoire."
Escroquerie au chèque impayé
Par Tanguy - Tags
Une alerte signalée par Jérémy, un collègue compositeur qui a failli être victime d'une arnaque au chèque sans provision (sauvé de justesse par son banquier).
Lorsque nous recevons un chèque d'un client et que nous l'encaissons, nous pouvons constater rapidement que la somme a bien été "créditée" sur notre compte (Yes !). Et pourtant, rien n'est joué car il faut encore attendre quelques jours (parfois 10-13 jours) pour que la banque certifie la validité du chèque. En effet, si la banque s'aperçoit que le chèque est sans provision, elle vous retire ce crédit...
Le chèque impayé est donc un chèque rejeté par votre banque, bien que la somme ait été créditée quelques jours auparavant...
C'est pourquoi il vaut mieux attendre un quinzaine de jours avant de dépenser l'argent tout neuf envoyé par votre client (en contrepartie de votre chef d'oeuvre fabriqué à la sueur de votre front).
Il y a actuellement une société de production outre-Manche qui commande des musiques aux talentueux compositeurs français. Au moment de payer, ce client vous envoie un chèque dont le montant est largement supérieur à ce qui était prévu (jusqu'à 10 fois le cachet initialement décidé). Chouette, c'est toujours agréable d'avoir des sous sur son compte, alors autant encaisser ce chèque généreux et attendre de voir ce qui se passe.
2 jours plus tard, tandis que cette belle somme apparaît noir sur blanc sur votre compte créditeur, le client vous rappelle en s'excusant d'avoir un comptable distrait (pour ne pas dire bigleux), puis vous demande si vous auriez l’amabilité de lui rembourser la différence... si possible rapidement et par virement via Internet.
On se doute de la fin de l'histoire, le chèque est sans provision, il reviendra impayé dans une semaine et votre crédit disparaîtra. Hélas, si vous avez remboursé la différence entre temps, c'est pour votre pomme...
Radio sur Internet (Webradio) dédiée à la musique de film
Par Tanguy - Tags
Quelques webradios intéressantes pour découvrir (ou redécouvrir) des bandes originales. Des heures de musique de film en libre écoute !
Inscription et Login ne sont pas obligatoires...
- Cinemix Le site présente une page "en écoute" (Now Playing). On sélectionne le type de lecteur multimédia que l'on souhaite utiliser pour écouter la musique (Real, Winamp, Windows Media Player etc...) et le tour est joué.
- Streaming Soundtracks Même principe que Cinemix. Et sur la page "Now Playing" est indiquée le temps restant du morceau en écoute (pratique).
- Cinematic Sound Pour le moment en standby, le site devrait reprendre une forte activité dans les prochains mois, mais cela n'empêche pas de profiter des programmations déjà établies. Ce sont des sets (de plus d'une heure chacun) proposant des compiles très variées de bandes originales. Ici, le streaming se lit avec Real Player.
D'ailleurs, j'écris ce billet tout en écoutant une webradio. C'est très plaisant.
Le séquenceur et les banques de sons d'orchestre symphonique, pour composer et produire de la musique de film chez soi (en home studio)
Par Tanguy - Tags
Billet remis à jour le 20 mars 2010 :
"Cher Tanguy, bravo pour votre musique qui me touche beaucoup. Je suis moi même un jeune compositeur et j'aimerais me lancer dans la musique pour l'image. Pourriez vous me dire quel matériel utiliser pour composer de la musique de film afin de démarcher des boites de production ? Merci pour votre réponse
Harry Cossec, de Brunoy (91) "
Cher Harry, Merci pour votre mail ! Je suppose que le mot "composer" signifie "produire" (qu'à la fin, il y ait une musique qui s'écoute, comme un cd audio ou un mp3) et que "musique de film" sous entend "musique orchestrale symphonique"
Ce qui est sûr, c'est que bon nombre de producteurs et réalisateurs ne sont pas forcément des mélomanes avertis ou des experts en musique. Pour eux, un bon son est souvent mieux accueilli qu'une belle écriture orchestrale (c'est triste mais c'est ainsi). C'est pourquoi, avant de prospecter, il faudra "produire" des maquettes correctes. Pour se faire, il y a 2 possibilités :
L'écriture classique (feuille de papier ou logiciel de notation) s'adresse aux musiciens qui aiment écrire directement les notes sur une partition. Pour composer les thèmes et les arrangements, ils utilisent (ou pas) un instrument de musique (piano, guitare, violon etc...). Puis ils harmonisent et orchestrent directement dans la partition. Cette dernière étant destinée à être jouée par un orchestre (souvent composé de bénévoles ou d'amis musiciens car le jeune compositeur qui cherche à démarcher les producteurs n'a pas le budget nécessaire pour payer un orchestre professionnel).
Ensuite vient la phase de l'enregistrement de l'orchestre pour avoir un résultat sonore sur support audio (la qualité de la prise de son dépendra aussi du budget initial).
Exemple de logiciels de notation (éditeurs de partition) : Finale, Sibelius, Encore
La musique assistée par ordinateur vous fera économiser un orchestre, mais requiert l'achat d'un minimum de matériel et logiciels informatiques.
Concernant le matériel (hardware), il faut d'abord un ordinateur qui dispose d'une grande mémoire vive (RAM) et d'un gros disque dur (pour stocker les banques de sons). Ensuite, une carte son capable de lire simultanément plusieurs pistes audio. Une carte son compatible soundblaster moyen de gamme est suffisante (je dispose actuellement d'une carte son "audigy" de chez Creative). Eventuellement : un clavier MIDI (piano numérique, clavier de commande, synthé) qui permet de rentrer les notes dans l'ordinateur en jouant la mélodie, mais ce n'est pas indispensable. Parcontre, si votre home studio se compose uniquement d'un ordinateur, il est important d'avoir de bonnes écoutes pour le mixage (des enceintes qui restituent un son brut et non une chaine hi-fi qui arrondi et embelli le son).
Du côté des logiciels (software), il faut utiliser un séquenceur MIDI et Audio, que l'on appelle actuellement un DAW pour Digital Audio Workstation (Station de travail Audio numérique). Il permet d'entrer la partition, piste par piste, à l'aide de petits rectangles (qui remplacent les notes de musique du solfège que l'on observe sur une partition classique). Il permet aussi d'enregistrer et de mixer des instruments acoustiques à partir d'un micro ou d'un fil relié à la carte son. En plus, vous pouvez y importer une vidéo (très pratique pour composer à l'image).
Les DAW les plus en vogue aujourd'hui sont Cubase de Steinberg, Live de Ableton, Reaper de Cockos, Ardour de Ardour, Logic Pro de Apple, Sonar de Cakewalk, Digital Performer de MOTU, Samplitude Pro de Magix, Pro Tools de Digidesign etc...
Ensuite, viennent les fameuses banques de sons d'orchestre symphonique ! Elles viennent se greffer sous forme de plug-in VSTi (instruments virtuels que l'on charge dans le séquenceur) et apportent une quantité d'instruments réalistes (violons, trompettes, timbales etc...). Il s'agit de samples : cela signifie que le son a été enregistré à partir d'un vrai instrument. Si vous jouez un ré avec un sample de violon, c'est comme si un vrai violon jouait un ré. Parcontre, lorsque l'on enchaine les notes, le résultat sonne moins bien que si c'était un enchainement joué par un instrument, car, dans un séquenceur, il est difficile de retranscire le jeu d'un instrumentiste (qui est très subtil et riche en émotion). Nous échangerons, dans un prochain billet, quelques astuces pour apporter de la chaleur et de l'authenticité à une musique faite sur ordinateur.
Les banques de sons d'orchestre symphonique utilisées actuellement (2010)
- Vienna Symphonic Library (VSL) : du très costaud !
- EastWest Quantum Leap Symphonic Orchestra Play Edition
- EastWest Quantum Leap Goliath
- EastWest Quantum Leap Symphonic Choirs (pour les choeurs)
- Symphobia de Project Sam
- MOTU Symphonic Instrument
- Garritan Personnal Orchestra (GPO)
- Sam Brass de Project Sam
- Banques de "soundfonts" disponibles gratuitement sur la toile
En outre, les banques de sons Sam Project et GPO, ainsi que les soundfonts, nécessitent un sampler virtuel (Gigastudio, Halion Kontakt etc.) pour être lues.
Tout ce petit monde s'intègre très facilement dans le séquenceur sous forme de plug-in VSTI (Virtual Studio Technologic Instrument). Ce sont des instruments virtuels quoi...
Un petit mot sur le synthétiseur Synful qui modélise les sons d'instruments symphoniques (à partir de petits samples) et qui permet de programmer dans le séquenceur des phrasés réalistes. Une technologie à suivre de très près, pour la légèreté des samples et le réalisme du jeu de l'instrumentiste).
Biensûr, la MAO n'empêche pas de faire intervenir de vrais instruments dans une oeuvre. Car l'ordinateur fait également office d'enregistreur multipiste numérique (il faut pour cela un séquenceur MIDI et Audio).
Le MIDI permet de faire jouer les instruments virtuels (banques de sons...) ou des synthés externes
L'audio permet de capter les sons des éléments extérieurs (Voix, Instruments réels, en utilsant un micro), ou d'en importer des pré-existants, puis de les éditer (effets audio, montage, mixage...),
Enfin, le mixage et le mastering (traitement audio qui permet d'optimiser votre musique) se font dans le séquenceur. Au final, il vous permet d'exporter votre musique sous forme d'un fichier audio (wav, aif, mp3 etc...). Voilà donc de quoi faire une belle maquette !
Sur ce lien, un billet consacré à la recherche de producteurs et de réalisateurs
Utilisation de soundfonts pour composer de la musique de film| Quels sont les meilleurs éditeurs de partitions ?| Avec quel logiciel écrire une partition ?| Logiciel ou soft qui modélise des instruments symphoniques| Banques de sons d'orchestre symphonique pour faire de la musique de film| Avoir un orchestre symphonique ou philharmonique dans son ordinateur| Quels sont les meilleurs samples orchestraux ?| Un bon séquenceur pour créer de la musique de film| Quel logiciel utiliser pour faire de la musique de film ?| Matériel nécessaire pour composer de la musique de film
Le Renard et l'Enfant : la bande originale que j'écoute en ce moment.
Par Tanguy - Tags
Je suis allé voir le film en décembre avec l'une de mes filles et je dois dire que j'ai trouvé les images et la musique vraiment très belles ! J'étais d'autant plus excité que je savais qu'une partie de la BO était écrite par David Reyes (une vieille connaissance du forum de www.traxzone.com, hein dreyes ?).
Il y a 2 jours, des amis m'ont offert le double CD (BO + l'histoire racontée). Depuis, je savoure les morceaux 1 à 1 à tête reposée, et je ne suis pas déçu.
Je découvre le travail d'Alice Lewis et de Evgueni Galperine qui me plaît tout autant. Vraiment, cet album nous offre un beau voyage, avec une BO légère et rafraichissante. A écouter dans le calme, au coin du feu ou sur sa terrasse quand viendront les beaux jours...
Musique du film BABEL, composée par Gustavo Santaolalla
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L'autre jour j'ai regardé Babel, un film dramatique réalisé par Alexandro Gonzalez Inarritu, avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Adriana Barraza...
Je suis resté scotché par la beauté de la musique de Gustavo Santaolalla.
Il nous offre dans cette bande originale quelques chose de chaleureux et de terriblement efficace. Loin des scores sophistiqués des gros orchestres, la sobriété de la guitare et de la mandoline apportent à la musique une dimension humaine et intime. Je ne sais pas si la BO a le même impacte sortie de son contexte, mais en tous cas, mêlée aux images du film elle est franchement sublime. Celle de la scène du rapatriement de Suzann en hélicoptère (avec des nappes et de la mandoline) m'a particulièrement touché.
Gustavo Santaolalla a également composé la musique originale de Brokeback Mountain et de Carnets de voyage.
L'ambiance musicale qui règne dans ce film me rappelle un peu la musique de Krishoo Monthieux dans le film "La Difunta Correa" (de N.Cambois & S. Gardet). La musique de Krishoo étant cependant plus avangardiste et expérimentale.
L'enregistrement d'une musique de film, décrit tel qu'il est perçu par le réalisateur Jean-Jacques Annaud
Par Tanguy - Tags
J'ai découvert des articles sympas sur le blog de Jean-Jacques Annaud (avec extraits audio et vidéos à la clé). Il y a tout un passage intéressant à propos de l'enregistrement de la musique de son long métrage "Sa Majesté Minor" tel qu'il est vécu par le réalisateur lui-même.
Le compositeur du film est Javier Navarette (Le Labyrinthe de Pan).
Au cours d'une séance d'enregistrement, Jean-Jacques Annaud livre naturellement ses impressions sur la musique, l'orchestre, les solistes etc... il confie également son ressenti à l'égard du compositeur qu'il qualifie de "créateur" ou de "patron" pendant l'enregistrement.
Lire l'article : Pourquoi j'assiste à toutes les séances d'enregistrement
A lire également, cet autre article particulièrement instructif où Jean-Jacques Annaud donne son point de vue sur les maquettes des compositeurs en général. Je recopie ici la dernière phrase que je trouve très juste :
" Un conseil : exiger une maquette, toujours, même pourrie. Elle indique au moins la mélodie, ou son absence, le tempo, il y en a forcément un, une direction d'intention et de style. Il faut se dire une chose : ce sera sûrement mieux avec l'orchestre. Et si c'est pas mieux, on garde la maquette, comme je l'ai fait plus d'une fois ! "
Lire l'article Le temps des maquettes
Javier Navarette a composé la musique du film Sa Majesté Minor de Jean-Jacques Annaud| Bande originale du film Sa Majesté Minor| Articles sur la composition et l'enregistrement d'une musique de film| Que ressent le réalisateur Jean-Jacques Annaud vis à vis de la musique composée pour son film ?| Compositeur pour Jean-Jacques Annaud| Jean-Jacques Annaud parle de la musique de son film Sa Majesté Minor composée par Javier Navarette| A quoi sert une maquette en musique de film ? Le rôle de la maquette pour un compositeur de musique de film| Séance d'enregistrement d'une musique de film| Enregistrement de la bande originale de Sa Majesté Minor
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