Quelques limites liées à l'utilisation des banques de sons d'orchestre symphonique, toujours plus consistantes.
Par Tanguy, mercredi 29 octobre 2008 à 10:59 - Devenir compositeur pour l’image - Tags
J'ai, comme beaucoup de compositeurs qui font de la MAO, une panoplie de banques de sons dédiées à la création de musique orchestrale (VSL, East-West, Sam Orchestral Brass etc...) qui proposent des nomenclatures dignes du London Symphony Orchestra au complet, avec 6 cors, 18 violons, 6 contrebasses etc....
Je voudrais vous parler d'un petit souci que j'ai rencontré, vis à vis de toutes ces banques de sons dernier cri issues des USA. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais en France, on nous demande pas tous les jours de composer de la musique du style Matrix ou Alien 4, à l'exception de certains jeux vidéos et dessins animés d'aventure, voir même certaines séries policières.
Personnellement, ne jouant pas dans la cour des grands, j'ai surtout composé pour des documentaires TV, du théâtre, du multimédia culturel, de l'identité sonore de site web, des films institutionnels etc.... et je dois avouer que les banques des sons que je cite plus haut m'ont quand même bien servi, ne serait-ce que pour les cordes et les bois.
Maiiiiiiiis.....
Un jour (en mars 2008 pour être précis), j'ai dû composer une maquette pour un long métrage (comédie dramatique) sachant que la bande originale devait être enregistrée ensuite par un orchestre d'Europe de l'Est avec un effectif réduit, vu la taille de l'enveloppe : un orchestre certainement pas constitué de 6 cors, 18 violons, 6 contrebasses etc....
Afin d'éviter les risques de déséquilibre de masse orchestrale entre ma démo et le futur enregistrement en réel, j'ai dû utiliser les pupitres les plus dénudés proposés par les banques de sons (11 violons etc...) et quelques instruments solo (trombone, cors français) pour créer une maquette pas trop consistante. Et je dois dire que le réalisme sonore en a pris un coup...
Il y a parfois de belles musiques de film qui nécessitent le concours d'un petit orchestre. Le mieux, me direz-vous, serait d'écrire la partition directement sur papier. Mais je n'y arrive pas, j'ai besoin de créer une maquette pour composer (avec des sons pas trop "synthé").
En ce moment, je passe beaucoup de temps sur Synful Orchestra, pour essayer de maîtriser au mieux ses performances et faire ressortir quelque chose de réaliste. L'intérêt de ce soft, c'est qu'il est possible de choisir sa propre nomenclature.
Banques de sons d'orchestre symphonique, Synthèse additive avec Synful Orchestra, Les performances de Synful Orchestra, Synful pour faire de la musique de film symphonique, Le problème avec les grosses banques de sons d'orchestre, Faire des maquettes avec un orchestre virtuel, Logiciel pour récréer un petit orchestre, Banque de sons pour recréer un orchestre réduit, Faire une maquette avant d'enregistrer avec un orchestre réel, Faire d'abord une maquette respectant la nomenclature de l'orchestre qui va enregistrer votre musique
Pourquoi ne pas lire aussi :
Drôle d'impression... pas toujours facile de créer "à la demande" une oeuvre musicale.
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Pas trop la pêche en ce moment...
Depuis quelques temps, je découvre les joies du casting de compositeurs. Un casting de compositeurs, c'est tout simplement une sélection, par une boite de production, de quelques jeunes artistes qui devront chacun de leur côté proposer une maquette pour accéder au poste de compositeur du film. Celui qui réussit la maquette la plus adaptée au film se voit confier la composition de la bande originale du long métrage. Les autres sont gentiment remerciés. C'est une chance d'être pressenti pour un long métrage, j'en suis conscient.
Tout comme les entretiens d'embauche, c'est une étape décisive pour le candidat. Il est important de cerner dès le départ les attentes du réalisateur de manière à ne pas composer dans une mauvaise direction. La maquette doit être peaufinée au mieux pour mettre toutes ses chances de son côté. Mais c'est une pression supplémentaire du fait qu'une maquette bien travaillée (sur le plan du réalisme) implique d'y passer beaucoup de temps ce qui empiète sur le timing consacré à la composition elle même. A ce stade du casting, on ne peut pas se permettre de dire à un réalisateur qu'on ne connait pas : "le son est pourri mais voyez comme l'écriture est belle, ça rendra comme ça ou comme ci avec un orchestre". Bref, la pression de la commande, le syndrome de la feuille blanche, le manque de sommeil, les délais, la compétition... tous ces facteurs peuvent engendrer une forme de stress.

Personnellement, tant que je reste dans le domaine du court métrage ou du film documentaire TV, je ne rencontre pas de problèmes particuliers. Par contre, dans le cas d'un casting pour un long métrage (en prévision d'une sortie nationale et d'une BO enregistrée par un orchestre symphonique), les choses se compliquent un peu. Devant le piano ou le séquenceur, l'euphorie d'avoir été pré-sélectionné laisse subitement la place à une forme de trac qui se caractérise physiquement par une boule dans le ventre et une respiration coupée, suivi d'un manque de confiance et d'une concentration affaiblie. C'est un phénomène d'anxiété, bien connu par tous ceux qui ont passé des examens, que l'on peut atténuer rapidement par des techniques de relaxation.
Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un événement ponctuel et relativement court, comme les 10 mn qui précèdent un oral de maths ou un rendez-vous galant. Dans le cas d'une composition d'une œuvre musicale, il m'arrive de devoir supporter ces symptômes quelques jours voir même quelques semaines (ça a été le cas pour moi, dernièrement) et ça devient vite handicapant. Si par chance, le réalisateur apprécie la maquette, alors les symptômes disparaissent comme par enchantement et laissent la place à une motivation et une détermination incroyable.
Mais dans le cas contraire, une période de courte déprime et d'irritabilité viennent s'ajouter, risquant d'altérer les relations avec mon entourage proche. Ensuite, le moral remonte et je suis à nouveau prêt à combattre pour un prochain casting...
Tout ça pour dire que les déceptions font partie du métier. C'est important d'en parler car beaucoup de jeunes compositeurs baissent les bras après quelques échecs. Je pense souvent à Bruno Coulais dont la notoriété s'est vraiment confirmée à l'âge de 42 ans (avec Microcosmos). Je serais curieux de savoir si avant ça, il n'a pas eu un jour l'envie de renoncer.
Le stress lié au métier de compositeur de musique de film| La pression que subit le compositeur de musique de film engendre une forme d'anxiété| Participation à un casting de compositeurs de musique de film| Symptômes physiques et psychologiques liés à la composition d'une musique de film| La composition d'une musique à la demande peut devenir une source d'anxiété pour le compositeur| convaincre un réalisateur ou un producteur de film avec une première maquette
Préparateur de partitions (score preparator), un métier lié à la musique de film.
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Le préparateur de partitions (score preparator), quand il existe, intervient avant l'orchestrateur. Il facilite grandement la tâche du compositeur en travaillant à partir d'une session (Cubase, Digital performer etc.) permettant à l'orchestrateur de disposer d'une partition "propre" pour travailler. Le préparateur de partitions collabore donc essentiellement avec des compositeurs qui utilisent l'informatique musicale.
Lorsqu'un compositeur soumet une belle maquette à un réalisateur, le séquenceur, lui, présente une partition MIDI d'une clarté plus ou moins douteuse :
- les notes ne sont pas forcément quantifiées
- Il y a des keyswitch qui trainent
- Les durées des notes ne respectent pas forcément la grille de division rythmique
- Une même section de cuivres (par exemple) peut-être utilisée sur une seule piste midi
- Le compositeur peut utiliser plusieurs pistes midi pour un seul phrasé etc...
On rencontre parfois bien des surprises.
Prenons le cas d'une séquence MIDI (avec violons 1 et violons 2 dans la même piste)

En exportant ces notes dans une éditeur de partition, cela donnera probablement ceci :

Débrouilles toi avec ça, coco....

En exportant ces notes dans une éditeur de partition, cela donnera probablement ceci :

Débrouilles toi avec ça, coco....
Le compositeur va donc confier sa session (Cubase, Logic etc...) avec la maquette audio en guise de repère, au préparateur de partitions. Ce dernier effectuera un nettoyage complet et carré de la séquence midi (quantifications, éclatement des parties, suppression des keyswitch etc...) et fera le transfert dans l'éditeur de partition. Selon les cas, il pourra apporter un premier travail de notation orchestrale comme la mise en place de certains signes, des nuances, des trilles et trémolos etc... un gain de temps considérable qui permettra au compositeur de se consacrer à sa musique.

Après le passage du préparateur de partitions, on y voit déjà plus clair...
Note : tout comme l'orchestrateur, le préparateur de partitions intervient sur le conducteur (pas les parties séparées dont la gestion est confiée au copiste).
Quels sont les métiers liés à la création de musique de film ?| Le score preparator ou préparateur de partitions est une profession liée à la musique de film| Quel est le rôle du score preparator ?| Trucs et astuces pour exporter sa séquence midi dans un éditeur de partitions| Les compositeurs de musique de film ont-ils des assistants ?| Comment gagner du temps quand on est compositeur de musique de film ?| Quelle est la différence entre un préparateur de partition un orchestrateur et un copiste ?| Le keyswitch dans la séquence midi| Quelles sont les différentes étapes de création d'une musique de film ?
Processus de composition orchestrale assistée par ordinateur, étape par étape, par Guillaume Baron (compositeur)
Par Tanguy - Tags
Aujourd'hui, je laisse la parole à mon collègue Guillaume Baron ;-)
Tanguy
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Explications détaillées sur la construction de l'intro de "Back To Olathe"
Qui n'a jamais rêvé que John Williams nous explique comment il a composé le Main Title de Star Wars ? Qui n'a jamais rêvé que Hans Zimmer décrive étape par étape le processus de création de la BO d'Inception ?
Pour ma part, j'en rêve à chaque fois que j'écoute une BO. Que ce soit du Danny Elfman, du James Newton, du Howard Shore, du James Horner, la composition est toujours maîtrisée dans son ensemble, chaque instrument trouve sa place, complète l'oeuvre, il n'y a ni manque, ni surplus. J'ai souvent l'impression que l'ajout ou la suppression d'un seul instrument nuirait à l'équilibre de l'ensemble.
Alors comment font-ils pour que le morceau fini soit si cohérent ? Est-ce qu'ils pensent tout avant même de poser la première note sur la partition ? Ca me paraît peu probable. Par quoi ils commencent ? Est-ce qu'ils posent d'abord les accords puis la mélodie ou l'inverse ? Est-ce que l'inspiration brut les guide ou est-ce qu'ils suivent les pistes de leurs enseignements ?
Et bien voilà, en toute humilité car à des années lumières du niveau de ces grands compositeurs, j'ai voulu partager/décrire étape par étape comment je m'y suis pris pour composer cette introduction dans un esprit épique/aventure. Le but étant simplement de répondre à la curiosité que certains comme moi peuvent avoir. Celle de savoir comment "les autres" font ?
Mais avant de commencer, voici le rendu final :
Back To Olathe - Intro (Guillaume Baron) :
Pour plus de clarté, voici l'imprime écran (Imp Ecr) du morceau dans cubase :

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
J'ai commencé ce morceau en sachant ceci :
Je voulais n'utiliser QUE des instruments d'orchestre.
- Il fallait que le thème soit joué par les cuivres pour donner le côté épique qui était souhaité.
- Il fallait que l'introduction complète fasse dans les 35 – 50s.
- L'ambiance devait être inquiétante au début et mener vers une ouverture positive.
Une fois ces points posés, j'avais trois possibilités :
- Trouver une mélodie puis construire des accords à partir de celle-ci.
- Trouver les accords puis en sortir une mélodie.
- D'abord définir une ambiance puis en sortir une mélodie.
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1ère étape - La base : (cf. piste 1)
J'ai pris la section des cordes au complet (contrebasse, violoncelle, violon alto et violon) et j'ai simplement plaqué fondamentale Do et quinte Sol sur les différents octaves correspondants à leurs registres.
2ème étape - Le thème : (cf. piste 4)
Comme voulu, j'ai chargé mes vst de cuivres (cor d'harmonie et trombone) pour trouver une mélodie qui soit simple mais efficace.
Do Fa Do Sib... voilà un départ simple mais qui réussi à tous les coups.
3ème étape - Définir le début et la fin du morceau :
Une fois ces quelques notes, autant définir tout de suite les limites de la suite mélodique pour ne pas se retrouver avec une intro de 2 min. J'ai donc défini trois parties : annonce, fermeture, puis grande ouverture. On peut discerner ces trois parties graphiquement sur l'imp. Ec en piste 4.
Une fois cette ligne mélodique adoptée, j'ai changé également les accords de la piste 1 à la fin de l'intro. De Do – Sol (pour Do - Mib – Sol, pour Do mineur) à Do – Fa (pour Fa – La – Do, Fa majeur, 4ème degré, degré qui donne cette ouverture).
4ème étape - Les contrechants : (pistes 7 et 8)
Alors pour cette partie je fonctionne souvent à l'instinct. L'idée est d'étoffer petit à petit cette mélodie en piste 4. Pour se faire et pour respecter mes conditions, (ambiance inquiétante au début du morceau) j'ai pris des cordes (contrebasse et violoncelle), doublées par des bois (contrebasson et basson). J'ai créé deux pistes de contrechants avec ces mêmes instruments pour les différencier.
Aparté :
Petite parenthèse sur ma méthode pour trouver un contrechant. Je suis à la base guitariste jazz et jazz manouche en particulier. Autant dire que j'adore improviser et que j'ai beaucoup plus confiance en mes facultés d'improvisateur qu'en mes compétences à appliquer les règles d'harmonies complexes d'écriture sans faire d'erreurs. Je suis (du verbe suivre) ce que j'ai appris lorsque j'ai étudié la musique pour Big Band (Duke Ellingtion, Count Basie...) pendant mes années de fac de musicologie, à savoir que le plus important, ce n'est pas de faire (comme on nous l'apprend souvent) sonner des accords successifs avec fondamentale/tierce/quinte et autre, mais plutôt de construire une seconde ligne mélodique, qui suit la première sans jamais passer devant celle-ci, tout en essayant de faire le moins de doublons possibles, de toujours se débrouiller pour que les autres notes ne soient pas dans le thème principal.
Chacun sa méthode. Il n'y a pas une méthode mais bien des méthodes. A chacun de la trouver en fonction de ses connaissances. Le principal est d'avoir confiance en celle-ci.
5ème étape – L'automation :
(Modifier le volume, le pitch, la vélocité etc. à tel moment)
Sachant que la base était bonne et me plaisait, j'ai tout de suite optimisé le jeux en jouant avec les automations.
Variation du volume sur les pistes 1 et 4 :

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Variation du volume sur les pistes 7 et 8 :

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
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Résumé étapes 1 à 5 : (donc piste 1, 4, 7 et 8)
J'ai donc maintenant ma base : une ambiance (piste 1), une ligne mélodique et harmonique (piste 4) et un ou deux petits contrechants (pistes 7 et 8).
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Pour continuer, je me demande toujours ce qui manque le plus. Dans le cas présent, il manque cruellement de rythme.
6ème étape – donner du rythme : (pistes 12, 13, 14, 15)
Pour en donner rien de tel que quelques cordes en pizz et une harpe.
Alors petites explications :
- Piste 12 : Harpe Mezzo avec un pan à gauche de 30%, modification de l'attaque pour la rendre plus douce.
- Piste 13 : Harpe Symph avec un pan à droite de 30 %, modification de l'attaque et léger décalage temporel.
- Piste 14 : Contrebasse et violoncelle en pizz à gauche de 30%.
- Piste 15 : Contrebasse et violoncelle en pizz à droite de 30%, avec un léger décalage temporelle et une modification de l'attaque.
7ème étape – toujours à la recherche de rythme : (piste 2)
Rien de tel aussi que des alti et violons (plus une flûte discrète) pour créer un petit rythme lancinant et aérien derrière ces instruments lourds et graves. Ils joueront par répétition quinte – fondamentale puis tierce mineure – fondamentale puis seconde majeure – fondamentale avant de revenir sur fondamentale – quinte afin de suivre la progression du morceau.
Résumé étapes 6 et 7 : (donc pistes 2,12,13,14,15)
Résumé étapes 1 à 7 : (donc pistes 1,2,4,7,8,12,13,14,15)
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Qu'est ce qui manque le plus maintenant ?
Que ce soit plus fourni, il y a beaucoup de place pour d'autres harmonies, ça semble vide.
8ème étape - recherche de nouvelles lignes mélodiques (ou harmoniques) : (pistes 5, 6, 9, 11)
- Première chose, ajouter encore un peu plus de coffre à la mélodie. Pour ça j'ai doublé la piste 4 avec la piste 6 qui contient plusieurs sonorités de cors. J'ai mis un pan gauche 25% à la piste 4 et droite 25% piste 6.
- Ensuite j'ai créé la piste 5, qui reprend les mêmes instruments que la piste 4, afin de créer un contrechant à la fin de l'introduction. Ce qui donne ça : (pistes 4 et 5)
- J'ai ensuite doublé la piste 4 avec des cuivres + les alti et violons. (Piste 9)
Voilà qui nous fait gagner pas mal de puissance pour la fin. Mais on continue.
- La piste 11 est à mon sens une des plus importante pour l'harmonie du morceau. C'est elle qui va lui donner ce petit quelques chose en plus grâce à la tierce majeure dès son entrée. Tierce majeure qui n'est en fait qu'une note de passage pour atteindre le demi-ton suivant, la quarte, mais qui donne un grain particulier, d'autant plus qu'on ne sait pas encore si on est en majeure ou en mineure à ce moment du morceau. On ne le saura que lorsque le thème arrivera sur la tierce mineure, plus tard.
La piste 11 est composée de cordes (contrebasse, violoncelle et alto) et de cuivres (trombone et cor d'harmonie).
Je vous propose d'écouter les deux versions, la première sans la piste 11, la seconde avec (l'entrée se fait à la seconde 16) :
Sans :
Avec :
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Le morceau contient maintenant la plupart des ingrédients, mais maintenant il est temps d'ajouter toutes ces "petites" choses qui n'ont pas l'air importantes comme ça, mais qui donnent de la valeur ajoutée.
9ème étape – De nombreux agréments : (pistes 3, 10, 16, 17, 18, 19, 20)
- On commence par la piste 3, qui ne contient rien de plus qu'un sample bouclé de cordes jouant des trills majeures. On ne peut pas vraiment distinguer la piste dans le morceau, mais sans elle par contre...
- Vient ensuite les bois (piste 16), qui ont un rôle très important également. Ils font fondamentale – quinte durant toute la première et deuxième partie. Puis se déchaînent en triolets durant la troisième partie.
- La cloche (piste 19), très en retrait, permet de donner un style au morceau. Attention toutefois à la laisser bien bien en retrait.
- La piste 20 ensuite, composée de différentes cymbales donne l'élan nécessaire pour donner une réelle impulsion à la fin de l'intro.
- La piste 18, wind chimes, est un effet bien connu pour donner un côté féérique à la composition. Je ne sais pas trop comment décrire cet instrument alors j'envoie un lien wikipedia : Qu'est-ce que le wind chimes ?
- Pour finir, la flûte (piste 17) et les cors, trombones et violons (piste 10) qui donnent un dernier petit sursaut à la fin en jouant fondamentale – quinte de l'accord de 4ème degré FaM.
Résumé de l'étape 9 : (donc pistes 3, 10, 16, 17, 18, 19, 20)
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Quelques conseils :
- Panoramiques :
Je n'ai pas ou peu parlé des panoramiques mais il convient d'y toucher un mot. Pour ma part j'en fais une utilisation quasi systématique sur chaque piste. Il est très important de spatialiser toutes ces tranches d'instruments, de répartir les tessitures.
- Stereo Enhancer :
Pour augmenter cette impression d'espace il peut être utile d'utile un effet tel que M/S pour Mono/Stereo ou le Stereo Enhancer de Cubase sur la tranche master.
- Reverb :
Il faut particulièrement faire attention à avoir une homogénéité concernant la reverb de chaque instrument. En effet chaque banque de son a sa réverb (ou simulateur d'espace) intégrée. Il faut donc être vigilant et parfois la meilleure solution est de n'utiliser que les banques en mode "close", c'est à dire sans effets ajoutés, afin de pouvoir utiliser un seul type de réverb sur chaque tranche instrument. Il en résultera une meilleure homogénéité et un meilleur rendu.
Pour ceux qui veulent aller plus loin avec les paramètres de la reverb :
Article sur les paramètres de la réverb (Audiofanzine)
Et ceux qui veulent tout savoir sur la réverb à convolution :
Article sur la réverb à convolution (Audiofanzine)
- Automation :
Le travail sur l'automation est tout aussi essentiel. De nombreux "apprentis" compositeurs pensent que les vst doivent marcher de suite, sans jouer avec l'automation. Or on ne peut atteindre un très bon réalisme sans toucher à celle-ci.
Voilà j'espère avoir éclairé certains ou certaines d'entre vous avec cet article relativement long. J'ai essayé d'être complet et clair dans mes explications. N'hésitez pas à partager l'article, à donner votre avis ou à poser des questions.
Et merci à Tanguy pour ce blog fantastique.
Guillaume Baron
www.guillaumebaron.com
Récapitulatif des billets consacrés à la composition de musique de film
Par Tanguy - Tags
Un petit récapitulatif qui permet de regrouper mes articles par thèmes.
J'y dresse une liste des billets qui me paraissent les plus intéressants et qui correspondent le plus souvent aux questions posées par mail.
-
Devenir compositeur
de musique de film
Etudier, démarcher
Les coulisses du métierLe statut du compositeur
Droits d'auteur, Impôts
Sécurité sociale, Intermittence
TVA, BNC, SIRET etc...
- - Se former, étudier
- - Faire son CD démo
- - Protéger ses oeuvres
- - La musique source
- - Le Temp-Track
- - Les traumatismes auditifs
- - Contacter les producteurs
- - Coup de déprime
- - Le pote musicos
- - Un annuaire pour les musiciens
- - Orchestres spécialisés
- - L'audiodescription
- - Témoignage de JJ Annaud
- - Le Sound Design
- - Limites des banques de sons
- - Avoir le trac en public
- - Le film institutionnel
- - 7 interviews de compositeurs
Comment devenir compositeur ?| Blog sur la musique de film| Blog sur la composition de musique| Je voudrais être compositeur de musique de film| je voudrais apprendre l'orchestration| Conseils trucs et astuces sur la musique assistée par ordinateur| fiscalité imposition facturation des compositeurs| Impôts des métiers artistiques| Trouver des producteurs pour produire ma musique| Exemples d'effets produits par l'orchestre symphonique
Exercice rythmique. Ressentir la pulsation.
Par Tanguy - Tags
Dites, ça ne vous est jamais arrivé d'entendre l'intro d'une chanson (ou d'un instrumental) au cours de laquelle vous pronostiquez la pulsation et... manque de bol, quand la rythmique complète démarre, vous vous apercevez que vous êtes un peu à côté de la plaque (je ne suis pas le seul à qui ça arrive, j'espère...)
Un exemple frappant est le début de la chanson "These boots are made for walking" de La grande Sophie.
En effet, ça commence par une guitare électrique qui répète un motif de 3 noires.
Au premier abord, ça ressemble à du 3/4, la note la plus grave marquant le permier temps de chaque mesure :

Plaçons maintenant cette même mélodie dans une portée avec une signature 2/4 (bin oui, c'est pas interdit) :

Ensuite, écoutons 2 fois l'extrait mp3 ci-dessous.
Une première fois en se référant à la portée en 3/4; et la deuxième fois en se référant à la portée en 2/4.
La grande Sophie :
Pas de doute, la chanson est bien écrite en 2/4. On le devine d'abord lorsque la voix se fait entendre. Puis arrive la guitare acoustique qui vient confirmer le rythme binaire.
En fait, si j'imagine le motif de guitare électrique joué en valse (en appuyant une note sur 3), il me parait assez fluide, lié, gentil (André Rieu). Tandis que joué en binaire (en appuyant une note sur 2), on ressent un petit côté accidenté (syncopé) qui correspond plus au style pop-rock (La grande Sophie). Pour la petite histoire, il serait intéressant de demander au groupe la manière dont ils ont construit cette chanson. Chronologiquement, on pourrait très bien envisager que l'intro en forme de rythme ternaire a été rajoutée à la fin. Peut-être, peut-être pas...
Pour en revenir au "ressenti", je vous ai concocté un exercice de pulsation que je trouve amusant. Il s'agit de 4 rythmes différents, synchronisés sur un seul et unique battement stable et régulier. En utilisant votre doigt, vous devez d'une part suivre le son de métronome sans décrocher, et d'autre part, essayer de ressentir chacun des rythmes en arrière plan. Vous verrez que selon le rythme, vous aurez tendance à battre la mesure de manière différente (appuyée, swinguée, légère, en balancement etc...). Et pourtant, il a toujours la même fréquence. Pour bien ressentir les rythmiques (surtout la 2 et la 4), aidez-vous de votre corps.
Synchronisez votre doigt sur le son du métronome :
Je pense que les personnes qui aiment la danse, feront cet exercice les doigts dans le nez :))
Couleur orchestrale sombre et grave : le crescendo avec des percussions
Par Tanguy - Tags
Les premières images de "Pirate des caraïbes 3" sont très dures, car elles dévoilent une série d’exécutions (dont un jeune garçon).
Il y a dans ce tableau très sombre, un crescendo de percussions (caisse-claire, grosse caisse etc...) qui a attiré mon attention. Il introduit le film avant de revenir de manière récurrente pendant la scène d'exécutions, y compris pendant la chanson "Hoist The Colours" entonnée par le petit garçon quelques secondes avant de mourir...
Liées aux images, ces percussions sont redoutables. Elles annoncent une sombre fatalité et maintiennent la tension jusqu'au dernier plan...
Ci-dessous, on peut écouter "Hoist The Colours" dans lequel
on entend très bien ce fameux crescendo de percussions :
on entend très bien ce fameux crescendo de percussions :
Pour recréer avec l'ordinateur ce crescendo, j'ai utilisé des percussions de la banque de sons True Strike 1 ainsi qu'un son de type "big boomer" du synthé virtuel Omnisphere.
1) Les caisses claires :
J'ai d'abord posé un sample de crescendo suivi par 3 flas (un fla est un coup de caisse claire avec les 2 baguettes en léger décalage). Comme je trouvais le son de crescendo pas assez consistant, je l'ai bêtement doublé par un roulement de tambours :

2) Ajout de la grosse caisse :
Un court crescendo de grosse caisse, suivi de 2 kicks qui permettent d'appuyer les flas 1 et 3 de la caisse claire :

3) Ajout de la timbale :
Idem que la grosse caisse :

4) Ajout de 2 gros boums :
Très cinéma, ce "big boomer" trouvé dans Omnisphere (ce type de sons existe dans d'autres banques). Cela va appuyer complètement les 2 kicks et donner une couleur supplémentaire. Les Big Boomers sont très répandus dans les musiques de films, par exemple en doublure de grosses caisses, toms ou tambours, ou bien seuls... c'est vraiment efficace :

Musique d'un diaporama photo pour EDF
Par Tanguy - Tags
Un petit bonjour en passant ;-)
Le projet pour la pub Eurostar est tombé à l'eau :((
Par ailleurs, je commence à bosser sur la musique d'un diaporama photo, créé par Manuel Mendo (Photographe), commandé par EDF. Là, je suis en recherche d'idées. Le diaporama va durer 1 minute, ce qui ne me laisse pas beaucoup de liberté pour développer une thématique. Parcontre, pour une fois, les images seront posées sur la musique et non le contraire...
Bon, j'y retrourne.
Devenir compositeur professionnel à son compte. Emettre des factures.
Par Tanguy - Tags
ATTENTION : ce billet s'adresse aux compositeurs qui ne sont pas déjà inscrits à l'URSSAF pour une activité professionnelle autre que la composition (webmaster, copiste, bruiteur, vendeur en sonorisation etc...)
Pour établir une facture en bonne et due forme, il faut être enregistré au centre des impôts et être assujetti à l'AGESSA (pour les cotisations sociales). Essayons de détailler tout ça avec des mots simples :
1) Inscription au Centre des Impôts pour avoir un N° SIRET :
Pas mal de gens vous diront qu'il faut s'inscrire à l'URSSAF. NON ! pour les compositeurs, l'inscription se fait au centre des impôts. Si on vous regarde de travers, là-bas, dites que votre situation est proche de celle des photographes (c'est plus parlant pour eux).
Remplir un formulaire P0i (se prononce P zéro i) que l'on peut télécharger en pdf ici et envoyez le à votre centre des impôts.
Après quelques jours, vous aurez le statut de travailleur indépendant (profession libérale dans le domaine artistique), avec un n° SIRET qu'il faudra placer dans vos factures.
La case n°9 (options fiscales) du formulaire P0i est assez compliquée pour les néophytes : (voir un billet explicatif )
En tant que compositeur en début de carrière, j'ai opté pour l'option suivante :
- Les bénéfices non commerciaux (BNC) avec déclaration contrôlée
- TVA au régime réel normal, et dépôt de déclaration trimestrielle
2) Assujettissement à l'AGESSA (à qui l'on reverse les charges sociales) :
Sur une fiche de paie, vous avez votre salaire brut, à partir duquel on vous décompte les cotisations sociales comme la CSG, la CRDS, l'assurance vieillesse maladie veuvage etc....ça s'appelle le précompte. A la fin, il vous reste le salaire net (snif)
Et bien sur une facture, c'est pareil ! On établit la somme brute TTC à facturer et l'on déduit un précompte pour obtenir une somme nette. Ce fameux précompte sera envoyé à l'AGESSA directement par la personne ou l'organisme qui vous rémunère (un producteur, un réalisateur, une boite de communication etc... bref votre client).
Télécharger un modèle de facture (compositeur)
Attention, ce n'est plus 97 % mais 98,25 % !
Billet édité le 22/01/12 :
Depuis la création de ce billet (en 2008), il y a du changement du côté de l'AGESSA (déclaration en ligne, dispense de précompte etc...). Ce que j'ai écrit jusqu'à présent n'est plus vraiment à jour. Je supprime donc le paragraphe consacré à l'AGESSA et vous invite à consulter le site officiel qui explique très bien les différentes procédures (allez également jeter un oeil dans les FAQ).
Site de l'AGESSA
Comment faire une facture en tant que compositeur ?| Comment devenir compositeur professionnel indépendant ?| Je suis compositeur et j'aimerais faire des factures| Où s'inscrire pour devenir compositeur professionnel ?| Je suis compositeur et je souhaiterais facturer mes clients| Faut-il s'inscrire à l'AGESSA pour devenir compositeur professionnel ?| Je suis un compositeur et j'aimerais travailler à mon compte| Le statut du compositeur
Cubase : afficher ou cacher la colonne inspecteur de piste, pour un meilleur confort visuel dans votre séquence
Par Tanguy - Tags
Pour ceux qui, comme moi, ne disposent pas d'un écran 24 pouces, j'écris ce petit billet pour signaler un raccourci clavier très pratique dans Cubase SX : Alt+I que j'utilise tout le temps pour cacher la colonne inspecteur de piste (pour un meilleur confort visuel).
La colonne inspecteur permet de connaître toutes les informations relatives à une piste donnée (volume, panoramique, canal midi, plug-in chargé, effets d'insert etc...). Une fois le morceau commencé, il n'est pas indispensalbe que cette colonne soit tout le temps affichée :

Raccourci clavier Alt+I donne ceci :

L'espace consacré à la séquence se trouve agrandi.
C'est toujours ça de gagné pour nos petits yeux ;-)
Voilà. Certains préfèreront cliquer directement sur l'icône, ça dépend des gens. Moi je suis plutôt un adepte des raccourcis clavier.
Pour les adeptes de la souris, Alt+I
équivaut à cliquer sur le bouton ci-dessous (icône de gauche) :

n'essaie pas de cliquer
c'est juste une image...
équivaut à cliquer sur le bouton ci-dessous (icône de gauche) :

n'essaie pas de cliquer
c'est juste une image...
Raccourci clavier dans Cubase SX| Cacher et afficher la colonne inspecteur de piste dans Cubase SX| Astuce pour gagner de l'espace dans votre séquenceur| Raccourci clavier pour faire disparaître et réapparaître l'inspecteur de piste dans Cubase SX| Gagner de la place en aérant votre séquence musicale| Cacher l'inspecteur de piste permet un confort visuel| L'inspecteur de piste affiche les informations relatives à la piste sélectionnée| Pour chaque piste Le canal midi la panoramique et les effets d'insert sont affichés dans l'inspecteur de piste| Dans Cubase le raccourci clavier Alt I affiche ou cache l'inspecteur de piste| Pour un meilleurs confort visuel pensez à cacher momentanément la colonne inspecteur de piste de votre séquenceur
Cours et stages de Flamenco. De la musique ensoleillée !
Par Tanguy - Tags
Je ne sais pas s'il vous est déjà arrivé de devoir composer de la musique andalouse (avec de la guitare en instrument principal). Je suppose que ce n'est pas évident. D'une part, ça me semble difficile à transcrire sur une partition (tant les rythmes de guitare sont techniques) et d'autre part, pour ceux qui utilisent un séquenceur, c'est très dur de rendre de manière authentique le jeu d'un guitariste (note par note). Le mieux n'est-il pas d'avoir dans ses proches un joueur de flamenco qui saura vous épauler dans le processus de composition ?
A ce propos, je voudrais vous faire part de l'existence de l'association Atika Flamenco, implantée sur Paris (mais également présente dans le Perche) et qui propose des cours et des stages de Flamenco (débutants à professionnels) :
- Danse
- Chant
- Guitare

"L'art coloré qu'est le flamenco nous offre sensibilité, richesse, profondeur et complexité !"
Pour les béophiles : je me demandais s'il existait de nombreuses Bandes Originales à connotation hispanique.
Je citerais pour les plus récentes les airs flamencas de Zorro, Mission Impossible II (Nyah), Final Fantasy 9 (Vamo Alla Flamenco), Toy Story 3.... Mais vous en connaissez sûrement bien d'autres... (ainsi que dans le domaine classique).
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