Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Faire varier les nuances ou l'orchestration pour que la musique ne paraisse pas trop répétitive


Quelques exemples de répétition dans la musique de film.




Je crois que c'est mon paternel qui m'a dit un jour :"Fiston, dans une musique les gens retiennent surtout l'intro, la fin et les répétitions"

La répétition d'une phrase mélodique ou d'un rythme se fait de manière naturelle et spontanée dans le domaine de la chanson, mais je pense qu'elle est aussi largement employée dans la musique de film, de manière plus subtile (plus cachée, je dirais).

Il arrive que les compositeurs dupliquent un petit passage de sorte qu'on puisse l'entendre 2 fois de suite. ça ne fait pas de mal à la structure du morceau et ça permet à l'auditeur de s'imprégner du thème. En parcourant diverses BO, je m'aperçois que peu de passages sont réellement "clonés". A chaque fois, la répétition présente une petite variation, ce qui apporte un peu plus de richesse à l'ensemble. Voici quelques astuces à appliquer sur la partie répétée, afin d'éviter la redondance :

  1. Ajouter des notes accidentelles :
    The Grinch (James Horner)


  2. Modifier légèrement la mélodie :
    L'été de Kikujiro (Joe Hisaishi)


  3. Reprendre la mélodie par un autre instrument :
    Dinosaur (James Newton Howard)


  4. Enrichir l'orchestration (doublures) :
    Interview With The Vampire (Elliot Goldenthal)


  5. Varier la hauteur (changement d'octave) :
    Thème de Solenn (Tanguy Follio)


  6. Passer de mode majeur à mode mineur :
    Signs (James Newton Howard)


  7. Changer de nuance :
    La rue des cascades (Yann Tiersen)


  8. Varier l'harmonie (ce sont les accords qui changent) :
    The Nightmare Before Christmas (Danny Elfman)


  9. Varier le rythme :
    Victor Hugo (Tanguy Follio)


  10. Changer la tonalité :
    The Polar Express (Alan Silvestri)


  11. Alan Silvestri, champion du monde de la répétition par changement de tonalité
    par intervalle de 3 demis-tons vers le bas ou vers le haut ;-)

Pourquoi ne par lire aussi :


Un projet nécessitant une musique à la manière de Retour vers le futur.


C'était en novembre 2006 il me semble.
Le réalisateur Stéphane Berla m'a contacté pour mettre en musique une animation flash.

L'équipe de production souhaitait réaliser un film interactif en images de synthèse (sur la sensibilisation des jeunes au problème des retraites), à la manière de "Retour vers le futur" que tout le monde connait ;-)

Donc, côté musique, le pastiche était aussi de la partie !

Le Hic, c'est que le thème de Back To The Future est tout simplement "unique" (en plus d'être génial).
Voici un extrait du fameux thème (pour les ignares) :


(Notez au passage la harpe tout à la fin qui utilise les 9 notes décrites dans mon billet précédent).

Pour mon imitation, je me suis dit que si je reprenais le motif du début, genre Sol3-Do2-Fa#3, ce serait trop proche de l'original. Mais si je m'orientais vers un thème avec d'autres notes, ce serait trop difficile de faire un clin d'œil. Alors je me suis basé uniquement sur les 2 premières notes et non pas les 3 pour définir un point de départ. Ensuite, j'ai essayé d'imiter la structure, la dynamique et l'orchestration originelle pour avoir une musique complètement pastichée (j'avoue que l'accompagnement aux trombones est allègrement plagié) :



A noter que la section de trompettes qui joue la mélodie provient de Synful. J'adoooore ce son de trompettes.

Un exemple de leitmotiv qui m'a servi d'élément de base pour composer une musique d'action.


Leitmotiv (nom masculin)
Motif musical repris plusieurs fois dans une même œuvre. Propos qui revient sans cesse.

Il faut souvent un point de départ pour construire une musique : un matériau musical à partir duquel on va développer une thématique. Cela peut être une mélodie, une rythmique, un enchainement d'accords...

Dans le cas d'une musique d'action que j'ai faite il y a quelques mois, je me suis basé sur le leitmotiv ci-dessous, unique point de départ :

Leitmotiv piano



Joué comme ça, ce n'était pas franchement impressionnant...


Alors j'ai fait jouer ce leitmotiv en trémolo par des violoncelles, afin d'apporter une base mystérieuse et "mouvante" : pour créer une atmosphère un peu stressante (vitesse, panique). En même temps, j'ai essayé de créer un effet de va et vient en jouant sur les nuances (p-f-p) comme pour imiter des bourrasques de tempête.

Par moments, j'ai voulu doubler ces mêmes notes en staccato par des cuivres (essentiellement des cors français), pour appuyer le côté "action".
fleche fleche
Joué par des violoncelles en trémolo :
Joué par des cors en staccato :
Notes de cors
Notes de violoncelles
Mystérieux et fluide Martial et haché


Ensuite, j'ai placé des boucles de rythmes (Stormdrums, 150 bpm) et j'ai commencé à chercher diverses mélodies jouées par des instruments aigus (violons flûtes, xylophone, caisse-claire etc...).

Ecouter un extrait :


Bon, à l'écoute, on s'aperçoit que le leitmotiv de base joué par les violoncelles n'apparait plus comme l'élément principal. Pourtant il revient de manière récurrente et apporte ce petit côté anxiogène que j'aime bien...

Voilà, juste pour dire qu'avec les mêmes notes, on peut créer des effets en jouant sur les nuances, l'orchestration (violoncelles, cors etc... ) et la notation (trémolos, piqués etc...). Souvent, quand je cherche des notes au piano, j'essaie de penser à la couleur orchestrale que je vais créer (de manière à apporter le sentiment désiré par le réalisateur).

Comment définir une bonne orchestration ?


On connait tous la différence entre un bon et un mauvais chasseur...
Mais qu'en est-il de l'orchestration ?

J'ai trouvé un article très intéressant sur le sujet, de Alan Belkin, à propos de l'orchestration en général.
Je recopie ici un extrait de cet article qui énumère les points forts d'une bonne orchestration et les erreurs à na pas faire :

Une orchestration déficiente :

Alan Belkin rappelle d'abord qu'une orchestration jouable peut difficilement être franchement mauvaise.
On parlera plutôt d'un orchestration déficiente en essayant d’identifier les erreurs qui en sont, le plus souvent, la cause :

  • Faiblesse des effets, résultant d’un recours insuffisant aux ressources disponibles pour produire le caractère désiré (par exemple, un effet percussif reposant sur quelques bois et aucune percussion), ou résultant de gestes contradictoires (par exemple, l’ajout d’instruments pendant un diminuendo).

  • Fatigue auditive résultant de l’usage exagéré des registres extrêmes ou de couleurs très caractérisées, ou résultant d’un manque de fondu dans les blocs harmoniques.

  • Texture « grise » souvent causée par un abus de doublures à l’unisson.

  • Lourdeur généralisée (plutôt que localisée, à titre d’effet), engendrée par un abus de doublures ou par une surcharge du registre grave.

  • Sonorité généralement trop sèche, par absence d’arrière-plans résonant. (Une sonorité sèche peut convenir, à titre d’effet, mais rarement comme norme).

  • Confusion entre divers éléments musicaux, due à une faible différentiation des plans sonores.

  • Confusion formelle, causée par des changements de timbre à des moments arbitraires, ou par des changements n’offrant pas le degré de contraste requis.

  • Imprécision du caractère.


Une orchestration de qualité :

Une bonne orchestration doit :
  • Renforcer la forme : Les changements orchestraux doivent se faire aux endroits appropriés et présenter un degré de contraste approprié.

  • Offrir des couleurs suffisamment fraîches et variées pour soutenir l’intérêt.

  • Renforcer le phrasé.

  • Clarifier les différents éléments musicaux. Chaque élément doit être audible.

  • Assurer une contribution personnalisée de chaque élément, permettant ce que Richard Strauss (en référant à la polyphonie de Wagner dans la préface de sa version révisée du traité de Berlioz) appelle « l’implication spirituelle des exécutants ».

  • Prévoir des parties aussi faciles à jouer que possible, en privilégiant toujours la façon la plus simple d’obtenir l’effet désiré.

  • Créer une sonorité riche (habituellement, en multipliant les plans sonores).

  • Présenter un caractère précis.

  • Utiliser efficacement la masse orchestrale.

Auteur : Alan Belkin
Source : http://www.musique.umontreal.ca:16080/personnel/Belkin/bk.o.fr/index.html

Dansons la capucine : paroles et musique


Accédez à la liste complète des comptines et chansons


Dansons la capucine


(Intro musicale)

Dansons la capucine
Y'a pas de pain chez nous
Y'en a chez la voisine
Mais ce n'est pas pour nous
You !

Dansons la capucine
Y'a pas de vin chez nous
Y'en a chez la voisine
Mais ce n'est pas pour nous
You !

Dansons la capucine
Y'a pas de feu chez nous
Y'en a chez la voisine
Mais ce n'est pas pour nous
You !

Dansons la capucine
Y'a du plaisir chez nous
On pleure chez la voisine
On rit toujours chez nous
You !


©Tanguy Follio
(Arrangement déposé à la SACEM)

Télécharger Dansons la capucine (MP3)



Approche didactique de Dansons la capucine :

- Niveau d'interprétation : cycle 1 (avec une grande personne dans la ronde).
- J'ai placé une intro musicale de sorte que les enfants puissent se mettre en place et commencer à faire la ronde.
- Dans la version instrumentale, le tempo est volontairement rapide (pour une ronde dynamique).
- Quatre couplets à la suite demanderont un petit effort de mémorisation des paroles.
- La gestuelle, quant à elle, est répétitive. Les enfants marchent en marquant le rythme, s'accroupissent sur le "You !" puis repartent dans le sens inverse (ou pas c'est comme on veut).
- J'ai placé une courte pause après chaque "You !" pour laisser aux enfants le temps de se relever ;-)
- Quel est le bruit qu'on entend à la fin ? (est-ce du bois ? du métal ? du plastique ?)


Dansons la capucine Paroles et Accords en pdf

Télécharger les paroles et accords de Dansons la capucine

Attention aux traumatismes auditifs. Soyons prudents avec le casque ou les enceintes...


Cela fait déjà plusieurs personnes que je rencontre qui connaissent des cas d'hyperacousie ou d'acouphène...

Les prévention des traumatismes auditifs ne sont pas à prendre à la légère dans notre métier où l'on est longtemps exposé aux décibels, que ce soit devant nos monitors ou avec le casque sur les oreilles.


J'ai consulté le site de l'APTA (Association de Prévention des Traumatismes Auditifs). Ils expliquent bien que les lésions auditives apparaissent d'un part en fonction de l'intensité du bruit, et d'autre part en fonction de la durée d'exposition. Ce qui signifie qu'il est important de travailler en mettant la musique pas trop fort, certes, mais également pas trop longtemps.

Prudence, donc...

Consulter le site de l'APTA (Association de Prévention des Traumatismes Auditifs)
Consulter le site de Pierre Voyard (qui traite le sujet en tant que compositeur-musicien).

C'est édifiant !