Fréquences des instruments. Vers une meilleure égalisation pour un mix symphonique...
Par Tanguy, dimanche 29 novembre 2009 à 17:32 - Musique assistée par ordinateur (MAO) - Tags
Il y a 3 ans, je posais la question par mail à plusieurs ingénieurs du son, pour savoir s'il existait une procédure spécifique dans l'égalisation les instruments de l'orchestre symphonique (des fréquences à éviter, d'autres à renforcer). Car il est vrai que le web offre des réponses essentiellement axées sur le mix de formations pop-rock, mais pas beaucoup d'infos sur le mixage d'instruments classiques.
Parmi les quelques réponses, pour la plupart évasives, il y en eut une particulièrement claire : "jamais d'égalisation sur les instruments de l'orchestre symphonique". Peut-être que l'ingénieur du son avait travaillé essentiellement sur l'enregistrement live de musique classique. Mais en session de musique de film, je ne sais pas ce qu'il en est (n'ayant pas encore eu la joie de faire enregistrer mes musiques par un vrai orchestre, je ne préfère pas m'avancer).
Malgré tout, pour ceux qui utilisent les samples, je pense qu'il est intéressant d'égaliser correctement certains instruments pour éclaircir ou alléger le mix.
Ci-dessous : un lien, conseillé par Alex, qui pointe vers un tableau récapitulatif des "fréquences fondamentales" et des "fréquences harmoniques" pour chaque instrument de l'orchestre symphonique. Classement par famille d'instruments (bois, cordes, cuivres, percussion) + voix humaines.
Pour paraphraser le mémo intéressant écrit par Ziggy's sonorisation (ici) :
- Les fréquences fondamentales d'un instrument peuvent être accentuées pour lui donner de la profondeur et de la chaleur. A l'inverse, en diminuant ces fréquences, l'instrument aura un son plus fin.
- Les fréquences harmoniques confèrent une certaine couleur à l'instrument, et donc une certaine présence dans le mix. On doit normalement faire ressortir la couleur ou la clarté d'un instrument dans le mixage en accentuant ses fréquence harmoniques.
- Pour chaque instrument, on peut atténuer (voir supprimer) les fréquences graves inutiles, c.a.d celles qui sont situées sous les fréquences fondamentales : de cette manière, on libère des fréquences du spectre sonore, laissant de la place aux instruments les plus graves comme la contrebasse ou la grosse caisse, ou les timbales... ou la voix de ma femme au réveil (ho ho ho).
Un equalizer (avec courbe) comme celui qui est intégré dans Cubase me permet de travailler rapidement. Il existe aussi des égaliseurs sous forme de plug-ins.

Egalisation dans Cubase 5 :
Je sélectionne une fréquence, puis je l'accentue ou je l'atténue.
Égalisation orchestre symphonique, Equalisation des instruments symphoniques, Fréquence fondamentale, Fréquence harmonique, Mixer les instruments de l'orchestre classique, Banques de sons et égalisation, Equalizer Cubase, Plug-in égaliseur, Mixer un orchestre symphonique, Fréquence des instruments de musique, Filtrer des fréquences sur les instruments de l'orchestre symphonique
Pourquoi ne pas lire aussi :
Enchainement simple de deux accords pour apporter un effet optimiste (à la Disney) à vos compositions.
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Là, on est dans le b-a-ba de l'écriture harmonique. C'est une astuce qui est souvent utilisée, mais je la mets par écrit avec quelques extraits sonores (un exemple vaut souvent mieux qu'une longue explication...)
Cet enchainement de deux accords qui permet d'amener une touche de merveilleux ou d'aventure est tout simple à mettre en pratique. Il suffit de jouer un accord majeur (ex : Do majeur) puis d'enchainer sur l'accord majeur situé un ton au dessus (Ré majeur), tout en maintenant la note fondamentale du premier accord (note do grave) :
La fondamentale du premier accord peut être aussi maintenue dans les aigus (accord renversé) :
Quelques exemples de cette courte progression harmonique dans la musique de film :
- Dans les deux extraits ci-dessous, les instruments graves (Contrebasses et tuba) maintiennent la fondamentale tandis que les trombones enchainent les 2 accords (par exemple accord de DO vers accord de RE). Les trompettes, quand à elles jouent le thème principal (dont les notes appartiennent aux accords en question). Ici l'orchestration triomphante nous plonge dans une ambiance de film d'aventure :
Jurassic Park (John Williams) :
Back To The Future (Alan Silvestri) :
- Les 2 extraits ci-dessous sont orchestrés de manière plus légère et sautillante. Sans qu'il s'agisse pour autant d'un film de conte de fée, la connotation y est très optimiste :
Le Renard et L'Enfant (David Reyes) :
Jumanji (James Horner) :
- Et ce dernier extrait, dans un registre plus doux et moins sautillant, mais toujours optimiste. Cette fois-ci la note fondamentale du premier accord n'est pas maintenue (elle suit la cadence) :
Lune (Tanguy Follio) :
Connotation féérique et merveilleuse dans une musique| Créer une ambiance à la Disney dans une musique| Faire une musique dans le style de Disney| Créer une connotation optimiste dans votre musique| Astuce pour donner une impression de merveilleux dans une musique| Commet créer harmoniquement une ambiance magique et féérique ?| Harmonie et progression harmonique| Exemple de progression harmonique créant une connotation légère et optimiste| Maintenir la fondamentale en pédale pour créer un effet| Harmonie et orchestration à la Disney
Tonalités des principaux instruments. Mémo pour les instruments transpositeurs les plus souvent utilisés.
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Voici les tonalités des instruments les plus communs :
Orchestre symphonique (Do = Ut):
- Piccolo : Do
- Flûte traversière : Do
- Hautbois : Do
- Cor anglais : Fa
- Clarinette : La (parfois Sib)
- Basson : Do
- Cor français : Fa
- Trompette : Do ou Sib
- Trombone : se joue en Do (bien qu'ayant un sib en note fondamentale)
- Tuba basse à 4 pistons : Do
- Cordes : Do
- Piccolo : Do
- Flûte traversière : Do
- Clarinette : Sib
- Saxo Soprano : Sib
- Saxo Alto : Mib
- Saxo Ténor : Sib
- Saxo Baryton : Mib
- Cor d'harmonie : Fa
- Trompette : Sib
- Trombone : se joue en Do (bien qu'ayant un sib en note fondamentale)
- Tuba : Sib (appelé basse Sib)
Il existe, bien sûr, d'autres instruments transpositeurs (comme la petite clarinette en Lab, la trompette en Ré..) mais ils sont moins souvent utilisés. Je préfère focaliser ce billet sur les instruments les plus communs.
Ci dessous, un petit tableau que je m'étais fabriqué il y a quelques années. Il permet de savoir, pour une tonalité donnée (tonalité de la musique telle qu'on l'entend), dans quelle tonalité seront écrites les partitions des instruments transpositeurs tels que la clarinette, le cor français, le saxo alto etc...
Ma partition ? dans quelle tonalité ?

Par exemple, pour une musique écrite en Fa, la partition d'un instrument transpositeur en Mib (comme le saxo alto) devra être écrite en Ré.
Autre exemple, vous composez un passage musical en Ré, alors les clarinettes Sib joueront en Mi (avec 4 dièses à la clef).
Ce tableau peut être utile aux jeunes compositeurs qui feront interpréter leur musique par un orchestre d'étudiants ou par l'harmonie du village. Un rapide coup d'œil permet de voir qu'il y a des tonalités plus confortables à déchiffrer, et ce pour tous les instruments.
Par exemple, si je compose une musique en sib pour une harmonie, les instruments non transpositeurs auront une partition en sib (2 bémols seulement à la clef). Les clarinettes sib auront une partition en Do (pas de bémols ni de dièses à la clef). Les saxophones alto auront une partition en Sol (1 seul dièse à la clef), les cors auront une partition en Fa (un seul bémol à la clef).
Les enfants sont formidables
Par Tanguy - Tags
Quand on a des enfants en bas âge et qu'on fait de la musique, il est bien normal de caresser l'espoir qu'ils deviennent un jour eux même musiciens (y a pas que le foot dans la vie). A la maison, l'accès au piano est totalement libre, toujours ouvert. Les touches prennent plus facilement la poussière, mais au moins chacun des enfants peut s'exprimer à sa guise (pour le meilleurs et pour le pire !).
L'aînée (6 ans) est une bonne élève, très scolaire. Elle deviendra médecin ou avocat, c'est sûr... et elle écrira des symphonies pour le plaisir, c'est certain. Lorsque j'ai déclaré un soir que le piano était assez faux, elle me répondit : "Ah bon, c'est pas un vrai ?" (analyse amusante, certes ! mais d'une logique implacable, signe d'un cerveau héréditairement génial).
Pour l'instant, elle interprète de mémoire des petites ritournelles très simples (au clair de la lune, j'ai du bon tabac, l'avion l'avion l'avion...). Forcément, à chaque mini concert, sa maman et moi sommes en totale admiration (un peu comme Léopold l'était devant son fiston, mais avec une robe).
La petite (3 ans et demi), on la surnomme "le petit bourrin" parce qu'elle est d'une délicatesse à faire frémir les bucherons du Perche. Musicalement, elle se fiche pas mal des protocoles. Pourquoi jouer du piano avec ses doigts quand on peut le faire avec une bouteille qui traine...
Le feeling et l'instinct l'emportent sur la méthode et la discipline. En cela, je l'admire tout autant. Si elle n'apprend pas la musique sérieusement comme sa grande soeur, au moins je dirais qu'elle semble la comprendre. Quand elle pose ses doigts poisseux sur le clavier, c'est presque toujours écoutable, dans le sens : très peu de dissonances (on en oublierait presque l'odeur de bave séchée). Et franchement, même si c'est du bol, j'en suis pas peu fier...
Je reconnais que c'est un discours de papa gâteau (j'assume). Mais pas plus tard qu'hier, la cadette me pondait 3 noires (mi fa ré) de manière totalement instinctive :
3 notes :
Ce qui me fit aussitôt penser à un thème de John Williams (véridique) :
Catch me if you can :
Incroyable, non ?
Allez, je peux vous le dire maintenant : En fait, Scoub2, Vendome, Retraite vers le Futur, Colas... c'était elle ;-)
Flocons de neige et musique féérique...
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Paysage grand nord, vu de la fenêtre de mon home-studio :
(Le Pas Saint Lhomer, Orne).

En ce début d'année sous la neige, je ne résiste pas à la tentation de ré-écouter Le pole express et Edward Scissorhands.
Un petit plaisir que je vous fais partager sans tarder :
The Polar Express (A. Silvestri) :
Edward Scissorhands (D. Elfman) :
C'est ... magique.
Vladimir Cosma en concert le 9 mars 2010
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Une petite info rapportée par mon éclaireur favori (Herr Elsner, dont on entend souvent parler ici, pour ses trouvailles) :
Vladimir Cosma dirigera l'Orchestre National d’Ile de France à l'occasion d'un concert de musiques issues de sa filmographie.
Les aventures de Rabbi Jacob, le fugitif, la boum, la chèvre, Diva, le Grand Blond avec une chaussure noire etc...
Et pour vous mes dames : Richard Sanderson sera normalement présent pour chanter "Reality" (La Boum) !!!
Précisions :
- Date : Mardi 9 mars 2010
- Horaire : 20h30
- Lieu : Théâtre du Chatelet
- Prix : de 25 € à 95 €
- Réservations : site web Châtelet Théâtre
Allez, c'est kado :
MU.LAB, séquenceur MIDI et audio gratuit
Par Tanguy - Tags
Un logiciel que m'a fait découvrir mon collègue Michaël Dubois dernièrement (merci à toi, Mr Mickey !)
MU.LAB est une station de travail (assez modeste mais suffisante pour les jeunes compositeurs) qui permet de créer de la musique en enregistrant et en éditant du MIDI et de l'audio.
MUTOOLS, l'éditeur du soft propose 2 types de téléchargements :
- Une version entièrement gratuite : MU.LAB Free.
Cette version est limitée à 6 pistes (on peut contourner ce problème en rassemblant plusieurs pistes MIDI dans une piste audio). On ne peut exporter qu'en 16 bit (qualité CD) et on ne peut importer ou enregistrer de l'audio qu'en mono. Cela dit, l'export final (le mixdown) se fait en stéréo :)
- Une version payante à 49 € (février 2010) : MU.LAB Unlimited.
Cette version propose un nombre de pistes illimité. On peut exporter en 32 bits et on peut importer ou enregistrer plusieurs formats audio de qualité (si j'ai bien compris l'explication en anglais).
J'ai donc téléchargé la version gratuite pour tester les capacités du séquenceur. MU.LAB est livré avec des synthés d'assez bonne qualité, orientés musique électro. Le fonctionnement déroute un peu lorsqu'on a déjà beaucoup travaillé sur un autre séquenceur, mais l'on s'habitue rapidement à l'interface et les commandes.
MU.LAB :

Les pistes superposées. Choix d'un son (synthé programmable) pour une piste donnée

Les pistes superposées. Choix d'un son (synthé programmable) pour une piste donnée
Edition des notes en MIDI :

Durée, hauteur des notes, copier-coller, déplacer etc...

Durée, hauteur des notes, copier-coller, déplacer etc...
Je ne me suis pas attardé sur la partie enregistrement audio car je n'avais pas de guitare ou de micro sous la main. En outre, je me suis amusé à empiler 6 pistes audio pour tester la stabilité et tout a fonctionné, sans craquement. Reste à tester avec 30 pistes (la carte son de l'utilisateur jouant un rôle prépondérant, j'imagine).
Vous souhaitez importer des banques de sons et des effets audio supplémentaires ? pas de problèmes, MU.LAB offre la possibilité d'intégrer de nombreux instruments VSTi ainsi que des effets VST ! Comme je compose plutôt dans le style orchestral, j'ai pu ouvrir la plupart des mes banques de sons, telles que East-West Symphonic Orchestra, Stylus RMX, Synful Orchestra, Halion... ce qui est quand même très confortable, compte tenu du prix !
Import des instruments VST :

Une grande partie des VST et VSTi (mais pas tous) sont acceptés par MU.LAB

Une grande partie des VST et VSTi (mais pas tous) sont acceptés par MU.LAB
TELECHARGEMENTS :
Télécharger MU.LAB Free (+ skins + notice en Français)
Forum consacré aux instruments virtuels (avec liens pointant vers des VSTi free)
EastWest Symphonic Orchestra gratuit (mais limité en sons)
VST4 Free (VST et VSTi gratuits)
Free Sound Editor (VST et VSTi gratuits)
Digital-in (VST et VSTi gratuits)
Quelques limites liées à l'utilisation des banques de sons d'orchestre symphonique, toujours plus consistantes.
Par Tanguy - Tags
J'ai, comme beaucoup de compositeurs qui font de la MAO, une panoplie de banques de sons dédiées à la création de musique orchestrale (VSL, East-West, Sam Orchestral Brass etc...) qui proposent des nomenclatures dignes du London Symphony Orchestra au complet, avec 6 cors, 18 violons, 6 contrebasses etc....
Je voudrais vous parler d'un petit souci que j'ai rencontré, vis à vis de toutes ces banques de sons dernier cri issues des USA. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais en France, on nous demande pas tous les jours de composer de la musique du style Matrix ou Alien 4, à l'exception de certains jeux vidéos et dessins animés d'aventure, voir même certaines séries policières.
Personnellement, ne jouant pas dans la cour des grands, j'ai surtout composé pour des documentaires TV, du théâtre, du multimédia culturel, de l'identité sonore de site web, des films institutionnels etc.... et je dois avouer que les banques des sons que je cite plus haut m'ont quand même bien servi, ne serait-ce que pour les cordes et les bois.
Maiiiiiiiis.....
Un jour (en mars 2008 pour être précis), j'ai dû composer une maquette pour un long métrage (comédie dramatique) sachant que la bande originale devait être enregistrée ensuite par un orchestre d'Europe de l'Est avec un effectif réduit, vu la taille de l'enveloppe : un orchestre certainement pas constitué de 6 cors, 18 violons, 6 contrebasses etc....
Afin d'éviter les risques de déséquilibre de masse orchestrale entre ma démo et le futur enregistrement en réel, j'ai dû utiliser les pupitres les plus dénudés proposés par les banques de sons (11 violons etc...) et quelques instruments solo (trombone, cors français) pour créer une maquette pas trop consistante. Et je dois dire que le réalisme sonore en a pris un coup...
Il y a parfois de belles musiques de film qui nécessitent le concours d'un petit orchestre. Le mieux, me direz-vous, serait d'écrire la partition directement sur papier. Mais je n'y arrive pas, j'ai besoin de créer une maquette pour composer (avec des sons pas trop "synthé").
En ce moment, je passe beaucoup de temps sur Synful Orchestra, pour essayer de maîtriser au mieux ses performances et faire ressortir quelque chose de réaliste. L'intérêt de ce soft, c'est qu'il est possible de choisir sa propre nomenclature.
Banques de sons d'orchestre symphonique| Synthèse additive avec Synful Orchestra| Les performances de Synful Orchestra| Synful pour faire de la musique de film symphonique| Le problème avec les grosses banques de sons d'orchestre| Faire des maquettes avec un orchestre virtuel| Logiciel pour récréer un petit orchestre| Banque de sons pour recréer un orchestre réduit| Faire une maquette avant d'enregistrer avec un orchestre réel| Faire d'abord une maquette respectant la nomenclature de l'orchestre qui va enregistrer votre musique
Humeur Piano : lieu de découverte et de partage sur le piano !
Par Tanguy - Tags
Je viens de découvrir Humeur Piano, un blog mis en place par Fnor (Cédric), passionné de musique en général et de piano en particulier.
Dans un esprit de générosité, on y apprend un tas de choses très intéressantes sur l'apprentissage du piano (le prof de piano, les méthodes, le suivi des progrès...), mais aussi sur la technique (de nombreux "trucs" à découvrir), sur le solfège (partitions, lectures, gammes, intervalles...), et l'instrument en lui même (choisir un piano, entretien, etc...).
C'est un site qui s'adresse à tout le monde : les amateurs y trouveront leur bonheur, tandis que les plus expérimentés pourront s'ils le désirent, y déposer leurs propres articles.
Trucs, astuces, conseils... Fnor y propose également des petits défis et exercices, ainsi que des découvertes trouvées sur le net, ce qui crée un espace de partage musical à la fois convivial et dynamique, tout ce que j'aime :))
Visiter le blog Humeur Piano
Cubase : afficher ou cacher la colonne inspecteur de piste, pour un meilleur confort visuel dans votre séquence
Par Tanguy - Tags
Pour ceux qui, comme moi, ne disposent pas d'un écran 24 pouces, j'écris ce petit billet pour signaler un raccourci clavier très pratique dans Cubase SX : Alt+I que j'utilise tout le temps pour cacher la colonne inspecteur de piste (pour un meilleur confort visuel).
La colonne inspecteur permet de connaître toutes les informations relatives à une piste donnée (volume, panoramique, canal midi, plug-in chargé, effets d'insert etc...). Une fois le morceau commencé, il n'est pas indispensalbe que cette colonne soit tout le temps affichée :

Raccourci clavier Alt+I donne ceci :

L'espace consacré à la séquence se trouve agrandi.
C'est toujours ça de gagné pour nos petits yeux ;-)
Voilà. Certains préfèreront cliquer directement sur l'icône, ça dépend des gens. Moi je suis plutôt un adepte des raccourcis clavier.
Pour les adeptes de la souris, Alt+I
équivaut à cliquer sur le bouton ci-dessous (icône de gauche) :

n'essaie pas de cliquer
c'est juste une image...
équivaut à cliquer sur le bouton ci-dessous (icône de gauche) :

n'essaie pas de cliquer
c'est juste une image...
Raccourci clavier dans Cubase SX| Cacher et afficher la colonne inspecteur de piste dans Cubase SX| Astuce pour gagner de l'espace dans votre séquenceur| Raccourci clavier pour faire disparaître et réapparaître l'inspecteur de piste dans Cubase SX| Gagner de la place en aérant votre séquence musicale| Cacher l'inspecteur de piste permet un confort visuel| L'inspecteur de piste affiche les informations relatives à la piste sélectionnée| Pour chaque piste Le canal midi la panoramique et les effets d'insert sont affichés dans l'inspecteur de piste| Dans Cubase le raccourci clavier Alt I affiche ou cache l'inspecteur de piste| Pour un meilleurs confort visuel pensez à cacher momentanément la colonne inspecteur de piste de votre séquenceur
Musique orchestrale assistée par ordinateur : faire sonner son morceau de musique, produit par des banques de sons symphoniques !
Par Tanguy - Tags
Note : dans ce billet, j'ai essayé de reproduire à l'oreille (sans partitions) des extraits de Indiana Jones, de Gladiator et Nightmare Before Chsistmas, avec uniquement la banque de sons East West Symphonic Orchestra Gold (exceptée la voix dans Gladiator qui provient de Omnisphere). Dans mes compos personnelles citées comme exemples, j'utilise des instruments issus de plusieurs banques de sons telles que East West, Synful, Symphobia...
Avez-vous remarqué que les démos des sites comme Eastwest ou VSL sonnent bien dans l'ensemble. Et pourtant, lorsque l'on achète la banque de sons en question et que l'on commence à produire nos morceaux, le résultat obtenu n'est pas aussi réaliste qu'on le voudrait...
"Hé hé.. répondront certains sur un ton ironique, ce n'est pas parce que vous avez la même raquette que Rafael Nadal que vous gagnerez à Roland-Garros... "
Certes... posséder une banque de sons de qualité est une condition nécessaire mais pas suffisante (petit clin d'oeil aux profs de maths qui parcourent ce blog...). Car on s'en doute, une aptitude primordiale est de savoir écrire la musique convenablement et connaître un minimum les bases de l'harmonie et de l'orchestration. Je dis bien "un minimum" car on a bien le droit de s'épanouir dans une écriture musicale personnelle, même si elle est maladroite parfois. Et puis... j'aime penser qu'une personne dotée d'une sensibilité musicale, d'une bonne oreille et d'une certaine habilité avec la technologie, est capable de créer de belles choses avec un ordinateur et une banque de sons correcte.
Du coup, en ce qui me concerne, et bien que je ne sois pas le Nadal de la MAO, j'aimerais tout de même vous présenter quelques petits trucs qui me permettent de composer sereinement des musiques orchestrales dans un séquenceur comme Logic, Cubase, Reaper...
Tout d'abord, un constat que d'autres musiciens confirmeront peut-être : plus l'orchestre est gros, plus j'arrive à donner du réalisme. Le tutti orchestral permet de masquer les imperfections liées à la machine. Je mise sur l'inertie du groupe, le côté grandiose et spectaculaire, à plus forte raison s'il est mélangé à de grosses boucles de percussions. En revanche, avec l'ordinateur, il m'est très difficile de faire sonner un quatuor, ou une partie solo, dont l'émotion et la sensibilité émanent de la qualité de jeu de l'interprète.
Autre constat : la recherche du thème. Je ne peux hélas pas rendre authentique tout ce que je veux :(( Je peux être satisfait de mon thème parce que la mélodie me plaît beacoup, et pourtant, rien n'y fait avec les samples. Je dois parfois rebrousser chemin et repartir vers une autre direction. C'est frustrant mais ça arrive. Il y a des fois où je change des notes dans une mélodie parce que ça passe mieux avec les samples dans un sens que dans l'autre. Je deviens en quelque sorte esclave de la technique, au détriment de la liberté artistique. J'ai envie de dire : à peine plus que le compositeur qui écrit pour un orchestre non professionnel, qui évite de placer des traits compliqués, ou des notes trop hautes (pour certains vents).
Enfin bref, la MAO orchestrale, quand j' y pense, c'est quand même un sacré
1) Mélanger les couleurs sonores :
C'est une très grande richesse que nous offre l'orchestre symphonique : mélanger des instruments pour fabriquer de nouveaux sons. Les combinaisons d'instruments sont incroyables, il faut s'en servir par moments ! J'ai tout sous la main pour essayer les différents coktails. Par exemple, à l'unisson : [violon + flûte] [cor + alto] [clarinette + cor] [trompette + violon] [trompette + trombone] [basson + violoncelle] [hautbois+ flûte] [violon + cor] [cor + harpe] [clarinette + basson + alto] [flûte + xylophone] [contrebasse + glockenspiel] etc...
Dans l'extrait de La valse des mariés ci dessous, le début du thème est joué par les violons, puis au bout de quelques mesures, il est doublé par une flûte. La couleur change :
Valse des mariés (Tanguy Follio) :
Un truc tout bête, quand je cherche à produire une sonorité, je vais naturellement utiliser des adjectifs qualificatifs (voire même des onomatopées). Par exemple :
- Mon thème est un peu trop "rugeux" (violoncelles), j'aimerais y ajouter un son assez "rond" pour l'adoucir (avec des cors).
- Sur la première mesure, il faudrait ajouter un son qui fasse "klang" mais pas trop "spongzz".
- Ce passage n'est pas assez "appuyé" (violoncelles), je le doublerais bien avec un son plus "grave" (avec des contrebasses).
- Le leitmotiv est "léger" comme tout (flûte), mais il manque encore un petit quelque chose de "pétillant" (avec du glockenspiel).
- Ma ligne de basse est "pêchue" (cordes graves), mais il faudrait la rendre un peu plus "présente" (avec une basse synthétique, pourquoi pas...)
- J'aime ces ponctuations "cuivrées" (cors + trombones), tiens si j'osais, je les ferais encore plus "claquantes" ou "métalliques" (avec une enclume et une cymbale).
- C'est un tapis très "doux" (cordes) auquel il manque quelque chose de "céleste" ou "aérien" (avec des choeurs pp).
Et ainsi de suite....
Il faut être curieux de tous ces mélanges. Et puis techniquement, c'est assez rapide de dupliquer une piste MIDI et de lui assigner un autre instrument.
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur les doublures
Ainsi que ce billet sur les doublures cordes-cors
Autre chose, en combinant (toujours à l'unisson) des berceaux symphoniques à des sonorités synthétiques (Omnisphere, Reaktor etc.) on se situe dans le bionique orchestral : mélange sonore mi-classique, mi-électro. Les scores de films américains (pas seulement) foisonnent de ces nouvelles sonorités. C'est ainsi que l'on trouve dans certaines BO des couleurs vraiment originales.
2) Reproduire le jeu de l'instrumentiste :
Ah ça ! c'est mission difficile pour ne pas dire Mission Impossible... car malgré la qualité de l'échantillonage, à l'heure actuelle l'ordi ne peut pas égaler l'être humain dans le jeu de l'interprète. En consolation, on peut toujours tenter de s'en approcher en essayant de limiter les dégâts :
Articule !!!
Quand je décide de faire jouer mon instrument virtuel, dans un premier temps je chantonne la mélodie "à la manière de l'instrumentiste" en utilisant ma bouche et ma langue (comme fait souvent le chef d'orchestre, devant ses interprètes). Tenez par exemple, chantonnez The Raider's March en ne prononçant que des bua bua bua.... Puis chantonnez le même air en prononçant des pam padam pam, pam padam...
De la même manière, quand je vais poser mes notes, je vais m'efforcer de suivre la même démarche. Si je me contente de juxtaposer mes notes avec un seul et unique son long de trompettes, je vais obtenir les bua bua bua. Au contraire, si je m'efforce de reproduire un phrasé en combinant des articulations basiques (souvent fournies par la banque de sons) telles que des staccatos, des notes tenues, des marcatos, des crescendos ou decescendo (en jusxtaposition mais aussi en superposition !), j'obtiendrai un son un peu plus net, plus compréhensible.
Dans l'extrait de The Raider's March ci-dessous, Les notes de trompettes sont jouées d'abord avec un unique son long, puis avec combinaison d'articulations :
Début de The Raider's March (John Williams) :
Un peu d'humanité dans les mouvements amples de cordes
- D'abord je charge un kit d'ensemble de cordes (un pad) couvrant les tessitures des violons jusqu'à la contrebasse, avec une attaque plutôt franche. En effet, si j'utilise un son avec une attaque douce et lente, dans mon enchainement il y aura comme un effet d'aspiration au début de chaque note... c'est très typique des musiques faites sur ordinateur. Au contraire, avec un son long à attaque assez rapide, je personnaliserai la longueur des attaques (en faisant varier le volume ou l'expression avec ma souris à l'endroit voulu).
- Ensuite, sur une même piste midi j'entre la musique en "pas à pas" ou en live (du violon à la contrebasse). Je teste plusieurs valeurs de vélocité. J'essaie de lier les notes (legato) en les faisant se chevaucher légèrement. Evidement, en cas de notes de même hauteur, le chevauchement n'est pas possible... Parallèlement, je décale certaines notes de quelques millimètres pour casser la rigidité. Si je suis patient, je modifie le tempo par endroits pour simuler une sorte de rubato (un vrai casse tête). A ce stade, j'obtiens un premier jet qui sonne comme ça :
Gladiator (Hans Zimmer). Premier essai.
Kit de cordes, notes liées, tentative de rubato, mais pas d'attaques ni relâchements :
- Arrive alors le laborieux travail sur les nuances. Laborieux mais incontournable si l'on veut donner de l'émotion. Dans la partie "contrôleur " de ma piste midi, je fais varier l'expression ou le volume, un peu comme si j'étais à la place du chef d'orchestre. De la sorte, je peux affiner les attaques, crescendos, diminuendos, accents... pour un résultat qui paraîtra un peu plus humain :)
C'est ainsi que ma piste midi prend des allures de montagnes russes :

Variation du contrôleur Expression
- 2 petites choses que j'ai rajoutées dans l'exemple de Gladiator (mais que je ne fais pas systématiquement) : j'ai doublé la ligne mélodique par un violon solo, pour apporter du grain et du vibrato. Ensuite, pour offrir un peu plus de force dans les passages qui montent en intensité, je double les violons avec des cors très doux, très discrets.
- Enfin, pour rappeler le côté humain, rien de tel qu'une voix ou des choeurs...
Gladiator (Hans Zimmer). Deuxième essai.
Avec les nuances, qq cors en doublure et une voix légèrement plaintive.
- Pour ce genre de musique, lente avec des poses d'accords, un bon pad de cordes qui repecte bien l'homogénéité et la spatialisation, devrait suffire . Certes, je pourrais m'embêter à répartir chaque instruments sur différentes pistes midi (un programme de violons sur la piste 1, un programme d'altos sur la piste 2 etc...), comme dans la réalité.
L'avantage serait de pouvoir affiner les attaques et nuances de chaque instrument, et de régler la panoramique et le mixage comme je le souhaite. Pourtant je ne serais pas sûr d'y gagner en réalisme, car à trop vouloir isoler les parties je risquerais d'altérer l'effet d'ensemble (l'homogénéité). Je serais heureux d'avoir l'avis d'autres musiciens à ce sujet.
Les staccatos des cordes : attention à la mitraillette !
Avant de juxtaposer la même note plusieurs fois de suite, je vais d'abord regarder si je peux contourner le problème : Par exemple, plutôt que de jouer do do do... je vais tenter do do# do... ça peut être mieux ou moins bien (à tester).
Si je décide de réellement juxtaposer la même note (do do do...), je chargerai un programme de staccatos up et down (qui alterne automatiquement les coups d'archets tirés et poussés). Les banques de sons proposent de plus en plus ces kits très pratiques.
Le début (approximatif) de This Is Haloween ci-dessous n'est peut-être pas le meilleurs exemple pour illustrer mes propos, car les tempo est assez lent. Mais je suis fan de Danny Elfman, alors c'est comme ça.
Quelques accords de This is Halloween (Danny Elfman) :
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur l'effet mitraillette des staccatos
3) Créer des effets de transition
Dans un même morceau, on peut avoir 2 parties très contrastées. C'est un choix de marquer ce contraste. Mais la plupart du temps, j'essaie d'amener avec douceur un segment musical vers un autre segment.
Comme bon nombre de musiciens, j'utilise des moyens très classiques qui sont par exemple : le glissando de harpe, le crescendo de timbales, de cymbale, de grosse caisse. Mais aussi une cymbale reverse, un wind-chimes, un cluster samplé (de cordes, de cuivres etc...).
Je considère également le changement de ton comme un effet de transition. J'aime bien, ça pimente la musique en cassant la monotonie.
Dan l'exemple ci-dessous, j'utilise pas mal d' instruments qui permettent de faire les jonctions (timbales, wind-chimes, harpe... mais aussi des staccatos de flûte !)
EDF-DTG (Tanguy Follio) :
Pour plus d'infos, cf le billet sur les transitions par ajout d'instruments
Et aussi ce billet qui illustre une transition par changement de tonalité
4) Dynamiser :
- Du point de vue musical :
Du relief, du choix, du varié !
Sur un thème je m'efforce de ne pas utiliser toujours le même instrument pour la mélodie. Par exemple, j'aime bien commencer une phrase musicale par des violons, et la terminer par des cors (tandis que les violons font l'accompagnement).
Varier les plaisirs, c'est aussi jouer avec les nuances, les répétitions (cf billet sur les répétitions), les contrastes (calme, tempête), ou au contraire les progressions douces, les modulations (changements temporaires de tonalité), les pédales (cf billet sur les notes maintenues), etc...
Du mouvement !
Si j'ai besoin de suggérer du mouvement, je le fais soit en utilisant des rythmes (percus acoustiques ou boucles samplées style RMX, Stormdrum...) soit au travers les orchestrations de second ou troisième plan. C'est moins facile à programmer, mais je sais qu'un petit leitmotiv nerveux joué aux cordes (agrémenté de piccolo) peut être vraiment efficace.
Dans l'exemple ci-dessous, je me suis amusé à faire jouer des cordes à toute allure, sous le thème principal des cors. ça m'a pris beaucoup de temps, mais ça ajoute un côté Harry Potter qui n'est pas pour me déplaire (ce jingle orchestral est édité et déposé à la SACEM).
Entertainment Logo (Tanguy Follio) :
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur les plans sonores
Ainsi que ce billet sur comment donner du mouvement à mon accompagnement
- Du point de vue du traitement du son (avec des VST plug-ins) :
De la réverbe, d'accord mais pas trop, sinon les notes se noient et la dynamique en prend un coup.
Egalisation : De temps en temps, il me prend l'envie d'accentuer ou diminuer des fréquences sur tel ou tel instrument. C'est vraiment du cas par cas. Je le fais la plupart du temps sur les violons. J'ai toujours adoré le son des violons dans les Bandes Originales de Alan Silvestri. Elles ont parfois un aspect scintillant, mais pas agressif. J'essaie depuis des années d'obtenir ce genre de son en utilisant un égaliseur graphique, mais sans grand succès...
Un peu de compression : je le fais quand c'est vraiment nécessaire pour obtenir une amplitude sonore homogène et pallier certains contrastes trop brutaux (surtout sur les instruments graves comme les contrebasses et les timbales).
Élargissement du champ stéréo : parfois le résultat est bon. Parfois non. Je ne peux pas expliquer pourquoi (de toute façon, le billet est déjà assez long comme ça).
Mastering : En passant le mix final dans un compresseur multibande (avec modération), j'obtiens une musique plus "enhanced" (fréquences boostées, onde wave gonflée, niveau sonore imposant). Surtout pour des musique d'action ou d'aventure. S'il s'agit d'un morceau électro-orchestral, je ne passe que la partie orchestrale dans le multibande (la partie électro ayant déjà eu un bon traitement de dynamique audio par son constructeur).
Voilà voilà... C'est un article comme je n'en fais plus souvent, mais qui me tenait à coeur. Je dois dire que j'ai passé un bon paquet d'heures à le réaliser, celui-là...
En tous cas, la liste n'est pas exhaustive. Faire sonner sa musique avec un simple home studio n'est pas facile. Je compte sur vous pour partager votre expérience dans ce domaine et me permettre de compléter ce billet :)
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