Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Guitar Rig est un très bon plug in permettant de simuler les meilleurs amplis de guitares


Guitar Rig 3 de Native Instruments : plug-in d'effets pour les guitares, les basses et les voix. Simulateur d'amplis et de microphones.




Très utile pour les guitaristes ou les chanteurs qui souhaitent trouver le grain qu'il leur faut, Guitar Rig 3 permet de simuler une bonne dizaine d'amplis différents, avec des prises de son effectuées par divers microphones (type, positionnement etc ...), plus une quarantaine d'effets (delay, compression, distortion, wah-wah etc...)

Les réglages s'effectuent de manière simple et intuitive :

Guitar Rig

Les presets sont de très bonne qualité

Pour m'amuser, j'ai fait passer un riff de guitare folk dans divers effets proposés par Guitar Rig 3 :



Des démos plus sérieuses sont en écoute sur le Site de Native instruments, interprétées par de vrais guitaristes.
On peut également y télécharger une version d'essai.

Et si on utilisait ce simulateur d'effets sur des ensembles de cuivres ou de cordes (distortions, réverbes, effets temporels, filtres etc...) pour salir le son, ou tout du moins le rendre plus chaud ? A tester...

Pourquoi ne par lire aussi :


Simuler des Ondes Martenot dans un séquenceur tel que Cubase SX


Certes, ce n'est pas tous les jours qu'on décide d'utiliser des Ondes Martenot dans une orchestration.

J'ai composé une petite BO pour un court métrage de science fiction (style années 50) qui s'appelle Lost Horizon (de Jay Gladwell). Ne sachant pas s'il existait des banques de sons consacrées aux Ondes Martenot, et toujours dans une conjecture budgétaire de niveau zéro, j'ai essayé d'imiter cet instrument avec les moyens du bord... en 4 étapes :

1) Recherche d'un son pur et sinusoïdal :

Pour Lost Horizon, j'ai utilisé un son de basse synthétique que je j'ai fait jouer dans les aigus. IL y a beaucoup plus simple : il suffit de prendre un son sinusoïdal basique souvent proposé par défaut dans les synthés en plug-in (basic waveform = sine).
Très important : veiller à ce que le synthé propose une fonction vibrato et un pitch bend paramétrable.


2) Application d'une dose de vibrato (dose subjective) :

Pour avoir un son plus expressif, sinon ça ressemble à une tonalité téléphonique...



3) Ecriture de la mélodie avec le contrôleur pitch bend :

Bon, l'idée, c'est de poser une seule note (par exemple sur 4 ou 5 mesures) et de créer de nouvelles notes uniquement en faisant varier le contrôleur pitch bend.

Attention : avant de continuer, il faut s'assurer que le "range" (la plage d'amplitude) du pitch bend soit de 12 demi-tons, soit une octave (ça permettra de placer des intervalles d'une octave dans la mélodie).

Le contrôleur pitch bend de mon Cubase (SX3) propose 8191 divisions vers le haut et autant vers le bas. Lorsque le pitch bend pointe sur la valeur zéro, la hauteur de la note ne change pas. Si je veux monter d'un demi-ton, je pointe sur la valeur + 682,5 (qui correspond à 8191 divisé par 12). Un demi-ton musical correspond à 682,5 divisions.


Simuler des Ondes Martenot
Variation de la hauteur des notes à des moments précis = mélodie

Ecouter l'exemple ci-dessus (la mélodie commence à la mesure 6) :


A partir du niveau zéro, on peut établir le nombre de divisions correspondant à chaque intervalle de note :

1 demi-ton : 682.5 divisions
2 demi-tons : 1365 divisions
3 demi-tons : 2047.7 divisions
4 demi-tons : 2730.3 divisions
5 demi-tons : 3413 divisions
6 demi-tons : 4095.5 divisions
7 demi-tons : 4778 divisions
8 demi-tons : 5460.6 divisions
9 demi-tons : 6143 divisions
10 demi-tons : 6826 divisions
11 demi-tons : 7508.5 divisions
12 demi-tons : 8191 divisions

Chiffres valables vers le haut ou vers le bas...


4) Application de glissandi (slide) entre les notes :

Pour simuler le jeu avec la bague et le ruban :

Simuler des Ondes Martenot
Utilisation de l'outil "ligne" ou "parabole" (grille magnétique de quantification désactivée)

Ecouter l'exemple ci-dessus (avec un peu de réverbe) :



Extrait de Lost Horizon


Comme Danny Elfman pour Mars Attacks, je me suis beaucoup inspiré de la musique de Bernard Herrmann composée en 1951 pour le film "The Day The Earth Stood Still" (pour lequel, du reste, il aurait plutôt utilisé un Theremin, un instrument à la sonorité assez proche des Ondes Martenot... )

Mixage et mastering : optimisez vos mix en appliquant un traitement audio par des effets numériques, comme la compression, la réverbe, l'égalisation.


Il y a une habitude que j'ai prise depuis très longtemps, c'est de convertir toutes mes pistes MIDI en pistes audio avant de procéder au mixage et au mastering.

Je trouve que l'audio apporte plus de dynamique. Et puis, sur une piste MIDI, je ne peux pas créer d'effets audio à moins de passer par les effets d'inserts sur les vsti, mais dans ce cas, mon ordinateur sature et fait des craquements (les effets audio en insert prennent trop de ressources).
Alors je mixe à partir de pistes audio (la conversion prend un peu de temps, mais au final, je travaille sur un matériau sonore solide et stable).

Ordinairement, pour des musiques orchestrales, j'utilise ces 3 effets numériques :

La compression va permettre de diminuer les sons trop forts, et au contraire réhausser les sons trop faibles.
Par exemple, si vous avez une partie de trompettes et qu'à un moment donné, il y a une note ou une harmonique plus forte que les autres (représentée par une crète dans l'onde audio), vous ne pourrez pas hausser le volume de cette piste car la crète est déjà au maximum (si on monte le volume, ça va saturer au niveau de la crète). Et bien, le compresseur va "écraser cette crète" et réhausser le volume de la piste. Résultat : plus de présence de votre instrument dans le mix.

Avant la compression
Avant la compression
   Après la compression
Après la compression


L'égalisation, elle, va permettre d'enlever des fréquences inutiles afin d'alléger le mix.
Par exemple, sur une piste de flûte ou de piccolo, on va pouvoir baisser les graves (fréquences basses) via un égaliseur graphique virtuel. Cela laissera plus de place dans le mix aux instruments graves comme le violoncelle ou la contrebasse. Il y aura moins de superposition de fréquences, donc moins de surcharge, donc un son plus clair et moins fatigant pour l'oreille.

La réverbe donne de la profondeur (spatialisation) à l'instrument. J'aime bien enregistrer avec des sons secs, puis doser différement une réverbe sur chaque instrument (représenté par une piste audio). Là encore, je trouve que travailler sur de l'audio facilite les choses.

Pour appliquer les effets audio, le séquenceur nécessite des VST plug-ins spécialisés : plug-in de réverbe, plug-in compresseur, plug-in d'écho etc. (marques : Ozone, Waves, TC Works, Native Instruments etc...).

J'ai beaucoup appris en parcourant ce site : ziggysono.com. Bien qu'orienté vers les instruments du rock et de la pop, (guitares, basse, batterie, piano) le contenu détaillé de ses fiches techniques est très instructif. Il ne fournit pas de recettes miracles pour optimiser un mixage, mais nous fait prendre conscience de la logique à adopter et des habitudes à prendre. Il mentionne également les erreurs à ne pas faire. Très utile !

The Italian Job, prochainement sur le petit écran. Bande originale électro orchestrale : du John Powell pur et dur !


Diffusion prochaine du film The Italian Job (Braquage à l'italienne) le mardi 2 septembre 2008 sur TF1.

C'est en regardant le DVD il y a 3 ans, que j'ai vraiment découvert le style de John Powell des films d'action et d'espionnage. La bande originale m'avait littéralement scotchée (tout comme celle de la saga des "Jason Bourne", plus tard). Une bonne maîtrise de l'orchestre, certes, mais aussi une aisance à manipuler les parties électro qui me rend vert de jalousie ! Il y a là une recherche de sons incroyable qui donne un résultat très riche en couleurs musicales.


The Italian job

La mémorable course poursuite en Austin mini !


C'est aussi ça l'orchestration : apporter des éléments extérieurs (non symphoniques) permettant de fabriquer de nouvelles palettes sonores. Et franchement, les musiques de John Powell ne sonnent pas juste comme un tapis orchestral qu'on aurait placé sur des loops de percussion électro-acoustiques ou des riffs de guitares saturées : tous les éléments rythmiques et harmoniques sont méticuleusement imbriqués pour donner un son unique (et ô combien entrainant, je suis sûr qu'on pourrait danser dessus si ça passait dans les boites de nuit. Idée à retenir si j'ouvre un nightclub un jour).

John Powell scoring

John Powell d'excellente humeur


Je ne sais pas s'il existe en France des compositeurs "connus" particulièrement doués pour l'électro-orchestral. Je pense à Eric Serra pour son très bon travail sur "Le cinquième élément" mais je n'ai pas souvenir d'autres BO mémorables dans ce style (je ne suis pas non plus hyper calé en béophilie).

Dans mon entourage, je connais au moins deux compositeurs très prometteurs pour qui le style électro-orchestral est parfaitement maîtrisé : Guillaume Roussel (The Final Shiver) et Laurent Couson (Roméos et Juliettes). Je vous invite à découvrir leurs œuvres mélangeant un vrai orchestre symphonique à des sonorités synthétiques diverses.

Cubase 4, la dernière version du séquenceur de Steinberg


J'en avais succinctement parlé il y a quelque mois (voir l'article).

J'avais écrit par erreur qu'il s'agissait de Cubase SX4. En fait, le séquenceur s'appelle Cubase 4 (il n'y a plus de SX... ni de SL d'ailleurs).
  • Version Pro : Cubase SX3 -> Cubase 4
  • Version simplifiée : Cubase SL3 -> Cubase Studio 4

Cubase 4 de Steinberg


Quelques nouveautés que je trouve intéressantes :
  • Plus de 30 nouveaux plug-ins d'effet (avec détecteur de silence*)
  • Piste instrument (pour accéder plus rapidement aux instruments virtuels)
  • Amélioration de la transposition en temps réel
  • Le gestionnaire Soundframe (pour centraliser les plug-ins, les sons, les presets etc...)
  • Halion One (lecteur d'échantillons livré avec plus de 650 sons)
  • Prologue (synthé virtuel analogique avec une centaine de sons pré-réglés)
  • Spector (synthé virtuel analogique avec courbes de filtres paramétrables)
  • Mystic (synthé virtuel analogique, avec une matrice de modulation puissante)
  • Control Room (gestion centralisée des moniteurs et des sources externes connectées)

Configuration informatique minimale :

PC :
Microprocesseur 1,4 Ghz - 512 Mo RAM - Windows XP ou plus -
carte son compatible MME ou DirectX (ASIO recommandé)
Lecteur DVD pour l'installation - Accès Internet pour l'autorisation

Mac :
G4/1 Ghz ou Core/1.5 Ghz - 512 Mo RAM - OS X version 10.4 ou plus -
carte son compatible CoreAudio
Lecteur DVD pour l'installation - Accès Internet pour l'autorisation


*Le détecteur de silence va permettre au microprocesseur d'appliquer un effet audio (réverbe, compression etc.) uniquement là où il y a du son. Pas d'effet audio appliqué sur les parties silencieuses implique une économie en ressources pour le micoprocesseur ;-)

Faire monter la tension : long crescendo orchestral suivi d'un relâchement brutal


Il n'est pas rare dans les films d'action ou d'horreur que le réalisateur laisse la tension s'installer progressivement, sur plusieurs minutes. Le spectateur prend conscience que quelque chose va arriver (mais il ne sait pas quand exactement). Puis arrive brusquement le moment crucial, un fait marquant, une scène forte sur le plan émotionnel etc...).

Dans ces scènes précises, la musique suit généralement l'intrigue. Pas toujours, certes, car il arrive qu'elle soit en décalage avec les images, mais souvent, la bande musicale qui accompagne ce long instant de tension prend l'allure d'un crescendo.

  • Crescendo dans l'intensité sonore (p -> ff)
  • Crescendo dans l'harmonie (augmentation progressive du nombre de voix)
  • Crescendo dans l'orchestration (augmentation progressive des instruments intervenants)
  • Crescendo dans le tempo (la musique peut s'accélérer)

Suivi parfois d'un relâchement brutal :
  • Retour rapide à un faible volume sonore
  • Retour rapide à une harmonie simple
  • Retour rapide à une orchestration plus sobre
  • Tempo ralenti
Un type de relâchement qui me plaît particulièrement, c'est quand la coupure n'est pas nette et que l'on a l'impression que la masse orchestrale dégringole brutalement, ce qui donne un effet de "déchirement" :

Ci-dessous, 2 exemples sonores de crescendo avec effet de déchirement. Le premier est un court crescendo en pose de son, avec une petit déchirement aux percus. Le second (plus palpitant) est un long crescendo musical interrompu par un déchirement cuivré. Il correspond à la scène d'ouverture de X-MEN devant le camp de concentration (la douleur de Magneto enfant, que l'on arrache aux bras de ses parents est ici très bien illustrée).

Sixième Sens (James Newton Howard)


X-MEN (Michaël K-MEN)



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