Le réalisateur : interlocuteur privilégié dans la création d'une musique de film.
Par Tanguy, mardi 29 avril 2008 à 08:23 - Les professions liées à la musique de film - Tags
Le réalisateur (le réal ou le réa dans notre jargon), c'est la personne qui, avec le superviseur musical, est la mieux placée pour décrire ses attentes vis à vis de la musique à composer pour le film.
Une phrase que j'ai souvent entendue : "ce film, c'est son bébé".
Certes, ce n'est pas le bébé brailleur qui rempli allègrement ses 8 couches par jour, mais plutôt le bébé tendresse qui fait notre fierté, que l'on souhaite protéger et voir grandir.
Pour un réalisateur, un film est toujours une grande aventure, une œuvre originale dans laquelle il s'est humainement impliqué. Sa grande ferveur artistique est souvent malmenée par les réalités techniques comme les moyens budgétaires, les délais impartis, la météo, ou encore certains problèmes de communication avec la boite de production. Mais cela ne l'empêche pas de créer... Finalement cette vision ressemble beaucoup à celle des compositeurs : pas mal de points communs nous rapprochent.
En ce qui me concerne, la plupart de mes collaborations avec les réalisateurs se sont bien passées. Bien sûr, il y a (et il y aura) toujours des mauvais caractères ou des orgueilleux (que ce soit du côté des réalisateurs ou des compositeurs), mais dans l'ensemble, ce sont des gens sympathiques qui ont l'habitude de travailler avec d'autres personnes et qui sont parfaitement conscientes des valeurs relationnelles et psychologiques.
En début de projet, j'essaie d'adopter une attitude sereine et de me dire que je ne travaille pas pour le réalisateur, mais "avec" le réalisateur. Cela commence souvent par une rencontre physique au cours de laquelle on parle du film, du rôle de la musique, de certaines références musicales à prendre en compte, des goûts musicaux de chacun... A ce stade, il est rarement question de rémunération ou de devis d'orchestre et d'enregistrement qui me paraissent pourtant incontournables si l'on veut obtenir de la qualité. Mais le "comment" n'est pas la première préoccupation du réalisateur qui privilégie avant tout l'aspect artistique.
C'est délicat pour nous d'essayer de répondre à ses aspirations si l'on sait pertinemment qu'il n'y aura pas les moyens financiers pour réaliser une belle musique. Il le sait bien pourtant, puisque lui même est confronté aux mêmes problèmes pour mener à bien son projet. Mais ce film, c'est son bébé.... pour les sous, voyez avec la production...
On entre alors dans une relation triangulaire : réalisateur-compositeur-producteur qui peut très bien se passer (ou pas).
Au fur et à mesure que le projet avance, une relation de confiance s'instaure avec le réalisateur. Transcrire musicalement ce qui est dit verbalement est parfois difficile. Il m'est arrivé de devoir décoder le vocabulaire "subjectif" du réalisateur, comme "j'aimerais quelques chose de plus granuleux et moins gris à cet endroit" ou encore "ça manque de couille" (véridique). Ce n'est pas tellement le sens des mots qui est difficile à traduire musicalement, mais le degré d'application. Par exemple, pour rendre un morceau plus couillu (pour rester dans le dernier exemple), il existe 36 manières de procéder. Souhaite-t-il une musique un peu plus ou beaucoup plus orchestrée ? Est-ce que je lui propose quelque chose de plus viril, ou alors de plus rapide, de plus consistant, de plus cuivré, de plus agressif, de plus dynamique, de plus mémorable sur le plan thématique, de plus osé sur le plan harmonique etc... et surtout jusqu'à quelle intensité ? La discussion est donc primordiale pour être bien sûr de ne pas se lancer dans une mauvaise direction. Car la moindre orchestration approfondie, le moindre changement de thème peut demander des heures de travail.
J'aime bien travailler avec un réalisateur qui a quelques notions d'orchestration. Il est plus facile pour moi de répondre à ses attentes lorsqu'il me demande d'enlever la partie de trombones qui le gêne, ou de mettre en valeur les cordes à tel endroit. Le pire, c'est lorsque le réalisateur ne sait pas vraiment ce qu'il veut. Ordinairement, cela se traduit par la phrase standard "surprenez moi" qui veut tout dire et rien dire à la fois... beaucoup d'heures de travail à tâtonner, le temps de tomber sur le thème, l'harmonie, l'orchestration qui sera susceptible de plaire... au petit bonheur la chance. Certains compositeurs y arrivent très bien. C'est peut-être ça le talent. Mais moi, je sais que j'ai besoin d'être guidé. C'est à partir de l'idée directrice que je vais pouvoir me lancer, personnaliser, orchestrer à ma manière et surprendre parfois. Voilà, c'est ça : je crois qu'il est difficile de surprendre quelqu'un qui s'attend à être surpris. Au contraire, lorsqu'un réalisateur souhaite quelque chose de précis, c'est l'occasion rêvée d'apporter une petite touche personnelle, un élément de surprise...
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Ma première composition d'une bande originale pour un film d'animation : Scoub 2. Musique de style blockbuster
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Ma première création d’une BO de film d'animation (incluant des acteurs réels) : Scoub 2 réalisé par Stéphane Berla.
Ce sont mes premiers pas dans la musique orchestrale liée à l'image. A l'époque, j'utilisais Miroslav Vitous, une banque de sons d’orchestre symphonique un peu dépassée aujourd'hui. Cela dit, je trouve que le résultat final ne sonne pas trop mal. Je suis particulièrement fier de la montée orchestrale qui clôture le générique du début. Il y a dans la BO de Scoub 2 quelques clins d’œil volontaires à la musique de Danny Elfman (c'était une des directives de Stéphane). De l'ironie dans de la musique de blockbuster.
Petite anecdote : je cherchais un instrument ou une orchestration spécifique pour accompagner les titres qui apparaissent et disparaissent le long du générique d'entrée (on appelle ça des cartons). J'ai finalement opté pour un "bruit d'aile qui s'envole" que j'ai ensuite mixé à la musique. L'idée a tout de suite plu à Stéphane car ce sample d'oiseau apportait du mouvement et collait parfaitement à l'ambiance déjantée du film.
En tous cas, cette expérience m'a permis de découvrir quelques contraintes du métier de compositeur de musique de film !
- La synchronisation parfaite de la bande originale avec les images (dont le montage change parfois)
- Traduire musicalement les idées décrites verbalement par le réalisateur.
- Bidouiller les samples orchestraux pour imiter un gros orchestre, avec un minuscule budget musique.
- Composer avant le montage son, pour découvrir ensuite que beaucoup de bruitages viennent masquer la musique.
Et puis, cette première expérience m'aura permis d'établir un premier contact avec des professionnels (Stéphane Berla travaille actuellement en collaboration avec Dionysos et Matmatah)
Musicalement, Scoub 2 a longtemps été pour moi une référence et une carte de visite.
Pour info : le générique du début affiche 2 compositeurs. C'est une erreur car le second compositeur n'a pas travaillé sur ce projet (le monteur a juste oublié de l'enlever du listing). En outre le générique de fin provient d'un groupe de rock bien sympa : « Flying Pooh »
N'hésitez pas à laisser vos impressions sur le film ;-)
BO de Scoub 2| Un film humoristique avec des images de synthèse| Scoub 2 de Stéphane Berla| Le réalisateur utilise les personnages de Scoubidou| Parodie du dessin animé Scoubidou| C'est la parodie d'un film de Spielberg| Parodie de Duel| Film d'animation de Stéphane Berla| Bande originale de Scoub 2| Exemple de synchronisation de la musique sur des images
Exemples de musiques pour films institutionnels
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Voici 3 exemples de musiques pour films corporate appartenant à 3 secteurs d'activité différents : la technologie (Neusoft), La route (Colas) et l'horlogerie de luxe (Audemars-Piguet).
1) NEUSOFT :
- Réalisation : Ludovic De Vita
- Production : Neusoft
- Musique : Alexandre Mabeix (style électro).
Quelques mots clé : humanité, ouverture, innovation, technologie, dynamique
qu'Alexandre a su traduire musicalement par :
- Un leitmotiv récurrent, accompagné d'effets de sound design (technologie, innovation)
- Une rythmique moderne (dynamique)
- Quelques notes de piano et cordes (humanité)
- Des changements de tonalité et une progression harmonique (innovation, ouverture)
2) COLAS :
- Réalisation : Nicolas Lebrun
- Production : Movida Films
- Directeur Photo : Benjamin Louet
- Musique : Tanguy Follio (style orchestral avec un peu d'électro).
En fait, ce film assez long (plus de 7 mn), comporte 2 grands axes :
- Une première partie "usagers de la route" : humanité, confort, sécurité, voyage, acheminement
- Une deuxième partie "les hommes et les femmes qui font avancer l'entreprise" : esprit d'équipe, travail, fierté, ouverture
- Une base musicale solide et stable posée par une thématique simple (sécurité)
- Du piano, des cordes assez légères et des cuivres doux (confort, humanité)
- Du mouvement, par les croches et doubles croches en arrière plan (locomotion, acheminement)
- Un petit passage musical à consonance ethnique (voyage)
- Partie 2 : reprise du thème initial, mais plus "métronomisé", plus uniforme, plus carré (travail, équipe)
- Final : progression harmonique et orchestrale avec des chœurs en bouquet final (fierté, ouverture)
3) AUDEMARS-PIGUET :
- Réalisation : Julius Berg
- Production : Point Prod
- Images de synthèse : Wizz
- Musique : Bernhard Elsner (style orchestral cinématographique).
Ce film institutionnel raconte d'abord une histoire, avec des personnages, des décors, une intrigue. On est loin d'une simple juxtaposition d'images énumérant les valeurs et les compétences d'une entreprise. Ici les compétences se manifestent par l'expérience et la longévité ("il y a bien longtemps dans une contrée lointaine...") ainsi que par l'accent mis sur le côté artisanal, inédit (chaque pièce faite à la main est unique) et précis (secteur de la haute horlogerie).
La musique, composée par Bernhard, présente une grande souplesse, plus que dans les deux exemples précédents (plutôt récurrents avec des thèmes répétitifs à 8 ou 16 mesures). Ici, la BO épouse la fiction. Pour la musique, Bernhard a choisi une instrumentation classique : un ensemble de cordes (interprété par l'orchestre symphOnifilm) et une flûte traversière, ce qui renforce parfaitement le côté cinématographique, l'arrivée d'un objet mystérieux... l'histoire d'une montre de luxe.
- Instruments classiques pour un film "d'époque" (longévité, expérience)
- Des cordes moelleuses et une belle mélodie (luxe)
- Un flûte traversière, sobre, discrète mais efficace (l'être humain, l'artisan)
- une consonance énigmatique dans le thème et l'arrangement (mystère)
- Pizzicati ordonnés, légers et précis (travail de précision)
Darth Vader's Theme pour un spot publicitaire
Par Tanguy - Tags
Ha ha, une pub rigolote envoyée par Alex :
C'est une publicité pour une voiture, ayant pour habillage musical la légendaire "Marche Impériale", de John Williams (Star Wars).
Quel est le rapport en Dark Vador et une marque de voiture, me direz-vous ?
C'est innocent à cet âge là...
Terapack de Sounds Online : 13 banques de sons Eastwest Quantum Leap rassemblées sur un même disque dur d'un Teraoctet
Par Tanguy - Tags
Hmmm, une pub que je viens de recevoir de la part de Sounds Online :

Le concept est clair. Pour 129 €, Sounds Online vous envoie un disque dur WesternDigital (Caviar Black 1TB 7200rpm 64MB S-ATA3 WD1002FAEX) rempli de 13 banques de sons (+ 2 expansions) Quantum Leap / Eastwest quasiment prêtes à l'emploi, mais en mode démo (versions complètes limitées à 10 jours d'utilisation).
Cela commence par l'installation des logiciels. L'installation est rapide car elle ne nécessite pas le fastidieux transfert des "samples" de plusieurs DVD vers votre disque dur. Important : l'installation des logiciels ne déclenche pas le compte à rebours des 10 jours d'essai.
10 jours, c'est trop court pour tout tester en même temps !
Pas de panique, d'après ce que j'ai lu, il est possible d'essayer chaque banque de samples l'une après l'autre en utilisant pleinement les 10 jours à chaque fois ! En fait, chaque banque d'instruments (par ex "Hollywood Strings", "Goliath", "Symphonic Choir" etc...) dispose d'un code d'autorisation fourni sur papier avec le disque dur. Pour un produit donné, le fait d'entrer un code d'autorisation active la période d'essai de ce produit uniquement. Ainsi, il est possible d'essayer 1 à 1 chaque logiciel Eastwest à la suite, ou bien d'en tester 2 ou 3 à la fois selon les envies.
Et après la période d'essai ?
Si l'une des bibliothèques d'échantillons vous a vraiment conquis, il est possible d'acheter la licence complète d'utilisation sur le site du fournisseur. Avec cette licence (envoi d'un code, d'une clé etc...) la banque de sons deviendra accessible de manière permanente (pas besoin de passer votre après-midi à charger les échantillons puisqu'ils sont déjà sur votre disque dur).
La pub indique aussi que pendant un temps limité (dont on ne sait la durée exacte), l'achat des licences d'utilisation permanente est à demi tarif pour la plupart des banques (pas toutes, apparemment "Hollywood Strings" et "The Dark Side" ne sont pas soldées). C'est bien sûr un argument commercial spectaculaire, mais quand on sait que ces instruments virtuels valent au prix fort entre 400 $ et 1500 $, ça peut donner envie. Je comprends maintenant l'euphorie exacerbée des filles la veille des soldes vestimentaires... encore que même à moitié prix, un Symphonic Orchestra reste encore cher.
Pour info, le disque dur en question est vendu "vierge" au prix de 101 € sur Amazon (26/08/10). Finalement, on peut considérer que Sounds Online nous demande 28 € de plus pour essayer tranquillement chez soi la totalité des produits actuels Eastwest Quantum Leap.... (par contre, je n'ai pas trouvé de mention concernant la garantie du disque dur).
La collection de "Virtual Instruments" contenue dans le disque dur Terapack :
- Hollywood Strings : un panel complet de cordes, bonne reproduction du jeu instrumental.

- Symphonic Orchestra Platinum : l'orchestre symphonique virtuel au complet (avec 3 prises de micros différentes, que l'on peut mixer entre elles).

- Symphonic Choirs : ajouter des choeurs dans votre musique. Le Wordbuilder apporte une grande richesse.

- Symphonic Choirs Expansion : élargit la banque Symphonic Choirs.

- Quantum Leap Pianos : banque samplée à partir d'un Steinway, d'un Bechstein, d'un Bösendorfer, et d'un Yamaha.

- Stormdrum 2 : boucles et effets de drums puissants, percutants.

- Stormdrum 2 Pro Upgrade : 4 Go d'échantillons supplémentaires.

- Voices Of Passion : voix féminine expressive, legato.

- The Dark Side : ambiances sombres, textures et effets cinématographiques dark, pour films noirs, suspense etc....

- Ministry Of Rock : batteries, basses, guitares. Du gros son...

- Fab Four : pour un son qui ressemble à celui des Beatles.

- Goliath : un très gros set d'instruments, permettant de recréer presque tous les styles musicaux.

- Silk : instrument virtuel pour créer de la musique asiatique.

- Ra : instruments ethniques, World Music.

- Gypsy : guitares flamenco, violon tzigane, accordéon...

Accéder au site Sounds Online
Instrument insolite : une petite vidéo en image de synthèse bien sympa !
Par Tanguy - Tags
Un instrument mécanique ingénieux. C'est très bien fait.
Et même si c'est du virtuel, c'est très bien pensé :
Evidemment, il vaut mieux posséder un grand studio pour utiliser une telle machine...
Etudier à la loupe l'orchestration d'un extrait musical issu d'une bande originale
Par Tanguy - Tags
Nous parlions, l'autre jour avec Louar52, de l'écoute attentive des grands maîtres du classique et de la musique de film, dans le but de nous familiariser avec l'orchestration et l'instrumentation.
Je pense que malgré les écoutes globales des symphonies ou des œuvres de John Williams, beaucoup de choses nous échappent. Je crois qu'il ne faut pas hésiter à faire des arrêts sur images pour décortiquer certains passages écrits par nos compositeurs préférés (si l'on ne souhaite pas passer par la lecture du score, souvent introuvable en ce qui concerne la musique de film, du reste).
Quand j'ai un peu de temps, j'écoute une BO dans mon ordinateur, avec un logiciel enregistreur (bouton "record" armé). Chez moi, c'est Cool Edit Pro ou Wavelab. Audacity fait très bien l'affaire aussi.
J'enregistre un passage qui me plaît :
Et je me pose la question : qu'est-ce que j'entends ?
- Crescendo initial : Note jouée par des instruments graves. Contrebasses et timbales en trémolo, avec probablement du tuba pour donner un son plus rond (peut-être aussi du basson ?). Puis, intervention des autres cuivres et cordes medium au milieu du crescendo. Trombones et trompettes medium, peut-être des cors. Le Gong ne me permet pas de savoir s'il y a des bois.
- Partie centrale : Rythmique saccadée faite par des snaps de cordes (sûrement samplés) et des sons de cymbales (pour l'aspect métallique et tranchant). Dessous, on perçoit effet orchestral très efficace : on dirait un tapis de cordes frottées et des trompettes en sourdine. Puis une petite harpe mystérieuse introduit une pose d'accord clairement interprétée par des bois (clarinettes, haubois et flûtes) et des cordes dans le registre medium-aigu ainsi que quelques cors pour soutenir l'accord.
- Avant dernier crescendo : Dans la continuité de la partie centrale, ce deuxième crescendo est très bien amené. Le chevauchement est très important en orchestration. Les trompettes, par exemple, se greffent sur les notes de violons tandis qu'un effet synthétique (à moins que ce soit encore un tapis de cordes frottées) apporte un côté dissonant au crescendo, qui finit par se déchirer avec les tambours sans timbre (comme des toms). Le crescendo final peut commencer :
- Crescendo final : Des violoncelles aigus et alti viennent doubler la rytmique (snaps samplés) tandis que les cors (voir quelques trombones), pas trop gras mais bien ronds se posent en accord dissonant bougrement efficace. Cordes discrètes mais pas de timbales ou cymbales en crescendo à cet endroit. Les cuivres medium prédominants décrivent à eux seul une certaine tension. Quelque chose de bien costaud va arriver à cet endroit du film.... Un ponctuation percutante (hit de timbales, enclume, tambour... tout ce qui fait du bruit) vient clôturer cet extrait. X-Men2 n'est pas une comédie à l'eau de rose ;-)
Je constate aussi que les effets orchestraux les plus persuasifs ne sont pas forcément construits en superposant un maximum d'instruments. Une petite note de harpe bien placée avec une note de cor suffit parfois à créer un suspense qui vous tient en haleine. On trouve beaucoup d'effets de ce genre dans des films comme Star wars, Jurassik Park ou Indiana Jones, entre les tutti orchestraux des scène épiques et d'action.
Etudier l'orchestration à partir d'un extrait d'une bande originale de film| Décortiquer un passage musical pour analyser l'orchestration| Etudier l'orchestration à partir de l'écoute concentrée des musiques des grands maîtres| Etude d'un extrait de la bande originale de Xmen2 de John Ottman| L'orchestration et l'instrumentation peuvent s'apprendre en analysant de la musique classique| Le chevauchement des instruments est important dans l'orchestration| Des orchestrations pour créer des ambiances de suspense qui tiennent en haleine| Les orchestrations parfaites de John Williams crée des ambiances et des atmosphères très efficaces| Il y a dans Star Wars ou Indiana Jones des effets orchestraux qui tiennent l'auditeur en haleine| J'utilise Cool Edit Pro pour enregistrer de la musique
Générique de la série Esprits Criminels
Par Tanguy - Tags
Je voudrais m'attarder quelques instants sur la construction de la musique du générique de Esprits criminels (à priori composée par Steffan Fantini), série policière américaine basée sur le profilage (qui passe actuellement le mercredi soir sur TF1).
Criminal Minds
1) Sous les boucles électro et les FX se profilent 2 thèmes musicaux importants (ci-dessous, en tonalité Sib mineur) :

1) Thème de 4 notes (portée du bas) :
C'est le thème principal du générique. Il est joué 4 fois de suite en suivant une progression orchestrale. Un son de clavier (du piano et du synthé) pour les deux premiers passages, puis des instruments à attaque douce et notes longues (pad de cordes et peut-être de cors) pour le 3è et le 4è passage (ce dernier étant doublé à l'octave). La thématique est lente, régulière et récurrente. Pas très angoissante, mais assez noire (il s'agit tout de même de scènes de meurtres). Les notes me font un peu penser à celles de Batman.
2) Notes aigües en triolet (portée du haut) :
Le voici, l'effet anxiogène, grâce au leitmotiv redondant, rapide, aigu, presque strident. Typique des films angoissants (L'exorciste, Halloween, Child's play...). Là aussi, le compositeur suit une progression instrumentale. ça commence par du piano, puis c'est doublé par des cordes vers le milieu, là où l'orchestration du morceau se développe. Ce leitmotiv est sans doute comparable à une orchestration de second plan. J'aime beaucoup l'effet.
3) Puis, la ligne de basse (et l'harmonie qui en découle). Elle me paraît intéressante sans être pour autant révolutionnaire. Cela dit, le passage sur le Réb (avant de revenir en Sib mineur) m'a agréablement surpris à la première écoute.
4) Ensuite, l'habillage électro : une grosse partie finalement pour le compositeur du 21è siècle... ça va renforcer le rythme, la couleur, la consistance... le compositeur a su utiliser les ingrédients actuels : une superposition de couches électro travaillées, et de nombreux FX qui viennent ponctuer les changements de plans. C'est très efficace même si c'est dans l'air du temps. Quand je dois faire une musique de ce genre, c'est la phase qui me prend le plus de temps. Bien sûr, ce n'est pas le cas de tous les compositeurs.
5) Enfin, l'accord final, un peu précipité à cause du minuscule timing laissé à Steffan Fantini. On sent qu'il est temps de conclure rapidement sur la photo de famille, avec un accord stable et puissant (mais sans excès héroïque). Cela donne un générique assez court et facile à se remémorer, comme la plupart des séries policières et médicales. D'ailleurs, ça me donne une idée. Prochainement je ferai un blind test musical sur les séries TV, pour démasquer ceux qui passent plus de temps devant "Les Experts" que devant leur séquenceur (ou leur papier à musique)... :)
Un cours sur la musique et l'image, niveau lycée.
Par Tanguy - Tags
En faisant des recherches, je suis tombé dernièrement sur une séquence de cours de musique étalée sur 8 heures (pour une classe de seconde option musique), sur le thème de la musique à l'image (chouette, c'est pas tous les jours qu'on parle de musique de film à l'école !)
Il s'agit d'un dossier écrit en 2002 par Dominique Terry, professeur d'éducation musicale de l'Académie de Lyon, qui permet de comprendre au travers plusieurs extraits de partitions, le rôle de la musique de film. Les exemples choisis sont, entre autres, la musique de Microcosmos (Bruno Coulais) et celle de Star Wars (John Williams).
Cliquer ici pour accéder au cours
C'est une page web qui me paraît très intéressante pour les personnes curieuses d'en savoir plus sur le rôle de la musique de film, pour les professeurs qui souhaiteraient traiter le sujet en classe, et bien sûr pour les jeunes compositeurs à la recherche de modèles ou de principes de composition de musique à l'image.


Site sur la musique accessible aux non-voyants et malvoyants
Par Tanguy - Tags
Je côtoie régulièrement un enfant qui souffre d'une sévère déficience visuelle. Il n'a que 7 ans et je dois dire qu'il est très courageux !
L'autre jour, je le regardais tapoter sur le piano et je me suis dis: "au fait, pourquoi les non-voyants ne s'intéresseraient-ils pas à la composition de musique pour l'image ? et, pourquoi ne pas faire de la musique de film un métier ? "
Après tout, une personne aveugle ne présente pas forcément une cécité totale. Et au fond, la musique de film, c'est d'abord un métier qui demande des compétences musicales (et psychologiques aussi).
D'ailleurs, on ne devrait pas parler de musique synchronisée sur des images, mais plutôt de musique synchronisée sur une histoire : avec des dialogues, des bruitages, des personnages avec des thématiques précises, des sentiments à faire passer.
En ayant un découpage temporel très détaillé, des explications claires, et surtout une très bonne entente avec le réalisateur, la création d'une bande originale pour un non-voyant me paraît tout à fait possible (quitte à faire équipe avec un musicien bien-voyant, rien ne l'interdit).
Mais on s'en doute, les écrits pédagogiques tels que traités d'orchestration, traités d'harmonie, partitions symphoniques, manuel du sound designer, Le mixage pour les nuls etc... sont rarement transcrits en braille.
Internet devient alors un outil très puissant pour un non-voyant qui souhaiterait s'informer sur le sujet. Hélas, par leur forme, beaucoup de sites sont encore inaccessibles aux aveugles. Alors, histoire d'apporter ma petite contribution, je me suis dit que je pouvais recopier quelques uns de mes articles en les adaptant au handicap visuel.
Et bien voilà qui est fait, le lien ci-dessous pointe vers une dizaine de mes billets préférés. Ce qui change, c'est la mise en page : peu ou pas d'images, gros caractères, contraste, texte linéaire, liens hypertextes détaillés, pas de tableaux, nombreux mp3 en lien direct (donc téléchargeables).
Accéder aux articles adaptés aux déficients visuels
Je vous souhaite une bonne visite.
Tanguy Follio
Internet accessible aux handicapés sensoriels| Site pour aveugle| Déficience visuelle et création artistique| Musique et handicap| Création musicale et handicapés| Page web musique adaptée aux malvoyants| Page adaptée aux compositeurs aveugles| Blog adapté gros caractères| Accessibilité basse vision site musical| Etudes musicales non voyants
Exemple de musique produite dans Finale (Logiciel de partitions) avec les sons de la Garritan Personnal Orchestra.
Par Tanguy - Tags
Dans ce billet, je voudrais vous faire écouter une musique composée par Pierre Maillard à l'aide de l'éditeur de partitions Finale 2007 incluant la GPO (banque de sons orchestraux Garritan).
J'affirmais dans ce billet que pour obtenir une musique orchestrale (par ordinateur) au son réaliste, le passage par un séquenceur me paraissait incontournable (contrairement à l'éditeur de partitions qui sert d'abord..... à faire des partitions). Je le pense toujours, mais après avoir écouté certaines musiques de Pierre, j'ai un avis plus flexible sur le sujet, et j'en suis fort content.
L'exemple ci-dessous est une musique romantique, avec essentiellement des bois et des cordes (+ harpe). Le tempo est assez lent, et le compositeur (âgé de 25 ans seulement) n'est pas tombé dans la facilité qui consiste à superposer des nappes de cordes en accords plaqués, sur lesquelles on ajoute une mélodie de flûte. L'écriture est agréable, avec du relief et de belles couleurs. Il est indéniable que ce morceau a été pensé "orchestre".
Sur le pont de Madison (Pierre Maillard) :
Même si l'on se rend compte qu'il s'agit d'une musique virtuelle, je trouve le rendu assez authentique, surtout pour une musique écrite dans un éditeur de partitions !
Cet exemple montre également l'importance de l'écriture. La qualité des samples ne fait pas tout.
Je dis ça parce que je reçois souvent des demandes d'avis de la part de jeunes compositeurs (ça y est, je parle comme un vieux sage qui aurait fait une brillante carrière). Je constate que certains misent d'abord sur le côté "gros son", en proposant des musiques avec des ponctuations à la symphobia qui apportent un effet spectaculaire, cachant des mélodies, harmonies et orchestrations souvent pauvres.... des musiques sans réelle personnalité.
C'est pourquoi lorsque Pierre m'a demandé mon avis, j'ai été agréablement surpris. Je lui souhaite sincèrement de réussir dans ce métier et de continuer à écrire comme il le fait :)
Les sites de l´annuaire :
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