Notion3 Logiciel de composition orchestrale et d'édition de partitions. Par Dominique Lucas.
Par Tanguy, dimanche 22 janvier 2012 à 21:24 - Musique assistée par ordinateur (MAO) - Tags
Aujourd'hui, je laisse la parole à mon collègue Dominique Lucas
Tanguy
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Introduction Notion3 :
Vous qui êtes amoureux de musique symphonique, de MAO…
Vous qui avez des envies de composition, de faire jouer à votre ordi le plus belles envolées lyriques, mais qui ne maitrisez pas forcément le cœur du protocole MIDI…
Vous qui souhaitez faire rapidement une maquette avec des moyens pas trop couteux…
Notion3 est fait pour vous.
Il s’agit d’un logiciel hybride entre l’éditeur de partition, le séquenceur et le mixeur, qui peut tourner sur une plateforme Mac, PC ou iPad.
Notion3 vous permet de définir un ensemble d’instruments (a priori d’orchestre classique, mais pas que) qui composeront votre orchestre. Chaque instrument aura sa propre portée, pourra avoir sa propre clé, sa transposition (pour les instruments transpositeurs).

Dans chaque portée, vous pouvez entrer vos notes, comme dans un éditeur de partition tel que Finale, c’est-à-dire, avec les informations de changement de tempo, les articulations, les cresc. Et dim., des « hairpins », des notations (pour de paroles ou pour indiquer ce que vous voulez).

La plupart des indications ne sont pas que figuratives. En effet, Notion3 va ensuite pouvoir « jouer » votre partition en tenant compte des notes entrées et de toutes les indications que vous avez apportées.
Voici un exemple de ce que l’on peut faire, rien qu’en installant le logiciel, et en entrant la partition. Cet exemple est fait sans toucher à aucun paramètre, c’est du brut de fonderie :
Pas égalisé, une réverbération et une panoramique par défaut, et c’est déjà une maquette !
NB : svp, ne critiquez pas ce bout de truc, ce n’est qu’un exemple, pas une œuvre.
Mais Notion3 va beaucoup plus loin. Le logiciel donne une fonction de mixer, certes simplifiée, qui suffit largement à manipuler les paramètres basiques comme le volume de chaque instrument, la panoramique. De plus, le mixer permet de gérer 4 groupes et l’insertion de 4 effets (VST) par piste/groupe ou master:

Notion3 peut aussi piloter votre séquenceur favori via « rewire », et donc devenir le maitre-tempo de votre installation MAO.
Des sonorités de rêve ?
Notion3 est vendu avec une bibliothèque d’échantillons suffisante pour démarrer. Ce sont des sons captés depuis l’orchestre symphonique de Londres. La société Notion vend des compléments pour des articulations et des couleurs sonores complémentaires (par défaut, pas d’ensemble de cors, mais un unique soliste). Les sons d’origines sont bien équilibrés (cf. l’exemple cité plus haut) et permettent réellement de pratiquement tout faire.
La banque de son par défaut, bien que conséquente, n’est pas en soi suffisante : il manque des instruments (percussions manquantes, sections des vents manquantes, articulations de pizz pas complètes…) aussi, l’utilisateur s’orientera rapidement vers l’achat des compléments. Cette bibliothèque est propriétaire à Notion3, et ne peut pas être utilisée sans Notion3 (pas de possibilité de la mettre en œuvre via un lecteur d’échantillons externe tel Kontakt ou autre Play).
Un monde ouvert ?
Pour ceux qui auraient déjà investi dans des banques de sons de-la-mort-qui-tue, Notion propose plusieurs ouverture afin de les utiliser, au travers de VSTi et de l’utilisation de MIDI.
Au niveau des VSTi, Notion reconnait tout seul ceux que vous avez déjà installés sur votre système. Vous avez la possibilité de définir les sonorités joués lorsque telle ou telle articulation est écrite dans la partition au travers d’un fichier de règles au format XML. Comme Notion connait bien les banques de son les plus répandues, il nous fournit les règles pour les VSTi suivant :
- EWSO platinum et gold version Play
- VSL
- Garritan Personal Orchestra
- IK multimedia Miroslav Philharmonik
Les fichiers de règles font que vous pourrez utiliser les instruments de ces banques de la même manière que ceux interne à Notion (sélection de l’instrument VSL, par exemple, et juste saisie des informations de notes et articulations dans la portée)
Si votre VSTi n’est pas dans la liste ci-dessus, pas de problème, mais il vous en coutera l’écriture des règles associées. J’ai personnellement essayé d’adapter les règles pour Miroslav Philharmonique (ajout de glissés pour les cordes) et c’est franchement beaucoup trop de temps passé à ne pas faire de musique à mon goût.
Si votre banque de sons n’est pas un VSTi, pas de problème. Notion peut associer une portée à un port MIDI de votre choix (physique ou logique). Je n’ai pas testé cette partie, aussi je ne peux me prononcer sur la facilité de son emploi.
Le conseil du jour : J’ai personnellement opté pour l’ajout et l’utilisation de la bibliothèque IK Miroslav philharmonik. Non pas qu’elle soit « de-la-mort-qui-tue », elle est ancienne et est enregistrée avec une réverbération impossible à retirer. Seulement après écoute, j’ai trouvé que les sons de bois sont plus convainquant que ceux de Notion. Non, pas convainquant. Complémentaire. La flûte de Notion est belle, pure, sans vibrato. Celle de IK est chaude et avec un vib qui fait tirer des larmes, même seule.
Le bon compromis est le mélange entre les sons LSO de Notion et une autre couleur, un ajout. J’aime avoir deux portées pour les alti, car les deux sons se mélangent, peuvent se séparer, il est plus simple de faire un divisi qui « parle » vraiment…
Et le côté « humain » de l’exécution ?
Au-delà de la manipulation possible note par note, Notion propose plusieurs outils pour aider à humaniser votre œuvre, le « tempo staff » avec enregistrement de « performance », le « velocity overdub » et les fonctions d’aléa.
Tempo staff et enregistrement de performance :
Vous devenez le chef d’orchestre !
Très souvent, lors de l’écoute d’une œuvre, l’on se laisse entrainer (ou bercer, selon la rapidité du tempo) par la cadence, on tape du pied, de la tête, on entre en osmose avec les battements. Notion permet de faire l’inverse.
Par défaut, Notion applique un tempo (90 à la noire) que l’on peut paramétrer, et garde ce tempo jusqu’à ce qu’une autre marque de tempo apparaisse – oui, oui, on peut aussi faire des retenues, des points d’orgue...

Si vous voulez maitriser le tempo, ses changements graduels (ou brutaux), vous pouvez le faire en définissant un « tempo staff » Vous pouvez décider de la valeur des battements :

Dans cet exemple, la première mesure aura 4 battements, correspondant à la signature rythmique, la seconde se verra associé à un battement moins conventionnel (2-1-1-2), puis encore plus étrange (3-1/2-1)… En général, pour battre la mesure, on se contentera de la signature.
Vous pouvez définir les valeurs de notes de chaque mesure à votre convenance, et en mode « performance », vous pourrez battre la mesure sur le clavier de votre ordi (ou votre clavier midi).
Cette performance est enregistrée, et peut être restituée à l’écoute, en export wave ou midi…
Le « velocity overdub »
Vous devenez instrumentiste !
Exactement de la même manière que pour « piloter » le tempo, vous pouvez demander à Notion de réenregistrer la vélocité d’une des portées. Attentions, toutefois, ce mode peut rendre la partition incohérente avec le rendu (marqué fortissimo, et joué pianissimo…)
Vous devrez utiliser un clavier midi, sensible à la vélocité, pour réaliser cet overdub.
Les fonctions d’aléa
Bien, Notion permet de faire varier le tempo, accélérer ou ralentir, jouer plus ou moins fort… Mais pour autant, tel que vous avez pu l’entendre dans l’exemple plus haut, le rendu reste froid, trop mécanique.
Notion nous propose deux axes d’humanisation aléatoires.
Le premier permet de modifier aléatoirement la vélocité d’un ensemble de notes (une ou plusieurs portées) dans la limite d’une fourchette. Ceci est très pratique pour amoindrir l’effet mitraillette sur des séries de staccatos.
Le second permet de modifier légèrement le moment ou une note est jouée, ce qui rend un effet particulièrement bluffant lors d’un tutti et peut aussi amoindrir l’arme de guerre mitraillette.
Conclusion : Alors, c’est l’outil parfait ?
Loin s’en faut. Notion est un des maillons de ma chaine MAO, mais pas le seul. En introduction, je disais qu’il s’adresse à ceux qui ne bidouillent pas le MIDI, et pour cause. Notion ne donne pas d’interface à l’utilisateur pour bidouiller facilement. Impossible de dessiner la courbe d’un CC quelconque. Pas de « piano-roll » pour les adeptes du style. Pas d’édition des événements midi simple.
De la même manière, Notion n’est pas pour entrer une partition en enregistrement « live », même si une fonction enregistrement existe.
Ce qui est effectivement enregistré, ce sont les notes, et pas les contrôles midi. Adieu la pédale du pianiste qui pourtant fait partie intégrante de l’exécution d’un morceau. Il faudra la rajouter ensuite à la main dans la partition.
Voici le lien vers le distributeur : Notion Music
Dominique
P.S. Je ne suis pas rémunéré par Notion, mon enthousiasme est celui d’un utilisateur lambda :)
Mastering de musique classique
Par Tanguy, mardi 6 décembre 2011 à 22:47 - Les professions liées à la musique de film - Tags
Il y a quelques jours, j'ai eu l'opportunité de faire enregistrer une musique par un quatuor à cordes (pour un film).
Puis, une fois en possession des différentes prises, je les ai intégrées dans mon séquenceur en tant que pistes audio, et j'y ai superposé quelques instruments virtuels tels que du piano ou de la harpe.
Concernant le quatuor, j'ai sélectionné mes passages préférés de chaque prise (par ex le début de la prise 3, le milieu de la prise 1 etc...) pour les assembler et obtenir un morceau global correspondant le mieux à mes attentes. C'est du bricolage, certes, mais finalement avec la technologie on ne s'aperçoit pas que le morceau a été découpé.
En fait, si j'écris ce billet c'est parce que cette technique m'a rappelé une vidéo très intéressante (en français) que j'ai visualisée sur Youtube il y a quelques mois. Je vous invite à la regarder. Elle nous montre comment il est possible d'éditer et masteriser un CD entier de musique classique, à l'intérieur d'une station de travail audio numérique (ici, c'est Pyramix). On constate à quel point l'opérateur (Jean-Daniel Noir) qui est aux commandes du logiciel doit être doué d'une bonne oreille musicale et s'y connaître un minimum en instrumentation.
Raccourci clavier pour amener les délimiteurs aux extrémités d'un élément (conteneur midi, fichier wav...)
Par Tanguy, mercredi 16 novembre 2011 à 14:15 - Séquenceurs : vos trucs et astuces - Tags
Séquenceur = Cubase, Reaper
Astuce = Les délimiteurs droit et gauche (R & L)
Envoyée par Christian Pastouret (compositeur)
Astuce : Sélectionner un élément (item) de piste, appuyer sur "P", les délimiteurs se placeront automatiquement aux bornes de cet élément.
C'est pratique si vous voulez écouter une séquence midi en particulier, ou convertir un passage midi en élément audio (bounce).
(Cubase, Live, Reaper, Ardour, Logic, Sonar, Digital Performer, Samplitude Pro, Pro Tools etc...)
Processus de composition orchestrale assistée par ordinateur, étape par étape, par Guillaume Baron (compositeur)
Par Tanguy, samedi 5 novembre 2011 à 21:16 - Orchestration, écriture - Tags
Aujourd'hui, je laisse la parole à mon collègue Guillaume Baron ;-)
Tanguy
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Explications détaillées sur la construction de l'intro de "Back To Olathe"
Qui n'a jamais rêvé que John Williams nous explique comment il a composé le Main Title de Star Wars ? Qui n'a jamais rêvé que Hans Zimmer décrive étape par étape le processus de création de la BO d'Inception ?
Pour ma part, j'en rêve à chaque fois que j'écoute une BO. Que ce soit du Danny Elfman, du James Newton, du Howard Shore, du James Horner, la composition est toujours maîtrisée dans son ensemble, chaque instrument trouve sa place, complète l'oeuvre, il n'y a ni manque, ni surplus. J'ai souvent l'impression que l'ajout ou la suppression d'un seul instrument nuirait à l'équilibre de l'ensemble.
Alors comment font-ils pour que le morceau fini soit si cohérent ? Est-ce qu'ils pensent tout avant même de poser la première note sur la partition ? Ca me paraît peu probable. Par quoi ils commencent ? Est-ce qu'ils posent d'abord les accords puis la mélodie ou l'inverse ? Est-ce que l'inspiration brut les guide ou est-ce qu'ils suivent les pistes de leurs enseignements ?
Et bien voilà, en toute humilité car à des années lumières du niveau de ces grands compositeurs, j'ai voulu partager/décrire étape par étape comment je m'y suis pris pour composer cette introduction dans un esprit épique/aventure. Le but étant simplement de répondre à la curiosité que certains comme moi peuvent avoir. Celle de savoir comment "les autres" font ?
Mais avant de commencer, voici le rendu final :
Back To Olathe - Intro (Guillaume Baron) :
Pour plus de clarté, voici l'imprime écran (Imp Ecr) du morceau dans cubase :

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
J'ai commencé ce morceau en sachant ceci :
Je voulais n'utiliser QUE des instruments d'orchestre.
- Il fallait que le thème soit joué par les cuivres pour donner le côté épique qui était souhaité.
- Il fallait que l'introduction complète fasse dans les 35 – 50s.
- L'ambiance devait être inquiétante au début et mener vers une ouverture positive.
Une fois ces points posés, j'avais trois possibilités :
- Trouver une mélodie puis construire des accords à partir de celle-ci.
- Trouver les accords puis en sortir une mélodie.
- D'abord définir une ambiance puis en sortir une mélodie.
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1ère étape - La base : (cf. piste 1)
J'ai pris la section des cordes au complet (contrebasse, violoncelle, violon alto et violon) et j'ai simplement plaqué fondamentale Do et quinte Sol sur les différents octaves correspondants à leurs registres.
2ème étape - Le thème : (cf. piste 4)
Comme voulu, j'ai chargé mes vst de cuivres (cor d'harmonie et trombone) pour trouver une mélodie qui soit simple mais efficace.
Do Fa Do Sib... voilà un départ simple mais qui réussi à tous les coups.
3ème étape - Définir le début et la fin du morceau :
Une fois ces quelques notes, autant définir tout de suite les limites de la suite mélodique pour ne pas se retrouver avec une intro de 2 min. J'ai donc défini trois parties : annonce, fermeture, puis grande ouverture. On peut discerner ces trois parties graphiquement sur l'imp. Ec en piste 4.
Une fois cette ligne mélodique adoptée, j'ai changé également les accords de la piste 1 à la fin de l'intro. De Do – Sol (pour Do - Mib – Sol, pour Do mineur) à Do – Fa (pour Fa – La – Do, Fa majeur, 4ème degré, degré qui donne cette ouverture).
4ème étape - Les contrechants : (pistes 7 et 8)
Alors pour cette partie je fonctionne souvent à l'instinct. L'idée est d'étoffer petit à petit cette mélodie en piste 4. Pour se faire et pour respecter mes conditions, (ambiance inquiétante au début du morceau) j'ai pris des cordes (contrebasse et violoncelle), doublées par des bois (contrebasson et basson). J'ai créé deux pistes de contrechants avec ces mêmes instruments pour les différencier.
Aparté :
Petite parenthèse sur ma méthode pour trouver un contrechant. Je suis à la base guitariste jazz et jazz manouche en particulier. Autant dire que j'adore improviser et que j'ai beaucoup plus confiance en mes facultés d'improvisateur qu'en mes compétences à appliquer les règles d'harmonies complexes d'écriture sans faire d'erreurs. Je suis (du verbe suivre) ce que j'ai appris lorsque j'ai étudié la musique pour Big Band (Duke Ellingtion, Count Basie...) pendant mes années de fac de musicologie, à savoir que le plus important, ce n'est pas de faire (comme on nous l'apprend souvent) sonner des accords successifs avec fondamentale/tierce/quinte et autre, mais plutôt de construire une seconde ligne mélodique, qui suit la première sans jamais passer devant celle-ci, tout en essayant de faire le moins de doublons possibles, de toujours se débrouiller pour que les autres notes ne soient pas dans le thème principal.
Chacun sa méthode. Il n'y a pas une méthode mais bien des méthodes. A chacun de la trouver en fonction de ses connaissances. Le principal est d'avoir confiance en celle-ci.
5ème étape – L'automation :
(Modifier le volume, le pitch, la vélocité etc. à tel moment)
Sachant que la base était bonne et me plaisait, j'ai tout de suite optimisé le jeux en jouant avec les automations.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
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Résumé étapes 1 à 5 : (donc piste 1, 4, 7 et 8)
J'ai donc maintenant ma base : une ambiance (piste 1), une ligne mélodique et harmonique (piste 4) et un ou deux petits contrechants (pistes 7 et 8).
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Pour continuer, je me demande toujours ce qui manque le plus. Dans le cas présent, il manque cruellement de rythme.
6ème étape – donner du rythme : (pistes 12, 13, 14, 15)
Pour en donner rien de tel que quelques cordes en pizz et une harpe.
Alors petites explications :
- Piste 12 : Harpe Mezzo avec un pan à gauche de 30%, modification de l'attaque pour la rendre plus douce.
- Piste 13 : Harpe Symph avec un pan à droite de 30 %, modification de l'attaque et léger décalage temporel.
- Piste 14 : Contrebasse et violoncelle en pizz à gauche de 30%.
- Piste 15 : Contrebasse et violoncelle en pizz à droite de 30%, avec un léger décalage temporelle et une modification de l'attaque.
7ème étape – toujours à la recherche de rythme : (piste 2)
Rien de tel aussi que des alti et violons (plus une flûte discrète) pour créer un petit rythme lancinant et aérien derrière ces instruments lourds et graves. Ils joueront par répétition quinte – fondamentale puis tierce mineure – fondamentale puis seconde majeure – fondamentale avant de revenir sur fondamentale – quinte afin de suivre la progression du morceau.
Résumé étapes 6 et 7 : (donc pistes 2,12,13,14,15)
Résumé étapes 1 à 7 : (donc pistes 1,2,4,7,8,12,13,14,15)
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Qu'est ce qui manque le plus maintenant ?
Que ce soit plus fourni, il y a beaucoup de place pour d'autres harmonies, ça semble vide.
8ème étape - recherche de nouvelles lignes mélodiques (ou harmoniques) : (pistes 5, 6, 9, 11)
- Première chose, ajouter encore un peu plus de coffre à la mélodie. Pour ça j'ai doublé la piste 4 avec la piste 6 qui contient plusieurs sonorités de cors. J'ai mis un pan gauche 25% à la piste 4 et droite 25% piste 6.
- Ensuite j'ai créé la piste 5, qui reprend les mêmes instruments que la piste 4, afin de créer un contrechant à la fin de l'introduction. Ce qui donne ça : (pistes 4 et 5)
- J'ai ensuite doublé la piste 4 avec des cuivres + les alti et violons. (Piste 9)
Voilà qui nous fait gagner pas mal de puissance pour la fin. Mais on continue.
- La piste 11 est à mon sens une des plus importante pour l'harmonie du morceau. C'est elle qui va lui donner ce petit quelques chose en plus grâce à la tierce majeure dès son entrée. Tierce majeure qui n'est en fait qu'une note de passage pour atteindre le demi-ton suivant, la quarte, mais qui donne un grain particulier, d'autant plus qu'on ne sait pas encore si on est en majeure ou en mineure à ce moment du morceau. On ne le saura que lorsque le thème arrivera sur la tierce mineure, plus tard.
La piste 11 est composée de cordes (contrebasse, violoncelle et alto) et de cuivres (trombone et cor d'harmonie).
Je vous propose d'écouter les deux versions, la première sans la piste 11, la seconde avec (l'entrée se fait à la seconde 16) :
Sans :
Avec :
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Le morceau contient maintenant la plupart des ingrédients, mais maintenant il est temps d'ajouter toutes ces "petites" choses qui n'ont pas l'air importantes comme ça, mais qui donnent de la valeur ajoutée.
9ème étape – De nombreux agréments : (pistes 3, 10, 16, 17, 18, 19, 20)
- On commence par la piste 3, qui ne contient rien de plus qu'un sample bouclé de cordes jouant des trills majeures. On ne peut pas vraiment distinguer la piste dans le morceau, mais sans elle par contre...
- Vient ensuite les bois (piste 16), qui ont un rôle très important également. Ils font fondamentale – quinte durant toute la première et deuxième partie. Puis se déchaînent en triolets durant la troisième partie.
- La cloche (piste 19), très en retrait, permet de donner un style au morceau. Attention toutefois à la laisser bien bien en retrait.
- La piste 20 ensuite, composée de différentes cymbales donne l'élan nécessaire pour donner une réelle impulsion à la fin de l'intro.
- La piste 18, wind chimes, est un effet bien connu pour donner un côté féérique à la composition. Je ne sais pas trop comment décrire cet instrument alors j'envoie un lien wikipedia : Qu'est-ce que le wind chimes ?
- Pour finir, la flûte (piste 17) et les cors, trombones et violons (piste 10) qui donnent un dernier petit sursaut à la fin en jouant fondamentale – quinte de l'accord de 4ème degré FaM.
Résumé de l'étape 9 : (donc pistes 3, 10, 16, 17, 18, 19, 20)
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Quelques conseils :
- Panoramiques :
Je n'ai pas ou peu parlé des panoramiques mais il convient d'y toucher un mot. Pour ma part j'en fais une utilisation quasi systématique sur chaque piste. Il est très important de spatialiser toutes ces tranches d'instruments, de répartir les tessitures.
- Stereo Enhancer :
Pour augmenter cette impression d'espace il peut être utile d'utile un effet tel que M/S pour Mono/Stereo ou le Stereo Enhancer de Cubase sur la tranche master.
- Reverb :
Il faut particulièrement faire attention à avoir une homogénéité concernant la reverb de chaque instrument. En effet chaque banque de son a sa réverb (ou simulateur d'espace) intégrée. Il faut donc être vigilant et parfois la meilleure solution est de n'utiliser que les banques en mode "close", c'est à dire sans effets ajoutés, afin de pouvoir utiliser un seul type de réverb sur chaque tranche instrument. Il en résultera une meilleure homogénéité et un meilleur rendu.
Pour ceux qui veulent aller plus loin avec les paramètres de la reverb :
Article sur les paramètres de la réverb (Audiofanzine)
Et ceux qui veulent tout savoir sur la réverb à convolution :
Article sur la réverb à convolution (Audiofanzine)
- Automation :
Le travail sur l'automation est tout aussi essentiel. De nombreux "apprentis" compositeurs pensent que les vst doivent marcher de suite, sans jouer avec l'automation. Or on ne peut atteindre un très bon réalisme sans toucher à celle-ci.
Voilà j'espère avoir éclairé certains ou certaines d'entre vous avec cet article relativement long. J'ai essayé d'être complet et clair dans mes explications. N'hésitez pas à partager l'article, à donner votre avis ou à poser des questions.
Et merci à Tanguy pour ce blog fantastique.
Guillaume Baron
www.guillaumebaron.com
Musique orchestrale assistée par ordinateur : faire sonner son morceau de musique, produit par des banques de sons symphoniques !
Par Tanguy, mardi 10 mai 2011 à 23:31 - Musique assistée par ordinateur (MAO) - Tags
Note : dans ce billet, j'ai essayé de reproduire à l'oreille (sans partitions) des extraits de Indiana Jones, de Gladiator et Nightmare Before Chsistmas, avec uniquement la banque de sons East West Symphonic Orchestra Gold (exceptée la voix dans Gladiator qui provient de Omnisphere). Dans mes compos personnelles citées comme exemples, j'utilise des instruments issus de plusieurs banques de sons telles que East West, Synful, Symphobia...
Avez-vous remarqué que les démos des sites comme Eastwest ou VSL sonnent bien dans l'ensemble. Et pourtant, lorsque l'on achète la banque de sons en question et que l'on commence à produire nos morceaux, le résultat obtenu n'est pas aussi réaliste qu'on le voudrait...
"Hé hé.. répondront certains sur un ton ironique, ce n'est pas parce que vous avez la même raquette que Rafael Nadal que vous gagnerez à Roland-Garros... "
Certes... posséder une banque de sons de qualité est une condition nécessaire mais pas suffisante (petit clin d'oeil aux profs de maths qui parcourent ce blog...). Car on s'en doute, une aptitude primordiale est de savoir écrire la musique convenablement et connaître un minimum les bases de l'harmonie et de l'orchestration. Je dis bien "un minimum" car on a bien le droit de s'épanouir dans une écriture musicale personnelle, même si elle est maladroite parfois. Et puis... j'aime penser qu'une personne dotée d'une sensibilité musicale, d'une bonne oreille et d'une certaine habilité avec la technologie, est capable de créer de belles choses avec un ordinateur et une banque de sons correcte.
Du coup, en ce qui me concerne, et bien que je ne sois pas le Nadal de la MAO, j'aimerais tout de même vous présenter quelques petits trucs qui me permettent de composer sereinement des musiques orchestrales dans un séquenceur comme Logic, Cubase, Reaper...
Tout d'abord, un constat que d'autres musiciens confirmeront peut-être : plus l'orchestre est gros, plus j'arrive à donner du réalisme. Le tutti orchestral permet de masquer les imperfections liées à la machine. Je mise sur l'inertie du groupe, le côté grandiose et spectaculaire, à plus forte raison s'il est mélangé à de grosses boucles de percussions. En revanche, avec l'ordinateur, il m'est très difficile de faire sonner un quatuor, ou une partie solo, dont l'émotion et la sensibilité émanent de la qualité de jeu de l'interprète.
Autre constat : la recherche du thème. Je ne peux hélas pas rendre authentique tout ce que je veux :(( Je peux être satisfait de mon thème parce que la mélodie me plaît beacoup, et pourtant, rien n'y fait avec les samples. Je dois parfois rebrousser chemin et repartir vers une autre direction. C'est frustrant mais ça arrive. Il y a des fois où je change des notes dans une mélodie parce que ça passe mieux avec les samples dans un sens que dans l'autre. Je deviens en quelque sorte esclave de la technique, au détriment de la liberté artistique. J'ai envie de dire : à peine plus que le compositeur qui écrit pour un orchestre non professionnel, qui évite de placer des traits compliqués, ou des notes trop hautes (pour certains vents).
Enfin bref, la MAO orchestrale, quand j' y pense, c'est quand même un sacré
1) Mélanger les couleurs sonores :
C'est une très grande richesse que nous offre l'orchestre symphonique : mélanger des instruments pour fabriquer de nouveaux sons. Les combinaisons d'instruments sont incroyables, il faut s'en servir par moments ! J'ai tout sous la main pour essayer les différents coktails. Par exemple, à l'unisson : [violon + flûte] [cor + alto] [clarinette + cor] [trompette + violon] [trompette + trombone] [basson + violoncelle] [hautbois+ flûte] [violon + cor] [cor + harpe] [clarinette + basson + alto] [flûte + xylophone] [contrebasse + glockenspiel] etc...
Dans l'extrait de La valse des mariés ci dessous, le début du thème est joué par les violons, puis au bout de quelques mesures, il est doublé par une flûte. La couleur change :
Valse des mariés (Tanguy Follio) :
Un truc tout bête, quand je cherche à produire une sonorité, je vais naturellement utiliser des adjectifs qualificatifs (voire même des onomatopées). Par exemple :
- Mon thème est un peu trop "rugeux" (violoncelles), j'aimerais y ajouter un son assez "rond" pour l'adoucir (avec des cors).
- Sur la première mesure, il faudrait ajouter un son qui fasse "klang" mais pas trop "spongzz".
- Ce passage n'est pas assez "appuyé" (violoncelles), je le doublerais bien avec un son plus "grave" (avec des contrebasses).
- Le leitmotiv est "léger" comme tout (flûte), mais il manque encore un petit quelque chose de "pétillant" (avec du glockenspiel).
- Ma ligne de basse est "pêchue" (cordes graves), mais il faudrait la rendre un peu plus "présente" (avec une basse synthétique, pourquoi pas...)
- J'aime ces ponctuations "cuivrées" (cors + trombones), tiens si j'osais, je les ferais encore plus "claquantes" ou "métalliques" (avec une enclume et une cymbale).
- C'est un tapis très "doux" (cordes) auquel il manque quelque chose de "céleste" ou "aérien" (avec des choeurs pp).
Et ainsi de suite....
Il faut être curieux de tous ces mélanges. Et puis techniquement, c'est assez rapide de dupliquer une piste MIDI et de lui assigner un autre instrument.
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur les doublures
Ainsi que ce billet sur les doublures cordes-cors
Autre chose, en combinant (toujours à l'unisson) des berceaux symphoniques à des sonorités synthétiques (Omnisphere, Reaktor etc.) on se situe dans le bionique orchestral : mélange sonore mi-classique, mi-électro. Les scores de films américains (pas seulement) foisonnent de ces nouvelles sonorités. C'est ainsi que l'on trouve dans certaines BO des couleurs vraiment originales.
2) Reproduire le jeu de l'instrumentiste :
Ah ça ! c'est mission difficile pour ne pas dire Mission Impossible... car malgré la qualité de l'échantillonage, à l'heure actuelle l'ordi ne peut pas égaler l'être humain dans le jeu de l'interprète. En consolation, on peut toujours tenter de s'en approcher en essayant de limiter les dégâts :
Articule !!!
Quand je décide de faire jouer mon instrument virtuel, dans un premier temps je chantonne la mélodie "à la manière de l'instrumentiste" en utilisant ma bouche et ma langue (comme fait souvent le chef d'orchestre, devant ses interprètes). Tenez par exemple, chantonnez The Raider's March en ne prononçant que des bua bua bua.... Puis chantonnez le même air en prononçant des pam padam pam, pam padam...
De la même manière, quand je vais poser mes notes, je vais m'efforcer de suivre la même démarche. Si je me contente de juxtaposer mes notes avec un seul et unique son long de trompettes, je vais obtenir les bua bua bua. Au contraire, si je m'efforce de reproduire un phrasé en combinant des articulations basiques (souvent fournies par la banque de sons) telles que des staccatos, des notes tenues, des marcatos, des crescendos ou decescendo (en jusxtaposition mais aussi en superposition !), j'obtiendrai un son un peu plus net, plus compréhensible.
Dans l'extrait de The Raider's March ci-dessous, Les notes de trompettes sont jouées d'abord avec un unique son long, puis avec combinaison d'articulations :
Début de The Raider's March (John Williams) :
Un peu d'humanité dans les mouvements amples de cordes
- D'abord je charge un kit d'ensemble de cordes (un pad) couvrant les tessitures des violons jusqu'à la contrebasse, avec une attaque plutôt franche. En effet, si j'utilise un son avec une attaque douce et lente, dans mon enchainement il y aura comme un effet d'aspiration au début de chaque note... c'est très typique des musiques faites sur ordinateur. Au contraire, avec un son long à attaque assez rapide, je personnaliserai la longueur des attaques (en faisant varier le volume ou l'expression avec ma souris à l'endroit voulu).
- Ensuite, sur une même piste midi j'entre la musique en "pas à pas" ou en live (du violon à la contrebasse). Je teste plusieurs valeurs de vélocité. J'essaie de lier les notes (legato) en les faisant se chevaucher légèrement. Evidement, en cas de notes de même hauteur, le chevauchement n'est pas possible... Parallèlement, je décale certaines notes de quelques millimètres pour casser la rigidité. Si je suis patient, je modifie le tempo par endroits pour simuler une sorte de rubato (un vrai casse tête). A ce stade, j'obtiens un premier jet qui sonne comme ça :
Gladiator (Hans Zimmer). Premier essai.
Kit de cordes, notes liées, tentative de rubato, mais pas d'attaques ni relâchements :
- Arrive alors le laborieux travail sur les nuances. Laborieux mais incontournable si l'on veut donner de l'émotion. Dans la partie "contrôleur " de ma piste midi, je fais varier l'expression ou le volume, un peu comme si j'étais à la place du chef d'orchestre. De la sorte, je peux affiner les attaques, crescendos, diminuendos, accents... pour un résultat qui paraîtra un peu plus humain :)
C'est ainsi que ma piste midi prend des allures de montagnes russes :

Variation du contrôleur Expression
- 2 petites choses que j'ai rajoutées dans l'exemple de Gladiator (mais que je ne fais pas systématiquement) : j'ai doublé la ligne mélodique par un violon solo, pour apporter du grain et du vibrato. Ensuite, pour offrir un peu plus de force dans les passages qui montent en intensité, je double les violons avec des cors très doux, très discrets.
- Enfin, pour rappeler le côté humain, rien de tel qu'une voix ou des choeurs...
Gladiator (Hans Zimmer). Deuxième essai.
Avec les nuances, qq cors en doublure et une voix légèrement plaintive.
- Pour ce genre de musique, lente avec des poses d'accords, un bon pad de cordes qui repecte bien l'homogénéité et la spatialisation, devrait suffire . Certes, je pourrais m'embêter à répartir chaque instruments sur différentes pistes midi (un programme de violons sur la piste 1, un programme d'altos sur la piste 2 etc...), comme dans la réalité.
L'avantage serait de pouvoir affiner les attaques et nuances de chaque instrument, et de régler la panoramique et le mixage comme je le souhaite. Pourtant je ne serais pas sûr d'y gagner en réalisme, car à trop vouloir isoler les parties je risquerais d'altérer l'effet d'ensemble (l'homogénéité). Je serais heureux d'avoir l'avis d'autres musiciens à ce sujet.
Les staccatos des cordes : attention à la mitraillette !
Avant de juxtaposer la même note plusieurs fois de suite, je vais d'abord regarder si je peux contourner le problème : Par exemple, plutôt que de jouer do do do... je vais tenter do do# do... ça peut être mieux ou moins bien (à tester).
Si je décide de réellement juxtaposer la même note (do do do...), je chargerai un programme de staccatos up et down (qui alterne automatiquement les coups d'archets tirés et poussés). Les banques de sons proposent de plus en plus ces kits très pratiques.
Le début (approximatif) de This Is Haloween ci-dessous n'est peut-être pas le meilleurs exemple pour illustrer mes propos, car les tempo est assez lent. Mais je suis fan de Danny Elfman, alors c'est comme ça.
Quelques accords de This is Halloween (Danny Elfman) :
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur l'effet mitraillette des staccatos
3) Créer des effets de transition
Dans un même morceau, on peut avoir 2 parties très contrastées. C'est un choix de marquer ce contraste. Mais la plupart du temps, j'essaie d'amener avec douceur un segment musical vers un autre segment.
Comme bon nombre de musiciens, j'utilise des moyens très classiques qui sont par exemple : le glissando de harpe, le crescendo de timbales, de cymbale, de grosse caisse. Mais aussi une cymbale reverse, un wind-chimes, un cluster samplé (de cordes, de cuivres etc...).
Je considère également le changement de ton comme un effet de transition. J'aime bien, ça pimente la musique en cassant la monotonie.
Dan l'exemple ci-dessous, j'utilise pas mal d' instruments qui permettent de faire les jonctions (timbales, wind-chimes, harpe... mais aussi des staccatos de flûte !)
EDF-DTG (Tanguy Follio) :
Pour plus d'infos, cf le billet sur les transitions par ajout d'instruments
Et aussi ce billet qui illustre une transition par changement de tonalité
4) Dynamiser :
- Du point de vue musical :
Du relief, du choix, du varié !
Sur un thème je m'efforce de ne pas utiliser toujours le même instrument pour la mélodie. Par exemple, j'aime bien commencer une phrase musicale par des violons, et la terminer par des cors (tandis que les violons font l'accompagnement).
Varier les plaisirs, c'est aussi jouer avec les nuances, les répétitions (cf billet sur les répétitions), les contrastes (calme, tempête), ou au contraire les progressions douces, les modulations (changements temporaires de tonalité), les pédales (cf billet sur les notes maintenues), etc...
Du mouvement !
Si j'ai besoin de suggérer du mouvement, je le fais soit en utilisant des rythmes (percus acoustiques ou boucles samplées style RMX, Stormdrum...) soit au travers les orchestrations de second ou troisième plan. C'est moins facile à programmer, mais je sais qu'un petit leitmotiv nerveux joué aux cordes (agrémenté de piccolo) peut être vraiment efficace.
Dans l'exemple ci-dessous, je me suis amusé à faire jouer des cordes à toute allure, sous le thème principal des cors. ça m'a pris beaucoup de temps, mais ça ajoute un côté Harry Potter qui n'est pas pour me déplaire (ce jingle orchestral est édité et déposé à la SACEM).
Entertainment Logo (Tanguy Follio) :
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur les plans sonores
Ainsi que ce billet sur comment donner du mouvement à mon accompagnement
- Du point de vue du traitement du son (avec des VST plug-ins) :
De la réverbe, d'accord mais pas trop, sinon les notes se noient et la dynamique en prend un coup.
Egalisation : De temps en temps, il me prend l'envie d'accentuer ou diminuer des fréquences sur tel ou tel instrument. C'est vraiment du cas par cas. Je le fais la plupart du temps sur les violons. J'ai toujours adoré le son des violons dans les Bandes Originales de Alan Silvestri. Elles ont parfois un aspect scintillant, mais pas agressif. J'essaie depuis des années d'obtenir ce genre de son en utilisant un égaliseur graphique, mais sans grand succès...
Un peu de compression : je le fais quand c'est vraiment nécessaire pour obtenir une amplitude sonore homogène et pallier certains contrastes trop brutaux (surtout sur les instruments graves comme les contrebasses et les timbales).
Élargissement du champ stéréo : parfois le résultat est bon. Parfois non. Je ne peux pas expliquer pourquoi (de toute façon, le billet est déjà assez long comme ça).
Mastering : En passant le mix final dans un compresseur multibande (avec modération), j'obtiens une musique plus "enhanced" (fréquences boostées, onde wave gonflée, niveau sonore imposant). Surtout pour des musique d'action ou d'aventure. S'il s'agit d'un morceau électro-orchestral, je ne passe que la partie orchestrale dans le multibande (la partie électro ayant déjà eu un bon traitement de dynamique audio par son constructeur).
Voilà voilà... C'est un article comme je n'en fais plus souvent, mais qui me tenait à coeur. Je dois dire que j'ai passé un bon paquet d'heures à le réaliser, celui-là...
En tous cas, la liste n'est pas exhaustive. Faire sonner sa musique avec un simple home studio n'est pas facile. Je compte sur vous pour partager votre expérience dans ce domaine et me permettre de compléter ce billet :)
VSTI de Native Instruments : Komplete 7 elements
Par Tanguy, dimanche 2 janvier 2011 à 15:32 - Musique assistée par ordinateur (MAO) - Tags
Un post pour faire plaisir à Charles ;-)
Pour bien débuter l'année 2011, voici un petit rappel (lancé par mon collègue Mickaël Dubois) à propos du KOMPLETE 7 ELEMENTS de Native Instruments :
Prix : 99 € (12 Gb de samples).
A première vue, je dirais qu'il s'agit d'un regroupement de VST de renoms, tels que : Reaktor, Absynth, Massive, Vienna Symphonic Library, Guitar Rig, TR-808, Abbey Road etc... dans des versions plus légères (mais toujours de qualité professionnelle). Bref, des "éléments" sélectionnés à partir de leurs grands frères, puis regroupés dans un paquetage promotionnel ("bundle" en anglais).
On y trouve un tas d'instruments utiles permettant de couvrir une large palette de styles musicaux :
En vrac :
kit de batterie, sons électro, Instruments world, vintage, pianos, orgues, guitares, basses, banque orchestrale (provenant de la VSL), simulateurs d'amplis...
Bref, je pense que ce pack est vraiment intéressant (surtout pour ce prix).
Quelqu'un a-t-il testé ?
Séquenceur audio gratuit : Kristal Audio Engine
Par Tanguy, samedi 13 février 2010 à 15:51 - Musique assistée par ordinateur (MAO) - Tags
Hier, je me suis amusé à télécharger gratuitement Kristal Engine Audio, et j'y ai découvert un multipiste audio (16 pistes), très sympathique ! Je ne le découvre que maintenant, et pourtant cela fait quelques années qu'il existe (mais que fait Bernhard !)
Ce logiciel me paraît très intéressant, compte tenu de tout ce qu'il sait faire pour 0 € (En fait, le constructeur Kreatives souhaite qu'on s'en serve pour des travaux personnels. Ceux qui projettent d'utiliser Kristal Audio Engine dans un but professionnel sont invités à verser une participation).

Le séquenceur audio possède les fonctions indispensables de tout logiciel multi-piste :
- Un Waver de 16 pistes (ce qui laisse une bonne marge de manœuvre)
- Enregistrement audio provenant d'une source externe (guitare, micro, synthé...)
- Importation de fichiers .wav .aif .flac et .ogg (loop de batterie, nappes...)
- Edition : Copier coller, dupliquer, fade, volume de chaque fichier audio, couleur...
- Calage sur grille de tempo (snap), historique des actions (pour revenir en arrière)
- Délimiteurs droit et gauche, mise en boucle, métronome, choix de la mesure...
- Réglage du volume et de la panoramique, par piste
- Pour chaque piste : 2 effets audio assignables + 1 égaliseur
- Pour le master : 3 effets audio assignables
- Entrées et sortie audio : technologie MME ou ASIO

Les effets audio :
On les sélectionne à partir de la console. Dans celui que j'ai téléchargé, il y avait 4 effets par défaut : une réverbe, un chorus, une dynamique et un multi delay.

La bonne nouvelle, c'est que Kristal Audio Engine accepte les plug-ins VST (Vistual Studio Technologie). Je parle bien d'effets, hein ! pas des instruments virtuels appelés VSTi.
Bref, vous pouvez importer n'importe quel plugin VST (ou presque), par exemple un compresseur, une réverbe, une distorsion, une spatialisation etc... simplement en copiant le .dll dans le dossier plugins (voir C:\Program Files\KRISTAL Audio Engine\Plugins).
Il y a sur Internet pas mal de sites qui offrent des VST gratuits. Pour les plus paresseux, voici deux liens intéressants :
- VST4 Free
- Free Sound Editor
Note :
- Kristal permet également d'appliquer un effet audio en temps réel sur votre entrée audio (guitare, voix), grâce à la section LiveIN (tout à gauche de la console de mixage).
- L'export (le mixdown) se fait très facilement, en .wav .aif .flac et .ogg
- Beaucoup de raccourcis claviers sont semblables à Cubase (F3: Console. F2: transport)
- L'aide, en anglais, est concise et bien illustrée.
Télécharger gratuitement Kristal Audio Engine
Bref, un très bon freeware à découvrir avant de passer à Studio One Pro, une version professionnelle (Audio/MIDI/Mastering) probablement digne des Cubase, Digital Performer, Logic...
Les staccatos : comment atténuer l'effet machine ?
Par Tanguy, mercredi 7 octobre 2009 à 15:16 - Musique assistée par ordinateur (MAO) - Tags
Quiconque fait de la musique assistée par ordinateur connait le problème de la note répétée x fois en doubles croches. Cela donne un joli son de machine à écrire, très robotisé mais pas du tout authentique.
Les joueurs d'instruments à vent utilisent le "coup de langue" pour juxtaposer très rapidement les notes (avec la langue, ils font ta ka ta, au lieu de ta ta ta). Quand aux violonistes, ils alternent les coups d'archets (haut bas haut bas...).
On constate que ce qui permet d'aligner les notes, c'est le changement dans l'attaque de chaque son.
L'idée, avec l'ordinateur, c'est d'essayer de faire la même chose (sans pour autant s'attendre à un miracle) :
- Concernant les cordes, beaucoup de banques de sons proposent 2 samples de staccatos : un son de stac 1 qui joue probablement un coup d'archet vers le haut, et un son de stac 2 qui joue probablement un coup d'archet vers le bas. Il suffit de faire jouer le stac 1 une note sur 2, puis le stac 2 les autres notes. Pour cela, j'utilise 2 pistes midi différentes (on peut aussi le faire sur une seule piste si la banque de son fournit un programme qui alterne directement les stacs 1 et 2).
Avant :
Après :
- Concernant les instruments à vent, c'est la même chose (alternance de stacs 1 et stacs 2). Mais les banques de sons ne fournissent pas toujours un deuxième jeu de stacs. Dans ce cas, j'essaie de déquantifier certaines notes en les décalant de qq dixièmes de secondes, et j'essaie de faire varier les vélocités. Le but étant de ne pas avoir x fois une note identique. C'est ce que j'ai essayé de faire dans l'exemple ci-dessous, ne disposant que d'un stac 1 de trompettes et de cors :
Avant :
Après :
OK, c'est pas flagrant, la différence est plus que minime...
Pour limiter l'effet mitraillette, je vais mixer tout ça avec un motif de percus. Personnellement, je trouve qu'avec l'aide d'un clavier maître, il est plus facile de rendre authentique un phrasé de doubles croches aux percus, qu'avec des violons ou des trompettes (probablement qu'un percussionniste penserait le contraire, mais bon...)
Motif percussions (caisse-claire, xylophone, timbales...) :
Et puis, pour diminuer encore l'aspect monocorde, je double certaines parties de manière graduelle. Par exemple, je double les violons à l'octave mais seulement à partir du milieu du phrasé. Tout en prenant soin à chaque fois de déquantifier quelques notes.
Cordes + cuivres + percus :
C'est déjà un peu mieux, bien qu'encore loin du réalisme d'un vrai orchestre. Cela dit, le phrasé que j'ai utilisé pour illustrer ce billet n'est pas des plus simples non plus (rapide et beaucoup de notes en enfilade).
Cet autre extrait, que j'ai composé avec la même méthode, sera peut-être plus parlant :
(C'est un petit extrait qui provient d'un billet que j'ai écris dernièrement sur les transitions)
Pourquoi ne pas lire aussi :
SX4, la toute dernière version du séquenceur professionnel Cubase
Par Tanguy - Tags
Je viens de découvrir l'existence de Cubase SX4 (je travaille sur SX3). Il est encore plus beau !
Je ne sais pas encore s'il y a de grands changements, mais j'ai découvert Retif Web, un site qui explique les nouvelles fonctionnalités de Cubase SX4
En outre le site propose des conseils à l'utilisation de l'outil "partitions" de Cubase. (ça c'est pour Damien A ;-)
Bientôt, j'essaierai moi aussi de faire des tutoriels vidéos, pas seulement sur la technique informatique musicale, mais aussi sur des petits trucs d'orchestration, d'arrangement... en restant toujours dans le domaine de la composition de musique de film.
Cubase 4, la dernière version du séquenceur de Steinberg
Par Tanguy - Tags
J'en avais succinctement parlé il y a quelque mois (voir l'article).
J'avais écrit par erreur qu'il s'agissait de Cubase SX4. En fait, le séquenceur s'appelle Cubase 4 (il n'y a plus de SX... ni de SL d'ailleurs).
- Version Pro : Cubase SX3 -> Cubase 4
- Version simplifiée : Cubase SL3 -> Cubase Studio 4

Quelques nouveautés que je trouve intéressantes :
- Plus de 30 nouveaux plug-ins d'effet (avec détecteur de silence*)
- Piste instrument (pour accéder plus rapidement aux instruments virtuels)
- Amélioration de la transposition en temps réel
- Le gestionnaire Soundframe (pour centraliser les plug-ins, les sons, les presets etc...)
- Halion One (lecteur d'échantillons livré avec plus de 650 sons)
- Prologue (synthé virtuel analogique avec une centaine de sons pré-réglés)
- Spector (synthé virtuel analogique avec courbes de filtres paramétrables)
- Mystic (synthé virtuel analogique, avec une matrice de modulation puissante)
- Control Room (gestion centralisée des moniteurs et des sources externes connectées)
Configuration informatique minimale :
PC :
Microprocesseur 1,4 Ghz - 512 Mo RAM - Windows XP ou plus -
carte son compatible MME ou DirectX (ASIO recommandé)
Lecteur DVD pour l'installation - Accès Internet pour l'autorisation
Mac :
G4/1 Ghz ou Core/1.5 Ghz - 512 Mo RAM - OS X version 10.4 ou plus -
carte son compatible CoreAudio
Lecteur DVD pour l'installation - Accès Internet pour l'autorisation
*Le détecteur de silence va permettre au microprocesseur d'appliquer un effet audio (réverbe, compression etc.) uniquement là où il y a du son. Pas d'effet audio appliqué sur les parties silencieuses implique une économie en ressources pour le micoprocesseur ;-)
A la manière de John Williams : Request for Harmony, composé par Mathieu Fraysse.
Par Tanguy - Tags
J'ouvre une catégorie "A la manière de" pour ceux qui souhaitent faire écouter une de leurs musiques, écrite dans le style de leur compositeur préféré (Danny Elfman, Eric Serra, Jerry Goldsmith, Ennio Morricone, Hans Zimmer etc...)
Aujourd'hui, je voudrais vous faire découvrir une œuvre de Matthieu Fraysse qui s'intitule Request for Harmony et qui sera interprétée le 28 juin 2008 dans la basilique de Lalouvesc, en Ardèche. Pour cette grande occasion, 2 harmonies seront réunies, rassemblant plus de 100 musiciens (amateurs et professionnels).
(Compositeur : Matthieu Fraysse)
Request for Harmony - Live Concert
envoyé par matzik
A noter que la musique Request for Harmony a été écrite dans le style de Star Wars et de Superman (John Williams donc) et que les bénéfices du concert du 28 juin iront directement à la recherche contre le cancer.
Ne pas copier ni utiliser sans autorisation
Pour en savoir plus, visitez le site de Matthieu Fraysse
Banques de sons de pianos : Imperfect Samples
Par Tanguy - Tags
Voici un site qui propose quelques pianos échantillonnés (source : Michaël Dubois).
http://www.imperfectsamples.com
L'argument de Matt Stedeford, créateur des banques "Imperfect Samples", c'est de mettre en avant le côté chaleureux et humain de ses échantillonnages : un son riche et profond, pas trop "parfait", pas trop aseptisé comme on peut le constater dans d'autres bibliothèques. Comme on dit, "l'erreur est humaine", et un enregistrement qui contient des petites imperfections sonnera plus authentique et naturel. Une manière de s'éloigner de la machine et de l'aspect robotisé du midi et des séquenceurs.
Matt Stedeford a numérisé les pianos suivants (actuellement fin 2010) :
- The Hohner Baby Grand
- The Fazioli Ebony Concert Grand
- The Braunschweig Upright Piano
- The Brasted Broken Upgright Piano
Je n'ai pas pu l'essayer. Je ne sais pas ce qu'il en est concernant l'ergonomie, le jeu...
Si quelqu'un l'a testé, qu'il n'hésite pas à écrire un petit commentaire ;-)
Aller sur le site et écouter d'autres démos
One Man Band, un court métrage d'animation (PIXAR 2005). La bande originale est de Michael Giacchino
Par Tanguy - Tags
A voir et à revoir !
Titre : One Man Band
Catégorie : Film d'animation
Durée : 4'31
Les expressions des visages rappellent très nettement ceux des personnages cultes de PIXAR, comme Woody le cowboy, Buzz l'éclair ou encore Monsieur Indestructible...
Côté musique, Michael Giacchino nous gâte une fois de plus en signant une BO virtuose, rythmée et pleine d'humour. Un petit tour de chauffe avant Ratatouille ! Vraiment, j'adore ce que fait ce gar-là !
Voir l'interview de Michel Giacchino à propos de ce court métrage.
Quelques problèmes liés à l'enregistrement live via un clavier midi, par Beryann Parker
Par Tanguy - Tags
Aujourd'hui, je laisse la parole à mon collègue Beryann Parker ;-)
Tanguy
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Les 2 pistes que j'ai composées et proposées ici en streaming, correspondent , selon moi, à deux grands types de difficultés rencontrées dans l'utilisation de banques de sons à l'intérieur d'un logiciel hôte:
- La dynamique
- L'articulation (instrumentale: pizz, legato, sfz etc)
Il s'agit de deux paramètres associés à l'environnement hardware qui leur donne vie: le controleur Midi.
Dans le cas du morceau "sine nomine par augusta" (ci-dessous), mon problème essentiel fut celui de la dynamique des voix. En effet, ce fugato fait s'enchainer par tuilages successifs des voix de choeur sans avoir de vraie maîtrise sur les nuances de celles-ci.
En effet, J'ai utilisé Live et un plug-in dans Reaktor "Hallelujah" que j'aime particulièrement avec un clavier CME U80 chinois de bonne facture, en widi (wifi version Midi) mais au toucher trop lourd pour permettre de restituer de façon subtile et crédible les piano, mezzo-forte ou forte que je souhaitais à priori! Donc, mon clavier n'était pas adapté! j'aurais dû, dans mon cas, utiliser mon "bon vieux" Edirol PCR-M80 , filaire lui pour le Midi; au toucher beaucoup plus "mou" mais à la vélocité plus contrôlable.
Sine nomine per augusta by Beryann Parker
A l'inverse pour le morceau avec orchestre "sads thoughts in the morning" (ci-dessous), je l'ai réalisé un matin à "l'arrache" comme on dit, et là j'ai utilisé Kontakt 3 dans Digital Performer 7 avec le sus-cité cité Edirol.
Mais hélas, je n'ai pas réfléchi dans ma précipitation fébrile aux 4 octaves de ce clavier Midi qui ne permettent pas de visualiser le premier octave, en bas sur l'écran ( l'inverse du CME !), à partir duquel on accède aux différentes touches d'articulation,(des violons ici en l' occurence). Résultat, hormis une manipulation souris, toujours aléatoire dans la vitesse du flux audio, il ne me restait plus qu'à m'en tenir à UNE articulation ("legato" dans ce cas).
Orchestral sad thoughts in the morning by Beryann Parker
Dans les deux cas, j'ai utilisé la pédale de sustain mais, suivant le type d'instruments, à "appuyer" avec modération!
L'édition Midi à l'intérieur du logiciel, souvent permet de rectifier, voire d'améliorer certains cas critiques mais la manipulation, simple et salvatrice dans certains cas, peut s'avérer "casse-tête" (voire destructeurs) pour certains paramètres trop distants dans le temps par exemple.
Pour résumer, la précipitation est souvent mauvaise conseillère, et aussi professionnel soit-on, au sein de son home-studio deux claviers Midi ne sont pas de trop en fonction de son projet!
Beryann
Le lien vers ma playlist "orchestral" sur Soundcloud
http://soundcloud.com/beryann-parker/sets/orchestral
La pluie, simulée par une chorale.
Par Tanguy - Tags
Le son de la pluie !!!
D'abord quelques gouttes, puis une pluie battante, puis le tonnerre qui gronde. Un environnement sonore recréé par une soixantaine de personnes. Très sympathique à voir et à entendre (monter le son).
Merci à Bernhard pour le lien ;)
Utilisation rapide et ergonomique des marqueurs dans un séquenceur, grâce au pavé numérique.
Par Tanguy - Tags
Les marqueurs dont je parle, ce ne sont pas les gros crayons qui sentent fort, mais les petit repères qui permettent d'accéder directement à différents endroits dans une musique (qu'on est entrain de composer dans un séquenceur).
La méthode que j'utilise tout le temps et qui me paraît la plus rapide (dans Cubase), c'est de placer mes marqueurs "à l'arrache" (technique du pavé numérique) à des endroits clés de mes compositions :
- Je veux accéder facilement au début de mon super crescendo de cuivres, mesure 18 :
Je place mon curseur à la mesure 18 puis je fais "Ctrl 7" (pavé numérique) - Je veux accéder facilement au refrain de ma chanson, mesure 33 :
Je place mon curseur à la mesure 33 puis je fais "Ctrl 8" - Je veux accéder facilement à mon solo de contrebasse, mesure 75 :
Je place mon curseur à la mesure 75 puis je fais "Ctrl 9"
Et ainsi de suite, tout en prenant soin de ne pas toucher aux Ctrl 1 et Ctrl 2 qui eux affectent respectivement les délimiteurs gauche et droit (locators) du séquenceur. Ensuite, quand je veux accéder directement à mon solo de contrebasse (pour le retravailler), j'appuie sur la touche 9 et le tour est joué.
La technique du pavé numérique me permet donc d'utiliser uniquement les touches 7, 8, 9, 4, 5, 6 et 3 soient 7 marqueurs différents, ce qui me convient parfaitement (c'est totalement subjectif).
Plus tard, si je souhaite affecter mon marqueur n° 9 à une autre mesure, il suffit de refaire la manipulation (placement du curseur + Ctrl 9) au nouvel endroit.
Le seul inconvénient, c'est que je ne "visualise" pas mes marqueurs. Mais à force de les utiliser, je finis par mémoriser quel numéro m'amène à telle mesure.
Si toutefois, j'ai besoin de voir l'emplacement de mes marqueurs, alors j'insère une piste Marker (comme on insère une piste MIDI ou Audio) : clic droit / ajouter une Piste Marker :

Puis je recommence la manipulation expliquée plus haut (Ctrl 7 etc...). Les marqueurs que j'assigne au fur et à mesure apparaissent clairement sous forme de petits bâtons bleus (dans Cubase tout du moins) :

Dans cet exemple, il me suffit de presser la touche 9 pour accéder à la mesure 49
Voilà, bien entendu ce billet s'adresse essentiellement aux débutants et décrit seulement une partie des possibilités de l'outil marqueur. Sachez quand même que j'ai utilisé Cubase pendant quelques années avant de connaître l'existence de cette fonction bien pratique... (c'est ballo).
Comment trouver une tonalité ?
Par Tanguy - Tags
Bien qu'il soit un bon parolier, cet artiste connaît-il sur le bout des doigts chaque terme grammatical de la langue française ?
Dans la phrase ci-dessus, la proposition "Bien qu'il soit un bon parolier" est une subordonnée circonstancielle concessive (ha ha, ça vous épate..).
Ok, c'est super, mais quelle sera la réaction du parolier si je viens lui dire :
- j'adore ce que vous faites, surtout quand vous utilisez des propositions subordonnées circonstancielles concessives dans vos chansons ! c'est vachement bien vu !
Ne va-t-il pas rire doucement, et rétorquer qu'il n'a pas franchement idée de ce que c'est, mais qu'en revanche les mots et les phrases se posent naturellement sur le papier, au gré de l'inspiration ?
Faut voir.
Au risque de passer pour un méchant rebelle (à la Mister Bark), je ne me pose pas vraiment de questions quand je fais de la musique. Je place mes notes : si j'aime je garde, si je n'aime pas, je jette.
Du vocabulaire, il en faut c'est indéniable, ne serait-ce que pour enseigner la musique (un accord, une portée, une levée), mais dans les manuels on trouve tellement de mots savants pour expliquer des choses simples que je me demande si ce n'est pas exagéré.
Ci-dessous, un petit exercice pour ceux qui le souhaitent (il m'est venu en écrivant le post sur Vladimir Cosma).
Le premier accord est un do majeur. Qui peut me dire dans quelle tonalité est la musique ? Pour moi la réponse est évidente, mais je ne saurai pas vraiment dire pourquoi. Je le sais comme on sait que le rouge est rouge, et que le froid est froid :
N'hésitez pas à donner vos explications dans les commentaires. Comment êtes vous parvenu à connaître la tonalité de cet extrait ?
EDF DTG : unité de mesure et d'expertise. Une musique originale d'une minute pour accompagner un diaporama photo sur le sujet.
Par Tanguy - Tags
La musique du billet précédent a été composée pour un diaporama photo, commandé par EDF pour la présentation de la Direction Technique Générale (DTG) lors du dixième challenge de la Division Production Nucléaire. Nous sommes dans le domaine de l'unité de mesure et d'expertise dans la production d'énergie. Matthieu avait donc la bonne réponse (même si c'était sans grande conviction).
Pour voir la vidéo, cliquer ici (site de Manuel Mendo, photographe et réalisateur du diaporama).
L'argumentation de Reynald était quand même convaincante ;-)
En fait, en regardant les photos de centrales nucléaires immobiles au milieu d'une campagne bien verte et ensoleillée, je n'ai pas voulu me poser la question "quel message doit-on faire passer avec la musique" (au fait, dans ce billet, je ne tiens pas à lancer le débat sur la production d'énergie et l'écologie). J'ai cherché de l'inspiration dans le défilement des images, puis je me suis dit que les gens qui travaillent dans ces lieux sont avant tout des personnes comme vous et moi...
J'ai alors pensé à une pulsation rythmique plutôt acoustique qui pouvait rappeler le côté technique tandis que la mélodie et l'instrumentation plus "naïves" (bois, guitare voix de femme etc.) pouvaient nous ramener à cet aspect humain.
Il y a dans ce morceau un passage avec une suite d'accords que j'aime bien et que je réutiliserai probablement dans une prochaine musique (un projet personnel), avec une autre orchestration.
Les sites de l´annuaire :
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