Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

Instruments acoustiques et électriques pour créer une identité sonore personnalisée


Le sound design et l'identité sonore ont une place importante dans la musique pour l'image.


J'ai constaté dans notre annuaire de musiciens une rubrique qui était en pleine expansion : la rubrique "Identité sonore" (qui regroupe le sound design, l'illustration sonore et musicale).

Différent de l'écriture de grandes partitions symphoniques, le travail des compositeurs sound designers se caractérise beaucoup plus par la manipulation des sons (musique originale, sons acoustiques, sons électroniques, effets...), ce qui demande des qualités à la fois artistiques (être musicien) et techniques (travail du son à partir de machines, beatmaking). Comme l'a signalé Guillaume dans son blog à propos de Evolve et Synergy, je cite :"si on travaille pour l'image, on ne peut pas échapper à l'électro (la musique symphonique commence à se faire rare...)"

Aujourd'hui, je voudrais m'attarder sur le travail que font "The Waxstoners", 2 jeunes et talentueux musiciens. Dans leur studio Kapriel Records (label) ils travaillent ensemble sur la musique et le sound design (habillage sonore, identité sonore, communication sonore etc.) pour des groupes tels que Adidas ou Linux.

La vidéo ci-dessous, me paraît intéressante car elle montre les coulisses de la création d'un habillage sonore et musical, à partir des images de base et d'un fil conducteur : mots clés, direction artistique donnée par l'agence de communication (Gfilm) au cours d'un débriefing :

Exemple d'identité sonore pour Adidas :
Créée par The Waxstoners



The Waxstoners :
- Visiter leur site
- Visiter leur page myspace

Label Kapriel Records :
- Visiter le site


A découvrir également, le travail de Maria de Castro (compositeur sound designer)

Pourquoi ne pas lire aussi :


Omnisphere de Spectrasonics : du très gros son pour créer vos ambiances.


OMNISPHERE succède au célèbre synthétiseur virtuel ATMOSPHERE.

Progrès technologiques obligent, il est encore plus consistant (40 Go de sons) et surtout beaucoup plus riche en terme de travail sur la synthèse (modulations, filtres, architectures, synthèse granulaire, les enveloppes aléatoires etc) : un très bon VST pour les artistes qui aiment "créer" non seulement leur musique, mais aussi leurs propres sonorités.

Très puissant, donc, concernant la création d'environnement sonore, cet outil pourrait bien être utile pour composer une large palette d'ambiances originales et très personnelles. Entre le moteur de synthèse de STEAM (synthèse pure à partir de modulations de LFOs) et la synthèse à partir de sources acoustiques samplées, le numérique offre à nos petites oreilles le grain et la chaleur qui faisait défaut il y a quelques années...


Omnisphere synthé virtuel de Spectrasonics
Omnisphere Power Synth



En bonus, pour les amateurs de pads rythmiques, les arpégiateurs d'OMNISPHERE se calent sur le tempo et surtout sur le groove des boucles qui sortent de votre Stylus RMX !

J'ai visionné sur "Univers-Son TV" une vidéo sympa tirée d'une série de clips promotionnels de ce produit. Cet épisode (le 5) parle de la manière dont sont construits certains patchs (par des plasticiens du son passionnés) à partir du moteur de synthèse STEAM ou encore à partir de sources sonores psychoacoustiques retravaillées. Pour voir la vidéo, cliquer ici

Absynth Twilights de Native Instruments, banque de sons de pads et de soundscapes. Lisible par Kore et Absynth 4.


Il s'agit d'une banque de sons pratique et pas trop chère (59 $) qui vous aidera à créer des ambiances de type spatiale, psychédélique, angoissante, zen, nappes etc... ce qu'on appelle Soundscapes et Pads (cf par exemple l'univers "Ambiant music" que l'on retrouve chez Brian Eno)

Bref, un instrument virtuel qui peut être utile pour les compositeurs de musique de film, illustrateurs musicaux, sound-designers, mais aussi pour les compositeurs de musique électronique ou électro-orchestrale, ou tout simplement pour celui qui souhaite obtenir une atmosphère précise dans une œuvre musicale ou sonore.

Rappelons que la banque de sons Absynth Twilights (issue de la lignée "Kore Soundpack") nécessite la présence d'un "lecteur" logiciel, tel que :

Absynth 4


Kore Player gratuit


Kore 2 de Native Instruments


Absynth Twilights possède 200 sonorités originales déclinées sur plus de 1600 variations. A noter que ces sonorités ont été créées à l'origine pour la série "Absynth Sounds" de Biolab's (Camel Audio).


J'apprends en surfant :
  • Le mot Soundscape est un mot valise (2 mots fusionnés en un) provenant de Sound et Landscape (paysage sonore).

Comment définir une bonne orchestration ?


On connait tous la différence entre un bon et un mauvais chasseur...
Mais qu'en est-il de l'orchestration ?

J'ai trouvé un article très intéressant sur le sujet, de Alan Belkin, à propos de l'orchestration en général.
Je recopie ici un extrait de cet article qui énumère les points forts d'une bonne orchestration et les erreurs à na pas faire :

Une orchestration déficiente :

Alan Belkin rappelle d'abord qu'une orchestration jouable peut difficilement être franchement mauvaise.
On parlera plutôt d'un orchestration déficiente en essayant d’identifier les erreurs qui en sont, le plus souvent, la cause :

  • Faiblesse des effets, résultant d’un recours insuffisant aux ressources disponibles pour produire le caractère désiré (par exemple, un effet percussif reposant sur quelques bois et aucune percussion), ou résultant de gestes contradictoires (par exemple, l’ajout d’instruments pendant un diminuendo).

  • Fatigue auditive résultant de l’usage exagéré des registres extrêmes ou de couleurs très caractérisées, ou résultant d’un manque de fondu dans les blocs harmoniques.

  • Texture « grise » souvent causée par un abus de doublures à l’unisson.

  • Lourdeur généralisée (plutôt que localisée, à titre d’effet), engendrée par un abus de doublures ou par une surcharge du registre grave.

  • Sonorité généralement trop sèche, par absence d’arrière-plans résonant. (Une sonorité sèche peut convenir, à titre d’effet, mais rarement comme norme).

  • Confusion entre divers éléments musicaux, due à une faible différentiation des plans sonores.

  • Confusion formelle, causée par des changements de timbre à des moments arbitraires, ou par des changements n’offrant pas le degré de contraste requis.

  • Imprécision du caractère.


Une orchestration de qualité :

Une bonne orchestration doit :
  • Renforcer la forme : Les changements orchestraux doivent se faire aux endroits appropriés et présenter un degré de contraste approprié.

  • Offrir des couleurs suffisamment fraîches et variées pour soutenir l’intérêt.

  • Renforcer le phrasé.

  • Clarifier les différents éléments musicaux. Chaque élément doit être audible.

  • Assurer une contribution personnalisée de chaque élément, permettant ce que Richard Strauss (en référant à la polyphonie de Wagner dans la préface de sa version révisée du traité de Berlioz) appelle « l’implication spirituelle des exécutants ».

  • Prévoir des parties aussi faciles à jouer que possible, en privilégiant toujours la façon la plus simple d’obtenir l’effet désiré.

  • Créer une sonorité riche (habituellement, en multipliant les plans sonores).

  • Présenter un caractère précis.

  • Utiliser efficacement la masse orchestrale.

Auteur : Alan Belkin
Source : http://www.musique.umontreal.ca:16080/personnel/Belkin/bk.o.fr/index.html

Quelques limites liées à l'utilisation des banques de sons d'orchestre symphonique, toujours plus consistantes.


J'ai, comme beaucoup de compositeurs qui font de la MAO, une panoplie de banques de sons dédiées à la création de musique orchestrale (VSL, East-West, Sam Orchestral Brass etc...) qui proposent des nomenclatures dignes du London Symphony Orchestra au complet, avec 6 cors, 18 violons, 6 contrebasses etc....

Je voudrais vous parler d'un petit souci que j'ai rencontré, vis à vis de toutes ces banques de sons dernier cri issues des USA. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais en France, on nous demande pas tous les jours de composer de la musique du style Matrix ou Alien 4, à l'exception de certains jeux vidéos et dessins animés d'aventure, voir même certaines séries policières.

Personnellement, ne jouant pas dans la cour des grands, j'ai surtout composé pour des documentaires TV, du théâtre, du multimédia culturel, de l'identité sonore de site web, des films institutionnels etc.... et je dois avouer que les banques des sons que je cite plus haut m'ont quand même bien servi, ne serait-ce que pour les cordes et les bois.

Maiiiiiiiis.....

Un jour (en mars 2008 pour être précis), j'ai dû composer une maquette pour un long métrage (comédie dramatique) sachant que la bande originale devait être enregistrée ensuite par un orchestre d'Europe de l'Est avec un effectif réduit, vu la taille de l'enveloppe : un orchestre certainement pas constitué de 6 cors, 18 violons, 6 contrebasses etc....

Afin d'éviter les risques de déséquilibre de masse orchestrale entre ma démo et le futur enregistrement en réel, j'ai dû utiliser les pupitres les plus dénudés proposés par les banques de sons (11 violons etc...) et quelques instruments solo (trombone, cors français) pour créer une maquette pas trop consistante. Et je dois dire que le réalisme sonore en a pris un coup...

Il y a parfois de belles musiques de film qui nécessitent le concours d'un petit orchestre. Le mieux, me direz-vous, serait d'écrire la partition directement sur papier. Mais je n'y arrive pas, j'ai besoin de créer une maquette pour composer (avec des sons pas trop "synthé").

En ce moment, je passe beaucoup de temps sur Synful Orchestra, pour essayer de maîtriser au mieux ses performances et faire ressortir quelque chose de réaliste. L'intérêt de ce soft, c'est qu'il est possible de choisir sa propre nomenclature.

Symphobia, du très gros son orchestral. Le dernier né de ProjectSam.


Symphobia est une banque de sons d'orchestre clairement orientée "musique de film" (Musique hollywoodienne, Remote Control Productions, etc.) Elle est un véritable outil de production d'ambiances orchestrales, essentiellement destinée à la musique d'action, suspense et d'aventure (peut-être un peu moins pratique pour composer des mélodies de comédies romantiques ?)

Alors, que trouve-t-on d'intéressant, dans cette banque de sons ? :

1) Les programmes sont répartis non pas par instruments (violons, violoncelles, cors, hautbois etc..) mais par ensembles :
  • Programmes de cordes (STRING SECTION)
  • Programmes de bois (WOODWIND SECTION)
  • Programmes de cuivres (BRASS SECTION)
Tout ceci est enregistré dans des conditions acoustiques respectant le contexte spatial de l'orchestre (réverbe, profondeur, panoramique...)

Prenons le cas des cordes, par exemple :

Elle sont réparties sur l'ensemble du clavier maître, des premiers violons jusqu'aux contrebasses, avec des layers (déclenchement des samples selon la vélocité). Cela permet à l'utilisateur d'avoir sous la main un ensemble de cordes "homogène", sans incohérences de couleur, de spatialisation et de panoramique entre les samples (puisque tout l'orchestre à corde a été enregistré dans son ensemble).
Les articulations se font via l'interface, en activant la fonction legato/répétitions/octaver ou le générateur de clusters. Des articulations spécifiques, comme des staccatissimos peuvent également être chargées à part, et s'appliquent à tout l'ensemble de cordes : fini le temps perdu à charger les articulations pour chaque instrument (violons, alti etc...).

Les programmes de cuivres et de bois présentent des fonctions similaires. Évidement, Chacun de ces 3 programmes propose des effets propres aux instruments qu'il contient (par ex : glissandi pour les trombones, trémolos pour les cordes, rips pour les cors, runs pour les flûtes etc.)

2) Une nouveauté, toujours dans la continuité de l'enregistrement par ensembles, est la mise à disposition de programmes alliant des cordes et des cuivres superposés (STRING BRASS SECTION) ainsi qu'une mise à disposition de programmes constitués de l'orchestre au complet (FULL ORCHESTRA).
On s'en doute, ces "doublures imposées" induisent des problèmes de liberté quand au choix personnel des orchestrations. Il faut donc considérer ce logiciel comme "complément" de vos banques de sons actuelles, un soft intéressant pour le renforcement d'ambiances et le gain de temps. Sans compter qu'il s'agit de doublures naturelles, donc réalistes.

Appuyez vos orchestrations, issues d'autres banques, en les mixant avec les STRING BRASS SECTION de Symphobia et vous obtiendrez certainement quelque chose de consistant et de réaliste. Cela peut être utile, notamment pour créer des nappes ou tapis orchestraux, ainsi que des orchestrations de second et troisième plan.

Note : sans aller jusqu'à dire que Symphobia assure un objectif pédagogique, l'idée de proposer des doublures entre différents pupitres (violoncelles + cors par ex) me paraît intéressante pour découvrir certaines couleurs sonores, et donc gagner, ne serait-ce que quelques miettes, en connaissances sur l'orchestration.

3) On notera également la fonction "Learn Keyrange" qui permet de personnaliser le positionnement des différents ensembles sur le clavier. On peux choisir de placer par exemple un ensemble contrebasses + bassons dans les graves, clarinettes + trompettes dans les médiums et violons + flûtes dans les aigus.

4) Autre grosse partie de Symphobia : le soft propose de nombreux effets orchestraux cinématiques, très utiles pour créer des ambiances extrêmes, difficiles à simuler en MIDI. Il s'agit par exemples de crescendos de cuivres dissonants, de tapis orchestraux apocalyptiques, de ponctuations violentes, d'effets de panique etc... auxquels s'ajoute la collection Dystopia 2 (samples dédiés aux ambiances dark ?)

Section de cuivres


5) Un programme de cordes solo avec 5 articulations, ainsi que des phrases de Duduk et autres flûtes ethniques viennent agrémenter la librairie.

Enfin, tous ces échantillons sont lus par le Player Kontakt 2 de Native Instruments.


Pour qui ?

Cette banque de sons, très orientée gros film américain, donc, me semble appropriée aux compositeurs de jeux vidéo (action, combat, guerre..) ou aux jeunes compositeurs dont on demande (pour un court métrage par exemple) de faire une musique qui ressemble à une BO de Blockbuster (comme Vendome ou Scoub 2)

Pour les compositeurs de téléfilms ou de longs métrages pour le cinéma, ça peut être utile pour placer ponctuellement des phrases orchestrales que l'on mélange à l'orchestre réel utilisé pour la BO. Disons qu'elle peut donner un sacré coup de pouce pour obtenir une ambiance sonore ni programmable avec l'ordinateur, ni réalisable avec l'orchestre dont vous disposez (si ça peut éviter quelques séances de re-recording).

Cette librairie peut être utile également pour les "monteurs son" qui font un peu de musique (pour créer des bandes annonces)

Le prix, actuellement de 999 € sur le site ProjectSAM, est impressionnant lui aussi. La qualité a un coût.

Un grand merci à David Soltany pour ses éclaircissements ;-)

Travailler sur les boucles de percussions pour les intégrer au mix orchestral


Suite à la question posée par Simon, qui aimerait bien avoir 2 ou 3 petits trucs à propos des percussions, j'écris quelques lignes sur la méthode que j'utilise le plus souvent : le découpage et l'assemblage de boucles rythmiques (je garde l'utilisation des timbales, caisse-claire, cymbales et sounds FX pour le billet qui va suivre).

Avant tout, sachez que je ne suis pas un spécialiste dans le domaine de l'électro-orchestral. Dans l'idéal, il faudrait poser la question directement à John Powell, expert en la matière. Je lui en toucherai 2 mots quand je le verrai... (ha ha ha).

Bon, alors, moi je possède 2 ou 3 plugins intéressants pour construire des boucles rythmiques : Stormdrum, Stylus RMX et parfois Xphraze. Le Stormdrum propose des boucles très convaincantes orientées musique de film d'action (à la Mediaventure). RMX est plutôt orienté batterie que percussion, avec du très gros son qui groove bien. Le Xphraze offre des pads rythmiques avec des sonorités synthétiques, très utiles pour créer un tapis sonore sous mixé. Tous les 3 proposent des boucles dont le tempo s'adapte au métronome du séquenceur, ce qui est très pratique.

L'utilisation des boucles préfabriquées par le constructeur peut amener les compositeurs à céder devant la facilité et finalement créer des musiques qui se ressemblent (un clonage stylistique comme on peut le constater chez les utilisateurs de Garageband). Heureusement avec Stylus RMX et Xphraze on peut programmer soit même les boucles de percussions (ou tout du moins les modifier allègrement) ce qui apporte un caractère personnalisé et original.

Pour aller encore plus loin dans la personnalisation, n'hésitez pas à enregistrer en audio vos boucles préfabriquées, puis de les découper, les recoller à d'autres endroits, les mixer avec d'autres boucles etc... en faisant votre "petite cuisine", vous verrez que vous pourrez créer de nouvelles boucles, bien à vous et surtout adaptées à votre passage musical. Le découpage se fait de manière très ergonomique dans un séquenceur car les rythmiques sont saccadées et répétitives :


loop


loop


loop


Exemple sonore :
(aucun rapport avec les images ci-dessus)

1- Matériau de base (boucles préfabriquées) :
  • Boucle issue de Stormdrum :


  • Boucle issue de Stylus RMX :



2- Après le découpage et l'assemblage :
  • Nouvelle boucle :


  • Dans le mix orchestral :



Voilà, donc là, vous constaterez que j'ai ajouté à la boucle rythmique quelques percussions orchestrales de façon à obtenir quelque chose d'encore plus consistant. D'ailleurs, j'ai un peu l'impression qu'à l'heure actuelle dans les blockbusters, c'est à celui qui fera le plus de bruit ! la musique n'échappe pas à ce phénomène très tendance...

Dans le billet suivant, je reprendrai le même extrait sonore (un peu plus long, même) pour vous faire écouter comment je place chronologiquement mes percussions. Généralement, c'est au milieu de la phase de création, au moment où j'ai déjà un peu de contenu orchestral.

Exemple de plans sonores et phénomène de résonnance dans une orchestration. Extait d'une bande originale de Jerry Goldsmith


Dans ce petit extrait, on distingue très nettement 3 plans d'orchestration :

Hollow Man (Jerry Goldsmith) :


Nous avons d'une part une mélodie stridente jouée par des instruments aigus (violons, flûtes) et d'autre part des ponctuations agressives en saccades jouées par des cuivres et des percussions (trombones, grosse caisse, timbales).

Le volume sonore de ces 2 parties sont à peu près identiques. On ne peut pas vraiment dire lequel est en avant et lequel est en arrière plan. Je crois que c'est notre humeur du moment qui fait qu'on va plutôt remarquer tel ou tel plan sonore en premier. Et puis, ça peut changer en cours d'écoute.

Par contre :
Entre ces 2 plans extrêmes (du point de vue des couleurs orchestrales), s'est glissé un troisième plan sonore, plus discret mais au combien utile : un petit leitmotiv récurrent joué par des cordes dans les médiums-aigus, à la manière d'un écho. Ce tapis rythmique a son importance car, d'une part il va apporter du "mouvement", et d'autre part il va lier l'ensemble pour le rendre moins sec (un peu comme le lait qu'on ajoute à la farine et les œufs pour faire des crêpes). Cet aspect technique très souvent utilisé en orchestration s'appelle la résonance...


Hollow Man Goldsmith Jerry Goldsmith
Hollow Man Jerry Goldsmith
 
(1929-2004)

La vérité sort de la bouche des enfants...


L'autre jour, à l'école, pendant l'inter-cours, j'ai mis ma zique de Vendome, super héros en fond sonore, sur le PC.

2 élèves de 6 ans passent par là :

Elève 1 : "On dirait la musique de Star Wars !"
Moi, sourire béat : "Ah oui ?"
Elève 2 : "Ouais, c'est nul"

Ces gentils bambins ont le chic pour vous torpiller en moins de 2... (bande de p'tits c...)

Le mastering : les derniers traitements audio avant d'écouter vos oeuvres dans votre lecteur CD.


(Dans notre milieu, on utilise le mot "mastering" alors qu'on devrait dire "pre-mastering". Quoiqu'il en soit, je garde l'appellation mastering car c'est moins long à écrire... paresseux que je suis)

Donc..... Qu'est-ce que le mastering ?

C'est une oprération qui consiste à appliquer d'ultimes traitements audio sur le mix final (c'est à dire une fois que le mixage est terminé et que la musique est exportée en un seul fichier audio comme un son wav ou aiff).
Dans le milieu du disque ou de la production musicale cinématographique, il existe des ingénieurs du son et des studios spécialisés pour ce travail. Au cours du mastering, Le son d'une musique est optimisé (amélioré), et même personnalisé (c'est à dire qu'il porte la signature de l'ingénieur du son).

Souvent, les jeunes compositeurs qui produisent eux-mêmes leurs maquettes doivent s'improviser "ingénieur du son".
Or, le mastering, le vrai de vrai, requiert une oreille spécialisée et du matériel dernier cri (qui coûte plus cher que ma voiture).

En même temps, quel est l'intérêt d'appliquer des opérations dignes d'un mastering professionnel sur une musique fabriquée dans un ordinateur, à partir de samples d'orchestre ou bien d'interprètes moyens enregistrés avec du matos de home studio ?

Alors, à défaut d'établir un mastering optimal, il est déjà possible (à notre niveau de home-studiste) d'effectuer quelques traitements audio sur le morceau avant de le graver sur CD :
(Cela va de soi, le mix que l'on s'apprête à masteriser doit être au format audio de bonne qualité : au moins en wav ou aif 44 KHz et 16 bit, et pas en mp3 !).

Quelques exemples de traitement audio qui peuvent s'appliquer directement dans votre séquenceur, ou encore mieux, dans un éditeur audio comme Wavelab, Sound forge, Cool Edit etc :
  • Un peu de compression pour éviter des différences importantes de volume sonore.
  • De l'égalisation (équaliseurs) pour diminuer ou faire ressortir certaines fréquences (donc certains instruments).
  • Une légère réverbération pour donner un peu plus de profondeur au mix.
  • Un traitement panoramique, pour élargir la stéréo (ça je ne l'ai jamais testé).
  • Une normalisation (pour appliquer un niveau sonore maximum, à la limite de la saturation).
  • Un fondu de sortie pour une musique qui se termine en ad lib (sans fin).


Exemple de normalisation dans Cool Edit Pro :

Avant la normalisation
Avant la normalisation
     Après la normalisation
Après la normalisation


Voilà déjà de quoi améliorer la qualité sonore de votre dernière composition. Cela rendra l'écoute plus agréable.

Avez-vous un lecteur Cd en particulier où vous aimez ré-écouter vos morceaux, pour le plaisir ?
Mon collègue, Laurent Koleda m'a dit un jour qu'il aimait tester le rendu sonore de ses musiques en plaçant son CD fraichement gravé dans le lecteur de sa voiture... et que si la musique passait bien à cet endroit, alors elle passerait bien partout ailleurs, dans n'importe quel lecteur.

Et vous ?

Un exemple de leitmotiv qui m'a servi d'élément de base pour composer une musique d'action.


Leitmotiv (nom masculin)
Motif musical repris plusieurs fois dans une même œuvre. Propos qui revient sans cesse.

Il faut souvent un point de départ pour construire une musique : un matériau musical à partir duquel on va développer une thématique. Cela peut être une mélodie, une rythmique, un enchainement d'accords...

Dans le cas d'une musique d'action que j'ai faite il y a quelques mois, je me suis basé sur le leitmotiv ci-dessous, unique point de départ :

Leitmotiv piano



Joué comme ça, ce n'était pas franchement impressionnant...


Alors j'ai fait jouer ce leitmotiv en trémolo par des violoncelles, afin d'apporter une base mystérieuse et "mouvante" : pour créer une atmosphère un peu stressante (vitesse, panique). En même temps, j'ai essayé de créer un effet de va et vient en jouant sur les nuances (p-f-p) comme pour imiter des bourrasques de tempête.

Par moments, j'ai voulu doubler ces mêmes notes en staccato par des cuivres (essentiellement des cors français), pour appuyer le côté "action".
fleche fleche
Joué par des violoncelles en trémolo :
Joué par des cors en staccato :
Notes de cors
Notes de violoncelles
Mystérieux et fluide Martial et haché


Ensuite, j'ai placé des boucles de rythmes (Stormdrums, 150 bpm) et j'ai commencé à chercher diverses mélodies jouées par des instruments aigus (violons flûtes, xylophone, caisse-claire etc...).

Ecouter un extrait :


Bon, à l'écoute, on s'aperçoit que le leitmotiv de base joué par les violoncelles n'apparait plus comme l'élément principal. Pourtant il revient de manière récurrente et apporte ce petit côté anxiogène que j'aime bien...

Voilà, juste pour dire qu'avec les mêmes notes, on peut créer des effets en jouant sur les nuances, l'orchestration (violoncelles, cors etc... ) et la notation (trémolos, piqués etc...). Souvent, quand je cherche des notes au piano, j'essaie de penser à la couleur orchestrale que je vais créer (de manière à apporter le sentiment désiré par le réalisateur).

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