Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

L'orchestration symphonique


Deux forums pour en savoir plus sur l'orchestration (en Anglais): NorthernsSounds et The Orchestration Forum


Ce ne sont pas vraiment des nouveautés, mais je voulais les répertorier ici :

Le premier forum est celui de NorthernsSounds, sur lequel on parle de banques de sons, de l'écriture, de l'harmonie et de l'orchestration. On y trouve le fameux "Principles of Orchestration by Rimsky Korsakov" (interactif, avec des exemples sonores)

Le second s'appelle The Orchestration Forum, où l'on peut poser toute sorte de questions, ou bien y répondre, à propos de l'orchestration (d'ailleurs, j'y ai trouvé quelques vieilles connaissances, n'est-ce pas Damien D ?)

C'est en Anglais (ça peut être bien pour se familiariser avec l'Anglais spécifique au domaine de la musique orchestrale).

Pourquoi ne par lire aussi :


A Paris prochainement, un Video Games Live : concert symphonique reprenant les plus grands thèmes des jeux vidéo


Les "Video Games Live" sont des spectacles interactifs (orchestre symphonique jouant en synchro sur des images de jeux vidéo projetées sur grand écran).


Voici, par exemple, un Video Games Live consacré à Metal Gear Solid 3 :





A Paris se déroulera bientôt un Video Games Live :


Video Games 2008 Live à Paris


  • Date : 18 décembre 2008
  • Heure : 20h00
  • Lieu : Palais des Congrès
  • Interprétation : Star Pop Orchestra
  • Organisation : AKOUNA Production
Plus d'info et réservations ici

Etudier les partitions des grands maîtres pour découvrir l'orchestration


Quelque soit votre cursus musical, pour espérer écrire un jour pour un orchestre symphonique, (très souvent utilisé dans la musique pour le cinéma ) il me paraît indispensable d’écouter attentivement les grands compositeurs de musique de film et de musique classique.
Avec le score sous les yeux, c’est l’idéal.

Dans mon cas, une partition papier ne m’interpelle pas beaucoup sur le plan artistique. Je dois « entendre » pour comprendre les thèmes et les orientations musicales.
Cela dit, j’aime regarder régulièrement les partitions des grands maîtres pour visualiser les ensembles. Je crois que c’est Gabriel Yared qui a émis l’idée qu’une musique bien écrite se devait d’être belle et équilibrée visuellement sur un conducteur. Je me suis fait plusieurs fois cette réflexion en ouvrant le livre d’une symphonie de Franz Schubert ou de Richard Strauss : les doublures sont harmonieuses. Il y a des symétries, des départs échelonnés, des orchestrations de premier, second et troisième plan. Ça s’entend et ça se voit.

Les partitions sont également très utiles pour découvrir la notation et la nomenclature. Les scores sont écris pour des instruments qui ont tous leurs particularités. Les banques de sons dernier cri nous permettent de placer des trills ou des staccatos mais qu’en est-il de leur notation sur une partition papier ?
Idem pour l’équilibre des masses orchestrales : combien de cordes pour combien de cuivres ? (nomenclature).

Pour une approche très complète, je conseille à celui qui aime apprendre dans les livres, de se procurer un traité d’orchestration. Pas forcément pour le lire d’un bout à l’autre mais pour piocher ça et là quelques bonnes idées. Tout y est : tessitures, nomenclature, notations, couleurs orchestrales, particularités du jeu de l’instrument, l'analyse des différents plans de l’orchestration.

Quelques références :


Enfin, un mot sur la musique assistée par ordinateur :

Un ordinateur équipé au minimum (carte son, mémoire vive, séquenceur, banques de son) permet d'expérimenter des idées musicales. Si une mélodie vous trotte dans la tête, il sera possible de la rentrer dans l'ordinateur et de commencer à l'harmoniser et à l'orchestrer : le réultat sonore (bon ou mauvais) sera directement audible. C'est très formateur, à condition de laisser l'autosatisfaction au placard et de chercher à s'améliorer.

Faire jouer ses compositions par des amis musiciens est très instructif également.

La musique de film : une passion... un travail.


Voilà, Ces derniers temps, j'ai beaucoup discuté avec d'autres compositeurs qui souhaitent faire carrière dans la musique pour l'image. Les influences de chacun sont diverses, de Hans Zimmer à Maurice Ravel en passant par Philippe Glass, mais les questions abordées, elles, sont toujours récurentes :

Quel matériel utiliser ? quelle méthode pour écrire ? comment étudier l'orchestration ? comment se faire connaître ? quel salaire demander ? quel est le statut du compositeur ? etc..

Comme, au vu des projets musicaux qui se préparent à l'horizon, l'année 2008 sera probablement placée sous le signe du travail, j'ai décidé de créer mon propre blog autour du thème de la composition de musique de film, pour partager avec vous mes expériences (bonnes ou mauvaises), mes goûts et mes envies.

Tanguy

Star Pop Orchestra, un orchestre spécialisé dans la musique symphonique populaire (musique de film, comédies musicales, arrangements pop-rock)


J'ai découvert sur Myspace cet orchestre symphonique composé de 50 à 90 musiciens dont le répertoire va de la musique de film à la variété en passant par la comédie musicale et la musique de jeux vidéo.

Star pop orchestra interprétation et enregistrement de musique de film


Cet orchestre, mis en place par Nicolas Chatenet, Mathias Charton et Christophe Eliot, a pour vocation l'interprétation d'œuvres symphoniques dites "populaires" (essentiellement de la musique de film) sous forme de concerts (John Williams, Leonard Bernstein, Alan Menken etc..).

Depuis sa création, il a également assuré l'enregistrement de quelques bandes originales pour de jeunes (mais talentueux) compositeurs. Je vous invite à visiter son espace musical pour vous rendre compte du très bon niveau d'interprétation.

Il n'existe pas beaucoup, en France, d'orchestres symphoniques spécialisés dans l'enregistrement de musique de film. Soulignons l'existence de SymphOnifilm (sous la direction de Steve Journey) qui permet d'obtenir de la bonne musique symphonique à des prix compétitifs. Dans la catégorie gros calibre, l'orchestre Colonne (sous la direction de Laurent Petigirard) souhaite également élargir le créneau "musique pour le cinéma".

Tant mieux pour nous ;-)

The Italian Job, prochainement sur le petit écran. Bande originale électro orchestrale : du John Powell pur et dur !


Diffusion prochaine du film The Italian Job (Braquage à l'italienne) le mardi 2 septembre 2008 sur TF1.

C'est en regardant le DVD il y a 3 ans, que j'ai vraiment découvert le style de John Powell des films d'action et d'espionnage. La bande originale m'avait littéralement scotchée (tout comme celle de la saga des "Jason Bourne", plus tard). Une bonne maîtrise de l'orchestre, certes, mais aussi une aisance à manipuler les parties électro qui me rend vert de jalousie ! Il y a là une recherche de sons incroyable qui donne un résultat très riche en couleurs musicales.


The Italian job

La mémorable course poursuite en Austin mini !


C'est aussi ça l'orchestration : apporter des éléments extérieurs (non symphoniques) permettant de fabriquer de nouvelles palettes sonores. Et franchement, les musiques de John Powell ne sonnent pas juste comme un tapis orchestral qu'on aurait placé sur des loops de percussion électro-acoustiques ou des riffs de guitares saturées : tous les éléments rythmiques et harmoniques sont méticuleusement imbriqués pour donner un son unique (et ô combien entrainant, je suis sûr qu'on pourrait danser dessus si ça passait dans les boites de nuit. Idée à retenir si j'ouvre un nightclub un jour).

John Powell scoring

John Powell d'excellente humeur


Je ne sais pas s'il existe en France des compositeurs "connus" particulièrement doués pour l'électro-orchestral. Je pense à Eric Serra pour son très bon travail sur "Le cinquième élément" mais je n'ai pas souvenir d'autres BO mémorables dans ce style (je ne suis pas non plus hyper calé en béophilie).

Dans mon entourage, je connais au moins deux compositeurs très prometteurs pour qui le style électro-orchestral est parfaitement maîtrisé : Guillaume Roussel (The Final Shiver) et Laurent Couson (Roméos et Juliettes). Je vous invite à découvrir leurs œuvres mélangeant un vrai orchestre symphonique à des sonorités synthétiques diverses.

Un extrait de Ghost Love Score (du groupe Nightwish) qui me tient particulièrement à coeur


Toujours dans la continuité du billet précédent, je ne résiste pas à la tentation de présenter un court extrait d'une musique de Nightwish. Un passage qui me plait particulièrement pour son aspect percutant, mêlant une voix lyrique et des chœurs à l'orchestre metal et l'orchestre symphonique (peut-être le LSO mais je ne suis pas sûr). Le mixage est impeccable. Exceptionnellement, je vous incite à monter le son et déchirer vos enceintes...

Ghost Love Score (extract) :


Notez au passage ce côté guerrier et grandiose en rythme ternaire qui n'est pas sans rappeler la BO de Gladiator (Hans Zimmer)

Gladiator (extract) :


Version intégrale du morceau (en live) :



Sur scène, on constate l'absence de l'orchestre symphonique et des chœurs. Toute la partie philharmonique est probablement pré-enregistrée (un tel réalisme orchestral ne peut être interprété note par note par l'unique clavieriste du groupe), tout comme les secondes voix lyriques.

Pause d'été. Quelques jours de vacance sous la chaleur de Vendée et le soleil aride de Bretagne.


Les mois de juillet et août sont un peu à part. Le cœur est à d'autres occupations que l'écriture de billets sur l'orchestration ou l'informatique musicale. Je m'en vais (à la plage).

Je profite de la nouvelle rubrique que j'ai appelée "à la manière de" pour mettre en écoute un morceau que j'ai composé dans le style de John Williams (dans sa période A.I, Minority Report, Catch Me If You Can). Ce n'est pas frappant, mais il y a quelques idées musicales et orchestrations qui rappellent ce style, avec un motif de 4 notes qui revient régulièrement.

Idée conceptuelle (initialement appelée Bourbaky) :



A bientôt sur la toile.

Comment définir une bonne orchestration ?


On connait tous la différence entre un bon et un mauvais chasseur...
Mais qu'en est-il de l'orchestration ?

J'ai trouvé un article très intéressant sur le sujet, de Alan Belkin, à propos de l'orchestration en général.
Je recopie ici un extrait de cet article qui énumère les points forts d'une bonne orchestration et les erreurs à na pas faire :

Une orchestration déficiente :

Alan Belkin rappelle d'abord qu'une orchestration jouable peut difficilement être franchement mauvaise.
On parlera plutôt d'un orchestration déficiente en essayant d’identifier les erreurs qui en sont, le plus souvent, la cause :

  • Faiblesse des effets, résultant d’un recours insuffisant aux ressources disponibles pour produire le caractère désiré (par exemple, un effet percussif reposant sur quelques bois et aucune percussion), ou résultant de gestes contradictoires (par exemple, l’ajout d’instruments pendant un diminuendo).

  • Fatigue auditive résultant de l’usage exagéré des registres extrêmes ou de couleurs très caractérisées, ou résultant d’un manque de fondu dans les blocs harmoniques.

  • Texture « grise » souvent causée par un abus de doublures à l’unisson.

  • Lourdeur généralisée (plutôt que localisée, à titre d’effet), engendrée par un abus de doublures ou par une surcharge du registre grave.

  • Sonorité généralement trop sèche, par absence d’arrière-plans résonant. (Une sonorité sèche peut convenir, à titre d’effet, mais rarement comme norme).

  • Confusion entre divers éléments musicaux, due à une faible différentiation des plans sonores.

  • Confusion formelle, causée par des changements de timbre à des moments arbitraires, ou par des changements n’offrant pas le degré de contraste requis.

  • Imprécision du caractère.


Une orchestration de qualité :

Une bonne orchestration doit :
  • Renforcer la forme : Les changements orchestraux doivent se faire aux endroits appropriés et présenter un degré de contraste approprié.

  • Offrir des couleurs suffisamment fraîches et variées pour soutenir l’intérêt.

  • Renforcer le phrasé.

  • Clarifier les différents éléments musicaux. Chaque élément doit être audible.

  • Assurer une contribution personnalisée de chaque élément, permettant ce que Richard Strauss (en référant à la polyphonie de Wagner dans la préface de sa version révisée du traité de Berlioz) appelle « l’implication spirituelle des exécutants ».

  • Prévoir des parties aussi faciles à jouer que possible, en privilégiant toujours la façon la plus simple d’obtenir l’effet désiré.

  • Créer une sonorité riche (habituellement, en multipliant les plans sonores).

  • Présenter un caractère précis.

  • Utiliser efficacement la masse orchestrale.

Auteur : Alan Belkin
Source : http://www.musique.umontreal.ca:16080/personnel/Belkin/bk.o.fr/index.html

Nos confrères du metal : des guitares nerveuses mêlées à des orchestrations symphoniques




On pourrait croire qu'il n'y a pas vraiment de points communs entre la musique de film orchestrale et la scène metal, et pourtant nous avons des affinités, notamment avec le metal symphonique qui puise ses inspirations du côté des compositeurs classiques et des musiques de film actuelles (Elfman, Zimmer etc...).

Dans le metal, que j'écoute volontiers même si c'est assez rare, j'aime tout ce côté "rentre dedans" qui peu paraitre peu subtil au premier abord et qui finalement demande des qualités que tous les musiciens ne possèdent pas forcément :

- De la précision et de la coordination rythmique digne d'une horloge suisse (tout en live)
- Des thématiques efficaces (dans les changements d'accords et leitmotivs)
- De la recherche d'originalité concernant les structures des morceaux
- Une interprétation musclée parfois virtuose
- Du gros son qui, s'il est bien mixé, nous fait vibrer

Et parfois (selon les catégories de metal) :

- Des orchestration symphoniques qui n'ont rien à envier à certaines BO
- Des instrumentations celtiques ou médiévales ramenant à la mythologie
- Des arrangements pour chœurs
- Des ambiances et des voix lyriques qui nous rappellent celles des films d'heroic fantasy

Je me souviens d'une remarque amicale d'un collègue d'Api Corp à propos de la musique de VENDOME : "C'est clair que Tanguy Follio fait dans du lourd" (enfin, je crois que c'était flatteur parce qu'il parlait de l'orchestration).

C'est vrai qu'il faut parfois cogner du point sur la table avec des orchestrations toniques (cuivres saturés, rythmiques imposantes, cordes percutantes) pour donner du caractère et de la personnalité à la musique (pas tout le temps bien sûr... j'aime bien aussi écrire des musiques plus intimes avec du piano ou de l'accordéon).

La personnalité, le grain et le sens de la narration : voilà ce qui me plait dans les groupes comme Nightwish ou Therion qui font bouger d'énormes masses musicales sans tomber dans la bouillie sonore et tout en respectant les règles harmoniques !

Un mot sur Myspace où les affinités se créent en fonction des styles musicaux. A savoir que la majorité de mes "amis myspaciens" qui laissent des commentaires sont des compositeurs de musique de film (qui se ressemble s'assemble). Je n'ai pas beaucoup de visites de jazzmen ou de rappeurs, encore moins de chanteurs de variété. Mais il y a une rubrique qui montre régulièrement le bout de son nez, je vous le donne en mille : nos confrères du metal !

Alors, une fois n'est pas coutume, un peu de pub pour les remercier de leurs commentaires ou mails amicaux :

the_cnk adagio
catharsysk oniromancy



Un projet nécessitant une musique à la manière de Retour vers le futur.


C'était en novembre 2006 il me semble.
Le réalisateur Stéphane Berla m'a contacté pour mettre en musique une animation flash.

L'équipe de production souhaitait réaliser un film interactif en images de synthèse (sur la sensibilisation des jeunes au problème des retraites), à la manière de "Retour vers le futur" que tout le monde connait ;-)

Donc, côté musique, le pastiche était aussi de la partie !

Le Hic, c'est que le thème de Back To The Future est tout simplement "unique" (en plus d'être génial).
Voici un extrait du fameux thème (pour les ignares) :


(Notez au passage la harpe tout à la fin qui utilise les 9 notes décrites dans mon billet précédent).

Pour mon imitation, je me suis dit que si je reprenais le motif du début, genre Sol3-Do2-Fa#3, ce serait trop proche de l'original. Mais si je m'orientais vers un thème avec d'autres notes, ce serait trop difficile de faire un clin d'œil. Alors je me suis basé uniquement sur les 2 premières notes et non pas les 3 pour définir un point de départ. Ensuite, j'ai essayé d'imiter la structure, la dynamique et l'orchestration originelle pour avoir une musique complètement pastichée (j'avoue que l'accompagnement aux trombones est allègrement plagié) :



A noter que la section de trompettes qui joue la mélodie provient de Synful. J'adoooore ce son de trompettes.

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