Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

L'orgue dans Sleepy Hollow


L'orgue à tuyaux, le plus gros instrument de musique.


Pas facile à transporter dans sa voiture...

Le plus gros instrument de musique du monde est situé aux États-Unis dans le New Jersey :
"The Atlantic City Boardwalk Hall Pipe Organ"

The Atlantic City Boardwalk Hall Pipe Organ
Le cockpit (la console fixe)



  • 7 claviers
  • 33 000 tuyaux
  • 314 jeux
  • Auditorium de 150 m de long

Danny Elfman utilise parfois les sonorités des grandes orgues dans ses génériques d'ouverture (surtout pour les films fantastiques les plus noirs). Une couleur musicale qui renforce l'aspect gothique et sombre de ses Main Titles (Les contes de la crypte, Sleepy Holow, Batman Returns...)

Sleepy Hollow (Main titles) :


Batman Returns (Birth of a Penguin) :


Pourquoi ne pas lire aussi :


Exemple de plans sonores et phénomène de résonnance dans une orchestration. Extait d'une bande originale de Jerry Goldsmith


Dans ce petit extrait, on distingue très nettement 3 plans d'orchestration :

Hollow Man (Jerry Goldsmith) :


Nous avons d'une part une mélodie stridente jouée par des instruments aigus (violons, flûtes) et d'autre part des ponctuations agressives en saccades jouées par des cuivres et des percussions (trombones, grosse caisse, timbales).

Le volume sonore de ces 2 parties sont à peu près identiques. On ne peut pas vraiment dire lequel est en avant et lequel est en arrière plan. Je crois que c'est notre humeur du moment qui fait qu'on va plutôt remarquer tel ou tel plan sonore en premier. Et puis, ça peut changer en cours d'écoute.

Par contre :
Entre ces 2 plans extrêmes (du point de vue des couleurs orchestrales), s'est glissé un troisième plan sonore, plus discret mais au combien utile : un petit leitmotiv récurrent joué par des cordes dans les médiums-aigus, à la manière d'un écho. Ce tapis rythmique a son importance car, d'une part il va apporter du "mouvement", et d'autre part il va lier l'ensemble pour le rendre moins sec (un peu comme le lait qu'on ajoute à la farine et les œufs pour faire des crêpes). Cet aspect technique très souvent utilisé en orchestration s'appelle la résonance...


Hollow Man Goldsmith Jerry Goldsmith
Hollow Man Jerry Goldsmith
 
(1929-2004)

Mixage et mastering : optimisez vos mix en appliquant un traitement audio par des effets numériques, comme la compression, la réverbe, l'égalisation.


Il y a une habitude que j'ai prise depuis très longtemps, c'est de convertir toutes mes pistes MIDI en pistes audio avant de procéder au mixage et au mastering.

Je trouve que l'audio apporte plus de dynamique. Et puis, sur une piste MIDI, je ne peux pas créer d'effets audio à moins de passer par les effets d'inserts sur les vsti, mais dans ce cas, mon ordinateur sature et fait des craquements (les effets audio en insert prennent trop de ressources).
Alors je mixe à partir de pistes audio (la conversion prend un peu de temps, mais au final, je travaille sur un matériau sonore solide et stable).

Ordinairement, pour des musiques orchestrales, j'utilise ces 3 effets numériques :

La compression va permettre de diminuer les sons trop forts, et au contraire réhausser les sons trop faibles.
Par exemple, si vous avez une partie de trompettes et qu'à un moment donné, il y a une note ou une harmonique plus forte que les autres (représentée par une crète dans l'onde audio), vous ne pourrez pas hausser le volume de cette piste car la crète est déjà au maximum (si on monte le volume, ça va saturer au niveau de la crète). Et bien, le compresseur va "écraser cette crète" et réhausser le volume de la piste. Résultat : plus de présence de votre instrument dans le mix.

Avant la compression
Avant la compression
   Après la compression
Après la compression


L'égalisation, elle, va permettre d'enlever des fréquences inutiles afin d'alléger le mix.
Par exemple, sur une piste de flûte ou de piccolo, on va pouvoir baisser les graves (fréquences basses) via un égaliseur graphique virtuel. Cela laissera plus de place dans le mix aux instruments graves comme le violoncelle ou la contrebasse. Il y aura moins de superposition de fréquences, donc moins de surcharge, donc un son plus clair et moins fatigant pour l'oreille.

La réverbe donne de la profondeur (spatialisation) à l'instrument. J'aime bien enregistrer avec des sons secs, puis doser différement une réverbe sur chaque instrument (représenté par une piste audio). Là encore, je trouve que travailler sur de l'audio facilite les choses.

Pour appliquer les effets audio, le séquenceur nécessite des VST plug-ins spécialisés : plug-in de réverbe, plug-in compresseur, plug-in d'écho etc. (marques : Ozone, Waves, TC Works, Native Instruments etc...).

J'ai beaucoup appris en parcourant ce site : ziggysono.com. Bien qu'orienté vers les instruments du rock et de la pop, (guitares, basse, batterie, piano) le contenu détaillé de ses fiches techniques est très instructif. Il ne fournit pas de recettes miracles pour optimiser un mixage, mais nous fait prendre conscience de la logique à adopter et des habitudes à prendre. Il mentionne également les erreurs à ne pas faire. Très utile !

Ma méthode concernant l'ajout de percussions orchestrales dans une musique de film d'action.


Bon, dans le titre j'ai écris "ma méthode" mais à mon avis, ça n'a rien d'exceptionnel. Je pense que beaucoup de compositeurs travaillent de la même manière. Je décris ici le type de percussion que j'utilise et à quel moment de la phase de création je les place dans le mix.

En fait, comme l'orchestration des autres pupitres, les percussions (cymbale, timbales etc...) sont insérées au fur et à mesure que les idées me viennent. Ce qui est sûr, c'est que je n'ai jamais commencé par poser une ligne de percussion me servant d'élément de base pour composer le reste. Ordinairement, je place les premières percussions quand j'ai déjà une première forme mélodique, grossièrement orchestrée.

Je commence souvent par les timbales, car elles produisent des notes (je peux tester rapidement si ça passe ou pas avec les autres instruments). De temps en temps, il m'arrive de faire des doublures :
  • Doublures entre percussions :
    - Timbales + caisse claire
    - Timbales + grosse caisse

  • Doublures avec d'autres familles d'instruments :
    - Timbales + pizzicati de contrebasse
    - Xylo + piccolo + Violons aigus
    - Staccatos de cordes + caisse-claire
    - Glockenspiel + flûte et/ou pizzicati de violons

Ci-dessous, un exemple chronologique d'insertion de percussions orchestrales (+ les percus électro du billet précédent).
Il s'agit toujours d'un extrait de VENDOME (en fait, je n'ai pas composé de musique hollywoodienne depuis). C'est promis, après ce billet, je ne ne vous harcèle plus avec notre super héros national à collants moulants.

gargouille vendome
Attention gargouille méchante !
(personnage créé par D. tomaszewski)


Fighting a gargoyle :

  1. Tapis orchestral de base :


  2. Timbales + caisse-claire + sounds FX (snap, boum )


  3. Percus électro (cf billet précédent)


  4. Cymbales + hi-hat + gong


  5. Orchestration finale (ajout de cuivres et de chœurs et encore qq FX)



Note : Vendome possède son propre myspace. Actuellement, c'est une musique de David Arnold (Casino Royal) qui habille musicalement la page. Une musique parfaitement bien réalisée en terme d'électro orchestral.

Musique orchestrale assistée par ordinateur : faire sonner son morceau de musique, produit par des banques de sons symphoniques !


Note : dans ce billet, j'ai essayé de reproduire à l'oreille (sans partitions) des extraits de Indiana Jones, de Gladiator et Nightmare Before Chsistmas, avec uniquement la banque de sons East West Symphonic Orchestra Gold (exceptée la voix dans Gladiator qui provient de Omnisphere). Dans mes compos personnelles citées comme exemples, j'utilise des instruments issus de plusieurs banques de sons telles que East West, Synful, Symphobia...

Avez-vous remarqué que les démos des sites comme Eastwest ou VSL sonnent bien dans l'ensemble. Et pourtant, lorsque l'on achète la banque de sons en question et que l'on commence à produire nos morceaux, le résultat obtenu n'est pas aussi réaliste qu'on le voudrait...

"Hé hé.. répondront certains sur un ton ironique, ce n'est pas parce que vous avez la même raquette que Rafael Nadal que vous gagnerez à Roland-Garros... "

Certes... posséder une banque de sons de qualité est une condition nécessaire mais pas suffisante (petit clin d'oeil aux profs de maths qui parcourent ce blog...). Car on s'en doute, une aptitude primordiale est de savoir écrire la musique convenablement et connaître un minimum les bases de l'harmonie et de l'orchestration. Je dis bien "un minimum" car on a bien le droit de s'épanouir dans une écriture musicale personnelle, même si elle est maladroite parfois. Et puis... j'aime penser qu'une personne dotée d'une sensibilité musicale, d'une bonne oreille et d'une certaine habilité avec la technologie, est capable de créer de belles choses avec un ordinateur et une banque de sons correcte.

Du coup, en ce qui me concerne, et bien que je ne sois pas le Nadal de la MAO, j'aimerais tout de même vous présenter quelques petits trucs qui me permettent de composer sereinement des musiques orchestrales dans un séquenceur comme Logic, Cubase, Reaper...

Tout d'abord, un constat que d'autres musiciens confirmeront peut-être : plus l'orchestre est gros, plus j'arrive à donner du réalisme. Le tutti orchestral permet de masquer les imperfections liées à la machine. Je mise sur l'inertie du groupe, le côté grandiose et spectaculaire, à plus forte raison s'il est mélangé à de grosses boucles de percussions. En revanche, avec l'ordinateur, il m'est très difficile de faire sonner un quatuor, ou une partie solo, dont l'émotion et la sensibilité émanent de la qualité de jeu de l'interprète.

Autre constat : la recherche du thème. Je ne peux hélas pas rendre authentique tout ce que je veux :(( Je peux être satisfait de mon thème parce que la mélodie me plaît beacoup, et pourtant, rien n'y fait avec les samples. Je dois parfois rebrousser chemin et repartir vers une autre direction. C'est frustrant mais ça arrive. Il y a des fois où je change des notes dans une mélodie parce que ça passe mieux avec les samples dans un sens que dans l'autre. Je deviens en quelque sorte esclave de la technique, au détriment de la liberté artistique. J'ai envie de dire : à peine plus que le compositeur qui écrit pour un orchestre non professionnel, qui évite de placer des traits compliqués, ou des notes trop hautes (pour certains vents).

Enfin bref, la MAO orchestrale, quand j' y pense, c'est quand même un sacré bordel chantier... et ça me prend beaucoup de temps. Mes habitudes reposent sur 4 axes principaux :

1) Mélanger les couleurs sonores :

C'est une très grande richesse que nous offre l'orchestre symphonique : mélanger des instruments pour fabriquer de nouveaux sons. Les combinaisons d'instruments sont incroyables, il faut s'en servir par moments ! J'ai tout sous la main pour essayer les différents coktails. Par exemple, à l'unisson : [violon + flûte] [cor + alto] [clarinette + cor] [trompette + violon] [trompette + trombone] [basson + violoncelle] [hautbois+ flûte] [violon + cor] [cor + harpe] [clarinette + basson + alto] [flûte + xylophone] [contrebasse + glockenspiel] etc...

Dans l'extrait de La valse des mariés ci dessous, le début du thème est joué par les violons, puis au bout de quelques mesures, il est doublé par une flûte. La couleur change :

Valse des mariés (Tanguy Follio) :


Un truc tout bête, quand je cherche à produire une sonorité, je vais naturellement utiliser des adjectifs qualificatifs (voire même des onomatopées). Par exemple :

- Mon thème est un peu trop "rugeux" (violoncelles), j'aimerais y ajouter un son assez "rond" pour l'adoucir (avec des cors).
- Sur la première mesure, il faudrait ajouter un son qui fasse "klang" mais pas trop "spongzz".
- Ce passage n'est pas assez "appuyé" (violoncelles), je le doublerais bien avec un son plus "grave" (avec des contrebasses).
- Le leitmotiv est "léger" comme tout (flûte), mais il manque encore un petit quelque chose de "pétillant" (avec du glockenspiel).
- Ma ligne de basse est "pêchue" (cordes graves), mais il faudrait la rendre un peu plus "présente" (avec une basse synthétique, pourquoi pas...)
- J'aime ces ponctuations "cuivrées" (cors + trombones), tiens si j'osais, je les ferais encore plus "claquantes" ou "métalliques" (avec une enclume et une cymbale).
- C'est un tapis très "doux" (cordes) auquel il manque quelque chose de "céleste" ou "aérien" (avec des choeurs pp).

Et ainsi de suite....
Il faut être curieux de tous ces mélanges. Et puis techniquement, c'est assez rapide de dupliquer une piste MIDI et de lui assigner un autre instrument.

Pour plus d'infos, cf ancien billet sur les doublures

Ainsi que ce billet sur les doublures cordes-cors

Autre chose, en combinant (toujours à l'unisson) des berceaux symphoniques à des sonorités synthétiques (Omnisphere, Reaktor etc.) on se situe dans le bionique orchestral : mélange sonore mi-classique, mi-électro. Les scores de films américains (pas seulement) foisonnent de ces nouvelles sonorités. C'est ainsi que l'on trouve dans certaines BO des couleurs vraiment originales.


2) Reproduire le jeu de l'instrumentiste :

Ah ça ! c'est mission difficile pour ne pas dire Mission Impossible... car malgré la qualité de l'échantillonage, à l'heure actuelle l'ordi ne peut pas égaler l'être humain dans le jeu de l'interprète. En consolation, on peut toujours tenter de s'en approcher en essayant de limiter les dégâts :

Articule !!!

Quand je décide de faire jouer mon instrument virtuel, dans un premier temps je chantonne la mélodie "à la manière de l'instrumentiste" en utilisant ma bouche et ma langue (comme fait souvent le chef d'orchestre, devant ses interprètes). Tenez par exemple, chantonnez The Raider's March en ne prononçant que des bua bua bua.... Puis chantonnez le même air en prononçant des pam padam pam, pam padam...

De la même manière, quand je vais poser mes notes, je vais m'efforcer de suivre la même démarche. Si je me contente de juxtaposer mes notes avec un seul et unique son long de trompettes, je vais obtenir les bua bua bua. Au contraire, si je m'efforce de reproduire un phrasé en combinant des articulations basiques (souvent fournies par la banque de sons) telles que des staccatos, des notes tenues, des marcatos, des crescendos ou decescendo (en jusxtaposition mais aussi en superposition !), j'obtiendrai un son un peu plus net, plus compréhensible.

Dans l'extrait de The Raider's March ci-dessous, Les notes de trompettes sont jouées d'abord avec un unique son long, puis avec combinaison d'articulations :

Début de The Raider's March (John Williams) :



Un peu d'humanité dans les mouvements amples de cordes

- D'abord je charge un kit d'ensemble de cordes (un pad) couvrant les tessitures des violons jusqu'à la contrebasse, avec une attaque plutôt franche. En effet, si j'utilise un son avec une attaque douce et lente, dans mon enchainement il y aura comme un effet d'aspiration au début de chaque note... c'est très typique des musiques faites sur ordinateur. Au contraire, avec un son long à attaque assez rapide, je personnaliserai la longueur des attaques (en faisant varier le volume ou l'expression avec ma souris à l'endroit voulu).

- Ensuite, sur une même piste midi j'entre la musique en "pas à pas" ou en live (du violon à la contrebasse). Je teste plusieurs valeurs de vélocité. J'essaie de lier les notes (legato) en les faisant se chevaucher légèrement. Evidement, en cas de notes de même hauteur, le chevauchement n'est pas possible... Parallèlement, je décale certaines notes de quelques millimètres pour casser la rigidité. Si je suis patient, je modifie le tempo par endroits pour simuler une sorte de rubato (un vrai casse tête). A ce stade, j'obtiens un premier jet qui sonne comme ça :

Gladiator (Hans Zimmer). Premier essai.
Kit de cordes, notes liées, tentative de rubato, mais pas d'attaques ni relâchements :



- Arrive alors le laborieux travail sur les nuances. Laborieux mais incontournable si l'on veut donner de l'émotion. Dans la partie "contrôleur " de ma piste midi, je fais varier l'expression ou le volume, un peu comme si j'étais à la place du chef d'orchestre. De la sorte, je peux affiner les attaques, crescendos, diminuendos, accents... pour un résultat qui paraîtra un peu plus humain :)

C'est ainsi que ma piste midi prend des allures de montagnes russes :

Variation du controleur midi expression dans Reaper
Variation du contrôleur Expression


- 2 petites choses que j'ai rajoutées dans l'exemple de Gladiator (mais que je ne fais pas systématiquement) : j'ai doublé la ligne mélodique par un violon solo, pour apporter du grain et du vibrato. Ensuite, pour offrir un peu plus de force dans les passages qui montent en intensité, je double les violons avec des cors très doux, très discrets.

- Enfin, pour rappeler le côté humain, rien de tel qu'une voix ou des choeurs...

Gladiator (Hans Zimmer). Deuxième essai.
Avec les nuances, qq cors en doublure et une voix légèrement plaintive.



- Pour ce genre de musique, lente avec des poses d'accords, un bon pad de cordes qui repecte bien l'homogénéité et la spatialisation, devrait suffire . Certes, je pourrais m'embêter à répartir chaque instruments sur différentes pistes midi (un programme de violons sur la piste 1, un programme d'altos sur la piste 2 etc...), comme dans la réalité.
L'avantage serait de pouvoir affiner les attaques et nuances de chaque instrument, et de régler la panoramique et le mixage comme je le souhaite. Pourtant je ne serais pas sûr d'y gagner en réalisme, car à trop vouloir isoler les parties je risquerais d'altérer l'effet d'ensemble (l'homogénéité). Je serais heureux d'avoir l'avis d'autres musiciens à ce sujet.

Les staccatos des cordes : attention à la mitraillette !

Avant de juxtaposer la même note plusieurs fois de suite, je vais d'abord regarder si je peux contourner le problème : Par exemple, plutôt que de jouer do do do... je vais tenter do do# do... ça peut être mieux ou moins bien (à tester).

Si je décide de réellement juxtaposer la même note (do do do...), je chargerai un programme de staccatos up et down (qui alterne automatiquement les coups d'archets tirés et poussés). Les banques de sons proposent de plus en plus ces kits très pratiques.

Le début (approximatif) de This Is Haloween ci-dessous n'est peut-être pas le meilleurs exemple pour illustrer mes propos, car les tempo est assez lent. Mais je suis fan de Danny Elfman, alors c'est comme ça.

Quelques accords de This is Halloween (Danny Elfman) :



Pour plus d'infos, cf ancien billet sur l'effet mitraillette des staccatos



3) Créer des effets de transition

Dans un même morceau, on peut avoir 2 parties très contrastées. C'est un choix de marquer ce contraste. Mais la plupart du temps, j'essaie d'amener avec douceur un segment musical vers un autre segment.
Comme bon nombre de musiciens, j'utilise des moyens très classiques qui sont par exemple : le glissando de harpe, le crescendo de timbales, de cymbale, de grosse caisse. Mais aussi une cymbale reverse, un wind-chimes, un cluster samplé (de cordes, de cuivres etc...).

Je considère également le changement de ton comme un effet de transition. J'aime bien, ça pimente la musique en cassant la monotonie.

Dan l'exemple ci-dessous, j'utilise pas mal d' instruments qui permettent de faire les jonctions (timbales, wind-chimes, harpe... mais aussi des staccatos de flûte !)


EDF-DTG (Tanguy Follio) :



Pour plus d'infos, cf le billet sur les transitions par ajout d'instruments

Et aussi ce billet qui illustre une transition par changement de tonalité


4) Dynamiser :

- Du point de vue musical :

Du relief, du choix, du varié !
Sur un thème je m'efforce de ne pas utiliser toujours le même instrument pour la mélodie. Par exemple, j'aime bien commencer une phrase musicale par des violons, et la terminer par des cors (tandis que les violons font l'accompagnement).

Varier les plaisirs, c'est aussi jouer avec les nuances, les répétitions (cf billet sur les répétitions), les contrastes (calme, tempête), ou au contraire les progressions douces, les modulations (changements temporaires de tonalité), les pédales (cf billet sur les notes maintenues), etc...

Du mouvement !
Si j'ai besoin de suggérer du mouvement, je le fais soit en utilisant des rythmes (percus acoustiques ou boucles samplées style RMX, Stormdrum...) soit au travers les orchestrations de second ou troisième plan. C'est moins facile à programmer, mais je sais qu'un petit leitmotiv nerveux joué aux cordes (agrémenté de piccolo) peut être vraiment efficace.

Dans l'exemple ci-dessous, je me suis amusé à faire jouer des cordes à toute allure, sous le thème principal des cors. ça m'a pris beaucoup de temps, mais ça ajoute un côté Harry Potter qui n'est pas pour me déplaire (ce jingle orchestral est édité et déposé à la SACEM).

Entertainment Logo (Tanguy Follio) :



Pour plus d'infos, cf ancien billet sur les plans sonores

Ainsi que ce billet sur comment donner du mouvement à mon accompagnement


- Du point de vue du traitement du son (avec des VST plug-ins) :

De la réverbe, d'accord mais pas trop, sinon les notes se noient et la dynamique en prend un coup.

Egalisation : De temps en temps, il me prend l'envie d'accentuer ou diminuer des fréquences sur tel ou tel instrument. C'est vraiment du cas par cas. Je le fais la plupart du temps sur les violons. J'ai toujours adoré le son des violons dans les Bandes Originales de Alan Silvestri. Elles ont parfois un aspect scintillant, mais pas agressif. J'essaie depuis des années d'obtenir ce genre de son en utilisant un égaliseur graphique, mais sans grand succès...

Un peu de compression : je le fais quand c'est vraiment nécessaire pour obtenir une amplitude sonore homogène et pallier certains contrastes trop brutaux (surtout sur les instruments graves comme les contrebasses et les timbales).

Élargissement du champ stéréo : parfois le résultat est bon. Parfois non. Je ne peux pas expliquer pourquoi (de toute façon, le billet est déjà assez long comme ça).

Mastering : En passant le mix final dans un compresseur multibande (avec modération), j'obtiens une musique plus "enhanced" (fréquences boostées, onde wave gonflée, niveau sonore imposant). Surtout pour des musique d'action ou d'aventure. S'il s'agit d'un morceau électro-orchestral, je ne passe que la partie orchestrale dans le multibande (la partie électro ayant déjà eu un bon traitement de dynamique audio par son constructeur).


Voilà voilà... C'est un article comme je n'en fais plus souvent, mais qui me tenait à coeur. Je dois dire que j'ai passé un bon paquet d'heures à le réaliser, celui-là...

En tous cas, la liste n'est pas exhaustive. Faire sonner sa musique avec un simple home studio n'est pas facile. Je compte sur vous pour partager votre expérience dans ce domaine et me permettre de compléter ce billet :)

MU.LAB, séquenceur MIDI et audio gratuit


Un logiciel que m'a fait découvrir mon collègue Michaël Dubois dernièrement (merci à toi, Mr Mickey !)

MU.LAB est une station de travail (assez modeste mais suffisante pour les jeunes compositeurs) qui permet de créer de la musique en enregistrant et en éditant du MIDI et de l'audio.

MUTOOLS, l'éditeur du soft propose 2 types de téléchargements :

- Une version entièrement gratuite : MU.LAB Free.
Cette version est limitée à 6 pistes (on peut contourner ce problème en rassemblant plusieurs pistes MIDI dans une piste audio). On ne peut exporter qu'en 16 bit (qualité CD) et on ne peut importer ou enregistrer de l'audio qu'en mono. Cela dit, l'export final (le mixdown) se fait en stéréo :)

- Une version payante à 49 € (février 2010) : MU.LAB Unlimited.
Cette version propose un nombre de pistes illimité. On peut exporter en 32 bits et on peut importer ou enregistrer plusieurs formats audio de qualité (si j'ai bien compris l'explication en anglais).

J'ai donc téléchargé la version gratuite pour tester les capacités du séquenceur. MU.LAB est livré avec des synthés d'assez bonne qualité, orientés musique électro. Le fonctionnement déroute un peu lorsqu'on a déjà beaucoup travaillé sur un autre séquenceur, mais l'on s'habitue rapidement à l'interface et les commandes.

MU.LAB :

Séquenceur gratuit

Les pistes superposées. Choix d'un son (synthé programmable) pour une piste donnée



Edition des notes en MIDI :

Séquenceur gratuit

Durée, hauteur des notes, copier-coller, déplacer etc...


Je ne me suis pas attardé sur la partie enregistrement audio car je n'avais pas de guitare ou de micro sous la main. En outre, je me suis amusé à empiler 6 pistes audio pour tester la stabilité et tout a fonctionné, sans craquement. Reste à tester avec 30 pistes (la carte son de l'utilisateur jouant un rôle prépondérant, j'imagine).

Vous souhaitez importer des banques de sons et des effets audio supplémentaires ? pas de problèmes, MU.LAB offre la possibilité d'intégrer de nombreux instruments VSTi ainsi que des effets VST ! Comme je compose plutôt dans le style orchestral, j'ai pu ouvrir la plupart des mes banques de sons, telles que East-West Symphonic Orchestra, Stylus RMX, Synful Orchestra, Halion... ce qui est quand même très confortable, compte tenu du prix !

Import des instruments VST :

Séquenceur compatible VST

Une grande partie des VST et VSTi (mais pas tous) sont acceptés par MU.LAB


TELECHARGEMENTS :

Télécharger MU.LAB Free (+ skins + notice en Français)

Forum consacré aux instruments virtuels (avec liens pointant vers des VSTi free)

EastWest Symphonic Orchestra gratuit (mais limité en sons)

VST4 Free (VST et VSTi gratuits)

Free Sound Editor (VST et VSTi gratuits)

Digital-in (VST et VSTi gratuits)

Un "Cri de Wilhelm" visuel ?


Si vous ne savez pas ce qu'est le cri de Wilhelm, mon collègue Damien a écrit un article très intéressant sur le sujet : Qu'est-ce que le cri de Wilhelm ?

Pour résumer rapidement, le cri de Wilhelm est un bruitage reconnaissable (un homme qui crie...) qui est utilisé volontairement, et de manière récurrente, dans le cinéma hollywoodien (une sorte de clin d'oeil de la profession, une espèce de challenge...).

Bernhard, mon précieux dénicheur d'idées, m'a fait parvenir un article similaire sur le sujet, à la différence qu'il ne s'agit pas d'un bruitage, mais d'un accessoire : un journal où l'on retrouve une mise en page identique (photos, cadres, titres...) au gré des films et des séries TV (même la pub s'y met).

Voir l'article sur le journal récurrent

C'est sympatoche comme tout...

Voilà voilà...

C'est tout.


Un exemple de doublure dans les mediums. Cors et cordes : une combinaison orchestrale que j'aime utiliser.


Je trouve que les cors français se marient bien avec les violoncelles. Pour moi, cette combinaison (en mezzo forte ou en forte) donne une sonorité à la fois douce et puissante (loin de l'aspect cuivré et brillant).

Le grain des cordes que l'on mélange au son rond des cors français apporte un côté moelleux, surtout s'il s'agit d'une mélodie continue (liée).

En outre, cela apporte une consistance et un effet panoramique (violoncelles à droite, cors français un peu à gauche) : je trouve que le son rempli l'espace, ce qui donne encore plus de profondeur.

Par exemple :

Atlantis (James Newton Howard)

Le contrechant joué par les Cors français + violoncelles arrive au bout de quelques mesures.

Le diable et elle (Tanguy Follio)

La mélodie est d'abord jouée par les violoncelles. Puis viennent se greffer les cors français.
Cors + Violoncelles jouent ensuite l'accompagnement, tandis que la flûte traversière reprend la mélodie.

Mon collègue Bernhard Elsner rappelle au passage que ces instruments (cors français et violoncelles) se mélangent aussi très bien avec les altos et les bassons, à l'unisson ou à l'octave.

Cors français Violoncelle Alto Basson


Astuce pour créer une ambiance Back To The Future (Retour vers le futur) de Alan Silvestri.


Je développe ici le tip que j'ai placé sur ma page myspace.

Prenez n'importe quel note, par exemple un sol2. Puis montez la gamme en respectant les intervalles suivants :
1/2 ton, 1 ton, 1/2 ton, 1 ton etc... jusqu'à tomber sur la même note à l'octave (ici sol3). Cela donne une gamme de 9 notes.

Vous avez remarqué comment Alan Silvestri use et abuse de ces 9 notes dans la musique de Back To The Future II ? :

Gamme Silvestri


Gamme Silvestri


A) Marty découvre le Futur (2015) :
  1. Faisons jouer cette gamme au ralenti par une harpe :


  2. Puis en accéléré :


  3. Encore plus vite (et plus doux aussi) :


  4. Maintenant, jouons la sur 2 octaves :


  5. Ensuite, faisons un mouvement de va et vient (up and down)


  6. Faisons jouer ce up and down 2 fois de suite dans le registre pianissimo :


  7. Ajoutons un crescendo de cors :


  8. Un peu de windshimes pour renforcer le côté fantastique :




B) Nom de Zeus :
  1. Faisons jouer les 5 premières notes de la gamme par des instruments aigus
  2. Puis jouons les 5 dernières notes de la gamme, mais en descendant, avec des instruments graves
  3. En superposant 1 et 2 on obtient un "escalier" très reconnaissable dans la BO




C) Le run qui déchire :
  1. On prolonge cet escalier des graves jusqu'aux aigus
  2. Le tout joué très très vite et très lié
  3. On rajoute un glissando de Harpe (toujours la même gamme) dans les aigus




Dans le prochain billet, je vous ferai écouter une musique que j'ai faite dans le style de Retour vers le futur ;-)
Pour le réalisateur Stéphane Berla.

Orchestre de cuivres mélangé à de l'électro : L'électrobrass du Chromatic Muséum


Un coup de coeur pour la musique de Pierre Millet, compositeur, que j'ai découvert dernièrement :)

Parmi les nombreux groupes qu'il dirige (ou dont il fait partie en tant que trompettiste et/ou compositeur), il en existe un qui a particulièrement retenu mon attention, par son côté narratif et cinématographique : L'orchestre Chromatic Muséum.

Il s'agit d'un somptueux mélange entre une douzaine de cuivres (les 4 pupitres y sont représentés), une batterie et des parties électro.

Pierre Millet assure la composition, l'arrangement et la direction d'orchestre, tandis qu'Antoine Simoni s'occupe de la programmation et le mix (dont mix en direct pendant les concerts).

Orchestre cuivres électro


La musique offre des sonorités chaudes avec des harmonies jazz et rythmées. Elle a aussi (et c'est pourquoi j'en parle dans le blog) une couleur filmique qui pourrait bien intéresser des réalisateurs.

Certes, un mixage cuivre électro ne peut sans doutes pas couvrir tous les styles cinématographiques (encore que), mais il peut être très efficace dans les fictions d'espionnage, thrillers, super héros, aventure, westerns, comédies policières etc...

Quand j'écoute la musique de Pierre, je visualise sans problèmes des images de films tels que The Score (Howard Shore), Bullitt (Lalo Schifrin), Cash (Jean-Michel Bernard), James bond (John Barry, David Arnorld...), Hancock (John Powell), OSS-117 (Michel Magne, Ludovic Bource, Kamel Ech-Chekh), ou encore Ocean's Eleven (David Holmes)... la partie électro apportant une dimension moderne.

A découvrir ! Lien myspace du Chromatic Museum



Les sites de l´annuaire :
  • Vincent Birsinger compositeur arrangeur de musique de film pour le cinema et la tv.


    Vincent Birsinger compositeur arrangeur de musique de film pour le cinema et la tv.Ce site vous permet d'avoir un aperçu de mes compositions et arrangements, et expose les prestations que je propose. Je fournis un travail "sur mesure", personnalisé en fonction des besoins des réalisateurs. Tags

    Extraits de compositions et d'arrangements.
    Quarante extraits de compositions et/ou d'arrangements associés à des images sont présentés sur le site afin que vous ayez un aperçu de mon travail.

    Du "sur mesure".
    Je rends un service personnalisé à chaque réalisateur. L’écoute est à la base de tout projet; pour les réalisateurs qui ont une idée précise de la musique qu'ils aimeraient entendre sur leurs images, je dois traduire leurs mots en notes. Pour ceux qui n'ont pas de vision précise de ce qu'ils souhaiteraient entendre je ferais des propositions jusqu’à ce qu'ils trouvent satisfaction.

    Je peux faire la musique avant le montage.
    Si vous souhaitez vous appuyer sur une musique pour faire le montage de vos images, je peux l'effectuer en amont. Pour cela je peux me baser sur la lecture d'un scenario, la visualisation de rush, ou encore la description orale de scènes (action, sentiment, atmosphère...)

    Je peux composer sur vos images.
    Une fois votre montage effectué je peux composer la musique sur la vidéo que vous m'aurez fournie. Évidement rien n'est irréversible, que se soit dans le cas où je compose la musique avant le montage ou dans le cas où je compose sur l'image après le montage, l’échange des données audiovisuelles peut se faire dans les deux sens pour un même projet, le seul but étant de faire en sorte que la musique et l'image ne fassent qu'un.

    Fil rouge musical. Doublon et contrepoint.
    Je peux composer un vecteur musical à votre film. C'est à dire une boucle mémorisable récurrente sous diverses formes. La mélodie ne varie pas mais les instruments qui la composent varient selon l'intensité des scènes.
    Je peux vous proposer de faire un doublon entre l'image et la musique, exemple : un ralentit à l'image associé à une musique au tempo lent.
    Ou un contrepoint : Un ralentit à l'image associé à un tempo rapide.

    Contact :
    Vincent Birsinger compositeur arrangeur de musique de film.
    Contact@vincent-birsinger.com
    93000 Bobigny
    France
    tél : 06-22-77-91-59
    Catégorie > Annuaire Compositeur > Annuaire Musique de film et cinéma

  • Valeria florencio soprano lyrique


    Valeria florencio soprano lyriqueConnaissance avec la carrière de la celebre chanteuse soprano lyrique
    a travers sa formation au conservatoire d'Avignon en passant par l'Opéra de Paris et le Metropolitan de New york Tags

    Concerts privés
    Nombreux concerts privés en europe et en international déplacement au maroc pour chanter dans une eglise catholique pour renovation d'un orgue a marrakech

    Revue diverses
    Nombreuses revues oraganisées par l'opéra de LYON et de L'opera de Strasbourg dans le Bas rhin
    participation a de nombreuses troupes de représentations en france

    Création de cours
    Propose des cours de chants pour débutants ou confirmés en varieté ou classique propose des exercices pour la respiration, le placement de la voix, la gestion de l'espace

    Photos de l'artiste
    Présentation en photos de l'artiste soprano lyrique en photos dans sa vie de tous les jours et dans son domaine qui es la musique soit en représentation soit en cours.

    Projet de disques
    Valeria florencio a enregistrée quelques morceaux sur CD musicaux notamment des airs sacrés accompagnée d'un violoniste, d'un pianiste dans des concert privés en salle de concert ou dans des endroits mythique comme une eglise

    Contact :
    Valeria florencio soprano lyrique
    Chemin aubepines
    84840 Lapalud
    France
    tél : 0622120049

    Thèmes abordés : Concert lyrique, Voix lyrique, Voix soprano, Chant lyon, Opéra soprano, Soliste, Cours de chant, Exercices respiration chant, Apprendre a chanter, Photo chanteuse, Apprendre à chanter juste, Artiste lyrique, Airs sacrés, Concert chant.Catégorie > Annuaire Chanteuse > Annuaire Chant classique > Annuaire Soprano