Drôle d'impression... pas toujours facile de créer "à la demande" une oeuvre musicale.
Par Tanguy, jeudi 10 avril 2008 à 21:18 - Devenir compositeur pour l’image - Tags
Pas trop la pêche en ce moment...
Depuis quelques temps, je découvre les joies du casting de compositeurs. Un casting de compositeurs, c'est tout simplement une sélection, par une boite de production, de quelques jeunes artistes qui devront chacun de leur côté proposer une maquette pour accéder au poste de compositeur du film. Celui qui réussit la maquette la plus adaptée au film se voit confier la composition de la bande originale du long métrage. Les autres sont gentiment remerciés. C'est une chance d'être pressenti pour un long métrage, j'en suis conscient.
Tout comme les entretiens d'embauche, c'est une étape décisive pour le candidat. Il est important de cerner dès le départ les attentes du réalisateur de manière à ne pas composer dans une mauvaise direction. La maquette doit être peaufinée au mieux pour mettre toutes ses chances de son côté. Mais c'est une pression supplémentaire du fait qu'une maquette bien travaillée (sur le plan du réalisme) implique d'y passer beaucoup de temps ce qui empiète sur le timing consacré à la composition elle même. A ce stade du casting, on ne peut pas se permettre de dire à un réalisateur qu'on ne connait pas : "le son est pourri mais voyez comme l'écriture est belle, ça rendra comme ça ou comme ci avec un orchestre". Bref, la pression de la commande, le syndrome de la feuille blanche, le manque de sommeil, les délais, la compétition... tous ces facteurs peuvent engendrer une forme de stress.

Personnellement, tant que je reste dans le domaine du court métrage ou du film documentaire TV, je ne rencontre pas de problèmes particuliers. Par contre, dans le cas d'un casting pour un long métrage (en prévision d'une sortie nationale et d'une BO enregistrée par un orchestre symphonique), les choses se compliquent un peu. Devant le piano ou le séquenceur, l'euphorie d'avoir été pré-sélectionné laisse subitement la place à une forme de trac qui se caractérise physiquement par une boule dans le ventre et une respiration coupée, suivi d'un manque de confiance et d'une concentration affaiblie. C'est un phénomène d'anxiété, bien connu par tous ceux qui ont passé des examens, que l'on peut atténuer rapidement par des techniques de relaxation.
Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un événement ponctuel et relativement court, comme les 10 mn qui précèdent un oral de maths ou un rendez-vous galant. Dans le cas d'une composition d'une œuvre musicale, il m'arrive de devoir supporter ces symptômes quelques jours voir même quelques semaines (ça a été le cas pour moi, dernièrement) et ça devient vite handicapant. Si par chance, le réalisateur apprécie la maquette, alors les symptômes disparaissent comme par enchantement et laissent la place à une motivation et une détermination incroyable.
Mais dans le cas contraire, une période de courte déprime et d'irritabilité viennent s'ajouter, risquant d'altérer les relations avec mon entourage proche. Ensuite, le moral remonte et je suis à nouveau prêt à combattre pour un prochain casting...
Tout ça pour dire que les déceptions font partie du métier. C'est important d'en parler car beaucoup de jeunes compositeurs baissent les bras après quelques échecs. Je pense souvent à Bruno Coulais dont la notoriété s'est vraiment confirmée à l'âge de 42 ans (avec Microcosmos). Je serais curieux de savoir si avant ça, il n'a pas eu un jour l'envie de renoncer.
Le stress lié au métier de compositeur de musique de film, La pression que subit le compositeur de musique de film engendre une forme d'anxiété, Participation à un casting de compositeurs de musique de film, Symptômes physiques et psychologiques liés à la composition d'une musique de film, La composition d'une musique à la demande peut devenir une source d'anxiété pour le compositeur, convaincre un réalisateur ou un producteur de film avec une première maquette
Pourquoi ne pas lire aussi :
La musique source : une musique que l'on trouve fréquemment dans les films.
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La musique source, c'est la musique qui est "à l'intérieur" du film. Elle est intégrée dans une scène où les personnages l'entendent réellement.
Par exemple :
- La musique d'une boite de nuit dans laquelle se passe la scène
- La musique d'un concert auquel assiste le personnage
- La chanson d'une radio dans une voiture
- La musique d'une fanfare qui passe dans la rue
- Un chanson chantée sur scène
- etc
Le choix d'une musique source dépend du désir du réalisateur (et la disponibilité du compositeur...). Cela peut être :
- Une chanson pré-existante ("Je suis un garçon" de Mylène Farmer dans le film Pédale Douce lorsque Patrick Timsit chante dans sa voiture)
- Une musique pré-existante ("Aria" de Bach dans le film Le Silence Des Agneaux avant le meurtre des 2 policiers)
- Une chanson originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("Wonka's Welcome Song" de Danny Elfman dans le film Charlie et la Chocolaterie lorsque les jeunes gagnants arrivent à l'usine)
- Une musique originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("20th Century Kiosque" de Philippe Rombi dans le film Oui mais quand la séance de cinéma se termine)
Il y a même certains cas où la BO se transforme progressivement en musique source :
Dans la première scène du film The Holiday (musique de Hans Zimmer), on entend une musique d'ouverture (comme dans beaucoup de films). Progressivement, on va s'apercevoir que c'est un des personnages qui est entrain de jouer de la musique (ce personnage est d'ailleurs un compositeur de musique de film).
A voir également : Je hais la musique (réalisation et musique de David Reyes) où l'on peut découvrir un très bon exemple de morphing "BO vers musique source" dans les dernières scènes.
The Holiday, ce soir sur TF1
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Juste un petit rappel concernant un cas particulier de musique source (cf billet sur la musique source). Le début du film The Holiday commence par une jolie musique de film. C'est la musique d'ouverture, composée par Hans Zimmer.
Petit à petit, on découvre que la musique que l'on entend est interprétée en direct par Jack Black, l'un des personnages (qui est justement entrain de travailler sur un film romantique). C'est un exemple intéressant de morphing : musique originale vers musique source.
Je n'ai pas vu le film en entier, mais d'après ma femme il y a un personnage qui fait une allusion à Hans Zimmer à un moment donné.
Concours de musique de film 2008 proposé par East-West sur le forum Soundsonline
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J'avais promis un post sur les percussions électro mélangées à de la musique orchestrale, mais il faut que je réinstalle d'abord certains softs...
En attendant, je vous fais part du nouveau concours lancé par Doug Rogers, l'administrateur du forum de Soundsonline :
Cliquer ici pour accéder au règlement
Bon, en gros, on vous propose une vidéo, d'un style très contemporain, à mettre en musique avec des banques de sons de la marque East-West (forcément). Le compositeur considéré comme créateur de la meilleure BO recevra un prix assez conséquent : des banques de sons de la marque East-West (c'est logique).
Je ne parle pas très bien l'anglois, mais j'ai cru comprendre que le concours était ouvert jusqu'au 30 juin 2008.
Avis aux amateurs...
Concours 2008 de musique de film| concours international de musique pour l'image| Une vidéo à illustrer musicalement| le forum de soundsonline propose aux jeunes compositeurs d'illustrer musicalement une vidéo| Un concours mettant en compétition des compositeurs de musique de film| De nombreuses banques de sons à gagner pour les participants du concours 2008 de musique de film| Un concours qui s'intitule score this movie
Le blog consacré à la composition de musique de film fête son premier anniversaire !
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Et oui, 1 an déjà !
Je dois dire qu'écrire des petits trucs sur l'orchestration, la MAO ou la composition, au travers ma propre expérience, c'est vraiment quelque chose que j'aime faire :)
Je démarre l'année 2009 sur la composition d'un thème épique orchestral pour un film institutionnel. Les images du film sont essentiellement des prises de vue d'hélicoptère : paysages, grandes étendues, vues aériennes de routes et de villes (Los Angeles etc...).
Comme ce travail me prend beaucoup de temps, je serai un peu moins disponible pour poster des billets dans le blog (jusqu'à février). Ceci dit, je garde en réserve quelques sujets que je ne manquerai pas de développer dès que j'aurai un peu plus de temps...
Idées en vrac à venir prochainement :
- Le métier d'arrangeur
- Les keyswitch
- Les transitions
- Vincent Malone (pour les petits)
- Exemple d'orchestration
- Musique médiévale et mouvements parallèles
- Marche mondiale pour la paix
- Aspect trigulaire des instruments de musique (pour les petits)
- Exemples d'utilisation des choeurs (en MAO et dans les BO)
- etc...
Leonard Bernstein dirigeant avec passion la deuxième symphonie de Gustav Mahler : Résurrection
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Une petite vidéo recommandée par le maestro Bernhard Elsner, pour se rendre compte à quel point un chef d'orchestre peut vivre pleinement la musique qu'il dirige. Dans cet extrait (le final de "Résurrection" de Mahler), l'implication de Leonard Bernstein est fascinante :
Note de Bernhard :
le texte chanté est "Sterben werd' ich um zu leben" (vais-je mourir pour vivre)... On dirait que Bernstein le vit vraiment.
Il y a 10 cors dans l'orchestre ! A un moment donné on les voit pointer leurs instruments vers le haut, comme demandé dans la partition.
Vidéo de Leonard Bernstein chef d'orchestre| Leonard Bernstein dirige avec passion la deuxième symphonie de Mahler| On se rend compte dans cette séquence que Leonard Bernstein vit pleinement sa passion pour la musique classique| Voir le final de la deuxième symphonie de Mahler dirigée par Leonard Bernstein| Voir la vidéo du final de la symphonie Résurrection de Gustav Mahler| Cette vidéo montre un orchestre philharmonique qui possède 10 cors français| Leonard Bernstein dirige un orchestre symphonique notamment constitué de 10 cors
The Italian Job, prochainement sur le petit écran. Bande originale électro orchestrale : du John Powell pur et dur !
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Diffusion prochaine du film The Italian Job (Braquage à l'italienne) le mardi 2 septembre 2008 sur TF1.
C'est en regardant le DVD il y a 3 ans, que j'ai vraiment découvert le style de John Powell des films d'action et d'espionnage. La bande originale m'avait littéralement scotchée (tout comme celle de la saga des "Jason Bourne", plus tard). Une bonne maîtrise de l'orchestre, certes, mais aussi une aisance à manipuler les parties électro qui me rend vert de jalousie ! Il y a là une recherche de sons incroyable qui donne un résultat très riche en couleurs musicales.

La mémorable course poursuite en Austin mini !
C'est aussi ça l'orchestration : apporter des éléments extérieurs (non symphoniques) permettant de fabriquer de nouvelles palettes sonores. Et franchement, les musiques de John Powell ne sonnent pas juste comme un tapis orchestral qu'on aurait placé sur des loops de percussion électro-acoustiques ou des riffs de guitares saturées : tous les éléments rythmiques et harmoniques sont méticuleusement imbriqués pour donner un son unique (et ô combien entrainant, je suis sûr qu'on pourrait danser dessus si ça passait dans les boites de nuit. Idée à retenir si j'ouvre un nightclub un jour).

John Powell d'excellente humeur
Je ne sais pas s'il existe en France des compositeurs "connus" particulièrement doués pour l'électro-orchestral. Je pense à Eric Serra pour son très bon travail sur "Le cinquième élément" mais je n'ai pas souvenir d'autres BO mémorables dans ce style (je ne suis pas non plus hyper calé en béophilie).
Dans mon entourage, je connais au moins deux compositeurs très prometteurs pour qui le style électro-orchestral est parfaitement maîtrisé : Guillaume Roussel (The Final Shiver) et Laurent Couson (Roméos et Juliettes). Je vous invite à découvrir leurs œuvres mélangeant un vrai orchestre symphonique à des sonorités synthétiques diverses.
Musique de John Powell compositeur hollywoodien| Compositeur de la BO de The Italian Job| Compositeur de la bande originale du film Braquage à l'italienne| Qui a composé la musique du film The Italian Job (Braquage à l'italienne) ?| John Powell maîtrise parfaitement le style électro orchestral| Guillaume Roussel maîtrise parfaitement le style électro orchestral| Laurent Couson maîtrise parfaitement le style électro orchestral| Mélange d'orchestre symphonique et de sonorités synthétiques| Mix entre orchestre philharmonique et instruments électros| La musique électro-orchestrale dans les films d'action et d'espionnage
La musique de film et les couleurs modales : créer des atmosphères musicales avec les 7 modes de l'échelle diatonique.
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Aaaaaah, je ne veux pas écrire un énième article sur la théorie des modes diatoniques, (Ionien, dorien etc...), mais juste vous faire écouter quelques exemples sonores de ces modes, que j'ai piochés dans des bandes originales. Bien que j'ai écrit "couleurs modales" dans mon titre, le laisse de côté les gammes chinoises, arabisantes, andalouses etc... que je garde pour un prochain post ;-)
L'article sur Wikipédia explique très bien la théorie des modes musicaux (je vous invite à le consulter). Pour l'heure, je vous ai concocté une petite sélection musicale :
Je me limite volontairement aux touches blanches du clavier et je prends la gamme de do majeur comme point de repère (sachant que les 7 modes diatoniques se transposent dans toutes les tonalités).
1) MODE DE DO
Jouons la gamme de do majeur "do ré mi fa sol la si do" : c'est le mode ionien.
Superman (John Williams) :
Nous sommes là dans une gamme majeure classique avec une atmosphère musicale typique que l'on trouve dans toute musique en tonalité majeure (richesse, optimisme, ouverture etc...)
2) MODE DE RE
Maintenant, on va jouer les notes de la même gamme, mais en commençant par le ré :
"ré mi fa sol la si do ré" : c'est le mode dorien.
La Toison douce (Tanguy Follio) :
L'atmosphère musicale qui en découle a une connotation médiévale, celtique.
3) MODE DE MI
Toujours en décalant la note de départ vers la droite, donc en commençant la gamme par le mi :
"mi fa sol la si do ré mi" : c'est le mode phrygien.
Gladiator (Hans Zimmer) :
Ce mode permet de créer une couleur hispanique (bien que ce ne soit pas le seul mode). D'ailleurs, dans Gladiator, on le surnomme "l'Espagnol !" .
4) MODE DE FA
En commençant la gamme par le fa :
"fa sol la si do ré mi fa" : c'est le mode lydien.
Jumanji (James Horner) :
Il en ressort un petit côté "Disney" avec une pointe de merveilleux et une touche de mystère.
5) MODE DE SOL
En commençant la gamme par le sol :
"sol la si do ré mi fa sol" : c'est le mode mixolydien.
The Full Monty (David Lindup) :
Ce mode présente une couleur musicale d'un aspect un peu plus rock.
6) MODE DE LA
En commençant la gamme par le la :
"la si do ré mi fa sol la" : c'est le mode éolien.
36 quai des orfèvres (Erwann Kermorvant) :
C'est la gamme mineure naturelle, à l'aspect plus sombre et plus mélancolique que la gamme majeure (encore que...)
7) MODE DE SI
En commençant la gamme par le si :
"si do ré mi fa sol la si" : c'est le mode locrien.
Gamme :
C'est une gamme assez étrange pour laquelle je n'ai pas encore trouvé d'exemple dans la musique de film. Si quelqu'un a un extrait à proposer....
J'ai retranscrit succinctement (à l'oreille) les extraits de Gladiator, Jumanji et 36 quai des orfèvres, (et j'ai détuné The full Monty) pour les proposer dans la même tonalité que mes autres exemples. Pardon aux compositeurs pour avoir quelque peu dénaturé leurs œuvres. 36 quai des orfèvres, par exemple, sonne bien mieux dans sa tonalité d'origine (mi mineur) que dans mon extrait (la mineur).
Bien entendu, pour ne pas tomber dans le cliché, ce n'est pas la peine de foncer tête baissée et de composer une musique bretonnante de 10 minutes en utilisant uniquement le mode dorien. Il faut penser à varier les plaisirs et revenir de temps en temps à des atmosphères musicales plus classiques (via les gammes majeures et mineures).
Comment créer une ambiance celtique ou médiévale ?| Comment créer une atmosphère musicale hispanique ? L'utilisation des modes dans la musique de film| Les 7 modes de l'échelle diatonique| Les couleurs modales pour créer des atmosphères musicales particulières| les 7 modes musicaux sont ionien dorien phrygien lydien myxolydien éolien et locrien| Quelle gamme et quels intervalles pour créer une ambiance à la Disney ?| La musique de film et les modes| Utilisation des couleurs modales en musique de film
Attention aux traumatismes auditifs. Soyons prudents avec le casque ou les enceintes...
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Cela fait déjà plusieurs personnes que je rencontre qui connaissent des cas d'hyperacousie ou d'acouphène...
Les prévention des traumatismes auditifs ne sont pas à prendre à la légère dans notre métier où l'on est longtemps exposé aux décibels, que ce soit devant nos monitors ou avec le casque sur les oreilles.

J'ai consulté le site de l'APTA (Association de Prévention des Traumatismes Auditifs). Ils expliquent bien que les lésions auditives apparaissent d'un part en fonction de l'intensité du bruit, et d'autre part en fonction de la durée d'exposition. Ce qui signifie qu'il est important de travailler en mettant la musique pas trop fort, certes, mais également pas trop longtemps.
Prudence, donc...
Consulter le site de l'APTA (Association de Prévention des Traumatismes Auditifs)
Consulter le site de Pierre Voyard (qui traite le sujet en tant que compositeur-musicien).
C'est édifiant !
La musique et les traumatismes auditifs| Le métier de compositeur et les acouphènes| Compositeurs et musiciens sont soumis aux risques de traumatismes auditifs| Les handicaps ou maladies liés au métier de compositeur| Les compositeurs qui travaillent devant leur ordinateur risquent des traumatismes auditifs comme les acouphènes ou l'hyperacousie
Exemple de musique produite dans Finale (Logiciel de partitions) avec les sons de la Garritan Personnal Orchestra.
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Dans ce billet, je voudrais vous faire écouter une musique composée par Pierre Maillard à l'aide de l'éditeur de partitions Finale 2007 incluant la GPO (banque de sons orchestraux Garritan).
J'affirmais dans ce billet que pour obtenir une musique orchestrale (par ordinateur) au son réaliste, le passage par un séquenceur me paraissait incontournable (contrairement à l'éditeur de partitions qui sert d'abord..... à faire des partitions). Je le pense toujours, mais après avoir écouté certaines musiques de Pierre, j'ai un avis plus flexible sur le sujet, et j'en suis fort content.
L'exemple ci-dessous est une musique romantique, avec essentiellement des bois et des cordes (+ harpe). Le tempo est assez lent, et le compositeur (âgé de 25 ans seulement) n'est pas tombé dans la facilité qui consiste à superposer des nappes de cordes en accords plaqués, sur lesquelles on ajoute une mélodie de flûte. L'écriture est agréable, avec du relief et de belles couleurs. Il est indéniable que ce morceau a été pensé "orchestre".
Sur le pont de Madison (Pierre Maillard) :
Même si l'on se rend compte qu'il s'agit d'une musique virtuelle, je trouve le rendu assez authentique, surtout pour une musique écrite dans un éditeur de partitions !
Cet exemple montre également l'importance de l'écriture. La qualité des samples ne fait pas tout.
Je dis ça parce que je reçois souvent des demandes d'avis de la part de jeunes compositeurs (ça y est, je parle comme un vieux sage qui aurait fait une brillante carrière). Je constate que certains misent d'abord sur le côté "gros son", en proposant des musiques avec des ponctuations à la symphobia qui apportent un effet spectaculaire, cachant des mélodies, harmonies et orchestrations souvent pauvres.... des musiques sans réelle personnalité.
C'est pourquoi lorsque Pierre m'a demandé mon avis, j'ai été agréablement surpris. Je lui souhaite sincèrement de réussir dans ce métier et de continuer à écrire comme il le fait :)
Le réalisateur : interlocuteur privilégié dans la création d'une musique de film.
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Le réalisateur (le réal ou le réa dans notre jargon), c'est la personne qui, avec le superviseur musical, est la mieux placée pour décrire ses attentes vis à vis de la musique à composer pour le film.
Une phrase que j'ai souvent entendue : "ce film, c'est son bébé".
Certes, ce n'est pas le bébé brailleur qui rempli allègrement ses 8 couches par jour, mais plutôt le bébé tendresse qui fait notre fierté, que l'on souhaite protéger et voir grandir.
Pour un réalisateur, un film est toujours une grande aventure, une œuvre originale dans laquelle il s'est humainement impliqué. Sa grande ferveur artistique est souvent malmenée par les réalités techniques comme les moyens budgétaires, les délais impartis, la météo, ou encore certains problèmes de communication avec la boite de production. Mais cela ne l'empêche pas de créer... Finalement cette vision ressemble beaucoup à celle des compositeurs : pas mal de points communs nous rapprochent.
En ce qui me concerne, la plupart de mes collaborations avec les réalisateurs se sont bien passées. Bien sûr, il y a (et il y aura) toujours des mauvais caractères ou des orgueilleux (que ce soit du côté des réalisateurs ou des compositeurs), mais dans l'ensemble, ce sont des gens sympathiques qui ont l'habitude de travailler avec d'autres personnes et qui sont parfaitement conscientes des valeurs relationnelles et psychologiques.
En début de projet, j'essaie d'adopter une attitude sereine et de me dire que je ne travaille pas pour le réalisateur, mais "avec" le réalisateur. Cela commence souvent par une rencontre physique au cours de laquelle on parle du film, du rôle de la musique, de certaines références musicales à prendre en compte, des goûts musicaux de chacun... A ce stade, il est rarement question de rémunération ou de devis d'orchestre et d'enregistrement qui me paraissent pourtant incontournables si l'on veut obtenir de la qualité. Mais le "comment" n'est pas la première préoccupation du réalisateur qui privilégie avant tout l'aspect artistique.
C'est délicat pour nous d'essayer de répondre à ses aspirations si l'on sait pertinemment qu'il n'y aura pas les moyens financiers pour réaliser une belle musique. Il le sait bien pourtant, puisque lui même est confronté aux mêmes problèmes pour mener à bien son projet. Mais ce film, c'est son bébé.... pour les sous, voyez avec la production...
On entre alors dans une relation triangulaire : réalisateur-compositeur-producteur qui peut très bien se passer (ou pas).
Au fur et à mesure que le projet avance, une relation de confiance s'instaure avec le réalisateur. Transcrire musicalement ce qui est dit verbalement est parfois difficile. Il m'est arrivé de devoir décoder le vocabulaire "subjectif" du réalisateur, comme "j'aimerais quelques chose de plus granuleux et moins gris à cet endroit" ou encore "ça manque de couille" (véridique). Ce n'est pas tellement le sens des mots qui est difficile à traduire musicalement, mais le degré d'application. Par exemple, pour rendre un morceau plus couillu (pour rester dans le dernier exemple), il existe 36 manières de procéder. Souhaite-t-il une musique un peu plus ou beaucoup plus orchestrée ? Est-ce que je lui propose quelque chose de plus viril, ou alors de plus rapide, de plus consistant, de plus cuivré, de plus agressif, de plus dynamique, de plus mémorable sur le plan thématique, de plus osé sur le plan harmonique etc... et surtout jusqu'à quelle intensité ? La discussion est donc primordiale pour être bien sûr de ne pas se lancer dans une mauvaise direction. Car la moindre orchestration approfondie, le moindre changement de thème peut demander des heures de travail.
J'aime bien travailler avec un réalisateur qui a quelques notions d'orchestration. Il est plus facile pour moi de répondre à ses attentes lorsqu'il me demande d'enlever la partie de trombones qui le gêne, ou de mettre en valeur les cordes à tel endroit. Le pire, c'est lorsque le réalisateur ne sait pas vraiment ce qu'il veut. Ordinairement, cela se traduit par la phrase standard "surprenez moi" qui veut tout dire et rien dire à la fois... beaucoup d'heures de travail à tâtonner, le temps de tomber sur le thème, l'harmonie, l'orchestration qui sera susceptible de plaire... au petit bonheur la chance. Certains compositeurs y arrivent très bien. C'est peut-être ça le talent. Mais moi, je sais que j'ai besoin d'être guidé. C'est à partir de l'idée directrice que je vais pouvoir me lancer, personnaliser, orchestrer à ma manière et surprendre parfois. Voilà, c'est ça : je crois qu'il est difficile de surprendre quelqu'un qui s'attend à être surpris. Au contraire, lorsqu'un réalisateur souhaite quelque chose de précis, c'est l'occasion rêvée d'apporter une petite touche personnelle, un élément de surprise...
La relation réalisateur compositeur dans cadre d'un projet cinématographique| Le réalisateur est un partenaire privilégié du compositeur de musique de film| La réussite d'une musique de film repose avant tout sur la discussion avec le réalisateur| Ce film c'est son bébé| Il est parfois difficile de traduire musicalement les mots du réalisateurs| La relation triangulaire producteur réalisateur compositeur| Faire comprendre qu'il faut un budget orchestre adapté pour réaliser une musique de film de qualité| La rencontre physique compositeur réalisateur est primordiale| Le relationnel et la psychologie sont des facteurs importants chez les réalisateurs et les compositeurs| Notre métier de compositeur de musique de film est de surprendre| Instaurer une relation de confiance avec le réalisateur
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