Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

La SACD et la SCAM lancent un appel à mobilisation pour soutenir la télévision publique


Appel à une mobilisation des artistes, lancé par la SCAM et la SACD, pour la survie de la création audiovisuelle et la télévision publique


Le 15 septembre prochain à 20h au Théâtre du Chatelet, La SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia) et la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) organisent une soirée de mobilisation pour que vivent la télévision publique et la création audiovisuelle.

Cet appel à la mobilisation concerne tous les gens du spectacle tels que les réalisateurs, les compositeurs, les chanteurs, les musiciens, les techniciens etc.

SOS Télévision publique :
  • Pour préserver l'indépendance des médias
  • Pour défendre le rôle et la place de l'audiovisuel public dans notre société
  • Pour soutenir la création et l'innovation
  • Pour que la réforme de l'audiovisuel consolide les obligations des chaînes privées à l'égard de la création française

Plus d'info sur le site Appel du 2 juin

Réservation indispensable : cliquer ici

Pourquoi ne pas lire aussi :


Tanguy, le film. Bande originale de Pascal Andreacchio


Un film fort sympathique qui passera prochainement sur le petit écran.

Tanguy Le Film


Eric Berger, vu dernièrement à la télévision dans le film "Quatre garçons pleins d'avenir" (franchement drôle), incarne ici le personnage de Tanguy, un grand dadet de 28 ans qui n'arrive pas à quitter le cocon familial.

Heureusement, tous les Tanguy ne sont pas comme ça ;-)

Côté musique, c'est Pascal Andreacchio qui signe la bande originale du film. Une musique discrète, qui penche vers des sonorités et thématiques asiatiques, la Chine et le Japon faisant partie intégrante de la vie étudiante (et sexuelle) du personnage.

Pascal Andreacchio avait déjà collaboré avec Étienne Chatiliez sur d'autres projets (comme "Le Bonheur est dans le pré").

Tanguy, Dimanche 30 novembre 2008 à 20h50 sur TF1

S-Browser 2.5 : un petit browser très pratique pour les musiciens


Conçu par Nouvelle Cible Studio S-Browser 2.5 est un petit "Explorateur/Lecteur" dédié à la recherche de vos fichiers audio (samples, riffs, prises, voix, musiques) et MIDI.

S-browser 2.5 Browser pour les musiciens



La lecture des échantillons sonores est activée par simple clic sur le ficher, ce qui permet d'avoir un aperçu très rapide de votre base de données musicale.

Caractéristiques du S-Browser 2.5 :
  • Lecture de .wav .mp3 .wma et .mid
  • Indication sur la durée du morceau
  • Barre de progression (durée)
  • Début de lecture à n'importe quel endroit du morceau
  • Pause / Reprise
  • Mise en boucle
  • Variation du volume
  • Variation du pitch (retour facile au pitch initial)
  • Support multi-langues
  • Compatible Windows Vista
  • Utilitaire très léger (moins de 1 Mo)

Ce petit utilitaire, bien pratique, est téléchargeable gratuitement ici
Pour ceux qui souhaitent soutenir son créateur, il est également possible d'effectuer un don en ligne ;-)


Musique de pub pour la télévision libanaise.


Il s'agit d'une musique d'une publicité pour une boisson gazeuse (BISON) que j'ai faite il y a quelques mois. Une publicité produite par Zoé Productions, réalisée par Julien Seri, et qui est diffusée au Moyen Orient.

Au départ, le client souhaitait une musique tribale composée uniquement de percussions urbaines, à la STOMP. L'idée me plaisait beaucoup !
Je me suis donc tourné vers mes banques de sons à la recherche d'éléments sonores à l'aspect métallique et plastique afin de créer des rythmiques originales (que je comptais mélanger à des extraits de boucles pré-existantes, pour l'aspect live).

Alors que j'achevais mes premières maquettes, l'orientation artistique changea brusquement pour passer à de la techno ! Je n'avais rien contre, si ce n'est que la techno n'est pas du tout mon point fort. Mais ayant été choisi pour faire la musique, je ne pouvais pas faire machine arrière.

Après réflexion et concertation (avec la boite de production libanaise et Api Corp), j'ai proposé une musique électro essentiellement composée de basses saturées et de rythmes techno plus ou moins sophistiqués, tout en essayant de conserver un aspect urbain et cinématographique (l'histoire du film est une course "duel" de rollers entre un gentil et un méchant). L'idée ayant été approuvée par la production, il me restait à synchroniser la musique sur les images, en plaçant des ponctuations adéquates relatives au mouvement de la caméra et au sens de l'histoire :


C'est ainsi que j'ai été amené à créer une musique dans un style très différent que ce que je propose habituellement.


PS : sur cette vidéo, la musique est en mono.

Pour l'écouter en stéréo :


Petites chansons pour les enfants


Une petite comptine qui s'intitule Dans l'herbe mouillée pour faire plaisir à Vincent B ;-)


Comme quelques uns de mes collègues (Alex, David, Laurent, Bernhard etc...) il fût un temps où je faisais des arrangements pour des comptines du domaine publique.
Cela n'a rien à voir avec la musique de film ! me direz-vous... Certes, mais c'était tout de même très formateur.

D'abord sur le plan narratif, car il fallait choisir une instrumentation qui collait à l'identité de chaque comptine (du saxo pour les petits canards, de la flûte pour les petits oiseaux, de la fanfare pour les clowns etc...).
Ensuite sur le plan harmonique, car il fallait trouver des enchainements d'accords intéressants (autres que I-V-I) pour accompagner les mélodies très simples, ce qui n'était pas si évident ! Il suffit d'écouter les diverses variations de Mozart sur "Ah vous dirais-je maman" pour s'en rendre compte.




Dernièrement, je me suis fait un petit arrangement de Un éléphant qui se balançait de manière un peu rock pour m'amuser (guitare, batterie, cuivres). Chant : Gwen Follio (p'tit frère)



Pour rependre ce que j'expliquais plus haut, on peut entendre, tout à la fin, un shaker de trompettes ainsi qu'un glissando de trombones qui décrivent la dégringolade des éléphants...

Famille ou amis, le musicien est parfois sollicité ! (mariages, anniversaires, galas de danse...).


Quiconque qui touche bien en informatique (par métier ou par passion) a certainement été sollicité par son entourage pour réparer un ordinateur qui ne "marche pas".

Il y a des métiers comme ça (mécaniciens, coiffeurs, policiers, électriciens, menuisiers etc...) très utiles pour rendre des petits services en dehors du temps de travail.

Pour nous c'est un peu différent. On fait appel à nos compétences de compositeur, d'arrangeur ou d'accompagnateur, essentiellement pour les grandes occasions (mariages, fêtes de famille, départs en retraite), à titre gracieux bien sûr (et c'est bien normal). Je ne m'en plains pas, au contraire, car c'est important d'être reconnu par ses proches comme quelqu'un d'expert dans un domaine particulier.

Tout le monde côtoie (ou est) au moins l'un de ces personnages remarquables :
  • L'oncle rigolo
  • Le copain bricoleur
  • Le frère animateur
  • Le cousin guitariste
  • Le beau frère informaticien
  • La sœur dessinatrice
  • La tante cuisinière
  • Le pote musicos
  • Les amis sportifs
  • Le neveu surdoué en sciences
  • Le copain armoire à glace
  • Le patriarche cultivé
  • etc. etc...

Je ne sais pas pour vous, mais moi je suis la personne ressource à qui l'on confie les tâches relatives à la musique, comme :
  • Composer un thème d'ouverture pour un mariage
  • Ré-écrire la version instrumentale d'une chanson (sur laquelle on placera d'autres paroles)
  • Accompagner un chanteur (dans une église, une salle des fêtes, un concours IUFM...)
  • Transcrire une chanson dans une autre tonalité pour que tonton Pierre puisse chanter
  • Trouver les accords d'une chanson
  • Faire un montage audio (dans Cool Edit pro) pour un spectacle de danse
  • Composer des jingles pour des sketches
  • S'improviser ingénieur du son (cablage, mixage)
(Bon, en réalité nous sommes nombreux dans la famille à jouer d'un instrument, donc je ne suis pas le seul à être sollicité).

J'insiste bien sur le fait que c'est toujours un réel plaisir de rendre service, tout en précisant quand même qu'une musique d'un minium de qualité ne se fait pas en claquant des doigts.

Pour l'anecdote, l'une de mes tantes me demanda un jour si je pouvais chanter comme soliste à la cérémonie de mariage de sa fille, son argument étant : "tu sais faire de la musique, donc tu sais chanter de toute évidence". Pas vraiment tatie, pas vraiment... (je craignais un peu pour les vitraux). Il m'a fallu quelques minutes pour lui faire comprendre qu'un musicien pouvait très bien avoir une voix de casserole, et pas forcément très juste (comme c'est mon cas).

Bidouillage et système D pour placer des textures de choeurs dans une musique orchestrale.




Les banques de sons coûtent assez cher, et c'est vrai que le budget du compositeur de home-studio ne permet pas toujours de disposer du dernier module de chœurs (en ce moment, c'est Symphonic Choirs de East-West qui est très en vogue).

Il m'est arrivé d'aller piocher quelques mesures dans diverses bandes originales. J'isolais quelques passages que je recollais dans un nouveau morceau orchestral. Cela me permettait de construire une nouvelle musique avec une texture "orchestre + chœurs" qui apportait un aspect grandiose et solennel que l'on n'obtient pas facilement sans les chœurs. Je me permets de décortiquer un exemple, sachant que la musique finale (Apocalypse) n'a pas été commercialisée.

Phase 1 : extraction de chœurs à partir de 2 bandes originales :


Phase 2 : découpage, assemblage pour créer une autre mélodie (résultat haché) :
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param name="movie" value="http://tanguyfollio.free.fr/mp3/dewplayer.swf?mp3=http://tanguyfollio.free.fr/mp3/choeurs3.mp3">


Phase 3 : habillage avec l'orchestre (pour plus de résonance et masquer les défauts) :


Phase 4 : rajout des boucles de percus (pour plus de fluidité) :


Vous voyez que dans cet exemple précis, on est très loin de l'écriture pour chœur. Seule la partie orchestrale demande des compétences en écriture et en orchestration. Le reste, c'est juste du Légo, de la petite cuisine qui permet de produire une musique dans un style apocalyptique, avec les moyens du bord. Un vrai cache-misère...

Pour un long métrage avec un budget adapté, j'aurai disposé d'une banque de sons professionnelle, voir même d'une chorale toute entière. L'argent est donc un facteur déterminant qui entre en ligne de compte dans la qualité d'une musique de film.

Ecouter Apocalypse :
(durée : 1 mn)




Note : pour des raisons juridiques évidentes, cette technique n'est pas recommandée si votre musique entre dans le cadre d'une rémunération ou d'une diffusion publique générant des droits. Où alors, il faut veiller à ce que les fragments subtilisés ce ne soient pas reconnaissables par un tiers, donc prudence... (l'exemple ci-dessus, c'est juste pour le fun).

Comment définir une bonne orchestration ?


On connait tous la différence entre un bon et un mauvais chasseur...
Mais qu'en est-il de l'orchestration ?

J'ai trouvé un article très intéressant sur le sujet, de Alan Belkin, à propos de l'orchestration en général.
Je recopie ici un extrait de cet article qui énumère les points forts d'une bonne orchestration et les erreurs à na pas faire :

Une orchestration déficiente :

Alan Belkin rappelle d'abord qu'une orchestration jouable peut difficilement être franchement mauvaise.
On parlera plutôt d'un orchestration déficiente en essayant d’identifier les erreurs qui en sont, le plus souvent, la cause :

  • Faiblesse des effets, résultant d’un recours insuffisant aux ressources disponibles pour produire le caractère désiré (par exemple, un effet percussif reposant sur quelques bois et aucune percussion), ou résultant de gestes contradictoires (par exemple, l’ajout d’instruments pendant un diminuendo).

  • Fatigue auditive résultant de l’usage exagéré des registres extrêmes ou de couleurs très caractérisées, ou résultant d’un manque de fondu dans les blocs harmoniques.

  • Texture « grise » souvent causée par un abus de doublures à l’unisson.

  • Lourdeur généralisée (plutôt que localisée, à titre d’effet), engendrée par un abus de doublures ou par une surcharge du registre grave.

  • Sonorité généralement trop sèche, par absence d’arrière-plans résonant. (Une sonorité sèche peut convenir, à titre d’effet, mais rarement comme norme).

  • Confusion entre divers éléments musicaux, due à une faible différentiation des plans sonores.

  • Confusion formelle, causée par des changements de timbre à des moments arbitraires, ou par des changements n’offrant pas le degré de contraste requis.

  • Imprécision du caractère.


Une orchestration de qualité :

Une bonne orchestration doit :
  • Renforcer la forme : Les changements orchestraux doivent se faire aux endroits appropriés et présenter un degré de contraste approprié.

  • Offrir des couleurs suffisamment fraîches et variées pour soutenir l’intérêt.

  • Renforcer le phrasé.

  • Clarifier les différents éléments musicaux. Chaque élément doit être audible.

  • Assurer une contribution personnalisée de chaque élément, permettant ce que Richard Strauss (en référant à la polyphonie de Wagner dans la préface de sa version révisée du traité de Berlioz) appelle « l’implication spirituelle des exécutants ».

  • Prévoir des parties aussi faciles à jouer que possible, en privilégiant toujours la façon la plus simple d’obtenir l’effet désiré.

  • Créer une sonorité riche (habituellement, en multipliant les plans sonores).

  • Présenter un caractère précis.

  • Utiliser efficacement la masse orchestrale.

Auteur : Alan Belkin
Source : http://www.musique.umontreal.ca:16080/personnel/Belkin/bk.o.fr/index.html

Melodyne, un outil qui permet d'isoler et de modifier des élements audio, dans un mix...


Avec cette avancée technologique, les ingénieurs repoussent les limites de l'édition audio (analyse polyphonique d'un signal !).




Melodyne Studio de la marque Celemony offre des possibilités très intéressantes : outre les fonctions très précises de correction d'amplitude et de hauteur, il permet de créer de nouvelles rythmiques et de nouveaux accords à partir d'une phrase de guitare de départ (ou de batterie, de piano etc....) et tout ça sur un matériau audio ! On peut donc "créer" quelque chose de nouveau avec cet outil.

Par exemple, en théorie, il serait possible (et là j'emploie le conditionnel) d'isoler chaque note d'un morceau joué au piano (pris dans un CD du commerce) et de modifier la mélodie, l'harmonie et la rythmique de ce morceau... auquel on pourrait ajouter d'autres instruments (provenant de nos banques de sons ou même d'autres CD , pourquoi pas...).

L'intérêt, je le vois dans le fait de faire moins appel au MIDI, notamment l'utilisation des samples (qui bien qu'issus d'instruments réels, ne permettent pas de retranscrire le jeu de l'instrumentiste).
Avec Melodyne, on travaillerait directement à partir de phrasés modulables à souhait ce qui permettrait de conserver d'une part le "gros son" d'origine, et d'autre part le jeu instrumental (respirations, attaques, portamentos, liaisons, relâchements, vibration etc...) sans oublier l'émotion de l'instrumentiste captée lors de la prise de son, d'où une sensation de réalisme.

Comme beaucoup de musiciens qui n'ont pas encore essayé la bête, je me pose des questions concernant l'efficacité du logiciel sur les phrasés très riches harmoniquement et mélodieusement (BO d'Harry Potter par exemple) ou très sales (Métal, grunge etc...). Idem pour les musiques qui ont beaucoup de réverbe.

Mais ce qui est sûr, c'est que Melodyne semble être un très bon outil pour ceux qui enregistrent déjà avec des vrais instruments et qui ont besoin de retravailler les phrasés (ou d'en créer d'autres) à partir de leur propres prises.

Enfin, sachez que Celemony propose des banques de sons (sous forme de phrases instrumentales, riffs, solo...). Il y a tout un choix d'instruments, pour le moment issus du registre pop rock jazz etc... : Horn section, electric bass, guitar, saxophone, voice.

A quand les motifs de violons ? ;-)

Etudier à la loupe l'orchestration d'un extrait musical issu d'une bande originale


Nous parlions, l'autre jour avec Louar52, de l'écoute attentive des grands maîtres du classique et de la musique de film, dans le but de nous familiariser avec l'orchestration et l'instrumentation.

Je pense que malgré les écoutes globales des symphonies ou des œuvres de John Williams, beaucoup de choses nous échappent. Je crois qu'il ne faut pas hésiter à faire des arrêts sur images pour décortiquer certains passages écrits par nos compositeurs préférés (si l'on ne souhaite pas passer par la lecture du score, souvent introuvable en ce qui concerne la musique de film, du reste).

Quand j'ai un peu de temps, j'écoute une BO dans mon ordinateur, avec un logiciel enregistreur (bouton "record" armé). Chez moi, c'est Cool Edit Pro ou Wavelab. Audacity fait très bien l'affaire aussi.

J'enregistre un passage qui me plaît :


X-MEN 2 (John Ottman)

X-men2 dans Cool Edit Pro

Ecouter l'extrait :



Et je me pose la question : qu'est-ce que j'entends ?
  • Crescendo initial :
  • Note jouée par des instruments graves. Contrebasses et timbales en trémolo, avec probablement du tuba pour donner un son plus rond (peut-être aussi du basson ?). Puis, intervention des autres cuivres et cordes medium au milieu du crescendo. Trombones et trompettes medium, peut-être des cors. Le Gong ne me permet pas de savoir s'il y a des bois.

  • Partie centrale :
  • Rythmique saccadée faite par des snaps de cordes (sûrement samplés) et des sons de cymbales (pour l'aspect métallique et tranchant). Dessous, on perçoit effet orchestral très efficace : on dirait un tapis de cordes frottées et des trompettes en sourdine. Puis une petite harpe mystérieuse introduit une pose d'accord clairement interprétée par des bois (clarinettes, haubois et flûtes) et des cordes dans le registre medium-aigu ainsi que quelques cors pour soutenir l'accord.

  • Avant dernier crescendo :
  • Dans la continuité de la partie centrale, ce deuxième crescendo est très bien amené. Le chevauchement est très important en orchestration. Les trompettes, par exemple, se greffent sur les notes de violons tandis qu'un effet synthétique (à moins que ce soit encore un tapis de cordes frottées) apporte un côté dissonant au crescendo, qui finit par se déchirer avec les tambours sans timbre (comme des toms). Le crescendo final peut commencer :

  • Crescendo final :
  • Des violoncelles aigus et alti viennent doubler la rytmique (snaps samplés) tandis que les cors (voir quelques trombones), pas trop gras mais bien ronds se posent en accord dissonant bougrement efficace. Cordes discrètes mais pas de timbales ou cymbales en crescendo à cet endroit. Les cuivres medium prédominants décrivent à eux seul une certaine tension. Quelque chose de bien costaud va arriver à cet endroit du film.... Un ponctuation percutante (hit de timbales, enclume, tambour... tout ce qui fait du bruit) vient clôturer cet extrait. X-Men2 n'est pas une comédie à l'eau de rose ;-)

Je constate aussi que les effets orchestraux les plus persuasifs ne sont pas forcément construits en superposant un maximum d'instruments. Une petite note de harpe bien placée avec une note de cor suffit parfois à créer un suspense qui vous tient en haleine. On trouve beaucoup d'effets de ce genre dans des films comme Star wars, Jurassik Park ou Indiana Jones, entre les tutti orchestraux des scène épiques et d'action.

L'orchestrateur, un métier lié à la musique de film


En parcourant le net, je constate que beaucoup de gens sont capables de dire pourquoi, dans le milieu du cinéma, des compositeurs font appel à un orchestrateur (voir plusieurs).
  1. Par manque de temps
  2. Par manque de connaissance de l’orchestre (notamment pour les générations qui grandissent avec l'informatique musicale).
Mais concrètement, que fait un orchestrateur ?

Apparemment, le travail que doit fournir un orchestrateur varie du simple au double selon les situations. Je peux donc vous citer quelques exemples concrets, mais rien de général :

Il y a des cas où :
  • L'orchestrateur répartit entre les instruments, les notes de la mélodie et des accords à partir d’une partition condensée (quelques portées) fournie par le compositeur. Cette partition réduite qui regroupe par exemple tous les bois sur une même portée (sans que l’on sache encore ce que va jouer la clarinette et ce que va jouer le hautbois) est généralement griffonnée d‘annotations et indications artistiques et techniques. Sur cette partition, la rythmique, la mélodie et l’accompagnement harmonique sont déjà en place car l’orchestrateur n’a pas à créer ou modifier l’enchaînement de notes ou des accords. Il lui incombe d’éclater cette partition condensée en une partition pour orchestre au grand complet (full score) selon les désirs du compositeurs. La marge de liberté dont dispose l'orchestrateur dépend donc du compositeur. Certains compositeurs supervisent le travail au maximum en indiquant des directions artistiques très précises à l'orchestrateur. Dans ce cas, ce dernier finalise en travaillant sur l'aspect récurrent et mécanique : doublures à recopier, nuances à dupliquer sur chaque portée, notation approfondie (coups d'archets, legato, accents etc...). Dans une interview, Cyrille Aufort précise qu'à la place d’une partition condensée, le compositeur peut également fournir un fichier midi (et une maquette audio comme repère).

  • L'orchestrateur vérifie que la partition est exécutable par les interprètes, quelle ne pose pas de problèmes du point de vue du doigté et du souffle, que les tessitures sont respectées, que certaines nuances sont possibles avec tel instrument. Ex : Il n'est peut-être pas souhaitable de faire jouer un trompettiste 3 minutes non-stop dans les aigus.

  • L'orchestrateur suggère les doublures nécessaires pour nous situer au mieux dans le contexte souhaité par le compositeur. Ex : Un glockenspiel peut doubler à l’octave une mélodie jouée par les flûtes. Cela renforcera l'effet de gaité. Par ailleurs, on peut faire jouer simultanément la mélodie par des trompettes, des clarinettes et des flûtes, ce qui apportera un côté fanfare. Autre idée, en doublant à l’unisson un thème de cors par des trompettes, on peut créer une ambiance solennelle (pour un film patriote).

  • L'orchestrateur suggère au compositeur l’instrument (ou le groupe d’instruments) le mieux adapté à la situation. Ex : pour donner plus d’expression, un thème émouvant sera plutôt interprété aux violoncelles dans les aigus plutôt qu’aux violons ou alti dans les graves (il y aura plus de vibration, plus d’émotion).

  • L'orchestrateur veille à l’équilibre des masses orchestrales. Ex : à tel endroit, il pourra suggérer de diviser le pupitre des trompettes en 2 pour ne pas masquer les bois. Ailleurs il proposera de doubler une phrase de seconds violons par des alti pour apporter de la consistance et éviter un déséquilibre (un déséquilibre que l’on n’entend pas avec les samplers)

Quelques orchestrateurs célèbres dans la musique de film :
  • Steve Bartek (Spiderman, Charlie et la Chocolaterie...)
  • Conrad Pope (Jurassic Park, Sleepers...)
  • Geoffrey Alexanders (Anna And The King, Arthur et les Minimoys...)
  • James B Campbell (The Abyss, Back To The Future...)
  • Hervé Jamet (La Traductrice, Le Renard et L'Enfant ...)
  • Cyrille Aufort (L'odyssée de l'espèce, Ah ! si j'étais riche...)
  • Alexander Courage (The Poseidon Adventure, Hook...)
  • David Slonaker (The Mummy Returns, Charlie et la Chocolaterie... )
  • Nicholas Dodd (Independance Day, Casino Royal...)
  • Nic Raine (Wallace and Gromit, Until Death...)
  • William Ross (Contact, Die Hard 2 ...)
  • Lawrence Ashmore (Harry Potter and the Goblet of Fire, Much Ado About Nothing...)

Conrad Pope

Conrad Pope : orchestrateur


Beaucoup d'orchestrateurs peuvent composer de la musique sans problèmes !


N’hésitez pas à mentionner d’autres noms (via un commentaire). Notamment s’il s’agit d’orchestrateurs français qui font du très bon travail.

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