Nos confrères du metal : des guitares nerveuses mêlées à des orchestrations symphoniques
Par Tanguy, samedi 17 mai 2008 à 20:51 - Mes coups de coeur - Tags
On pourrait croire qu'il n'y a pas vraiment de points communs entre la musique de film orchestrale et la scène metal, et pourtant nous avons des affinités, notamment avec le metal symphonique qui puise ses inspirations du côté des compositeurs classiques et des musiques de film actuelles (Elfman, Zimmer etc...).
Dans le metal, que j'écoute volontiers même si c'est assez rare, j'aime tout ce côté "rentre dedans" qui peu paraitre peu subtil au premier abord et qui finalement demande des qualités que tous les musiciens ne possèdent pas forcément :
- De la précision et de la coordination rythmique digne d'une horloge suisse (tout en live)
- Des thématiques efficaces (dans les changements d'accords et leitmotivs)
- De la recherche d'originalité concernant les structures des morceaux
- Une interprétation musclée parfois virtuose
- Du gros son qui, s'il est bien mixé, nous fait vibrer
Et parfois (selon les catégories de metal) :
- Des orchestration symphoniques qui n'ont rien à envier à certaines BO
- Des instrumentations celtiques ou médiévales ramenant à la mythologie
- Des arrangements pour chœurs
- Des ambiances et des voix lyriques qui nous rappellent celles des films d'heroic fantasy
Je me souviens d'une remarque amicale d'un collègue d'Api Corp à propos de la musique de VENDOME : "C'est clair que Tanguy Follio fait dans du lourd" (enfin, je crois que c'était flatteur parce qu'il parlait de l'orchestration).
C'est vrai qu'il faut parfois cogner du point sur la table avec des orchestrations toniques (cuivres saturés, rythmiques imposantes, cordes percutantes) pour donner du caractère et de la personnalité à la musique (pas tout le temps bien sûr... j'aime bien aussi écrire des musiques plus intimes avec du piano ou de l'accordéon).
La personnalité, le grain et le sens de la narration : voilà ce qui me plait dans les groupes comme Nightwish ou Therion qui font bouger d'énormes masses musicales sans tomber dans la bouillie sonore et tout en respectant les règles harmoniques !
Un mot sur Myspace où les affinités se créent en fonction des styles musicaux. A savoir que la majorité de mes "amis myspaciens" qui laissent des commentaires sont des compositeurs de musique de film (qui se ressemble s'assemble). Je n'ai pas beaucoup de visites de jazzmen ou de rappeurs, encore moins de chanteurs de variété. Mais il y a une rubrique qui montre régulièrement le bout de son nez, je vous le donne en mille : nos confrères du metal !
Alors, une fois n'est pas coutume, un peu de pub pour les remercier de leurs commentaires ou mails amicaux :
Instruments symphoniques dans les groupes de métal, Les musiques rock et métal utilisent souvent des orchestrations symphoniques dans leurs musiques, Les musiques des groupes métal font parfois penser à des bandes originales, Des groupes scandinaves de métal comme Nightwish ou Therion font appel à de véritables enregistrements d'orchestres symphoniques, Le métal présente des affinités musicales avec la composition de musique de film, Le métal utilise des voix lyriques ou des instrumentations médiévales, Des groupes comme The CNK ou Adagio sont des valeurs sûres de la scène métal française, En musique le métal s'inspire des compositeurs classiques comme Richard Wagner ou Karl Off
Pourquoi ne pas lire aussi :
A Paris prochainement, un Video Games Live : concert symphonique reprenant les plus grands thèmes des jeux vidéo
Par Tanguy - Tags
Les "Video Games Live" sont des spectacles interactifs (orchestre symphonique jouant en synchro sur des images de jeux vidéo projetées sur grand écran).
Voici, par exemple, un Video Games Live consacré à Metal Gear Solid 3 :
A Paris se déroulera bientôt un Video Games Live :

- Date : 18 décembre 2008
- Heure : 20h00
- Lieu : Palais des Congrès
- Interprétation : Star Pop Orchestra
- Organisation : AKOUNA Production
Grand spectacle musical interactif autour des jeux vidéo| Un concert live reprenant les thèmes les plus connus des musiques de jeux vidéo| Actualité du Star Pop Orchestra| Musique de Metal Gear Solid| Video Games Live à Paris en décembre 2008| La musique symphonique lors de Vidéo Games Live| Reprise des grands thèmes musicaux des jeux vidéo populaires| Musique de jeux vidéo| Compositeurs connus de jeux vidéo| Orchestre symphonique synchronisé en temps réel à des images de jeux vidéo
Epica, The Classical Conspiracy
Par Tanguy - Tags
Allez, pour faire plaisir à Damien, voici une autre version de Pirates des Caraïbes. La partie symphonique y est toujours très présente, mais elle soutenue par une formation rock (Epica, groupe métal symphonique néerlandais). Un grand merci à Goulven pour le tuyau !
Ce morceau provient de l'album The classical Conspiracy, double CD enregistré au cours d'un live en Hongrie (juin 2008), avec sur scène le groupe Epica accompagné d'un orchestre de 40 musiciens et de 30 choristes.
On y trouve des reprises de musiques classiques et de bandes originales (Danny Elfman, John Williams) :
Lire un article similaire (NightWish)
Exercice rythmique. Ressentir la pulsation.
Par Tanguy - Tags
Dites, ça ne vous est jamais arrivé d'entendre l'intro d'une chanson (ou d'un instrumental) au cours de laquelle vous pronostiquez la pulsation et... manque de bol, quand la rythmique complète démarre, vous vous apercevez que vous êtes un peu à côté de la plaque (je ne suis pas le seul à qui ça arrive, j'espère...)
Un exemple frappant est le début de la chanson "These boots are made for walking" de La grande Sophie.
En effet, ça commence par une guitare électrique qui répète un motif de 3 noires.
Au premier abord, ça ressemble à du 3/4, la note la plus grave marquant le permier temps de chaque mesure :

Plaçons maintenant cette même mélodie dans une portée avec une signature 2/4 (bin oui, c'est pas interdit) :

Ensuite, écoutons 2 fois l'extrait mp3 ci-dessous.
Une première fois en se référant à la portée en 3/4; et la deuxième fois en se référant à la portée en 2/4.
La grande Sophie :
Pas de doute, la chanson est bien écrite en 2/4. On le devine d'abord lorsque la voix se fait entendre. Puis arrive la guitare acoustique qui vient confirmer le rythme binaire.
En fait, si j'imagine le motif de guitare électrique joué en valse (en appuyant une note sur 3), il me parait assez fluide, lié, gentil (André Rieu). Tandis que joué en binaire (en appuyant une note sur 2), on ressent un petit côté accidenté (syncopé) qui correspond plus au style pop-rock (La grande Sophie). Pour la petite histoire, il serait intéressant de demander au groupe la manière dont ils ont construit cette chanson. Chronologiquement, on pourrait très bien envisager que l'intro en forme de rythme ternaire a été rajoutée à la fin. Peut-être, peut-être pas...
Pour en revenir au "ressenti", je vous ai concocté un exercice de pulsation que je trouve amusant. Il s'agit de 4 rythmes différents, synchronisés sur un seul et unique battement stable et régulier. En utilisant votre doigt, vous devez d'une part suivre le son de métronome sans décrocher, et d'autre part, essayer de ressentir chacun des rythmes en arrière plan. Vous verrez que selon le rythme, vous aurez tendance à battre la mesure de manière différente (appuyée, swinguée, légère, en balancement etc...). Et pourtant, il a toujours la même fréquence. Pour bien ressentir les rythmiques (surtout la 2 et la 4), aidez-vous de votre corps.
Synchronisez votre doigt sur le son du métronome :
Je pense que les personnes qui aiment la danse, feront cet exercice les doigts dans le nez :))
Graveur musical : un métier passionnant qui demande de la précision et beaucoup de patience.
Par Tanguy - Tags
Quand j'ouvre un livre d'une symphonie de Mahler, je songe fréquemment au travail qui a été fait en amont par les spécialistes de la gravure musicale : un véritable travail d'orfèvre. Pour avoir tenté plusieurs fois d'éditer moi même mes partitions, je me rends compte combien c'est difficile d'obtenir un résultat carré et soigné.
Je place ici une interview que j'ai réalisée auprès de Jean-Paul Gilles, éditeur et professionnel de la gravure musicale.
Une sujet qui ne traite pas seulement du cinéma, mais du monde de la musique en général :
- Y a-t-il une différence entre l’appellation « graveur musical » et « copiste » ?
La différence, pour moi il en existe bien une, tend à se diluer avec l'adoption des logiciels de notation musicale de plus en plus performants et faciles à mettre en œuvre. Le copiste est celui qui travaille dans l'urgence pour fournir aux musiciens un matériel lisible en un temps record (modification en séances d'enregistrement par ex.). Mozart, lorsqu'il composait avait toujours une armée de copistes qui écrivaient le matériel pour l'orchestre au fil de la composition du maitre. Maintenant le copiste peut travailler avec un logiciel, mais pour moi il y a toujours la notion de rapidité.
Le graveur quand à lui intervient pour la mise en forme finale avant édition de la musique, avec une notion de lisibilité avant tout, mais aussi d'harmonie graphique et d'application des règles strictes de la notation musicale pour ne pas perturber les automatismes de lecture des interprètes. Avec le graveur, je vois la notion de perfection, de temps et de pérennité.
Il existe une belle vidéo sur le travail de gravure traditionnelle sur Youtube.
http://fr.youtube.com/watch?v=Q65Jzfr7YpE
- Quel est le support le plus fréquent que le client vous confie pour la mise en partitions ? (manuscrit, fichier midi, fichier Finale (ou autre éditeur)
Généralement c'est un manuscrit, mais il m'est arrivé de travailler (relevé) à partir de vidéos ou de CD audio et depuis quelques temps de fichiers Finale ou Sibelius. Les éditeurs proposent aux compositeurs des cours ou des stages sur les logiciels de notation musicales afin d'éviter le recours à un "copiste-graveur" ou tout au moins limiter le rôle de ce dernier. Procédé très mal accepté par beaucoup de compositeurs.
- Actuellement, quels sont les éditeurs de partitions les plus utilisés par les professionnels de la gravure ?
Il y a une quinzaine d'années c'était Score le plus utilisé. Il fonctionnait sous MS Dos, était très efficace au prix d'un apprentissage conséquent. Il gérait le midi et produisait des fichiers Poscript. Aujourd'hui, ce sont Finale, Sibelius, Berlioz qui a une liberté de notation très importante et dont le mode de travail se rapproche du travail de gravure traditionnel. Certains graveurs mélangent les outils comme James Ingram, le graveur de toutes les oeuvres de Stockhausen. Il travaillait avec Finale pour entrer les notes, exportait le tout en EPS pour retravailler avec ses propres outils (lignes et courbes) dans Freehand. Tout est possible. Quelquefois, je me sers d' Illustrator pour certaines notations contemporaines.
Finale pour la musique de film
Et pour Sibelius
- Concernant la musique de film de l’âge d’or (Alfred Newman, Bernard Hermann, Miklos Rozsa etc…) alors que l’informatique n’existait pas, prenait-on le temps de « graver » la musique ou bien les musiciens devaient-ils déchiffrer des partitions manuscrites ? (pour des raisons de délais).
Je pense que l'on travaillait exclusivement sur des partitions manuscrites. Les copistes expérimentés avaient une dextérité et une clarté d'écriture extraordinaire. Les partitions manuscrites de vrais copistes sont souvent plus belles et plus lisibles que celles qui sortent de nos ordinateurs... à méditer.
- A la fin, combien d’exemplaires livrez vous à vote client ? Un seul exemplaire, une copie etc…
Pour les orchestres :
En général et sauf demande particulière, je livre les scores d'orchestres imprimés en 2 exemplaires (A3) et le matériel (parties séparées) (A4) en autant d'exemplaires qu'il y a de pupitres à l'orchestre. Je fournis souvent pour le régisseur, un exemplaire du conducteur et un exemplaire de chaque partie au format pdf sur CD pour les archives.
Pour les éditeurs :
Je livre des fichiers PS, EPS ou même PDF (de plus en plus) selon les spécifications de l'imprimeur.
- Quelles sont les études à suivre pour exercer votre métier ? Devez-vous obligatoirement obtenir un diplôme ? (conservatoire ou autre).
A ma connaissance, pas d'études particulières. Il existe des classes de maniement à Finale ou Sibelius dans quelques grands conservatoires. Aux Etats Unis, dans les grandes écoles de musique style Berkeley ou Juliard, il existait des cours d'écriture manuscrite, (la notation issue de ces cours est bien reconnaissable) je ne sais pas si cela est encore pratiqué. (C'est de ces règles d'écriture que viennent les polices comme Jazz, Swing, Lee , Ash, Russ music qui portent le nom de grands copistes américains et ont toutes les mêmes caractéristiques). Il faut bien sûr maitriser la lecture, la transposition et les règles typographiques de l'écriture musicale. Il existe quelques ouvrages qui traitent du sujet notamment : The art of music engraving et processing de Ted Ross aux éditions Hansen House et Music Engraving Today de Steven Powell éditions Brichtmark Music. Il faut aussi faire une étude graphique poussée des partitions des grands éditeurs.
- Quelles sont les principales qualités pour exercer ce métier ?
Je dirais d'abord la patience (en dehors bien sûr, de la maitrise du sujet), ensuite la ténacité et la faculté à ne pas se laisser décourager par la somme de travail que représente la gravure d'un opéra pour orchestre symphonique de 150 ou 200 pages manuscrit. Par exemple, lorsque je reçois le manuscrit d'un compositeur avec lequel je travaille pour la première fois, j'imagine toujours que je vais passer beaucoup de temps à déchiffrer son écriture et, au bout de quelques pages, j'ai intégré sa graphie et tout roule. Il faut aussi se mettre à la place du musicien qui va lire la partition pour penser les tournes en fonction de son instrument.
- La concurrence sur la marché est-elle rude ?
J'imagine que oui dans les grosses maisons d'édition et avec l'avènement des "usines à copier la musique" du Maroc, de Chypre et maintenant d'Asie. Je me situe un peu en dehors du débat car je grave moi même ce que j'édite et que j'ai un petit réseau de compositeurs et d'orchestres qui me font confiance.
- Pensez vous que le graveur musical soit à la fois un artisan et un artiste ? (part de créativité…)
Pour moi le graveur est avant tout un artisan car il met en pratique ses connaissances des règles typographiques et musicales maitrisées au fil du temps de son apprentissage. Ce qui n'exclut pas la créativité (tout au moins dans la musique contemporaine) car il faut trouver ou dessiner des signes représentant au mieux les idées du compositeur en repoussant ou en détournant les capacités des logiciels. C'est bien évidemment la part du travail que je préfère !
Merci à toi, Jean-Paul pour ta gentillesse et ta disponibilité ;-)
Le métier de copiste dans la musique de film| En savoir plus sur la gravure musicale| Comment sont fabriquées les partitions pour orchestres symphoniques ?| Quels sont les éditeurs de partitions professionnels les plus utilisés actuellement ?| Sous quel support le compositeur l'arrangeur ou l'orchestrateur confie-t-il sa musique au copiste ?| Le copiste ou graveur musical travaille à partir d'un manuscrit ou de fichiers finale ou Sibelius| Quelle est la différence entre copiste et graveur musical ?| Lire une interview sur le métier de la gravure musicale
Qui a composé la musique de la pub...
Par Tanguy - Tags
C'est en allant sur le site de Evgueni Galperine que j'ai découvert qu'il avait composé la musique de la pub pour la Laguna (l'homme qui sabote la voiture de sa femme). Idem pour Erwann Kermorvant avec la Peugeot 308, ou Jean-Philippe Goude pour le thème musical de Herta.
Sur Internet, il existe des sites très intéressants qui référencent toutes les musiques utilisées dans les publicités. Ce sont de vraies mines d'or, et je souligne la richesse incroyable de leurs contenus !
Je citerais par exemple musiquedepub.tv ou encore le forum musiquedepub.com qui propose en bonus une liste de compositeurs qui ont fait des musiques de pub, comme Pierre Adenot, Jean-Michel Bernard, Evgueni Galperine, et même quelques vieilles connaissances (Guillaume Roussel et Laurent Koleda). Sont notés les compositeurs qui possèdent un site ou un MySpace.
Voir la liste (Merci à shadow's lisa)
Si quelqu'un a d'autres infos sur des compositeurs de musique de pub, je suis preneur ;-)
Thème musical de la publicité Herta| Vous recherchez une musique de pub ?| Qui a composé la musique de cette pub TV ?| Evgueni Galperine a composé la musique de la publicité pour la Laguna| Erwann Kermorvant est le compositeur de la musique originale de la pub pour la Peugeot 308| Compositeur de la musique de la pub Herta| Jean-Philippe Goude a composé le thème musical de la pub Herta| Les compositeurs de musique de pub TV| Musique originale pour les publicités| Qui sont-ils les compositeurs qui écrivent des thèmes sur mesure pour les pub TV ?
Le glissando de harpe : technique très souvent utilisée en musique de film.
Par Tanguy - Tags
Je ne vais pas faire un exposé sur la harpe classique, mais juste vous montrer le glissando de harpe que je préfère !
Comme il s'agit d'une harpe, cette gamme peut se répéter sur plusieurs octaves. On pourra donc utiliser le glissando soit dans un registre grave, soit dans un registre aigu selon l'effet ou la couleur recherchée. c'est très facile à tester dans un séquenceur.
Voici quelques exemples de ce glissando que j'utilise très souvent pour faire mes transitions :
Dans le premier exemple (Le diable et elle) il faut parfois tendre l'oreille, car la harpe se fait discrète, bien qu'elle soit nécessaire pour appuyer le côté mystérieux du thème. Dans les 2 autres exemples, elle est clairement identifiable. Je l'ai placée là pour renforcer la dynamique de mes transitions.
Qu'est-ce qu'un glissando de harpe ?| utilisation de la harpe dans la musique de film| Voici un exemple de glissando de harpe| la harpe renforce le côté mystérieux d'une musique| Un exemple de glissando de harpe utilisé par John Williams| Notes d'une gamme pour faire un glissando de harpe| Technique de glissando de harpe pour effectuer des transitions
Jeux musical : reconnaître rapidement un thème
Par Tanguy - Tags
Quand on connaît bien une musique, il suffit parfois de moins d'une seconde pour la reconnaître...
Ci-dessous, 10 thèmes de musique (du cinéma et de la TV de ma génération), dont je n'ai conservé qu'une demi-seconde (quand je dis une demi-seconde, ce n'est pas à une vache près, hein Poulpette ;-).
Extrait 1 :
Extrait 2 :
Extrait 3 :
Extrait 4 :
Extrait 5 :
Extrait 6 :
Extrait 7 :
Extrait 8 :
Extrait 9 :
Extrait 10 :
Qui aura reconnu les 10 extraits ?
Processus de composition orchestrale assistée par ordinateur, étape par étape, par Guillaume Baron (compositeur)
Par Tanguy - Tags
Aujourd'hui, je laisse la parole à mon collègue Guillaume Baron ;-)
Tanguy
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Explications détaillées sur la construction de l'intro de "Back To Olathe"
Qui n'a jamais rêvé que John Williams nous explique comment il a composé le Main Title de Star Wars ? Qui n'a jamais rêvé que Hans Zimmer décrive étape par étape le processus de création de la BO d'Inception ?
Pour ma part, j'en rêve à chaque fois que j'écoute une BO. Que ce soit du Danny Elfman, du James Newton, du Howard Shore, du James Horner, la composition est toujours maîtrisée dans son ensemble, chaque instrument trouve sa place, complète l'oeuvre, il n'y a ni manque, ni surplus. J'ai souvent l'impression que l'ajout ou la suppression d'un seul instrument nuirait à l'équilibre de l'ensemble.
Alors comment font-ils pour que le morceau fini soit si cohérent ? Est-ce qu'ils pensent tout avant même de poser la première note sur la partition ? Ca me paraît peu probable. Par quoi ils commencent ? Est-ce qu'ils posent d'abord les accords puis la mélodie ou l'inverse ? Est-ce que l'inspiration brut les guide ou est-ce qu'ils suivent les pistes de leurs enseignements ?
Et bien voilà, en toute humilité car à des années lumières du niveau de ces grands compositeurs, j'ai voulu partager/décrire étape par étape comment je m'y suis pris pour composer cette introduction dans un esprit épique/aventure. Le but étant simplement de répondre à la curiosité que certains comme moi peuvent avoir. Celle de savoir comment "les autres" font ?
Mais avant de commencer, voici le rendu final :
Back To Olathe - Intro (Guillaume Baron) :
Pour plus de clarté, voici l'imprime écran (Imp Ecr) du morceau dans cubase :

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
J'ai commencé ce morceau en sachant ceci :
Je voulais n'utiliser QUE des instruments d'orchestre.
- Il fallait que le thème soit joué par les cuivres pour donner le côté épique qui était souhaité.
- Il fallait que l'introduction complète fasse dans les 35 – 50s.
- L'ambiance devait être inquiétante au début et mener vers une ouverture positive.
Une fois ces points posés, j'avais trois possibilités :
- Trouver une mélodie puis construire des accords à partir de celle-ci.
- Trouver les accords puis en sortir une mélodie.
- D'abord définir une ambiance puis en sortir une mélodie.
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1ère étape - La base : (cf. piste 1)
J'ai pris la section des cordes au complet (contrebasse, violoncelle, violon alto et violon) et j'ai simplement plaqué fondamentale Do et quinte Sol sur les différents octaves correspondants à leurs registres.
2ème étape - Le thème : (cf. piste 4)
Comme voulu, j'ai chargé mes vst de cuivres (cor d'harmonie et trombone) pour trouver une mélodie qui soit simple mais efficace.
Do Fa Do Sib... voilà un départ simple mais qui réussi à tous les coups.
3ème étape - Définir le début et la fin du morceau :
Une fois ces quelques notes, autant définir tout de suite les limites de la suite mélodique pour ne pas se retrouver avec une intro de 2 min. J'ai donc défini trois parties : annonce, fermeture, puis grande ouverture. On peut discerner ces trois parties graphiquement sur l'imp. Ec en piste 4.
Une fois cette ligne mélodique adoptée, j'ai changé également les accords de la piste 1 à la fin de l'intro. De Do – Sol (pour Do - Mib – Sol, pour Do mineur) à Do – Fa (pour Fa – La – Do, Fa majeur, 4ème degré, degré qui donne cette ouverture).
4ème étape - Les contrechants : (pistes 7 et 8)
Alors pour cette partie je fonctionne souvent à l'instinct. L'idée est d'étoffer petit à petit cette mélodie en piste 4. Pour se faire et pour respecter mes conditions, (ambiance inquiétante au début du morceau) j'ai pris des cordes (contrebasse et violoncelle), doublées par des bois (contrebasson et basson). J'ai créé deux pistes de contrechants avec ces mêmes instruments pour les différencier.
Aparté :
Petite parenthèse sur ma méthode pour trouver un contrechant. Je suis à la base guitariste jazz et jazz manouche en particulier. Autant dire que j'adore improviser et que j'ai beaucoup plus confiance en mes facultés d'improvisateur qu'en mes compétences à appliquer les règles d'harmonies complexes d'écriture sans faire d'erreurs. Je suis (du verbe suivre) ce que j'ai appris lorsque j'ai étudié la musique pour Big Band (Duke Ellingtion, Count Basie...) pendant mes années de fac de musicologie, à savoir que le plus important, ce n'est pas de faire (comme on nous l'apprend souvent) sonner des accords successifs avec fondamentale/tierce/quinte et autre, mais plutôt de construire une seconde ligne mélodique, qui suit la première sans jamais passer devant celle-ci, tout en essayant de faire le moins de doublons possibles, de toujours se débrouiller pour que les autres notes ne soient pas dans le thème principal.
Chacun sa méthode. Il n'y a pas une méthode mais bien des méthodes. A chacun de la trouver en fonction de ses connaissances. Le principal est d'avoir confiance en celle-ci.
5ème étape – L'automation :
(Modifier le volume, le pitch, la vélocité etc. à tel moment)
Sachant que la base était bonne et me plaisait, j'ai tout de suite optimisé le jeux en jouant avec les automations.
Variation du volume sur les pistes 1 et 4 :

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Variation du volume sur les pistes 7 et 8 :

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
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Résumé étapes 1 à 5 : (donc piste 1, 4, 7 et 8)
J'ai donc maintenant ma base : une ambiance (piste 1), une ligne mélodique et harmonique (piste 4) et un ou deux petits contrechants (pistes 7 et 8).
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Pour continuer, je me demande toujours ce qui manque le plus. Dans le cas présent, il manque cruellement de rythme.
6ème étape – donner du rythme : (pistes 12, 13, 14, 15)
Pour en donner rien de tel que quelques cordes en pizz et une harpe.
Alors petites explications :
- Piste 12 : Harpe Mezzo avec un pan à gauche de 30%, modification de l'attaque pour la rendre plus douce.
- Piste 13 : Harpe Symph avec un pan à droite de 30 %, modification de l'attaque et léger décalage temporel.
- Piste 14 : Contrebasse et violoncelle en pizz à gauche de 30%.
- Piste 15 : Contrebasse et violoncelle en pizz à droite de 30%, avec un léger décalage temporelle et une modification de l'attaque.
7ème étape – toujours à la recherche de rythme : (piste 2)
Rien de tel aussi que des alti et violons (plus une flûte discrète) pour créer un petit rythme lancinant et aérien derrière ces instruments lourds et graves. Ils joueront par répétition quinte – fondamentale puis tierce mineure – fondamentale puis seconde majeure – fondamentale avant de revenir sur fondamentale – quinte afin de suivre la progression du morceau.
Résumé étapes 6 et 7 : (donc pistes 2,12,13,14,15)
Résumé étapes 1 à 7 : (donc pistes 1,2,4,7,8,12,13,14,15)
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Qu'est ce qui manque le plus maintenant ?
Que ce soit plus fourni, il y a beaucoup de place pour d'autres harmonies, ça semble vide.
8ème étape - recherche de nouvelles lignes mélodiques (ou harmoniques) : (pistes 5, 6, 9, 11)
- Première chose, ajouter encore un peu plus de coffre à la mélodie. Pour ça j'ai doublé la piste 4 avec la piste 6 qui contient plusieurs sonorités de cors. J'ai mis un pan gauche 25% à la piste 4 et droite 25% piste 6.
- Ensuite j'ai créé la piste 5, qui reprend les mêmes instruments que la piste 4, afin de créer un contrechant à la fin de l'introduction. Ce qui donne ça : (pistes 4 et 5)
- J'ai ensuite doublé la piste 4 avec des cuivres + les alti et violons. (Piste 9)
Voilà qui nous fait gagner pas mal de puissance pour la fin. Mais on continue.
- La piste 11 est à mon sens une des plus importante pour l'harmonie du morceau. C'est elle qui va lui donner ce petit quelques chose en plus grâce à la tierce majeure dès son entrée. Tierce majeure qui n'est en fait qu'une note de passage pour atteindre le demi-ton suivant, la quarte, mais qui donne un grain particulier, d'autant plus qu'on ne sait pas encore si on est en majeure ou en mineure à ce moment du morceau. On ne le saura que lorsque le thème arrivera sur la tierce mineure, plus tard.
La piste 11 est composée de cordes (contrebasse, violoncelle et alto) et de cuivres (trombone et cor d'harmonie).
Je vous propose d'écouter les deux versions, la première sans la piste 11, la seconde avec (l'entrée se fait à la seconde 16) :
Sans :
Avec :
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Le morceau contient maintenant la plupart des ingrédients, mais maintenant il est temps d'ajouter toutes ces "petites" choses qui n'ont pas l'air importantes comme ça, mais qui donnent de la valeur ajoutée.
9ème étape – De nombreux agréments : (pistes 3, 10, 16, 17, 18, 19, 20)
- On commence par la piste 3, qui ne contient rien de plus qu'un sample bouclé de cordes jouant des trills majeures. On ne peut pas vraiment distinguer la piste dans le morceau, mais sans elle par contre...
- Vient ensuite les bois (piste 16), qui ont un rôle très important également. Ils font fondamentale – quinte durant toute la première et deuxième partie. Puis se déchaînent en triolets durant la troisième partie.
- La cloche (piste 19), très en retrait, permet de donner un style au morceau. Attention toutefois à la laisser bien bien en retrait.
- La piste 20 ensuite, composée de différentes cymbales donne l'élan nécessaire pour donner une réelle impulsion à la fin de l'intro.
- La piste 18, wind chimes, est un effet bien connu pour donner un côté féérique à la composition. Je ne sais pas trop comment décrire cet instrument alors j'envoie un lien wikipedia : Qu'est-ce que le wind chimes ?
- Pour finir, la flûte (piste 17) et les cors, trombones et violons (piste 10) qui donnent un dernier petit sursaut à la fin en jouant fondamentale – quinte de l'accord de 4ème degré FaM.
Résumé de l'étape 9 : (donc pistes 3, 10, 16, 17, 18, 19, 20)
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Quelques conseils :
- Panoramiques :
Je n'ai pas ou peu parlé des panoramiques mais il convient d'y toucher un mot. Pour ma part j'en fais une utilisation quasi systématique sur chaque piste. Il est très important de spatialiser toutes ces tranches d'instruments, de répartir les tessitures.
- Stereo Enhancer :
Pour augmenter cette impression d'espace il peut être utile d'utile un effet tel que M/S pour Mono/Stereo ou le Stereo Enhancer de Cubase sur la tranche master.
- Reverb :
Il faut particulièrement faire attention à avoir une homogénéité concernant la reverb de chaque instrument. En effet chaque banque de son a sa réverb (ou simulateur d'espace) intégrée. Il faut donc être vigilant et parfois la meilleure solution est de n'utiliser que les banques en mode "close", c'est à dire sans effets ajoutés, afin de pouvoir utiliser un seul type de réverb sur chaque tranche instrument. Il en résultera une meilleure homogénéité et un meilleur rendu.
Pour ceux qui veulent aller plus loin avec les paramètres de la reverb :
Article sur les paramètres de la réverb (Audiofanzine)
Et ceux qui veulent tout savoir sur la réverb à convolution :
Article sur la réverb à convolution (Audiofanzine)
- Automation :
Le travail sur l'automation est tout aussi essentiel. De nombreux "apprentis" compositeurs pensent que les vst doivent marcher de suite, sans jouer avec l'automation. Or on ne peut atteindre un très bon réalisme sans toucher à celle-ci.
Voilà j'espère avoir éclairé certains ou certaines d'entre vous avec cet article relativement long. J'ai essayé d'être complet et clair dans mes explications. N'hésitez pas à partager l'article, à donner votre avis ou à poser des questions.
Et merci à Tanguy pour ce blog fantastique.
Guillaume Baron
www.guillaumebaron.com
SACEM : que signifie être sociétaire professionnel et sociétaire définitif ?
Par Tanguy - Tags
- Un sociétaire professionnel est un membre de la SACEM qui possède 16 voix (à la place d'une seule) lorsqu'il vote aux assemblées générales. En outre, il peut se présenter comme candidat (1 an après avoir été nominé) pour faire partie de la commission des programmes ou de la commission des comptes.
Il peut, comme auparavant, se présenter à toute commission réglementaire ainsi qu'à la commission du code de la propriété intellectuelle.
- Le sociétaire définitif dispose des mêmes atouts (16 voix, commissions statutaires etc...) que le sociétaire pro. En plus, il peut se faire élire (un an après sa nomination) pour devenir administrateur au conseil d'administration de la SACEM.
Quelles sont les conditions pour être nommé sociétaire professionnel ?
Les critères dépendent uniquement
Par exemple, pour 2009, Il fallait avoir atteint (ou dépassé) en droit SACEM les sommes ci-dessous, au moins sur 3 des quatre années précédentes :
- 2005 : 14 080 €
- 2006 : 14 242 €
- 2007 : 14 499 €
- 2008 : 14 752 €
Quelles sont les conditions pour être nommé sociétaire définitif ?
Idem, en 2009, il fallait atteindre ou dépasser les seuil de droits SACEM ci-dessous au cours de trois des 4 dernières années :
- 2005 : 28 160 €
- 2006 : 28 484 €
- 2007 : 28 998 €
- 2008 : 29 504 €
Outre l'aspect privilège (les 16 voix, l'éligibilité...), faire partie des sociétaires professionnels ou définitifs permet aussi de se positionner en tant qu'artiste reconnu par ses pairs. La reconnaissance de toute la profession (éditeurs, majors, producteurs, réalisateurs) étant un atout supplémentaire pour prolonger sa carrière.
Note : ces chiffres concernent les auteurs, compositeurs et auteurs-réalisateurs. Les éditeurs doivent tripler ces revenus !
Grâce à l'intervention de Laurent Petitgirard (ancien Président du conseil d'administration), les barèmes ont baissé depuis quelques années, permettant un accès plus rapide aux qualités de sociétaires professionnels et définitifs. Compte tenu de la crise économique qui touche le monde artistique, ces nouveaux barèmes auront, je pense, permis de conserver une liste annuelle de nouveaux promus comptant quelques centaines de sociétaires (et pas juste une dizaine).
Pour info : en ce qui concerne les compositeurs, la promotion 2009 dénombre 122 nouveaux sociétaires professionnels (dont mon ami Bernhard Elsner) et 64 sociétaires définitifs (dont Philippe Rombi et John Debney).
Bien entendu, avant de prétendre à cette nomination, il faut déjà être inscrit à la SACEM comme sociétaire normal : procéder à l'inscription SACEM
La vérité sort de la bouche des enfants...
Par Tanguy - Tags
L'autre jour, à l'école, pendant l'inter-cours, j'ai mis ma zique de Vendome, super héros en fond sonore, sur le PC.
2 élèves de 6 ans passent par là :
Elève 1 : "On dirait la musique de Star Wars !"
Moi, sourire béat : "Ah oui ?"
Elève 2 : "Ouais, c'est nul"
Ces gentils bambins ont le chic pour vous torpiller en moins de 2... (bande de p'tits c...)
Musique de Vendome Paris de David Tomaszewski| Musique orchestrale pour un film de super héros de David Tomaszewski| Musique à la manière de Star Wars| Musique à la manière de John Williams| Perles d'élèves de l'école primaire| Musique qui ressemble à la bande originale de Star Wars| La vérité sort de la bouche des enfants même quand il s'agit de musique| Bande originale de Vendome Paris| Faire de la musique de film avec un ordinateur| Faire de la musique symphonique électro orchestrale
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