Graveur musical : un métier passionnant qui demande de la précision et beaucoup de patience.
Par Tanguy, lundi 17 mars 2008 à 00:30 - Les professions liées à la musique de film - Tags
Quand j'ouvre un livre d'une symphonie de Mahler, je songe fréquemment au travail qui a été fait en amont par les spécialistes de la gravure musicale : un véritable travail d'orfèvre. Pour avoir tenté plusieurs fois d'éditer moi même mes partitions, je me rends compte combien c'est difficile d'obtenir un résultat carré et soigné.
Je place ici une interview que j'ai réalisée auprès de Jean-Paul Gilles, éditeur et professionnel de la gravure musicale.
Une sujet qui ne traite pas seulement du cinéma, mais du monde de la musique en général :
- Y a-t-il une différence entre l’appellation « graveur musical » et « copiste » ?
La différence, pour moi il en existe bien une, tend à se diluer avec l'adoption des logiciels de notation musicale de plus en plus performants et faciles à mettre en œuvre. Le copiste est celui qui travaille dans l'urgence pour fournir aux musiciens un matériel lisible en un temps record (modification en séances d'enregistrement par ex.). Mozart, lorsqu'il composait avait toujours une armée de copistes qui écrivaient le matériel pour l'orchestre au fil de la composition du maitre. Maintenant le copiste peut travailler avec un logiciel, mais pour moi il y a toujours la notion de rapidité.
Le graveur quand à lui intervient pour la mise en forme finale avant édition de la musique, avec une notion de lisibilité avant tout, mais aussi d'harmonie graphique et d'application des règles strictes de la notation musicale pour ne pas perturber les automatismes de lecture des interprètes. Avec le graveur, je vois la notion de perfection, de temps et de pérennité.
Il existe une belle vidéo sur le travail de gravure traditionnelle sur Youtube.
http://fr.youtube.com/watch?v=Q65Jzfr7YpE
- Quel est le support le plus fréquent que le client vous confie pour la mise en partitions ? (manuscrit, fichier midi, fichier Finale (ou autre éditeur)
Généralement c'est un manuscrit, mais il m'est arrivé de travailler (relevé) à partir de vidéos ou de CD audio et depuis quelques temps de fichiers Finale ou Sibelius. Les éditeurs proposent aux compositeurs des cours ou des stages sur les logiciels de notation musicales afin d'éviter le recours à un "copiste-graveur" ou tout au moins limiter le rôle de ce dernier. Procédé très mal accepté par beaucoup de compositeurs.
- Actuellement, quels sont les éditeurs de partitions les plus utilisés par les professionnels de la gravure ?
Il y a une quinzaine d'années c'était Score le plus utilisé. Il fonctionnait sous MS Dos, était très efficace au prix d'un apprentissage conséquent. Il gérait le midi et produisait des fichiers Poscript. Aujourd'hui, ce sont Finale, Sibelius, Berlioz qui a une liberté de notation très importante et dont le mode de travail se rapproche du travail de gravure traditionnel. Certains graveurs mélangent les outils comme James Ingram, le graveur de toutes les oeuvres de Stockhausen. Il travaillait avec Finale pour entrer les notes, exportait le tout en EPS pour retravailler avec ses propres outils (lignes et courbes) dans Freehand. Tout est possible. Quelquefois, je me sers d' Illustrator pour certaines notations contemporaines.
Finale pour la musique de film
Et pour Sibelius
- Concernant la musique de film de l’âge d’or (Alfred Newman, Bernard Hermann, Miklos Rozsa etc…) alors que l’informatique n’existait pas, prenait-on le temps de « graver » la musique ou bien les musiciens devaient-ils déchiffrer des partitions manuscrites ? (pour des raisons de délais).
Je pense que l'on travaillait exclusivement sur des partitions manuscrites. Les copistes expérimentés avaient une dextérité et une clarté d'écriture extraordinaire. Les partitions manuscrites de vrais copistes sont souvent plus belles et plus lisibles que celles qui sortent de nos ordinateurs... à méditer.
- A la fin, combien d’exemplaires livrez vous à vote client ? Un seul exemplaire, une copie etc…
Pour les orchestres :
En général et sauf demande particulière, je livre les scores d'orchestres imprimés en 2 exemplaires (A3) et le matériel (parties séparées) (A4) en autant d'exemplaires qu'il y a de pupitres à l'orchestre. Je fournis souvent pour le régisseur, un exemplaire du conducteur et un exemplaire de chaque partie au format pdf sur CD pour les archives.
Pour les éditeurs :
Je livre des fichiers PS, EPS ou même PDF (de plus en plus) selon les spécifications de l'imprimeur.
- Quelles sont les études à suivre pour exercer votre métier ? Devez-vous obligatoirement obtenir un diplôme ? (conservatoire ou autre).
A ma connaissance, pas d'études particulières. Il existe des classes de maniement à Finale ou Sibelius dans quelques grands conservatoires. Aux Etats Unis, dans les grandes écoles de musique style Berkeley ou Juliard, il existait des cours d'écriture manuscrite, (la notation issue de ces cours est bien reconnaissable) je ne sais pas si cela est encore pratiqué. (C'est de ces règles d'écriture que viennent les polices comme Jazz, Swing, Lee , Ash, Russ music qui portent le nom de grands copistes américains et ont toutes les mêmes caractéristiques). Il faut bien sûr maitriser la lecture, la transposition et les règles typographiques de l'écriture musicale. Il existe quelques ouvrages qui traitent du sujet notamment : The art of music engraving et processing de Ted Ross aux éditions Hansen House et Music Engraving Today de Steven Powell éditions Brichtmark Music. Il faut aussi faire une étude graphique poussée des partitions des grands éditeurs.
- Quelles sont les principales qualités pour exercer ce métier ?
Je dirais d'abord la patience (en dehors bien sûr, de la maitrise du sujet), ensuite la ténacité et la faculté à ne pas se laisser décourager par la somme de travail que représente la gravure d'un opéra pour orchestre symphonique de 150 ou 200 pages manuscrit. Par exemple, lorsque je reçois le manuscrit d'un compositeur avec lequel je travaille pour la première fois, j'imagine toujours que je vais passer beaucoup de temps à déchiffrer son écriture et, au bout de quelques pages, j'ai intégré sa graphie et tout roule. Il faut aussi se mettre à la place du musicien qui va lire la partition pour penser les tournes en fonction de son instrument.
- La concurrence sur la marché est-elle rude ?
J'imagine que oui dans les grosses maisons d'édition et avec l'avènement des "usines à copier la musique" du Maroc, de Chypre et maintenant d'Asie. Je me situe un peu en dehors du débat car je grave moi même ce que j'édite et que j'ai un petit réseau de compositeurs et d'orchestres qui me font confiance.
- Pensez vous que le graveur musical soit à la fois un artisan et un artiste ? (part de créativité…)
Pour moi le graveur est avant tout un artisan car il met en pratique ses connaissances des règles typographiques et musicales maitrisées au fil du temps de son apprentissage. Ce qui n'exclut pas la créativité (tout au moins dans la musique contemporaine) car il faut trouver ou dessiner des signes représentant au mieux les idées du compositeur en repoussant ou en détournant les capacités des logiciels. C'est bien évidemment la part du travail que je préfère !
Merci à toi, Jean-Paul pour ta gentillesse et ta disponibilité ;-)
Le métier de copiste dans la musique de film, En savoir plus sur la gravure musicale, Comment sont fabriquées les partitions pour orchestres symphoniques ?, Quels sont les éditeurs de partitions professionnels les plus utilisés actuellement ?, Sous quel support le compositeur l'arrangeur ou l'orchestrateur confie-t-il sa musique au copiste ?, Le copiste ou graveur musical travaille à partir d'un manuscrit ou de fichiers finale ou Sibelius, Quelle est la différence entre copiste et graveur musical ?, Lire une interview sur le métier de la gravure musicale
Pourquoi ne pas lire aussi :
Préparateur de partitions (score preparator), un métier lié à la musique de film.
Par Tanguy - Tags
Le préparateur de partitions (score preparator), quand il existe, intervient avant l'orchestrateur. Il facilite grandement la tâche du compositeur en travaillant à partir d'une session (Cubase, Digital performer etc.) permettant à l'orchestrateur de disposer d'une partition "propre" pour travailler. Le préparateur de partitions collabore donc essentiellement avec des compositeurs qui utilisent l'informatique musicale.
Lorsqu'un compositeur soumet une belle maquette à un réalisateur, le séquenceur, lui, présente une partition MIDI d'une clarté plus ou moins douteuse :
- les notes ne sont pas forcément quantifiées
- Il y a des keyswitch qui trainent
- Les durées des notes ne respectent pas forcément la grille de division rythmique
- Une même section de cuivres (par exemple) peut-être utilisée sur une seule piste midi
- Le compositeur peut utiliser plusieurs pistes midi pour un seul phrasé etc...
On rencontre parfois bien des surprises.
Prenons le cas d'une séquence MIDI (avec violons 1 et violons 2 dans la même piste)

En exportant ces notes dans une éditeur de partition, cela donnera probablement ceci :

Débrouilles toi avec ça, coco....

En exportant ces notes dans une éditeur de partition, cela donnera probablement ceci :

Débrouilles toi avec ça, coco....
Le compositeur va donc confier sa session (Cubase, Logic etc...) avec la maquette audio en guise de repère, au préparateur de partitions. Ce dernier effectuera un nettoyage complet et carré de la séquence midi (quantifications, éclatement des parties, suppression des keyswitch etc...) et fera le transfert dans l'éditeur de partition. Selon les cas, il pourra apporter un premier travail de notation orchestrale comme la mise en place de certains signes, des nuances, des trilles et trémolos etc... un gain de temps considérable qui permettra au compositeur de se consacrer à sa musique.

Après le passage du préparateur de partitions, on y voit déjà plus clair...
Note : tout comme l'orchestrateur, le préparateur de partitions intervient sur le conducteur (pas les parties séparées dont la gestion est confiée au copiste).
Quels sont les métiers liés à la création de musique de film ?| Le score preparator ou préparateur de partitions est une profession liée à la musique de film| Quel est le rôle du score preparator ?| Trucs et astuces pour exporter sa séquence midi dans un éditeur de partitions| Les compositeurs de musique de film ont-ils des assistants ?| Comment gagner du temps quand on est compositeur de musique de film ?| Quelle est la différence entre un préparateur de partition un orchestrateur et un copiste ?| Le keyswitch dans la séquence midi| Quelles sont les différentes étapes de création d'une musique de film ?
L'agent artistique, un métier lié à la musique de film
Par Tanguy - Tags
Dans le milieu du cinéma, il existe une kyrielle d'agences artistiques représentant les acteurs, mais très peu pour les compositeurs.
Quel est le rôle de l'agent artistique ?
Il assure principalement :
- Le positionnement du compositeur sur un film (recherche de contrats, promotion)
- La négociation des budgets alloués pour la musique (prime de commande, budget pour orchestre et le studio)
- La rédaction et/ou lecture des contrats de commande et d'édition
- Le suivi des actions comptables et financières relatives à la musique
- Le suivi des diffusions (cinéma, TV) et des reproductions mécaniques (CD, DVD)
Ses qualités essentielles :
- Le relationnel
- La psychologie
- La facilité à créer et étendre un réseau professionnel
- La connaisance du milieu du cinéma
- La culture musicale
- L'écoute des autres
Comme Agence, il existe par exemple Art Media ou encore Api Corp
Agence artistique musicale pour le cinéma| Agence de compositeurs de musique de film| Vous cherchez un superviseur musical ?| Définition du rôle de l'agent artistique| L'agent artistique dans la musique de film| Que fait un agent artistique ?| Agence qui représente des compositeurs de musique de film| Avoir un agent pour trouver des contrats| Recherche de contrats pour un compositeur de musique de film| C'est une agence de compositeurs de musique de film| Api Corp représente et positionne des compositeurs de musique de film
Adapter le tempo à la durée d'une séquence vidéo
Par Tanguy - Tags
Un nouvel article écrit par Guillaume
Tanguy
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Il est parfois nécessaire lorsque l'on compose sur support vidéo, d'adapter son tempo en fonction de la longueur d'une séquence.
Par exemple, on a une séquence qui débute au "fade in" de la scène. C'est notre instant t=0s. Puis à 28 secondes il se passe quelques chose, la musique doit s'arrêter nette. Seulement elle ne doit pas s'arrêter au milieu du morceau, mais après une succession de 8 mesures de 4 temps.
Comment trouver alors le bon tempo pour que cela colle ? Et bien le calcul est au final simple, mais un peu fastidieux à trouver si on est mauvais en mathématiques.
Prenons donc la séquence qui nous intéresse.
Je sais :
- qu'elle doit faire exactement 28 secondes.
- qu'il doit y avoir 8 mesures de 4 temps.
Trois étapes sont nécessaires :
I – Combien de temps au total ?
On a 8 mesures de 4 temps, ce qui nous fait 32 temps (8 X 4 = 32).
II – Combien de temps par seconde ?
On a 32 temps pour 28 secondes, soient 32/28 temps pour 1 seconde.
III – Tempo pour 28 secondes ?
On sait que le tempo : noire = 60 correspond à la seconde.
Donc on calcule (32/28) X 60 = 68,571 ...
Donc :
Pour faire rentrer 8 mesures de 4 temps dans 28 secondes de vidéo, je dois entrer dans mon séquenceur un tempo : noire = 68,571
De manière générale, il vous suffit d'appliquer la formule :
Tempo séquenceur = (nb de temps / nb de secondes de la séquence) X 60
Guillaume Baron
www.guillaumebaron.com
Adapter le tempo dans un séquenceur| Synchroniser une musique sur une vidéo| Quel tempo choisir pour faire coïncider ma musique sur la scène d'un film ?| Composition de musique de film| Musique assistée par ordinateur| Astuce Cubase| Synchro image musique| Composer sur des images| Blog sur la composition orchestrale| Trouver le bon tempo par rapport à la durée d'une séquence d'un film
Musique d'un diaporama photo pour EDF
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Un petit bonjour en passant ;-)
Le projet pour la pub Eurostar est tombé à l'eau :((
Par ailleurs, je commence à bosser sur la musique d'un diaporama photo, créé par Manuel Mendo (Photographe), commandé par EDF. Là, je suis en recherche d'idées. Le diaporama va durer 1 minute, ce qui ne me laisse pas beaucoup de liberté pour développer une thématique. Parcontre, pour une fois, les images seront posées sur la musique et non le contraire...
Bon, j'y retrourne.
QY700 Yamaha, séquenceur musical sorti en 1996
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Le QY700 est un séquenceur "machine" qui possède 32 pistes MIDI et une banque de sons au format XG développée par Yamaha (dont on retrouve la signature dans les sons actuels appartenant à la banque "Halion One"). Il possède entre autre 2 prises MIDI OUT et 2 prises MIDI IN.


A l'époque où je l'ai acheté (en 1998, autour de 6000 F soit dans les 950 €), il me permettait d'avoir presque tout sous la main : une workstation dotée d'un séquenceur puissant et des sons MIDI intéressants pour produire des maquettes. Plus tard, relié à un clavier maître, un expander Roland M-OC1 Orchestra et un sampler S2000 AKAI, j'obtenais un réalisme un peu plus soigné (bien qu'encore loin des banques de sons actuelles).

Aujourd'hui, si les sons paraissent bien dépassés (surtout en terme d'orchestral et d'instruments acoustiques), la partie séquenceur du QY700 peut faire le bonheur des compositeurs se méfiant des ordinateurs (pas de temps de chargement, de plantages, de mises à jour, de pilotes, de ventilo ...) ou encore aux amoureux des machines avec les potentiomètres à portée de main ou des touches adaptées à la forme des doigts...
Le QY700 se branche, on le met sous tension et il n'y a plus qu'à enregistrer les notes. Cela peut être intéressant pour ceux qui souhaitent poser rapidement une mélodie ou un thème :)
Sans aller jusqu'à la finesse de l'édition MIDI que l'on obtient avec un Cubase ou un Logic, le séquenceur de Yamaha permet d'enregistrer, d'éditer, de quantifier, de copier coller, de placer des marqueurs etc... et ce de manière très intuitive.
En effet, durant les quelques années d'utilisation, j'ai toujours trouvé le QY700 ergonomique et bien pensé (la touche JOB en particulier, pleine de riches idées). Pour plus de détails, consultez 7 avis d'internautes sur le site Audiofanzine cliquer ici
Ci dessous, 2 maquettes réalisées exclusivement avec cet appareil (sonorités + séquence du QY700), sans expander ni sampler. Cela fait plus de 10 ans (1998), et ça se voit tant sur la qualité des sons que sur la qualité de la composition (je débutais en écriture orchestrale, mais j'avoue que j'y prenais un malin plaisir).
Intro concert :
Orchestral :
Une machine à créer de la musique qui m'a énormément servi : certaines touches ont perdu leur aspect flambant neuf, c'est sûr, mais l'appareil est extrêmement robuste (il faut y aller à coup de marteau pour abîmer la bête !)
Bruno Coupé, chansons et spectacles pour les enfants
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J'ai redécouvert l'artiste Bruno Coupé en ré-écoutant dans la classe de CP, les albums "Drôle d'Anibal" et "Ratatouille".
C'est frais, c'est dynamique, un vrai rayon de soleil. Les paroles sont bien trouvées et la musique, souvent rythmée, ne tombe jamais dans la facilité. La couleur musicale et orchestrale s'oriente essentiellement vers le rock, la musique latine et le reggae : bonne humeur assurée !

A conseiller, pour les enfants qui ont entre 5 et 10 ans (voir même 36 ans...)
Chansons joyeuses pour les enfants| Chansons énergiques pour les élèves de l'école primaire| Comptines et chansons amusantes pour les enfants| Chansons rock et reggae pour les enfants| Spectacle dynamique pour les enfants de 5 à 10 ans| Bruno coupé chante pour les enfants et leurs parents| Bruno coupé propose qualité musicale et justesse des paroles| Musiques entrainantes pour les enfants| Chansons rigolotes pour les plus jeunes| Chanson pour bouger à conseiller aux enfants
The Holiday, ce soir sur TF1
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Juste un petit rappel concernant un cas particulier de musique source (cf billet sur la musique source). Le début du film The Holiday commence par une jolie musique de film. C'est la musique d'ouverture, composée par Hans Zimmer.
Petit à petit, on découvre que la musique que l'on entend est interprétée en direct par Jack Black, l'un des personnages (qui est justement entrain de travailler sur un film romantique). C'est un exemple intéressant de morphing : musique originale vers musique source.
Je n'ai pas vu le film en entier, mais d'après ma femme il y a un personnage qui fait une allusion à Hans Zimmer à un moment donné.
Orchestre de cuivres mélangé à de l'électro : L'électrobrass du Chromatic Muséum
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Un coup de coeur pour la musique de Pierre Millet, compositeur, que j'ai découvert dernièrement :)
Parmi les nombreux groupes qu'il dirige (ou dont il fait partie en tant que trompettiste et/ou compositeur), il en existe un qui a particulièrement retenu mon attention, par son côté narratif et cinématographique : L'orchestre Chromatic Muséum.
Il s'agit d'un somptueux mélange entre une douzaine de cuivres (les 4 pupitres y sont représentés), une batterie et des parties électro.
Pierre Millet assure la composition, l'arrangement et la direction d'orchestre, tandis qu'Antoine Simoni s'occupe de la programmation et le mix (dont mix en direct pendant les concerts).
La musique offre des sonorités chaudes avec des harmonies jazz et rythmées. Elle a aussi (et c'est pourquoi j'en parle dans le blog) une couleur filmique qui pourrait bien intéresser des réalisateurs.
Certes, un mixage cuivre électro ne peut sans doutes pas couvrir tous les styles cinématographiques (encore que), mais il peut être très efficace dans les fictions d'espionnage, thrillers, super héros, aventure, westerns, comédies policières etc...
Quand j'écoute la musique de Pierre, je visualise sans problèmes des images de films tels que The Score (Howard Shore), Bullitt (Lalo Schifrin), Cash (Jean-Michel Bernard), James bond (John Barry, David Arnorld...), Hancock (John Powell), OSS-117 (Michel Magne, Ludovic Bource, Kamel Ech-Chekh), ou encore Ocean's Eleven (David Holmes)... la partie électro apportant une dimension moderne.
A découvrir ! Lien myspace du Chromatic Museum
Tonalités des principaux instruments. Mémo pour les instruments transpositeurs les plus souvent utilisés.
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Voici les tonalités des instruments les plus communs :
Orchestre symphonique (Do = Ut):
- Piccolo : Do
- Flûte traversière : Do
- Hautbois : Do
- Cor anglais : Fa
- Clarinette : La (parfois Sib)
- Basson : Do
- Cor français : Fa
- Trompette : Do ou Sib
- Trombone : se joue en Do (bien qu'ayant un sib en note fondamentale)
- Tuba basse à 4 pistons : Do
- Cordes : Do
- Piccolo : Do
- Flûte traversière : Do
- Clarinette : Sib
- Saxo Soprano : Sib
- Saxo Alto : Mib
- Saxo Ténor : Sib
- Saxo Baryton : Mib
- Cor d'harmonie : Fa
- Trompette : Sib
- Trombone : se joue en Do (bien qu'ayant un sib en note fondamentale)
- Tuba : Sib (appelé basse Sib)
Il existe, bien sûr, d'autres instruments transpositeurs (comme la petite clarinette en Lab, la trompette en Ré..) mais ils sont moins souvent utilisés. Je préfère focaliser ce billet sur les instruments les plus communs.
Ci dessous, un petit tableau que je m'étais fabriqué il y a quelques années. Il permet de savoir, pour une tonalité donnée (tonalité de la musique telle qu'on l'entend), dans quelle tonalité seront écrites les partitions des instruments transpositeurs tels que la clarinette, le cor français, le saxo alto etc...
Ma partition ? dans quelle tonalité ?

Par exemple, pour une musique écrite en Fa, la partition d'un instrument transpositeur en Mib (comme le saxo alto) devra être écrite en Ré.
Autre exemple, vous composez un passage musical en Ré, alors les clarinettes Sib joueront en Mi (avec 4 dièses à la clef).
Ce tableau peut être utile aux jeunes compositeurs qui feront interpréter leur musique par un orchestre d'étudiants ou par l'harmonie du village. Un rapide coup d'œil permet de voir qu'il y a des tonalités plus confortables à déchiffrer, et ce pour tous les instruments.
Par exemple, si je compose une musique en sib pour une harmonie, les instruments non transpositeurs auront une partition en sib (2 bémols seulement à la clef). Les clarinettes sib auront une partition en Do (pas de bémols ni de dièses à la clef). Les saxophones alto auront une partition en Sol (1 seul dièse à la clef), les cors auront une partition en Fa (un seul bémol à la clef).
Procédure pour déclarer vos "musiques pour l'image" à la SACEM afin de toucher des droits d'auteur, suite à un passage TV ou une distribution DVD.
Par Tanguy - Tags
C'est votre premier contrat de composition originale d'une musique pour un téléfilm, un documentaire TV, une série de dessins animés ? Et vous ne savez pas ce qu'il faut remplir comme papiers pour toucher des droits SACEM dans le futur ?
Voici la procédure : :
1) Dans un premier temps, les musiques composées pour un film devront être déclarées à la SACEM.
Une fois votre mission de compositeur terminée et que le film est validé par le producteur (prêt à être livré à une chaîne TV), c'est le moment de remplir quelques papiers et de les envoyer à la SACEM.
Avant tout : commander les formulaires par mail à cette adresse : portail.societaires(arobase)sacem.fr en précisant les références (voir ci-dessous) et en indiquant vos coordonnées postales.
- Le bulletin de déclaration. Ref 715 ou Ref 705. Il faut un formulaire pour chaque musique composée pour le projet. C'est une fiche sur laquelle on donne des renseignements sur le morceau de musique (style, bpm, durée, type d'orchestration, qui l'a composée etc...) et le pourcentage de droits d'auteurs qui vous revient.
- La fiche technique audiovisuelle. Ref 703 (et son annexe 704). Un seul formulaire pour tout le film. C'est la fiche d'identité du film ou du documentaire. On y demande quelques détails techniques. Vous pouvez la remplir avec le producteur en n'oubliant pas de la lui faire signer.
- La feuille de montage, appelée aussi "cue sheet". Ref 720. La aussi, un seul formulaire pour tout le film. Cette feuille permet de dresser la liste de "toutes" les musiques qui sont utilisées dans le film (même celles d'autres compositeurs, chansons etc...). En visualisant le film et en s'aidant du Time Code (ou d'une montre) on y indique à quel moment du film chaque musique apparaît, et pour quelle durée. On précise également qui l'a composée. Le remplissage de la feuille de montage peut être fait par le compositeur qui connaît bien les titres de ses oeuvres, en collaboration avec le producteur ou le monteur, qui eux connaissent les références des musique ajoutées dans le film, qui ne sont pas les vôtre (une chanson de Charles Trenet, une musique de Brian Eno etc...).
- Et bien sûr, joindre un CD audio de vos musiques.
Note, : le formulaire 715 est à demander si vous êtes le seul à toucher des droits sur la musique. Dès lors qu'il faut partager un certain pourcentage avec un éditeur, un arrangeur ou un parolier, choisissez le formulaire 705 (plus complet). Si vous partagez vos droits avec un éditeur (33 %, 50 %), n'oubliez pas de joindre le contrat d'édition dans votre courrier.
Note: s'il s'agit d'une musique pour une pub TV, choisir la référence 763.
Note : on peut créer soit-même sa feuille cue sheet (dans excel par exemple).
Ces quatre pièces sont à envoyer à la SACEM, 225 av. Charles de Gaulle - 92528 Neuilly-sur-Seine Cedex
Pour plus de renseignements:
- Voir des spécimens.
- Récapitulatif en pdf
Suite à une diffusion publique ou une reproduction sur support, ce sont les chaînes TV ou les distributeur de DVD/Blu-ray qui sont tenus de déclarer à la SACEM toutes les musique qu'on entend dans leurs films (je suppose qu'ils ont un double du cuesheet, confié par la production). Bref, ce sont eux qui s'acquittent des droits d'auteurs en versant de l'argent à la SACEM. Cette dernière les redistribue au compositeur (6 mois à un an plus tard...). Le producteur n'a donc pas à payer de droits SACEM. Au contraire, il en touche s'il est éditeur de vos musiques.
A ce propos, j'aimerais dire 2 mots sur le principe de certaines boites de production qui emploient bénévolement un compositeur, tout en promettant des droits d'auteurs conséquents. Cela peut être embêtant pour le compositeur si au dernier moment le film n'est pas acheté par la chaîne, ou bien si le film est moins bien diffusé que prévu... Personne ne sait à l'avance ce que va devenir le film.
Par principe (et par ce qu'en attendant des droits d'auteurs pas forcément phénoménaux, il faut bien se nourrir,) je demande toujours un forfait (une prime de commande), ne serait-ce que pour le temps passé à composer, à produire, à mixer avec mon propre équipement, les logiciels et les banques de sons que j'ai dû acheter. En comparaison, le cameraman, l'accessoiriste, le monteur etc... n'ont pas à payer leur matériel.
Et puis franchement, comparé au reste du budget production, on ne peut pas dire que les compositeurs de notre envergure coûtent très cher... surtout si l'on produit nos musiques avec des ordinateurs et des sons virtuels.
Comment toucher des droits SACEM ?| Avoir des droits d'auteur| Comment déclarer ses musiques à la SACEM ? Après combien de temps percevons nous des droits d'auteur ? Les droits d'auteur en musique pour l'image| Les différents bulletins et formulaires SACEM à remplir en tant que compositeur de musique de film| Ou trouver un exemple de cue sheet| Feuille de montage| Fiche technique audiovisuelle
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