Flocons de neige et musique féérique...
Par Tanguy, samedi 9 janvier 2010 à 12:50 - Divertissement - Tags
Paysage grand nord, vu de la fenêtre de mon home-studio :
(Le Pas Saint Lhomer, Orne).

En ce début d'année sous la neige, je ne résiste pas à la tentation de ré-écouter Le pole express et Edward Scissorhands.
Un petit plaisir que je vous fais partager sans tarder :
The Polar Express (A. Silvestri) :
Edward Scissorhands (D. Elfman) :
C'est ... magique.
Musique sympas, Musique belle, Belle musique film, Comment ecouter de la musique, Musique cinéma, Musique magnifique, Edward au main d'argent, Sous la neige, Le pole express, Blog cinema
Pourquoi ne pas lire aussi :
Quelques exemples de répétition dans la musique de film.
Par Tanguy - Tags
Je crois que c'est mon paternel qui m'a dit un jour :"Fiston, dans une musique les gens retiennent surtout l'intro, la fin et les répétitions"
La répétition d'une phrase mélodique ou d'un rythme se fait de manière naturelle et spontanée dans le domaine de la chanson, mais je pense qu'elle est aussi largement employée dans la musique de film, de manière plus subtile (plus cachée, je dirais).
Il arrive que les compositeurs dupliquent un petit passage de sorte qu'on puisse l'entendre 2 fois de suite. ça ne fait pas de mal à la structure du morceau et ça permet à l'auditeur de s'imprégner du thème. En parcourant diverses BO, je m'aperçois que peu de passages sont réellement "clonés". A chaque fois, la répétition présente une petite variation, ce qui apporte un peu plus de richesse à l'ensemble. Voici quelques astuces à appliquer sur la partie répétée, afin d'éviter la redondance :
- Ajouter des notes accidentelles :
The Grinch (James Horner)
- Modifier légèrement la mélodie :
L'été de Kikujiro (Joe Hisaishi) - Reprendre la mélodie par un autre instrument :
Dinosaur (James Newton Howard)
- Enrichir l'orchestration (doublures) :
Interview With The Vampire (Elliot Goldenthal)
- Varier la hauteur (changement d'octave) :
Thème de Solenn (Tanguy Follio)
- Passer de mode majeur à mode mineur :
Signs (James Newton Howard)
- Changer de nuance :
La rue des cascades (Yann Tiersen)
- Varier l'harmonie (ce sont les accords qui changent) :
The Nightmare Before Christmas (Danny Elfman)
- Varier le rythme :
Victor Hugo (Tanguy Follio)
- Changer la tonalité :
The Polar Express (Alan Silvestri)
Alan Silvestri, champion du monde de la répétition par changement de tonalité
par intervalle de 3 demis-tons vers le bas ou vers le haut ;-)
Analyse des reprises dans la musique de film| Etude de différents cas de répétition musicale que l'on trouve fréquemment dans la musique de film| Voici quelques exemples de répétitions sélectionnées à partir de bandes originales| Alan Silvestri utilise beaucoup le principe de répétition de ses leitmotivs en procédant par des changements de tonalité| La musique sera plus riche si vous appliquez un changement même discret à la partie qui est répétée| En musique il est possible de faire es reprises ou des répétitions de leitmotivs tout en évitant la redondance| Faire varier la mélodie ou l'harmonie pour éviter la redondance| Faire varier les nuances ou l'orchestration pour que la musique ne paraisse pas trop répétitive| Dans une musique les gens retiennent essentiellement l'intro la fin et les répétitions| Certaines répétitions rythmiques ou mélodiques peuvent être nécessaires pour donner une structure à la musique
Quelle configuration PC pour la MAO ? Par Guillaume Baron
Par Tanguy - Tags
Un nouvel article écrit par Guillaume Baron
Tanguy
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Aujourd'hui j'ai choisi de parler des configurations PC pour la MAO.
Alors pourquoi parler de configuration PC dans un forum de musique ? Et bien simplement parce que beaucoup d'entre vous (nous) utilisent des vst quotidiennement et que sans une bonne machine, on est vite fait d'être à court de mémoire, à court de puissance de calculs.
Mais tout d'abord pourquoi choisir PC plutôt que MAC ? Il appartient à chacun de faire son choix, en fonction de ses habitudes, des logiciels qu'il voudra utiliser au quotidien, de sa philosophie quand à l'utilisation de l'ordinateur, de sa patience et de son désir ou non de mettre la main dans le cambouis. Je ne vais pas argumenter pour l'un ou pour l'autre, je dirai seulement que je choisis PC pour mes raisons.
Il a toujours été plus intéressant d'acheter et de monter soi-même sa configuration personnelle (sous réserve de choisir les bons composants), et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, vous savez ce que vous achetez. Je veux dire par là que vous privilégierez des composants de marques reconnues qui dureront dans le temps. Ensuite le prix final reviendra moins cher qu'un produit acheté en magasin, pour une puissance supérieure, et pour des composants de meilleures factures. Enfin en cas de panne, si vous vous y connaissez un petit peu, vous serez à même de faire marcher la garantie sur la seule pièce défectueuse et de remonter rapidement l'ordinateur plutôt que de renvoyer celui-ci au complet au magasin. Avec la recherche de panne et le remplacement de la pièce les délais peuvent être extrêmement longs.
Je passerai tout d'abord en revue les différents composants d'un ordinateur, puis je tenterai de donner une liste subjective de ceux-ci, qui me semblent être le meilleur rapport puissance/prix actuel.
Les composants :
- Un boîtier.
- Une alimentation.
- Une carte mère.
- Un processeur.
- Une carte graphique (ou non).
- Un ou plusieurs disques durs.
- Une ou plusieurs barrettes mémoires.
- Un ou plusieurs lecteurs/graveurs.
- Aux différents câbles.
- À la carte son interne ou externe.
- À un lecteur de cartes (optionnel).
- Au refroidissement de la tour.
Pour avoir une configuration homogène et ne pas avoir de mauvaise surprise, il ne faut négliger aucun composant. De la plus petite pièce comme une vis (qui pourrait vibrer à tout va), à la carte mère, il ne faut laisser aucun point faible.
Rapide descriptif :
Le boîtier :
Le boîtier est un élément bien trop souvent négligé. Il est vrai que mettre 100 euros dans une boîte de métal peut paraître exorbitant mais il n'en est rien. En fonction de sa qualité de fabrication, de l'agencement intérieur, du matériel fourni dans le bundle, vous pouvez gagner énormément en efficacité et en durée de vie de vos composants.
Prenons les qualités d'un boîtier de bonne gamme, comme le Lian-Li PC-9F. Fabrication en aluminium (dissipation de chaleur accrue, léger, solide), bon agencement intérieur (disques durs dans la largeur pour une meilleure accessibilité, clips pour les câbles, rails pour disques durs), 3 ventilateurs d'origine à faible nuisance sonores (12 et 14 cm, inaudibles à faible et moyen régime, avec leur filtre anti-poussière lavables), nombreux rails et vis fournies (pas besoin de recommander le petit écrou qu'il manque, l'équerre absente), esthétisme (aluminium brossé), longévité (si on en prend soin, un boîtier aluminium ne bouge pas dans le temps), dernières technologies en connectiques façade (usb 3, eSATA pour sata externe).
Vous l'aurez compris, tous les avantages cités ci-dessus ne valent sans doute pas dans un boîtier à 30 euros.
L'alimentation :
Alors pour l'alimentation on se pose moins de questions. Il y a quatre choses à vérifier :
- La marque. Il faut choisir une alimentation de marque reconnue.
- La puissance. Pour être tranquille, viser 600 watts.
- Modulaire ? Une alimentation modulaire veut dire que les câbles sont livrés séparément de celle-ci. Vous ne branchez que les câbles dont vous vous servirez. Cela évite d'avoir plein de fils qui polluent l'espace et empêchent un bon flux d'air dans le boîtier. À chacun de faire son choix.
- La nuisance sonore. Aujourd'hui les alimentations de bonnes marques sont pour la plupart silencieuses car thermo-régulées.
La carte mère :
C'est un point essentiel, c'est le centre nerveux de la tour. Tous les composants seront raccordés à cette dernière. Il faudra la choisir en fonction de ses préférences (marque, bundle), de ses capacités (nombre de slots pour les cartes, usb 3, nombres de connecteurs usb, capacités des slots mémoires etc) et en fonction du processeur que l'on souhaite acheter.
Le processeur :
Alors là, il ne faut pas lésiner. Il n'y a pas cinquante choix possible, il faut le meilleur rapport qualité/prix du moment. Actuellement il se trouve chez Intel avec son I7 2600k. Bien vérifier la compatibilité entre processeur et carte mère.
La carte graphique :
Certains se contenteront des possibilités de certaines cartes mères et de leur processeur graphique intégré. Alors même si il est vrai que des progrès énormes ont été fait, il en reste tout de même préférable dans une configuration comme la nôtre, d'avoir une carte graphique dédiée à l'affichage. Privilégier le silence plutôt que la puissance.
Les disques durs :
Il devient de plus en plus intéressant de prendre des SSD. Ce sont en fait des disques à mémoire flash qui sont beaucoup plus rapides que les disques traditionnels, et qui de plus n'ont aucun éléments mobiles ce qui réduit d'une part le bruit engendré par la tête de lecture mais aussi les risques de destruction d'un élément mobile (tel que le plateau ou la tête de lecture). Toutefois leur capacité est limitée et surtout ils peuvent devenir très chers dans leurs plus fortes capacités.
Le meilleur compromis aujourd'hui serait donc d'installer un SSD en disque système, avec le système d'exploitation (windows ou autre) et un disque de données (1000 Go par exemple à 7200 tours/min). Par expérience, j'aime avoir un disque voir deux disques de sauvegarde. Un autre disque de 2To (2000 Go à 5900 tours/min) peut-être la solution à tout problème.
La mémoire vive (ou aussi appelée mémoire RAM) :
Quand on pense que charger un pupitre de Symphonic Choirs ou une basse de Trilian peut prendre jusqu'à 2,5 Go d'espace mémoire, il devient évident que plus on aura de mémoire, plus on sera à même de faire fonctionner de nombreux vst simultanément sans avoir la mention « low memory » qui s'affiche à l'écran. Vu la baisse des prix constatée, viser 16 Go n'est pas un luxe. Privilégier la marque ici est essentiel également (longévité, rapidité, fiabilité).
Le ou les lecteurs/graveurs :
Se demander si l'on veut pouvoir lire des Blu-ray ? Peut-être vouloir en graver ? L'idéal je pense est un graveur DVD/Lecteur Blu-ray.
Liste que je propose :
(Prix : janvier 2012)
(Prix : janvier 2012)
Maintenant voilà la liste des composants que je choisirais dans le cas d'une configuration dédiée MAO pour 1000 euros sans l'écran :
- Boîtier : LianLi : 120 euros.
- Alim : Corsair 600 Watts non modulaire : 60 euros
- Carte mère : Asus p8p67 Rev.3 : 130 euros
- Processeur : Intel i7 2600k : 285 euros
Cliquer pour voir le test
- Carte Graphique : Ati Radeon HD 6750 : 70 euros
- Disque dur : 1To Samsung : 110 euros
Pour une raison que j'ignore, les prix se sont envolés. +130% en 4 mois.
- Disque dur : SSD, 60 Go : 65 euros
- Mémoire RAM : 16 go (4x4) Corsair : 85 euros
- Graveur DVD/Lecteur Blu-ray : 55 euros
- Ventilo processeur : Cooler Master Hyper 212 Plus : 30 euros
Vous avez ici un ordinateur bien équipé, équilibré pour la MAO, avec que des composants qui tiendront longtemps et qui sont fiables.
Bien entendu cette liste n'engage que moi et je suis ouvert à toutes suggestions et remarques.
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Ayant une bonne expérience du montage PC, je peux vous monter votre configuration en fonction du prix final souhaité et de vos préférences. Pour plus d'informations, me contacter via mon adresse mail : guillaume.baron17@gmail.com
N'hésitez pas à visiter mon site internet, vous y trouverez mes compositions à l'image et d'autres articles traitants de la musique de film.
Guillaume Baron
www.guillaumebaron.com
Ma méthode concernant l'ajout de percussions orchestrales dans une musique de film d'action.
Par Tanguy - Tags
Bon, dans le titre j'ai écris "ma méthode" mais à mon avis, ça n'a rien d'exceptionnel. Je pense que beaucoup de compositeurs travaillent de la même manière. Je décris ici le type de percussion que j'utilise et à quel moment de la phase de création je les place dans le mix.
En fait, comme l'orchestration des autres pupitres, les percussions (cymbale, timbales etc...) sont insérées au fur et à mesure que les idées me viennent. Ce qui est sûr, c'est que je n'ai jamais commencé par poser une ligne de percussion me servant d'élément de base pour composer le reste. Ordinairement, je place les premières percussions quand j'ai déjà une première forme mélodique, grossièrement orchestrée.
Je commence souvent par les timbales, car elles produisent des notes (je peux tester rapidement si ça passe ou pas avec les autres instruments). De temps en temps, il m'arrive de faire des doublures :
- Doublures entre percussions :
- Timbales + caisse claire
- Timbales + grosse caisse - Doublures avec d'autres familles d'instruments :
- Timbales + pizzicati de contrebasse
- Xylo + piccolo + Violons aigus
- Staccatos de cordes + caisse-claire
- Glockenspiel + flûte et/ou pizzicati de violons
Ci-dessous, un exemple chronologique d'insertion de percussions orchestrales (+ les percus électro du billet précédent).
Il s'agit toujours d'un extrait de VENDOME (en fait, je n'ai pas composé de musique hollywoodienne depuis). C'est promis, après ce billet, je ne ne vous harcèle plus avec notre super héros national à collants moulants.

Attention gargouille méchante !
(personnage créé par D. tomaszewski)
Fighting a gargoyle :
- Tapis orchestral de base :
- Timbales + caisse-claire + sounds FX (snap, boum )
- Percus électro (cf billet précédent)
- Cymbales + hi-hat + gong
- Orchestration finale (ajout de cuivres et de chœurs et encore qq FX)
Note : Vendome possède son propre myspace. Actuellement, c'est une musique de David Arnold (Casino Royal) qui habille musicalement la page. Une musique parfaitement bien réalisée en terme d'électro orchestral.
Insérer des percussions orchestrales dans une musique de film| Habillage musical pour film d'action| La percussion et la musique de film| Voici un exemple d'insertion de percussion orchestrale dans une musique hollywoodienne| Les percussions dans le film d'animation Vendome de David Tomaszewski| Trucs et astuces à propos des percussions dans une musique de film d'action| Pour composer ce film de super héros j'ai inséré chronologiquement des percussions orchestrales| Voici un exemple de musique électro orchestrale pour un film d'animation| David Tomaszewski souhait plus de pêche à cet endroit de la musique| L'orchestration concerne également la famille de la percussion notamment en musique de film
Scherzo For Motorcycle and Orchestra : la course poursuite en side-car (Indiana Jones et la dernière Croisade)
Par Tanguy - Tags
Une petite friandise, pour découvrir le travail de la musique à l'image.
Pour l'occasion, les bruitages ont été supprimés.
Musique de John Williams...
Et ci dessous, une version plus ... British :
Ha ha ha
Ha ha ha
Scherzo For Motorcycle And Orchestra| Exemple de musique synchronisée à l'image| Le rapport musique image est ici clairement établi| Voir un extrait de Indiana Jones| Course poursuite avec un side-car| Musique de John Williams| Étude d'un extrait musical composé par John Williams| Scherzo pour moto et orchestre composé par John Williams| Musique de Indiana Jones et la dernière croisade| Exemple de synchronisation de la musique sur les images d'un film
Le réalisateur : interlocuteur privilégié dans la création d'une musique de film.
Par Tanguy - Tags
Le réalisateur (le réal ou le réa dans notre jargon), c'est la personne qui, avec le superviseur musical, est la mieux placée pour décrire ses attentes vis à vis de la musique à composer pour le film.
Une phrase que j'ai souvent entendue : "ce film, c'est son bébé".
Certes, ce n'est pas le bébé brailleur qui rempli allègrement ses 8 couches par jour, mais plutôt le bébé tendresse qui fait notre fierté, que l'on souhaite protéger et voir grandir.
Pour un réalisateur, un film est toujours une grande aventure, une œuvre originale dans laquelle il s'est humainement impliqué. Sa grande ferveur artistique est souvent malmenée par les réalités techniques comme les moyens budgétaires, les délais impartis, la météo, ou encore certains problèmes de communication avec la boite de production. Mais cela ne l'empêche pas de créer... Finalement cette vision ressemble beaucoup à celle des compositeurs : pas mal de points communs nous rapprochent.
En ce qui me concerne, la plupart de mes collaborations avec les réalisateurs se sont bien passées. Bien sûr, il y a (et il y aura) toujours des mauvais caractères ou des orgueilleux (que ce soit du côté des réalisateurs ou des compositeurs), mais dans l'ensemble, ce sont des gens sympathiques qui ont l'habitude de travailler avec d'autres personnes et qui sont parfaitement conscientes des valeurs relationnelles et psychologiques.
En début de projet, j'essaie d'adopter une attitude sereine et de me dire que je ne travaille pas pour le réalisateur, mais "avec" le réalisateur. Cela commence souvent par une rencontre physique au cours de laquelle on parle du film, du rôle de la musique, de certaines références musicales à prendre en compte, des goûts musicaux de chacun... A ce stade, il est rarement question de rémunération ou de devis d'orchestre et d'enregistrement qui me paraissent pourtant incontournables si l'on veut obtenir de la qualité. Mais le "comment" n'est pas la première préoccupation du réalisateur qui privilégie avant tout l'aspect artistique.
C'est délicat pour nous d'essayer de répondre à ses aspirations si l'on sait pertinemment qu'il n'y aura pas les moyens financiers pour réaliser une belle musique. Il le sait bien pourtant, puisque lui même est confronté aux mêmes problèmes pour mener à bien son projet. Mais ce film, c'est son bébé.... pour les sous, voyez avec la production...
On entre alors dans une relation triangulaire : réalisateur-compositeur-producteur qui peut très bien se passer (ou pas).
Au fur et à mesure que le projet avance, une relation de confiance s'instaure avec le réalisateur. Transcrire musicalement ce qui est dit verbalement est parfois difficile. Il m'est arrivé de devoir décoder le vocabulaire "subjectif" du réalisateur, comme "j'aimerais quelques chose de plus granuleux et moins gris à cet endroit" ou encore "ça manque de couille" (véridique). Ce n'est pas tellement le sens des mots qui est difficile à traduire musicalement, mais le degré d'application. Par exemple, pour rendre un morceau plus couillu (pour rester dans le dernier exemple), il existe 36 manières de procéder. Souhaite-t-il une musique un peu plus ou beaucoup plus orchestrée ? Est-ce que je lui propose quelque chose de plus viril, ou alors de plus rapide, de plus consistant, de plus cuivré, de plus agressif, de plus dynamique, de plus mémorable sur le plan thématique, de plus osé sur le plan harmonique etc... et surtout jusqu'à quelle intensité ? La discussion est donc primordiale pour être bien sûr de ne pas se lancer dans une mauvaise direction. Car la moindre orchestration approfondie, le moindre changement de thème peut demander des heures de travail.
J'aime bien travailler avec un réalisateur qui a quelques notions d'orchestration. Il est plus facile pour moi de répondre à ses attentes lorsqu'il me demande d'enlever la partie de trombones qui le gêne, ou de mettre en valeur les cordes à tel endroit. Le pire, c'est lorsque le réalisateur ne sait pas vraiment ce qu'il veut. Ordinairement, cela se traduit par la phrase standard "surprenez moi" qui veut tout dire et rien dire à la fois... beaucoup d'heures de travail à tâtonner, le temps de tomber sur le thème, l'harmonie, l'orchestration qui sera susceptible de plaire... au petit bonheur la chance. Certains compositeurs y arrivent très bien. C'est peut-être ça le talent. Mais moi, je sais que j'ai besoin d'être guidé. C'est à partir de l'idée directrice que je vais pouvoir me lancer, personnaliser, orchestrer à ma manière et surprendre parfois. Voilà, c'est ça : je crois qu'il est difficile de surprendre quelqu'un qui s'attend à être surpris. Au contraire, lorsqu'un réalisateur souhaite quelque chose de précis, c'est l'occasion rêvée d'apporter une petite touche personnelle, un élément de surprise...
La relation réalisateur compositeur dans cadre d'un projet cinématographique| Le réalisateur est un partenaire privilégié du compositeur de musique de film| La réussite d'une musique de film repose avant tout sur la discussion avec le réalisateur| Ce film c'est son bébé| Il est parfois difficile de traduire musicalement les mots du réalisateurs| La relation triangulaire producteur réalisateur compositeur| Faire comprendre qu'il faut un budget orchestre adapté pour réaliser une musique de film de qualité| La rencontre physique compositeur réalisateur est primordiale| Le relationnel et la psychologie sont des facteurs importants chez les réalisateurs et les compositeurs| Notre métier de compositeur de musique de film est de surprendre| Instaurer une relation de confiance avec le réalisateur
Medley Star Wars et Super Mario Bros, par le groupe Accordzéâm
Par Tanguy - Tags
Une vidéo communiquée par mon collègue Michaël Dubois (dit Mr Mickey)
Voici Accordzéâm, une formation composée de 4 garçons (plein d'avenir) qui reprend ici les thèmes de Star Wars et de Mario.
Thèmes arrangés pour hautois, violon, accordéon et contrebasse. Le groupe compte également une chanteuse, qui n'apparaît pas dans le clip.
IL y a la musique de qualité bien sur, mais aussi un tas de petits détails très drôles ! (les amateurs de jeux vidéo comprendront).
Hilarant !
Pour en savoir plus sur ces artistes : Site du groupe Accordzéâm
Si tu cherches un peu de gaieté....
Par Tanguy - Tags
Voilà, j'avais envie de me faire la main sur le Séquenceur Reaper, pour me familiariser avec les commandes, les raccourcis claviers etc....
Je me suis fait plaisir avec un petit délire comme je n'en fais pas souvent. Je voulais m'amuser sur un morceau que j'adore parce qu'il me rappelle ma Bretagne natale, qu'il est très entraînant et qu'il groove exactement comme j'aime, j'ai nommé "Lambé An Dro" de Matmatah. Pas de doutes, c'est une de mes chansons préférées.
Dans cette version "à la Tanguy" j'ai rassemblé mes ingrédients préférés : mélange d'instruments rocks, orchestre symphonique et biniou (l'invité d'honneur). Au départ, je pensais y intégrer plus de parties orchestrales, mais j'ai vite constaté à quel point ça alourdissait l'ensemble. Et puis, c'est difficile de remplacer la voix par des instruments symphoniques virtuels... J'ai donc essayé de faire un arrangement plutôt aéré (si j'ose dire), avec beaucoup de notes courtes. On entend par exemple pas mal de staccatos de cordes, de flûtes, de cuivres, de saxophones et bien sûr du xylophone (pour bien accentuer l'aspect piqué des notes).
Enfin bref, voici le résultat :
Lambé An Dro (Matmatah)
orchestration : Tanguy Follio
Ha ha, c'est pas tous les jours qu'on entend à l'unisson de la cornemuse avec du sax ténor ;-)
Côté technique MAO, Reaper s'est montré largement à la hauteur (juste 1 ou 2 plantages à cause d'un plug-in). J'ai pu travailler rapidement sans avoir à fouiner dans le manuel.
Finalement, J'ai trouvé l'éditeur MIDI très pratique, notamment grâce à la sélection de plusieurs canaux (donc plusieurs articulations d'instruments) dans une même piste MIDI. Tout au long de ce travail, j'ai découvert plusieurs fonctions très utiles et vraiment bien pensées. Les découpes et collages des items audio sont un vrai régal !
Et toujours, la liberté de relier n'importe quelle piste à n'importe quel plug-in (réverbe, instrument virtuel, piste répertoire...) ça aussi c'est du pur bonheur :)
Argh, odieux infidèle que je suis, j'en ai presque du remord pour mon petit Cubase 5 qui prend la poussière depuis quelques mois :((
Enfin, c'est la vie... et comme le dit la chanson, "si tu cherches un peu de gaieté, viens donc faire un tour à Lambé..."
Session Reaper (partie orchestrale uniquement) :
J'ai programmé les parties rock + biniou en amont dans une session différente.

Cliquer pour agrandir
En majuscules : les pistes audio. En rose pâle : les samplers virtuels (Halion, Eastwest...).
Tout en haut, en bleu : la structure indiquée sous forme de régions (très pratique)
J'ai programmé les parties rock + biniou en amont dans une session différente.

Cliquer pour agrandir
En majuscules : les pistes audio. En rose pâle : les samplers virtuels (Halion, Eastwest...).
Tout en haut, en bleu : la structure indiquée sous forme de régions (très pratique)
Générique de la série Esprits Criminels
Par Tanguy - Tags
Je voudrais m'attarder quelques instants sur la construction de la musique du générique de Esprits criminels (à priori composée par Steffan Fantini), série policière américaine basée sur le profilage (qui passe actuellement le mercredi soir sur TF1).
Criminal Minds
1) Sous les boucles électro et les FX se profilent 2 thèmes musicaux importants (ci-dessous, en tonalité Sib mineur) :

1) Thème de 4 notes (portée du bas) :
C'est le thème principal du générique. Il est joué 4 fois de suite en suivant une progression orchestrale. Un son de clavier (du piano et du synthé) pour les deux premiers passages, puis des instruments à attaque douce et notes longues (pad de cordes et peut-être de cors) pour le 3è et le 4è passage (ce dernier étant doublé à l'octave). La thématique est lente, régulière et récurrente. Pas très angoissante, mais assez noire (il s'agit tout de même de scènes de meurtres). Les notes me font un peu penser à celles de Batman.
2) Notes aigües en triolet (portée du haut) :
Le voici, l'effet anxiogène, grâce au leitmotiv redondant, rapide, aigu, presque strident. Typique des films angoissants (L'exorciste, Halloween, Child's play...). Là aussi, le compositeur suit une progression instrumentale. ça commence par du piano, puis c'est doublé par des cordes vers le milieu, là où l'orchestration du morceau se développe. Ce leitmotiv est sans doute comparable à une orchestration de second plan. J'aime beaucoup l'effet.
3) Puis, la ligne de basse (et l'harmonie qui en découle). Elle me paraît intéressante sans être pour autant révolutionnaire. Cela dit, le passage sur le Réb (avant de revenir en Sib mineur) m'a agréablement surpris à la première écoute.
4) Ensuite, l'habillage électro : une grosse partie finalement pour le compositeur du 21è siècle... ça va renforcer le rythme, la couleur, la consistance... le compositeur a su utiliser les ingrédients actuels : une superposition de couches électro travaillées, et de nombreux FX qui viennent ponctuer les changements de plans. C'est très efficace même si c'est dans l'air du temps. Quand je dois faire une musique de ce genre, c'est la phase qui me prend le plus de temps. Bien sûr, ce n'est pas le cas de tous les compositeurs.
5) Enfin, l'accord final, un peu précipité à cause du minuscule timing laissé à Steffan Fantini. On sent qu'il est temps de conclure rapidement sur la photo de famille, avec un accord stable et puissant (mais sans excès héroïque). Cela donne un générique assez court et facile à se remémorer, comme la plupart des séries policières et médicales. D'ailleurs, ça me donne une idée. Prochainement je ferai un blind test musical sur les séries TV, pour démasquer ceux qui passent plus de temps devant "Les Experts" que devant leur séquenceur (ou leur papier à musique)... :)
Procédure pour déclarer vos "musiques pour l'image" à la SACEM afin de toucher des droits d'auteur, suite à un passage TV ou une distribution DVD.
Par Tanguy - Tags
C'est votre premier contrat de composition originale d'une musique pour un téléfilm, un documentaire TV, une série de dessins animés ? Et vous ne savez pas ce qu'il faut remplir comme papiers pour toucher des droits SACEM dans le futur ?
Voici la procédure : :
1) Dans un premier temps, les musiques composées pour un film devront être déclarées à la SACEM.
Une fois votre mission de compositeur terminée et que le film est validé par le producteur (prêt à être livré à une chaîne TV), c'est le moment de remplir quelques papiers et de les envoyer à la SACEM.
Avant tout : commander les formulaires par mail à cette adresse : portail.societaires(arobase)sacem.fr en précisant les références (voir ci-dessous) et en indiquant vos coordonnées postales.
- Le bulletin de déclaration. Ref 715 ou Ref 705. Il faut un formulaire pour chaque musique composée pour le projet. C'est une fiche sur laquelle on donne des renseignements sur le morceau de musique (style, bpm, durée, type d'orchestration, qui l'a composée etc...) et le pourcentage de droits d'auteurs qui vous revient.
- La fiche technique audiovisuelle. Ref 703 (et son annexe 704). Un seul formulaire pour tout le film. C'est la fiche d'identité du film ou du documentaire. On y demande quelques détails techniques. Vous pouvez la remplir avec le producteur en n'oubliant pas de la lui faire signer.
- La feuille de montage, appelée aussi "cue sheet". Ref 720. La aussi, un seul formulaire pour tout le film. Cette feuille permet de dresser la liste de "toutes" les musiques qui sont utilisées dans le film (même celles d'autres compositeurs, chansons etc...). En visualisant le film et en s'aidant du Time Code (ou d'une montre) on y indique à quel moment du film chaque musique apparaît, et pour quelle durée. On précise également qui l'a composée. Le remplissage de la feuille de montage peut être fait par le compositeur qui connaît bien les titres de ses oeuvres, en collaboration avec le producteur ou le monteur, qui eux connaissent les références des musique ajoutées dans le film, qui ne sont pas les vôtre (une chanson de Charles Trenet, une musique de Brian Eno etc...).
- Et bien sûr, joindre un CD audio de vos musiques.
Note, : le formulaire 715 est à demander si vous êtes le seul à toucher des droits sur la musique. Dès lors qu'il faut partager un certain pourcentage avec un éditeur, un arrangeur ou un parolier, choisissez le formulaire 705 (plus complet). Si vous partagez vos droits avec un éditeur (33 %, 50 %), n'oubliez pas de joindre le contrat d'édition dans votre courrier.
Note: s'il s'agit d'une musique pour une pub TV, choisir la référence 763.
Note : on peut créer soit-même sa feuille cue sheet (dans excel par exemple).
Ces quatre pièces sont à envoyer à la SACEM, 225 av. Charles de Gaulle - 92528 Neuilly-sur-Seine Cedex
Pour plus de renseignements:
- Voir des spécimens.
- Récapitulatif en pdf
Suite à une diffusion publique ou une reproduction sur support, ce sont les chaînes TV ou les distributeur de DVD/Blu-ray qui sont tenus de déclarer à la SACEM toutes les musique qu'on entend dans leurs films (je suppose qu'ils ont un double du cuesheet, confié par la production). Bref, ce sont eux qui s'acquittent des droits d'auteurs en versant de l'argent à la SACEM. Cette dernière les redistribue au compositeur (6 mois à un an plus tard...). Le producteur n'a donc pas à payer de droits SACEM. Au contraire, il en touche s'il est éditeur de vos musiques.
A ce propos, j'aimerais dire 2 mots sur le principe de certaines boites de production qui emploient bénévolement un compositeur, tout en promettant des droits d'auteurs conséquents. Cela peut être embêtant pour le compositeur si au dernier moment le film n'est pas acheté par la chaîne, ou bien si le film est moins bien diffusé que prévu... Personne ne sait à l'avance ce que va devenir le film.
Par principe (et par ce qu'en attendant des droits d'auteurs pas forcément phénoménaux, il faut bien se nourrir,) je demande toujours un forfait (une prime de commande), ne serait-ce que pour le temps passé à composer, à produire, à mixer avec mon propre équipement, les logiciels et les banques de sons que j'ai dû acheter. En comparaison, le cameraman, l'accessoiriste, le monteur etc... n'ont pas à payer leur matériel.
Et puis franchement, comparé au reste du budget production, on ne peut pas dire que les compositeurs de notre envergure coûtent très cher... surtout si l'on produit nos musiques avec des ordinateurs et des sons virtuels.
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Raccourci clavier pour amener les délimiteurs aux extrémités d'un élément (conteneur midi, fichier wav...)
Par Tanguy - Tags
Séquenceur = Cubase, Reaper
Astuce = Les délimiteurs droit et gauche (R & L)
Envoyée par Christian Pastouret (compositeur)
Astuce : Sélectionner un élément (item) de piste, appuyer sur "P", les délimiteurs se placeront automatiquement aux bornes de cet élément.
C'est pratique si vous voulez écouter une séquence midi en particulier, ou convertir un passage midi en élément audio (bounce).
Vous aussi, vous avez une astuce à nous partager ? Cliquer ici
(Cubase, Live, Reaper, Ardour, Logic, Sonar, Digital Performer, Samplitude Pro, Pro Tools etc...)
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