Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

Le problème avec les grosses banques de sons d'orchestre


Quelques limites liées à l'utilisation des banques de sons d'orchestre symphonique, toujours plus consistantes.


J'ai, comme beaucoup de compositeurs qui font de la MAO, une panoplie de banques de sons dédiées à la création de musique orchestrale (VSL, East-West, Sam Orchestral Brass etc...) qui proposent des nomenclatures dignes du London Symphony Orchestra au complet, avec 6 cors, 18 violons, 6 contrebasses etc....

Je voudrais vous parler d'un petit souci que j'ai rencontré, vis à vis de toutes ces banques de sons dernier cri issues des USA. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais en France, on nous demande pas tous les jours de composer de la musique du style Matrix ou Alien 4, à l'exception de certains jeux vidéos et dessins animés d'aventure, voir même certaines séries policières.

Personnellement, ne jouant pas dans la cour des grands, j'ai surtout composé pour des documentaires TV, du théâtre, du multimédia culturel, de l'identité sonore de site web, des films institutionnels etc.... et je dois avouer que les banques des sons que je cite plus haut m'ont quand même bien servi, ne serait-ce que pour les cordes et les bois.

Maiiiiiiiis.....

Un jour (en mars 2008 pour être précis), j'ai dû composer une maquette pour un long métrage (comédie dramatique) sachant que la bande originale devait être enregistrée ensuite par un orchestre d'Europe de l'Est avec un effectif réduit, vu la taille de l'enveloppe : un orchestre certainement pas constitué de 6 cors, 18 violons, 6 contrebasses etc....

Afin d'éviter les risques de déséquilibre de masse orchestrale entre ma démo et le futur enregistrement en réel, j'ai dû utiliser les pupitres les plus dénudés proposés par les banques de sons (11 violons etc...) et quelques instruments solo (trombone, cors français) pour créer une maquette pas trop consistante. Et je dois dire que le réalisme sonore en a pris un coup...

Il y a parfois de belles musiques de film qui nécessitent le concours d'un petit orchestre. Le mieux, me direz-vous, serait d'écrire la partition directement sur papier. Mais je n'y arrive pas, j'ai besoin de créer une maquette pour composer (avec des sons pas trop "synthé").

En ce moment, je passe beaucoup de temps sur Synful Orchestra, pour essayer de maîtriser au mieux ses performances et faire ressortir quelque chose de réaliste. L'intérêt de ce soft, c'est qu'il est possible de choisir sa propre nomenclature.

Pourquoi ne pas lire aussi :


Concours de musique de film 2008 proposé par East-West sur le forum Soundsonline


J'avais promis un post sur les percussions électro mélangées à de la musique orchestrale, mais il faut que je réinstalle d'abord certains softs...

En attendant, je vous fais part du nouveau concours lancé par Doug Rogers, l'administrateur du forum de Soundsonline :

Cliquer ici pour accéder au règlement

Bon, en gros, on vous propose une vidéo, d'un style très contemporain, à mettre en musique avec des banques de sons de la marque East-West (forcément). Le compositeur considéré comme créateur de la meilleure BO recevra un prix assez conséquent : des banques de sons de la marque East-West (c'est logique).

Je ne parle pas très bien l'anglois, mais j'ai cru comprendre que le concours était ouvert jusqu'au 30 juin 2008.

Avis aux amateurs...

Les musiciens de l'orchestre : que ferions nous sans eux !


Une phrase philosophique que je répète souvent (à propos de l'orchestre classique) :

"Sans les musiciens, il n'y aurait pas de musique. IL n'y aurait même pas de banques de sons"

C'est profond, n'est-ce pas ?
N'empêche, la composition ne fait pas tout. L'interprétation des musiciens a un rôle crucial quant à la qualité d'une musique (la justesse, le rythme, la qualité du son, et l'émotion bien sûr).

Le relationnel et la psychologie !
Je ne crois pas prendre de risques en disant qu'une bonne séance d'enregistrement passe d'abord par une bonne communication, que vous ayez à faire à 2 musiciens ou un orchestre complet. L'important, c'est de transmettre aux instrumentistes l'idée que vous vous faites de l'interprétation de votre musique. Pas besoin non plus d'être un orateur né, mais je pense qu'il faut avoir un discours précis tout en utilisant des mots simples. Avec le sourire, c'est encore mieux ;-)

Le premier Violon :
Comme le chef d'orchestre, il connaît à la fois les musiciens, et votre musique. Ce la fait de lui un bon médiateur et une valeur sûre quant au bon déroulement de la séance d'enregistrement.

Dans cet extrait audio que j'ai trouvé sur Youtube, on entend Bernard Herrmann expliquer aux musiciens ce qu'il attend de la musique à tel ou tel endroit :



Aujourd'hui, dimanche 15 juin 2008 :
Bonne fête à tous les papas musiciens !


Symphobia, du très gros son orchestral. Le dernier né de ProjectSam.


Symphobia est une banque de sons d'orchestre clairement orientée "musique de film" (Musique hollywoodienne, Remote Control Productions, etc.) Elle est un véritable outil de production d'ambiances orchestrales, essentiellement destinée à la musique d'action, suspense et d'aventure (peut-être un peu moins pratique pour composer des mélodies de comédies romantiques ?)

Alors, que trouve-t-on d'intéressant, dans cette banque de sons ? :

1) Les programmes sont répartis non pas par instruments (violons, violoncelles, cors, hautbois etc..) mais par ensembles :
  • Programmes de cordes (STRING SECTION)
  • Programmes de bois (WOODWIND SECTION)
  • Programmes de cuivres (BRASS SECTION)
Tout ceci est enregistré dans des conditions acoustiques respectant le contexte spatial de l'orchestre (réverbe, profondeur, panoramique...)

Prenons le cas des cordes, par exemple :

Elle sont réparties sur l'ensemble du clavier maître, des premiers violons jusqu'aux contrebasses, avec des layers (déclenchement des samples selon la vélocité). Cela permet à l'utilisateur d'avoir sous la main un ensemble de cordes "homogène", sans incohérences de couleur, de spatialisation et de panoramique entre les samples (puisque tout l'orchestre à corde a été enregistré dans son ensemble).
Les articulations se font via l'interface, en activant la fonction legato/répétitions/octaver ou le générateur de clusters. Des articulations spécifiques, comme des staccatissimos peuvent également être chargées à part, et s'appliquent à tout l'ensemble de cordes : fini le temps perdu à charger les articulations pour chaque instrument (violons, alti etc...).

Les programmes de cuivres et de bois présentent des fonctions similaires. Évidement, Chacun de ces 3 programmes propose des effets propres aux instruments qu'il contient (par ex : glissandi pour les trombones, trémolos pour les cordes, rips pour les cors, runs pour les flûtes etc.)

2) Une nouveauté, toujours dans la continuité de l'enregistrement par ensembles, est la mise à disposition de programmes alliant des cordes et des cuivres superposés (STRING BRASS SECTION) ainsi qu'une mise à disposition de programmes constitués de l'orchestre au complet (FULL ORCHESTRA).
On s'en doute, ces "doublures imposées" induisent des problèmes de liberté quand au choix personnel des orchestrations. Il faut donc considérer ce logiciel comme "complément" de vos banques de sons actuelles, un soft intéressant pour le renforcement d'ambiances et le gain de temps. Sans compter qu'il s'agit de doublures naturelles, donc réalistes.

Appuyez vos orchestrations, issues d'autres banques, en les mixant avec les STRING BRASS SECTION de Symphobia et vous obtiendrez certainement quelque chose de consistant et de réaliste. Cela peut être utile, notamment pour créer des nappes ou tapis orchestraux, ainsi que des orchestrations de second et troisième plan.

Note : sans aller jusqu'à dire que Symphobia assure un objectif pédagogique, l'idée de proposer des doublures entre différents pupitres (violoncelles + cors par ex) me paraît intéressante pour découvrir certaines couleurs sonores, et donc gagner, ne serait-ce que quelques miettes, en connaissances sur l'orchestration.

3) On notera également la fonction "Learn Keyrange" qui permet de personnaliser le positionnement des différents ensembles sur le clavier. On peux choisir de placer par exemple un ensemble contrebasses + bassons dans les graves, clarinettes + trompettes dans les médiums et violons + flûtes dans les aigus.

4) Autre grosse partie de Symphobia : le soft propose de nombreux effets orchestraux cinématiques, très utiles pour créer des ambiances extrêmes, difficiles à simuler en MIDI. Il s'agit par exemples de crescendos de cuivres dissonants, de tapis orchestraux apocalyptiques, de ponctuations violentes, d'effets de panique etc... auxquels s'ajoute la collection Dystopia 2 (samples dédiés aux ambiances dark ?)

Section de cuivres


5) Un programme de cordes solo avec 5 articulations, ainsi que des phrases de Duduk et autres flûtes ethniques viennent agrémenter la librairie.

Enfin, tous ces échantillons sont lus par le Player Kontakt 2 de Native Instruments.


Pour qui ?

Cette banque de sons, très orientée gros film américain, donc, me semble appropriée aux compositeurs de jeux vidéo (action, combat, guerre..) ou aux jeunes compositeurs dont on demande (pour un court métrage par exemple) de faire une musique qui ressemble à une BO de Blockbuster (comme Vendome ou Scoub 2)

Pour les compositeurs de téléfilms ou de longs métrages pour le cinéma, ça peut être utile pour placer ponctuellement des phrases orchestrales que l'on mélange à l'orchestre réel utilisé pour la BO. Disons qu'elle peut donner un sacré coup de pouce pour obtenir une ambiance sonore ni programmable avec l'ordinateur, ni réalisable avec l'orchestre dont vous disposez (si ça peut éviter quelques séances de re-recording).

Cette librairie peut être utile également pour les "monteurs son" qui font un peu de musique (pour créer des bandes annonces)

Le prix, actuellement de 999 € sur le site ProjectSAM, est impressionnant lui aussi. La qualité a un coût.

Un grand merci à David Soltany pour ses éclaircissements ;-)

Avatar, le film et la musique


En décembre 2009, Damien Deshayes a fait une critique de la musique du film de James Cameron: voir la critique qui correspond parfaitement à ce que j'ai ressenti pendant la séance.

Je vais toujours voir les gros succès avec 2 mois de retard. C'est bien, à Chartres on était une dizaine dans la salle (de 450 places). Ayant raté mes tests de relief à l'armée, je craignais d'être gêné par la 3D. Et effectivement, c'était assez fatiguant pour le yeux, surtout pendant les scènes d'action où ça bouge de partout.

Concernant la bande son, ma première impression a été de me dire que ce film déchirait ! (les tympans). Pour moi, les salles de ciné poussent le volume beaucoup trop fort, et c'est d'autant plus pénible que les gros films hollywoodiens regorgent de bruitages très ... bruyants.

Gêné par la 3D et par les décibels, je passe donc pour un vieux râleur... mais rassurez vous, j'ai adoré le film (à part le passage "Robocop-Rambo-Transformers" vers la fin).

Quelques détails m'ont fait penser à Aliens Le Retour : Sigourney Weaver, le voyage cryogénique, l'aspect des vaisseaux, les robots pilotés par des humains, des méchantes bêtes et pour finir quelques citations musicales issues de la BO de Aliens (Les cors de "Futile Escape").

La musique originale du film m'a paru très longue, dans le sens "beaucoup de travail effectué". D'ailleurs, c'était hallucinant de constater au générique de fin, le nombre de personnes qui ont participé à la BO (superviseurs, compositeurs additionnels, programmeurs synthés etc).
Côté thématique, comme l'a très bien expliqué Damien, on a un peu l'impression que le compositeur a pris ses meilleurs ingrédients de BO antérieures pour les resservir dans un shaker. La couleur musicale m'a rappelé celle de Dinosaur (composée par James Newton Howard) dans ses harmonies et ses orchestrations, avec de belles textures, des percussions tribales, des voix d'arborigènes, du piccolo planant...

Avec Avatar, je suis vraiment tombé sous le charme des musiques douces et aériennes offrant des sons de clochettes mêlés à des cordes féériques. Les textures pittoresques chez James Horner (comme chez JNH) m'ont toujours fait rêver. Ces sonorités issues de synthés et mélangées à des violons et des flûtes me transportent littéralement.
Tout comme les morceaux ethniques avec des voix lointaines et les rythmes tranquilles ! ça aussi j'adore.

En ce qui concerne la musique d'action et la musique solennelle, c'est très efficace, mais quelle impression de déja vu ! Il y a bien sûr le sempiternel motif de 4 notes (si do do# do) qui doit être un jeu pour le compositeur, un pari ou quelque chose du genre. Mais il y a surtout les inévitables cors cuivrés posés sur les boucles de Stormdrum entendus mille fois chez Remote Control et ré-utilisés dans les émissions de télé-réalité de M6. Un peu de Titanic aussi, avec quelques motifs très bateau.

Bref, je vieillis sans doutes... Je préfère mon petit confort avec des images et des sons apaisants (très nombreux dans le film) et suis de plus en plus gêné par le montage dynamique et les FX agressifs.
Quoiqu'il en soit, je suis conquis par ce film : une merveille technologique au service d'un beau scénario. Une très belle histoire avec de méchants humains et de gentils extraterrestres.

Et pour finir, une découverte intéressante sur les requêtes tapées dans Google :
  • "Comment fabriquer un arc" (67 millions de requêtes)
  • "Comment fabriquer un robot" (52 millions de requêtes)
  • "Comment fabriquer un avatar" (410 millions de requêtes)
  • "Michael Jackson n'est pas mort" (pas très loin du milliard de requêtes)

On vit en pleine science fiction...

Blade Runner dimanche 29 juin à 23h10 sur France 2. Musique composée par Vangelis.


Blade Runner : un film noir de science fiction (1982, Ridley Scott), avec un thème musical synthétique (Vangelis) qui a pas si mal vieilli que ça, je trouve :

Cliquer sur le bouton Play :


Timbales, sons métalliques synthétiques (enclumes, lasers), cuivres et cordes analogiques. Un son typique du Vangelis des années 80, pour une bande originale qui nous téléporte sans problème en plein 21 ème siècle ! (tout du moins le 21 ème siècle décrit par Ridley Scott).


Blade Runner Harrison Ford


Le glissando de harpe : technique très souvent utilisée en musique de film.


Je ne vais pas faire un exposé sur la harpe classique, mais juste vous montrer le glissando de harpe que je préfère !


Voici les notes de la gamme :
(exemple en tonalité do mineur)

Mon glissando de harpe préféré


Comme il s'agit d'une harpe, cette gamme peut se répéter sur plusieurs octaves. On pourra donc utiliser le glissando soit dans un registre grave, soit dans un registre aigu selon l'effet ou la couleur recherchée. c'est très facile à tester dans un séquenceur.




Voici quelques exemples de ce glissando que j'utilise très souvent pour faire mes transitions :
Dans le premier exemple (Le diable et elle) il faut parfois tendre l'oreille, car la harpe se fait discrète, bien qu'elle soit nécessaire pour appuyer le côté mystérieux du thème. Dans les 2 autres exemples, elle est clairement identifiable. Je l'ai placée là pour renforcer la dynamique de mes transitions.



Comment se porte la musique de film sur Myspace ?


Quelques chiffres en parcourant Myspace
Bon. je constate que Fatal Bazooka devance de loin John Powell...
Mais ça c'est la faute aux jeunes. Ils devraient faire leurs devoirs plutôt que d'aller tout le temps sur Myspace !

Non mais plus sérieusement, la musique de film compte quand même beaucoup d'adeptes et c'est très bien ;-) Et puis, contrairement aux artistes issus du milieu du disque ou de la scène, le succès du compositeur de musique de film ne dépend pas d'un public, mais d'une certaine notoriété chez les professionnels du cinéma (producteurs, réalisateurs, superviseurs). C'est donc normal que les pages Myspace des compositeurs pour le cinéma soient moins visitées que celles de leurs collègues du show-bizz. (heureusement qu'il y a les béophiles).

Tiens, au fait : Ouais je sais, c'est la classe.....
D'après mes calculs, dans 89 ans je serai au même rang qu'Alicia Keys (si entre temps, sa page n'est plus visitée). C'est jouable.

Jeux musical : reconnaître rapidement un thème


Quand on connaît bien une musique, il suffit parfois de moins d'une seconde pour la reconnaître...

Ci-dessous, 10 thèmes de musique (du cinéma et de la TV de ma génération), dont je n'ai conservé qu'une demi-seconde (quand je dis une demi-seconde, ce n'est pas à une vache près, hein Poulpette ;-).

Extrait 1 :



Extrait 2 :



Extrait 3 :



Extrait 4 :



Extrait 5 :



Extrait 6 :



Extrait 7 :



Extrait 8 :



Extrait 9 :



Extrait 10 :



Qui aura reconnu les 10 extraits ?

Le réalisateur : interlocuteur privilégié dans la création d'une musique de film.


Le réalisateur (le réal ou le réa dans notre jargon), c'est la personne qui, avec le superviseur musical, est la mieux placée pour décrire ses attentes vis à vis de la musique à composer pour le film.

Une phrase que j'ai souvent entendue : "ce film, c'est son bébé".

Certes, ce n'est pas le bébé brailleur qui rempli allègrement ses 8 couches par jour, mais plutôt le bébé tendresse qui fait notre fierté, que l'on souhaite protéger et voir grandir.

Pour un réalisateur, un film est toujours une grande aventure, une œuvre originale dans laquelle il s'est humainement impliqué. Sa grande ferveur artistique est souvent malmenée par les réalités techniques comme les moyens budgétaires, les délais impartis, la météo, ou encore certains problèmes de communication avec la boite de production. Mais cela ne l'empêche pas de créer... Finalement cette vision ressemble beaucoup à celle des compositeurs : pas mal de points communs nous rapprochent.

En ce qui me concerne, la plupart de mes collaborations avec les réalisateurs se sont bien passées. Bien sûr, il y a (et il y aura) toujours des mauvais caractères ou des orgueilleux (que ce soit du côté des réalisateurs ou des compositeurs), mais dans l'ensemble, ce sont des gens sympathiques qui ont l'habitude de travailler avec d'autres personnes et qui sont parfaitement conscientes des valeurs relationnelles et psychologiques.

En début de projet, j'essaie d'adopter une attitude sereine et de me dire que je ne travaille pas pour le réalisateur, mais "avec" le réalisateur. Cela commence souvent par une rencontre physique au cours de laquelle on parle du film, du rôle de la musique, de certaines références musicales à prendre en compte, des goûts musicaux de chacun... A ce stade, il est rarement question de rémunération ou de devis d'orchestre et d'enregistrement qui me paraissent pourtant incontournables si l'on veut obtenir de la qualité. Mais le "comment" n'est pas la première préoccupation du réalisateur qui privilégie avant tout l'aspect artistique.

C'est délicat pour nous d'essayer de répondre à ses aspirations si l'on sait pertinemment qu'il n'y aura pas les moyens financiers pour réaliser une belle musique. Il le sait bien pourtant, puisque lui même est confronté aux mêmes problèmes pour mener à bien son projet. Mais ce film, c'est son bébé.... pour les sous, voyez avec la production...
On entre alors dans une relation triangulaire : réalisateur-compositeur-producteur qui peut très bien se passer (ou pas).

Au fur et à mesure que le projet avance, une relation de confiance s'instaure avec le réalisateur. Transcrire musicalement ce qui est dit verbalement est parfois difficile. Il m'est arrivé de devoir décoder le vocabulaire "subjectif" du réalisateur, comme "j'aimerais quelques chose de plus granuleux et moins gris à cet endroit" ou encore "ça manque de couille" (véridique). Ce n'est pas tellement le sens des mots qui est difficile à traduire musicalement, mais le degré d'application. Par exemple, pour rendre un morceau plus couillu (pour rester dans le dernier exemple), il existe 36 manières de procéder. Souhaite-t-il une musique un peu plus ou beaucoup plus orchestrée ? Est-ce que je lui propose quelque chose de plus viril, ou alors de plus rapide, de plus consistant, de plus cuivré, de plus agressif, de plus dynamique, de plus mémorable sur le plan thématique, de plus osé sur le plan harmonique etc... et surtout jusqu'à quelle intensité ? La discussion est donc primordiale pour être bien sûr de ne pas se lancer dans une mauvaise direction. Car la moindre orchestration approfondie, le moindre changement de thème peut demander des heures de travail.

J'aime bien travailler avec un réalisateur qui a quelques notions d'orchestration. Il est plus facile pour moi de répondre à ses attentes lorsqu'il me demande d'enlever la partie de trombones qui le gêne, ou de mettre en valeur les cordes à tel endroit. Le pire, c'est lorsque le réalisateur ne sait pas vraiment ce qu'il veut. Ordinairement, cela se traduit par la phrase standard "surprenez moi" qui veut tout dire et rien dire à la fois... beaucoup d'heures de travail à tâtonner, le temps de tomber sur le thème, l'harmonie, l'orchestration qui sera susceptible de plaire... au petit bonheur la chance. Certains compositeurs y arrivent très bien. C'est peut-être ça le talent. Mais moi, je sais que j'ai besoin d'être guidé. C'est à partir de l'idée directrice que je vais pouvoir me lancer, personnaliser, orchestrer à ma manière et surprendre parfois. Voilà, c'est ça : je crois qu'il est difficile de surprendre quelqu'un qui s'attend à être surpris. Au contraire, lorsqu'un réalisateur souhaite quelque chose de précis, c'est l'occasion rêvée d'apporter une petite touche personnelle, un élément de surprise...

Un compositeur peut-il être intermittent du spectacle ?


OUI, mais uniquement en tant que prestataire technique (musicien, programmeur, mixeur etc...) et non comme compositeur au sens propre.

Ce n'est pas difficile, avec l'informatique musicale et les home-studios de plus en plus sophistiqués, il est tout à fait possible pour un compositeur de séparer son travail en 2 catégories :
  1. Le travail d'auteur (la composition au sens propre), immatériel qui entre dans le cadre de la propriété intellectuelle et pour lequel le compositeur reçoit des droits d'auteur : la note d'auteur (facture + Agessa) et/ou les droits SACEM.

  2. Le travail technique, comme la prise de son d'un instrument extérieur, l'interprétation instrumentale, Le mastering des maquettes, la programmation des synthétiseurs, la mise en partition pour la société d'édition ... pour lequel le compositeur peut demander à être payé en salaire (nombres d'heures travaillées quantifiables). C'est cela qui va permettre au compositeur de prétendre à des indemnisations chômage. Bien entendu, sur sa fiche de paie, il n'est pas mentionné comme compositeur mais, par exemple, comme musicien (ou autre activité énumérée dans la liste non exhaustive ci-dessus)
Côté Assédic, on vous demande de cumuler, en 10 mois, 507 heures de travail payées par vos employeurs sous forme de "cachets" en tant que salarié (par des cachets forfaitaires de 8h ou 12 h)
Voir détails sur le calcul des heures.


Bref, pour un même projet, légalement il faudrait penser à différencier la part intellectuelle et la part technique : 80/20 ou 50/50 ou 30/70 .... et d'être payé en conséquence : soit 2 types de rémunération faisant l'objet de 2 contrats bien distincts.

Pour l'employeur (une boite de prod par ex) cela ne change rien :
En salaire, les charges sont plus lourdes pour le compositeur. En outre il pourra bénéficier plus facilement du chômage.
En droits d'auteur (facture), les charges sont moins lourdes pour le compositeur. Mais pas d'indemnisations ASSEDIC en contrepartie.

Pour plus de précisions sur le dispositif d'indemnisation des intermittents : consulter le site de l'ASSEDIC

Merci à Thierry Dolz, Bruno Bertoli, Laurent Juillet et Damien Deshayes pour leurs témoignages qui m'ont permis d'y voir plus clair...

Consulter un article complet sur la rémunération des compositeurs.


Les sites de l´annuaire :
  • LES STUDIOS 7EME CIEL


    LES STUDIOS 7EME CIELLe site des studios7emeciel vous propose les rubriques : Studios d'enregistrement,de mixage et de mastering, studios de répétitions, outils de production des musiciens. Écoute d'enregistrements réalisés aux studios7emeciel. Tags

    STUDIOS D'ENREGISTREMENT
    Studios7emeciel vous propose une infrastructure nouvelle dans le monde de l'enregistrement, avec sa régie on son plateau principal, ses 4 studios satellitaires.
    De nombreuses possibilités en enregistrement, de la prise voix ou instru, à la prise Live multicabine , permettant la visu entre musiciens et une qualité professionnelle.

    STUDIOS DE REPETITIONS
    Studios 7eme Ciel est le point de rencontre de toutes les musiques. doté de 5 somptueux studios de répétitions neufs, studios7emeciel innove et propose des endroits haut sous plafond et tous traités acoustiquement, avec le souci du détail puisque chaque cabine fait l'objet d'une étude acoustique poussée permettant d'aboutir à un résultat optimisé pour chaque volume.
    Plus de souci d'écoute dans les studios, tout le monde s'entend !

    FORMATION ET STAGE d'APPRENTISSAGE EN ENREGISTREMENT PROFESSIONNEL
    Novice ou confirmé, Studios7emeCiel propose désormais deux stages de formation en enregistrement studio, afin d'apprendre ou de consolider des bases, et devenir autonome et performant lors de sessions d'enregistrement.
    Un stage de deux jours à deux jours et demi, en groupe de 2 à 4 personnes, à un tarif ultra abordable et dispensé par une équipe disponible, dans un endroit plutôt sympa !
    www.studios7emeciel.com/formations.html

    COURS DE GUITARE
    Studios 7eme Ciel offre depuis la rentrée 2009 la possibilité de prendre des cours de guitare en studio. Quoi de plus logique, après tout, d'apprendre à jouer de la guitare dans une acoustique dédiée et dans des studios dotés du matériel professionnel qui accompagne les groupes sur scène? Les cours sont dispensés par un professeur expérimenté, œuvrant dans la plupart des styles les plus répandus et selon une méthode axée sur la pratique.
    des infos: www.studios7emeciel.com/cours.html

    PRESSAGE de CD's
    Studios7emeCiel est l'endroit idéal pour passer votre commande de Cd's. Quel que soit le packaging, la quantité, et le projet graphique, notre équipe saura vous fournir les conseils utiles à la réalisation de votre produit final.
    toutes les infos sont sur : www.studios7emeciel.com/pressage.html

    LES STUDIOS 7EME CIEL


    Contact :
    STUDIOS 7EME CIEL
    9 Rue d'Estienne d'orves
    92130 ISSY LES MOULINEAUX
    FRANCE
    tél : 01 46 45 09 03

    Thèmes abordés : Studio musique, Enregistrement musique, Studio professionnel, Studio pour répétition, Bonne acoustique pour répéter, Local répétition, Stage studio d'enregistrement, Formation enregistrement musical, Apprendre technique du son, Cours de guitare, Apprentissage guitare, Devenir guitariste, Pressage CD, Fabrication CD.Catégorie > Annuaire Studios d'enregistrement

  • Geste scnéique : Location de materiel professionnel de sonorisation et d'eclairage


    Geste scnéique : Location de materiel professionnel de sonorisation et d'eclairageGeste scénique est un prestataire du spectacle vivant reconnu sur la région Poitou-Charentes (label N°171). Situé à la créche en deux sèvres près de Niort nous sommes les partenaires privilégiés des grands festival (jazz à cognac, franco-folies de la Rochelle). Nous disposons d'une large gamme de produit et de service pour réaliser des mises en lumières, organiser des scènes, vendre et louer un large choix de matériel de sonorisation de grande marque et de consommable. Tags

    Vente et location de materiel de sonorisation
    Geste Scénique est un partenaire régional privilégié des grandes marques de matériel d'éclairage et de sonorisation (adb, yamaha, l-acoustic, shure, jem etc..)
    De part ces partenariats, nous sommes a même de vous apporter
    - les conseils nécessaires dans vos choix,
    - une gamme large et performante,
    - des prix compétitifs

    Equipement de lieux culturels
    Geste scenique équipe vos installations culturelles et vous accompagne dans vos choix.
    Nos références sont :
    - le théâtre Auditorium de Poitiers
    - le Théâtre de la Roche sur Yon
    - Le Centre Culturel de Fontenay le Comte
    - La réhabilitation de la salle René Cassin à Gueret
    - L'aménagement du couvent des carmes
    - Le centre de rencontres socio-culturelles à La Boissière des Landes

    Geste scenique et la muséographie
    Notre société vous accompagne dans la réalisation et la mise en valeur des oeuvres culturels par la mise en lumière et la sonorisation des lieux.
    parmis nos réalisations, nous comptons :
    - L'exposition Napoléon en vendee (85)
    - La Tuilerie de Pouligny
    - Le centre évocation minier Faymoreau
    - le phare de Chassiron (17)
    - Le chateau de la Chabotterie (85)

    Vente de materiel d'occasion et destockage
    Nos différentes missions (organisation évènementielle, organisation de festival, équipement de lieux culturels), nous permettent de travailler avec un stock important de matériel d'éclairage et de sonorisation. régulièrement nous nous équipons de nouveaux matériels; De ce fait nous disposons en permanence de matériel professionnel en occasion ou destockage.

    Creation de spectacle vivant
    En qualité de prestataire labelisé, nous intervenons comme partenaire privilégié sur les grandes manifestations régionale. Nous intervenons aussi bien au niveau de la conception que de la prestation technique. Nos références sont :
    - Soirées lyriques de Sanxay :
    intervention dans un site classé
    200 m2 d’aire de jeu
    20 solistes, 80 solistes, 70 musiciens.
    Coordination et réalisation technique.
    - Festival de Confolens
    - Francofolies de la Rochelle
    - Festival Rootsland,
    - Festival des Bouchauds,
    - Créateuf (86)
    - Eté Couleurs Viennes (86)

    Geste scnéique : Location de materiel professionnel de sonorisation et d'eclairage


    Contact :
    Geste scenique
    Centre routier
    79260 La Créche
    France
    tél : 05.49.05.83.51

    Thèmes abordés : Matériel sonorisation, Location sono, Equipement éclairage, Equiper une salle culturelle, Sonoriser un théâtre, Aménagement audio, Mise en valeur par le son et la lumière, Matériel sonorisation d'occasion, Sono destockage, Amplification spectacle vivant, Coordination technique son.Catégorie > Annuaire Equipement

  • Shoepolishers le site des Shoeps


    Shoepolishers le site des Shoeps Ils arrivent tout droit de Blairoland : 4 Blairolandais de souche qui ont emmenés dans leurs bagages, outre leur talent et leurs instruments, quelques kilos de grosse marade, 2 gros sacs de bonne humeur et une bonne dose de dérision. Ils forment sans nul doute, le groupe le plus déjanté de la planète, leur musique est un mélange savamment orchestré de Pogues de Blankass et de Marcel et son Orchestre, c'est tout dire ! En 6 ans d'existence et plus de 300 concerts à leur actif, ils écument la France entière, la Belgique et la suisse, avec des scènes prestigieuses comme le Zénith en octobre 2006 ou la place de l'arsenal à Belfort en septembre 2007 ou plus de 12000 fans s'étaient donnés rendez vous. Sur scène, c’est la grosse fête, les 4 cireurs de pompes s’en donnent à cœur joie et jouent avec le public qui en redemande encore et encore. Après deux CD (2002 et 2004) et un DVD live en 2005, ils sortent en 2007 leur 3ème opus intitulé « Welcome to Blairoland » dans lequel les Shoeps livrent tout leur talent extravagant à travers 14 titres endiablés ou se côtoient compostions et reprises revues et corrigées sauce Shoepolishers. Il vous emmènera faire un tour à Blairoland pour y retrouver Olga, Léon, René et les autres, vous irez également voir le vieux Terry Mac Grégoire (le patron du pub O Flayerty). Nul doute que cet album laissera son empreinte dans la longue histoire du rock’n roll… Les Shoepolishers sont la pastille miracle contre la morosité. Attention leur bonne humeur est contagieuse, si vous ne voulez pas être à votre tour contaminés, surtout n’allez pas les voir !
    Thèmes abordés : Album-CD : Midi moins le quart 2002, Album-CD : Cirage de pompes 2004, DVD : Live Fimu 2006, Album-CD : Welcome to Blairoland 2007, Nombreux concerts, Blankass, Pogues, Floggy Molly , Rock.
    Tags
    Catégorie > Annuaire Groupes de musique > Annuaire Rock