Préparateur de partitions (score preparator), un métier lié à la musique de film.
Par Tanguy, mercredi 19 mars 2008 à 08:30 - Les professions liées à la musique de film - Tags
Le préparateur de partitions (score preparator), quand il existe, intervient avant l'orchestrateur. Il facilite grandement la tâche du compositeur en travaillant à partir d'une session (Cubase, Digital performer etc.) permettant à l'orchestrateur de disposer d'une partition "propre" pour travailler. Le préparateur de partitions collabore donc essentiellement avec des compositeurs qui utilisent l'informatique musicale.
Lorsqu'un compositeur soumet une belle maquette à un réalisateur, le séquenceur, lui, présente une partition MIDI d'une clarté plus ou moins douteuse :
- les notes ne sont pas forcément quantifiées
- Il y a des keyswitch qui trainent
- Les durées des notes ne respectent pas forcément la grille de division rythmique
- Une même section de cuivres (par exemple) peut-être utilisée sur une seule piste midi
- Le compositeur peut utiliser plusieurs pistes midi pour un seul phrasé etc...
On rencontre parfois bien des surprises.
Prenons le cas d'une séquence MIDI (avec violons 1 et violons 2 dans la même piste)

En exportant ces notes dans une éditeur de partition, cela donnera probablement ceci :

Débrouilles toi avec ça, coco....

En exportant ces notes dans une éditeur de partition, cela donnera probablement ceci :

Débrouilles toi avec ça, coco....
Le compositeur va donc confier sa session (Cubase, Logic etc...) avec la maquette audio en guise de repère, au préparateur de partitions. Ce dernier effectuera un nettoyage complet et carré de la séquence midi (quantifications, éclatement des parties, suppression des keyswitch etc...) et fera le transfert dans l'éditeur de partition. Selon les cas, il pourra apporter un premier travail de notation orchestrale comme la mise en place de certains signes, des nuances, des trilles et trémolos etc... un gain de temps considérable qui permettra au compositeur de se consacrer à sa musique.

Après le passage du préparateur de partitions, on y voit déjà plus clair...
Note : tout comme l'orchestrateur, le préparateur de partitions intervient sur le conducteur (pas les parties séparées dont la gestion est confiée au copiste).
Quels sont les métiers liés à la création de musique de film ?, Le score preparator ou préparateur de partitions est une profession liée à la musique de film, Quel est le rôle du score preparator ?, Trucs et astuces pour exporter sa séquence midi dans un éditeur de partitions, Les compositeurs de musique de film ont-ils des assistants ?, Comment gagner du temps quand on est compositeur de musique de film ?, Quelle est la différence entre un préparateur de partition un orchestrateur et un copiste ?, Le keyswitch dans la séquence midi, Quelles sont les différentes étapes de création d'une musique de film ?
Pourquoi ne pas lire aussi :
Qui a composé la musique de la pub...
Par Tanguy - Tags
C'est en allant sur le site de Evgueni Galperine que j'ai découvert qu'il avait composé la musique de la pub pour la Laguna (l'homme qui sabote la voiture de sa femme). Idem pour Erwann Kermorvant avec la Peugeot 308, ou Jean-Philippe Goude pour le thème musical de Herta.
Sur Internet, il existe des sites très intéressants qui référencent toutes les musiques utilisées dans les publicités. Ce sont de vraies mines d'or, et je souligne la richesse incroyable de leurs contenus !
Je citerais par exemple musiquedepub.tv ou encore le forum musiquedepub.com qui propose en bonus une liste de compositeurs qui ont fait des musiques de pub, comme Pierre Adenot, Jean-Michel Bernard, Evgueni Galperine, et même quelques vieilles connaissances (Guillaume Roussel et Laurent Koleda). Sont notés les compositeurs qui possèdent un site ou un MySpace.
Voir la liste (Merci à shadow's lisa)
Si quelqu'un a d'autres infos sur des compositeurs de musique de pub, je suis preneur ;-)
Thème musical de la publicité Herta| Vous recherchez une musique de pub ?| Qui a composé la musique de cette pub TV ?| Evgueni Galperine a composé la musique de la publicité pour la Laguna| Erwann Kermorvant est le compositeur de la musique originale de la pub pour la Peugeot 308| Compositeur de la musique de la pub Herta| Jean-Philippe Goude a composé le thème musical de la pub Herta| Les compositeurs de musique de pub TV| Musique originale pour les publicités| Qui sont-ils les compositeurs qui écrivent des thèmes sur mesure pour les pub TV ?
Compositeurs français de musique de film : interviews enregistrées par des Lycéens
Par Tanguy - Tags
Radio Classique et l'Education Nationale (avec le concours de l'UCFM et la SACEM) ont mis en place en 2007, des émissions radio dédiées à la composition de musique de film.
Les émissions sont réalisées par des Lycéens, et j'ai trouvé les interviews d'une grande qualité (questions pertinentes, contenu passionnant et extraits sonores à la pelle...).
On peut écouter les interviews (d'au moins 60 mn chacune !) des compositeurs de musique de film ci-dessous :
- Vladimir Cosma
- Bruno Coulais
- Eric Demarsan
- Francis Laï
- Michel Legrand
- Philippe Rombi
- Gabriel Yared
Cliquer ici pour accéder aux interviews des compositeurs
Exemples de musiques pour films institutionnels
Par Tanguy - Tags
Voici 3 exemples de musiques pour films corporate appartenant à 3 secteurs d'activité différents : la technologie (Neusoft), La route (Colas) et l'horlogerie de luxe (Audemars-Piguet).
1) NEUSOFT :
- Réalisation : Ludovic De Vita
- Production : Neusoft
- Musique : Alexandre Mabeix (style électro).
Quelques mots clé : humanité, ouverture, innovation, technologie, dynamique
qu'Alexandre a su traduire musicalement par :
- Un leitmotiv récurrent, accompagné d'effets de sound design (technologie, innovation)
- Une rythmique moderne (dynamique)
- Quelques notes de piano et cordes (humanité)
- Des changements de tonalité et une progression harmonique (innovation, ouverture)
2) COLAS :
- Réalisation : Nicolas Lebrun
- Production : Movida Films
- Directeur Photo : Benjamin Louet
- Musique : Tanguy Follio (style orchestral avec un peu d'électro).
En fait, ce film assez long (plus de 7 mn), comporte 2 grands axes :
- Une première partie "usagers de la route" : humanité, confort, sécurité, voyage, acheminement
- Une deuxième partie "les hommes et les femmes qui font avancer l'entreprise" : esprit d'équipe, travail, fierté, ouverture
- Une base musicale solide et stable posée par une thématique simple (sécurité)
- Du piano, des cordes assez légères et des cuivres doux (confort, humanité)
- Du mouvement, par les croches et doubles croches en arrière plan (locomotion, acheminement)
- Un petit passage musical à consonance ethnique (voyage)
- Partie 2 : reprise du thème initial, mais plus "métronomisé", plus uniforme, plus carré (travail, équipe)
- Final : progression harmonique et orchestrale avec des chœurs en bouquet final (fierté, ouverture)
3) AUDEMARS-PIGUET :
- Réalisation : Julius Berg
- Production : Point Prod
- Images de synthèse : Wizz
- Musique : Bernhard Elsner (style orchestral cinématographique).
Ce film institutionnel raconte d'abord une histoire, avec des personnages, des décors, une intrigue. On est loin d'une simple juxtaposition d'images énumérant les valeurs et les compétences d'une entreprise. Ici les compétences se manifestent par l'expérience et la longévité ("il y a bien longtemps dans une contrée lointaine...") ainsi que par l'accent mis sur le côté artisanal, inédit (chaque pièce faite à la main est unique) et précis (secteur de la haute horlogerie).
La musique, composée par Bernhard, présente une grande souplesse, plus que dans les deux exemples précédents (plutôt récurrents avec des thèmes répétitifs à 8 ou 16 mesures). Ici, la BO épouse la fiction. Pour la musique, Bernhard a choisi une instrumentation classique : un ensemble de cordes (interprété par l'orchestre symphOnifilm) et une flûte traversière, ce qui renforce parfaitement le côté cinématographique, l'arrivée d'un objet mystérieux... l'histoire d'une montre de luxe.
- Instruments classiques pour un film "d'époque" (longévité, expérience)
- Des cordes moelleuses et une belle mélodie (luxe)
- Un flûte traversière, sobre, discrète mais efficace (l'être humain, l'artisan)
- une consonance énigmatique dans le thème et l'arrangement (mystère)
- Pizzicati ordonnés, légers et précis (travail de précision)
Jeux musical : reconnaître rapidement un thème
Par Tanguy - Tags
Quand on connaît bien une musique, il suffit parfois de moins d'une seconde pour la reconnaître...
Ci-dessous, 10 thèmes de musique (du cinéma et de la TV de ma génération), dont je n'ai conservé qu'une demi-seconde (quand je dis une demi-seconde, ce n'est pas à une vache près, hein Poulpette ;-).
Extrait 1 :
Extrait 2 :
Extrait 3 :
Extrait 4 :
Extrait 5 :
Extrait 6 :
Extrait 7 :
Extrait 8 :
Extrait 9 :
Extrait 10 :
Qui aura reconnu les 10 extraits ?
Mini Dizi et mini Erhu : Instruments traditionnels chinois
Par Tanguy - Tags
J'ouvre une catégorie dédiée aux plugins VSTi free !
Dans cette rubrique, j'essaierai de répertorier les instruments virtuels gratuits qui me plaisent le plus (car dans le monde des VST free, il y a du bon et du mauvais). Ce sera sûrement très subjectif et orienté musique de film (normal).
Je parlerai prochainement de banques gratuites (instruments symphoniques, pianos, saxophones etc...) qui ont retenu mon attention. Mais pour le moment, j'aimerais m'attarder sur ces 2 petits plug-ins très sympathiques dédiés à la musique asiatique :
Mini Dizi (créé par la société Kong Audio) :

Télécharger le plugin (free) Mini Dizi
Le Dizi est un instrument chinois. Il s'agit d'une flûte traversière en bambou. Le son est incisif, plutôt sec. Le plug-in offre plusieurs possibilités : sons longs, son court, trill, ornementation, basse...
Ci-dessous, un exemple audio que j'ai programmé dans mon séquenceur pour vous donner un aperçu (très inspiré H. Zimmer).
Toutes les flûtes que vous entendrez proviennent du Mini Dizi. L'accompagnement orchestral est construit à partir des mes autres banques de sons.
Shaolin Art (Dizi):
Mini Erhu (créé par la société Kong Audio) :

Télécharger le plugin (free) Mini Erhu
Le Erhu est un instrument à 2 cordes. Le son offre un timbre très riche, avec de belles vibrations. Les articulations proposées par le VSTi sont intéressantes : des sons longs, nuancés et 2 "glissés" (up et down) qui peuvent apporter du réalisme à condition de ne pas trop en abuser (comme je l'ai un peu fait ci-dessous;-)
Voici donc un second morceau programmé dans mon séquenceur pour vous donner un aperçu (très inspiré H. Zimmer également).
Là encore l'orchestration qui entoure le Erhu est construite à partir des mes autres banques de sons.
Kung-Fu Koala (Erhu):
Couleur orchestrale sombre et grave : le crescendo avec des percussions
Par Tanguy - Tags
Les premières images de "Pirate des caraïbes 3" sont très dures, car elles dévoilent une série d’exécutions (dont un jeune garçon).
Il y a dans ce tableau très sombre, un crescendo de percussions (caisse-claire, grosse caisse etc...) qui a attiré mon attention. Il introduit le film avant de revenir de manière récurrente pendant la scène d'exécutions, y compris pendant la chanson "Hoist The Colours" entonnée par le petit garçon quelques secondes avant de mourir...
Liées aux images, ces percussions sont redoutables. Elles annoncent une sombre fatalité et maintiennent la tension jusqu'au dernier plan...
Ci-dessous, on peut écouter "Hoist The Colours" dans lequel
on entend très bien ce fameux crescendo de percussions :
on entend très bien ce fameux crescendo de percussions :
Pour recréer avec l'ordinateur ce crescendo, j'ai utilisé des percussions de la banque de sons True Strike 1 ainsi qu'un son de type "big boomer" du synthé virtuel Omnisphere.
1) Les caisses claires :
J'ai d'abord posé un sample de crescendo suivi par 3 flas (un fla est un coup de caisse claire avec les 2 baguettes en léger décalage). Comme je trouvais le son de crescendo pas assez consistant, je l'ai bêtement doublé par un roulement de tambours :

2) Ajout de la grosse caisse :
Un court crescendo de grosse caisse, suivi de 2 kicks qui permettent d'appuyer les flas 1 et 3 de la caisse claire :

3) Ajout de la timbale :
Idem que la grosse caisse :

4) Ajout de 2 gros boums :
Très cinéma, ce "big boomer" trouvé dans Omnisphere (ce type de sons existe dans d'autres banques). Cela va appuyer complètement les 2 kicks et donner une couleur supplémentaire. Les Big Boomers sont très répandus dans les musiques de films, par exemple en doublure de grosses caisses, toms ou tambours, ou bien seuls... c'est vraiment efficace :

Exemple de plans sonores et phénomène de résonnance dans une orchestration. Extait d'une bande originale de Jerry Goldsmith
Par Tanguy - Tags
Dans ce petit extrait, on distingue très nettement 3 plans d'orchestration :
Hollow Man (Jerry Goldsmith) :
Nous avons d'une part une mélodie stridente jouée par des instruments aigus (violons, flûtes) et d'autre part des ponctuations agressives en saccades jouées par des cuivres et des percussions (trombones, grosse caisse, timbales).
Le volume sonore de ces 2 parties sont à peu près identiques. On ne peut pas vraiment dire lequel est en avant et lequel est en arrière plan. Je crois que c'est notre humeur du moment qui fait qu'on va plutôt remarquer tel ou tel plan sonore en premier. Et puis, ça peut changer en cours d'écoute.
Par contre :
Entre ces 2 plans extrêmes (du point de vue des couleurs orchestrales), s'est glissé un troisième plan sonore, plus discret mais au combien utile : un petit leitmotiv récurrent joué par des cordes dans les médiums-aigus, à la manière d'un écho. Ce tapis rythmique a son importance car, d'une part il va apporter du "mouvement", et d'autre part il va lier l'ensemble pour le rendre moins sec (un peu comme le lait qu'on ajoute à la farine et les œufs pour faire des crêpes). Cet aspect technique très souvent utilisé en orchestration s'appelle la résonance...
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| Hollow Man | Jerry Goldsmith (1929-2004) |
Exemple de plans sonores dans une orchestration de Jerry Goldsmith| La résonance en orchestration permet de lier l'ensemble| La résonance dans une orchestration permet d'apporter du mouvement à l'ensemble| Etudions l'orchestration à partir de cet extrait d'Hollow Man de Jerry Goldsmith| Dans cet extrait d'Hollow Man on distingue trois plans sonores| Dans cet extrait d'une BO de Goldsmith on distingue trois plans d'orchestration| Un exemple sonore de technique de résonance dans l'orchestration| Un conseil d'orchestrateur est de construire une résonance à l'aide de différents instruments symphoniques| Dans cet extrait Jerry Goldsmith établit clairement trois plan sonores| Conseils et astuces pour apprendre et étudier l'orchestration
Graveur musical : un métier passionnant qui demande de la précision et beaucoup de patience.
Par Tanguy - Tags
Quand j'ouvre un livre d'une symphonie de Mahler, je songe fréquemment au travail qui a été fait en amont par les spécialistes de la gravure musicale : un véritable travail d'orfèvre. Pour avoir tenté plusieurs fois d'éditer moi même mes partitions, je me rends compte combien c'est difficile d'obtenir un résultat carré et soigné.
Je place ici une interview que j'ai réalisée auprès de Jean-Paul Gilles, éditeur et professionnel de la gravure musicale.
Une sujet qui ne traite pas seulement du cinéma, mais du monde de la musique en général :
- Y a-t-il une différence entre l’appellation « graveur musical » et « copiste » ?
La différence, pour moi il en existe bien une, tend à se diluer avec l'adoption des logiciels de notation musicale de plus en plus performants et faciles à mettre en œuvre. Le copiste est celui qui travaille dans l'urgence pour fournir aux musiciens un matériel lisible en un temps record (modification en séances d'enregistrement par ex.). Mozart, lorsqu'il composait avait toujours une armée de copistes qui écrivaient le matériel pour l'orchestre au fil de la composition du maitre. Maintenant le copiste peut travailler avec un logiciel, mais pour moi il y a toujours la notion de rapidité.
Le graveur quand à lui intervient pour la mise en forme finale avant édition de la musique, avec une notion de lisibilité avant tout, mais aussi d'harmonie graphique et d'application des règles strictes de la notation musicale pour ne pas perturber les automatismes de lecture des interprètes. Avec le graveur, je vois la notion de perfection, de temps et de pérennité.
Il existe une belle vidéo sur le travail de gravure traditionnelle sur Youtube.
http://fr.youtube.com/watch?v=Q65Jzfr7YpE
- Quel est le support le plus fréquent que le client vous confie pour la mise en partitions ? (manuscrit, fichier midi, fichier Finale (ou autre éditeur)
Généralement c'est un manuscrit, mais il m'est arrivé de travailler (relevé) à partir de vidéos ou de CD audio et depuis quelques temps de fichiers Finale ou Sibelius. Les éditeurs proposent aux compositeurs des cours ou des stages sur les logiciels de notation musicales afin d'éviter le recours à un "copiste-graveur" ou tout au moins limiter le rôle de ce dernier. Procédé très mal accepté par beaucoup de compositeurs.
- Actuellement, quels sont les éditeurs de partitions les plus utilisés par les professionnels de la gravure ?
Il y a une quinzaine d'années c'était Score le plus utilisé. Il fonctionnait sous MS Dos, était très efficace au prix d'un apprentissage conséquent. Il gérait le midi et produisait des fichiers Poscript. Aujourd'hui, ce sont Finale, Sibelius, Berlioz qui a une liberté de notation très importante et dont le mode de travail se rapproche du travail de gravure traditionnel. Certains graveurs mélangent les outils comme James Ingram, le graveur de toutes les oeuvres de Stockhausen. Il travaillait avec Finale pour entrer les notes, exportait le tout en EPS pour retravailler avec ses propres outils (lignes et courbes) dans Freehand. Tout est possible. Quelquefois, je me sers d' Illustrator pour certaines notations contemporaines.
Finale pour la musique de film
Et pour Sibelius
- Concernant la musique de film de l’âge d’or (Alfred Newman, Bernard Hermann, Miklos Rozsa etc…) alors que l’informatique n’existait pas, prenait-on le temps de « graver » la musique ou bien les musiciens devaient-ils déchiffrer des partitions manuscrites ? (pour des raisons de délais).
Je pense que l'on travaillait exclusivement sur des partitions manuscrites. Les copistes expérimentés avaient une dextérité et une clarté d'écriture extraordinaire. Les partitions manuscrites de vrais copistes sont souvent plus belles et plus lisibles que celles qui sortent de nos ordinateurs... à méditer.
- A la fin, combien d’exemplaires livrez vous à vote client ? Un seul exemplaire, une copie etc…
Pour les orchestres :
En général et sauf demande particulière, je livre les scores d'orchestres imprimés en 2 exemplaires (A3) et le matériel (parties séparées) (A4) en autant d'exemplaires qu'il y a de pupitres à l'orchestre. Je fournis souvent pour le régisseur, un exemplaire du conducteur et un exemplaire de chaque partie au format pdf sur CD pour les archives.
Pour les éditeurs :
Je livre des fichiers PS, EPS ou même PDF (de plus en plus) selon les spécifications de l'imprimeur.
- Quelles sont les études à suivre pour exercer votre métier ? Devez-vous obligatoirement obtenir un diplôme ? (conservatoire ou autre).
A ma connaissance, pas d'études particulières. Il existe des classes de maniement à Finale ou Sibelius dans quelques grands conservatoires. Aux Etats Unis, dans les grandes écoles de musique style Berkeley ou Juliard, il existait des cours d'écriture manuscrite, (la notation issue de ces cours est bien reconnaissable) je ne sais pas si cela est encore pratiqué. (C'est de ces règles d'écriture que viennent les polices comme Jazz, Swing, Lee , Ash, Russ music qui portent le nom de grands copistes américains et ont toutes les mêmes caractéristiques). Il faut bien sûr maitriser la lecture, la transposition et les règles typographiques de l'écriture musicale. Il existe quelques ouvrages qui traitent du sujet notamment : The art of music engraving et processing de Ted Ross aux éditions Hansen House et Music Engraving Today de Steven Powell éditions Brichtmark Music. Il faut aussi faire une étude graphique poussée des partitions des grands éditeurs.
- Quelles sont les principales qualités pour exercer ce métier ?
Je dirais d'abord la patience (en dehors bien sûr, de la maitrise du sujet), ensuite la ténacité et la faculté à ne pas se laisser décourager par la somme de travail que représente la gravure d'un opéra pour orchestre symphonique de 150 ou 200 pages manuscrit. Par exemple, lorsque je reçois le manuscrit d'un compositeur avec lequel je travaille pour la première fois, j'imagine toujours que je vais passer beaucoup de temps à déchiffrer son écriture et, au bout de quelques pages, j'ai intégré sa graphie et tout roule. Il faut aussi se mettre à la place du musicien qui va lire la partition pour penser les tournes en fonction de son instrument.
- La concurrence sur la marché est-elle rude ?
J'imagine que oui dans les grosses maisons d'édition et avec l'avènement des "usines à copier la musique" du Maroc, de Chypre et maintenant d'Asie. Je me situe un peu en dehors du débat car je grave moi même ce que j'édite et que j'ai un petit réseau de compositeurs et d'orchestres qui me font confiance.
- Pensez vous que le graveur musical soit à la fois un artisan et un artiste ? (part de créativité…)
Pour moi le graveur est avant tout un artisan car il met en pratique ses connaissances des règles typographiques et musicales maitrisées au fil du temps de son apprentissage. Ce qui n'exclut pas la créativité (tout au moins dans la musique contemporaine) car il faut trouver ou dessiner des signes représentant au mieux les idées du compositeur en repoussant ou en détournant les capacités des logiciels. C'est bien évidemment la part du travail que je préfère !
Merci à toi, Jean-Paul pour ta gentillesse et ta disponibilité ;-)
Le métier de copiste dans la musique de film| En savoir plus sur la gravure musicale| Comment sont fabriquées les partitions pour orchestres symphoniques ?| Quels sont les éditeurs de partitions professionnels les plus utilisés actuellement ?| Sous quel support le compositeur l'arrangeur ou l'orchestrateur confie-t-il sa musique au copiste ?| Le copiste ou graveur musical travaille à partir d'un manuscrit ou de fichiers finale ou Sibelius| Quelle est la différence entre copiste et graveur musical ?| Lire une interview sur le métier de la gravure musicale
Tessitures des voix d'enfants, de la maternelle au primaire
Par Tanguy - Tags
Un petit récapitulatif des tessitures des voix des enfants, pour connaître les intervalles de notes qu'ils peuvent chanter :
- Petite section (3 ans) : de DO3 à MI3 environ
- Moyenne section (4 ans) : de DO3 à SOL3 environ
- Grande section et CP (de 5 à 6 ans) : de DO3 à DO4 environ
- CE1 et CE2 (de 7 à 8 ans) : de LA2 à MI4 environ
- CM1 et CM2 (de 9 à 10 ans) : de SOL2 à SOL4 environ
Sources : Anacrouse (Inspection Académique de Lille)
Tessitures des voix d'enfants| Jusqu'à quelle note peut chanter mon enfant ?| Quelles sont les tessitures des enfants du cycle1 cycle 2 et cycle 3 ?| Tessitures à respecter pour faire chanter les élèves| Quels intervalles de notes peuvent chanter les enfants ? Tessitures des voix des élèves de la petite section au CM2| Connaître les bonnes tessitures pour faire chanter la classe| Intervalles de notes à respecter pour faire chanter les maternelles| Tessitures enfants| Intervalles de notes à respecter pour faire chanter les enfants
Quelques exemples de transition entre deux segments musicaux
Par Tanguy - Tags
Il existe certainement de nombreuses manières de raccorder 2 segments musicaux (permettant souvent d'éviter une simple juxtaposition). Je suppose que chaque compositeur a ses petits secrets de fabrication.
Ci-dessous, à partir de 2 portions orchestrales, je me suis amusé à appliquer différentes sortes de transition. Vous verrez qu'il s'agit pour la plupart de raccords de type "chevauchement par un ou plusieurs instruments", mais pas seulement...
Voici les 2 portions :
(désolé pour l'aspect rudimentaire de cette maquette, je n'ai pas eu le temps de l'orchestrer bien comme il faut...)
Segment n°1
Segment n°2
Juxtaposition (sans transition)
Transition par chevauchement par divers instruments :
Cymbale (crescendo)
Harpe (glissando)
Timbales (notes) + harpe (glissando)
Rip de cors + Harpe (glissando aigu)
Un petit effet qui me paraît sympa est de faire arriver un petit crescendo de cymbales juste avant la jonction des 2 parties, tout en diminuant l'intensité orchestrale à cet endroit, pour repartir ensuite sur la deuxième partie (dans l'exemple ci-dessous, j'ai enlevé la première note du deuxième segment).
Ecouter :
Dans l'exemple suivant, j'ai juste démarré le segment n°2 une mesure plus tôt. Rien de bien compliqué, mais parfois ça peut dynamiser l'ensemble (à tester sur les images).
Ecouter :
Les sites de l´annuaire :
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