Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Musique de synthétiseur pour Blade Runner signée Vangelis


Blade Runner dimanche 29 juin à 23h10 sur France 2. Musique composée par Vangelis.




Blade Runner : un film noir de science fiction (1982, Ridley Scott), avec un thème musical synthétique (Vangelis) qui a pas si mal vieilli que ça, je trouve :

Cliquer sur le bouton Play :


Timbales, sons métalliques synthétiques (enclumes, lasers), cuivres et cordes analogiques. Un son typique du Vangelis des années 80, pour une bande originale qui nous téléporte sans problème en plein 21 ème siècle ! (tout du moins le 21 ème siècle décrit par Ridley Scott).


Blade Runner Harrison Ford


Pourquoi ne par lire aussi :


Omnisphere de Spectrasonics : du très gros son pour créer vos ambiances.


OMNISPHERE succède au célèbre synthétiseur virtuel ATMOSPHERE.

Progrès technologiques obligent, il est encore plus consistant (40 Go de sons) et surtout beaucoup plus riche en terme de travail sur la synthèse (modulations, filtres, architectures, synthèse granulaire, les enveloppes aléatoires etc) : un très bon VST pour les artistes qui aiment "créer" non seulement leur musique, mais aussi leurs propres sonorités.

Très puissant, donc, concernant la création d'environnement sonore, cet outil pourrait bien être utile pour composer une large palette d'ambiances originales et très personnelles. Entre le moteur de synthèse de STEAM (synthèse pure à partir de modulations de LFOs) et la synthèse à partir de sources acoustiques samplées, le numérique offre à nos petites oreilles le grain et la chaleur qui faisait défaut il y a quelques années...


Omnisphere synthé virtuel de Spectrasonics
Omnisphere Power Synth



En bonus, pour les amateurs de pads rythmiques, les arpégiateurs d'OMNISPHERE se calent sur le tempo et surtout sur le groove des boucles qui sortent de votre Stylus RMX !

J'ai visionné sur "Univers-Son TV" une vidéo sympa tirée d'une série de clips promotionnels de ce produit. Cet épisode (le 5) parle de la manière dont sont construits certains patchs (par des plasticiens du son passionnés) à partir du moteur de synthèse STEAM ou encore à partir de sources sonores psychoacoustiques retravaillées. Pour voir la vidéo, cliquer ici

Voyageur malgré lui (The Accidental Tourist) de John Williams : la BO que j'écoute en ce moment.


J'ai découvert son existence dernièrement et je dois dire que je regrette de ne pas avoir écouté cette BO plus tôt...

Le film "Voyageur malgré lui " est sorti en 1988 avec une musique de comédie dramatique signée John Williams. C'était après "Empire du soleil" et avant "Né un 4 juillet".


John Williams The AccidentalTtourist The Accidental Tourist soundtrack John Williams
John Williams
Compositeur de musique de film
The Accidental Tourist 
(Voyageur malgré lui)


Le compositeur établit un thème principal qui repose sur 4 notes. Et a partir de ces quatre simples notes, il va broder des mélodies que je trouve particulièrement belles, comme ce passage au piano, soutenu par un leitmotiv de cordes : un ton assez léger (mais pas trop), orné de passages un peu plus mystérieux. Franchement j'aime.



Pour la petite histoire : j'ai découvert cette musique en tant que Temp Track (musique temporaire) sur un long métrage français en post-production, et pour lequel j'ai eu la chance de proposer quelques maquettes (un autre compositeur ayant finalement été retenu).

"Home Sweet Home" de Didier Le Pêcheur (sortie prévue en novembre 2008). Avec Judith Godrèche.

Le séquenceur et les banques de sons d'orchestre symphonique, pour composer et produire de la musique de film chez soi (en home studio)


"Cher Tanguy, bravo pour votre musique qui me touche beaucoup. Je suis moi même un jeune compositeur et j'aimerais me lancer dans la musique pour l'image. Pourriez vous me dire quel matériel utiliser pour composer de la musique de film afin de démarcher des boites de production ? Merci pour votre réponse
Harry Cossec, de Brunoy (91) "

Cher Harry, Merci pour votre mail ! Je suppose que le mot "composer" signifie "produire" (qu'à la fin, il y ait une musique qui s'écoute, comme un cd audio ou un mp3) et que "musique de film" sous entend "musique orchestrale symphonique"

Ce qui est sûr, c'est que bon nombre de producteurs et réalisateurs ne sont pas forcément des mélomanes avertis ou des experts en musique. Pour eux, un bon son est souvent mieux accueilli qu'une belle écriture orchestrale (c'est triste mais c'est ainsi). C'est pourquoi, avant de prospecter, il faudra "produire" des maquettes correctes. Pour se faire, il y a 2 possibilités :

L'écriture classique (feuille de papier ou logiciel de notation) s'adresse aux musiciens qui aiment écrire directement les notes sur une partition. Pour composer les thèmes et les arrangements, ils utilisent (ou pas) un instrument de musique (piano, guitare, violon etc...). Puis ils harmonisent et orchestrent directement dans la partition. Cette dernière étant destinée à être jouée par un orchestre (souvent composé de bénévoles ou d'amis musiciens car le jeune compositeur qui cherche à démarcher les producteurs n'a pas le budget nécessaire pour payer un orchestre professionnel).
Ensuite vient la phase de l'enregistrement de l'orchestre pour avoir un résultat sonore sur support audio (la qualité de la prise de son dépendra aussi du budget initial).

Exemple de logiciels de notation (éditeurs de partition) : Finale, Sibelius, Encore


La musique assistée par ordinateur vous fera économiser un orchestre, mais requiert l'achat d'un minimum de matériel et logiciels informatiques.
Concernant le matériel (hardware), il faut d'abord un ordinateur qui dispose d'une grande mémoire vive (RAM) et d'un gros disque dur (pour stocker les banques de sons). Ensuite, une carte son capable de lire simultanément plusieurs pistes audio. Une carte son compatible soundblaster moyen de gamme est suffisante (je dispose actuellement d'une carte son "audigy" de chez Creative). Eventuellement : un clavier MIDI (piano numérique, clavier de commande, synthé) qui permet de rentrer les notes dans l'ordinateur en jouant la mélodie, mais ce n'est pas indispensable. Parcontre, si votre home studio se compose uniquement d'un ordinateur, il est important d'avoir de bonnes écoutes pour le mixage (des enceintes qui restituent un son brut et non une chaine hi-fi qui arrondi et embelli le son).

Du côté des logiciels (software), il faut utiliser un séquenceur. Il permet d'entrer la partition, piste par piste, à l'aide de petits rectangles (qui remplacent les notes de musique du solfège que l'on observe sur une partition classique). Les séquenceurs les plus connus sont Cubase, Logic Audio, Cakewalk, Digital Performer, Pro Tools. En plus, vous pouvez y importer une vidéo (très pratique pour composer à l'image).

Ensuite, viennent les fameuses banques de sons d'orchestre symphonique ! Elles viennent se greffer sous forme de plug-in VSTi (instruments virtuels que l'on charge dans le séquenceur) et apportent une quantité d'instruments réalistes (violons, trompettes, timbales etc...). Il s'agit de samples : cela signifie que le son a été enregistré à partir d'un vrai instrument. Si vous jouez un ré avec un sample de violon, c'est comme si un vrai violon jouait un ré. Parcontre, lorsque l'on enchaine les notes, le résultat sonne moins bien que si c'était un enchainement joué par un instrument, car, dans un séquenceur, il est difficile de retranscire le jeu d'un instrumentiste (qui est très subtil et riche en émotion). Nous échangerons, dans un prochain billet, quelques astuces pour apporter de la chaleur et de l'authenticité à une musique faite sur ordinateur.

Les banques de sons d'orchestre symphonique les plus en vogue actuellement (début 2008)
  • EastWest Quantum Leap Symphonic Orchestra
  • EastWest Quantum Leap Symphonic Choirs (pour les choeurs)
  • Vienna Symphonic Library (VSL)
  • MOTU Symphonic Instrument
  • Garritan Personnal Orchestra (GPO)
  • Project Sam
  • Banques de "soundfonts" disponibles gratuitement sur la toile
Les banques de sons de EastWest ainsi que la VSL (actuelle) et celle de MOTU s'intègrent directement dans le séquenceur avec leur propre lecteur d'échantillon (sampler).
En outre, les banques de sons Sam Project et GPO, ainsi que les soundfonts, nécessitent un sampler virtuel (Gigastudio, Halion Kontakt etc.) pour être lues.
Tout ce petit monde s'intègre très facilement dans le séquenceur sous forme de plug-in VSTI (Virtual Studio Technologic Instrument). Ce sont des instruments virtuels quoi...

Cubase et Halion

Halion 3 : un sampler virtuel
chargé en tant que VSTI dans le séquenceur Cubase SX

(Chez moi, il lit la Vienna Symphonic Library convertie au format Halion)


Un petit mot sur le synthétiseur Synful qui modélise les sons d'instruments symphoniques (à partir de petits samples) et qui permet de programmer dans le séquenceur des phrasés réalistes. Une technologie à suivre de très près, pour la légèreté des samples et le réalisme du jeu de l'instrumentiste).

Biensûr, la MAO n'empêche pas de faire intervenir de vrais instruments dans une oeuvre. Car l'ordinateur fait également office d'enregistreur multipiste numérique (il faut pour cela un séquenceur MIDI et Audio).

Le MIDI permet de faire jouer les instruments virtuels (banques de sons...)
L'audio permet d'intégrer des éléments extérieurs (Voix, Instruments réels, en utilsant un micro).

Enfin, le mixage et le mastering (traitement audio qui permet d'optimiser votre musique) se font dans le séquenceur. Au final, il vous permet d'exporter votre musique sous forme d'un fichier audio (wav, aif, mp3 etc...). Voilà donc de quoi faire une belle maquette !

Sur ce lien, un billet consacré à la recherche de producteurs et de réalisateurs

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