Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

Musique originale pour les publicités


Qui a composé la musique de la pub...


C'est en allant sur le site de Evgueni Galperine que j'ai découvert qu'il avait composé la musique de la pub pour la Laguna (l'homme qui sabote la voiture de sa femme). Idem pour Erwann Kermorvant avec la Peugeot 308, ou Jean-Philippe Goude pour le thème musical de Herta.

Sur Internet, il existe des sites très intéressants qui référencent toutes les musiques utilisées dans les publicités. Ce sont de vraies mines d'or, et je souligne la richesse incroyable de leurs contenus !

Je citerais par exemple musiquedepub.tv ou encore le forum musiquedepub.com qui propose en bonus une liste de compositeurs qui ont fait des musiques de pub, comme Pierre Adenot, Jean-Michel Bernard, Evgueni Galperine, et même quelques vieilles connaissances (Guillaume Roussel et Laurent Koleda). Sont notés les compositeurs qui possèdent un site ou un MySpace.
Voir la liste (Merci à shadow's lisa)

Si quelqu'un a d'autres infos sur des compositeurs de musique de pub, je suis preneur ;-)

Pourquoi ne par lire aussi :


Le Renard et l'Enfant : la bande originale que j'écoute en ce moment.


Je suis allé voir le film en décembre avec l'une de mes filles et je dois dire que j'ai trouvé les images et la musique vraiment très belles ! J'étais d'autant plus excité que je savais qu'une partie de la BO était écrite par David Reyes (une vieille connaissance du forum de www.traxzone.com, hein dreyes ?).

Il y a 2 jours, des amis m'ont offert le double CD (BO + l'histoire racontée). Depuis, je savoure les morceaux 1 à 1 à tête reposée, et je ne suis pas déçu.

Le Renard et L'Enfant


Je découvre le travail d'Alice Lewis et de Evgueni Galperine qui me plaît tout autant. Vraiment, cet album nous offre un beau voyage, avec une BO légère et rafraichissante. A écouter dans le calme, au coin du feu ou sur sa terrasse quand viendront les beaux jours...

La musique source : une musique que l'on trouve fréquemment dans les films.


La musique source, c'est la musique qui est "à l'intérieur" du film. Elle est intégrée dans une scène où les personnages l'entendent réellement.

Par exemple :
  • La musique d'une boite de nuit dans laquelle se passe la scène
  • La musique d'un concert auquel assiste le personnage
  • La chanson d'une radio dans une voiture
  • La musique d'une fanfare qui passe dans la rue
  • Un chanson chantée sur scène
  • etc

Le choix d'une musique source dépend du désir du réalisateur (et la disponibilité du compositeur...). Cela peut être :
  • Une chanson pré-existante ("Je suis un garçon" de Mylène Farmer dans le film Pédale Douce lorsque Patrick Timsit chante dans sa voiture)

  • Une musique pré-existante ("Aria" de Bach dans le film Le Silence Des Agneaux avant le meurtre des 2 policiers)

  • Une chanson originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("Wonka's Welcome Song" de Danny Elfman dans le film Charlie et la Chocolaterie lorsque les jeunes gagnants arrivent à l'usine)

  • Une musique originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("20th Century Kiosque" de Philippe Rombi dans le film Oui mais quand la séance de cinéma se termine)


Il y a même certains cas où la BO se transforme progressivement en musique source :

Dans la première scène du film The Holiday (musique de Hans Zimmer), on entend une musique d'ouverture (comme dans beaucoup de films). Progressivement, on va s'apercevoir que c'est un des personnages qui est entrain de jouer de la musique (ce personnage est d'ailleurs un compositeur de musique de film).

A voir également : Je hais la musique (réalisation et musique de David Reyes) où l'on peut découvrir un très bon exemple de morphing "BO vers musique source" dans les dernières scènes.

Musique du film BABEL, composée par Gustavo Santaolalla


L'autre jour j'ai regardé Babel, un film dramatique réalisé par Alexandro Gonzalez Inarritu, avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Adriana Barraza...

Je suis resté scotché par la beauté de la musique de Gustavo Santaolalla.

Il nous offre dans cette bande originale quelques chose de chaleureux et de terriblement efficace. Loin des scores sophistiqués des gros orchestres, la sobriété de la guitare et de la mandoline apportent à la musique une dimension humaine et intime. Je ne sais pas si la BO a le même impacte sortie de son contexte, mais en tous cas, mêlée aux images du film elle est franchement sublime. Celle de la scène du rapatriement de Suzann en hélicoptère (avec des nappes et de la mandoline) m'a particulièrement touché.

Gustavo Santaolalla a également composé la musique originale de Brokeback Mountain et de Carnets de voyage.

Gustavo Santaolalla
Gustavo Santaolalla
Babel

L'ambiance musicale qui règne dans ce film me rappelle un peu la musique de Krishoo Monthieux dans le film "La Difunta Correa" (de N.Cambois & S. Gardet). La musique de Krishoo étant cependant plus avangardiste et expérimentale.

Le temp-track : un exemple sur le film "Vendome" de David Tomaszewski


Le temp-track est une musique temporaire (provenant souvent d'un autre film ou d'un classique) choisie par le réalisateur.

Avant que la musique originale ne soit composée, le temp-track est placé sur les premières images ce qui permet de montrer au compositeur le style de musique souhaité sur telle scène (un type d'orchestration, ou bien un sentiment particulier, une dynamique précise etc...). Le temp-track peut donc être un bon moyen pour le compositeur de cibler les attentes du réalisateur.

Cette vidéo me paraît intéressante pour comparer une même scène d'action avec 2 musiques différentes (une première fois avec le temp-track, puis avec ma musique).




On peut constater que j'ai cherché à conserver le même style d'orchestration que le temp-track. Cependant, pour la scène de la montée de la façade de la cathédrale, j'ai opté pour une consonance plus aérienne et moins saccadée que la musique temporaire.

Le piège du temp-track survient lorsque le réalisateur commence à s'y attacher fortement. Dans ce cas, il est difficile pour le compositeur de proposer une autre direction artistique, ce qui le prive un peu de liberté.

Un autre problème subsiste lorsque le temp-track est issu d'une bande originale à très gros budget (90 musiciens et une équipe complète de techniciens professionnels du son) et qu'il vous faut recréer la même ambiance avec un petit orchestre, ou pire, avec un ordinateur et une banque de sons.
Pour Vendome, David Tomaszewski a été très compréhensible à ce sujet. Il était clair dès le début qu'une banque de sons ne pouvait pas remplacer l'émotion et la dynamique d'un orchestre, d'autant plus que David avait placé la barre très haut avec des temp-tracks provenant de bandes originales d'Alan Silvestri, Danny Elfman et David Arnold... rien que ça !

Pour voir le film en entier et en savoir plus sur la construction de la musique, cliquez ici.

The Italian Job, prochainement sur le petit écran. Bande originale électro orchestrale : du John Powell pur et dur !


Diffusion prochaine du film The Italian Job (Braquage à l'italienne) le mardi 2 septembre 2008 sur TF1.

C'est en regardant le DVD il y a 3 ans, que j'ai vraiment découvert le style de John Powell des films d'action et d'espionnage. La bande originale m'avait littéralement scotchée (tout comme celle de la saga des "Jason Bourne", plus tard). Une bonne maîtrise de l'orchestre, certes, mais aussi une aisance à manipuler les parties électro qui me rend vert de jalousie ! Il y a là une recherche de sons incroyable qui donne un résultat très riche en couleurs musicales.


The Italian job

La mémorable course poursuite en Austin mini !


C'est aussi ça l'orchestration : apporter des éléments extérieurs (non symphoniques) permettant de fabriquer de nouvelles palettes sonores. Et franchement, les musiques de John Powell ne sonnent pas juste comme un tapis orchestral qu'on aurait placé sur des loops de percussion électro-acoustiques ou des riffs de guitares saturées : tous les éléments rythmiques et harmoniques sont méticuleusement imbriqués pour donner un son unique (et ô combien entrainant, je suis sûr qu'on pourrait danser dessus si ça passait dans les boites de nuit. Idée à retenir si j'ouvre un nightclub un jour).

John Powell scoring

John Powell d'excellente humeur


Je ne sais pas s'il existe en France des compositeurs "connus" particulièrement doués pour l'électro-orchestral. Je pense à Eric Serra pour son très bon travail sur "Le cinquième élément" mais je n'ai pas souvenir d'autres BO mémorables dans ce style (je ne suis pas non plus hyper calé en béophilie).

Dans mon entourage, je connais au moins deux compositeurs très prometteurs pour qui le style électro-orchestral est parfaitement maîtrisé : Guillaume Roussel (The Final Shiver) et Laurent Couson (Roméos et Juliettes). Je vous invite à découvrir leurs œuvres mélangeant un vrai orchestre symphonique à des sonorités synthétiques diverses.

Ma première composition d'une bande originale pour un film d'animation : Scoub 2. Musique de style blockbuster


Ma première création d’une BO de film d'animation (incluant des acteurs réels) : Scoub 2 réalisé par Stéphane Berla.

Ce sont mes premiers pas dans la musique orchestrale liée à l'image. A l'époque, j'utilisais Miroslav Vitous, une banque de sons d’orchestre symphonique un peu dépassée aujourd'hui. Cela dit, je trouve que le résultat final ne sonne pas trop mal. Je suis particulièrement fier de la montée orchestrale qui clôture le générique du début. Il y a dans la BO de Scoub 2 quelques clins d’œil volontaires à la musique de Danny Elfman (c'était une des directives de Stéphane). De l'ironie dans de la musique de blockbuster.


Petite anecdote : je cherchais un instrument ou une orchestration spécifique pour accompagner les titres qui apparaissent et disparaissent le long du générique d'entrée (on appelle ça des cartons). J'ai finalement opté pour un "bruit d'aile qui s'envole" que j'ai ensuite mixé à la musique. L'idée a tout de suite plu à Stéphane car ce sample d'oiseau apportait du mouvement et collait parfaitement à l'ambiance déjantée du film.

En tous cas, cette expérience m'a permis de découvrir quelques contraintes du métier de compositeur de musique de film !
  • La synchronisation parfaite de la bande originale avec les images (dont le montage change parfois)
  • Traduire musicalement les idées décrites verbalement par le réalisateur.
  • Bidouiller les samples orchestraux pour imiter un gros orchestre, avec un minuscule budget musique.
  • Composer avant le montage son, pour découvrir ensuite que beaucoup de bruitages viennent masquer la musique.
Mais le jeu en valait la chandelle car j'ai pu travailler en prenant mon temps sur un film humoristique de qualité avec de belles images et une histoire drôle (une parodie du film Duel de Steven Spielberg, avec les personnages de Scoubidou).
Et puis, cette première expérience m'aura permis d'établir un premier contact avec des professionnels (Stéphane Berla travaille actuellement en collaboration avec Dionysos et Matmatah)

Musicalement, Scoub 2 a longtemps été pour moi une référence et une carte de visite.

Pour info : le générique du début affiche 2 compositeurs. C'est une erreur car le second compositeur n'a pas travaillé sur ce projet (le monteur a juste oublié de l'enlever du listing). En outre le générique de fin provient d'un groupe de rock bien sympa : « Flying Pooh »

N'hésitez pas à laisser vos impressions sur le film ;-)

One Man Band, un court métrage d'animation (PIXAR 2005). La bande originale est de Michael Giacchino


A voir et à revoir !

Titre : One Man Band
Catégorie : Film d'animation
Durée : 4'31



Les expressions des visages rappellent très nettement ceux des personnages cultes de PIXAR, comme Woody le cowboy, Buzz l'éclair ou encore Monsieur Indestructible...

Côté musique, Michael Giacchino nous gâte une fois de plus en signant une BO virtuose, rythmée et pleine d'humour. Un petit tour de chauffe avant Ratatouille ! Vraiment, j'adore ce que fait ce gar-là !

Voir l'interview de Michel Giacchino à propos de ce court métrage.

Blade Runner dimanche 29 juin à 23h10 sur France 2. Musique composée par Vangelis.


Blade Runner : un film noir de science fiction (1982, Ridley Scott), avec un thème musical synthétique (Vangelis) qui a pas si mal vieilli que ça, je trouve :

Cliquer sur le bouton Play :


Timbales, sons métalliques synthétiques (enclumes, lasers), cuivres et cordes analogiques. Un son typique du Vangelis des années 80, pour une bande originale qui nous téléporte sans problème en plein 21 ème siècle ! (tout du moins le 21 ème siècle décrit par Ridley Scott).


Blade Runner Harrison Ford


Les compositeurs de musique de film qui m'ont influencé


Alan Silvestri

Alan Silvestri (Back To The Future, Forrest Gump, Van Hesling)
Fraicheur, légèreté, thèmes offensifs, mélodies romantiques : il y a chez Alan Silvestri tout ce que je préfère, et tout ce que j'aime faire, dans la musique de film. Quand j'écoute ses oeuvres, j'ai toujours ce sentiment de "comprendre" ses orientations artistiques, ses choix d'orchestration. Evidement, cette familiarité ne fait pas de moi un paire (et encore moins son égal), d'autant plus qu'à chaque nouvelle BO, il y a toujours une idée originale qui me surprend. Disons qu'il crée un univers musical et des ambiances spécifiques qui correspondent à 100 % à mon tempérament, mon sentiment sur la musique pour l'image. On a tous un maître à qui on aimerait ressembler. Moi, c'est cet homme là...



Danny Elfman

Danny Elfman (L'étrange Noël de Mr Jack, Batman, Charlie et la Chocolaterie)
L'homme qui crée les ambiances singulières des films de Tim Burton, les génériques TV déjantés (The Simpsons, Desperate Houswives). Sa collaboration avec son orchestrateur Steve Bartek donne un résultat unique. Quel jeune compositeur n'a jamais essayé d'imiter une ambiance cinéma à la manière de Edouard aux mains d'argent ? mélange de fantastique et de féérique. Ce qui m'influence le plus chez Danny Elfman, ce sont les transitions d'accords qu'on ne peut pas toujours deviner. Ce sont aussi toutes ces rythmiques jouées par des cordes ou des bois mélangés à des percussions (accoustiques et synthétiques) comme ce qu'on entend dans l'intro du Main Title de Spiderman. L'écriture n'est pas celle d'un John Williams, mais ses leitmotifs rythmiques et ses orchestrations de second et troisième plan me fascinent (l'utilisation des harpes, aussi). Ecoutez bien les accompagnements situés juste en dessous de chacun de ses grands thèmes mémorables !



Sergei Prokofiev

Sergei Prokofiev (Roméo et Juliette, Pierre et le loup, Ivan le terrible)
J'ai découvert l'Oeuvre de Prokofiev tardivement dans mon cursus. Je ne connais pas de musique classique plus narrative, hormis certains grands classiques "composés pour" (Le Carnaval des Animaux de Camille Saint Saëns / Les Planètes de Holst). Prokofiev, c'est là aussi un style unique. Pour l'instant les oeuvres des grands génies tels que Mozart ou Stravinsky me plaisent beaucoup, sans véritablement me toucher en plein coeur. A l'inverse, beaucoup de musiques de Prokofiev (pas toutes) me boulversent. Un peu comme pour la musique d'Alan Silvestri, il y a comme des atomes crochus que je ne peux pas bien définir. Un style qui flatte mes oreilles et qui m'inspire, tout simplement. Mon ami Bernhard Elsner, qui est beaucoup plus calé que moi en musique classique me soutient que Sergei Prokofiev a largement influencé un bon nombre de compositeurs hollywoodiens, et plus précisément .... Danny Elfman.

EDF DTG : unité de mesure et d'expertise. Une musique originale d'une minute pour accompagner un diaporama photo sur le sujet.


La musique du billet précédent a été composée pour un diaporama photo, commandé par EDF pour la présentation de la Direction Technique Générale (DTG) lors du dixième challenge de la Division Production Nucléaire. Nous sommes dans le domaine de l'unité de mesure et d'expertise dans la production d'énergie. Matthieu avait donc la bonne réponse (même si c'était sans grande conviction).

Pour voir la vidéo, cliquer ici (site de Manuel Mendo, photographe et réalisateur du diaporama).

L'argumentation de Reynald était quand même convaincante ;-)

En fait, en regardant les photos de centrales nucléaires immobiles au milieu d'une campagne bien verte et ensoleillée, je n'ai pas voulu me poser la question "quel message doit-on faire passer avec la musique" (au fait, dans ce billet, je ne tiens pas à lancer le débat sur la production d'énergie et l'écologie). J'ai cherché de l'inspiration dans le défilement des images, puis je me suis dit que les gens qui travaillent dans ces lieux sont avant tout des personnes comme vous et moi...

J'ai alors pensé à une pulsation rythmique plutôt acoustique qui pouvait rappeler le côté technique tandis que la mélodie et l'instrumentation plus "naïves" (bois, guitare voix de femme etc.) pouvaient nous ramener à cet aspect humain.

Il y a dans ce morceau un passage avec une suite d'accords que j'aime bien et que je réutiliserai probablement dans une prochaine musique (un projet personnel), avec une autre orchestration.

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