Leonard Bernstein dirigeant avec passion la deuxième symphonie de Gustav Mahler : Résurrection
Par Tanguy, mercredi 4 juin 2008 à 08:01 - Divertissement - Tags
Une petite vidéo recommandée par le maestro Bernhard Elsner, pour se rendre compte à quel point un chef d'orchestre peut vivre pleinement la musique qu'il dirige. Dans cet extrait (le final de "Résurrection" de Mahler), l'implication de Leonard Bernstein est fascinante :
Note de Bernhard :
le texte chanté est "Sterben werd' ich um zu leben" (vais-je mourir pour vivre)... On dirait que Bernstein le vit vraiment.
Il y a 10 cors dans l'orchestre ! A un moment donné on les voit pointer leurs instruments vers le haut, comme demandé dans la partition.
Vidéo de Leonard Bernstein chef d'orchestre, Leonard Bernstein dirige avec passion la deuxième symphonie de Mahler, On se rend compte dans cette séquence que Leonard Bernstein vit pleinement sa passion pour la musique classique, Voir le final de la deuxième symphonie de Mahler dirigée par Leonard Bernstein, Voir la vidéo du final de la symphonie Résurrection de Gustav Mahler, Cette vidéo montre un orchestre philharmonique qui possède 10 cors français, Leonard Bernstein dirige un orchestre symphonique notamment constitué de 10 cors
Pourquoi ne pas lire aussi :
Star Pop Orchestra, un orchestre spécialisé dans la musique symphonique populaire (musique de film, comédies musicales, arrangements pop-rock)
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J'ai découvert sur Myspace cet orchestre symphonique composé de 50 à 90 musiciens dont le répertoire va de la musique de film à la variété en passant par la comédie musicale et la musique de jeux vidéo.

Cet orchestre, mis en place par Nicolas Chatenet, Mathias Charton et Christophe Eliot, a pour vocation l'interprétation d'œuvres symphoniques dites "populaires" (essentiellement de la musique de film) sous forme de concerts (John Williams, Leonard Bernstein, Alan Menken etc..).
Depuis sa création, il a également assuré l'enregistrement de quelques bandes originales pour de jeunes (mais talentueux) compositeurs. Je vous invite à visiter son espace musical pour vous rendre compte du très bon niveau d'interprétation.
Il n'existe pas beaucoup, en France, d'orchestres symphoniques spécialisés dans l'enregistrement de musique de film. Soulignons l'existence de SymphOnifilm (sous la direction de Steve Journey) qui permet d'obtenir de la bonne musique symphonique à des prix compétitifs. Dans la catégorie gros calibre, l'orchestre Colonne (sous la direction de Laurent Petigirard) souhaite également élargir le créneau "musique pour le cinéma".
Tant mieux pour nous ;-)
Orchestre symphonique spécialisé dans la musique de film| Orchestre symphonique spécialisé dans l'enregistrement de musique de film| Orchestre français qui enregistre de la musique symphonique pour le cinéma| Orchestre classique qui interprète de la variété| Orchestre symphonique qui interprète des comédies musicales| Orchestre classique qui joue et enregistre de la musique de film ou de jeux vidéo| Musiciens spécialisés dans la création et l'enregistrement de musique de film| Le Star Pop Orchestra se consacre à l'interprétation de musique de film| L'orchestre symphonique SymphOnifilm est spécialisé dans l'enregistrement de musique pour le cinéma| L'orchestre Colonne dirigé par Laurent Petigirard s'ouvre vers l'enregistrement de musique de film| Le Star Pop Orchestra interprète en live les œuvres de John Williams
Le Sacre du Printemps (Stravinsky) interprété avec les samples de la Vienna Symphonic Library.
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Programmé et mixé par Jay Bacal, à partir de la VSL (Vienna Symphonic Library), le célèbre ballet composé par Igor Stravinsky sonne particulièrement bien pour du virtuel.
On peut écouter les 2 tableaux (et si l'on veut, chaque scène séparément) en cliquant ici
Un travail de longue haleine (6 mois) en ayant pris comme repère des enregistrements dirigés par Leonard Bernstein et Seiji Ozawa.
- Entrée de toutes les notes
- Calage du tempo (accélérations, rubato etc..)
- Articulations expressions de chaque instrument (1 par 1)
- Affinement du tempo
- Doublure des cordes par des cordes solo (pour plus de réalisme)
- Traitement audio (compression, égalisation, réverbe)
- Mixage
Je salue le mérite de Jay Bacal pour ce travail de fourmi, car rendre des phrasés le plus réalisme possible n'est pas chose facile, surtout sur une telle durée. D'autant plus que Le Sacre du Printemps a été écrit pour un orchestre XXL, avec une instrumentation imposante :
1 piccolo, 3 flûtes, 1 flûte alto, 4 hautbois, 1 cor anglais, 1 petite clarinette en ré et en mib, 3 clarinettes en sib et en la, 1 clarinette basse sib, 4 bassons, 1 contrebasson, 8 cors, 1 petite trompette en ré, 4 trompettes en ut, 3 trombones, 2 tubas, 5 timbales (deux musiciens), grosse caisse, tam-tam, triangle, tambour de basque, guiro, 2 cymbales antiques, violons 1, violons 2, altos, violoncelles, contrebasses (nombreux divisi chez les cordes).
Drôle d'impression... pas toujours facile de créer "à la demande" une oeuvre musicale.
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Pas trop la pêche en ce moment...
Depuis quelques temps, je découvre les joies du casting de compositeurs. Un casting de compositeurs, c'est tout simplement une sélection, par une boite de production, de quelques jeunes artistes qui devront chacun de leur côté proposer une maquette pour accéder au poste de compositeur du film. Celui qui réussit la maquette la plus adaptée au film se voit confier la composition de la bande originale du long métrage. Les autres sont gentiment remerciés. C'est une chance d'être pressenti pour un long métrage, j'en suis conscient.
Tout comme les entretiens d'embauche, c'est une étape décisive pour le candidat. Il est important de cerner dès le départ les attentes du réalisateur de manière à ne pas composer dans une mauvaise direction. La maquette doit être peaufinée au mieux pour mettre toutes ses chances de son côté. Mais c'est une pression supplémentaire du fait qu'une maquette bien travaillée (sur le plan du réalisme) implique d'y passer beaucoup de temps ce qui empiète sur le timing consacré à la composition elle même. A ce stade du casting, on ne peut pas se permettre de dire à un réalisateur qu'on ne connait pas : "le son est pourri mais voyez comme l'écriture est belle, ça rendra comme ça ou comme ci avec un orchestre". Bref, la pression de la commande, le syndrome de la feuille blanche, le manque de sommeil, les délais, la compétition... tous ces facteurs peuvent engendrer une forme de stress.

Personnellement, tant que je reste dans le domaine du court métrage ou du film documentaire TV, je ne rencontre pas de problèmes particuliers. Par contre, dans le cas d'un casting pour un long métrage (en prévision d'une sortie nationale et d'une BO enregistrée par un orchestre symphonique), les choses se compliquent un peu. Devant le piano ou le séquenceur, l'euphorie d'avoir été pré-sélectionné laisse subitement la place à une forme de trac qui se caractérise physiquement par une boule dans le ventre et une respiration coupée, suivi d'un manque de confiance et d'une concentration affaiblie. C'est un phénomène d'anxiété, bien connu par tous ceux qui ont passé des examens, que l'on peut atténuer rapidement par des techniques de relaxation.
Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un événement ponctuel et relativement court, comme les 10 mn qui précèdent un oral de maths ou un rendez-vous galant. Dans le cas d'une composition d'une œuvre musicale, il m'arrive de devoir supporter ces symptômes quelques jours voir même quelques semaines (ça a été le cas pour moi, dernièrement) et ça devient vite handicapant. Si par chance, le réalisateur apprécie la maquette, alors les symptômes disparaissent comme par enchantement et laissent la place à une motivation et une détermination incroyable.
Mais dans le cas contraire, une période de courte déprime et d'irritabilité viennent s'ajouter, risquant d'altérer les relations avec mon entourage proche. Ensuite, le moral remonte et je suis à nouveau prêt à combattre pour un prochain casting...
Tout ça pour dire que les déceptions font partie du métier. C'est important d'en parler car beaucoup de jeunes compositeurs baissent les bras après quelques échecs. Je pense souvent à Bruno Coulais dont la notoriété s'est vraiment confirmée à l'âge de 42 ans (avec Microcosmos). Je serais curieux de savoir si avant ça, il n'a pas eu un jour l'envie de renoncer.
Le stress lié au métier de compositeur de musique de film| La pression que subit le compositeur de musique de film engendre une forme d'anxiété| Participation à un casting de compositeurs de musique de film| Symptômes physiques et psychologiques liés à la composition d'une musique de film| La composition d'une musique à la demande peut devenir une source d'anxiété pour le compositeur| convaincre un réalisateur ou un producteur de film avec une première maquette
Les staccatos : comment atténuer l'effet machine ?
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Quiconque fait de la musique assistée par ordinateur connait le problème de la note répétée x fois en doubles croches. Cela donne un joli son de machine à écrire, très robotisé mais pas du tout authentique.
Les joueurs d'instruments à vent utilisent le "coup de langue" pour juxtaposer très rapidement les notes (avec la langue, ils font ta ka ta, au lieu de ta ta ta). Quand aux violonistes, ils alternent les coups d'archets (haut bas haut bas...).
On constate que ce qui permet d'aligner les notes, c'est le changement dans l'attaque de chaque son.
L'idée, avec l'ordinateur, c'est d'essayer de faire la même chose (sans pour autant s'attendre à un miracle) :
- Concernant les cordes, beaucoup de banques de sons proposent 2 samples de staccatos : un son de stac 1 qui joue probablement un coup d'archet vers le haut, et un son de stac 2 qui joue probablement un coup d'archet vers le bas. Il suffit de faire jouer le stac 1 une note sur 2, puis le stac 2 les autres notes. Pour cela, j'utilise 2 pistes midi différentes (on peut aussi le faire sur une seule piste si la banque de son fournit un programme qui alterne directement les stacs 1 et 2).
Avant :
Après :
- Concernant les instruments à vent, c'est la même chose (alternance de stacs 1 et stacs 2). Mais les banques de sons ne fournissent pas toujours un deuxième jeu de stacs. Dans ce cas, j'essaie de déquantifier certaines notes en les décalant de qq dixièmes de secondes, et j'essaie de faire varier les vélocités. Le but étant de ne pas avoir x fois une note identique. C'est ce que j'ai essayé de faire dans l'exemple ci-dessous, ne disposant que d'un stac 1 de trompettes et de cors :
Avant :
Après :
OK, c'est pas flagrant, la différence est plus que minime...
Pour limiter l'effet mitraillette, je vais mixer tout ça avec un motif de percus. Personnellement, je trouve qu'avec l'aide d'un clavier maître, il est plus facile de rendre authentique un phrasé de doubles croches aux percus, qu'avec des violons ou des trompettes (probablement qu'un percussionniste penserait le contraire, mais bon...)
Motif percussions (caisse-claire, xylophone, timbales...) :
Et puis, pour diminuer encore l'aspect monocorde, je double certaines parties de manière graduelle. Par exemple, je double les violons à l'octave mais seulement à partir du milieu du phrasé. Tout en prenant soin à chaque fois de déquantifier quelques notes.
Cordes + cuivres + percus :
C'est déjà un peu mieux, bien qu'encore loin du réalisme d'un vrai orchestre. Cela dit, le phrasé que j'ai utilisé pour illustrer ce billet n'est pas des plus simples non plus (rapide et beaucoup de notes en enfilade).
Cet autre extrait, que j'ai composé avec la même méthode, sera peut-être plus parlant :
(C'est un petit extrait qui provient d'un billet que j'ai écris dernièrement sur les transitions)
Staccato| Informatique musicale| Staccatos et effet machine à écrire| le son mitraillette des staccatos en MAO| Orchestration en MIDI| Simuler de la musique orchestrale avec un ordinateur| Reproduire un orchestre| Les notes courtes en MAO| Banques de sons et stacs| Blog sur la composition de musique de film
Musique orchestrale assistée par ordinateur : faire sonner son morceau de musique, produit par des banques de sons symphoniques !
Par Tanguy - Tags
Note : dans ce billet, j'ai essayé de reproduire à l'oreille (sans partitions) des extraits de Indiana Jones, de Gladiator et Nightmare Before Chsistmas, avec uniquement la banque de sons East West Symphonic Orchestra Gold (exceptée la voix dans Gladiator qui provient de Omnisphere). Dans mes compos personnelles citées comme exemples, j'utilise des instruments issus de plusieurs banques de sons telles que East West, Synful, Symphobia...
Avez-vous remarqué que les démos des sites comme Eastwest ou VSL sonnent bien dans l'ensemble. Et pourtant, lorsque l'on achète la banque de sons en question et que l'on commence à produire nos morceaux, le résultat obtenu n'est pas aussi réaliste qu'on le voudrait...
"Hé hé.. répondront certains sur un ton ironique, ce n'est pas parce que vous avez la même raquette que Rafael Nadal que vous gagnerez à Roland-Garros... "
Certes... posséder une banque de sons de qualité est une condition nécessaire mais pas suffisante (petit clin d'oeil aux profs de maths qui parcourent ce blog...). Car on s'en doute, une aptitude primordiale est de savoir écrire la musique convenablement et connaître un minimum les bases de l'harmonie et de l'orchestration. Je dis bien "un minimum" car on a bien le droit de s'épanouir dans une écriture musicale personnelle, même si elle est maladroite parfois. Et puis... j'aime penser qu'une personne dotée d'une sensibilité musicale, d'une bonne oreille et d'une certaine habilité avec la technologie, est capable de créer de belles choses avec un ordinateur et une banque de sons correcte.
Du coup, en ce qui me concerne, et bien que je ne sois pas le Nadal de la MAO, j'aimerais tout de même vous présenter quelques petits trucs qui me permettent de composer sereinement des musiques orchestrales dans un séquenceur comme Logic, Cubase, Reaper...
Tout d'abord, un constat que d'autres musiciens confirmeront peut-être : plus l'orchestre est gros, plus j'arrive à donner du réalisme. Le tutti orchestral permet de masquer les imperfections liées à la machine. Je mise sur l'inertie du groupe, le côté grandiose et spectaculaire, à plus forte raison s'il est mélangé à de grosses boucles de percussions. En revanche, avec l'ordinateur, il m'est très difficile de faire sonner un quatuor, ou une partie solo, dont l'émotion et la sensibilité émanent de la qualité de jeu de l'interprète.
Autre constat : la recherche du thème. Je ne peux hélas pas rendre authentique tout ce que je veux :(( Je peux être satisfait de mon thème parce que la mélodie me plaît beacoup, et pourtant, rien n'y fait avec les samples. Je dois parfois rebrousser chemin et repartir vers une autre direction. C'est frustrant mais ça arrive. Il y a des fois où je change des notes dans une mélodie parce que ça passe mieux avec les samples dans un sens que dans l'autre. Je deviens en quelque sorte esclave de la technique, au détriment de la liberté artistique. J'ai envie de dire : à peine plus que le compositeur qui écrit pour un orchestre non professionnel, qui évite de placer des traits compliqués, ou des notes trop hautes (pour certains vents).
Enfin bref, la MAO orchestrale, quand j' y pense, c'est quand même un sacré
1) Mélanger les couleurs sonores :
C'est une très grande richesse que nous offre l'orchestre symphonique : mélanger des instruments pour fabriquer de nouveaux sons. Les combinaisons d'instruments sont incroyables, il faut s'en servir par moments ! J'ai tout sous la main pour essayer les différents coktails. Par exemple, à l'unisson : [violon + flûte] [cor + alto] [clarinette + cor] [trompette + violon] [trompette + trombone] [basson + violoncelle] [hautbois+ flûte] [violon + cor] [cor + harpe] [clarinette + basson + alto] [flûte + xylophone] [contrebasse + glockenspiel] etc...
Dans l'extrait de La valse des mariés ci dessous, le début du thème est joué par les violons, puis au bout de quelques mesures, il est doublé par une flûte. La couleur change :
Valse des mariés (Tanguy Follio) :
Un truc tout bête, quand je cherche à produire une sonorité, je vais naturellement utiliser des adjectifs qualificatifs (voire même des onomatopées). Par exemple :
- Mon thème est un peu trop "rugeux" (violoncelles), j'aimerais y ajouter un son assez "rond" pour l'adoucir (avec des cors).
- Sur la première mesure, il faudrait ajouter un son qui fasse "klang" mais pas trop "spongzz".
- Ce passage n'est pas assez "appuyé" (violoncelles), je le doublerais bien avec un son plus "grave" (avec des contrebasses).
- Le leitmotiv est "léger" comme tout (flûte), mais il manque encore un petit quelque chose de "pétillant" (avec du glockenspiel).
- Ma ligne de basse est "pêchue" (cordes graves), mais il faudrait la rendre un peu plus "présente" (avec une basse synthétique, pourquoi pas...)
- J'aime ces ponctuations "cuivrées" (cors + trombones), tiens si j'osais, je les ferais encore plus "claquantes" ou "métalliques" (avec une enclume et une cymbale).
- C'est un tapis très "doux" (cordes) auquel il manque quelque chose de "céleste" ou "aérien" (avec des choeurs pp).
Et ainsi de suite....
Il faut être curieux de tous ces mélanges. Et puis techniquement, c'est assez rapide de dupliquer une piste MIDI et de lui assigner un autre instrument.
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur les doublures
Ainsi que ce billet sur les doublures cordes-cors
Autre chose, en combinant (toujours à l'unisson) des berceaux symphoniques à des sonorités synthétiques (Omnisphere, Reaktor etc.) on se situe dans le bionique orchestral : mélange sonore mi-classique, mi-électro. Les scores de films américains (pas seulement) foisonnent de ces nouvelles sonorités. C'est ainsi que l'on trouve dans certaines BO des couleurs vraiment originales.
2) Reproduire le jeu de l'instrumentiste :
Ah ça ! c'est mission difficile pour ne pas dire Mission Impossible... car malgré la qualité de l'échantillonage, à l'heure actuelle l'ordi ne peut pas égaler l'être humain dans le jeu de l'interprète. En consolation, on peut toujours tenter de s'en approcher en essayant de limiter les dégâts :
Articule !!!
Quand je décide de faire jouer mon instrument virtuel, dans un premier temps je chantonne la mélodie "à la manière de l'instrumentiste" en utilisant ma bouche et ma langue (comme fait souvent le chef d'orchestre, devant ses interprètes). Tenez par exemple, chantonnez The Raider's March en ne prononçant que des bua bua bua.... Puis chantonnez le même air en prononçant des pam padam pam, pam padam...
De la même manière, quand je vais poser mes notes, je vais m'efforcer de suivre la même démarche. Si je me contente de juxtaposer mes notes avec un seul et unique son long de trompettes, je vais obtenir les bua bua bua. Au contraire, si je m'efforce de reproduire un phrasé en combinant des articulations basiques (souvent fournies par la banque de sons) telles que des staccatos, des notes tenues, des marcatos, des crescendos ou decescendo (en jusxtaposition mais aussi en superposition !), j'obtiendrai un son un peu plus net, plus compréhensible.
Dans l'extrait de The Raider's March ci-dessous, Les notes de trompettes sont jouées d'abord avec un unique son long, puis avec combinaison d'articulations :
Début de The Raider's March (John Williams) :
Un peu d'humanité dans les mouvements amples de cordes
- D'abord je charge un kit d'ensemble de cordes (un pad) couvrant les tessitures des violons jusqu'à la contrebasse, avec une attaque plutôt franche. En effet, si j'utilise un son avec une attaque douce et lente, dans mon enchainement il y aura comme un effet d'aspiration au début de chaque note... c'est très typique des musiques faites sur ordinateur. Au contraire, avec un son long à attaque assez rapide, je personnaliserai la longueur des attaques (en faisant varier le volume ou l'expression avec ma souris à l'endroit voulu).
- Ensuite, sur une même piste midi j'entre la musique en "pas à pas" ou en live (du violon à la contrebasse). Je teste plusieurs valeurs de vélocité. J'essaie de lier les notes (legato) en les faisant se chevaucher légèrement. Evidement, en cas de notes de même hauteur, le chevauchement n'est pas possible... Parallèlement, je décale certaines notes de quelques millimètres pour casser la rigidité. Si je suis patient, je modifie le tempo par endroits pour simuler une sorte de rubato (un vrai casse tête). A ce stade, j'obtiens un premier jet qui sonne comme ça :
Gladiator (Hans Zimmer). Premier essai.
Kit de cordes, notes liées, tentative de rubato, mais pas d'attaques ni relâchements :
- Arrive alors le laborieux travail sur les nuances. Laborieux mais incontournable si l'on veut donner de l'émotion. Dans la partie "contrôleur " de ma piste midi, je fais varier l'expression ou le volume, un peu comme si j'étais à la place du chef d'orchestre. De la sorte, je peux affiner les attaques, crescendos, diminuendos, accents... pour un résultat qui paraîtra un peu plus humain :)
C'est ainsi que ma piste midi prend des allures de montagnes russes :

Variation du contrôleur Expression
- 2 petites choses que j'ai rajoutées dans l'exemple de Gladiator (mais que je ne fais pas systématiquement) : j'ai doublé la ligne mélodique par un violon solo, pour apporter du grain et du vibrato. Ensuite, pour offrir un peu plus de force dans les passages qui montent en intensité, je double les violons avec des cors très doux, très discrets.
- Enfin, pour rappeler le côté humain, rien de tel qu'une voix ou des choeurs...
Gladiator (Hans Zimmer). Deuxième essai.
Avec les nuances, qq cors en doublure et une voix légèrement plaintive.
- Pour ce genre de musique, lente avec des poses d'accords, un bon pad de cordes qui repecte bien l'homogénéité et la spatialisation, devrait suffire . Certes, je pourrais m'embêter à répartir chaque instruments sur différentes pistes midi (un programme de violons sur la piste 1, un programme d'altos sur la piste 2 etc...), comme dans la réalité.
L'avantage serait de pouvoir affiner les attaques et nuances de chaque instrument, et de régler la panoramique et le mixage comme je le souhaite. Pourtant je ne serais pas sûr d'y gagner en réalisme, car à trop vouloir isoler les parties je risquerais d'altérer l'effet d'ensemble (l'homogénéité). Je serais heureux d'avoir l'avis d'autres musiciens à ce sujet.
Les staccatos des cordes : attention à la mitraillette !
Avant de juxtaposer la même note plusieurs fois de suite, je vais d'abord regarder si je peux contourner le problème : Par exemple, plutôt que de jouer do do do... je vais tenter do do# do... ça peut être mieux ou moins bien (à tester).
Si je décide de réellement juxtaposer la même note (do do do...), je chargerai un programme de staccatos up et down (qui alterne automatiquement les coups d'archets tirés et poussés). Les banques de sons proposent de plus en plus ces kits très pratiques.
Le début (approximatif) de This Is Haloween ci-dessous n'est peut-être pas le meilleurs exemple pour illustrer mes propos, car les tempo est assez lent. Mais je suis fan de Danny Elfman, alors c'est comme ça.
Quelques accords de This is Halloween (Danny Elfman) :
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur l'effet mitraillette des staccatos
3) Créer des effets de transition
Dans un même morceau, on peut avoir 2 parties très contrastées. C'est un choix de marquer ce contraste. Mais la plupart du temps, j'essaie d'amener avec douceur un segment musical vers un autre segment.
Comme bon nombre de musiciens, j'utilise des moyens très classiques qui sont par exemple : le glissando de harpe, le crescendo de timbales, de cymbale, de grosse caisse. Mais aussi une cymbale reverse, un wind-chimes, un cluster samplé (de cordes, de cuivres etc...).
Je considère également le changement de ton comme un effet de transition. J'aime bien, ça pimente la musique en cassant la monotonie.
Dan l'exemple ci-dessous, j'utilise pas mal d' instruments qui permettent de faire les jonctions (timbales, wind-chimes, harpe... mais aussi des staccatos de flûte !)
EDF-DTG (Tanguy Follio) :
Pour plus d'infos, cf le billet sur les transitions par ajout d'instruments
Et aussi ce billet qui illustre une transition par changement de tonalité
4) Dynamiser :
- Du point de vue musical :
Du relief, du choix, du varié !
Sur un thème je m'efforce de ne pas utiliser toujours le même instrument pour la mélodie. Par exemple, j'aime bien commencer une phrase musicale par des violons, et la terminer par des cors (tandis que les violons font l'accompagnement).
Varier les plaisirs, c'est aussi jouer avec les nuances, les répétitions (cf billet sur les répétitions), les contrastes (calme, tempête), ou au contraire les progressions douces, les modulations (changements temporaires de tonalité), les pédales (cf billet sur les notes maintenues), etc...
Du mouvement !
Si j'ai besoin de suggérer du mouvement, je le fais soit en utilisant des rythmes (percus acoustiques ou boucles samplées style RMX, Stormdrum...) soit au travers les orchestrations de second ou troisième plan. C'est moins facile à programmer, mais je sais qu'un petit leitmotiv nerveux joué aux cordes (agrémenté de piccolo) peut être vraiment efficace.
Dans l'exemple ci-dessous, je me suis amusé à faire jouer des cordes à toute allure, sous le thème principal des cors. ça m'a pris beaucoup de temps, mais ça ajoute un côté Harry Potter qui n'est pas pour me déplaire (ce jingle orchestral est édité et déposé à la SACEM).
Entertainment Logo (Tanguy Follio) :
Pour plus d'infos, cf ancien billet sur les plans sonores
Ainsi que ce billet sur comment donner du mouvement à mon accompagnement
- Du point de vue du traitement du son (avec des VST plug-ins) :
De la réverbe, d'accord mais pas trop, sinon les notes se noient et la dynamique en prend un coup.
Egalisation : De temps en temps, il me prend l'envie d'accentuer ou diminuer des fréquences sur tel ou tel instrument. C'est vraiment du cas par cas. Je le fais la plupart du temps sur les violons. J'ai toujours adoré le son des violons dans les Bandes Originales de Alan Silvestri. Elles ont parfois un aspect scintillant, mais pas agressif. J'essaie depuis des années d'obtenir ce genre de son en utilisant un égaliseur graphique, mais sans grand succès...
Un peu de compression : je le fais quand c'est vraiment nécessaire pour obtenir une amplitude sonore homogène et pallier certains contrastes trop brutaux (surtout sur les instruments graves comme les contrebasses et les timbales).
Élargissement du champ stéréo : parfois le résultat est bon. Parfois non. Je ne peux pas expliquer pourquoi (de toute façon, le billet est déjà assez long comme ça).
Mastering : En passant le mix final dans un compresseur multibande (avec modération), j'obtiens une musique plus "enhanced" (fréquences boostées, onde wave gonflée, niveau sonore imposant). Surtout pour des musique d'action ou d'aventure. S'il s'agit d'un morceau électro-orchestral, je ne passe que la partie orchestrale dans le multibande (la partie électro ayant déjà eu un bon traitement de dynamique audio par son constructeur).
Voilà voilà... C'est un article comme je n'en fais plus souvent, mais qui me tenait à coeur. Je dois dire que j'ai passé un bon paquet d'heures à le réaliser, celui-là...
En tous cas, la liste n'est pas exhaustive. Faire sonner sa musique avec un simple home studio n'est pas facile. Je compte sur vous pour partager votre expérience dans ce domaine et me permettre de compléter ce billet :)
MAO| Musique assistée par ordinateur| Donner de l'émotion à ma musique| Faire sonner ma musique virtuelle| Rendre les samples authentiques| Donner de la vie à la musique faire sur ordinateur| Informatique musicale| Reproduire de la musique de film| Trucs et astuces séquenceur| Orchestrer avec la banque East West Symphonic Orchestra
Récapitulatif des billets consacrés à la composition de musique de film
Par Tanguy - Tags
Un petit récapitulatif qui permet de regrouper mes articles par thèmes.
J'y dresse une liste des billets qui me paraissent les plus intéressants et qui correspondent le plus souvent aux questions posées par mail.
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Devenir compositeur
de musique de film
Etudier, démarcher
Les coulisses du métierLe statut du compositeur
Droits d'auteur, Impôts
Sécurité sociale, Intermittence
TVA, BNC, SIRET etc...
- - Se former, étudier
- - Faire son CD démo
- - Protéger ses oeuvres
- - La musique source
- - Le Temp-Track
- - Les traumatismes auditifs
- - Contacter les producteurs
- - Coup de déprime
- - Le pote musicos
- - Un annuaire pour les musiciens
- - Orchestres spécialisés
- - L'audiodescription
- - Témoignage de JJ Annaud
- - Le Sound Design
- - Limites des banques de sons
- - Avoir le trac en public
- - Le film institutionnel
- - 7 interviews de compositeurs
Comment devenir compositeur ?| Blog sur la musique de film| Blog sur la composition de musique| Je voudrais être compositeur de musique de film| je voudrais apprendre l'orchestration| Conseils trucs et astuces sur la musique assistée par ordinateur| fiscalité imposition facturation des compositeurs| Impôts des métiers artistiques| Trouver des producteurs pour produire ma musique| Exemples d'effets produits par l'orchestre symphonique
Six Secrets !
Par Tanguy - Tags
Bien, je glisse ce petit billet hors-sujet pour faire plaisir à ma sœur, qui souhaite que je dévoile 6 de mes secrets les plus enfouis (Je suis sûr que c'est pour cafter aux parents), alors allons-y vite fait bien fait :
- J'ai eu une période d'environ 1 an où je prenais uniquement des douches froides le matin (en 98 ou 99). Je pensais que c'était bon pour la circulation. Je n'ai jamais été autant malade que cette année là (ORL).
- J'écoute du Trevor Rabin en cachette.
- A 10 ans, j'ai crevé un pneu de la Renault 18 en jouant avec un outil (une perceuse qui faisait office de pistolet laser). J'ai aidé mon père à changer la roue, sans lui avouer que c'était moi le coupable.
- A 11 ans, sur la RN 176, j'ai bifurqué à gauche en vélo, alors qu'un poids lourd s'apprêtait à me dépasser. Je tiens à remercier le conducteur pour ses réflexes qui ont permis d'éviter le pire (et pour son savon monumental que je ne suis pas près d'oublier chaque fois que je fais du vélo).
- Je dois "réfléchir" pour lire l'heure avec des aiguilles. Je suis né avec une montre à quartz.
- Mes amours secrets ? non mais oh ! et si ma femme tombait sur ce blog ? bon allez, j'ai mis une photo ici
Le Step : une façon de combiner le sport à la musique
Par Tanguy - Tags
La danse.... la pulsation, le battement, le tempo. Je connais, par exemple, un compositeur de musique de film particulièrement doué pour la Salsa ! J'ai essayé la salsa un jour.... sans succès.
Moi mon truc, c'est plutôt le Step. c'est bon pour le cardio, la mémoire (enchainer les gestes), et ça défoule bien après de longues heures face à l'écran... Plus technique et aérien que le Madison, moins complexe que le Modern jazz, le step est devenu mon activité physique préférée (avec le tronçonnage d'arbres).
Dans la vidéo ci-dessous, je suis le p'tit gars au premier plan à gauche, qui se traine un peu par moment (ne pas me confondre avec le prof qui porte la casquette et qui danse mieux, du reste).
45 mn de Step, le jeudi soir :
ASJ FITNESS - choré finale de Step - Janvier 09
envoyé par asjfitness. - Découvrez les dernières vidéos de sport.
Voir site : ASJ Fitness
Pour info, sur cette vidéo, l'image accuse un retard
d'un temps sur le son (musique, commentaires etc...).
ASJ FITNESS - choré finale de Step - Janvier 09
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Pour info, sur cette vidéo, l'image accuse un retard
d'un temps sur le son (musique, commentaires etc...).
Idée pour plus tard : composer des musiques dédiées au step, alliant Techno et musique de film.
Enchainement simple de deux accords pour apporter un effet optimiste (à la Disney) à vos compositions.
Par Tanguy - Tags
Là, on est dans le b-a-ba de l'écriture harmonique. C'est une astuce qui est souvent utilisée, mais je la mets par écrit avec quelques extraits sonores (un exemple vaut souvent mieux qu'une longue explication...)
Cet enchainement de deux accords qui permet d'amener une touche de merveilleux ou d'aventure est tout simple à mettre en pratique. Il suffit de jouer un accord majeur (ex : Do majeur) puis d'enchainer sur l'accord majeur situé un ton au dessus (Ré majeur), tout en maintenant la note fondamentale du premier accord (note do grave) :
La fondamentale du premier accord peut être aussi maintenue dans les aigus (accord renversé) :
Quelques exemples de cette courte progression harmonique dans la musique de film :
- Dans les deux extraits ci-dessous, les instruments graves (Contrebasses et tuba) maintiennent la fondamentale tandis que les trombones enchainent les 2 accords (par exemple accord de DO vers accord de RE). Les trompettes, quand à elles jouent le thème principal (dont les notes appartiennent aux accords en question). Ici l'orchestration triomphante nous plonge dans une ambiance de film d'aventure :
Jurassic Park (John Williams) :
Back To The Future (Alan Silvestri) :
- Les 2 extraits ci-dessous sont orchestrés de manière plus légère et sautillante. Sans qu'il s'agisse pour autant d'un film de conte de fée, la connotation y est très optimiste :
Le Renard et L'Enfant (David Reyes) :
Jumanji (James Horner) :
- Et ce dernier extrait, dans un registre plus doux et moins sautillant, mais toujours optimiste. Cette fois-ci la note fondamentale du premier accord n'est pas maintenue (elle suit la cadence) :
Lune (Tanguy Follio) :
Connotation féérique et merveilleuse dans une musique| Créer une ambiance à la Disney dans une musique| Faire une musique dans le style de Disney| Créer une connotation optimiste dans votre musique| Astuce pour donner une impression de merveilleux dans une musique| Commet créer harmoniquement une ambiance magique et féérique ?| Harmonie et progression harmonique| Exemple de progression harmonique créant une connotation légère et optimiste| Maintenir la fondamentale en pédale pour créer un effet| Harmonie et orchestration à la Disney
The Holiday, ce soir sur TF1
Par Tanguy - Tags
Juste un petit rappel concernant un cas particulier de musique source (cf billet sur la musique source). Le début du film The Holiday commence par une jolie musique de film. C'est la musique d'ouverture, composée par Hans Zimmer.
Petit à petit, on découvre que la musique que l'on entend est interprétée en direct par Jack Black, l'un des personnages (qui est justement entrain de travailler sur un film romantique). C'est un exemple intéressant de morphing : musique originale vers musique source.
Je n'ai pas vu le film en entier, mais d'après ma femme il y a un personnage qui fait une allusion à Hans Zimmer à un moment donné.
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