La musique de film : une passion... un travail.
Par Tanguy, jeudi 10 janvier 2008 à 21:23 - Devenir compositeur pour l’image - Tags
Voilà, Ces derniers temps, j'ai beaucoup discuté avec d'autres compositeurs qui souhaitent faire carrière dans la musique pour l'image. Les influences de chacun sont diverses, de Hans Zimmer à Maurice Ravel en passant par Philippe Glass, mais les questions abordées, elles, sont toujours récurentes :
Quel matériel utiliser ? quelle méthode pour écrire ? comment étudier l'orchestration ? comment se faire connaître ? quel salaire demander ? quel est le statut du compositeur ? etc..
Comme, au vu des projets musicaux qui se préparent à l'horizon, l'année 2008 sera probablement placée sous le signe du travail, j'ai décidé de créer mon propre blog autour du thème de la composition de musique de film, pour partager avec vous mes expériences (bonnes ou mauvaises), mes goûts et mes envies.
Tanguy
Blog sur la composition de musique de film, Composer de la musique de film, Devenir compositeur de musique de film, Ecrire de la musique pour l'image, Etudier l'orchestration, Faire de la musique pour le cinéma, Quel est le salaire pour un compositeur de musique de film ?, Quel est le statut du compositeur ?, Quel matériel acquérir pour composer et produire de la musique de film ?
Pourquoi ne par lire aussi :
Le séquenceur et les banques de sons d'orchestre symphonique, pour composer et produire de la musique de film chez soi (en home studio)
Par Tanguy - Tags
"Cher Tanguy, bravo pour votre musique qui me touche beaucoup. Je suis moi même un jeune compositeur et j'aimerais me lancer dans la musique pour l'image. Pourriez vous me dire quel matériel utiliser pour composer de la musique de film afin de démarcher des boites de production ? Merci pour votre réponse
Harry Cossec, de Brunoy (91) "
Cher Harry, Merci pour votre mail ! Je suppose que le mot "composer" signifie "produire" (qu'à la fin, il y ait une musique qui s'écoute, comme un cd audio ou un mp3) et que "musique de film" sous entend "musique orchestrale symphonique"
Ce qui est sûr, c'est que bon nombre de producteurs et réalisateurs ne sont pas forcément des mélomanes avertis ou des experts en musique. Pour eux, un bon son est souvent mieux accueilli qu'une belle écriture orchestrale (c'est triste mais c'est ainsi). C'est pourquoi, avant de prospecter, il faudra "produire" des maquettes correctes. Pour se faire, il y a 2 possibilités :
L'écriture classique (feuille de papier ou logiciel de notation) s'adresse aux musiciens qui aiment écrire directement les notes sur une partition. Pour composer les thèmes et les arrangements, ils utilisent (ou pas) un instrument de musique (piano, guitare, violon etc...). Puis ils harmonisent et orchestrent directement dans la partition. Cette dernière étant destinée à être jouée par un orchestre (souvent composé de bénévoles ou d'amis musiciens car le jeune compositeur qui cherche à démarcher les producteurs n'a pas le budget nécessaire pour payer un orchestre professionnel).
Ensuite vient la phase de l'enregistrement de l'orchestre pour avoir un résultat sonore sur support audio (la qualité de la prise de son dépendra aussi du budget initial).
Exemple de logiciels de notation (éditeurs de partition) : Finale, Sibelius, Encore
La musique assistée par ordinateur vous fera économiser un orchestre, mais requiert l'achat d'un minimum de matériel et logiciels informatiques.
Concernant le matériel (hardware), il faut d'abord un ordinateur qui dispose d'une grande mémoire vive (RAM) et d'un gros disque dur (pour stocker les banques de sons). Ensuite, une carte son capable de lire simultanément plusieurs pistes audio. Une carte son compatible soundblaster moyen de gamme est suffisante (je dispose actuellement d'une carte son "audigy" de chez Creative). Eventuellement : un clavier MIDI (piano numérique, clavier de commande, synthé) qui permet de rentrer les notes dans l'ordinateur en jouant la mélodie, mais ce n'est pas indispensable. Parcontre, si votre home studio se compose uniquement d'un ordinateur, il est important d'avoir de bonnes écoutes pour le mixage (des enceintes qui restituent un son brut et non une chaine hi-fi qui arrondi et embelli le son).
Du côté des logiciels (software), il faut utiliser un séquenceur. Il permet d'entrer la partition, piste par piste, à l'aide de petits rectangles (qui remplacent les notes de musique du solfège que l'on observe sur une partition classique). Les séquenceurs les plus connus sont Cubase, Logic Audio, Cakewalk, Digital Performer, Pro Tools. En plus, vous pouvez y importer une vidéo (très pratique pour composer à l'image).
Ensuite, viennent les fameuses banques de sons d'orchestre symphonique ! Elles viennent se greffer sous forme de plug-in VSTi (instruments virtuels que l'on charge dans le séquenceur) et apportent une quantité d'instruments réalistes (violons, trompettes, timbales etc...). Il s'agit de samples : cela signifie que le son a été enregistré à partir d'un vrai instrument. Si vous jouez un ré avec un sample de violon, c'est comme si un vrai violon jouait un ré. Parcontre, lorsque l'on enchaine les notes, le résultat sonne moins bien que si c'était un enchainement joué par un instrument, car, dans un séquenceur, il est difficile de retranscire le jeu d'un instrumentiste (qui est très subtil et riche en émotion). Nous échangerons, dans un prochain billet, quelques astuces pour apporter de la chaleur et de l'authenticité à une musique faite sur ordinateur.
Les banques de sons d'orchestre symphonique les plus en vogue actuellement (début 2008)
- EastWest Quantum Leap Symphonic Orchestra
- EastWest Quantum Leap Symphonic Choirs (pour les choeurs)
- Vienna Symphonic Library (VSL)
- MOTU Symphonic Instrument
- Garritan Personnal Orchestra (GPO)
- Project Sam
- Banques de "soundfonts" disponibles gratuitement sur la toile
En outre, les banques de sons Sam Project et GPO, ainsi que les soundfonts, nécessitent un sampler virtuel (Gigastudio, Halion Kontakt etc.) pour être lues.
Tout ce petit monde s'intègre très facilement dans le séquenceur sous forme de plug-in VSTI (Virtual Studio Technologic Instrument). Ce sont des instruments virtuels quoi...

Halion 3 : un sampler virtuel
chargé en tant que VSTI dans le séquenceur Cubase SX
(Chez moi, il lit la Vienna Symphonic Library convertie au format Halion)
Biensûr, la MAO n'empêche pas de faire intervenir de vrais instruments dans une oeuvre. Car l'ordinateur fait également office d'enregistreur multipiste numérique (il faut pour cela un séquenceur MIDI et Audio).
Le MIDI permet de faire jouer les instruments virtuels (banques de sons...)
L'audio permet d'intégrer des éléments extérieurs (Voix, Instruments réels, en utilsant un micro).
Enfin, le mixage et le mastering (traitement audio qui permet d'optimiser votre musique) se font dans le séquenceur. Au final, il vous permet d'exporter votre musique sous forme d'un fichier audio (wav, aif, mp3 etc...). Voilà donc de quoi faire une belle maquette !
Sur ce lien, un billet consacré à la recherche de producteurs et de réalisateurs
Utilisation de soundfonts pour composer de la musique de film, Quels sont les meilleurs éditeurs de partitions ?, Avec quel logiciel écrire une partition ?, Logiciel ou soft qui modélise des instruments symphoniques, Banques de sons d'orchestre symphonique pour faire de la musique de film, Avoir un orchestre symphonique ou philharmonique dans son ordinateur, Quels sont les meilleurs samples orchestraux ?, Un bon séquenceur pour créer de la musique de film, Quel logiciel utiliser pour faire de la musique de film ?, Matériel nécessaire pour composer de la musique de film
Une musique pour un film institutionnel
Par Tanguy - Tags
Voici une musique que j'ai composée dernièrement pour un film d'entreprise :
Petit test : d'après vous, j'ai fait ce morceau pour illustrer quel sujet ?
- Marque de voiture ?
- Mesure et expertise dans l'industrie énergétique?
- Chaine de restauration rapide?
- Séjour à la montagne, tracking randonnée ?
- Matériel de télécommunication ?
- Service aux personnes âgées ?
- Projet immobilier ?
- Entreprise biologique phytosanitaire ?
- Articles de sport de fitness (Step, LIA, abdo fessier)?
(C'est l'un de ceux là)
Réponse dans le prochain billet ;)
Exemple de musique pour un film institutionnel, Exemple de musique pour un film d'entreprise, Un projet immobilier peut demander une illustration musicale très précise, Un film sur des voitures ou des articles de sport peut nécessiter une musique d'accompagnement dynamique et positive, Une entreprise comme EDF peut faire appel à un compositeur pour illustrer ses films institutionnels, Dans la publicité le compositeur peut avoir un rôle prépondérant
TVA : vous êtes compositeur et avez opté pour le régime réel normal (ou mini réel) avec déclaration trimestrielle de la TVA à 5,5 %.
Par Tanguy - Tags
Ce choix s'effectue lorsque vous remplissez l'encadré "Options fiscales" du formulaire P0i (quand vous décidez de vous enregistrer en tant que compositeur travailleur indépendant, au centre des impôts).
Petite parenthèse : si vous pensez que la composition musicale ne vous rapportera pas plus de 37400 € par an, vous n'êtes pas obligé d'appliquer de TVA. Il suffira d'écrire une somme HT sur vos factures et de mentionner: « TVA non applicable article 293B du CGI » Donc là : pas de TVA gagnée, pas de TVA à reverser (forcément).
Pour cette option, il faut cocher la case "franchise en base TVA" (et non régime réel normal ou mini-réel) au moment de votre inscription sur le formulaire P0i
Mais revenons à l'option déclaration trimestrielle de la TVA à 5,5 % (régime réel normal ou mini-réel) :
Cette option qui consiste à reverser votre TVA chaque trimestre peut être intéressante, car vous pourrez déduire la TVA de vos achats (investissements pour la musique) :
Cette déclaration se présente sous forme d'un papier que l'on reçoit tous les 3 mois et qui comporte 2 parties (je schématise un peu) :
- Une première partie qui correspond à la TVA de 5,5 % que vous avez appliquée sur l'ensemble de vos factures (des 3 derniers mois) et que vous devez redonner à l'Etat.
- Une seconde partie qui correspond à la TVA de 19,6 % de l'ensemble de vos achats (des 3 derniers mois) qui vous permettent de faire votre métier (voir qq exemples plus bas).
Comme il s'agit d'une soustraction, la TVA que vous reversez au Trésor Public est plus petite que celle que vous avez perçue sur votre facture. Il arrive même que les déductions de TVA de vos achats soient plus élevées que vos TVA de factures, ce qui vous met en position de crédit positif (en d'autres termes, le Trésor Public vous doit de l'argent, sous forme d'avoir sur votre prochaine déclaration trimestrielle de la TVA).
Voici quelques exemples d'achats dont vous pourrez déduire la TVA sur votre déclaration trimestrielle :
- Matériel informatique (ordinateur, graveur, disque dur externe etc.)
- Matériel de musique (instrument de musique, banque de sons etc.)
- Consommable (cartouches d'encre pour imprimer vos partitions, papier A4 etc.)
- CD et DVD vierges
- Matériel de bureautique (crayons, bloc-notes, trombones etc.)
- Mobilier de bureau (chaise confortable, lampe halogène etc.)
- Forfait Mobile
- Forfait Internet
- Déplacement pour RDV dans une boite de prod
- Repas d'affaire avec un réalisateur
- Frais de courrier postal
- Places de concert de musique classique
- Achat de CD de musique de film (Les réalisateurs donnent souvent des références)
- Achat d'un DVD du dernier concert de Morricone
- etc...
NB : Les factures SNCF et RATP ont des TVA à 5,5 %
En résumer :
- Franchise en base TVA :
Pas de TVA perçue, pas de TVA reversée au Trésor Public - TVA au régime réel normal ou mini réel :
Une TVA gagnée, "en partie" reversée au Trésor Public : c'est un gain pour vous (même si un chèque plus petit reste un chèque quand même...).
Et l'argent que l'on touche de la SACEM ?
Quand on reçoit les feuillets de répartitions, la SACEM indique clairement à combien s'élève la TVA qu'il faudra déclarer au Trésor Public. En outre, les feuillets de répartition sont accompagnés d'une "facture" à signer et à renvoyer à la SACEM.
Franchise en base TVA pour les jeunes compositeurs, Je suis compositeur au régime des BNC (Bénéfices Non Commerciaux), La déclaration trimestrielle de la TVA pour les compositeurs, La TVA qu'est-ce que c'est ? Quel est le principe de la TVA ?, Quelle est la TVA pour les compositeurs ?, Quelle TVA reverser au Trésor Public ?
Le mastering : les derniers traitements audio avant d'écouter vos oeuvres dans votre lecteur CD.
Par Tanguy - Tags
(Dans notre milieu, on utilise le mot "mastering" alors qu'on devrait dire "pre-mastering". Quoiqu'il en soit, je garde l'appellation mastering car c'est moins long à écrire... paresseux que je suis)
Donc..... Qu'est-ce que le mastering ?
C'est une oprération qui consiste à appliquer d'ultimes traitements audio sur le mix final (c'est à dire une fois que le mixage est terminé et que la musique est exportée en un seul fichier audio comme un son wav ou aiff).
Dans le milieu du disque ou de la production musicale cinématographique, il existe des ingénieurs du son et des studios spécialisés pour ce travail. Au cours du mastering, Le son d'une musique est optimisé (amélioré), et même personnalisé (c'est à dire qu'il porte la signature de l'ingénieur du son).
Souvent, les jeunes compositeurs qui produisent eux-mêmes leurs maquettes doivent s'improviser "ingénieur du son".
Or, le mastering, le vrai de vrai, requiert une oreille spécialisée et du matériel dernier cri (qui coûte plus cher que ma voiture).
En même temps, quel est l'intérêt d'appliquer des opérations dignes d'un mastering professionnel sur une musique fabriquée dans un ordinateur, à partir de samples d'orchestre ou bien d'interprètes moyens enregistrés avec du matos de home studio ?
Alors, à défaut d'établir un mastering optimal, il est déjà possible (à notre niveau de home-studiste) d'effectuer quelques traitements audio sur le morceau avant de le graver sur CD :
(Cela va de soi, le mix que l'on s'apprête à masteriser doit être au format audio de bonne qualité : au moins en wav ou aif 44 KHz et 16 bit, et pas en mp3 !).
Quelques exemples de traitement audio qui peuvent s'appliquer directement dans votre séquenceur, ou encore mieux, dans un éditeur audio comme Wavelab, Sound forge, Cool Edit etc :
- Un peu de compression pour éviter des différences importantes de volume sonore.
- De l'égalisation (équaliseurs) pour diminuer ou faire ressortir certaines fréquences (donc certains instruments).
- Une légère réverbération pour donner un peu plus de profondeur au mix.
- Un traitement panoramique, pour élargir la stéréo (ça je ne l'ai jamais testé).
- Une normalisation (pour appliquer un niveau sonore maximum, à la limite de la saturation).
- Un fondu de sortie pour une musique qui se termine en ad lib (sans fin).
Exemple de normalisation dans Cool Edit Pro :
Voilà déjà de quoi améliorer la qualité sonore de votre dernière composition. Cela rendra l'écoute plus agréable.
Avez-vous un lecteur Cd en particulier où vous aimez ré-écouter vos morceaux, pour le plaisir ?
Mon collègue, Laurent Koleda m'a dit un jour qu'il aimait tester le rendu sonore de ses musiques en plaçant son CD fraichement gravé dans le lecteur de sa voiture... et que si la musique passait bien à cet endroit, alors elle passerait bien partout ailleurs, dans n'importe quel lecteur.
Et vous ?
Qu'est-ce que le mastering ?, Mastering et traitement audio, Méthode pour faire du mastering, Quel traitement audio appliquer au mixage ?, Qu'est-ce que la compression d'un fichier audio ?, Qu'est-ce que la normalisation d'un fichier audio ?, Comment optimiser ou améliorer le son de ma musique ?, Appliquer de la réverbe ou de la réverbération sur le mix final, Quel logiciel ou soft utiliser pour faire du traitement audio ?, Quel logiciel ou soft utiliser pour faire du mastering ?
Graveur musical : un métier passionnant qui demande de la précision et beaucoup de patience.
Par Tanguy - Tags
Quand j'ouvre un livre d'une symphonie de Mahler, je songe fréquemment au travail qui a été fait en amont par les spécialistes de la gravure musicale : un véritable travail d'orfèvre. Pour avoir tenté plusieurs fois d'éditer moi même mes partitions, je me rends compte combien c'est difficile d'obtenir un résultat carré et soigné.
Je place ici une interview que j'ai réalisée auprès de Jean-Paul Gilles, éditeur et professionnel de la gravure musicale.
Une sujet qui ne traite pas seulement du cinéma, mais du monde de la musique en général :
- Y a-t-il une différence entre l’appellation « graveur musical » et « copiste » ?
La différence, pour moi il en existe bien une, tend à se diluer avec l'adoption des logiciels de notation musicale de plus en plus performants et faciles à mettre en œuvre. Le copiste est celui qui travaille dans l'urgence pour fournir aux musiciens un matériel lisible en un temps record (modification en séances d'enregistrement par ex.). Mozart, lorsqu'il composait avait toujours une armée de copistes qui écrivaient le matériel pour l'orchestre au fil de la composition du maitre. Maintenant le copiste peut travailler avec un logiciel, mais pour moi il y a toujours la notion de rapidité.
Le graveur quand à lui intervient pour la mise en forme finale avant édition de la musique, avec une notion de lisibilité avant tout, mais aussi d'harmonie graphique et d'application des règles strictes de la notation musicale pour ne pas perturber les automatismes de lecture des interprètes. Avec le graveur, je vois la notion de perfection, de temps et de pérennité.
Il existe une belle vidéo sur le travail de gravure traditionnelle sur Youtube.
http://fr.youtube.com/watch?v=Q65Jzfr7YpE
- Quel est le support le plus fréquent que le client vous confie pour la mise en partitions ? (manuscrit, fichier midi, fichier Finale (ou autre éditeur)
Généralement c'est un manuscrit, mais il m'est arrivé de travailler (relevé) à partir de vidéos ou de CD audio et depuis quelques temps de fichiers Finale ou Sibelius. Les éditeurs proposent aux compositeurs des cours ou des stages sur les logiciels de notation musicales afin d'éviter le recours à un "copiste-graveur" ou tout au moins limiter le rôle de ce dernier. Procédé très mal accepté par beaucoup de compositeurs.
- Actuellement, quels sont les éditeurs de partitions les plus utilisés par les professionnels de la gravure ?
Il y a une quinzaine d'années c'était Score le plus utilisé. Il fonctionnait sous MS Dos, était très efficace au prix d'un apprentissage conséquent. Il gérait le midi et produisait des fichiers Poscript. Aujourd'hui, ce sont Finale, Sibelius, Berlioz qui a une liberté de notation très importante et dont le mode de travail se rapproche du travail de gravure traditionnel. Certains graveurs mélangent les outils comme James Ingram, le graveur de toutes les oeuvres de Stockhausen. Il travaillait avec Finale pour entrer les notes, exportait le tout en EPS pour retravailler avec ses propres outils (lignes et courbes) dans Freehand. Tout est possible. Quelquefois, je me sers d' Illustrator pour certaines notations contemporaines.
Finale pour la musique de film
Et pour Sibelius
- Concernant la musique de film de l’âge d’or (Alfred Newman, Bernard Hermann, Miklos Rozsa etc…) alors que l’informatique n’existait pas, prenait-on le temps de « graver » la musique ou bien les musiciens devaient-ils déchiffrer des partitions manuscrites ? (pour des raisons de délais).
Je pense que l'on travaillait exclusivement sur des partitions manuscrites. Les copistes expérimentés avaient une dextérité et une clarté d'écriture extraordinaire. Les partitions manuscrites de vrais copistes sont souvent plus belles et plus lisibles que celles qui sortent de nos ordinateurs... à méditer.
- A la fin, combien d’exemplaires livrez vous à vote client ? Un seul exemplaire, une copie etc…
Pour les orchestres :
En général et sauf demande particulière, je livre les scores d'orchestres imprimés en 2 exemplaires (A3) et le matériel (parties séparées) (A4) en autant d'exemplaires qu'il y a de pupitres à l'orchestre. Je fournis souvent pour le régisseur, un exemplaire du conducteur et un exemplaire de chaque partie au format pdf sur CD pour les archives.
Pour les éditeurs :
Je livre des fichiers PS, EPS ou même PDF (de plus en plus) selon les spécifications de l'imprimeur.
- Quelles sont les études à suivre pour exercer votre métier ? Devez-vous obligatoirement obtenir un diplôme ? (conservatoire ou autre).
A ma connaissance, pas d'études particulières. Il existe des classes de maniement à Finale ou Sibelius dans quelques grands conservatoires. Aux Etats Unis, dans les grandes écoles de musique style Berkeley ou Juliard, il existait des cours d'écriture manuscrite, (la notation issue de ces cours est bien reconnaissable) je ne sais pas si cela est encore pratiqué. (C'est de ces règles d'écriture que viennent les polices comme Jazz, Swing, Lee , Ash, Russ music qui portent le nom de grands copistes américains et ont toutes les mêmes caractéristiques). Il faut bien sûr maitriser la lecture, la transposition et les règles typographiques de l'écriture musicale. Il existe quelques ouvrages qui traitent du sujet notamment : The art of music engraving et processing de Ted Ross aux éditions Hansen House et Music Engraving Today de Steven Powell éditions Brichtmark Music. Il faut aussi faire une étude graphique poussée des partitions des grands éditeurs.
- Quelles sont les principales qualités pour exercer ce métier ?
Je dirais d'abord la patience (en dehors bien sûr, de la maitrise du sujet), ensuite la ténacité et la faculté à ne pas se laisser décourager par la somme de travail que représente la gravure d'un opéra pour orchestre symphonique de 150 ou 200 pages manuscrit. Par exemple, lorsque je reçois le manuscrit d'un compositeur avec lequel je travaille pour la première fois, j'imagine toujours que je vais passer beaucoup de temps à déchiffrer son écriture et, au bout de quelques pages, j'ai intégré sa graphie et tout roule. Il faut aussi se mettre à la place du musicien qui va lire la partition pour penser les tournes en fonction de son instrument.
- La concurrence sur la marché est-elle rude ?
J'imagine que oui dans les grosses maisons d'édition et avec l'avènement des "usines à copier la musique" du Maroc, de Chypre et maintenant d'Asie. Je me situe un peu en dehors du débat car je grave moi même ce que j'édite et que j'ai un petit réseau de compositeurs et d'orchestres qui me font confiance.
- Pensez vous que le graveur musical soit à la fois un artisan et un artiste ? (part de créativité…)
Pour moi le graveur est avant tout un artisan car il met en pratique ses connaissances des règles typographiques et musicales maitrisées au fil du temps de son apprentissage. Ce qui n'exclut pas la créativité (tout au moins dans la musique contemporaine) car il faut trouver ou dessiner des signes représentant au mieux les idées du compositeur en repoussant ou en détournant les capacités des logiciels. C'est bien évidemment la part du travail que je préfère !
Merci à toi, Jean-Paul pour ta gentillesse et ta disponibilité ;-)
Le métier de copiste dans la musique de film, En savoir plus sur la gravure musicale, Comment sont fabriquées les partitions pour orchestres symphoniques ?, Quels sont les éditeurs de partitions professionnels les plus utilisés actuellement ?, Sous quel support le compositeur l'arrangeur ou l'orchestrateur confie-t-il sa musique au copiste ?, Le copiste ou graveur musical travaille à partir d'un manuscrit ou de fichiers finale ou Sibelius, Quelle est la différence entre copiste et graveur musical ?, Lire une interview sur le métier de la gravure musicale
Les Sites de l'Annuaire
- Studio d'enregistrement Montpellier S Recording
S Recording est un studio d'enregistrement situé dans le sud de la France à Montpellier (34820). Le studio utilise du matériel haut de gamme, et pratique des prix sympas. Les prestations proposées sont : prise de son, editing, mixage, mastering. Sur le site web : on peut découvrir le lieu et écouter des extraits.
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Catégorie > Studios d'enregistrementMots clés : Tous styles |
(http://www.s-recording.fr) - Malcolm BERTHOU - Compositeur pour le multimédia
Né en décembre 1990, je prends des cours de batterie à l'âge de 4ans, jusqu'à mes 10 ans, où, je m'étends aux percussions (xylophone, vibraphone, timbales, etc...). En parallèle, je me met (en tant d'autodidacte) au "piano" et à la guitare, puis un peu après, à la basse. Ensuite, vers mes 12 ans je commence à prendre gout à la composition de petits thèmes grâce (en partie) au solfège. Vers mes 13-14 ans on me demande d'écrire mon premier morceau concret pour orchestre... Après ça je ne peux plus me passer de composer ! Si vous avez la moindre question n'hésitez pas à me contacter par mail ! Musicalement, Malcolm Berthou http://malcolm.berthou.free.fr
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Catégorie > Compositeur > Musique de film et cinémaMots clés : Composition pour le court métrage 'Morte est la Justice' | Composition pour l'orchestre Castellbisbal | Bande Originale du jeu Projet Bloub |
(http://malcolm.berthou.free.fr) - Conception et production d'identité sonore - musique de film institutionnel
Identité sonore, Sound Design (pub, tv, film d'entreprise, flash, générique, jeux, jingle). Alexandre Mabeix : compositeur et producteur.
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Catégorie > Compositeur > Identité sonoreMots clés : Musique du jeu concours du site internet de la WARNER BROS (Europe) | Musique de la Bande Annonce des 'BFM AWARDS' pour la Radio BFM | Illustration musicale pour le site Internet | Premier prix du ' Digital Media Open '97' de Berlin | Diplômé du CMCN ( Centre Musical Créatif de Nancy ) en 1994 |
(http://www.mab-x-music.com) - Guillaume Riff - Compositeur
Compositeur de musique de film (court et longs métrage ), film d'animation, illustration... Propose ses services pour composition bande originale et œuvres diverses. N'hésitez pas à visiter les liens pour écouter des extraits de musiques et me contacter pour tout renseignement.
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Catégorie > Compositeur > Musique de film et cinéma
(http://www.guillaume-riff.com) - Seroan auteur compositeur interprète
Je m’appelle Seroan, je suis auteur-compositeur-interprète. Avant de devenir interprète de mes propres chansons, j’ai toujours voulu écrire et composer pour les autres. J’ai donc aujourd’hui mon propre répertoire mais également une bonne centaine d’œuvres dans mes tiroirs. J’ai constitué un groupe pop rock avec lequel j’ai tourné quelques temps et je suis à présent parolier pour une équipe de compositeurs- arrangeurs- producteurs dont on devrait entendre parler rapidement. Mes chansons dénoncent avec dérision notre condition humaine en mettant le doigt sur des petits détails de la vie. Mon message : « voir les choses sous un autre angle pour que l’aventure soit encore possible ». Du pop rock mélodique au service de l’humain…
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Catégorie > Chanteur > AuteurMots clés : Auteur pour l'album d'amel wahby et olivia (voir site) | Leader du groupe frères de son |
(http://www.myspace.com/seroan71) - La Troika : les compositeurs de musique de film
Vous êtes réalisateur ou producteur et vous cherchez une musique pour votre film ou projet multimédia. Alors ce site est pour vous! Nous sommes trois compositeurs et arrangeurs de musique pour l'image. Nous nous sommes réunis pour vous proposer une large variété de styles différents : musiques de films, téléfilms, pub, documentaires, CD-ROM, sites internet et jeux vidéo. Ecoutez les extraits mp3 de nos compositions !
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Catégorie > CompositeurMots clés : Film documentaire Retrouver Byzance | L'âge d'or de l'islam - Lorsque le monde parlait arabe | La nature des grands chefs (série documentaire) | SCOUB2 | Les orphelins de la taïga | Bande originale | Musique pour film documentaire | Musique de pub | Générique de série TV | Musique pour court-métrage
(http://www.latroika.com) - FilmTunes - Bernhard Elsner compositeur de musique de film
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