Graveur musical : un métier passionnant qui demande de la précision et beaucoup de patience.
Par Tanguy, lundi 17 mars 2008 à 00:30 - Les professions liées à la musique de film - Tags
Quand j'ouvre un livre d'une symphonie de Mahler, je songe fréquemment au travail qui a été fait en amont par les spécialistes de la gravure musicale : un véritable travail d'orfèvre. Pour avoir tenté plusieurs fois d'éditer moi même mes partitions, je me rends compte combien c'est difficile d'obtenir un résultat carré et soigné.
Je place ici une interview que j'ai réalisée auprès de Jean-Paul Gilles, éditeur et professionnel de la gravure musicale.
Une sujet qui ne traite pas seulement du cinéma, mais du monde de la musique en général :
- Y a-t-il une différence entre l’appellation « graveur musical » et « copiste » ?
La différence, pour moi il en existe bien une, tend à se diluer avec l'adoption des logiciels de notation musicale de plus en plus performants et faciles à mettre en œuvre. Le copiste est celui qui travaille dans l'urgence pour fournir aux musiciens un matériel lisible en un temps record (modification en séances d'enregistrement par ex.). Mozart, lorsqu'il composait avait toujours une armée de copistes qui écrivaient le matériel pour l'orchestre au fil de la composition du maitre. Maintenant le copiste peut travailler avec un logiciel, mais pour moi il y a toujours la notion de rapidité.
Le graveur quand à lui intervient pour la mise en forme finale avant édition de la musique, avec une notion de lisibilité avant tout, mais aussi d'harmonie graphique et d'application des règles strictes de la notation musicale pour ne pas perturber les automatismes de lecture des interprètes. Avec le graveur, je vois la notion de perfection, de temps et de pérennité.
Il existe une belle vidéo sur le travail de gravure traditionnelle sur Youtube.
http://fr.youtube.com/watch?v=Q65Jzfr7YpE
- Quel est le support le plus fréquent que le client vous confie pour la mise en partitions ? (manuscrit, fichier midi, fichier Finale (ou autre éditeur)
Généralement c'est un manuscrit, mais il m'est arrivé de travailler (relevé) à partir de vidéos ou de CD audio et depuis quelques temps de fichiers Finale ou Sibelius. Les éditeurs proposent aux compositeurs des cours ou des stages sur les logiciels de notation musicales afin d'éviter le recours à un "copiste-graveur" ou tout au moins limiter le rôle de ce dernier. Procédé très mal accepté par beaucoup de compositeurs.
- Actuellement, quels sont les éditeurs de partitions les plus utilisés par les professionnels de la gravure ?
Il y a une quinzaine d'années c'était Score le plus utilisé. Il fonctionnait sous MS Dos, était très efficace au prix d'un apprentissage conséquent. Il gérait le midi et produisait des fichiers Poscript. Aujourd'hui, ce sont Finale, Sibelius, Berlioz qui a une liberté de notation très importante et dont le mode de travail se rapproche du travail de gravure traditionnel. Certains graveurs mélangent les outils comme James Ingram, le graveur de toutes les oeuvres de Stockhausen. Il travaillait avec Finale pour entrer les notes, exportait le tout en EPS pour retravailler avec ses propres outils (lignes et courbes) dans Freehand. Tout est possible. Quelquefois, je me sers d' Illustrator pour certaines notations contemporaines.
Finale pour la musique de film
Et pour Sibelius
- Concernant la musique de film de l’âge d’or (Alfred Newman, Bernard Hermann, Miklos Rozsa etc…) alors que l’informatique n’existait pas, prenait-on le temps de « graver » la musique ou bien les musiciens devaient-ils déchiffrer des partitions manuscrites ? (pour des raisons de délais).
Je pense que l'on travaillait exclusivement sur des partitions manuscrites. Les copistes expérimentés avaient une dextérité et une clarté d'écriture extraordinaire. Les partitions manuscrites de vrais copistes sont souvent plus belles et plus lisibles que celles qui sortent de nos ordinateurs... à méditer.
- A la fin, combien d’exemplaires livrez vous à vote client ? Un seul exemplaire, une copie etc…
Pour les orchestres :
En général et sauf demande particulière, je livre les scores d'orchestres imprimés en 2 exemplaires (A3) et le matériel (parties séparées) (A4) en autant d'exemplaires qu'il y a de pupitres à l'orchestre. Je fournis souvent pour le régisseur, un exemplaire du conducteur et un exemplaire de chaque partie au format pdf sur CD pour les archives.
Pour les éditeurs :
Je livre des fichiers PS, EPS ou même PDF (de plus en plus) selon les spécifications de l'imprimeur.
- Quelles sont les études à suivre pour exercer votre métier ? Devez-vous obligatoirement obtenir un diplôme ? (conservatoire ou autre).
A ma connaissance, pas d'études particulières. Il existe des classes de maniement à Finale ou Sibelius dans quelques grands conservatoires. Aux Etats Unis, dans les grandes écoles de musique style Berkeley ou Juliard, il existait des cours d'écriture manuscrite, (la notation issue de ces cours est bien reconnaissable) je ne sais pas si cela est encore pratiqué. (C'est de ces règles d'écriture que viennent les polices comme Jazz, Swing, Lee , Ash, Russ music qui portent le nom de grands copistes américains et ont toutes les mêmes caractéristiques). Il faut bien sûr maitriser la lecture, la transposition et les règles typographiques de l'écriture musicale. Il existe quelques ouvrages qui traitent du sujet notamment : The art of music engraving et processing de Ted Ross aux éditions Hansen House et Music Engraving Today de Steven Powell éditions Brichtmark Music. Il faut aussi faire une étude graphique poussée des partitions des grands éditeurs.
- Quelles sont les principales qualités pour exercer ce métier ?
Je dirais d'abord la patience (en dehors bien sûr, de la maitrise du sujet), ensuite la ténacité et la faculté à ne pas se laisser décourager par la somme de travail que représente la gravure d'un opéra pour orchestre symphonique de 150 ou 200 pages manuscrit. Par exemple, lorsque je reçois le manuscrit d'un compositeur avec lequel je travaille pour la première fois, j'imagine toujours que je vais passer beaucoup de temps à déchiffrer son écriture et, au bout de quelques pages, j'ai intégré sa graphie et tout roule. Il faut aussi se mettre à la place du musicien qui va lire la partition pour penser les tournes en fonction de son instrument.
- La concurrence sur la marché est-elle rude ?
J'imagine que oui dans les grosses maisons d'édition et avec l'avènement des "usines à copier la musique" du Maroc, de Chypre et maintenant d'Asie. Je me situe un peu en dehors du débat car je grave moi même ce que j'édite et que j'ai un petit réseau de compositeurs et d'orchestres qui me font confiance.
- Pensez vous que le graveur musical soit à la fois un artisan et un artiste ? (part de créativité…)
Pour moi le graveur est avant tout un artisan car il met en pratique ses connaissances des règles typographiques et musicales maitrisées au fil du temps de son apprentissage. Ce qui n'exclut pas la créativité (tout au moins dans la musique contemporaine) car il faut trouver ou dessiner des signes représentant au mieux les idées du compositeur en repoussant ou en détournant les capacités des logiciels. C'est bien évidemment la part du travail que je préfère !
Merci à toi, Jean-Paul pour ta gentillesse et ta disponibilité ;-)
Comment sont fabriquées les partitions pour orchestres symphoniques ?, En savoir plus sur la gravure musicale, Le copiste ou graveur musical travaille à partir d'un manuscrit ou de fichiers finale ou Sibelius, Le métier de copiste dans la musique de film, Lire une interview sur le métier de la gravure musicale, Quelle est la différence entre copiste et graveur musical ?, Quels sont les éditeurs de partitions professionnels les plus utilisés actuellement ?, Sous quel support le compositeur l'arrangeur ou l'orchestrateur confie-t-il sa musique au copiste ?
Pourquoi ne par lire aussi :
Comment définir une bonne orchestration ?
Par Tanguy - Tags
On connait tous la différence entre un bon et un mauvais chasseur...
Mais qu'en est-il de l'orchestration ?
J'ai trouvé un article très intéressant sur le sujet, de Alan Belkin, à propos de l'orchestration en général.
Je recopie ici un extrait de cet article qui énumère les points forts d'une bonne orchestration et les erreurs à na pas faire :
Une orchestration déficiente :
Alan Belkin rappelle d'abord qu'une orchestration jouable peut difficilement être franchement mauvaise.
On parlera plutôt d'un orchestration déficiente en essayant d’identifier les erreurs qui en sont, le plus souvent, la cause :
- Faiblesse des effets, résultant d’un recours insuffisant aux ressources disponibles pour produire le caractère désiré (par exemple, un effet percussif reposant sur quelques bois et aucune percussion), ou résultant de gestes contradictoires (par exemple, l’ajout d’instruments pendant un diminuendo).
- Fatigue auditive résultant de l’usage exagéré des registres extrêmes ou de couleurs très caractérisées, ou résultant d’un manque de fondu dans les blocs harmoniques.
- Texture « grise » souvent causée par un abus de doublures à l’unisson.
- Lourdeur généralisée (plutôt que localisée, à titre d’effet), engendrée par un abus de doublures ou par une surcharge du registre grave.
- Sonorité généralement trop sèche, par absence d’arrière-plans résonant. (Une sonorité sèche peut convenir, à titre d’effet, mais rarement comme norme).
- Confusion entre divers éléments musicaux, due à une faible différentiation des plans sonores.
- Confusion formelle, causée par des changements de timbre à des moments arbitraires, ou par des changements n’offrant pas le degré de contraste requis.
- Imprécision du caractère.
Une orchestration de qualité :
Une bonne orchestration doit :
- Renforcer la forme : Les changements orchestraux doivent se faire aux endroits appropriés et présenter un degré de contraste approprié.
- Offrir des couleurs suffisamment fraîches et variées pour soutenir l’intérêt.
- Renforcer le phrasé.
- Clarifier les différents éléments musicaux. Chaque élément doit être audible.
- Assurer une contribution personnalisée de chaque élément, permettant ce que Richard Strauss (en référant à la polyphonie de Wagner dans la préface de sa version révisée du traité de Berlioz) appelle « l’implication spirituelle des exécutants ».
- Prévoir des parties aussi faciles à jouer que possible, en privilégiant toujours la façon la plus simple d’obtenir l’effet désiré.
- Créer une sonorité riche (habituellement, en multipliant les plans sonores).
- Présenter un caractère précis.
- Utiliser efficacement la masse orchestrale.
Source : http://www.musique.umontreal.ca:16080/personnel/Belkin/bk.o.fr/index.html
Exemple d'accord de septième diminuée dans la musique de film (ainsi que l'accord de septième mineure avec quinte diminuée)
Par Tanguy - Tags
Je voudrais juste parler de 2 accords peu ordinaires que j'entends parfois dans la musique de film. Le premier accord est celui de septième diminuée composé de 4 tierces mineures mises bout à bout, qui est semble-t-il pas mal utilisé par Mozart dans ses messes ou opéras. Ecoutez ma petite impro (bien niaise) ci-dessous pour découvrir cet accord dans un contexte musical. J'ai placé un son de triangle sous l'accord en question pour servir de repère.
Accord de septième diminuée :
Dans cet exemple, c'est un Si7dim

Note : dans mes exemples, j'utilise un "si" comme note de départ, mais cet accord se fabrique à partir de n'importe quelle note de départ sur les 12 de la gamme. Ce qui est important, c'est de pouvoir reconnaître cet accord à l'oreille.Dans cet exemple, c'est un Si7dim

Le deuxième, c'est l'accord de septième mineure avec quinte diminuée, souvent utilisé par Danny Elfman :
Septième mineure, avec quinte diminuée :
Dans cet exemple, c'est un Si7m(5dim)

Dans cet exemple, c'est un Si7m(5dim)

Il y a un passage tout en escalier assez marquant dans la bande originale de Pirate des Caraïbes qui introduit, entre autres, ces deux accords :
Dans cette suite :
La Si7m(5dim) La7 Rém La7 Rém Ré7 Solm Si7dim La
Concernant l'impression de mélodie en escalier, il suffit de créer une phrase en piochant les notes qui appartiennent aux accords, en prenant soin d'utiliser des notes qui se suivent (sans faire trop de sauts d'intervalles). Par exemple, on peut faire partir un groupe d'instruments du bas vers le haut, et un autre du haut vers le bas, d'où une impression de mouvements croisés en montée et en descente. Je ne sais pas trop si je suis clair dans mes explications, mais un exemple vaut mieux qu'un long discours :La Si7m(5dim) La7 Rém La7 Rém Ré7 Solm Si7dim La
Voir un exemple d'accord de septième diminuée, Visualiser et écouter un accord de septième majeure avec quinte diminuée, Cet accord avec quinte diminuée est souvent utilisé par Danny Elfman, L'accord de septième diminué est constitué de quatre notes d'intervalle de tierce, l'accord de septième diminuée est souvent utilisée par Mozart dans ses opéras et ses messes, Mozart utilise l'accord de septième diminuée dans le Requiem, Analyse de la montée orchestrale significative dans la musique de Pirates des Caraïbes, Voir et écouter la suite d'accords utilisée dans une séquence orchestrale de la BO de Pirates des Caraïbes, Voici quelques exemples peu ordinaires d'accords de quatre notes, Un accord de septième diminuée partant du do donne do mi bémol sol bémol la
La musique de film : une passion... un travail.
Par Tanguy - Tags
Voilà, Ces derniers temps, j'ai beaucoup discuté avec d'autres compositeurs qui souhaitent faire carrière dans la musique pour l'image. Les influences de chacun sont diverses, de Hans Zimmer à Maurice Ravel en passant par Philippe Glass, mais les questions abordées, elles, sont toujours récurentes :
Quel matériel utiliser ? quelle méthode pour écrire ? comment étudier l'orchestration ? comment se faire connaître ? quel salaire demander ? quel est le statut du compositeur ? etc..
Comme, au vu des projets musicaux qui se préparent à l'horizon, l'année 2008 sera probablement placée sous le signe du travail, j'ai décidé de créer mon propre blog autour du thème de la composition de musique de film, pour partager avec vous mes expériences (bonnes ou mauvaises), mes goûts et mes envies.
Tanguy
Faire de la musique pour le cinéma, Blog sur la composition de musique de film, Ecrire de la musique pour l'image, Composer de la musique de film, Devenir compositeur de musique de film, Quel matériel acquérir pour composer et produire de la musique de film ?, Quel est le statut du compositeur ?, Etudier l'orchestration, Quel est le salaire pour un compositeur de musique de film ?
L'agent artistique, un métier lié à la musique de film
Par Tanguy - Tags
Dans le milieu du cinéma, il existe une kyrielle d'agences artistiques représentant les acteurs, mais très peu pour les compositeurs.
Quel est le rôle de l'agent artistique ?
Il assure principalement :
- Le positionnement du compositeur sur un film (recherche de contrats, promotion)
- La négociation des budgets alloués pour la musique (prime de commande, budget pour orchestre et le studio)
- La rédaction et/ou lecture des contrats de commande et d'édition
- Le suivi des actions comptables et financières relatives à la musique
- Le suivi des diffusions (cinéma, TV) et des reproductions mécaniques (CD, DVD)
Ses qualités essentielles :
- Le relationnel
- La psychologie
- La facilité à créer et étendre un réseau professionnel
- La connaisance du milieu du cinéma
- La culture musicale
- L'écoute des autres
Philippe Bourorga, de l'agence API CORP (qui me représente) assure également :
- L'édition des œuvres
- La supervision musicale (mise en relation avec l'orchestrateur, le copiste, les musiciens etc. Suivi du bon déroulement de chaque étape de fabrication, de la composition à l'enregistrement)
- La production exécutive entière ou partielle (par ex, prend en charge les frais de l'ingé son)
- La production déléguée
Pour plus de renseignements, contactez mon agent ! :-)))
Définition du rôle de l'agent artistique, L'agent artistique dans la musique de film, Que fait un agent artistique ?, Agence qui représente des compositeurs de musique de film, Avoir un agent pour trouver des contrats, Agence artistique musicale pour le cinéma, Recherche de contrats pour un compositeur de musique de film, C'est une agence de compositeurs de musique de film, Api Corp représente et positionne des compositeurs de musique de film
Le réalisateur : interlocuteur privilégié dans la création d'une musique de film.
Par Tanguy - Tags
Le réalisateur (le réal ou le réa dans notre jargon), c'est la personne qui, avec le superviseur musical, est la mieux placée pour décrire ses attentes vis à vis de la musique à composer pour le film.
Une phrase que j'ai souvent entendue : "ce film, c'est son bébé".
Certes, ce n'est pas le bébé brailleur qui rempli allègrement ses 8 couches par jour, mais plutôt le bébé tendresse qui fait notre fierté, que l'on souhaite protéger et voir grandir.
Pour un réalisateur, un film est toujours une grande aventure, une œuvre originale dans laquelle il s'est humainement impliqué. Sa grande ferveur artistique est souvent malmenée par les réalités techniques comme les moyens budgétaires, les délais impartis, la météo, ou encore certains problèmes de communication avec la boite de production. Mais cela ne l'empêche pas de créer... Finalement cette vision ressemble beaucoup à celle des compositeurs : pas mal de points communs nous rapprochent.
En ce qui me concerne, la plupart de mes collaborations avec les réalisateurs se sont bien passées. Bien sûr, il y a (et il y aura) toujours des mauvais caractères ou des orgueilleux (que ce soit du côté des réalisateurs ou des compositeurs), mais dans l'ensemble, ce sont des gens sympathiques qui ont l'habitude de travailler avec d'autres personnes et qui sont parfaitement conscientes des valeurs relationnelles et psychologiques.
En début de projet, j'essaie d'adopter une attitude sereine et de me dire que je ne travaille pas pour le réalisateur, mais "avec" le réalisateur. Cela commence souvent par une rencontre physique au cours de laquelle on parle du film, du rôle de la musique, de certaines références musicales à prendre en compte, des goûts musicaux de chacun... A ce stade, il est rarement question de rémunération ou de devis d'orchestre et d'enregistrement qui me paraissent pourtant incontournables si l'on veut obtenir de la qualité. Mais le "comment" n'est pas la première préoccupation du réalisateur qui privilégie avant tout l'aspect artistique.
C'est délicat pour nous d'essayer de répondre à ses aspirations si l'on sait pertinemment qu'il n'y aura pas les moyens financiers pour réaliser une belle musique. Il le sait bien pourtant, puisque lui même est confronté aux mêmes problèmes pour mener à bien son projet. Mais ce film, c'est son bébé.... pour les sous, voyez avec la production...
On entre alors dans une relation triangulaire : réalisateur-compositeur-producteur qui peut très bien se passer (ou pas).
Au fur et à mesure que le projet avance, une relation de confiance s'instaure avec le réalisateur. Transcrire musicalement ce qui est dit verbalement est parfois difficile. Il m'est arrivé de devoir décoder le vocabulaire "subjectif" du réalisateur, comme "j'aimerais quelques chose de plus granuleux et moins gris à cet endroit" ou encore "ça manque de couille" (véridique). Ce n'est pas tellement le sens des mots qui est difficile à traduire musicalement, mais le degré d'application. Par exemple, pour rendre un morceau plus couillu (pour rester dans le dernier exemple), il existe 36 manières de procéder. Souhaite-t-il une musique un peu plus ou beaucoup plus orchestrée ? Est-ce que je lui propose quelque chose de plus viril, ou alors de plus rapide, de plus consistant, de plus cuivré, de plus agressif, de plus dynamique, de plus mémorable sur le plan thématique, de plus osé sur le plan harmonique etc... et surtout jusqu'à quelle intensité ? La discussion est donc primordiale pour être bien sûr de ne pas se lancer dans une mauvaise direction. Car la moindre orchestration approfondie, le moindre changement de thème peut demander des heures de travail.
J'aime bien travailler avec un réalisateur qui a quelques notions d'orchestration. Il est plus facile pour moi de répondre à ses attentes lorsqu'il me demande d'enlever la partie de trombones qui le gêne, ou de mettre en valeur les cordes à tel endroit. Le pire, c'est lorsque le réalisateur ne sait pas vraiment ce qu'il veut. Ordinairement, cela se traduit par la phrase standard "surprenez moi" qui veut tout dire et rien dire à la fois... beaucoup d'heures de travail à tâtonner, le temps de tomber sur le thème, l'harmonie, l'orchestration qui sera susceptible de plaire... au petit bonheur la chance. Certains compositeurs y arrivent très bien. C'est peut-être ça le talent. Mais moi, je sais que j'ai besoin d'être guidé. C'est à partir de l'idée directrice que je vais pouvoir me lancer, personnaliser, orchestrer à ma manière et surprendre parfois. Voilà, c'est ça : je crois qu'il est difficile de surprendre quelqu'un qui s'attend à être surpris. Au contraire, lorsqu'un réalisateur souhaite quelque chose de précis, c'est l'occasion rêvée d'apporter une petite touche personnelle, un élément de surprise...
La relation réalisateur compositeur dans cadre d'un projet cinématographique, Le réalisateur est un partenaire privilégié du compositeur de musique de film, La réussite d'une musique de film repose avant tout sur la discussion avec le réalisateur, Ce film c'est son bébé, Il est parfois difficile de traduire musicalement les mots du réalisateurs, La relation triangulaire producteur réalisateur compositeur, Faire comprendre qu'il faut un budget orchestre adapté pour réaliser une musique de film de qualité, La rencontre physique compositeur réalisateur est primordiale, Le relationnel et la psychologie sont des facteurs importants chez les réalisateurs et les compositeurs, Notre métier de compositeur de musique de film est de surprendre, Instaurer une relation de confiance avec le réalisateur
Les Sites de l'Annuaire
- Une chanteuse de jazz : Severine Caupain
Séverine Caupain, chanteuse de jazz, reprend différents standards de Jazz ainsi que des morceaux du patrimoine musical français. Encadrée très jeune par Christiane Legrand, cette chanteuse a évolué dans un univers musical Jazzy et joue aujourd'hui au coté de talentueux musiciens.
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Catégorie > Chanteuse > JazzMots clés : Nombreuses prestations Live | Prestation scènique au Festival de jazz de Chancelade | Concerts pour soirées (cabarets, restaurants, bars) | Animation jazz pour galas, mariages, vins d'honneur, coktails apéritifs | Apprentissage et perfectionnement du chant avec le professeur Christiane Legrand (Double Six) | Etudes musicales à l'Académie du Petit Art d'Amsterdam |
(http://www.caupain.fr) - Pierre-Yves Plat, instrumentiste classique contemporain
Pierre-Yves Plat a commencé le piano classique a l’âge de cinq ans avec Marie-Claude Legrand. Sa personnalité et son sens inné du rythme le portent spontanément vers le ragtime, le boogie et le stride puis vers l’improvisation, qu’il découvre auprès d’artistes comme Edouard Ferlet (Prix du meilleur pianiste de Jazz à Berkeley en 1992) ou Fabrice Eulry, « le Chopin du boogie ». C’est a l’instigation de ce dernier qu’il enregistre un premier disque de ragtime en 1996 et commence a se produire sur scène. Il a joué depuis dans de nombreuses salles a Paris et en province et participé régulièrement a des festivals de blues, de ragtime et de boogie-woogie (Petit Journal Saint-Michel et Montparnasse, Lattitude Jazz Club, etc.), ainsi qu’a l’animation musicale de l’hôtel palace George V. Encouragé par le grand succès de ses libres ré-interprétations de Bach et Chopin, Pierre-Yves Plat poursuit un cycle de compositions a partir d’œuvres de Haendel, Mozart, Beethoven, Listz, etc. Ses variations, réunies dans l’album 'Pourquoi Pas', s’appuient sur une étonnante virtuosité et répondent a son tempérament profond qui allie, non sans malice, le goût de structures classiques et le plaisir d’échappées rythmiques vers d’autres styles musicaux. Pierre-Yves Plat poursuit une carrière en solo en proposant notamment un spectacle musical ('Vous avez dit Classique ?'). De Chopin à Ray Charles, l’artiste s’amuse beaucoup sur scène ; tantôt il jette un œil goguenard à son public, tantôt il se crispe sur un accord, sur une note et conserve sa position pendant quelques secondes, comme en recherche d’équilibre. Entre deux accords, il réajuste son tabouret, s’essuie le front, bref, donne une grande liberté à son jeu qui, du coup, semble facile... Le jeune virtuose réussit même le tour de force de faire chanter l’assistance, de manière complètement inattendue. Pierre-Yves Plat réussit une traversée musicale entre humour et fantaisie, classique et jazz : un véritable show !
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Catégorie > Instrumentiste > PianisteMots clés : Enregistrement de l'album-CD 'Récréations' (Piano solo) | Enregistrement de l'album-CD 'Pourquoi Pas' (Piano solo) | Nombreux concerts de piano solo |
(http://www.pierreyvesplat.com/) - Compositeur de Musique de Film Alexandre Mabeix
Né en pleine Foret Noire en Allemagne, Alexandre a préféré devenir compositeur que bûcheron! Elève à l'école de musique de Freiburg en Allemagne, puis diplomé de la Music Academy International de Nancy (ex- Centre Musical Créatif de Nancy) en 1994, Il remporte en 1997 le 1er Prix du "Digital Media Open '97" de Berlin dans la catégorie composition musicale. Aujourd'hui, Alexandre est installé à Paris où il compose pour la télévision (France Télévisions, Arte et Escales), la radio (RFI) et le multimédia (MVeurope, Silicon Dynamix). Sa composition "Flying over Dreams" est éditée chez les Editions Robert Martin et interprétée par diverses formations d'orchestre d'harmonie. Egalement compositeur de la "Symphonie pour Royan" pour le feu d'artifice du 15 aout 2003 à Royan, Alexandre aime s'investir dans les projets qui font appel à l'illustration musicale, tout style musical confondu.
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Catégorie > CompositeurMots clés : BO Fiction chez les Insectes (Making Of du long métrage La Citadelle Assiégée) | BO Les Orphelins de la Taïga 52 | BO Le Courage de Vivre 85' | BO Le Singe qui a Traversé la Mer 52' | La Nature des grands chefsBO La Nature des Grands Chefs 10 x 26' | Diplomé de la Music Academy International de Nancy en 1994 |
(http://www.alexandre-mabeix.com) - Thierry DORMIO compositeur
Né à Lyon en 1963, il commence la musique avec le piano à 11 ans. Il entame rapidement une carrière de musicien, pianiste accompagnateur dans différentes formations de variété et de jazz. Passionné par l'univers de l'informatique et de la composition c'est tout naturellement qu'il en vient à la MAO (musique assistée par ordinateur). Egalement arrangeur agréé SACEM, il participe en tant que compositeur ou arrangeur à de nombreux enregistrements de chansons pour divers artistes. Ses projets aujourd'hui se basent essentiellement autour de la musique d'illustration (documentaires, films, jeux vidéos, publicité ) et ce, à travers une palette de styles variés allant de l'orchestration classique aux musiques électro , pop-rock, jazz ou ethniques. Aujourd'hui, Thierry partage son temps entre son métier de pianiste, l'enseignement et le travail de composition.
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Catégorie > Compositeur > Musique de pubMots clés : Composition de musiques pour divers films documentaires | Musique du film 'Vivre à Bellechambe' | Composition de la Bande originale du film 'Le bleu 'du voyage | Musique originale de 'Alcyon' | Arrangeur agréé SACEM |
(http://www.thierrydormio.com) - ACOUZIK STUDIO : enregistrement, mixage et mastering
Studio d'enregistrement et de mixage. Prise de son acoustique et enregistrement multipiste numérique. Mastering et gravure CD. Réalisez votre projet musical, disque, album, maquette ou démo. Paris - Ile de France.
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Catégorie > Studios d'enregistrementMots clés : Enregistrement son et mixage de divers albums-CD | Enregistrement et production musicale pour divers artistes | Enregistrement et réalisation de disques | Réalisation de CD pour castings | Ingénieur du son professionnel à votre service |
(http://www.acouzik.com/accueil.html) - Hotsrock's house
Hotsrocks'house est un studio de production musicale spécialisé dans le beatmaking. A l'origine du projet Hotsrock's house, Robert E. Beatmaker, jeune Africain de 20 ans, passionné par la rythmique et le travail des samples (Hip-hop, rap, RnB, mais aussi la musique pop-rock) souhaite partager son savoir-faire avec d'autres artistes qui évoluent dans cet univers musical (chanteurs, mixeurs, DJ, beatmakers etc...)
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Catégorie > Studios d'enregistrement > Beatmaker
(http://hotsrock.googlepages.com/) - Hého : design et identité sonore
Agence de design sonore spécialiste du conseil et de la création en identité sonore de marque et design sonore des espaces. Nous nous appuyons sur un savoir faire artistique, musical et technologique afin de répondre au mieux aux attentes de nos clients (objectifs fonctionnels et de communication). Nous travaillons pour des entreprises, des marques, des organisations, des enseignes etc...
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(http://www.hehodesign.eu) - SWEET PAIN
Site du groupe SWEET PAIN. Style musical Alternatif Electro Pop Folk Rock. Basé à Lyon et Paris, SWEET PAIN prépare actuellement une tournée de concerts. Attaché à une très forte éthique, le groupe propose également ses albums à prix très bas. Découvrez le son particulier de SWEET PAIN, groupe qui s'inspire de toutes les musiques.
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Catégorie > Groupes de musique > Musique alternativeMots clés : Album-CD 17 titres 'DIRTY WEB' | Album-CD 20 titres 'ACOUSTIK & RARES' | Nouvel album-CD en préparation 'JEUX DE MOI' |
(http://www.sweetpain.fr) - André Fisichella, compositeur de musique
En 1987, il crée son propre studio d'enregistrement : Studio Arion, qui lui permet de produire et réaliser un grand nombre de musiques pour films télévisés et documentaires : Lyon police spéciale, Passing through (Usa), Kopzorgen met Joachim, Lac de Bambois, Bloerdamoede, Stent … Puis, participation à de nombreux concepts albums "d'illustration musicale" destinés aux professionnels de l'image, avec une écriture passant du classique au jazz, en flirtant avec la musique ethnique. Réalisation également, de nombreux habillages pour des émissions de télévision : Chic (Arte) Home shopping Europe, Autovision (RTBF), Plein les yeux (TF1), Millésime (RTBF), C'est pas sorcier (France3) … et bonus DVD : Flash Gordon. Alterne entre la variété (Arrivero pour Mario Barravecchia, chez UNIVERSAL), la musique de film (Passing through), les livres audio ( In vitro et On-line chez Calixte) sans oublier ses racines (Otis de magma sur la compilation HUR avec Jean-Marc Jafet et sa femme Sylvie : Jafis.
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Catégorie > Compositeur > Musique de film et cinémaMots clés : Bande originale du court métrage 'Passing through' (Usa) | Bande originale du court métrage 'Tant d'années de bohneur' | Illustration musicale de la série-TV 'Lyon police spéciale' | Illustration musicale du DVD 'Flash Gordon' (bonus) | Catalogue d'illustration musicale édité chez Universal et Caracol Music (Koka Média) | Prix du festival de Cannes internationnal amateur |
(http://www.studioarion.com) - Stéphane HALDIMANN, Réalisateur/Monteur, compositeur.
Né dans la Musique et la Peinture, entre le feu des guitares flamencas et des pinceaux surréalistes... j'ai grandi dans les émotions qui relient l'Image et le Son. Bien que formellement proscrit par tous... je suis allé vers l'Audiovisuel (D.E. à IIIS) et j'ai commencé à me cacher pour jouer de la guitare. Avec les premières paies vinrent le premier synthé et un Atari ST qui me permirent d'avoir un aperçu de la MAO à l'époque : trop limitée. Après plusieurs réalisations de documentaires... un long séjour sur une chaine câblée disparue (Bien à Vous Michaella et Ghislain !) et un dégoût progressif pour le monde de la Télé... je me suis marié et ainsi remis à la MAO puisque plus souvent à la Maison. Véritable autodidacte de la musique (c'est de famille !!!) je me laisse guider par des émotions, des sons, puis j'essaye de structurer tout ça de façon à offrir un peu de moi aux autres... rien de professionnel mais quelques petites surprises (un générique pour émission, une BO de court-métrage... un jingle) Depuis peu, je travaille sur la théorie musicale afin de rendre plus propre et plus précise ma musique... Bien à vous, Stéphane.
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Catégorie > Compositeur > Musique virtuelleMots clés : (co)Composition de la bande originale du film 'Les âmes envieuses' (Court-métrage de V. Danierst) | Générique pour émission | Jingle | Diplôme de Technicien Supérieur de l'Audiovisuel, section Réalisation |
(http://blog.myspace.com/privteer)
