Préparateur de partitions (score preparator), un métier lié à la musique de film.
Par Tanguy, mercredi 19 mars 2008 à 08:30 - Les professions liées à la musique de film - Tags
Le préparateur de partitions (score preparator), quand il existe, intervient avant l'orchestrateur. Il facilite grandement la tâche du compositeur en travaillant à partir d'une session (Cubase, Digital performer etc.) permettant à l'orchestrateur de disposer d'une partition "propre" pour travailler. Le préparateur de partitions collabore donc essentiellement avec des compositeurs qui utilisent l'informatique musicale.
Lorsqu'un compositeur soumet une belle maquette à un réalisateur, le séquenceur, lui, présente une partition MIDI d'une clarté plus ou moins douteuse :
- les notes ne sont pas forcément quantifiées
- Il y a des keyswitch qui trainent
- Les durées des notes ne respectent pas forcément la grille de division rythmique
- Une même section de cuivres (par exemple) peut-être utilisée sur une seule piste midi
- Le compositeur peut utiliser plusieurs pistes midi pour un seul phrasé etc...
On rencontre parfois bien des surprises.
Prenons le cas d'une séquence MIDI (avec violons 1 et violons 2 dans la même piste)

En exportant ces notes dans une éditeur de partition, cela donnera probablement ceci :

Débrouilles toi avec ça, coco....

En exportant ces notes dans une éditeur de partition, cela donnera probablement ceci :

Débrouilles toi avec ça, coco....
Le compositeur va donc confier sa session (Cubase, Logic etc...) avec la maquette audio en guise de repère, au préparateur de partitions. Ce dernier effectuera un nettoyage complet et carré de la séquence midi (quantifications, éclatement des parties, suppression des keyswitch etc...) et fera le transfert dans l'éditeur de partition. Selon les cas, il pourra apporter un premier travail de notation orchestrale comme la mise en place de certains signes, des nuances, des trilles et trémolos etc... un gain de temps considérable qui permettra au compositeur de se consacrer à sa musique.

Après le passage du préparateur de partitions, on y voit déjà plus clair...
Note : tout comme l'orchestrateur, le préparateur de partitions intervient sur le conducteur (pas les parties séparées dont la gestion est confiée au copiste).
Quels sont les métiers liés à la création de musique de film ?, Le score preparator ou préparateur de partitions est une profession liée à la musique de film, Quel est le rôle du score preparator ?, Trucs et astuces pour exporter sa séquence midi dans un éditeur de partitions, Les compositeurs de musique de film ont-ils des assistants ?, Comment gagner du temps quand on est compositeur de musique de film ?, Quelle est la différence entre un préparateur de partition un orchestrateur et un copiste ?, Le keyswitch dans la séquence midi, Quelles sont les différentes étapes de création d'une musique de film ?
Pourquoi ne pas lire aussi :
Tonalités des principaux instruments. Mémo pour les instruments transpositeurs les plus souvent utilisés.
Par Tanguy - Tags
Voici les tonalités des instruments les plus communs :
Orchestre symphonique (Do = Ut):
- Piccolo : Do
- Flûte traversière : Do
- Hautbois : Do
- Cor anglais : Fa
- Clarinette : La (parfois Sib)
- Basson : Do
- Cor français : Fa
- Trompette : Do ou Sib
- Trombone : se joue en Do (bien qu'ayant un sib en note fondamentale)
- Tuba basse à 4 pistons : Do
- Cordes : Do
- Piccolo : Do
- Flûte traversière : Do
- Clarinette : Sib
- Saxo Soprano : Sib
- Saxo Alto : Mib
- Saxo Ténor : Sib
- Saxo Baryton : Mib
- Cor d'harmonie : Fa
- Trompette : Sib
- Trombone : se joue en Do (bien qu'ayant un sib en note fondamentale)
- Tuba : Sib (appelé basse Sib)
Il existe, bien sûr, d'autres instruments transpositeurs (comme la petite clarinette en Lab, la trompette en Ré..) mais ils sont moins souvent utilisés. Je préfère focaliser ce billet sur les instruments les plus communs.
Ci dessous, un petit tableau que je m'étais fabriqué il y a quelques années. Il permet de savoir, pour une tonalité donnée (tonalité de la musique telle qu'on l'entend), dans quelle tonalité seront écrites les partitions des instruments transpositeurs tels que la clarinette, le cor français, le saxo alto etc...
Ma partition ? dans quelle tonalité ?

Par exemple, pour une musique écrite en Fa, la partition d'un instrument transpositeur en Mib (comme le saxo alto) devra être écrite en Ré.
Autre exemple, vous composez un passage musical en Ré, alors les clarinettes Sib joueront en Mi (avec 4 dièses à la clef).
Ce tableau peut être utile aux jeunes compositeurs qui feront interpréter leur musique par un orchestre d'étudiants ou par l'harmonie du village. Un rapide coup d'œil permet de voir qu'il y a des tonalités plus confortables à déchiffrer, et ce pour tous les instruments.
Par exemple, si je compose une musique en sib pour une harmonie, les instruments non transpositeurs auront une partition en sib (2 bémols seulement à la clef). Les clarinettes sib auront une partition en Do (pas de bémols ni de dièses à la clef). Les saxophones alto auront une partition en Sol (2 dièses seulement à la clef), les cors auront une partition en Fa (un seul bémol à la clef).
L'orchestrateur, un métier lié à la musique de film
Par Tanguy - Tags
En parcourant le net, je constate que beaucoup de gens sont capables de dire pourquoi, dans le milieu du cinéma, des compositeurs font appel à un orchestrateur (voir plusieurs).
- Par manque de temps
- Par manque de connaissance de l’orchestre (notamment pour les générations qui grandissent avec l'informatique musicale).
Apparemment, le travail que doit fournir un orchestrateur varie du simple au double selon les situations. Je peux donc vous citer quelques exemples concrets, mais rien de général :
Il y a des cas où :
- L'orchestrateur répartit entre les instruments, les notes de la mélodie et des accords à partir d’une partition condensée (quelques portées) fournie par le compositeur. Cette partition réduite qui regroupe par exemple tous les bois sur une même portée (sans que l’on sache encore ce que va jouer la clarinette et ce que va jouer le hautbois) est généralement griffonnée d‘annotations et indications artistiques et techniques. Sur cette partition, la rythmique, la mélodie et l’accompagnement harmonique sont déjà en place car l’orchestrateur n’a pas à créer ou modifier l’enchaînement de notes ou des accords. Il lui incombe d’éclater cette partition condensée en une partition pour orchestre au grand complet (full score) selon les désirs du compositeurs. La marge de liberté dont dispose l'orchestrateur dépend donc du compositeur. Certains compositeurs supervisent le travail au maximum en indiquant des directions artistiques très précises à l'orchestrateur. Dans ce cas, ce dernier finalise en travaillant sur l'aspect récurrent et mécanique : doublures à recopier, nuances à dupliquer sur chaque portée, notation approfondie (coups d'archets, legato, accents etc...). Dans une interview, Cyrille Aufort précise qu'à la place d’une partition condensée, le compositeur peut également fournir un fichier midi (et une maquette audio comme repère).
- L'orchestrateur vérifie que la partition est exécutable par les interprètes, quelle ne pose pas de problèmes du point de vue du doigté et du souffle, que les tessitures sont respectées, que certaines nuances sont possibles avec tel instrument. Ex : Il n'est peut-être pas souhaitable de faire jouer un trompettiste 3 minutes non-stop dans les aigus.
- L'orchestrateur suggère les doublures nécessaires pour nous situer au mieux dans le contexte souhaité par le compositeur. Ex : Un glockenspiel peut doubler à l’octave une mélodie jouée par les flûtes. Cela renforcera l'effet de gaité. Par ailleurs, on peut faire jouer simultanément la mélodie par des trompettes, des clarinettes et des flûtes, ce qui apportera un côté fanfare. Autre idée, en doublant à l’unisson un thème de cors par des trompettes, on peut créer une ambiance solennelle (pour un film patriote).
- L'orchestrateur suggère au compositeur l’instrument (ou le groupe d’instruments) le mieux adapté à la situation. Ex : pour donner plus d’expression, un thème émouvant sera plutôt interprété aux violoncelles dans les aigus plutôt qu’aux violons ou alti dans les graves (il y aura plus de vibration, plus d’émotion).
- L'orchestrateur veille à l’équilibre des masses orchestrales. Ex : à tel endroit, il pourra suggérer de diviser le pupitre des trompettes en 2 pour ne pas masquer les bois. Ailleurs il proposera de doubler une phrase de seconds violons par des alti pour apporter de la consistance et éviter un déséquilibre (un déséquilibre que l’on n’entend pas avec les samplers)
Quelques orchestrateurs célèbres dans la musique de film :
- Steve Bartek (Spiderman, Charlie et la Chocolaterie...)
- Conrad Pope (Jurassic Park, Sleepers...)
- Geoffrey Alexanders (Anna And The King, Arthur et les Minimoys...)
- James B Campbell (The Abyss, Back To The Future...)
- Hervé Jamet (La Traductrice, Le Renard et L'Enfant ...)
- Cyrille Aufort (L'odyssée de l'espèce, Ah ! si j'étais riche...)
- Alexander Courage (The Poseidon Adventure, Hook...)
- David Slonaker (The Mummy Returns, Charlie et la Chocolaterie... )
- Nicholas Dodd (Independance Day, Casino Royal...)
- Nic Raine (Wallace and Gromit, Until Death...)
- William Ross (Contact, Die Hard 2 ...)
- Lawrence Ashmore (Harry Potter and the Goblet of Fire, Much Ado About Nothing...)
Conrad Pope : orchestrateur
Beaucoup d'orchestrateurs peuvent composer de la musique sans problèmes !
N’hésitez pas à mentionner d’autres noms (via un commentaire). Notamment s’il s’agit d’orchestrateurs français qui font du très bon travail.
L'orchestrateur répartit les instruments| Voici quelques orchestrateurs célèbres| L'orchestrateur veille à l'équilibre des masses orcherstrales| L'orchestrateur construit la partition pour l'orchestre| L'orchestrateur éclate la partition condensée| L'orchestration dans la musique de film| Que fait un orchestrateur ?| Voyons ici le rôle de l'orchestrateur| Steve Bartek est l'orchestrateur attitré de Danny Elfman| Conrad Pope a orchestré pour John Williams
Graveur musical : un métier passionnant qui demande de la précision et beaucoup de patience.
Par Tanguy - Tags
Quand j'ouvre un livre d'une symphonie de Mahler, je songe fréquemment au travail qui a été fait en amont par les spécialistes de la gravure musicale : un véritable travail d'orfèvre. Pour avoir tenté plusieurs fois d'éditer moi même mes partitions, je me rends compte combien c'est difficile d'obtenir un résultat carré et soigné.
Je place ici une interview que j'ai réalisée auprès de Jean-Paul Gilles, éditeur et professionnel de la gravure musicale.
Une sujet qui ne traite pas seulement du cinéma, mais du monde de la musique en général :
- Y a-t-il une différence entre l’appellation « graveur musical » et « copiste » ?
La différence, pour moi il en existe bien une, tend à se diluer avec l'adoption des logiciels de notation musicale de plus en plus performants et faciles à mettre en œuvre. Le copiste est celui qui travaille dans l'urgence pour fournir aux musiciens un matériel lisible en un temps record (modification en séances d'enregistrement par ex.). Mozart, lorsqu'il composait avait toujours une armée de copistes qui écrivaient le matériel pour l'orchestre au fil de la composition du maitre. Maintenant le copiste peut travailler avec un logiciel, mais pour moi il y a toujours la notion de rapidité.
Le graveur quand à lui intervient pour la mise en forme finale avant édition de la musique, avec une notion de lisibilité avant tout, mais aussi d'harmonie graphique et d'application des règles strictes de la notation musicale pour ne pas perturber les automatismes de lecture des interprètes. Avec le graveur, je vois la notion de perfection, de temps et de pérennité.
Il existe une belle vidéo sur le travail de gravure traditionnelle sur Youtube.
http://fr.youtube.com/watch?v=Q65Jzfr7YpE
- Quel est le support le plus fréquent que le client vous confie pour la mise en partitions ? (manuscrit, fichier midi, fichier Finale (ou autre éditeur)
Généralement c'est un manuscrit, mais il m'est arrivé de travailler (relevé) à partir de vidéos ou de CD audio et depuis quelques temps de fichiers Finale ou Sibelius. Les éditeurs proposent aux compositeurs des cours ou des stages sur les logiciels de notation musicales afin d'éviter le recours à un "copiste-graveur" ou tout au moins limiter le rôle de ce dernier. Procédé très mal accepté par beaucoup de compositeurs.
- Actuellement, quels sont les éditeurs de partitions les plus utilisés par les professionnels de la gravure ?
Il y a une quinzaine d'années c'était Score le plus utilisé. Il fonctionnait sous MS Dos, était très efficace au prix d'un apprentissage conséquent. Il gérait le midi et produisait des fichiers Poscript. Aujourd'hui, ce sont Finale, Sibelius, Berlioz qui a une liberté de notation très importante et dont le mode de travail se rapproche du travail de gravure traditionnel. Certains graveurs mélangent les outils comme James Ingram, le graveur de toutes les oeuvres de Stockhausen. Il travaillait avec Finale pour entrer les notes, exportait le tout en EPS pour retravailler avec ses propres outils (lignes et courbes) dans Freehand. Tout est possible. Quelquefois, je me sers d' Illustrator pour certaines notations contemporaines.
Finale pour la musique de film
Et pour Sibelius
- Concernant la musique de film de l’âge d’or (Alfred Newman, Bernard Hermann, Miklos Rozsa etc…) alors que l’informatique n’existait pas, prenait-on le temps de « graver » la musique ou bien les musiciens devaient-ils déchiffrer des partitions manuscrites ? (pour des raisons de délais).
Je pense que l'on travaillait exclusivement sur des partitions manuscrites. Les copistes expérimentés avaient une dextérité et une clarté d'écriture extraordinaire. Les partitions manuscrites de vrais copistes sont souvent plus belles et plus lisibles que celles qui sortent de nos ordinateurs... à méditer.
- A la fin, combien d’exemplaires livrez vous à vote client ? Un seul exemplaire, une copie etc…
Pour les orchestres :
En général et sauf demande particulière, je livre les scores d'orchestres imprimés en 2 exemplaires (A3) et le matériel (parties séparées) (A4) en autant d'exemplaires qu'il y a de pupitres à l'orchestre. Je fournis souvent pour le régisseur, un exemplaire du conducteur et un exemplaire de chaque partie au format pdf sur CD pour les archives.
Pour les éditeurs :
Je livre des fichiers PS, EPS ou même PDF (de plus en plus) selon les spécifications de l'imprimeur.
- Quelles sont les études à suivre pour exercer votre métier ? Devez-vous obligatoirement obtenir un diplôme ? (conservatoire ou autre).
A ma connaissance, pas d'études particulières. Il existe des classes de maniement à Finale ou Sibelius dans quelques grands conservatoires. Aux Etats Unis, dans les grandes écoles de musique style Berkeley ou Juliard, il existait des cours d'écriture manuscrite, (la notation issue de ces cours est bien reconnaissable) je ne sais pas si cela est encore pratiqué. (C'est de ces règles d'écriture que viennent les polices comme Jazz, Swing, Lee , Ash, Russ music qui portent le nom de grands copistes américains et ont toutes les mêmes caractéristiques). Il faut bien sûr maitriser la lecture, la transposition et les règles typographiques de l'écriture musicale. Il existe quelques ouvrages qui traitent du sujet notamment : The art of music engraving et processing de Ted Ross aux éditions Hansen House et Music Engraving Today de Steven Powell éditions Brichtmark Music. Il faut aussi faire une étude graphique poussée des partitions des grands éditeurs.
- Quelles sont les principales qualités pour exercer ce métier ?
Je dirais d'abord la patience (en dehors bien sûr, de la maitrise du sujet), ensuite la ténacité et la faculté à ne pas se laisser décourager par la somme de travail que représente la gravure d'un opéra pour orchestre symphonique de 150 ou 200 pages manuscrit. Par exemple, lorsque je reçois le manuscrit d'un compositeur avec lequel je travaille pour la première fois, j'imagine toujours que je vais passer beaucoup de temps à déchiffrer son écriture et, au bout de quelques pages, j'ai intégré sa graphie et tout roule. Il faut aussi se mettre à la place du musicien qui va lire la partition pour penser les tournes en fonction de son instrument.
- La concurrence sur la marché est-elle rude ?
J'imagine que oui dans les grosses maisons d'édition et avec l'avènement des "usines à copier la musique" du Maroc, de Chypre et maintenant d'Asie. Je me situe un peu en dehors du débat car je grave moi même ce que j'édite et que j'ai un petit réseau de compositeurs et d'orchestres qui me font confiance.
- Pensez vous que le graveur musical soit à la fois un artisan et un artiste ? (part de créativité…)
Pour moi le graveur est avant tout un artisan car il met en pratique ses connaissances des règles typographiques et musicales maitrisées au fil du temps de son apprentissage. Ce qui n'exclut pas la créativité (tout au moins dans la musique contemporaine) car il faut trouver ou dessiner des signes représentant au mieux les idées du compositeur en repoussant ou en détournant les capacités des logiciels. C'est bien évidemment la part du travail que je préfère !
Merci à toi, Jean-Paul pour ta gentillesse et ta disponibilité ;-)
Le métier de copiste dans la musique de film| En savoir plus sur la gravure musicale| Comment sont fabriquées les partitions pour orchestres symphoniques ?| Quels sont les éditeurs de partitions professionnels les plus utilisés actuellement ?| Sous quel support le compositeur l'arrangeur ou l'orchestrateur confie-t-il sa musique au copiste ?| Le copiste ou graveur musical travaille à partir d'un manuscrit ou de fichiers finale ou Sibelius| Quelle est la différence entre copiste et graveur musical ?| Lire une interview sur le métier de la gravure musicale
L'arrangeur : quel est son rôle ? A quel moment intervient-il dans le processus de création d'une oeuvre musicale ?
Par Tanguy - Tags
Tout comme l'orchestrateur, le rôle de l'arrangeur n'est pas défini de manière ultra précise.
Cela me pose souvent un problème lorsqu'un artiste me contacte pour effectuer un arrangement de sa musique (ou de sa chanson). Car en fonction de ce qui est déjà fait et de ce qu'il reste à faire, le travail d'arrangement peut aller du simple au double. Dur à chiffrer pour le devis.
J'ai trouvé sur Internet une page très intéressante écrite par le compositeur, orchestrateur, arrangeur Hervé Gilles, qui définit et illustre parfaitement le travail d'arrangement. Je vous invite à visiter sa page et comprendre les différents cas de figure qui peuvent se présenter dans ce métier :
Au départ, dans ce billet, je voulais écrire une synthèse du métier. En tombant sur la page d'Hervé Gilles qui est très complète, je me suis dit que ça ne valait pas le coup de risquer la paraphrase. D'où le lien direct ;-)
Et puis finalement, ça m'arrange...
Cubase 5 arrive bientôt en France. Quelques nouvelles fonctionnalités de la station de travail audio numérique de Steinberg
Par Tanguy - Tags
Disponibilités de Cubase 5 :
- Allemagne et Angleterre : Fin janvier 2009
- France, Espagne et Italie : Début Mars 2009
Cubase 5
Fenêtre principale :

Fenêtre principale :

J'ai sélectionné quelques nouveautés :
1) VST Expression :
Un outil intéressant pour les compositeurs de musique orchestrale assistée par ordinateur. Il permet d'appliquer des signes d'articulations (trémolo, glissando, piqué...) et de nuances (pianissimo, Mezzoforte etc...) sur les notes, soit dans l'éditeur de notes midi (dans la partie contrôleur), soit dans la fenêtre de partition. Ces signes déclenchent directement les samples concernés, appartenant à la banque Halion Symphonic Orchestra ou encore Steinberg's Premium Orchestral Sample Instrument.
Les autres fabricants, comme Garritan, VSL ou Sonic Reality (East-West peut-être) se préparent à rendre compatibles leurs banques de sons avec l'outil VST Expression de Cubase 5 (pour le moment, je ne sais ni comment, ni quand, ni dans quelle mesure...)
VST Expression :


2 ) Groove Agent One :
Un sampleur spécial batterie avec de grandes possibilités de façonnage des sons. On peut y importer nos boucles personnelles ou bien utiliser directement la bibliothèque intégrée dans Cubase 5 : batterie acoustiques, Hip Hop, électro, Urban... A l'écoute des démos, j'ai été séduit par la qualité des samples.
Groove Agent One :


3 ) REVerence (réverbe) :
Une nouvelle réverbe à convolution, capable de reproduire des hauts-parleurs, des environnements acoustiques et n'importe quelle pièce naturelle, que ce soit en stréréo ou en Surround. Livrée avec de nombreux presets.
Réverbe REVerence :


4) PitchCorrect :
Essentiellement pour la correction vocale, PitchCorrect est un Plugin qui permet de corriger intuitivement l'intonation des prises de voix monophoniques. PitchCorrect est un bon outil qui s'alliera facilement avec VariAudio (également proposé dans le pack Cubase 5), un plugin agissant sur le contrôle de la hauteur.
PitchCorcect :


5) Loop Mash :
Instrument virtuel de Beatmaking : permettant de travailler vos boucles de manière ergonomique. Très utile pour créer des variations et obtenir des Beat entièrement personnalisés.
Loop Mash :


Mais aussi : Beat Designer (programmer des patterns de batterie), amélioration de l'automation, amélioration de la piste Tempo, amélioration de l'enregistrement, Librairie de samples Halion One étendue, évolution de la solution studio alliant Software et Hardware (MR816 CSX / MR816 X / CC121)...
Bruno Bertoli, un compositeur qui fait de la très très belle musique. A découvrir !
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C'est en créant ma page sur Myspace que j'ai découvert la musique de Bruno Bertoli, compositeur, entre autre, pour le cinéma (Méditerranées, Incontrôlable...)
Je suis resté sans voix par la beauté de ses mélodies et de ses orchestrations
Aussi à l'aise avec de grandes formations orchestrales qu'avec des pièces plus intimes pour bandonéon, Bruno nous offre une musique d'une grande sensibilité, riche en émotion, sans jamais tomber dans la facilité ou la redondance. Vraiment, je ne m'en lasse pas.
Pour en savoir plus : www.brunobertoli.com
Interview sur traxzone.com
Le regard qu'il y porte sur la situation actuelle de la musique de film est très instructif (et ô combien réaliste).
Deux en un : séquenceur et éditeur de partitions
Par Tanguy - Tags
J'écris un petit billet sur ce sujet, suite à la question judicieuse posée par Damien A : "Existe-t-il un logiciel assez puissant qui fasse les 2 à la fois, c'est à dire écrire des partitions dans les moindres détails comme Finale tout en ayant des banques de sons très proches de la réalité (comme en sont pourvus les séquenceurs) ?"
A priori, on s'en approche, même si ce n'est pas encore très concluant.
Du côté des séquenceurs :
La plupart des séquenceurs professionnels comme Cubase ou Logic offrent la possibilité de convertir la séquence MIDI en partition directement dans le logiciel. La conversion prend en compte "automatiquement" la hauteur et la durée des notes, la mesure (4/4 3/4 etc...), et le tempo, ainsi que le nom de chaque instrument qui correspond au nom de chaque piste midi. Peut-être aussi l'armature (tonalité sol majeur etc...) mais je ne suis pas sûr...
A priori, les fonctions automatiques de conversion s'arrêtent là. Ce qui signifie qu'il faut ensuite écrire "manuellement" à la souris toutes les notations telles que les articulations (notes piquées, notes longues, accents...), les lignes avancées (liaisons, crescendo, glissando ....) les expressions (pianissimo, forte, Allegro...), les techniques d'instruments (pizzicato, arco, mute ...) les triolets, les appogiatures etc...
Sans oublier qu'il faut passer du temps à nettoyer la séquence midi (quantification, répartition de chaque instrument sur des pistes midi différentes ... voir le billet sur le score preparator).
Pour ceux qui préfèrent travailler avec des notes plutôt qu'avec des petits rectangles, il est possible de rentrer directement les notes en pas à pas dans la fenêtre "partition" du séquenceur.
Malgré tous les progrès apportés à la fonction "score editor" par les constructeurs de séquenceurs, l'outil de mise en page des partitions me paraît assez laborieux et pas toujours performant ni ergonomique. Cela dit, je ne veux pas prendre mon cas pour une généralité car certains compositeurs adoptent ce système et s'en sortent très bien.
Du côté de l'éditeur de partition Finale (malheureusement je ne connais pas les autres éditeurs) :
Les nouvelles moutures (à partir de la version 2006) permettent de faire jouer les notes par une banque de sons plutôt réaliste : GPO (Garritan Personal Orchestra) un peu fade à mon goût mais 20 fois plus réaliste que les sons MIDI habituels de la carte son !
Un lecteur d'échantillons qui s'appelle KONTAKT (par Native Instruments) est intégré au logiciel. Il suffit d'indiquer à Finale que l'on souhaite faire jouer les notes par ce lecteur et le tour est joué. Je ne connais pas bien toutes les possibilités mais je crois qu'il est possible, par exemple, d'indiquer un trémolo ou un pizzicato sur une note et qu'alors un sample de trémolo ou de pizzicato se déclenche (à vérifier cependant). Le chargement de Kontakt et des samples est assez gourmand en ressources, mais c'est tout de même plus agréable de composer avec des sons réalistes. Cela dit, ça reste essentiellement un outil dédié à la composition et l'écriture de partitions mais pas à la production.
Tout dépend de votre objectif :
Pour créer un "produit fini" qui s'écoute dans un lecteur de salon, il n'y a pas de mystères : Finale ne proposant pas de fonctionnalités comme la console de mixage, les insertions d'effets, le multipiste audio (une seule piste audio pour le moment, donc pas de superposition possible de boucles de rythmes, voix, instruments extérieurs), il vaut mieux passer par un séquenceur MIDI-Audio. etc...
Pour composer une œuvre en vue d'une interprétation par une formation instrumentale, le choix de l'éditeur de partitions combiné à une banque d'échantillons comme GPO me parait être la meilleure solution.
Quel logiciel pour composer et écrire des partitions ?| Existe-t-il un éditeur de partitions avec des banques de sons réalistes ?| je recherche un logiciel permettant d'écrire des partitions avec des sonorités réalistes d'orchestre| Les séquenceurs comme Cubase permettent-ils d'éditer et imprimer de belles partitions ?| En savoir plus sur Finale et la banque de sons GPO Garritan Personal Orchestra| Qu'est-ce qui est mieux pour composer de la musique de film ? éditeur de partition ou séquenceur ?| Finale 2006 2007 2008 etc proposent des sons d'orchestre réalistes| Le lecteur de samples Kontakt est utilisé dans Finale pour offrir une interprétation plus réaliste de la partition
Comment trouver une tonalité ?
Par Tanguy - Tags
Bien qu'il soit un bon parolier, cet artiste connaît-il sur le bout des doigts chaque terme grammatical de la langue française ?
Dans la phrase ci-dessus, la proposition "Bien qu'il soit un bon parolier" est une subordonnée circonstancielle concessive (ha ha, ça vous épate..).
Ok, c'est super, mais quelle sera la réaction du parolier si je viens lui dire :
- j'adore ce que vous faites, surtout quand vous utilisez des propositions subordonnées circonstancielles concessives dans vos chansons ! c'est vachement bien vu !
Ne va-t-il pas rire doucement, et rétorquer qu'il n'a pas franchement idée de ce que c'est, mais qu'en revanche les mots et les phrases se posent naturellement sur le papier, au gré de l'inspiration ?
Faut voir.
Au risque de passer pour un méchant rebelle (à la Mister Bark), je ne me pose pas vraiment de questions quand je fais de la musique. Je place mes notes : si j'aime je garde, si je n'aime pas, je jette.
Du vocabulaire, il en faut c'est indéniable, ne serait-ce que pour enseigner la musique (un accord, une portée, une levée), mais dans les manuels on trouve tellement de mots savants pour expliquer des choses simples que je me demande si ce n'est pas exagéré.
Ci-dessous, un petit exercice pour ceux qui le souhaitent (il m'est venu en écrivant le post sur Vladimir Cosma).
Le premier accord est un do majeur. Qui peut me dire dans quelle tonalité est la musique ? Pour moi la réponse est évidente, mais je ne saurai pas vraiment dire pourquoi. Je le sais comme on sait que le rouge est rouge, et que le froid est froid :
N'hésitez pas à donner vos explications dans les commentaires. Comment êtes vous parvenu à connaître la tonalité de cet extrait ?
Comment définir une bonne orchestration ?
Par Tanguy - Tags
On connait tous la différence entre un bon et un mauvais chasseur...
Mais qu'en est-il de l'orchestration ?
J'ai trouvé un article très intéressant sur le sujet, de Alan Belkin, à propos de l'orchestration en général.
Je recopie ici un extrait de cet article qui énumère les points forts d'une bonne orchestration et les erreurs à na pas faire :
Une orchestration déficiente :
Alan Belkin rappelle d'abord qu'une orchestration jouable peut difficilement être franchement mauvaise.
On parlera plutôt d'un orchestration déficiente en essayant d’identifier les erreurs qui en sont, le plus souvent, la cause :
- Faiblesse des effets, résultant d’un recours insuffisant aux ressources disponibles pour produire le caractère désiré (par exemple, un effet percussif reposant sur quelques bois et aucune percussion), ou résultant de gestes contradictoires (par exemple, l’ajout d’instruments pendant un diminuendo).
- Fatigue auditive résultant de l’usage exagéré des registres extrêmes ou de couleurs très caractérisées, ou résultant d’un manque de fondu dans les blocs harmoniques.
- Texture « grise » souvent causée par un abus de doublures à l’unisson.
- Lourdeur généralisée (plutôt que localisée, à titre d’effet), engendrée par un abus de doublures ou par une surcharge du registre grave.
- Sonorité généralement trop sèche, par absence d’arrière-plans résonant. (Une sonorité sèche peut convenir, à titre d’effet, mais rarement comme norme).
- Confusion entre divers éléments musicaux, due à une faible différentiation des plans sonores.
- Confusion formelle, causée par des changements de timbre à des moments arbitraires, ou par des changements n’offrant pas le degré de contraste requis.
- Imprécision du caractère.
Une orchestration de qualité :
Une bonne orchestration doit :
- Renforcer la forme : Les changements orchestraux doivent se faire aux endroits appropriés et présenter un degré de contraste approprié.
- Offrir des couleurs suffisamment fraîches et variées pour soutenir l’intérêt.
- Renforcer le phrasé.
- Clarifier les différents éléments musicaux. Chaque élément doit être audible.
- Assurer une contribution personnalisée de chaque élément, permettant ce que Richard Strauss (en référant à la polyphonie de Wagner dans la préface de sa version révisée du traité de Berlioz) appelle « l’implication spirituelle des exécutants ».
- Prévoir des parties aussi faciles à jouer que possible, en privilégiant toujours la façon la plus simple d’obtenir l’effet désiré.
- Créer une sonorité riche (habituellement, en multipliant les plans sonores).
- Présenter un caractère précis.
- Utiliser efficacement la masse orchestrale.
Source : http://www.musique.umontreal.ca:16080/personnel/Belkin/bk.o.fr/index.html
Trilles : définition et exemple de notation dans une partition pour orchestre.
Par Tanguy - Tags
Un trille est un couple de 2 notes alternées rapidement.
Voici 3 exemples de trille sur 4 temps (valeur d'une ronde) :
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Ecouter ces 3 exemples :
(son de clarinette)
- Dans le premier exemple, la note qui est alternée avec la note de base (note écrite) est située un ton au dessus (whole tone). On parle de trille majeur. Ici : alternance Fa-Sol.
- Dans le second exemple, la note qui est alternée avec la note de base (note écrite) est située un demi-ton au dessus (half tone). On parle de trille mineur. Ici : alternance Fa-Fa#.
- Si l'on veut alterner 2 notes rapidement selon un intervalle plus grand que le ton, on va alors utiliser la notation du trémolo (le signe à 1, 2 ou 3 barres) que l'on place d'habitude sur la note. En plaçant un signe de trémolo entre 2 notes, le musicien va jouer un trémolo alterné sur ces 2 notes, ce qui revient à faire un trille à partir de ces 2 notes. Dans l'exemple 3, on indique au musicien qu'il doit alterner un FA et un LAb pendant 4 temps (indication = ronde) et à la vitesse de triples croches (indication = 3 barres).
Le trille est une alternance rapide de 2 notes| Qu'est-ce qu'un trille ?| Un trille à grand intervalle est représenté par des petites barres entre deux notes| Qu'est-ce qu'un trille majeur ?| Qu'est-ce qu'un trille mineur ?| Quelle est la différence entre un trille majeure et un trille mineur ? Voici un exemple de trille d'un ton ou whole tone| Voici un exemple de trille d'un demi ton ou half tone| Le trill fait partie des notations des instruments de l'orchestre symphonique
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