Musique hollywoodienne pour le film "Vendome Paris" de David Tomaszewski
Par Tanguy, lundi 21 janvier 2008 à 11:44 - Mes travaux, mes projets - Tags
Voici un teaser bien pêchu dont j'ai fait la BO dernièrement :
Ce film d'action s'appelle "Vendome, Paris" et a été réalisé par David Tomaszewski. Il présente les exploits d'un nouveau super héros (mélange de Batman et de Spiderman). Sa particularité est qu'il est 100 % Français !
Voir le film :
Un scnénario original et des scènes de combats bien ficelées !
Quelques mots sur la musique :
David souhaitait une BO qui fasse "gros film américain" avec des touches assez kitches par endroits pour rappeler l'univers des Comics. Les petites ponctuations fanfaresques sont donc volontaires ;-)
Dans ce teaser qui est composé à 90 % de scènes d'action, un Vendome's Theme n'était pas nécessaire. Le résultat donne une musique hollywoodienne offensive tout en relief à caractère purement illustratif (les ambiance orchestrales occultent la mélodie quasi inexistante).
Dans le cas de Vendome, le travail de synchro à l'image fut fastidieux et omniprésent.
Petit secret de fabrication : j'utilise très souvent les staccatos de cordes
provenant du VST plug-in Edirol Orchestral :

Certaines sonorités de Edirol Orchestral sont un peu cheap (trop synthé)
mais j'aime beaucoup les stacs de cordes qui permettent de faire des phrasés ultra rapides !
provenant du VST plug-in Edirol Orchestral :

Certaines sonorités de Edirol Orchestral sont un peu cheap (trop synthé)
mais j'aime beaucoup les stacs de cordes qui permettent de faire des phrasés ultra rapides !
Un exemple d'utilisation des staccatos de cordes (Edirol Orchestral) et d'utilisation des trompettes de Synful. Ces 2 instruments virtuels ont un son correct en solo, mais surtout, ils sonnent très bien dans le mix :
On notera que les phrasés joués très rapidement avec le kit "cordes staccato" présentent paradoxalement un caractère "legato" (une particularité dûe à l'interprétation via un séquenceur).
Pourquoi ne par lire aussi :
One Man Band, un court métrage d'animation (PIXAR 2005). La bande originale est de Michael Giacchino
Par Tanguy - Tags
A voir et à revoir !
Titre : One Man Band
Catégorie : Film d'animation
Durée : 4'31
Les expressions des visages rappellent très nettement ceux des personnages cultes de PIXAR, comme Woody le cowboy, Buzz l'éclair ou encore Monsieur Indestructible...
Côté musique, Michael Giacchino nous gâte une fois de plus en signant une BO virtuose, rythmée et pleine d'humour. Un petit tour de chauffe avant Ratatouille ! Vraiment, j'adore ce que fait ce gar-là !
Voir l'interview de Michel Giacchino à propos de ce court métrage.
Drôle d'impression... pas toujours facile de créer "à la demande" une oeuvre musicale.
Par Tanguy - Tags
Pas trop la pêche en ce moment...
Depuis quelques temps, je découvre les joies du casting de compositeurs. Un casting de compositeurs, c'est tout simplement une sélection, par une boite de production, de quelques jeunes artistes qui devront chacun de leur côté proposer une maquette pour accéder au poste de compositeur du film. Celui qui réussit la maquette la plus adaptée au film se voit confier la composition de la bande originale du long métrage. Les autres sont gentiment remerciés. C'est une chance d'être pressenti pour un long métrage, j'en suis conscient.
Tout comme les entretiens d'embauche, c'est une étape décisive pour le candidat. Il est important de cerner dès le départ les attentes du réalisateur de manière à ne pas composer dans une mauvaise direction. La maquette doit être peaufinée au mieux pour mettre toutes ses chances de son côté. Mais c'est une pression supplémentaire du fait qu'une maquette bien travaillée (sur le plan du réalisme) implique d'y passer beaucoup de temps ce qui empiète sur le timing consacré à la composition elle même. A ce stade du casting, on ne peut pas se permettre de dire à un réalisateur qu'on ne connait pas : "le son est pourri mais voyez comme l'écriture est belle, ça rendra comme ça ou comme ci avec un orchestre". Bref, la pression de la commande, le syndrome de la feuille blanche, le manque de sommeil, les délais, la compétition... tous ces facteurs peuvent engendrer une forme de stress.

Personnellement, tant que je reste dans le domaine du court métrage ou du film documentaire TV, je ne rencontre pas de problèmes particuliers. Par contre, dans le cas d'un casting pour un long métrage (en prévision d'une sortie nationale et d'une BO enregistrée par un orchestre symphonique), les choses se compliquent un peu. Devant le piano ou le séquenceur, l'euphorie d'avoir été pré-sélectionné laisse subitement la place à une forme de trac qui se caractérise physiquement par une boule dans le ventre et une respiration coupée, suivi d'un manque de confiance et d'une concentration affaiblie. C'est un phénomène d'anxiété, bien connu par tous ceux qui ont passé des examens, que l'on peut atténuer rapidement par des techniques de relaxation.
Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un événement ponctuel et relativement court, comme les 10 mn qui précèdent un oral de maths ou un rendez-vous galant. Dans le cas d'une composition d'une œuvre musicale, il m'arrive de devoir supporter ces symptômes quelques jours voir même quelques semaines (ça a été le cas pour moi, dernièrement) et ça devient vite handicapant. Si par chance, le réalisateur apprécie la maquette, alors les symptômes disparaissent comme par enchantement et laissent la place à une motivation et une détermination incroyable.
Mais dans le cas contraire, une période de courte déprime et d'irritabilité viennent s'ajouter, risquant d'altérer les relations avec mon entourage proche. Ensuite, le moral remonte et je suis à nouveau prêt à combattre pour un prochain casting...
Tout ça pour dire que les déceptions font partie du métier. C'est important d'en parler car beaucoup de jeunes compositeurs baissent les bras après quelques échecs. Je pense souvent à Bruno Coulais dont la notoriété s'est vraiment confirmée à l'âge de 42 ans (avec Microcosmos). Je serais curieux de savoir si avant ça, il n'a pas eu un jour l'envie de renoncer.
Le stress lié au métier de compositeur de musique de film, La pression que subit le compositeur de musique de film engendre une forme d'anxiété, Participation à un casting de compositeurs de musique de film, Symptômes physiques et psychologiques liés à la composition d'une musique de film, La composition d'une musique à la demande peut devenir une source d'anxiété pour le compositeur, convaincre un réalisateur ou un producteur de film avec une première maquette
La musique source : une musique que l'on trouve fréquemment dans les films.
Par Tanguy - Tags
La musique source, c'est la musique qui est "à l'intérieur" du film. Elle est intégrée dans une scène où les personnages l'entendent réellement.
Par exemple :
- La musique d'une boite de nuit dans laquelle se passe la scène
- La musique d'un concert auquel assiste le personnage
- La chanson d'une radio dans une voiture
- La musique d'une fanfare qui passe dans la rue
- Un chanson chantée sur scène
- etc
Le choix d'une musique source dépend du désir du réalisateur (et la disponibilité du compositeur...). Cela peut être :
- Une chanson pré-existante ("Je suis un garçon" de Mylène Farmer dans le film Pédale Douce lorsque Patrick Timsit chante dans sa voiture)
- Une musique pré-existante ("Aria" de Bach dans le film Le Silence Des Agneaux avant le meurtre des 2 policiers)
- Une chanson originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("Wonka's Welcome Song" de Danny Elfman dans le film Charlie et la Chocolaterie lorsque les jeunes gagnants arrivent à l'usine)
- Une musique originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("20th Century Kiosque" de Philippe Rombi dans le film Oui mais quand la séance de cinéma se termine)
Il y a même certains cas où la BO se transforme progressivement en musique source :
Dans la première scène du film The Holiday (musique de Hans Zimmer), on entend une musique d'ouverture (comme dans beaucoup de films). Progressivement, on va s'apercevoir que c'est un des personnages qui est entrain de jouer de la musique (ce personnage est d'ailleurs un compositeur de musique de film).
A voir également : Je hais la musique (réalisation et musique de David Reyes) où l'on peut découvrir un très bon exemple de morphing "BO vers musique source" dans les dernières scènes.
Simuler des Ondes Martenot dans un séquenceur tel que Cubase SX
Par Tanguy - Tags
Certes, ce n'est pas tous les jours qu'on décide d'utiliser des Ondes Martenot dans une orchestration.
J'ai composé une petite BO pour un court métrage de science fiction (style années 50) qui s'appelle Lost Horizon (de Jay Gladwell). Ne sachant pas s'il existait des banques de sons consacrées aux Ondes Martenot, et toujours dans une conjecture budgétaire de niveau zéro, j'ai essayé d'imiter cet instrument avec les moyens du bord... en 4 étapes :
1) Recherche d'un son pur et sinusoïdal :
Pour Lost Horizon, j'ai utilisé un son de basse synthétique que je j'ai fait jouer dans les aigus. IL y a beaucoup plus simple : il suffit de prendre un son sinusoïdal basique souvent proposé par défaut dans les synthés en plug-in (basic waveform = sine).
Très important : veiller à ce que le synthé propose une fonction vibrato et un pitch bend paramétrable.
2) Application d'une dose de vibrato (dose subjective) :
Pour avoir un son plus expressif, sinon ça ressemble à une tonalité téléphonique...
3) Ecriture de la mélodie avec le contrôleur pitch bend :
Bon, l'idée, c'est de poser une seule note (par exemple sur 4 ou 5 mesures) et de créer de nouvelles notes uniquement en faisant varier le contrôleur pitch bend.
Attention : avant de continuer, il faut s'assurer que le "range" (la plage d'amplitude) du pitch bend soit de 12 demi-tons, soit une octave (ça permettra de placer des intervalles d'une octave dans la mélodie).
Le contrôleur pitch bend de mon Cubase (SX3) propose 8191 divisions vers le haut et autant vers le bas. Lorsque le pitch bend pointe sur la valeur zéro, la hauteur de la note ne change pas. Si je veux monter d'un demi-ton, je pointe sur la valeur + 682,5 (qui correspond à 8191 divisé par 12). Un demi-ton musical correspond à 682,5 divisions.

Variation de la hauteur des notes à des moments précis = mélodie
Ecouter l'exemple ci-dessus (la mélodie commence à la mesure 6) :
A partir du niveau zéro, on peut établir le nombre de divisions correspondant à chaque intervalle de note :
1 demi-ton : 682.5 divisions
2 demi-tons : 1365 divisions
3 demi-tons : 2047.7 divisions
4 demi-tons : 2730.3 divisions
5 demi-tons : 3413 divisions
6 demi-tons : 4095.5 divisions
7 demi-tons : 4778 divisions
8 demi-tons : 5460.6 divisions
9 demi-tons : 6143 divisions
10 demi-tons : 6826 divisions
11 demi-tons : 7508.5 divisions
12 demi-tons : 8191 divisions
Chiffres valables vers le haut ou vers le bas...
4) Application de glissandi (slide) entre les notes :
Pour simuler le jeu avec la bague et le ruban :

Utilisation de l'outil "ligne" ou "parabole" (grille magnétique de quantification désactivée)
Ecouter l'exemple ci-dessus (avec un peu de réverbe) :
Extrait de Lost Horizon
Comme Danny Elfman pour Mars Attacks, je me suis beaucoup inspiré de la musique de Bernard Herrmann composée en 1951 pour le film "The Day The Earth Stood Still" (pour lequel, du reste, il aurait plutôt utilisé un Theremin, un instrument à la sonorité assez proche des Ondes Martenot... )
Trucs et astuce pour disposer d'un instrument de type Ondes Martenot ou Theremin dans Cubase SX3, Simulation des Ondes Martenot dans un séquenceur midi, Comment simuler des Ondes Martenot avec un ordinateur ?, Faire un glissando entre les notes pour imiter des Ondes Martenot, Travailler à partir d'un son pur du type sinusoïdal, Danny Elfman utilise des Ondes Martenot dans Mars Attacks, Système D pour recréer des Ondes Martenot dans une orchestration, Paramétrer le pitch bend pour obtenir un range de 12 demi tons, Paramétrer le pitch bend pour obtenir une plage d'amplitude d'une octave, Bernard Herrmann utilise des Ondes Martenot et du Theremin dans la bande originale de The Day The Earth Stood Still
Un extrait de Ghost Love Score (du groupe Nightwish) qui me tient particulièrement à coeur
Par Tanguy - Tags
Toujours dans la continuité du billet précédent, je ne résiste pas à la tentation de présenter un court extrait d'une musique de Nightwish. Un passage qui me plait particulièrement pour son aspect percutant, mêlant une voix lyrique et des chœurs à l'orchestre metal et l'orchestre symphonique (peut-être le LSO mais je ne suis pas sûr). Le mixage est impeccable. Exceptionnellement, je vous incite à monter le son et déchirer vos enceintes...
Ghost Love Score (extract) :
Notez au passage ce côté guerrier et grandiose en rythme ternaire qui n'est pas sans rappeler la BO de Gladiator (Hans Zimmer)
Gladiator (extract) :
Version intégrale du morceau (en live) :
Sur scène, on constate l'absence de l'orchestre symphonique et des chœurs. Toute la partie philharmonique est probablement pré-enregistrée (un tel réalisme orchestral ne peut être interprété note par note par l'unique clavieriste du groupe), tout comme les secondes voix lyriques.
Voir une vidéo de Nightwish, Nightwish en concert, Ecouter un exemple de musique metal symphonique, Ecouter et voir la musique Ghost Love Score de Nightwish, Le metal symphonique ressemble assez à de la musique de film, Le metal symphonique mêle des voix lyriques à des chœurs ainsi qu'à la puissance de l'orchestre symphonique, L'orchestre philharmonique apporte un côté grandiose au metal symphonique, Le morceau Ghost Love Score du groupe Nightwish combine habilement le metal à des orchestrations symphoniques, Certaines musiques de metal symphonique rappellent des bandes originales de film comme Gladiator de Hans zimmer
