Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

Utilisation de la musique assistée par ordinateur pour apprendre la composition l'harmonie et l'orchestration


Se former, étudier, apprendre à composer de la musique de film


"Bonjour, je suis actuellement en terminale dans un lycée à Lorient et j'aurais voulu savoir quelles sont les études à suivre pour devenir compositeur de musique de film. Une formation au conservatoire est-elle indispensable ? Peut-on apprendre tout seul ? Dois-je aller vivre à Paris pour augmenter mes chances ?
Pierre Debout, de Carnac (56)"

Hello Pierre, voilà un sujet intéressant !

Hier encore, je lisais sur un forum une discussion houleuse à propos du cursus des compositeurs. Le débat opposait les musiciens ayant suivi une formation classique et les autodidactes.
Je fais partie de cette deuxième catégorie mais je ne rentrerai en aucun cas dans le jeu des détracteurs du conservatoire.

Je l’ai toujours dit, que vous soyez autodidactes ou médaillé d’un prix d’écriture, vous avez « appris » la musique. Si ce n’est pas un professeur qui vous l’a enseignée, alors, c’est un livre, une partition, un tutorial sur Internet, un CD, vos propres oreilles…

Moi, franchement, j’aurai bien aimé suivre quelques cours d’écriture ou d’orchestration quand j’étais plus jeune. Etant à 90 % autodidacte, c’est l’expérience qui m’a formé, sur le tas, en faisant des essais, en jetant ce qui était mauvais et en perfectionnant ce qui était bon. Mais cela a pris des années. Je pense sincèrement qu’un professeur agréé m’aurait fait gagner du temps en me guidant vers l’essentiel, en me faisant éviter certains pièges.

Car, comme pour le dessin, la musique requiert un minimum de technique, et obéit qu’on le veuille ou non à un certaines règles harmoniques. C’est comme ça, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs, peut-être est-ce dû à la physiologie de l’oreille et du cerveau humain…

En fait, une fois les bases musicales acquises, libre à l’artiste de cultiver son talent et développer sa personnalité musicale, soit par ses propres moyens, soit par un cursus scolaire approfondi. Je reçois régulièrement des mails comme celui de Pierre avec la question : faut-il nécessairement faire des études pour devenir compositeur de musique de film ?

Que répondre ? faut-il citer des exemples concrets d’autodidactes qui ont réussi ? Ordinairement je pèse le pour et le contre.

L'auto-apprentissage :

Vous développez votre curiosité, vous avez peut-être un peu plus de liberté, vous choisissez librement vos orientations artistiques, vous n’êtes pas influencés par vos paires (mais par vos idoles, oui !). L’apprentissage est long, passionnant et gratuit. Si vous n’êtes pas un bon commerçant, il vaut mieux espérer avoir un job en parallèle pour la prochaine décennie.

L’école :

Si vous êtes un élève doué et discipliné, vous apprendrez directement les bases. Vous obtiendrez un diplôme et de bonnes références, qui vous ouvriront des portes. Peut-être pas directement celles du show-biz ou du cinéma, mais vous trouverez probablement une activité professionnelle qui soit en rapport avec la musique (professeur de musique, interprète dans un orchestre etc.). Ce métier vous permettra de gagner votre vie tout en continuant vos recherches de contrats dans la musique de film.

En outre, conservatoires, universités et écoles professionnelles (comme l'Itemm, l'Aimra, l'Ircam, la Schola Cantorum) sont des lieux de rencontre. Qui sait, certains de vos camarades ou professeurs deviendront des orchestrateurs, des monteurs professionnels, ou des interprètes de qualité : tous ces contacts vous seront potentiellement utiles un jour ou l’autre.

Pourquoi ne par lire aussi :


Deux forums pour en savoir plus sur l'orchestration (en Anglais): NorthernsSounds et The Orchestration Forum


Ce ne sont pas vraiment des nouveautés, mais je voulais les répertorier ici :

Le premier forum est celui de NorthernsSounds, sur lequel on parle de banques de sons, de l'écriture, de l'harmonie et de l'orchestration. On y trouve le fameux "Principles of Orchestration by Rimsky Korsakov" (interactif, avec des exemples sonores)

Le second s'appelle The Orchestration Forum, où l'on peut poser toute sorte de questions, ou bien y répondre, à propos de l'orchestration (d'ailleurs, j'y ai trouvé quelques vieilles connaissances, n'est-ce pas Damien D ?)

C'est en Anglais (ça peut être bien pour se familiariser avec l'Anglais spécifique au domaine de la musique orchestrale).

Etudier les partitions des grands maîtres pour découvrir l'orchestration


Quelque soit votre cursus musical, pour espérer écrire un jour pour un orchestre symphonique, (très souvent utilisé dans la musique pour le cinéma ) il me paraît indispensable d’écouter attentivement les grands compositeurs de musique de film et de musique classique.
Avec le score sous les yeux, c’est l’idéal.

Dans mon cas, une partition papier ne m’interpelle pas beaucoup sur le plan artistique. Je dois « entendre » pour comprendre les thèmes et les orientations musicales.
Cela dit, j’aime regarder régulièrement les partitions des grands maîtres pour visualiser les ensembles. Je crois que c’est Gabriel Yared qui a émis l’idée qu’une musique bien écrite se devait d’être belle et équilibrée visuellement sur un conducteur. Je me suis fait plusieurs fois cette réflexion en ouvrant le livre d’une symphonie de Franz Schubert ou de Richard Strauss : les doublures sont harmonieuses. Il y a des symétries, des départs échelonnés, des orchestrations de premier, second et troisième plan. Ça s’entend et ça se voit.

Les partitions sont également très utiles pour découvrir la notation et la nomenclature. Les scores sont écris pour des instruments qui ont tous leurs particularités. Les banques de sons dernier cri nous permettent de placer des trills ou des staccatos mais qu’en est-il de leur notation sur une partition papier ?
Idem pour l’équilibre des masses orchestrales : combien de cordes pour combien de cuivres ? (nomenclature).

Pour une approche très complète, je conseille à celui qui aime apprendre dans les livres, de se procurer un traité d’orchestration. Pas forcément pour le lire d’un bout à l’autre mais pour piocher ça et là quelques bonnes idées. Tout y est : tessitures, nomenclature, notations, couleurs orchestrales, particularités du jeu de l’instrument, l'analyse des différents plans de l’orchestration.

Quelques références :


Enfin, un mot sur la musique assistée par ordinateur :

Un ordinateur équipé au minimum (carte son, mémoire vive, séquenceur, banques de son) permet d'expérimenter des idées musicales. Si une mélodie vous trotte dans la tête, il sera possible de la rentrer dans l'ordinateur et de commencer à l'harmoniser et à l'orchestrer : le réultat sonore (bon ou mauvais) sera directement audible. C'est très formateur, à condition de laisser l'autosatisfaction au placard et de chercher à s'améliorer.

Faire jouer ses compositions par des amis musiciens est très instructif également.

Orchestration et M.A.O : les doublures des instruments pour créer de nouvelles couleurs musicales. Superposition des samples orchestraux


J'ai entendu dernièrement qu'avec les ordinateurs et les samples orchestraux, il ne fallait pas trop doubler les pistes d'instruments car cela donnait quelque chose de trop lourd et de trop condensé. C'est pas faux....

Maiiiis, doubler certaines parties ne veut pas dire "empiler 30 pistes les unes sur les autres". Un peu de finesse dans vos orchestrations, avec des machines et des banques de sons virtuelles, c'est tout à fait possible.

Au fait, pourquoi faire des doublures d'instruments ?
  • Pour créer de nouvelles colorations sonores (flûtes et hautbois)
  • Pour donner plus de présence (violons et violons à l'octave)
  • Pour adoucir certains sons (violoncelles et cors)
  • Pour durcir certains sons (flûtes et xylophone)
  • Pour amuser les petits enfants (piccolo et saxo)

Dans les 2 exemples suivants, j'ai appliqué quelques doublures, simplement en dupliquant les notes et le contrôleur de volume. (extrait de La valse des mariés)

Exemple n° 1 :

  • Mélodie jouée par des violons, doublés à l'octave (en dupliquant les notes à l'octave supérieur).
  • Puis doublure par la flute (copier-coller des notes des violons vers la piste midi de la flûte)
  • Cliquez ici pour voir les notes midi (pdf)



Exemple n° 2 :

  • Mélodie jouée par des violons, doublés à l'octave (en dupliquant les notes à l'octave supérieur).
  • Puis doublure par les trompettes, puis les flûtes et le xylophone (encore une fois par simple copier-coller des notes)
  • Cliquez ici pour voir les notes midi (pdf)

Comme vous pouvez le constater, en M.A.O (Musique assistée par Ordinateur) le copier-coller se fait très facilement!

C'est donc intéressant et facile de tester certaines doublures uniquement pour voir si ça sonne ou pas dans un mix. Les banques de sons d'orchestre actuelles sont très fidèles en terme de sonorités, alors n'hésitez pas à expérimenter vos propres doublures, dans votre séquenceur favori ;-)

Ecoutez le mix final :

Il reste encore la question du passage à l'orchestre réel : une orchestration qui sonne bien avec mon ordinateur sonnera-t-elle aussi bien avec l'orchestre ? pas toujours ! Cela viendra avec l'expérience.
C'est aussi pour cela que les orchestrateurs apportent une aide précieuse aux jeunes compositeurs au début de leur carrière.

Mes premières musiques assistées par ordinateur. Soundtracker sur Amiga 500, à la fin des années 80...


Séquence : Nostalgie

Je sais d'où viennent mes goûts pour la musique avec tout plein de petites croches (et de doubles croches...) : c'est à cause de ma période post-adolescente où je passais mon temps à faire de la musique avec des "trackers" comme le fameux Soundtracker (sur Commodore Amiga 500).

J'ai commencé la MAO (Musique Assistée par Ordinateur) vers l'âge de 16 ans avec le logiciel de musique Aegis Sonix. 4 canaux mono. Sons synthétiques + samples en 8 bits. un vrai régal à l'époque !

Mais c'est surtout en 1989 (toujours sur Amiga) que j'ai commencé à apprécier l'utilisation des samples grâce aux premiers "trackers" comme Ultimate Soundtracker, Noisetracker ou Protracker (4 voix mono), puis un peu plus tard avec Oktalyzer et Octamed (8 voix mono). Pour plus d'infos sur les trackers, cliquer ici

La plupart des samples mis à dispositions étaient très légers et donc très courts, ce qui ne permettait pas au musicien de tenir de notes longues. C'est ainsi que la majorité de mes musiques de cette époque sont fabriquées de la même manière : beaucoup de rythmes binaires, avec des notes courtes en staccato ou pizzicato et très peu de notes tenues.


Protracker
Protracker



Oktalyzer
Oktalyzer

Voici quelques vieilleries (j'en ai plusieurs cassettes audio comme ça..).
A la moindre moquerie, je les enlève ;-)

Sur Aegis Sonix :


Sur Noisetracker :


Sur Protracker :


Sur Oktalyzer :



Bonus :

Tanguy Follio jeune Ma trombine en 1990 (à 18 ans)


Quand j'y repense, je me suis quand même bien accaparé l'ordinateur familial (parmi 5 enfants) pour expérimenter mes premiers "chef d'œuvres". Mes frères et sœurs ont dû terriblement souffrir avec ma musique (déjà, à l'époque...)

Apocalyptica, l'utilisation des violoncelles dans un registre particulier...


Voici une petite vidéo du groupe finlandais Apocalyptica, une musique que l'on verrait bien sur les images d'un Film. C'est pêchu et puissant sans être agressif. Après Nightwish que j'apprécie particulièrement (Merci à toi Jonathan), Apocalyptica m'a immédiatement séduit par l'originalité de ses instrumentations (utilisation de violoncelles).



On reconnait les rockeurs scandinaves à leurs longues chevelures et à leurs compositions fabuleuses !!


Le séquenceur et les banques de sons d'orchestre symphonique, pour composer et produire de la musique de film chez soi (en home studio)


"Cher Tanguy, bravo pour votre musique qui me touche beaucoup. Je suis moi même un jeune compositeur et j'aimerais me lancer dans la musique pour l'image. Pourriez vous me dire quel matériel utiliser pour composer de la musique de film afin de démarcher des boites de production ? Merci pour votre réponse
Harry Cossec, de Brunoy (91) "

Cher Harry, Merci pour votre mail ! Je suppose que le mot "composer" signifie "produire" (qu'à la fin, il y ait une musique qui s'écoute, comme un cd audio ou un mp3) et que "musique de film" sous entend "musique orchestrale symphonique"

Ce qui est sûr, c'est que bon nombre de producteurs et réalisateurs ne sont pas forcément des mélomanes avertis ou des experts en musique. Pour eux, un bon son est souvent mieux accueilli qu'une belle écriture orchestrale (c'est triste mais c'est ainsi). C'est pourquoi, avant de prospecter, il faudra "produire" des maquettes correctes. Pour se faire, il y a 2 possibilités :

L'écriture classique (feuille de papier ou logiciel de notation) s'adresse aux musiciens qui aiment écrire directement les notes sur une partition. Pour composer les thèmes et les arrangements, ils utilisent (ou pas) un instrument de musique (piano, guitare, violon etc...). Puis ils harmonisent et orchestrent directement dans la partition. Cette dernière étant destinée à être jouée par un orchestre (souvent composé de bénévoles ou d'amis musiciens car le jeune compositeur qui cherche à démarcher les producteurs n'a pas le budget nécessaire pour payer un orchestre professionnel).
Ensuite vient la phase de l'enregistrement de l'orchestre pour avoir un résultat sonore sur support audio (la qualité de la prise de son dépendra aussi du budget initial).

Exemple de logiciels de notation (éditeurs de partition) : Finale, Sibelius, Encore


La musique assistée par ordinateur vous fera économiser un orchestre, mais requiert l'achat d'un minimum de matériel et logiciels informatiques.
Concernant le matériel (hardware), il faut d'abord un ordinateur qui dispose d'une grande mémoire vive (RAM) et d'un gros disque dur (pour stocker les banques de sons). Ensuite, une carte son capable de lire simultanément plusieurs pistes audio. Une carte son compatible soundblaster moyen de gamme est suffisante (je dispose actuellement d'une carte son "audigy" de chez Creative). Eventuellement : un clavier MIDI (piano numérique, clavier de commande, synthé) qui permet de rentrer les notes dans l'ordinateur en jouant la mélodie, mais ce n'est pas indispensable. Parcontre, si votre home studio se compose uniquement d'un ordinateur, il est important d'avoir de bonnes écoutes pour le mixage (des enceintes qui restituent un son brut et non une chaine hi-fi qui arrondi et embelli le son).

Du côté des logiciels (software), il faut utiliser un séquenceur. Il permet d'entrer la partition, piste par piste, à l'aide de petits rectangles (qui remplacent les notes de musique du solfège que l'on observe sur une partition classique). Les séquenceurs les plus connus sont Cubase, Logic Audio, Cakewalk, Digital Performer, Pro Tools. En plus, vous pouvez y importer une vidéo (très pratique pour composer à l'image).

Ensuite, viennent les fameuses banques de sons d'orchestre symphonique ! Elles viennent se greffer sous forme de plug-in VSTi (instruments virtuels que l'on charge dans le séquenceur) et apportent une quantité d'instruments réalistes (violons, trompettes, timbales etc...). Il s'agit de samples : cela signifie que le son a été enregistré à partir d'un vrai instrument. Si vous jouez un ré avec un sample de violon, c'est comme si un vrai violon jouait un ré. Parcontre, lorsque l'on enchaine les notes, le résultat sonne moins bien que si c'était un enchainement joué par un instrument, car, dans un séquenceur, il est difficile de retranscire le jeu d'un instrumentiste (qui est très subtil et riche en émotion). Nous échangerons, dans un prochain billet, quelques astuces pour apporter de la chaleur et de l'authenticité à une musique faite sur ordinateur.

Les banques de sons d'orchestre symphonique les plus en vogue actuellement (début 2008)
  • EastWest Quantum Leap Symphonic Orchestra
  • EastWest Quantum Leap Symphonic Choirs (pour les choeurs)
  • Vienna Symphonic Library (VSL)
  • MOTU Symphonic Instrument
  • Garritan Personnal Orchestra (GPO)
  • Project Sam
  • Banques de "soundfonts" disponibles gratuitement sur la toile
Les banques de sons de EastWest ainsi que la VSL (actuelle) et celle de MOTU s'intègrent directement dans le séquenceur avec leur propre lecteur d'échantillon (sampler).
En outre, les banques de sons Sam Project et GPO, ainsi que les soundfonts, nécessitent un sampler virtuel (Gigastudio, Halion Kontakt etc.) pour être lues.
Tout ce petit monde s'intègre très facilement dans le séquenceur sous forme de plug-in VSTI (Virtual Studio Technologic Instrument). Ce sont des instruments virtuels quoi...

Cubase et Halion

Halion 3 : un sampler virtuel
chargé en tant que VSTI dans le séquenceur Cubase SX

(Chez moi, il lit la Vienna Symphonic Library convertie au format Halion)


Un petit mot sur le synthétiseur Synful qui modélise les sons d'instruments symphoniques (à partir de petits samples) et qui permet de programmer dans le séquenceur des phrasés réalistes. Une technologie à suivre de très près, pour la légèreté des samples et le réalisme du jeu de l'instrumentiste).

Biensûr, la MAO n'empêche pas de faire intervenir de vrais instruments dans une oeuvre. Car l'ordinateur fait également office d'enregistreur multipiste numérique (il faut pour cela un séquenceur MIDI et Audio).

Le MIDI permet de faire jouer les instruments virtuels (banques de sons...)
L'audio permet d'intégrer des éléments extérieurs (Voix, Instruments réels, en utilsant un micro).

Enfin, le mixage et le mastering (traitement audio qui permet d'optimiser votre musique) se font dans le séquenceur. Au final, il vous permet d'exporter votre musique sous forme d'un fichier audio (wav, aif, mp3 etc...). Voilà donc de quoi faire une belle maquette !

Sur ce lien, un billet consacré à la recherche de producteurs et de réalisateurs

La musique de film : une passion... un travail.


Voilà, Ces derniers temps, j'ai beaucoup discuté avec d'autres compositeurs qui souhaitent faire carrière dans la musique pour l'image. Les influences de chacun sont diverses, de Hans Zimmer à Maurice Ravel en passant par Philippe Glass, mais les questions abordées, elles, sont toujours récurentes :

Quel matériel utiliser ? quelle méthode pour écrire ? comment étudier l'orchestration ? comment se faire connaître ? quel salaire demander ? quel est le statut du compositeur ? etc..

Comme, au vu des projets musicaux qui se préparent à l'horizon, l'année 2008 sera probablement placée sous le signe du travail, j'ai décidé de créer mon propre blog autour du thème de la composition de musique de film, pour partager avec vous mes expériences (bonnes ou mauvaises), mes goûts et mes envies.

Tanguy

Quelques exemples de répétition dans la musique de film.


Je crois que c'est mon paternel qui m'a dit un jour :"Fiston, dans une musique les gens retiennent surtout l'intro, la fin et les répétitions"

La répétition d'une phrase mélodique ou d'un rythme se fait de manière naturelle et spontanée dans le domaine de la chanson, mais je pense qu'elle est aussi largement employée dans la musique de film, de manière plus subtile (plus cachée, je dirais).

Il arrive que les compositeurs dupliquent un petit passage de sorte qu'on puisse l'entendre 2 fois de suite. ça ne fait pas de mal à la structure du morceau et ça permet à l'auditeur de s'imprégner du thème. En parcourant diverses BO, je m'aperçois que peu de passages sont réellement "clonés". A chaque fois, la répétition présente une petite variation, ce qui apporte un peu plus de richesse à l'ensemble. Voici quelques astuces à appliquer sur la partie répétée, afin d'éviter la redondance :

  1. Ajouter des notes accidentelles :
    The Grinch (James Horner)


  2. Modifier légèrement la mélodie :
    L'été de Kikujiro (Joe Hisaishi)


  3. Reprendre la mélodie par un autre instrument :
    Dinosaur (James Newton Howard)


  4. Enrichir l'orchestration (doublures) :
    Interview With The Vampire (Elliot Goldenthal)


  5. Varier la hauteur (changement d'octave) :
    Thème de Solenn (Tanguy Follio)


  6. Passer de mode majeur à mode mineur :
    Signs (James Newton Howard)


  7. Changer de nuance :
    La rue des cascades (Yann Tiersen)


  8. Varier l'harmonie (ce sont les accords qui changent) :
    The Nightmare Before Christmas (Danny Elfman)


  9. Varier le rythme :
    Victor Hugo (Tanguy Follio)


  10. Changer la tonalité :
    The Polar Express (Alan Silvestri)


  11. Alan Silvestri, champion du monde de la répétition par changement de tonalité
    par intervalle de 3 demis-tons vers le bas ou vers le haut ;-)

SX4, la toute dernière version du séquenceur professionnel Cubase


Je viens de découvrir l'existence de Cubase SX4 (je travaille sur SX3). Il est encore plus beau !

Je ne sais pas encore s'il y a de grands changements, mais j'ai découvert Retif Web, un site qui explique les nouvelles fonctionnalités de Cubase SX4

En outre le site propose des conseils à l'utilisation de l'outil "partitions" de Cubase. (ça c'est pour Damien A ;-)

Bientôt, j'essaierai moi aussi de faire des tutoriels vidéos, pas seulement sur la technique informatique musicale, mais aussi sur des petits trucs d'orchestration, d'arrangement... en restant toujours dans le domaine de la composition de musique de film.

Une semaine de vacances bien méritée !


Rien de plus ressourçant qu'une semaine de vacances dans ma Bretagne natale...

Je reviendrai sur le blog autour du 20 avril, avec un article consacré à l'insertion de boucles rythmiques (Stormdrum, Stylus RMX) dans une musique orchestrale (pour faire plaisir à Simon ;-) En attendant, bonnes vacances pour certains et bon rétablissement à ceux qui ont la grippe (soigne toi bien Alex..).

Saint-Malo, me voiciiiiiiiii ! (par ici les bonnes crêpes)

bigoudène


Allez, une petite douceur pour me préparer psychologiquement :
  • An Dro de l'ille à l'Oued, de G Ricordel (interprété par Tudansti)


  • Bolero, de M Ravel (interprété à la cornemuse par Carlos Nunez)


On notera chez Tudansti la particularité de l'instrumentation (utilisation de l'oud et du djembe).

Illustration Mam'Goudig par Jean-Paul David

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