Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio

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Utilisation de Soundtracker sur Amiga


Mes premières musiques assistées par ordinateur. Soundtracker sur Amiga 500, à la fin des années 80...




Séquence : Nostalgie

Je sais d'où viennent mes goûts pour la musique avec tout plein de petites croches (et de doubles croches...) : c'est à cause de ma période post-adolescente où je passais mon temps à faire de la musique avec des "trackers" comme le fameux Soundtracker (sur Commodore Amiga 500).

J'ai commencé la MAO (Musique Assistée par Ordinateur) vers l'âge de 16 ans avec le logiciel de musique Aegis Sonix. 4 canaux mono. Sons synthétiques + samples en 8 bits. un vrai régal à l'époque !

Mais c'est surtout en 1989 (toujours sur Amiga) que j'ai commencé à apprécier l'utilisation des samples grâce aux premiers "trackers" comme Ultimate Soundtracker, Noisetracker ou Protracker (4 voix mono), puis un peu plus tard avec Oktalyzer et Octamed (8 voix mono). Pour plus d'infos sur les trackers, cliquer ici

La plupart des samples mis à dispositions étaient très légers et donc très courts, ce qui ne permettait pas au musicien de tenir de notes longues. C'est ainsi que la majorité de mes musiques de cette époque sont fabriquées de la même manière : beaucoup de rythmes binaires, avec des notes courtes en staccato ou pizzicato et très peu de notes tenues.


Protracker
Protracker



Oktalyzer
Oktalyzer

Voici quelques vieilleries (j'en ai plusieurs cassettes audio comme ça..).
A la moindre moquerie, je les enlève ;-)

Sur Aegis Sonix :


Sur Noisetracker :


Sur Protracker :


Sur Oktalyzer :



Bonus :

Tanguy Follio jeune Ma trombine en 1990 (à 18 ans)


Quand j'y repense, je me suis quand même bien accaparé l'ordinateur familial (parmi 5 enfants) pour expérimenter mes premiers "chef d'œuvres". Mes frères et sœurs ont dû terriblement souffrir avec ma musique (déjà, à l'époque...)

Pourquoi ne par lire aussi :


Les marches harmoniques. Quelques exemples trouvés dans des bandes originales.


Attention à la marche (harmonique) ! Qu'est-ce qu'on se marre dans ce blog

Définition trouvée dans Wikipédia : Une marche harmonique est une succession de mouvements harmoniques se répétant symétriquement sur d'autres notes.

L'idée c'est ça : on crée un motif (quelques notes ou un mouvement d'accords) puis on reproduit ce motif en le commençant à partir d'une autre note. On peut reproduire ce motif 2, 3, 4, 5, ... 10 fois en conservant un décalage régulier (c'est mieux). Par exemple, en reproduisant le motif tous les 2 tons vers le bas.

Voici une marche harmonique montante que j'ai trouvée sur les cours d'harmonie en ligne de Michel Baron :



Moi, la marche harmonique qui m'a le plus frappée dans ma jeunesse, c'est celle-ci :
(Voir exemple Noisetracker sur ce billet)

Tonalité LA mineur :
LAm-Rém
Sol-Do
Fa-Sib
Mi


On la retrouve (en partie) dans des chansons comme "It's my life" (Talk Talk) ou encore "I'm a Barbie girl" (Aqua).
Dans la chanson "Pomme C" de Calogero, cette marche harmonique apparaît entièrement, avec juste une ou deux modifications (une septième mineure par-ci, une résolution par là) :

Ci-dessous, j'introduis "Pomme C" au piano par une marche harmonique de base (tonalité DO mineur) :



Notez bien qu'une fois que l'on tient une marche harmonique, il est très agréable de broder par dessus (variations, contrechants etc..)


Toujours cette même marche harmonique, mais encore plus altérée que Pomme C : un extrait de la bande originale "Escaflowne" composée par Yôko KANNO (tonalité MI mineur) :




Pour finir, un petit assortiment de marches harmoniques issues de diverses musiques et chansons pour le cinéma :


  1. Le Renard* (Lalo Schifrin)
  2. Les demoiselles de Rochefort (Michel Legrand / interprétation : le violon dingue)
  3. Primal Fear (Frederico de Brito & Ferrer Trindade)
  4. Saving Private Ryan (John Williams)
  5. A Beautiful Mind (James Horner)

Je trouve les marches harmoniques de James Horner particulièrement touchantes. Ce compositeur souvent montré du doigt pour sa tendance à s'auto-plagier, a le don de m'émouvoir. J'admire beaucoup ses trouvailles.

*On remarquera l'utilisation subtile en arrière plan d'un cor beau dans Le Renard.... (ha ha ha)
En outre, cette mélodie très sensuelle a longtemps habillé une publicité pour une marque de collants.

Apocalyptica, l'utilisation des violoncelles dans un registre particulier...


Voici une petite vidéo du groupe finlandais Apocalyptica, une musique que l'on verrait bien sur les images d'un Film. C'est pêchu et puissant sans être agressif. Après Nightwish que j'apprécie particulièrement (Merci à toi Jonathan), Apocalyptica m'a immédiatement séduit par l'originalité de ses instrumentations (utilisation de violoncelles).



On reconnait les rockeurs scandinaves à leurs longues chevelures et à leurs compositions fabuleuses !!


Une semaine de vacances bien méritée !


Rien de plus ressourçant qu'une semaine de vacances dans ma Bretagne natale...

Je reviendrai sur le blog autour du 20 avril, avec un article consacré à l'insertion de boucles rythmiques (Stormdrum, Stylus RMX) dans une musique orchestrale (pour faire plaisir à Simon ;-) En attendant, bonnes vacances pour certains et bon rétablissement à ceux qui ont la grippe (soigne toi bien Alex..).

Saint-Malo, me voiciiiiiiiii ! (par ici les bonnes crêpes)

bigoudène


Allez, une petite douceur pour me préparer psychologiquement :
  • An Dro de l'ille à l'Oued, de G Ricordel (interprété par Tudansti)


  • Bolero, de M Ravel (interprété à la cornemuse par Carlos Nunez)


On notera chez Tudansti la particularité de l'instrumentation (utilisation de l'oud et du djembe).

Illustration Mam'Goudig par Jean-Paul David

Utilisation rapide et ergonomique des marqueurs dans un séquenceur, grâce au pavé numérique.


Les marqueurs dont je parle, ce ne sont pas les gros crayons qui sentent fort, mais les petit repères qui permettent d'accéder directement à différents endroits dans une musique (qu'on est entrain de composer dans un séquenceur).

La méthode que j'utilise tout le temps et qui me paraît la plus rapide (dans Cubase), c'est de placer mes marqueurs "à l'arrache" (technique du pavé numérique) à des endroits clés de mes compositions :
  • Je veux accéder facilement au début de mon super crescendo de cuivres, mesure 18 :
    Je place mon curseur à la mesure 18 puis je fais "Ctrl 7" (pavé numérique)

  • Je veux accéder facilement au refrain de ma chanson, mesure 33 :
    Je place mon curseur à la mesure 33 puis je fais "Ctrl 8"

  • Je veux accéder facilement à mon solo de contrebasse, mesure 75 :
    Je place mon curseur à la mesure 75 puis je fais "Ctrl 9"

Et ainsi de suite, tout en prenant soin de ne pas toucher aux Ctrl 1 et Ctrl 2 qui eux affectent respectivement les délimiteurs gauche et droit (locators) du séquenceur. Ensuite, quand je veux accéder directement à mon solo de contrebasse (pour le retravailler), j'appuie sur la touche 9 et le tour est joué.

La technique du pavé numérique me permet donc d'utiliser uniquement les touches 7, 8, 9, 4, 5, 6 et 3 soient 7 marqueurs différents, ce qui me convient parfaitement (c'est totalement subjectif).

Plus tard, si je souhaite affecter mon marqueur n° 9 à une autre mesure, il suffit de refaire la manipulation (placement du curseur + Ctrl 9) au nouvel endroit.

Le seul inconvénient, c'est que je ne "visualise" pas mes marqueurs. Mais à force de les utiliser, je finis par mémoriser quel numéro m'amène à telle mesure.
Si toutefois, j'ai besoin de voir l'emplacement de mes marqueurs, alors j'insère une piste Marker (comme on insère une piste MIDI ou Audio) : clic droit / ajouter une Piste Marker :


Piste Marqueur



Puis je recommence la manipulation expliquée plus haut (Ctrl 7 etc...). Les marqueurs que j'assigne au fur et à mesure apparaissent clairement sous forme de petits bâtons bleus (dans Cubase tout du moins) :

Piste Marker

Dans cet exemple, il me suffit de presser la touche 9 pour accéder à la mesure 49


Voilà, bien entendu ce billet s'adresse essentiellement aux débutants et décrit seulement une partie des possibilités de l'outil marqueur. Sachez quand même que j'ai utilisé Cubase pendant quelques années avant de connaître l'existence de cette fonction bien pratique... (c'est ballo).

Simuler des Ondes Martenot dans un séquenceur tel que Cubase SX


Certes, ce n'est pas tous les jours qu'on décide d'utiliser des Ondes Martenot dans une orchestration.

J'ai composé une petite BO pour un court métrage de science fiction (style années 50) qui s'appelle Lost Horizon (de Jay Gladwell). Ne sachant pas s'il existait des banques de sons consacrées aux Ondes Martenot, et toujours dans une conjecture budgétaire de niveau zéro, j'ai essayé d'imiter cet instrument avec les moyens du bord... en 4 étapes :

1) Recherche d'un son pur et sinusoïdal :

Pour Lost Horizon, j'ai utilisé un son de basse synthétique que je j'ai fait jouer dans les aigus. IL y a beaucoup plus simple : il suffit de prendre un son sinusoïdal basique souvent proposé par défaut dans les synthés en plug-in (basic waveform = sine).
Très important : veiller à ce que le synthé propose une fonction vibrato et un pitch bend paramétrable.


2) Application d'une dose de vibrato (dose subjective) :

Pour avoir un son plus expressif, sinon ça ressemble à une tonalité téléphonique...



3) Ecriture de la mélodie avec le contrôleur pitch bend :

Bon, l'idée, c'est de poser une seule note (par exemple sur 4 ou 5 mesures) et de créer de nouvelles notes uniquement en faisant varier le contrôleur pitch bend.

Attention : avant de continuer, il faut s'assurer que le "range" (la plage d'amplitude) du pitch bend soit de 12 demi-tons, soit une octave (ça permettra de placer des intervalles d'une octave dans la mélodie).

Le contrôleur pitch bend de mon Cubase (SX3) propose 8191 divisions vers le haut et autant vers le bas. Lorsque le pitch bend pointe sur la valeur zéro, la hauteur de la note ne change pas. Si je veux monter d'un demi-ton, je pointe sur la valeur + 682,5 (qui correspond à 8191 divisé par 12). Un demi-ton musical correspond à 682,5 divisions.


Simuler des Ondes Martenot
Variation de la hauteur des notes à des moments précis = mélodie

Ecouter l'exemple ci-dessus (la mélodie commence à la mesure 6) :


A partir du niveau zéro, on peut établir le nombre de divisions correspondant à chaque intervalle de note :

1 demi-ton : 682.5 divisions
2 demi-tons : 1365 divisions
3 demi-tons : 2047.7 divisions
4 demi-tons : 2730.3 divisions
5 demi-tons : 3413 divisions
6 demi-tons : 4095.5 divisions
7 demi-tons : 4778 divisions
8 demi-tons : 5460.6 divisions
9 demi-tons : 6143 divisions
10 demi-tons : 6826 divisions
11 demi-tons : 7508.5 divisions
12 demi-tons : 8191 divisions

Chiffres valables vers le haut ou vers le bas...


4) Application de glissandi (slide) entre les notes :

Pour simuler le jeu avec la bague et le ruban :

Simuler des Ondes Martenot
Utilisation de l'outil "ligne" ou "parabole" (grille magnétique de quantification désactivée)

Ecouter l'exemple ci-dessus (avec un peu de réverbe) :



Extrait de Lost Horizon


Comme Danny Elfman pour Mars Attacks, je me suis beaucoup inspiré de la musique de Bernard Herrmann composée en 1951 pour le film "The Day The Earth Stood Still" (pour lequel, du reste, il aurait plutôt utilisé un Theremin, un instrument à la sonorité assez proche des Ondes Martenot... )

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