Compositeur de Musique de Film : le blog de Tanguy Follio
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Le réalisateur : interlocuteur privilégié dans la création d'une musique de film.



Le réalisateur (le réal ou le réa dans notre jargon), c'est la personne qui, avec le superviseur musical, est la mieux placée pour décrire ses attentes vis à vis de la musique à composer pour le film.

Une phrase que j'ai souvent entendue : "ce film, c'est son bébé".

Certes, ce n'est pas le bébé brailleur qui rempli allègrement ses 8 couches par jour, mais plutôt le bébé tendresse qui fait notre fierté, que l'on souhaite protéger et voir grandir.

Pour un réalisateur, un film est toujours une grande aventure, une œuvre originale dans laquelle il s'est humainement impliqué. Sa grande ferveur artistique est souvent malmenée par les réalités techniques comme les moyens budgétaires, les délais impartis, la météo, ou encore certains problèmes de communication avec la boite de production. Mais cela ne l'empêche pas de créer... Finalement cette vision ressemble beaucoup à celle des compositeurs : pas mal de points communs nous rapprochent.

En ce qui me concerne, la plupart de mes collaborations avec les réalisateurs se sont bien passées. Bien sûr, il y a (et il y aura) toujours des mauvais caractères ou des orgueilleux (que ce soit du côté des réalisateurs ou des compositeurs), mais dans l'ensemble, ce sont des gens sympathiques qui ont l'habitude de travailler avec d'autres personnes et qui sont parfaitement conscientes des valeurs relationnelles et psychologiques.

En début de projet, j'essaie d'adopter une attitude sereine et de me dire que je ne travaille pas pour le réalisateur, mais "avec" le réalisateur. Cela commence souvent par une rencontre physique au cours de laquelle on parle du film, du rôle de la musique, de certaines références musicales à prendre en compte, des goûts musicaux de chacun... A ce stade, il est rarement question de rémunération ou de devis d'orchestre et d'enregistrement qui me paraissent pourtant incontournables si l'on veut obtenir de la qualité. Mais le "comment" n'est pas la première préoccupation du réalisateur qui privilégie avant tout l'aspect artistique.

C'est délicat pour nous d'essayer de répondre à ses aspirations si l'on sait pertinemment qu'il n'y aura pas les moyens financiers pour réaliser une belle musique. Il le sait bien pourtant, puisque lui même est confronté aux mêmes problèmes pour mener à bien son projet. Mais ce film, c'est son bébé.... pour les sous, voyez avec la production...
On entre alors dans une relation triangulaire : réalisateur-compositeur-producteur qui peut très bien se passer (ou pas).

Au fur et à mesure que le projet avance, une relation de confiance s'instaure avec le réalisateur. Transcrire musicalement ce qui est dit verbalement est parfois difficile. Il m'est arrivé de devoir décoder le vocabulaire "subjectif" du réalisateur, comme "j'aimerais quelques chose de plus granuleux et moins gris à cet endroit" ou encore "ça manque de couille" (véridique). Ce n'est pas tellement le sens des mots qui est difficile à traduire musicalement, mais le degré d'application. Par exemple, pour rendre un morceau plus couillu (pour rester dans le dernier exemple), il existe 36 manières de procéder. Souhaite-t-il une musique un peu plus ou beaucoup plus orchestrée ? Est-ce que je lui propose quelque chose de plus viril, ou alors de plus rapide, de plus consistant, de plus cuivré, de plus agressif, de plus dynamique, de plus mémorable sur le plan thématique, de plus osé sur le plan harmonique etc... et surtout jusqu'à quelle intensité ? La discussion est donc primordiale pour être bien sûr de ne pas se lancer dans une mauvaise direction. Car la moindre orchestration approfondie, le moindre changement de thème peut demander des heures de travail.

J'aime bien travailler avec un réalisateur qui a quelques notions d'orchestration. Il est plus facile pour moi de répondre à ses attentes lorsqu'il me demande d'enlever la partie de trombones qui le gêne, ou de mettre en valeur les cordes à tel endroit. Le pire, c'est lorsque le réalisateur ne sait pas vraiment ce qu'il veut. Ordinairement, cela se traduit par la phrase standard "surprenez moi" qui veut tout dire et rien dire à la fois... beaucoup d'heures de travail à tâtonner, le temps de tomber sur le thème, l'harmonie, l'orchestration qui sera susceptible de plaire... au petit bonheur la chance. Certains compositeurs y arrivent très bien. C'est peut-être ça le talent. Mais moi, je sais que j'ai besoin d'être guidé. C'est à partir de l'idée directrice que je vais pouvoir me lancer, personnaliser, orchestrer à ma manière et surprendre parfois. Voilà, c'est ça : je crois qu'il est difficile de surprendre quelqu'un qui s'attend à être surpris. Au contraire, lorsqu'un réalisateur souhaite quelque chose de précis, c'est l'occasion rêvée d'apporter une petite touche personnelle, un élément de surprise...

Commentaires

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1. Le mardi 29 avril 2008 à 21:20, par Guillaume Roussel

Dès fois le réalisateur qui sait exactement ce qu'il veut...c'est mauvais signe aussi. Il y a certains réalisateurs qui "voient" la musique, et qui attendent du compositeur une matérialisation. Ils peuvent en avoir une idée imprécise, de laquelle le compositeur essaiera de se rapprocher...mais au bout de plein d'essais...C'est très dur de travailler avec de genre de réal qui, en vérité, auraient vraiement préféré composer la musique. Il y a un documentaire qui parle très bien de cette "angoisse" qu'on les réalisateur à laisser leur "bébé" entre les mains d'une tierce personne. C'est un docu de Vincent Perrault. On voit bien la complexité de la relation compo-réal. Le fait que le réal ne puisse pas intervenir directement sur la musique, peut petre troublant. Il faut souvent rapeler qu'au final, le compositeur est au service du film, et qu'il travail (comme tu l'as dit Tanguy) non pas pour ni contre, mais avec le réal...
(didons, j'ai jamais autant écris, et j'ai jamais été aussi sérieux...!!! Je vais me coucher, je dois avoir de la fievre!!)
Aplus

2. Le mardi 29 avril 2008 à 21:24, par Matthieu

Coucou Tangui ! C'est Matthieu (email de la semaine dernière).
Merci pour tes conseils. Saches que j'ai trouver comment bien synchroniser mes vidéos et ma musique dans cubase.
Je t'avais parler d'une musique dans le style de John Williams que j'ai composé. Tu pourras la publier (sur ton site, ou sinon elle sera sur le mien) dans quelques semaines (peut-être 6 ou 8 !) car il me faut la déposer à la SACEM...

A bientôt et continu ton travail ! c'est génial !

3. Le mardi 29 avril 2008 à 22:37, par frisson reynald .( le plus grand des compositeurs mancho )

Hello
Que je retrouve tant de pensé perso dans ton articles. Il est tant vrai que les réals on besoin de nous mais être séparé de leur Bébé , c'est raide pour eux .Moi j'ai un réal préféré . Fabrice Colson. Il a Une bonne vision de l'orchestre et de l'harmonie sans même savoir jouer ni taper sur le clavier . Et il est vraiment présent. En général moi je comprend assez bien les réals. Mais mon secret c'est de passer des heures au tel avec eux; (Cf mon ITV bientôt dispo ) J'en ai rencontré des chiants, mais des sympa c'est plus courant . IL faut travailler avec et pour .Surtout avec . IL faut lui faire comprendre comment on compose avant de composer. Souvent j'explique quel est mon set de travail. Ce que je peux faire , et ce que je ne peux pas . Je leur demande aussi ce qu'il aime pas comme instrument , car cela evite de commencer une orchestre , et une harmonie basé sur l'instrument qu'il déteste . Arff la c'est la galére . Je me rappel d'un réal , qui m'avait dis ( véridique ) ." Je veux de l'épique , du bien péchu, genre gladiator , mais sans cuivres, ni clarinette( lol notez bien le mot clarinette . ) j'aime pas ca! Mais moi du violon a la place des cuivres ." Je vous raconte pas comment j'en ai chié ! lol
Par contre sur mes derniers compos .. j'ai travaillé un peu en force et je me suis fait plaisir en imposant des musiques et des styles. D'ailleur j'ai fait écouté mon travail a Guillaume, et il m'en a félicité par tel. Ce qui veux dire que desfois , l 'on fait du meilleur boulot si on reste sois même. Et le réal à adoré les zics. !!

Puré j'ai écrit une tartine.( et bourré de fautes ! )

4. Le mercredi 30 avril 2008 à 11:29, par Damien D.

Curieux... je crois que je ne vois pas les choses comme cela (en même temps il faut de tout pour faire un monde)...

D'abord en général toutes mes expériences ses sont bien passées. J'ai rencontré des réalisateurs assez désagréables qui m'ont mené en bateau et me considéraient comme un supermarché de musiques libres de droits (et au final je n'étais pas pris sur le film et je l'apprenais 6 mois plus tard en voyant que le film concourait à un festival). J'ai eu quelques désaccords bien sûr, avec le réa avec qui je travaille en général notamment (qui est aussi mon meilleur ami), mais toujours, à la fin, les réas sont extrêmement satisfaits. Depuis un ou deux ans, les désaccords n'existent plus d'ailleurs: tout va comme sur des roulettes.

Il ya deux choses pourtant où je m'inscris en faux.

- je parle toujours des moyens mis en place dès le début. Je ne compose pas une note sans savoir ce que je vais avoir au final comme formation d'enregistrement. Je compose en fonction des moyens. Si on me demande de faire une musique qui nécessite un enregistrement et que je n'ai aucun moyen d'enregistrer, il faudra trouver dès maintenant une solution avec le réa. Je composerai différement pour orchestre si je sais que je vais enregistrer ou non. Je trouve que c'est de la perte d'énergie de composer en prenant en compte différentes éventualités, alors je préfère que les choses soient mises à plat dès le début. C'est aussi une façon de faire comprendre au réa que la musique a un coût, et que l'intérêt artistique est accru lorsqu'on enregistre...

- Le réa n'est pas forcément le décideur ultime, car le film est une collaboration entre ces deux auteurs considérés d'ailleurs par la loi comme tels et cela à part égale (le compositeur est même plus protégé que le réalisateur par rapport au producteur). D'un point de vue artistique, c'est tout aussi valable: pour moi une musique, c'est 50 % de la réussite d'un film. Il faut donc que les deux parties se fassent confiance. Autant je ne me mêle pas du boulot du réa (même si parfois je participe à la rédaction du scénario), autant je m'attends à ce que celui-ci ne soit pas excessivement "invasif" si je peux me permettre ce barbarisme.

Cela rejoint une discussion que j'ai eu avec un réa lors d'une rencontre informelle vendredi dernier.

Quand je compose une musique, je bâtis celle-ci de manière cohérente. Si en enregistrement, un réa me dit d'enlever les seconds violons, je me dois de refuser a priori. C'est comme si on me demandait d'enlever un mur de soutien dans une maison.

Dans ce cas, comme il faut faire oeuvre de diplomatie, je préfère dire au réa: cette partie est essentielle à mon harmonie. Puis-je plutôt te proposer autre chose? A quoi veut-tu arriver du point de vue de l'émotion? etc... et dans ce cas là on recompose. C'ets d'ailleurs dans ces moments que la différence se fait entre ceux qui composent sur ordi sans aucune base et ceux qui ont de vraies bases musicales. John DEbney, en enregistrement, est capable de recomposer le thème en deux secondes... Evidemment, de nos jours, tout cela est décidé en général pendant les maquettes. Il faut donc d'ailleurs tout faire pour que le réa considère la musique maquettée comme définitive.

Dans le cas que tu évoques, Frisson, j'aurais bondi. Il y a un moment où on doit faire comprendre au réa que l'instrument qu'il déteste a parfois sa place et qu'il ne le détestera pas forcément dans ta composition. Dans ce cas il faut proposer au réa des solutions alternatives. Ou bien le convaincre (un vrai artiste est toujours ouvert. Kubrick, qu'on a toujours cru à tort comme un dictateur, était ouvert à des idées contraires). un réa qui se ferme dès le début à certaines solutions, c'est ce qu'il y a de plus terrible. Il faut amener le réa à s'ouvrir à des solutions auxquelles il n'avait pas pensé. C'est la partie la plus difficile de notre travail.

L'important c'est de discuter, d'argumenter, de convaincre, d'attirer la confiance, de proposer des solutions différentes de celles attendues si on le ressent comme tel. P. Bourorga d'Api Corp m'a dit dernièrement qu'il fallait proposer deux maquettes à chaque fois: une respectant les souhaits du réa, une correspondant à notre vision du film.

On peut biaiser lorsqu'un réa n'a aucune base musicale. Il y a des tas de façons de le faire pour que tout le monde soit heureux (vous connaissez la technique du fader fantôme, technique la plus extrême...). Dans le cas d'un réa qui s'y connaît en musique (ce qui ne m'arrive jamais), j'écoute toujours son avis, et on parle jusqu'à ce qu'on arrive à un compromis. Mais je tente tout de même de faire valoir ma position: si je travaille avec lui c'est qu'il aime ma personnalité musicale... sinon il aurait fait la musique lui-même.

Corrolaire: lorsque je discute avec un réa, je fais en sorte:
1°) qu'aucune référence musicale existante ne soit évoquée
2°) qu'aucune référence instrumentale ou technique ne soit évoquée. Il est préférable à mon sens que le réa parle de façon générale, en parlant émotion, couleur...


Bref on pourrait parler de tout cela des heures.


(je vous ai battu pour le roman :-)))) )

5. Le mercredi 30 avril 2008 à 13:30, par Tanguy

A ce train là, il va falloir ouvrir un forum ;-) Je vais essayer d'agrandir la fenêtre de saisie des commentaires (pour plus de confort d'écriture et de relecture).

En tous cas, merci pour vos différents points de vue et vos témoignages. C'est très enrichissant de constater que les choses ne se passent pas de la même manière selon les compositeurs.

6. Le dimanche 22 juin 2008 à 16:52, par Sam

Euh... ça met un peu la pression au niveau du réal, tout ça... c'est promis: j'essaierai de me montrer clair et précis (avec les notions de musique que je possède) tout en te laissant de la bride sur le cou! ;o)

7. Le dimanche 22 juin 2008 à 19:20, par Tanguy

Oui mais là, c'est pas pareil, on se connaît bien d'avance :)

8. Le mardi 15 juillet 2008 à 21:42, par Sam

Faut toujours se méfier de l'eau qui dort! Gnark gnark gnark!! ;o)

9. Le mardi 15 juillet 2008 à 22:08, par Tanguy

N'empêche, on se connait bien mais on n'a encore jamais bossé ensemble. Si ça se trouve, on va se taper sur la tronche... Bon, je vais faire quelques pompes à tout hasard.

10. Le lundi 6 octobre 2008 à 12:35, par GELOYAN

BONJOUR.
VENAIS VOIR MES NOUVEAU VIDÉOS SUR MON BLOG.
michageloyan.over-blog.co...

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Pourquoi ne pas lire aussi :


Appel à une mobilisation des artistes, lancé par la SCAM et la SACD, pour la survie de la création audiovisuelle et la télévision publique


Le 15 septembre prochain à 20h au Théâtre du Chatelet, La SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia) et la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) organisent une soirée de mobilisation pour que vivent la télévision publique et la création audiovisuelle.

Cet appel à la mobilisation concerne tous les gens du spectacle tels que les réalisateurs, les compositeurs, les chanteurs, les musiciens, les techniciens etc.

SOS Télévision publique :
  • Pour préserver l'indépendance des médias
  • Pour défendre le rôle et la place de l'audiovisuel public dans notre société
  • Pour soutenir la création et l'innovation
  • Pour que la réforme de l'audiovisuel consolide les obligations des chaînes privées à l'égard de la création française

Plus d'info sur le site Appel du 2 juin

Réservation indispensable : cliquer ici

Définir l'ordre des musiques sur un CD démo. Un choix subtil et judicieux pour démarcher les boites de production.


Juste une petite précision à propos du billet sur le mastering.

C'est également au cours du mastering que l'on choisit l'ordre des pistes que l'on ma mettre sur un CD.
Cela paraît anodin, mais il y a des choix judicieux à faire. Certes, la création d'un album concerne essentiellement le domaine de la chanson. Mais pour un jeune compositeur qui souhaite faire découvrir son travail, il est important de bien choisir l'ordre de ses morceaux de musique avant d'envoyer un CD à une boite de production ou à un réalisateur.

L'idée que se fait un professionnel sur la qualité de votre musique prend moins d'une minute. Donc, je conseille de ne pas mettre en première piste, une oeuvre qui possède une intro à n'en plus finir (la musique doit interpeler dès les 5 premières secondes). Idem pour le son : ne placez pas en début de CD, une musique qui sonne cheap par endroits (même si vous êtes particulièrement fiers de l'écriture).

Très important : cibler le contenu de votre Cd pour répondre aux attentes du destinataire :

Un souvenir d'un commentaire du réalisateur Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien) à propos des CD démo qu'il reçoit régulièrement : "Les musiques sont souvent belles, mais on a toujours l'impression que le compositeur cherche à nous montrer l'étendue de ses possibilités (voyez comme je sais faire du jazz, de la musique ethnique, du symphonique, et même de la techno !). Et bien moi, en tant que réalisateur, je souhaiterais recevoir un Cd qui contienne la musique de mon prochain film !"

Donc, à nous de nous renseigner sur l'actualité du cinéma (les films en projet, en préparation, en tournage) et de cibler nos envois. En d'autres termes, ce n'est peut-être pas la peine d'envoyer des musiques épiques à un réalisateur qui souhaite réaliser prochainement une comédie dramatique...

Une dernière chose sur le choix des boites de production : ne rêvons pas, aucun producteur ne prendra le risque de miser un budget colossal sur un compositeur qui n'a pas fait ses preuves (c'est comme les anonces ANPE : Expérience exigée !). Bref, ça ne sert à rien pour un jeune compositeur (à part s'il aime jouer au loto) d'envoyer un CD aux très grosses boites en espérant que....
Au départ, il vaut mieux cibler les petites et moyennes boites de production, puis se fidéliser et grandir ensemble.

Lire également le billet : trouver du travail dans la musique de film.

L'enregistrement d'une musique de film, décrit tel qu'il est perçu par le réalisateur Jean-Jacques Annaud


J'ai découvert des articles sympas sur le blog de Jean-Jacques Annaud (avec extraits audio et vidéos à la clé). Il y a tout un passage intéressant à propos de l'enregistrement de la musique de son long métrage "Sa Majesté Minor" tel qu'il est vécu par le réalisateur lui-même.

Le compositeur du film est Javier Navarette (Le Labyrinthe de Pan).

Au cours d'une séance d'enregistrement, Jean-Jacques Annaud livre naturellement ses impressions sur la musique, l'orchestre, les solistes etc... il confie également son ressenti à l'égard du compositeur qu'il qualifie de "créateur" ou de "patron" pendant l'enregistrement.

Lire l'article : Pourquoi j'assiste à toutes les séances d'enregistrement


A lire également, cet autre article particulièrement instructif où Jean-Jacques Annaud donne son point de vue sur les maquettes des compositeurs en général. Je recopie ici la dernière phrase que je trouve très juste :

" Un conseil : exiger une maquette, toujours, même pourrie. Elle indique au moins la mélodie, ou son absence, le tempo, il y en a forcément un, une direction d'intention et de style. Il faut se dire une chose : ce sera sûrement mieux avec l'orchestre. Et si c'est pas mieux, on garde la maquette, comme je l'ai fait plus d'une fois ! "

Lire l'article Le temps des maquettes

Construire un accompagnement. Quelques exemples de plans d'orchestration. Etude pas à pas.


Pour répondre à la question de Cédric G. "Comment faire un accompagnement, par exemple pour donner une impression de mouvement à ma mélodie que je trouve trop figée, trop mécanique...." je vais utiliser un exemple à partir d'une musique que j'ai écrite il y a très peu de temps.

J'ai ma mélodie en rythme ternaire, je sais à peu près ce que je vais mettre comme accords (harmonie) pour accompagner cette mélodie. Il me reste à trouver dans l'accompagnement, un rythme et une orchestration qui vont apporter une sensation de mouvement. Comme il s'agit d'une musique pour un passage assez doux à connotation cinématographique, je proscris les boucles de batterie, les percussions tribales et les riffs de guitare, et privilégie les instruments (virtuels) de l'orchestre symphonique.

  1. Élément de départ :

  2. Piano + ligne de basse + glissando de harpe. Avec les pizz de contrebasses, j'ai déjà un aperçu du rythme général. A ce stade je cherche un instrument qui pourrait jouer une sorte de contrechant sous forme de phrasé très rapide et fuyant (comme le vent).

  3. Ajout d'un leitmotiv pour donner du mouvement :

  4. Pour ce phrasé rapide en contrechant, j'opte pour une clarinette assez fluide. Pour moi, c'est ce leitmotiv qui est le plus déterminant et qui va donner du mouvement à l'ensemble. Donc, dans la mesure du possible, je passe beaucoup de temps sur cette étape, à la recherche des bonnes notes.

  5. Renforcement du leitmotiv (par doublures) :

  6. Je double le phrasé de la clarinette par les alti, puis en deuxième partie par les violons 1 (une octave au dessus, pour donner du relief). En effet, la clarinette seule risque d'être noyée dans la masse. En doublant cet instrument par des cordes, j'ai plus de profondeur et mon contrechant devient plus audible dans le mix.
    Dans la dernière étape, Il me restera les instruments que je n'ai pas encore utilisés, pour fabriquer un tapis sonore. Ce tapis me sera utile pour lier, soutenir, donner de la consistance, et bien évidemment pour apporter une couleur supplémentaire.

  7. Accords plaqués pour lier le tout :

  8. On note que ce tapis sonore est essentiellement constitué d'accords plaqués (les accords que j'avais préalablement trouvés en composant avec mon piano). Concernant l'instrumentation, j'ai privilégié les cors, les violons 2, les violoncelles et des chœurs très doux. J'ai laissé de côté les flûtes et hautbois de manière à garder une tessiture qui évolue dans les mediums. D'ailleurs dans cet exemple, j'ai axé l'instrumentation vers des tessitures mediums, de manière à ce que le piano (plutôt aigu) ressorte bien.


En résumé :
Sur la mélodie de départ, j'ai greffé une deuxième mélodie, rapide et fluide (= plan mouvement). Puis j'ai plaqué des accords (= plan tapis).

Plan mouvement (cla + Vla + vl1) :


Plan tapis (Hn + Vlc + Vl2 + Choeurs) :


Il suffit de ré-écouter le début de l'étape 1 puis le début de l'étape 4, pour constater à quel point l'accompagnement a un rôle crucial dans la personnalité d'une musique. Les "thèmes" sont évidement incontournables en musique de film (The Imperial March, Lawrence d'Arabie, Mission Impossible ...) mais jouer leur thématique seule au piano n'a pas le même impacte que lorsqu'on les entend arrangés et orchestrés.

Il ne faut que quelques minutes pour lire ce billet et écouter les extraits. Pourtant, l'accompagnement musical et l'orchestration nécessitent un paquet d'heures passées à chercher, à tester des rythmes et des couleurs, à peaufiner, à jeter...
Je pense que les banques de sons d'orchestre, si elles ne sonnent pas toujours comme un vrai orchestre permettent au moins de s'exercer. Que vous soyez autodidacte ou que vous suiviez des cours d'orchestration, je dirais qu'il faut avant tout "ex-pé-ri-men-ter".

Le temp-track : un exemple sur le film "Vendome" de David Tomaszewski


Le temp-track est une musique temporaire (provenant souvent d'un autre film ou d'un classique) choisie par le réalisateur.

Avant que la musique originale ne soit composée, le temp-track est placé sur les premières images ce qui permet de montrer au compositeur le style de musique souhaité sur telle scène (un type d'orchestration, ou bien un sentiment particulier, une dynamique précise etc...). Le temp-track peut donc être un bon moyen pour le compositeur de cibler les attentes du réalisateur.

Cette vidéo me paraît intéressante pour comparer une même scène d'action avec 2 musiques différentes (une première fois avec le temp-track, puis avec ma musique).




On peut constater que j'ai cherché à conserver le même style d'orchestration que le temp-track. Cependant, pour la scène de la montée de la façade de la cathédrale, j'ai opté pour une consonance plus aérienne et moins saccadée que la musique temporaire.

Le piège du temp-track survient lorsque le réalisateur commence à s'y attacher fortement. Dans ce cas, il est difficile pour le compositeur de proposer une autre direction artistique, ce qui le prive un peu de liberté.

Un autre problème subsiste lorsque le temp-track est issu d'une bande originale à très gros budget (90 musiciens et une équipe complète de techniciens professionnels du son) et qu'il vous faut recréer la même ambiance avec un petit orchestre, ou pire, avec un ordinateur et une banque de sons.
Pour Vendome, David Tomaszewski a été très compréhensible à ce sujet. Il était clair dès le début qu'une banque de sons ne pouvait pas remplacer l'émotion et la dynamique d'un orchestre, d'autant plus que David avait placé la barre très haut avec des temp-tracks provenant de bandes originales d'Alan Silvestri, Danny Elfman et David Arnold... rien que ça !

Pour voir le film en entier et en savoir plus sur la construction de la musique, cliquez ici.

La musique source : une musique que l'on trouve fréquemment dans les films.


La musique source, c'est la musique qui est "à l'intérieur" du film. Elle est intégrée dans une scène où les personnages l'entendent réellement.

Par exemple :
  • La musique d'une boite de nuit dans laquelle se passe la scène
  • La musique d'un concert auquel assiste le personnage
  • La chanson d'une radio dans une voiture
  • La musique d'une fanfare qui passe dans la rue
  • Un chanson chantée sur scène
  • etc

Le choix d'une musique source dépend du désir du réalisateur (et la disponibilité du compositeur...). Cela peut être :
  • Une chanson pré-existante ("Je suis un garçon" de Mylène Farmer dans le film Pédale Douce lorsque Patrick Timsit chante dans sa voiture)

  • Une musique pré-existante ("Aria" de Bach dans le film Le Silence Des Agneaux avant le meurtre des 2 policiers)

  • Une chanson originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("Wonka's Welcome Song" de Danny Elfman dans le film Charlie et la Chocolaterie lorsque les jeunes gagnants arrivent à l'usine)

  • Une musique originale écrite pour l'occasion par le compositeur ("20th Century Kiosque" de Philippe Rombi dans le film Oui mais quand la séance de cinéma se termine)


Il y a même certains cas où la BO se transforme progressivement en musique source :

Dans la première scène du film The Holiday (musique de Hans Zimmer), on entend une musique d'ouverture (comme dans beaucoup de films). Progressivement, on va s'apercevoir que c'est un des personnages qui est entrain de jouer de la musique (ce personnage est d'ailleurs un compositeur de musique de film).

A voir également : Je hais la musique (réalisation et musique de David Reyes) où l'on peut découvrir un très bon exemple de morphing "BO vers musique source" dans les dernières scènes.

Trouver du travail : démarcher les boites de production, les agences artistiques, les réalisateurs. Quand l'art devient commerce...


"Bonjour, je suis un jeune compositeur passionné par la musique de film. J'aimerais en faire mon métier mais je ne sais pas par où commencer (trouver des contacts, comment me vendre etc.) Peut-être pourriez-vous me donner quelques solutions ?
Votre blog est super ! Amicalement,
Alain Sylvestre, de Hill Valley"

Salut Alain,

"Comment vivre de son art..." Aaah, c'est un des plus grands mystères de l'univers, après les femmes...

Pour commencer, je dirais qu'avant de prospecter sérieusement, ce serait bien d'avoir déjà fait quelques musiques pour des courts-métrages ou petits films institutionnels. Sur Internet, beaucoup de jeunes réalisateurs recherchent des compositeurs pour habiller leurs films. C'est l'occasion de se faire la main et de commencer à créer son propre book. C'est sûr qu'il ne faut pas espérer gagner beaucoup d'argent en échange....

Ensuite, lorsque vous avez des choses intéressantes à montrer, c'est le moment de contacter des réalisateurs professionnels. Pffff... se vendre.... pas facile, ça....

J'imagine qu'il faut se montrer partout où c'est possible pour rencontrer les gens du métier. D'une part dans les festivals du cinéma ou de la musique (le festival d'Auxerre par exemple, consacré à la musique de film). D'autre part, en participant à des concours, des master-class, des sessions comme Emergence.

Il est sûrement bon également de pointer le bout de votre nez dans les écoles de cinéma pour signaler votre existence et proposer vos services. Le contact, toujours le contact....

Quelque chose que je n'ai jamais faite mais qui peut être bénéfique, c'est de se retrouver (ne me demandez pas comment) dans des soirées mondaines parisiennes, au cours desquelles vous allez discuter autour d'un verre avec des réalisateurs ou des producteurs. Pour ces derniers, la rencontre physique est beaucoup plus parlante que les piles de CD démo qui s'entassent dans leur bureau...

Mais bon, encore faut-il avoir le sens du contact et de la tchatche ce qui n'est pas donné à tout le monde. On entend souvent des artistes regretter ne pas être bons commerçants...
Pour les plus timides, il reste la solution Internet et les envois postaux :

Comme je le soulignais dans le billet définir l'ordre des musiques dans un cd démo, c'est important de cibler les boites de production. Ne perdez pas votre temps à contacter les grosse boites. Il vaut mieux commencer petit et se fidéliser. Pour intéresser un professionnel, il faut lui faire comprendre que votre musique correspond à ce qu'il cherche pour son prochain film. En surfant sur des sites comme Unifrance il vous sera possible de vous tenir au courant des films qui se préparent dans l'année.

Il est difficile de contacter directement un réalisateur. La plupart du temps, ils sont représentés par des agence artistiques comme JFPM, Adéquat ou AAC, avec qui il est plus facile de se mettre en relation.

L'envoie de CD démos devient fastidieux et cher à la longue. En complément, il n'est pas inutile de créer votre propre site web, qui vous servira de carte de visite dans vos mails. Les boites de production commencent à avoir le réflexe internet, ça démarre doucement. Attention, n'envoyez surtout pas vos mp3 par mails ! (une URl, c'est moins lourd).

Et l'agent artistique qui représente le compositeur ?

Ce n'est pas facile d'intégrer une agence artistique déjà en place, si vous n'avez pas composé pour un long métrage. J'ai eu la chance d'être présent sur Internet au moment où Api Corp a décidé de créer son département musique : il s'agissait d'un démarrage [Je rappelle que l'agence Api Corp était déjà bien implantée et reconnue dans le département des directeurs de la photographie].

Pour finir, dans l'idéal, c'est bien de trouver son "ami" réalisateur (surtout si son talent est très prometteur) avec qui on va grandir. La création d'un tandem réalisateur-compositeur apporte une inertie incroyable pour booster une carrière : François Ozon et Philippe Rombi, Alain Chabat et Philippe Chany, Luc Besson et Eric Serra... sans oublier : Alan et Bob ;-)

Quoi qu'il en soit, le chemin est très long. Beaucoup de compositeurs (jeunes et même moins jeunes) ont un autre métier en parallèle, pour vivre. Il n' y a pas à être montré du doigt parce qu'on n'arrive pas à s'en sortir uniquement avec la musique. Il faut du talent et du travail, certes, mais la chance y est aussi pour beaucoup.

Avoir le trac en public.


Interpréter une œuvre musicale en live, jouer du piano devant une assemblée... je le fais parfois, avec un plaisir gâché par la peur.
Rarement j'ai joué un morceau sans fautes. L'appréhension du direct m'a toujours déstabilisé. Le jugement immédiat des personnes en face de moi m'empêche systématiquement d'obtenir les mêmes performances qu'à l'entrainement. C'est peut-être pour ça que j'ai choisi de me tourner vers la musique de film, une alternative à l'angoisse de la scène...

Il y a 10-15 ans, je lisais une citation (dans Keyboard Magazine) d'un compositeur de musique de film très connu qui disait quelque chose comme ça :"Merci à l'arrivée de l'informatique musicale qui me permet enfin de présenter des maquettes raisonnables au réalisateur, moi qui interprète si mal mes thèmes au piano quand j'ai quelqu'un derrière mon épaule..."

Et c'est vrai que lorsque les gens arrivent dans une salle de cinéma et découvrent la BO, les musiques sont déjà dans la boite : composées, enregistrées, mixées... la pression est moindre, le gros du travail étant derrière. (Il reste juste la question de savoir si les amateurs de bandes originales vont apprécier la partition ou pas).

Quoiqu'il en soit, j'admire certains de mes collègues capables à la fois de composer des chefs d'œuvre dans leur coin, et d'être au piano sur scène comme des poissons dans l'eau. Mais bon, à défaut d'être doué pour la musique vivante, le show ou l'impro.... j'apprécie de composer tranquillement sur des images, à l'abri des regards, puis de faire écouter une œuvre enregistrée en espérant surprendre mon auditoire.

J'ai par ailleurs repéré quelques avantages liés à la composition de musique de film :
  • Déjà, je participe au processus de création d'un film, en tant que "spécialiste" au sein d'une équipe
  • Je peux faire autant de canards que je veux, je corrigerai les erreurs à la souris ensuite
  • Je peux interrompre un morceau quand je le souhaite, pour y apporter des améliorations
  • Je peux diriger un orchestre symphonique sans avoir passé le diplôme de chef d'orchestre (qui est super balaise)
  • Je peux manger ou me gratter le nez tout en jouant de la musique (pas classe, mais plus facile à faire que sur scène).
  • Je peux être opérationnel même avec le bras dans le plâtre.
  • Je suis moins embêté par les paparazzi ou les fans que mes collègues du disque.
Et puis tenez, dans le show-bizz, la vie d'une chanson dépend souvent du bon vouloir du public, soit des centaines (voire des milliers) de personnes ...
Tandis que pour nous, c'est simple : une fois validée par le réalisateur, le producteur, la femme du producteur, le directeur de la chaine, la nièce du superviseur musical et le voisin de palier du caméraman, on peut considérer une musique comme acquise !


Enfin, pour en revenir à notre sujet (le trac, la timidité, l'angoisse...face à l'assistance) voici une petite anecdote issue de mon service militaire :

Je garderai toujours en souvenir la soirée de dissolution du 71 RG de Oissel (en 1997), au cours de laquelle j'ai dû avancer seul sur la grande Place d'Armes et jouer au clairon la sonnerie aux morts devant 3000 personnes (dont Mr Fabius). Le capitaine de la musique me refila un super tuyau pour gérer mon stress : "Follio, quand tu seras face à la foule, tu n'auras qu'à les imaginer tous à poil"... ce que je fis.

C'est donc en supposant les Généraux et quelques personnalités politiques dans leur plus simple appareil que je fus amené à jouer les notes les plus solennelles du registre militaire. Un remède de fortune que je garde sous le coude chaque fois que je suis amené à me présenter en public. Qui sait à quoi je penserai lorsque je recevrai mon Oscar, bafouillant, sourire au coin des lèvres...

Drôle d'impression... pas toujours facile de créer "à la demande" une oeuvre musicale.


Pas trop la pêche en ce moment...

Depuis quelques temps, je découvre les joies du casting de compositeurs. Un casting de compositeurs, c'est tout simplement une sélection, par une boite de production, de quelques jeunes artistes qui devront chacun de leur côté proposer une maquette pour accéder au poste de compositeur du film. Celui qui réussit la maquette la plus adaptée au film se voit confier la composition de la bande originale du long métrage. Les autres sont gentiment remerciés. C'est une chance d'être pressenti pour un long métrage, j'en suis conscient.

Tout comme les entretiens d'embauche, c'est une étape décisive pour le candidat. Il est important de cerner dès le départ les attentes du réalisateur de manière à ne pas composer dans une mauvaise direction. La maquette doit être peaufinée au mieux pour mettre toutes ses chances de son côté. Mais c'est une pression supplémentaire du fait qu'une maquette bien travaillée (sur le plan du réalisme) implique d'y passer beaucoup de temps ce qui empiète sur le timing consacré à la composition elle même. A ce stade du casting, on ne peut pas se permettre de dire à un réalisateur qu'on ne connait pas : "le son est pourri mais voyez comme l'écriture est belle, ça rendra comme ça ou comme ci avec un orchestre". Bref, la pression de la commande, le syndrome de la feuille blanche, le manque de sommeil, les délais, la compétition... tous ces facteurs peuvent engendrer une forme de stress.

Stress et anxiété


Personnellement, tant que je reste dans le domaine du court métrage ou du film documentaire TV, je ne rencontre pas de problèmes particuliers. Par contre, dans le cas d'un casting pour un long métrage (en prévision d'une sortie nationale et d'une BO enregistrée par un orchestre symphonique), les choses se compliquent un peu. Devant le piano ou le séquenceur, l'euphorie d'avoir été pré-sélectionné laisse subitement la place à une forme de trac qui se caractérise physiquement par une boule dans le ventre et une respiration coupée, suivi d'un manque de confiance et d'une concentration affaiblie. C'est un phénomène d'anxiété, bien connu par tous ceux qui ont passé des examens, que l'on peut atténuer rapidement par des techniques de relaxation.

Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'un événement ponctuel et relativement court, comme les 10 mn qui précèdent un oral de maths ou un rendez-vous galant. Dans le cas d'une composition d'une œuvre musicale, il m'arrive de devoir supporter ces symptômes quelques jours voir même quelques semaines (ça a été le cas pour moi, dernièrement) et ça devient vite handicapant. Si par chance, le réalisateur apprécie la maquette, alors les symptômes disparaissent comme par enchantement et laissent la place à une motivation et une détermination incroyable.

Mais dans le cas contraire, une période de courte déprime et d'irritabilité viennent s'ajouter, risquant d'altérer les relations avec mon entourage proche. Ensuite, le moral remonte et je suis à nouveau prêt à combattre pour un prochain casting...

Tout ça pour dire que les déceptions font partie du métier. C'est important d'en parler car beaucoup de jeunes compositeurs baissent les bras après quelques échecs. Je pense souvent à Bruno Coulais dont la notoriété s'est vraiment confirmée à l'âge de 42 ans (avec Microcosmos). Je serais curieux de savoir si avant ça, il n'a pas eu un jour l'envie de renoncer.

L'arrangeur : quel est son rôle ? A quel moment intervient-il dans le processus de création d'une oeuvre musicale ?


Tout comme l'orchestrateur, le rôle de l'arrangeur n'est pas défini de manière ultra précise.
Cela me pose souvent un problème lorsqu'un artiste me contacte pour effectuer un arrangement de sa musique (ou de sa chanson). Car en fonction de ce qui est déjà fait et de ce qu'il reste à faire, le travail d'arrangement peut aller du simple au double. Dur à chiffrer pour le devis.

J'ai trouvé sur Internet une page très intéressante écrite par le compositeur, orchestrateur, arrangeur Hervé Gilles, qui définit et illustre parfaitement le travail d'arrangement. Je vous invite à visiter sa page et comprendre les différents cas de figure qui peuvent se présenter dans ce métier :



Au départ, dans ce billet, je voulais écrire une synthèse du métier. En tombant sur la page d'Hervé Gilles qui est très complète, je me suis dit que ça ne valait pas le coup de risquer la paraphrase. D'où le lien direct ;-)

Et puis finalement, ça m'arrange...


Les sites de l´annuaire :
  • Nicolas Blies Compositeur


    Nicolas Blies Compositeur« Apporter une nouvelle dimension à l’expérience visuelle, en respectant l’idée du réalisateur et en respectant l’idée même du projet, tel est mon objectif en tant que compositeur de musique à l’image »
    PRESENTATION
    Nicolas Blies est l’auteur de nombreuses bandes originales pour courts et longs métrages, documentaires et films institutionnels. En s’appuyant aussi bien sur les instruments acoustiques que sur les nouvelles technologies, son travail mêle ingénieusement développement musical et sound design. Le style du compositeur se veut résolument hétéroclite et au service de l’image. Tags

    REFERENCES
    France 3, ERE Production, KDRAGE, FISHEYE, GBC Prod, ...
    Nombreux travaux dans la création de bandes originales pour courts métrages et longs métrages.
    Travaux sur des documentaires TV (format 52mn), des documentaires institutionnels(multiples projections quotidiennes).

    SERVICES/TARIFS
    Nicolas Blies réalise ses oeuvres dans son propre studio "Babel Records", ce qui lui permet de proposer de nombreux services de création de musique originale.
    - Création d'ambiances musicales et de sound design
    - Composition pour des groupes, artistes ou évènements culturels
    - Illustration sonore de logo, de sites web, d'animations
    - Enregistrement mobile
    - Production musicale
    - Création d'orchestrations numériques des plus grands compositeurs classiques
    - Création de jingles et spots radio/web
    - Consulting/expertise de la bande originale d'un projet en réalisation
    - Formation et enseignement

    STUDIO
    Le studio est équipé de matériels professionnels permettant de réaliser l’ensemble des prestations citées. Le studio repose sur un système ProTools sur Mac OS. Le studio possède des micros AKG C414 et des préamplificateurs S.S.L. Si l’ambition du projet le demande, il fera appel à des techniciens du son et à des studio partenaires de plus grande envergure afin de produire la bande originale commanditée.
    Banque de sons : Natives Instruments, Spectrasonics, VSL, Project SAM, East West, Toontrack, Ethno World, Pianoteq

    TARIFS
    Concernant les tarifs, cela dépend du type de projet. Les données prises en compte sont la durée du film à illustrer, l'exploitation envisagée, les moyens à mettre en oeuvre (enregistrement d'instrumentistes, orchestration numérique, ...) et le degré d'originalité et de complexité de l'oeuvre souhaitée (simple élément musical d'illustration, musique sur mesure, sound design élaboré). Afin d'établir au mieux la valeur de la prestation, n'hésitez pas à définir vos besoins à partir du formulaire dans l’onglet Contact de mon site. Nous pourrions alors étudier plus précisément vos besoins et établir un devis adapté.

    CONTACT
    «Ce qui prime avant tout, c'est la relation humaine et l'échange, alors n'hésitez pas à me contacter. J'aurai plaisir à vous répondre dans les meilleurs délais.»
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    Nicolas Blies Compositeur


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