Avatar, le film et la musique

En décembre 2009, Damien Deshayes a fait une critique de la musique du film de James Cameron: voir la critique qui correspond parfaitement à ce que j’ai ressenti pendant la séance.

Je vais toujours voir les gros succès avec 2 mois de retard. C’est bien, à Chartres on était une dizaine dans la salle (de 450 places). Ayant raté mes tests de relief à l’armée, je craignais d’être gêné par la 3D. Et effectivement, c’était assez fatiguant pour le yeux, surtout pendant les scènes d’action où ça bouge de partout.

Concernant la bande son, ma première impression a été de me dire que ce film déchirait ! (les tympans). Pour moi, les salles de ciné poussent le volume beaucoup trop fort, et c’est d’autant plus pénible que les gros films hollywoodiens regorgent de bruitages très … bruyants.

Gêné par la 3D et par les décibels, je passe donc pour un vieux râleur… mais rassurez vous, j’ai adoré le film (à part le passage « Robocop-Rambo-Transformers » vers la fin).

Quelques détails m’ont fait penser à Aliens Le Retour : Sigourney Weaver, le voyage cryogénique, l’aspect des vaisseaux, les robots pilotés par des humains, des méchantes bêtes et pour finir quelques citations musicales issues de la BO de Aliens (Les cors de « Futile Escape »).

La musique originale du film m’a paru très longue, dans le sens « beaucoup de travail effectué ». D’ailleurs, c’était hallucinant de constater au générique de fin, le nombre de personnes qui ont participé à la BO (superviseurs, compositeurs additionnels, programmeurs synthés etc).
Côté thématique, comme l’a très bien expliqué Damien, on a un peu l’impression que le compositeur a pris ses meilleurs ingrédients de BO antérieures pour les resservir dans un shaker. La couleur musicale m’a rappelé celle de Dinosaur (composée par James Newton Howard) dans ses harmonies et ses orchestrations, avec de belles textures, des percussions tribales, des voix d’arborigènes, du piccolo planant…

Avec Avatar, je suis vraiment tombé sous le charme des musiques douces et aériennes offrant des sons de clochettes mêlés à des cordes féériques. Les textures pittoresques chez James Horner (comme chez JNH) m’ont toujours fait rêver. Ces sonorités issues de synthés et mélangées à des violons et des flûtes me transportent littéralement.
Tout comme les morceaux ethniques avec des voix lointaines et les rythmes tranquilles ! ça aussi j’adore.

En ce qui concerne la musique d’action et la musique solennelle, c’est très efficace, mais quelle impression de déja vu ! Il y a bien sûr le sempiternel motif de 4 notes (si do do# do) qui doit être un jeu pour le compositeur, un pari ou quelque chose du genre. Mais il y a surtout les inévitables cors cuivrés posés sur les boucles de Stormdrum entendus mille fois chez Remote Control et ré-utilisés dans les émissions de télé-réalité de M6. Un peu de Titanic aussi, avec quelques motifs très bateau.

Bref, je vieillis sans doutes… Je préfère mon petit confort avec des images et des sons apaisants (très nombreux dans le film) et suis de plus en plus gêné par le montage dynamique et les FX agressifs.

Quoiqu’il en soit, je suis conquis par ce film : une merveille technologique au service d’un beau scénario. Une très belle histoire avec de méchants humains et de gentils extraterrestres.

Et pour finir, une découverte intéressante sur les requêtes tapées dans Google :

  • « Comment fabriquer un arc » (67 millions de requêtes)
  • « Comment fabriquer un robot » (52 millions de requêtes)
  • « Comment fabriquer un avatar » (410 millions de requêtes)
  • « Michael Jackson n’est pas mort » (pas très loin du milliard de requêtes)

On vit en pleine science fiction…

7 réflexions sur “Avatar, le film et la musique”

  1. J’ai vu le film il y a deux mois, puis une deuxième fois il y a deux jours. Si j’y suis retourné, ce n’est certainement pas pour la musique 😉 Je suis d’accord avec toi qu’il y a de beaux passages dans les parties douces et féeriques, mais le reste est d’un style tellement formaté qu’on l’a déjà entendu mille fois. On se demande si aujourd’hui dans les grosses productions on pourra employer des compositeurs vraiment originaux comme on le faisait encore il y a trente ans (je pense par exemple à Jerry Fielding qui en 1976 a composé une musique pas de tout formaté pour une grosse production de Clint Eastwood, "The Outlaw Josey Wales").
    Une musique non-formatée existe toujours à Hollywood (par exemple de Carter Burwell) mais certainement pas dans les très grosses productions qui ne peuvent pas se permettre de prendre de risque…

  2. A titre personnel j’ai toujours trouvé la musique de James Horner indigeste. James Horner est à la musique ce que Michael Bay ou Joel Schumacher sont à la réalisation. Vraiment pompier quoi.
    Tout le contraire de Carter Burwell ( Barton Fink, Frago des pures bijoux mélancolique et pourtant cynique, noire et pourtant lumineux.
    Heureusement qu’il n’y a pas que les blockbuster même à Hollywood. peut aussi citer Cliff Martinez ou Thomas Newman pour ceux qui sortent des sentiers battus.

  3. bonjour,
    moi j’ai trouvé la bande son assez sympathqiue meme si elle ne m’a pas laissé une empreinte tres precise.
    J’ai remarqué qu’il y a ce petit "rif" orchestral que l’on
    entend dans beaucoup de productions hollywoodiennes. genre
    la do si en triples croches. Je pense avoir entendu le meme
    motif dans : troyes, le dernier samourai, pearl harbour…
    amusant

  4. BO sympa, sans plus, pour un film vraiment grandiose, je trouve.
    Je ne sais pas si je déteste ou si j’admire James Horner ! Il est capable du pire comme du meilleur, il me semble. Il est vraiment doué pour dénicher de fantastiques mélodies, mais il est le seul compositeur que je connaisse à se répéter sans cesse, notamment dans ce motif de 4 notes qu’il nous ressort à toutes les sauces !
    Je ne savais pas qui était le compositeur du film en entrant dans la salle de ciné, et je m’amuse donc à essayer de le deviner en écoutant un peu la bande son… dès les 5 premières minutes, le fameux motif intervient… je me souviens avoir levé les yeux au ciel en soufflant de lassitude.

  5. Tu m’étonnes ! Mais à mon avis, il le fait exprès de placer ce motif de 4 notes… Ce qui est dommage, c’est lorsque ce motif devient quasiment le thème principal (Troye)

  6. C’est vrai, mais sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi, j’aimais plutôt bien l’utilisation qu’il en avait faite dans Troy, peut-être parce qu’il l’utilisait justement comme un vrai thème (pas très recherché, certes), et non comme une private joke insérée dans un morceau.

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